Juste un mot : Tout d'abord, désolée pour le retard. J'ai plein d'excuses, pas sûre qu'elles vous conviennent : un déménagement, un aménagement, les beaux jours qui arrivent ou plus récemment le Mondial... :)
En tout cas, Merci à ceux qui ont laissés des reviews : les nouveaux venus, les anciens qui suivent encore et toujours RD et la Team Épidémie...
Un grand merci aussi à ceux qui ont rajoutés cette fic en favoris / follows.
- Premièrement, Je vous ai déjà dit pourquoi j'étais ici. Deuxièmement, Michonne n'aurait pas dû se trouver là. Je lui avais parlé de mon plan, mais elle n'était pas inclue dedans. Troisièmement, mon groupe n'a pas à payer pour mes actes, eux aussi ont des enfants et comme je vous l'ai déjà dit aussi, ils ignorent que je suis là. Et enfin quatrièmement, et pas des moindres, je n'ai pas peur de vous Taylor.
Le Colonel la regarda de toute sa hauteur, il se pencha vers elle et lui dit :
- Peut être que tu devrais.
Taylor était vraiment agacé par cette jeune femme, c'était un gradé, un militaire et une petite peste pas plus haut que trois pommes lui tenait tête. Il aurait voulu envoyer valser sa chaise contre le mur, juste pour voir disparaître ce regard déterminé qu'elle lui adressait. Mais non, elle se tenait là, sans bouger, à attendre. Attendre quoi ? Si c'était sa fille, il lui aurait mis une fessée, rien que pour la façon qu'elle avait de lui parler. Soudain, il la vit soupirer et se rasseoir. D'une petite voix, elle lui lança :
- C'est bon, faites de moi ce que vous voulez, de toute façon, je m'en fous… Complètement. Je me fous que vous me torturiez ou que vous me tuiez, je me fous que vous me jetiez aux rôdeurs… J'ai tout perdu et vous étiez ma dernière chance. J'avais espoir qu'il m'attendait dans un camp tel que celui-là, j'avais espoir qu'il me laisse un indice. Mais j'ai échoué… Encore.
Taylor l'écouta, et maintenant, il avait un pincement au cœur. Il se resservit un verre et elle tendit la main pour en réclamer un, quand elle fut servie, elle le leva en s'écriant d'une voix mal assurée :
- Aux oubliés de ce monde de merde et au désespoir des survivants !
- Morgan, je suis désolé…
- Stop, je n'ai pas envie que vous me consoliez, cette peine que j'ai, je veux la garder. Ça me prouve que je ressens quelque chose, que je ne suis pas encore morte à l'intérieur.
Elle vida son verre et le reposa, puis elle lança au Colonel qui la vit légèrement tanguer sur sa chaise :
- Alors, vous me retenez prisonnière ou vous laissez partir ?
- Ce qui est sûr, c'est qu'avec tous les verres que tu viens de t'envoyer, tu n'iras nulle part !
- Je pourrais vous maîtriser d'une seule main dans mon état… rétorqua-t-elle avec un sourire en coin
- Dis donc, jeune fille, ma patience a des limites.
- Et qu'est ce que vous allez faire ? Me foutre en cellule de dégrisement pour 24 h ? se moqua-t-elle
Sur ces mots, Taylor se leva brusquement, l'attrapa par le bras, la souleva et la jeta sur son épaule. Morgan se débattit et cria :
- Bordel, qu'est ce que vous foutez ? Lâchez-moi !
- Morgan, il faut vraiment que tu apprennes à la fermer, s'emporta Taylor.
Pour toute réponse, la jeune femme se mit à lui tambouriner le dos de ses poings. Il passa devant ses hommes qui le regardèrent surpris, un regard de leur chef suffit pour comprendre qu'ils n'avaient pas intérêt de rire. Le Colonel descendit au sous-sol avec son paquet sur le dos qui avait renoncé à le taper. Il remit Morgan sur ses jambes, elle passa de la couleur verte à blanche quand elle découvrit une cellule, elle tenta de s'échapper, elle trébucha sûrement à cause de l'ivresse, il la mit face au mur et lui fit les poches, il récupéra le couteau, puis l'attrapant par le col, il la traîna jusque dans la cellule et l'enferma.
- Vous n'êtes qu'un enfoiré !
- Un enfoiré prévenant, tu vas avoir tout le temps qu'il te faut pour décuver et moi, j'aurai tout le temps pour réfléchir à ce que je viens bien pouvoir faire de toi.
- C'est vrai que vous êtes avocat, juge et bourreau…
- Je fais ça pour ton bien !
- Je ne vous ai rien demandé que je sache, c'est quoi cette manie que vous avez tous de me traiter en demoiselle en détresse ? Rick, Daryl et maintenant vous.
- Arrête de te comporter comme une idiote et les gens arrêteront de te traiter ainsi ! cria-t-il
Arrogante, entêtée, langue de vipère, le Colonel avait bien une dizaine de façon de qualifier Morgan, et toutes n'étaient pas sympathiques. Morgan le fixa surprise, puis elle devint rouge de colère. Taylor, dans sa lancée, lui fit la morale :
- Tout montre à quel point tu es impulsive et irréfléchie, ton chef t'interdit de venir ici, et toi, tu décides de passer outre ses ordres et t'introduire dans ce camp en cachette, tu as entraîné une de tes camarades dans ta folie, tu te fais prendre et tu ne trouves rien de mieux à faire que de me menacer. Te rends-tu compte des conséquences que peuvent avoir tes actes ?
- Je vous emmerde, vous et vos sermons… Qu'est ce que vous savez vous de ce que j'ai enduré ? Vous avec votre petite compagnie armée, ça n'a pas du être trop dur pour vous. Moi, j'ai été seule la plupart du temps, j'ai du me débrouiller toute seule … Ne me faites pas la leçon, j'ai tout perdu et tout ce que je veux savoir, c'est si ma famille est en vie. Et je crèverai tous les connards dans votre genre qui tenteront de m'en empêcher.
Taylor la fixa, comme un père fixerait sa fille ayant un comportement déplacé, tout à coup, il la vit partir à l'autre bout de la pièce pour vomir dans un seau, lorsqu'elle le fixa en s'essuyant la bouche, il lui dit :
- Dors un peu, on en rediscutera plus tard.
- Je ne veux pas dormir…
Le Colonel ne répondit pas à cette nouvelle provocation et sortit du sous-sol, Jeff vint à sa rencontre.
- Michonne est toujours planquée dans sa voiture. Pour le moment, elle ne bouge pas. Vous avez enfermé Morgan dans la cellule ?
- Elle ne fait que jacasser, je l'ai enfermé pour la calmer, mais c'est l'effet inverse qui s'est produit. J'avais oublié comment les femmes pouvaient vous filer un mal de crâne, rien qu'en parlant…
- Que veut-elle ?
- Elle cherche quelqu'un…
- Vous pensez qu'elle dit la vérité ?
- Je pense, sinon elle a un sacré aplomb pour une menteuse.
Le Colonel sortit du bâtiment pour prendre l'air, Jeff le suivit.
- Alors que comptez-vous faire ? demanda l'adjudant
- Je n'en sais rien, je ne peux pas la garder prisonnière éternellement… Elle m'a dit qu'hormis Michonne, personne ne sait qu'elle est ici, mais si Michonne retourne à son groupe pour leur dire que Morgan s'est introduite ici, mais n'en est jamais ressorti, on risque de les voir débarquer et on ne sait pas exactement combien ils sont… Et d'après les gens de Woodbury, le groupe de la prison sait se défendre et ils sont armés.
- Vous êtes sûrs que leur chef, Rick, ne sait pas qu'elle est là ?
- Elle avait l'air sincère quand elle me l'a affirmé. Bon sang, comme si j'avais besoin qu'une petite peste vienne foutre le bordel. Marchons, j'ai besoin de me dégourdir les jambes.
Taylor fit le tour de son camp, salua les gens, prenant des nouvelles auprès de ses gardes, puis se rendit à la cantine, lieu de réunion entre les civils du camp. Les deux militaires burent un coup avec les quelques personnes présentes. Son verre achevé, il observa le mur du fond. Celui-ci était appelé le « Mur des Disparus », les gens y mettaient les photos de leurs proches disparus, pas ceux qui s'étaient transformés en mort vivants, juste les gens dont ils n'avaient plus de nouvelles. Les militaires venaient régulièrement observés les visages sur les photos avant leur sortie en extérieur. Le Mur des Disparus s'était bien rempli avec l'arrivée de nouveaux groupes. Taylor s'en approcha et observa les nouvelles photos, il se doutait bien que la plupart des gens sur ces photos devaient soit être morts, soit transformés, mais les civils gardaient espoir et sans espoir, plus de vie… La preuve était Morgan, c'était l'espoir de retrouver ses proches qui l'avait rendu dure et suffisamment forte pour survivre dans ce monde.
Il allait se détourner quand son regard fut attiré par une photo en train de se déchirer et dont une moitié pendait dans le vide. Il souleva les autres portraits qui avaient été épinglé par-dessus et prit l'image presque en lambeau, c'était une vielle photo qui avait pris l'humidité, il remit les deux morceaux côte à côte, et quand il vit le visage imprimé, il ne put se retenir de lâcher :
- Nom de Dieu !
- Qu'est ce qu'il se passe Colonel ?
Taylor tendit l'image à Jeff et se passant les mains sur son visage. Jeff fut surpris et demanda :
- C'est elle ? C'est Morgan ?
- On dirait bien qu'elle m'a dit la vérité sur sa famille, elle les cherche et eux aussi apparemment…
- La photo est abîmée par l'eau, on n'est pas sûre que ce soit elle, elle a changé… Plus maigre… et elle n'a pas de cicatrice au menton sur la photo, mais que tient-elle dans ses bras ?
- Jeff, renseigne-toi, il faut que je sache qui a mis cette photo. Coupa le Colonel
Les mains agrippées aux barreaux de la cellule, Morgan avait l'impression de revenir deux mois en arrière, quand Rick l'avait enfermé dans la cellule. A croire qu'elle était vouée à se faire enfermer dès qu'elle rencontrait de nouveaux gens. Mais que ce soit Rick ou Taylor, elle les trouvait extrêmement patient envers elle. Elle commettait des erreurs, des erreurs stupides, qui la mettaient dans le pétrin. Quelle réaction attendait-elle de Taylor après être rentrée dans son camp comme une voleuse et l'avoir menacé ? Même si elle parvenait à le blesser, elle ne sortirait jamais de ce bâtiment avec tous les militaires derrière la porte, ni du camp. Elle avait été trop impatiente, après des mois de recherche, elle avait agi de manière précipitée, elle avait entraîné Michonne dans sa chute… La bile lui remonta dans la gorge, elle se précipita vers le seau au fond de la cellule et vomit tout l'alcool qu'elle avait bu. Elle entendit Taylor lui dire d'une voix douce :
- Dors un peu, on en rediscutera…
- Je ne veux pas dormir… répondit-elle
Ce n'était pas une nouvelle provocation de sa part, non, elle ne voulait pas dormir, elle voulait trouver une solution, sortir d'ici, retrouver Michonne, ne plus jamais revenir dans ce camp, revoir Daryl et tout lui dire : toutes les erreurs qu'elle avait faites, lui parler de son frère, lui parler de sa famille, elle voulait tout balancer, en finir avec son passé et vivre le moment présent avec le groupe, avec lui, essayer d'être son ami, comme elle l'était avec Michonne. Un ricanement s'intensifia dans sa tête, Morgan se prit le crâne entre ses mains.
- Non pas elle, pensa Morgan, pas maintenant.
Tu abandonnes ? Si près du but ? Taylor ne t'a pas montré le registre. Il ne veut pas que tu retrouves ta famille, il veut te garder prisonnière… Ne pas te laisser partir, tout comme Daryl.
Morgan se massa les tempes, bien disposée à ignorer cette voix une bonne fois pour toute. Elle porta machinalement la main à sa poche et se rappela qu'elle avait laissé l'écharpe à la prison. Elle se laissa glisser à terre et posa sa tête sur ses jambes repliées contre sa poitrine. Elle n'aurait jamais du boire, elle n'avait plus l'habitude et en plus de cette putain de voix, elle avait une barre au front.
Au bout d'un long moment, elle finit par somnoler. Elle n'entendit pas la porte du sous-sol s'ouvrir et les pas précipités descendre l'escalier. La main qui se posa sur son épaule la fit sursauter. Morgan releva la tête et vit Taylor en face d'elle son bras en travers des barreaux l'air grave. Elle s'imagina le pire et lui dit d'une voix enrouée :
- Vous n'avez rien fait à Michonne ?
- Morgan, je veux que tu m'écoutes très attentivement. Cette cicatrice sur ton menton, tu l'as depuis quand ?
- Je vous l'ai dit lors de notre première rencontre, un militaire a voulu me voler mes fournitures et en me défendant, je suis « tombée »sur son couteau. Pourquoi cette question ?
- Si je te sors de là, tu te tiendras tranquille ?
- Je ne comprends plus rien là…
- Je veux te montrer quelque chose, mais on va traverser le camp, tu n'es pas ma prisonnière, mais je ne veux pas d'esclandre, tu te tiendras tranquille ?
- Ok ! répondit Morgan un peu perdue et le cerveau embrumé
- Rabats ta capuche sur la tête, je ne veux pas qu'on te remarque.
- Je vais me balader avec le Grand Chef, bien-sûr que tout le monde va me remarquer.
Morgan vit Taylor froncer ses sourcils, elle lui lança avant qu'il change d'avis et ne la laisse dans la cellule :
- D'accord, je fais ce que vous me dites et je me tais.
Le Colonel remonta, elle le suivit de près et se rendit compte qu'elle avait finalement plus dormi que ce qu'elle pensait, le soleil était bas dans le ciel. Taylor marchait vite à quelques pas devant elle, Morgan essayait de suivre la cadence, mais ces jambes avaient du mal à suivre le rythme. En chemin, ils rencontrèrent Jeff, celui-ci parla à voix basse au Colonel tout en lui jetant des coups d'œil suspicieux. Taylor lui fit un signe de la tête et reprit sa marche, Morgan accéléra un peu et lui demanda :
- Jeff vous a parlé de moi ?
Le Colonel ne lui répondit pas préférant accélérer sa marche. Ils se rendirent à la cantine au milieu du camp, les civils s'en éloignaient et commençaient à retourner dans leur mobil-home, apparemment le couvre feu était pris au sérieux par les habitants du camp. Voyant qu'elle s'était stoppée, elle sentit la main du militaire lui encerclait le bras et la tirer à l'intérieur du bâtiment commun, jusqu'au fond de la pièce principale. Sur ce pan de murs des photos étaient accrochées, des photos de personnes de tout âge, souriantes. Morgan regarda ce patchwork d'images quelques secondes, puis se détourna mal à l'aise :
- Je ne comprends toujours pas, dit-elle au militaire à ses côtés qui se frottait la barbe
- Ici, on appelle ce mur, le Mur des Disparus. Ce sont les civils du camp qui laissent ses photos, ce sont des personnes de leur entourage dont ils ont perdu le contact… Cela permet aussi à mes soldats de se remémorer les visages avant une sortie.
- Je n'ai pas de photo de ma famille à vous laisser, si c'est ce que vous voulez me dire.
- Non, ce n'est pas ça. Ecoute Morgan, je suis d'accord pour que tu consultes le registre, mais je pense qu'il ne te servira à rien, nous l'avons mis en place il y a trois mois avec l'arrivée de nombreux petits groupes, et depuis la création de ce camp, il y a environ 6 mois, des gens sont venus, d'autres sont repartis. Certains sont morts aussi…
Morgan se mordit la lèvre pour ne pas montrer sa déception. Encore une impasse. Le destin était cruel.
- Mais, j'ai trouvé ça tout à l'heure.
Taylor lui tendit une photo, Morgan la prit, mais elle tremblait tellement que la photographie finit de se déchirer complètement en deux, Morgan ramassa le deuxième morceau par terre, les rapprocha et regarda. Son cœur fit un bond dans sa poitrine et se mit à tambouriner. Malgré la mauvaise qualité de l'image, elle reconnaissait cette photo, elle sentit les larmes monter.
- Est-ce que c'est toi ? interrogea Taylor doucement
Morgan ne pouvait répondre, elle se mordait les lèvres pour ne pas laisser son menton trembler. Oui, c'était elle, cette photo était celle que son homme préférait, il la trouvait rayonnante disait-il, elle n'avait jamais compris pourquoi. C'était une photo prise à la maternité après la naissance de leur fils, Morgan se trouvait fatiguée dessus, mais il lui disait qu'elle avait cette étincelle dans le regard. Une larme coula sur sa joue, lorsqu'elle releva les yeux vers Taylor, celui-ci la fixait inquiet.
- Morgan ?
- Oui, c'est moi.
Elle essuya les larmes sur ses joues, elle observa Taylor plein d'espoir, alors ils étaient ici ? Morgan observa de nouveau la photo, tandis que Jeff se présenta à leurs côtés, un cahier entre les mains qu'il tendit à Morgan.
- Jette un coup d'œil, lui dit Taylor en l'asseyant à une des tables de la salle.
Morgan s'exécuta et commença à lire les différents prénoms inscrits, elle n'écouta qu'à moitié la conversation entre les deux militaires.
- Jane va arriver, c'est elle qui est à l'origine du mur, et elle s'occupe aussi de la cantine, donc si quelqu'un sait qui a déposé cette photo, c'est elle, expliqua Jeff
La jeune femme tournait frénétiquement les pages, le nom qu'elle cherchait n'y apparaissait pas. Elle se leva de la chaise et rendit le cahier à Jeff.
- Vous aviez raison, ce registre est inutile, son nom n'y est pas, Avoua Morgan déçue
- Et cette personne que tu cherches, quel est son nom ? Interrogea Jeff
- Sawyer. Stephen Sawyer. C'est mon compagnon.
- Vous avez été séparé comment ?
- Je me suis rendue à mon travail le matin où tout a commencé, j'y suis restée coincée, quand j'ai pu retourner chez moi, il y avait un ordre d'évacuation vers Fort Bennings…
- Mais Fort Bennings est tombé, la coupa Taylor
- Il m'a laissé un indice, il a évacué la base avec des militaires en hélicoptère quand elle s'est faite envahir, j'ai suivi ses indices sur plusieurs sites militaires, mais j'ai perdu sa trace dans une base navale à l'ouest. Je suis revenue dans le coin, parce que nous avions un chalet de vacances et j'ai pensé que peut-être, il y reviendrait. Expliqua la jeune femme
Taylor et Jeff se regardèrent quelques instants puis revinrent sur elle, elle savait ce qu'ils pensaient, qu'elle était folle de s'être accrochée à ses miettes d'espoir. Qu'elle aurait dû se faire une raison, comme Daryl lui avait dit. Mal à l'aise qu'ils la regardent ainsi, Morgan baissa la tête. Puis elle entendit Jeff demandait à Taylor :
- Ce n'est pas Emerson qui était basé à Fort Bennings ?
- Si, mais il est en mission à l'extérieur, son unité ne revient pas avant six jours, répondit Taylor. Morgan, je ne te croyais pas au début, je me suis trompée sur ton compte, je pensais que tu essayais de m'attendrir avec ton histoire de famille que tu recherchais désespérément. Je te présente mes excuses.
Morgan lui répondit par un sourire.
- Voilà, ce que je te propose : retourne dans ton groupe et reviens plus tard quand Emerson sera là, je lui demanderai pour ton ami.
- Vous êtes prêts à m'aider ?
- Oui, je pense que si j'avais une famille à chercher, j'aimerai qu'on me file un coup de main aussi.
- Je vous aurai bien pris dans mes bras, mais vu votre grade, ça pourrait paraître déplacé. Je pense que vous n'avez rien contre une bonne poignée de main virile ?
Taylor et Jeff éclatèrent de rire, le Colonel lui tendit la main qu'elle serra en le remerciant, elle serra aussi la main de Jefferson.
- Par contre, ce sera à une condition. L'interrompit Le Colonel
- Je vous écoute.
- Pas un mot au groupe de la prison. Et c'est valable pour Michonne. Je ne souhaite pas que ton groupe sache où nous sommes pour le moment.
- Entendu. Ils n'en sauront rien.
- Bien. Donc je te revois plus tard. Jeff va te raccompagner auprès de Michonne.
L'adjudant Jefferson lui demanda de le suivre, ils traversèrent le camp en silence. Le militaire avait son arme bien en main quand ils dépassèrent l'entrée principale, ils marchèrent rapidement, le jour déclinant de plus en plus. Au bout d'un moment, Morgan vit une voiture à moitié camouflée dans les fourrés, Michonne les vit également, elle sortit et dégaina son katana. Morgan la stoppa :
- Tout va bien Michonne, ils nous ont grillé autant l'une que l'autre, s'ils avaient voulu s'en prendre à nous, ça serait déjà fait.
- Tout va bien, tu es sûre ?
- Oui.
- Tu as trouvé ce que tu cherchais ? demanda Michonne
Morgan se tourna vers Jeff un sourire aux lèvres, puis revint sur son amie :
- On va dire que de nombreux indices s'accumulent et que j'en saurais plus dans quelques temps !
- Tu as l'intention de revenir ? s'étonna Michonne
- Oui, et pour cela, nous devons garder le secret de ce camp, pas un mot à notre groupe.
Michonne observa le militaire qui la fixait du regard attendant sa réponse, elle finit par lâcher :
- Il n'y a pas de risque pour ça, je n'ose même pas imaginer la réaction de Rick, ou pire de Daryl, s'ils apprenaient notre petite escapade en territoire ennemi.
- On n'est pas des ennemis, on est juste prudent. Et soyez le vous aussi sur le chemin du retour, on se revoit plus tard, finit Jeff avant de les saluer et de faire demi-tour.
Morgan monta dans la voiture et Michonne commença à l'interroger en démarrant le véhicule :
- Je veux tout savoir, d'un bout à l'autre, que je n'ai pas passé ma journée dans cette voiture pour rien.
Morgan éclata de rire et profita du trajet de retour jusqu'à l'entrepôt pour tout lui raconter : Le camp, les protections, les civils, la milice, les bâtiments, le bureau de Taylor, leur conversation, son petit tour en cellule, le Mur des Disparus, la photo et l'attente du retour du soldat Emerson. Le trajet sembla plus court à Morgan, peut être parce qu'elle était un peu mieux installée qu'à l'arrière du camion.
- Tu es prête à mentir encore pour moi ? l'interrogea Morgan sérieuse, je peux comprendre si tu décides d'en rester là.
- On a commencé ensemble, je ne vais pas te lâcher maintenant.
Morgan lui tendit la main que Michonne tapa. Quand elles arrivèrent enfin à l'entrepôt, il faisait nuit. Elles rentrèrent la voiture dans un abri et coupèrent le contact. Elles guettèrent quelques instants la présence d'éventuels rôdeurs, puis se rendirent tranquillement dans le bâtiment leur servant d'alibi. Elles allaient pouvoir se remettre de leurs émotions et se la couler douce les deux prochains jours. Les deux amies se dirigèrent vers la pièce du fond. Quand Morgan poussa la porte de la pièce où était entreposé le restant de conserves, elle s'attendait à trouver ces boîtes. Mais en pénétrant dans la salle, elle sursauta et se prit Michonne dans le dos. Morgan se tourna vers son amie et grimaça. Michonne la contourna et regarda dans la pièce, puis lança :
- Daryl, qu'est ce que tu fais là ?
Réponse à Saaam qui n'a pas de compte : Merci pour ta review et je suis ravie que tu accroches à l'histoire. Morgan est impulsive et c'est vrai qu'il lui arrive pas mal de soucis, mais bon, ça ne serait pas aussi amusant à écrire si elle est toute sage. Aaah la tension entre Morgan et Daryl, j'aime bien opposé ces deux forts caractères, je me régale à écrire sur eux deux. Quand j'ai commencé à écrire cette fic, tout était du point de vue de Morgan, du coup, je trouvais qu'il manquait quelque chose. Il est vrai que pouvoir se glisser dans la peau des autres personnages est un vrai plaisir à écrire. Le Colonel Taylor... c'est un personnage que je voulais impressionnant de par sa taille et sa silhouette et qui impose le respect tout de suite, mais quand il s'agit d'inventer des noms, je sèche complètement. Je réfléchissais tout en écoutant de la musique quand soudain j'entends la musique de Terra Nova, Le Colonel Taylor s'est imposé à moi. J'ai gardé le nom. Bravo, tu as trouvé. A bientôt !
Et pour ceux qui se sont posés la question : comment ils ont fait pour construire un mur de voiture dans le camp de Taylor ? (N'est ce pas Lone) Je passe tous les jours devant des marchands de matériaux, je les ai vus préparés les commandes et soulever des palettes de parpaing et autres, avec une grue installée directement dans les camions. Je me suis dis que si ça soulève des poutres de charpente ou des palettes de parpaing, une voiture, c'est du gâteau.
