Juste un mot :
Merci à L'œil du Loup, Titia1966, SpartanNiko418, sandraleo et lauralynch pour vos reviews, ça fait vraiment plaisir :)
Merci à la team épidémie pour vos dernières reviews : Lonesomemortals, Pims-dana et Eponyme Anonyme
Et merci aussi aux anonymes qui lisent cette fic et l'ajoutent en favoris/follows ^^
Morgan commençait à sérieusement s'inquiéter. Le camion, qui roulait depuis plusieurs heures maintenant, l'éloignait de plus en plus de la prison. Elle se disait qu'il allait lui être difficile de retrouver Michonne au point de rendez-vous dans trois jours. Si, en plus, de pénétrer dans le camp incognito, il fallait voler un véhicule, cela risquait d'être compliqué. Morgan avait mal de dos, à force d'être secouée à l'arrière du camion, elle se leva pour se dégourdir les jambes et ouvrit la malle en fer.
Elle était remplie de matériel : des sangles, des outils, des chargeurs, un couteau, et dans le coin, une bouteille d'eau. Elle la prit, l'ouvrit, renifla, puis prit prudemment une gorgée. Morgan observa le paysage, les militaires n'empruntaient que des petites routes, contournant les grands axes routiers, ainsi que les villes. Elle se demandait vraiment où Taylor avait installé son camp. Elle s'allongea sur un des bancs, en essayant de ne pas tomber à cause des secousses. Morgan se plongea dans ses pensées… Le camp de Taylor, les militaires, les survivants, les civils, sa famille, Michonne, le groupe de la Prison, pour en revenir au final, à Daryl. Daryl le suspicieux, Daryl le colérique, Daryl le chasseur, Daryl tout court. Elle soupira, elle espérait vraiment pouvoir revenir dans les trois jours, le revoir, s'expliquer, lui dire toute la vérité, lui dire… #Rien du tout# Peut être que Daryl pouvait comprendre… #Il ne comprend rien, il ne comprendra jamais#
Morgan repensa à leur dispute dans la salle des douches, à cette proximité entre eux, à cette colère qu'ils avaient l'un vers l'autre, à la gifle qu'elle lui avait collée, à ses cicatrices… Elles devaient dater d'avant l'épidémie, Morgan se demandait comment il en avait hérité. Une bagarre qui avait mal tournée. Un accident de voiture. Souvenirs d'une enfance pas toujours rose… Elle était trop curieuse et elle ne voulait pas penser à Daryl, elle savait déjà ce qu'il penserait de ce qu'Elle était en train de faire, une connerie. Son cœur battait la chamade en se disant que s'il avait été furieux contre elle ces derniers temps, ce ne serait rien à côté de sa colère, si jamais il découvrait sa fugue.
Mais elle n'eut pas l'occasion de s'en faire plus, car le camion se stoppa. Morgan regarda à l'extérieur, le paysage était un peu plus rocailleux. Elle regarda au travers d'un trou de la bâche du camion et vit un deuxième camion stationné à côté du sien, son convoi avait rattrapé celui de Woodbury, et ses passagers étaient en train de descendre du camion. Morgan sortit sa casquette, ramena sa chevelure sur son crâne et l'enfila. Elle rabattit la capuche de sa veste dessus.
Morgan souffla un bon coup et releva lentement la bâche, passa la tête, personne à gauche, personne à droite. Elle sauta du camion et se précipita sous le deuxième. Les gens de Woodbury étaient regroupés au côté du camion, tandis que deux militaires aidaient les plus faibles à descendre. Morgan s'approcha lentement du groupe et se mêla à eux, tandis qu'elle était en train de se relever, un homme tourna la tête vers elle et l'observa. Le cœur battant, Morgan garda la tête baissée et fit semblant de faire son lacet. L'intérêt de l'homme prit fin, quand une voix demanda le silence.
- Votre attention s'il vous plait. Merci. Avant tout chose, je me présente, je suis l'adjudant Jefferson et je vous souhaite la bienvenue parmi nous.
Jeff contempla le groupe devant lui et reprit :
- Ensuite, il y a quelques règles à respecter dans le camp. Tout d'abord, les civils ne sont pas armés, je vous demande donc de déposer tous vos couteaux, barres de fer ou tout objet contondant dans la malle prévue à cet effet. Après, nous passerons au bureau des recensements, vous indiquerez aux militaires vos noms, prénoms, si vous êtes en famille ou seul, ainsi que votre profession. Sachez que dans ce camp, tout le monde fait sa part et ça nous aidera pour la répartition des tâches. Mais dans un premier temps, je vous propose de faire le tour des lieux, suivez-moi.
Morgan suivit le mouvement de foule, en regardant tout autour d'elle. Ils étaient sur un grand parking entouré de forêt, au pied d'une falaise et devant eux, les voitures avaient été empilées les unes sur les autres et formaient un genre de mur avec une entrée en pont levis, la porte se relevait par le bas. Quand Morgan passa l'entrée, il y avait une cinquantaine de mètres jusqu'à une autre entrée entourée d'un muret en pierre surmonté par un grillage rigide. L'adjudant leur cria :
- Vous ne devenez jamais vous éloigner de ce chemin, entre ces deux barricades, c'est un champ de mines. Pour votre propre sécurité restait dans le chemin banalisé.
Morgan baissa les yeux et vit que des flèches avaient été dessinées au sol à la bombe de peinture. Elle regarda de nouveau le champ de mines, des carcasses de voitures disposées en vrac et des mines étaient éparpillées à terre. Morgan passa la deuxième entrée, un simple portail en fer auquel les militaires avaient soudé des barres de fer en guise de pieux.
- Regroupez-vous par ici s'il vous plait ! appela Jeff
Mais Morgan ne l'écoutait plus, elle fut stupéfaite par ce qu'elle vit. C'était un grand complexe hôtelier, adossé à une falaise. Sur cette même falaise, il y avait une sorte de station météorologique. De là-haut, les militaires devaient pouvoir surveiller les environs à 360°.
- Nous sommes à l'entrée d'un parc national*, l'hôtel et ses bâtiments ont été soigneusement nettoyés, nous sommes protégés par la falaise au Nord. A l'Est, il y a un grand lac qui nous permet d'avoir de l'eau et de la nourriture. Au Sud, il y a la forêt, nous avons une équipe de chasseurs qui nous rapporte de nombreux gibiers et à l'ouest, il y a l'entrée et le champ de mine.
Morgan se dit que c'était vraiment bien pensé, même si elle n'avait qu'une confiance limitée en ce champ de mines. En cas d'attaque de rôdeurs, ça serait plus bruyant qu'efficace, rameutant par la même occasion, plus de morts vers eux.
- Le bâtiment principal est le quartier général des militaires, la partie des civils est proche du lac, les places dans l'hôtel étant restreintes, nous y plaçons les personnes âgées. Pour les familles et les célibataires nous avons aménagé des mobiles homes. Les places vous seront attribuées lors de votre recensement. Vous pouvez circuler librement dans le camp, le petit bâtiment carré au milieu du camp sert de supérette, de cantine et de lieu de réunion.
L'adjudant marqua un temps d'arrêt pendant qu'un soldat lui parlait à l'oreille, puis il reprit d'une voix plus forte :
- Par contre, l'accès au camp des tentes n'est pas autorisé aux civils, c'est le camp de notre milice. Elle assure votre sécurité, mais ils préfèrent rester entre eux. Une des dernières règles du camp, c'est le couvre feu. Dès la nuit tombée, les sorties ne sont plus autorisées hors de votre habitation. Je pense avoir fait le tour de l'essentiel. Une copie du règlement, ainsi que le plan du camp se trouvent sur un panneau d'affichage au milieu du camp, à côté du kiosque. Je vous demande de respecter ce règlement et les règles du camp. En cas de non respect ou de conflit en tout genre, vous en répondrez devant le Colonel Taylor, c'est lui qui trouvera une solution ou... décidera d'une sanction.
Morgan se dit que Taylor avait tout les rôles : Chef, Juge et Bourreau. Et également, qu'elle devait partir avant la tombée de la nuit ou alors trouver une bonne cachette.
- Nous allons nous diriger vers le bureau de recensement, je vous demande de faire la queue et d'être patients.
Jeff reprit son chemin, suivi par le groupe. Morgan avança avec eux, puis s'esquiva derrière une jeep et attendit que le groupe et les militaires l'accompagnant s'éloignent pour sortir de sa planque. Il était temps pour elle de faire le tour du camp seule. Elle baissa un peu plus la casquette sur son visage, puis marcha tranquillement en direction du panneau d'affichage. Les mains dans les poches, elle attrapa son couteau, ce simple contact la rassura. Mais elle était tout de même tendue dès qu'un militaire passait à côté d'elle. Morgan remarqua que les militaires étaient tous armés, les civils avaient dû laisser leurs armes, pour elle, ce n'était pas une bonne idée. Elle vit un panneau d'affichage et s'en approcha. Il y avait bien un plan de l'hôtel et de ses environs : La falaise, le lac, le bâtiment des militaires, la zone réservée à leur milice, le bâtiment commun, le quartier des civils et la station météo sur la falaise appelée « tour de guet ». Le mur de protection en voiture et le champ de mines étaient indiqués. Elle remarqua également des croix sur le plan et en lisant la légende, elle vit que celles-ci indiquaient un hôpital, une église et… une école. Morgan sourit, Taylor n'avait pas menti, il avait bien fondé une Nouvelle Ville. Proche du bâtiment des militaires, il y avait un hangar, Morgan se nota qu'elle devait également aller y jeter un coup d'œil. S'il lui fallait un véhicule, c'est sûrement là-bas qu'elle le trouverait. Elle se décida à faire le tour du camp.
Michonne était dans un arbre et observait le camp de Taylor. Elle surveillait les allées et venues des militaires à l'entrée.
Ils avaient érigé une barrière faite de carcasses de voitures et malheureusement, elle ne voyait pas au-delà. Néanmoins, la jeune femme avait pu voir Morgan se faufiler hors de son camion et passer sous celui qui était stationné à côté. Elle avait du se mêler au groupe de Woodbury parce que Michonne l'avait perdu de vue. Elle s'installa plus confortablement sur sa branche, elle n'aurait pas dû se trouver là et elle le savait.
Quelques heures auparavant, quand Morgan s'était hissée dans le camion, Michonne était partie avec la voiture comme convenu. Mais au bout d'une centaine de mètres, elle avait fait demi-tour. Elle ne pouvait se résoudre à laisser Morgan partir sans savoir quelle était sa destination. Michonne avait suivi le convoi de loin, puis en le voyant se stopper, elle avait fait marche arrière, avait camouflé la voiture et était revenue à pied. L'idée de grimper à l'arbre lui était venue en repensant à leur première rencontre avec Taylor. Morgan, Daryl et elle s'étaient fait attraper par les militaires qui se planquaient dans la forêt.
Effectivement, quelques minutes plus tard, alors qu'elle guettait du haut de sa branche, une patrouille passa au pied de l'arbre. Michonne ne comptait pas rester, elle voulait juste savoir où était le camp, ainsi, si dans trois jours, Morgan ne revenait pas, elle viendrait la chercher. Il était hors de question pour elle de retourner à la prison et d'annoncer au groupe son éventuelle mort. Elle préférait affronter la colère de Morgan, plutôt que les sentiments du groupe après une telle nouvelle et elle se doutait bien que même si c'était tendu entre Daryl et Morgan, il serait le premier à proposer d'aller à sa recherche. Et puis, Rick était un ancien policier, il pouvait se rendre compte qu'elle mentait et s'il détectait la moindre incohérence, il lui poserait des questions jusqu'à ce qu'elle dise la vérité.
Michonne se tourna sur sa branche quand elle entendit des voix. C'était un groupe de civils. Elle pensa que cette forêt était un peu trop fréquentée à son goût. Le groupe était composé de quatre hommes et une femme. Ils transportaient des animaux et des volatiles morts à leurs ceintures. Une équipe de chasseurs, certains portaient des arcs, d'autres des fusils de chasse. Michonne dut avouer que le camp de Taylor était plutôt bien organisé. Elle attendit que les chasseurs pénètrent dans le camp pour sortir de sa cachette. Elle retourna à l'endroit où elle avait camouflé la voiture.
Au moment de démarrer, Michonne se demanda si finalement, elle ne devrait pas rester. Pesant le pour et le contre, elle se ratatina dans son siège quand elle entendit soudain un bruit de moteur. Sur la route, quatre types à moto se stoppèrent, ils étaient armés, mais n'étaient pas des militaires. Camouflée dans son bosquet, Michonne les observa et se sentit tout de suite mal à l'aise, ces hommes contrastaient dans le décor un peu trop parfait du colonel Taylor. Un des hommes sortit des bouteilles de la sacoche de sa moto et les tendit à ses compagnons. Ils commencèrent à boire et à rire un peut trop fort. Mais ils ne rirent pas longtemps, la patrouille de miliaires qui était passée sous son arbre, sortit des bois de l'autre côté du chemin. Michonne ne pouvait pas entendre ce qu'ils se disaient, mais un des soldats semblait furieux et leur arracha leurs bouteilles, avant de les fracasser contre un arbre. D'un geste, il indiqua le camp, les quatre hommes remontèrent sur leurs motos et s'en allèrent. Le soldat s'adressa à ses hommes, puis ils prirent à leur tour le chemin du camp.
Michonne resta dans la voiture, préférant attendre un peu avant de repartir, elle ne voulait pas être pris en chasse par des militaires et se dit qu'il valait mieux attendre que le soleil se couche.
Morgan avait démarré son observation en faisant le tour du camp. Elle avait vu les bâtiments principaux, les différents points de garde, mais n'avait pas pu approcher le hangar, il y avait trop de militaires devant.
Elle avait visité le camp des civils et avait regardé toutes les personnes présentes. Mais elle dut se résoudre à l'évidence sa famille n'était pas dans ce camp. Elle fit un détour par l'école et eut un pincement en voyant les enfants en train de jouer devant le mobile home servant d'école. Ils étaient de tous âges, en train de courir après un ballon ou de jouer avec des billes. Quand les plus grands se dispersèrent, le cœur de Morgan fit un bond dans sa poitrine. Là, à quelques mètres devant elle, il y avait un petit garçon brun de dos, tenant à la main, un petit 4X4. Morgan sentit une larme couler sur sa joue, était-ce Lui ? Elle marcha vers lui se retenant de courir. Elle ne voyait plus rien hormis cet enfant, elle n'entendait plus rien à part les battements de son cœur qui s'accéléraient. Morgan s'agenouilla derrière lui, tendit les mains pour attraper le garçon et le retourna. Sa joie s'évanouit d'un coup en voyant le visage de l'enfant, ce n'était pas le sien. Une autre larme coula, tandis que le petit garçon lui souriait.
- Et vous ! Lâchez mon fils !
Morgan tourna la tête et vit une femme se précipiter sur elle et soulever l'enfant dans ses bras.
- Pardon, lança Morgan, je l'avais pris pour… Désolée.
Elle tourna les talons et s'éloigna, elle sentait le regard de la femme dans son dos. Morgan marchait rapidement, elle espérait que la femme n'allait pas prévenir les militaires. Mais en voulant s'éloigner au plus vite, Morgan se rapprocha du fameux camp des miliciens. Elle s'en rendit compte, mais quand elle fit demi-tour, deux hommes étaient derrière elle.
- Ben alors, petit gars, on ne t'a pas prévenu qu'il ne fallait pas venir ici ? demanda un gros barbu affublé d'une salopette en jean tachée de sang et une bière à la main. Il cracha par terre, en attendant la réponse de Morgan. Elle lui répondit de sa voix la plus grave :
- Désolée, me suis trompée. Ça ne se reproduira pas !
Morgan les contourna et repartit par là où elle était arrivée. Soudain elle reçut un grand coup de pied dans les fesses qui la déséquilibra et la fit tomber par terre. Sous la violence du choc, Morgan perdit sa casquette.
Les deux hommes éclatèrent de rire. Morgan la remit précipitamment. Occupés à rire, les deux hommes n'avaient pas remarqué la chevelure de la jeune femme. Morgan serra les poings et cracha la terre qu'elle avait dans la bouche. #Ne te fais pas remarquer, t'es pas en colonie de vacances#
- Retiens la leçon, personne ne vient par ici. Refais la même erreur et ce ne sera plus un coup au cul que tu recevras, compris ?
- Ouais. Lança Morgan en repartant vers le camp des civils
La journée déclinait. Morgan se souvint qu'il y avait un couvre feu. Il fallait qu'elle trouve un moyen de quitter les lieux. Au détour du bâtiment servant de lieu commun, Morgan tomba nez à nez avec un militaire, l'adjudant Jefferson. Elle baissa la tête et fit mine de continuer à marcher. Mais Jeff l'attrapa par le bras, elle voulut se dégager, mais le militaire tint bon. Il se rapprocha d'elle et lui dit :
- Il ne me semble pas te connaître toi !
#Merde, merde, merde#
- Tu sais que ce camp est surveillé. Les civils ne doivent pas s'approcher des miliciens.
Morgan ne savait pas quoi dire, elle chercha une échappatoire, mais rien ne lui vint à l'esprit.
- Je pense qu'une petite mise au point avec le Colonel Taylor te ferait du bien jeune homme ! Ou dois-je dire jeune femme ?
Sur ces mots, Jeff arracha la casquette de Morgan qui surprise, n'eut pas le temps de réagir. Quand il vit son visage, le militaire fronça les sourcils.
- Morgan ?
- Ce n'est pas ce que tu crois. Se défendit la jeune femme
- Et bien, on va voir ce qu'en pense Taylor ! s'écria-t-il en la tirant par le bras
- On n'est pas obligé d'en arriver là… S'impatienta Morgan, C'est bon, fais comme si tu ne m'avais pas vu et laisse moi m'en aller.
Jeff la regarda abasourdi, puis ricana :
- Tu plaisantes, j'espère ? Tu vas me suivre et ne te fais pas remarquer, sinon je te menotte.
Morgan avait bien une petite boutade à lui envoyer, mais elle préféra ne pas répondre. Jeff resserra son emprise sur son bras et l'entraîna au bâtiment principal. La jeune femme se dit que sa mission infiltration aura duré moins de temps qu'elle ne l'avait prévu et que les ennuis se collaient à elle comme des sangsues.
Arrivés au bâtiment, le soldat et Morgan montèrent à l'étage, Jeff tapa à une porte et après invitation, il entra. Taylor était penché sur une carte, Jeff l'interpella :
- Colonel, regardez qui j'ai trouvé en train déambuler dans le camp.
Taylor leva les yeux et quand ils se posèrent sur elle, il fronça les sourcils. Se levant de son bureau, il fit un signe à Jeff qui sortit de la pièce. Morgan regarda Taylor s'approcher d'elle, il n'était pas très content et lui parla au bout de quelques secondes :
- Je crois que tu t'es mise dans un sacré pétrin Morgan.
Morgan déglutit, puis lui dit :
- Ce n'est pas ce que vous croyez !
- Et qu'est ce que je crois ? demanda Taylor amusé
- Que je suis une espionne ?
- Ça, je ne le crois pas, j'en suis sûr, c'est presque marqué sur ton front. Ton groupe n'est pas digne de confiance, vous avez failli m'avoir. Je ne referai pas deux fois la même erreur.
- OK, on se calme. Je suis ici de ma propre initiative, le reste de mon groupe n'est pas au courant.
Taylor l'observa méfiant, puis il l'invita à s'asseoir, tandis qu'il retournait derrière son bureau. Il sortit une bouteille et deux verres qu'il remplit. Il lui lança avant de boire le sien cul sec :
- J'ai besoin d'un remontant… Parce que je sens que je vais avoir du mal à avaler ce que tu vas me raconter !
Morgan attrapa le verre qui lui était destiné et le vida d'un trait, l'alcool lui brûla la gorge, elle fit la grimace, puis reposa le verre sur le bureau.
- Je ne vais pas vous mentir : je cherche ma famille. Et rien ne se mettra en travers de mon chemin pour y parvenir, ni mon groupe, ni vous ! Maintenant, je veux voir le registre du recensement !
Morgan et Taylor se défiaient du regard. Celui-ci répondit :
- Non !
- Vous me le montrerez de gré ou de force ! Dit –elle en sortant son couteau de sa poche.
- Les gens ne sont pas censés être armés dans mon camp.
- Accessoirement, je ne fais pas partie de votre camp, donc je n'ai pas pensé que cette règle me concernait.
Taylor éclata de rire et sortit son arme de son étui avant de le poser devant lui sur le bureau. Morgan sentit un poids dans son estomac. Elle était dos au mur et ne jouait pas les bonnes cartes. Elle se calma et posa le couteau sur le bureau :
- Je crois qu'on a besoin de travailler notre communication !
- Je pense que tu vas devoir m'expliquer plusieurs choses : Ta présence ici dans un premier temps, puis la présence de ta copine Michonne à l'extérieur du camp et enfin, pourquoi ton groupe préfère vivre dans une prison plutôt qu'ici.
Morgan sentit la boule qu'elle avait au ventre remonter dans sa gorge.
- T'aurai-je… cloué le bec ? s'amusa Taylor en jouant avec son arme
Morgan n'arrivait plus à parler, trop de questions se bousculaient dans sa tête. Elle baissa les yeux vers son couteau avant de revenir sur Taylor.
- Tu es bien livide tout à coup… Commença-t-il avant de la voir jeter un coup d'œil à son couteau
Le Colonel se redressa et lui dit lentement :
- N'y pense même pas.
La jeune femme soutint son regard, elle avait l'impression que la boule dans sa gorge grossissait, l'empêchant de parler. Morgan se sentait mal, elle n'en avait fait qu'à sa tête et ça risquait de retomber sur le groupe de la prison. Ça ne pouvait pas se passer comme ça, elle savait que son impulsivité la perdrait un jour, mais il fallait qu'elle fasse quelque chose. Morgan se leva de sa chaise, Taylor avait toujours son arme en main, elle attrapa la bouteille sur le bureau et se remplit un verre qu'elle vida d'un trait pour se donner du courage. Morgan reposa le verre, prit le couteau et le remit dans sa poche. Elle posa ses mains sur le bureau, s'avança vers Taylor et lui dit :
- Premièrement, Je vous ai déjà dit pourquoi j'étais ici. Deuxièmement, Michonne n'aurait pas dû se trouver là. Je lui avais parlé de mon plan, mais elle n'était pas inclue dedans. Troisièmement, mon groupe n'a pas à payer pour mes actes, eux aussi ont des enfants et comme je vous l'ai déjà dit aussi, ils ignorent que je suis là. Et enfin quatrièmement, et pas des moindres, je n'ai pas peur de vous Taylor.
Le Colonel la regarda de toute sa hauteur, il se pencha vers elle et lui lança agacé :
- Peut être que tu devrais.
* J'avais une idée bien précise concernant le camp de Taylor, après avoir cherché dans une bonne partie des Etats Unis grâce à Google Maps, voici ce qui m'a inspiré le décor et le lieu du camp : Le Parc National "Great Smocky Mountains" (Merci à Kansabykeres qui a passé, quand même, plus de deux heures au téléphone avec moi et sur son ordi pour m'aider à trouver cet endroit)
