Juste un mot :

Merci pour vos reviews : Titia1966, L'Oeil du Loup, Neunonska, Lonesomemortals, EnoraSanoraShow, Waynny - Balenthina. Un merci spécial à Eponyme Anonyme pour la Ste Nnoxx et son avalanche de reviews :)

Et une mini Ola pour ma merveilleuse bêta, kansasbykeres, pour son aide et ses corrections, ainsi qu'à TataGeek pour ses encouragements et ses conseils.


Enfin. Cette fois-ci, Morgan en était sûre, c'était la bonne. Elle allait rencontrer quelqu'un qui avait passé du temps avec Stephen et son fils. Quelqu'un qui pourrait lui dire ce qu'ils étaient devenus. Elle en avait le cœur qui battait d'excitation et avait une sensation de légèreté au creux du ventre.

Lorsqu'elle pénétra dans l'entrepôt avec Michonne, Morgan se dirigea immédiatement vers la pièce du fond où étaient entreposées les conserves qui devaient leur servir d'alibi. Michonne fit une remarque sur l'intensité de la journée écoulée, tandis que Morgan ouvrait la porte et entrait dans la pièce. Elle se stoppa soudainement. Elle ne s'attendait pas à ça. Elle ne comprenait pas ce qu'il faisait là. Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ?

Elle sentit Michonne lui rentrer dedans, puis jeter un coup d'œil dans la pièce. Elle aussi, elle le vit. Jetant un regard inquiet à Morgan, elle lança :

- Daryl, qu'est ce que tu fais là ?

Le chasseur était installé dans la pièce et avait armé son arbalète en les entendant arriver. Lorsqu'il les vit, il remit la sécurité de son arme, la reposa à terre avant de reprendre ce qu'il était en train de faire : remplir son sac de conserves. Puis dès qu'il eut fini, il se tourna vers les deux jeunes femmes et leur rétorqua :

- Et vous alors ? Vous ne deviez pas vous éloigner de la prison pour trouver de nouveaux endroits ?

Les deux femmes s'observèrent, puis Morgan répondit :

- On était en ravitaillement, mais on est tombée sur une horde. Nous avons préféré rebrousser chemin et rester à l'abri cette nuit. Nous reprendrons la route demain… Et toi ?

- J'étais dans le coin, je relevais les pièges.

Morgan lui lança un regard suspicieux, que Daryl lui rendit. Tandis qu'ils s'affrontaient du regard, Michonne préféra s'éclipser :

- Je vais prendre le premier tour de garde. Vous deux, essayez de vous conduire en adulte.

Morgan aurait voulu se retirer à sa place, elle ne voulait pas se retrouver seule avec Daryl. Elle vit l'homme s'installer dans un coin et continuer à l'observer. Morgan s'appuya contre le mur derrière elle et se laissa glisser à terre en face de lui tout en évitant son regard. Au bout de quelques minutes, ni tenant plus, elle tourna la tête vers lui, Daryl l'observait toujours, elle lâcha mauvaise :

- Quoi ?

- Pour ce matin…

Morgan gigota sur elle-même mal à l'aise, elle se souvint de l'avoir frappé et de lui avoir dit des choses méchantes. Elle se souvint également de son bref passage en cellule où elle s'était promis de s'excuser, de tout lui avouer… Mais à présent, elle n'était plus sûre de rien.

- Je n'aurais pas dû te dire ce que je t'ai dit au sujet de ton mec, c'était un coup bas…

Morgan lui fit un léger sourire, mais déchanta quand elle entendit la suite :

- Par contre, pour le reste, je maintiens ce que j'ai dit, tu caches des choses et c'est mauvais.

- Tu m'agaces Daryl avec tes insinuations.

- Et toi, tu m'emmerdes, je veux juste que tu sois honnête.

- Je n'ai rien à te dire, répondit Morgan en tentant de garder son calme, arrête de me chercher parce que ce n'est pas une claque que je vais finir par te mettre, mais mon poing dans ta sale face de bouseux !

Daryl se leva soudainement, Morgan fit de même à l'affût.

- Arrête de me pousser à bout, parce que j'ai largement atteint les limites de ma patience.

- Pourquoi tu t'es mis à douter de moi ? demanda-t-elle doucement

Daryl parut étonné par la question :

- Quoi ?

- Pourquoi c'est devenu comme ça entre nous ? insista-t-elle

- C'est toi qui l'as rendu comme ça… Tu n'as pas confiance en moi, alors pourquoi je devrais avoir confiance en toi ?

- Je n'ai pas changé, je suis la même personne que celle qui vivait dans un chalet au milieu de la forêt. Et c'est toi qui m'as demandé de vous rejoindre et maintenant, tu te conduis comme le dernier des connards.

Daryl se précipita sur elle, Morgan recula et se cogna la tête contre le mur derrière elle. Le chasseur lui cria :

- Tu caches quelque chose ces temps-ci et le pire, c'est que tu entraînes Michonne dans tes magouilles, je ne sais pas comment t'as pu faire pour la convaincre, mais tu la mets en danger elle aussi…

- Je ne magouille pas, rétorqua Morgan d'une voix mal assurée

- Tu mens mal, Petite Fille ! Riposta Daryl en mettant l'accent sur son surnom

Morgan serra les dents et observa Daryl qui avait les sourcils froncés de colère. Elle voulait qu'il se taise, elle voulait qu'il la laisse tranquille, elle ne voulait plus lui parler, il allait tout gâcher. Elle devait juste patienter quelques jours pour avoir sa réponse, puis après ça, elle pourrait avouer ses mensonges… Daryl avait raison, elle était menteuse et manipulatrice, mais elle avait une bonne raison d'agir ainsi, et cette raison était plus forte que tout, c'est dans cette optique qu'elle ouvrit la bouche et qu'elle s'entendit dire à Daryl :

- Je suis fatiguée de me battre avec toi. Mets-toi dans la tête que je fais ce que je veux, que je ne suis ni ta copine, ni ta sœur, que tu n'as aucun droit de me dire ce que je dois faire et que je ferai comme je l'entends, quoique tu dises, quoique tu fasses. C'est clair pour toi Dixon ou t'as besoin que je te fasse un dessin ?

Morgan vit Daryl devenir rouge de colère et tout à coup, il abattit son poing sur le mur juste à côté de sa tête. Morgan ne cilla pas, tandis que son cœur menaçait d'exploser dans sa poitrine. Daryl ne dit rien, mais le regard qu'il lui jeta voulait tout dire, il quitta la pièce en claquant la porte. Ses jambes tremblèrent et Morgan se rassit par terre. Elle sentit ses yeux lui brûler, Daryl la détestait à présent et quand il saurait ce qu'elle avait fait, il la détesterait encore plus. Elle s'interrogea sur ce qui se passerait plus tard, elle devrait sûrement quitter le groupe. Elle se demanda si elle pourrait y arriver, toutes ces personnes qu'elle avait rencontrées à la prison faisaient malgré tout partie de sa vie désormais.


Daryl se tenait devant Morgan qui était dos au mur. Il l'entendit dire avec une voix vacillante :

- Je ne magouille pas.

Il avait atteint une faille, il allait l'utiliser jusqu'à ce qu'elle dise la vérité, parce qu'il savait qu'elle cachait quelque chose et il ne savait pas comment elle avait réussi à entraîner Michonne. Il rit intérieurement, elle mentait, ça se sentait, pire encore, ça se voyait sur sa figure. Il ne put s'empêcher de l'appeler par ce surnom dont il l'avait affublé à leur rencontre.

- Tu mens mal, Petite Fille.

Morgan lui tint tête. Malgré sa colère envers elle, le chasseur se disait qu'elle était bien plus forte que la plupart des mecs qu'il avait connus, mais il sentit la haine monter en lui, quand il l'entendit lui dire :

- Je suis fatiguée de me battre avec toi. Mets-toi dans la tête que je fais ce que je veux, que je ne suis ni ta copine, ni ta sœur, que tu n'as aucun droit de me dire ce que je dois faire et que je ferai comme je l'entends, quoique tu dises, quoique tu fasses. C'est clair pour toi Dixon ou t'as besoin que je te fasse un dessin ?

Dès qu'elle eut fini, elle le fixa d'un air condescendant, Daryl fut touché par ses paroles, plus qu'il n'aurait voulu, mais elle l'avait piqué dans son orgueil, lui parlant comme à un enfant. Il ne supportait pas qu'on lui parle ainsi, il détestait qu'on le prenne de haut, sa respiration se fit plus rapide, il fallait qu'il relâche cette colère, il frappa le mur violemment juste à côté de la tête de Morgan. Elle ne bougea pas et ne le quitta pas du regard, comme si elle se doutait que jamais il ne la frapperait.

Il ne lui aurait jamais fait de mal, il pouvait se montrer agressif dans ses paroles ou son comportement, mais ça ne serait jamais allé plus loin. Mais à cet instant précis, il ressentait de la haine pour elle. Il sortit de la pièce en claquant la porte. Daryl avait envie de se défouler, il aurait bien transpercé quelques rôdeurs, mais c'était la nuit et réagir sur un coup de tête pouvait l'entraîner vers une mort certaine. Il traversa l'entrepôt à grands pas, puis passa ses nerfs sur un bidon qui, d'un coup de pied, alla s'écraser contre un des murs, un bruit de tôle froissé retentit et résonna dans le bâtiment.

Presque immédiatement, Michonne arriva en courant, katana en main, prête à en découdre. Daryl la vit l'observer assis sur sa marche. Il vit son regard sur ses poings serrés et sa main ensanglantée, elle secoua la tête. Baissant son katana, elle s'approcha de lui et marmonna :

- Je vois que vous avez suivi mon conseil d'agir en adulte, qu'est ce qu'il s'est passé cette fois ? Et rassure-moi, Morgan est toujours vivante derrière cette porte ?

Daryl grimaça et tenta de bouger sa main. Avec l'adrénaline, il n'avait pas senti la douleur sur ses phalanges. Maintenant qu'il s'était un peu calmé, il sentait ses doigts chauffer. Michonne sortit une petite trousse de son sac, puis s'approcha de Daryl. Elle sortit une compresse et un petit flacon d'alcool. Daryl voulut se dérober, mais elle lui tint fermement le bras, plantant son regard déterminé dans le sien, l'homme se résigna, la laissant nettoyer sa main. Au bout de quelques minutes, tout en continuant de s'occuper de ses blessures, Michonne lui dit doucement :

- Faut que tu arrêtes Daryl.

- Arrêtez quoi ? grogna-t-il

- Ton délire avec Morgan. Elle ne te le montre pas, mais ça la touche, répondit Michonne avant de murmurer pour elle-même, plus que ça ne devrait d'ailleurs…

- Je veux qu'elle dise la vérité… Ou alors tu pourrais me la dire toi ! Je sais qu'elle t'a entraîné dans quelque chose… Comment elle a fait pour te convaincre ? Ça me dépasse.

- On ne fait rien de plus que ce que nous faisons d'habitude Daryl. Je cherche le Gouverneur, tandis qu'elle cherche des indices sur sa famille. Rien de plus, rien de moins. Rétorqua Michonne

- Michonne, tu sais que celui qu'elle cherche est sûrement mort…

- Ce n'est pas à toi, ni même à moi, de lui dire de ne pas garder espoir.

- Garder espoir au point de se mettre en danger, c'est stupide !

- Dois-je te rappeler que la première chose que tu ais faite en retrouvant ton frère, c'est de quitter le groupe pour prendre la route avec lui ? Si ça, ce n'est pas se mettre en danger, alors qu'est ce que c'est ?

- Je suis revenu… Grogna Daryl

- Quand tu as compris que Merle était toujours un sale con et que toi, tu avais changé au contact du groupe. Et lorsque Merle est retourné à Woodbury pour tuer le Gouverneur, tu t'y es bien précipité pour le retrouver, je me trompe ? Si ça aussi, ce n'était pas dangereux…

- Où tu veux en venir Michonne ?

- Laisse Morgan poursuivre sa quête, elle en a besoin.

- Mais c'est une pure connerie… Comment veux-tu qu'elle le retrouve son mec, il peut être n'importe où, le monde est devenu vaste. S'il ne l'a pas retrouvé à sa cabane au bout de quelques mois, c'est qu'il n'est plus en vie. Tu le sais, je le sais, il n'y a qu'elle pour se voiler la face…

- Pourquoi c'est si important Daryl ?

- Quoi ?

- Je trouve que tu as une réaction bizarre par rapport à tout ça, je me demande juste pourquoi.

Daryl retira sa main dès que Michonne eut fini de la couvrir d'une bande et se releva. Il lui lança tandis qu'elle rangeait les fournitures médicales dans son sac :

- Pour rien. Je te relève à la garde.

- Daryl…

- Stop Michonne.

- Vous êtes aussi têtus l'un que l'autre, on dirait deux gamins… marmonna Michonne

Daryl se rendit à l'étage, il y avait des fenêtres donnant sur chaque côté du bâtiment. Il sortit par l'une d'elles et s'installa sur la toiture pour avoir une meilleure visibilité. Daryl inspecta les alentours, tout semblait calme, mais malgré lui, les paroles de Morgan lui revinrent en mémoire :

- Dis-moi tes secrets Dixon et je te dirai les miens… Tu ne vaux pas mieux que moi… Ce que j'ai besoin de savoir, je le sais déjà, t'es qu'un connard… Je ne suis ni ta copine, ni ta sœur… Tu n'as aucun droit de me dire ce que je dois faire…

Daryl se prit la tête entre ses mains, Rick avait raison, Morgan avait la faculté de retourner le cerveau de ceux qui osait lui tenir tête. Il y avait quelque chose avec Morgan, un truc de pas clair, c'était presque devenu une obsession, dès qu'il la voyait, il lisait sur son visage qu'elle lui cachait quelque chose. Il se rendait compte que ça n'aurait pas du le toucher à ce point, Michonne avait mis le doigt dessus : pourquoi ça lui tenait tant à cœur ? Pourquoi tant de sentiments contradictoires envers une seule et même personne ?

Il se souvint de la première fois où il était allé à sa cabane, lorsqu'il l'avait observé, il avait vu ses larmes et l'avait vu détruire un miroir avec son poing avant de regarder son sang couler. Puis plus tard, lorsqu'elle était tombée malade après avoir tenté de se tuer, quand Rick l'avait ramené à la prison, dans un coup de folie, elle avait dit au groupe qu'elle était maudite et qu'elle était vouée à voir les gens mourir…

Il était partagé. D'un côté, le début de complicité qu'ils avaient développé avait laissé un vide, mais d'un autre, elle lui avait montré qu'elle n'avait pas assez confiance en lui pour se confier.

Il aurait voulu la protéger, mais elle n'avait pas besoin de sa protection.
Il aurait voulu être à ses côtés, mais elle n'avait pas besoin de son aide.
Elle s'était trouvée Michonne pour ça, elle était sûrement mieux placée que lui pour comprendre Morgan.


Au matin

Daryl avait dormi à l'étage. Il s'éveilla lorsque Michonne vint le prévenir de leur départ.

Le chasseur les avait rejoint à l'extérieur, Morgan était penchée sur une carte, Michonne lui parlait à voix basse. Daryl s'approcha et leur demanda :

- Vous pensez aller dans quelle direction ?

- Au nord, répondit Michonne, dans cette ville ! lui répondit-elle en pointant un lieu du doigt sur la carte

- Ok je le signalerai à Rick, vous pensez être absente longtemps ?

- Moins longtemps que prévu, dit doucement Morgan sans le regarder, mais faudra qu'on reparte dans moins d'une semaine…

- Bon, je retourne à la chasse… Soyez prudentes !

Daryl s'éloigna, puis un détail lui revint en mémoire lorsqu'il enfila son sac à dos. Il se traita d'imbécile pour avoir oublié. Il revint vers les deux femmes, posa son sac devant elles et fouilla à l'intérieur. Il vit bien Morgan jeter un regard inquiet à Michonne. Le chasseur mit fin à leur attente en sortant les deux hachettes de Morgan de son sac. Il les déposa devant elle en disant :

- C'est toujours mieux de partir en ravitaillement avec des armes. Je suis surpris que tu sois partie sans elles. Mais bon, c'est vrai que ce n'est pas à moi de te dire quoi faire !

Avec un sourire narquois, il remit son sac et s'en alla arbalète en main, sous le regard décontenancé des deux amies.


Morgan regarda du coin de l'œil, Daryl s'éloignait, mais il se stoppa en mettant son sac à dos, il revint vers elles. Il posa son sac sur le capot et fouina à l'intérieur. Morgan ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil à Michonne qui semblait étonnée.

Morgan sentit un poids lui tomber dans l'estomac quand elle vit Daryl sortir ses hachettes et les poser devant elle. Avec un sourire en coin, il lui lança :

- C'est toujours mieux de partir en ravitaillement avec des armes. Je suis surpris que tu sois partie sans elles. Mais bon, c'est vrai que ce n'est pas à moi de te dire quoi faire !

Et il repartit sans un mot de plus. Quand le chasseur fut hors de vue, Morgan se passa la main sur le visage.

- Je crois qu'il a compris que je me moquais de lui !

- Ca s'est encore mal passé hier ?

- Je crois que j'aurai pu gagner l'Oscar de la pire conasse. Je lui ai encore dit des choses horribles…

- Pourquoi ne tentez-vous pas de parler… normalement ?

- Parce qu'il me pousse à bout et moi, je réplique plus fort. Rien de bon n'en ressort à chaque fois. Mais tout ça sera bientôt terminé…

- Comment ça ?

- Quand j'aurai les réponses à mes questions, je lui dirai tout… Mes manigances, mes mensonges, tout !

- Tu es sûre que c'est une bonne idée ? demanda Michonne, Daryl est particulier…

Morgan se mordit la lèvre, elle en avait assez de mentir à Daryl. Elle voulait être honnête avec lui et tenter de repartir sur de bonnes bases.

- De toute façon, on s'en souciera plus tard, là faut qu'on s'occupe de rapporter des fournitures, la coupa Morgan

- Nous allons avoir un peu de route à faire, mais on devrait être sur place en fin de matinée, si on est trop juste, on se trouvera un abri pour passer la nuit et repartir plus tard.

- C'est bon pour moi.

Les deux femmes montèrent en voiture. Michonne s'installa au volant et démarra la voiture. Elles s'éloignèrent de l'entrepôt et prirent une route qui les mènerait à leur destination.

Au bout de quelques heures, Michonne stoppa la voiture sur une aire de pique-nique avant l'entrée de la ville.

- On va faire une première approche à pied pour voir, proposa Michonne, si les rues sont dégagées et qu'il n'y a pas trop de rôdeurs, on reviendra avec la voiture.

- D'accord.

Morgan prit ses hachettes et les accrocha à sa ceinture. Les deux femmes se mirent en route.

Quand elles pénétrèrent dans l'artère principale, c'était désert. Les étaient jonchées de détritus et de voitures abandonnées aux portières ouvertes. La nature semblait reprendre ses droits, les herbes étaient hautes et débordaient des espaces verts.

Morgan et Michonne remontèrent la rue lentement, se cachant derrière les voitures. Tout était silencieux. La plupart des devantures des commerces était défoncée. Tandis que Morgan marchait quelques mètres devant Michonne, elle se stoppa pour regarder à travers la porte vitrée d'un magasin de vêtements.

Michonne jeta un coup d'œil dans une épicerie, les rayonnages avaient été vidés. Elle vit soudain une tache par terre, au milieu des débris de verre, elle posa son doigt dessus, c'était du sang, du sang frais. Elle siffla pour attirer l'attention de Morgan.

- Morgan, regarde ça, je crois que nous ne sommes pas toutes seules dans le coin…

Morgan observa le sang, puis les alentours. C'était silencieux, peut être trop.

- Tu ne trouves pas ça bizarre qu'il n'y ait aucun rôdeur ?

- Ils ont peut être quitté la ville à la recherche de nourriture, répondit Michonne la main sur le manche de son katana.

- Ou alors, quelque chose les a attirés plus loin… Ce sang n'est pas arrivé là tout seul, on devrait…

Morgan ne put finir sa phrase, plus loin, retentirent des coups de feu.

- Tu avais raison, nous ne sommes pas seules en ville.

De nouveaux coups de feu se firent entendre. Michonne lui murmura :

- On ne devrait pas rester là, on dirait que ça se rapproche.

Morgan regarda autour d'elle et entraîna Michonne dans une ruelle longeant l'épicerie. Une fois derrière le magasin, Morgan grimpa à l'échelle de secours et accéda au toit où elle avait une vue de toute la rue. Les coups de feu se répétèrent. Elles s'accroupirent pour pouvoir observer sans être vues.

Soudain, à un tournant à une centaine de mètres, un homme apparut, il pivota et se mit à tirer avec sa mitraillette sur une cible derrière lui. L'homme était un soldat, il était blessé et boitait. Il tentait de fuir quelque chose, à un moment, il trébucha et s'étala de tout son long au sol, lâchant son arme qui glissa un peu plus loin. Michonne se redressa, mais fut retenue par Morgan. Elles se stoppèrent quand elles entendirent des grognements. L'homme était en train de se relever, quand apparurent au coin de la rue, un groupe d'une vingtaine de rôdeurs qui se dirigeaient les bras tendus vers le militaire.

- Qu'est ce qu'on fait ? demanda Morgan

- Ils sont nombreux… Mais on ne peut pas le laisser comme ça.

Michonne et Morgan redescendirent de leur point d'observation et coururent vers l'homme qui braqua son fusil sur elles.

Michonne trancha la tête d'une rôdeuse qui était un peu trop près d'eux, Morgan lança au militaire :

- On est là pour vous aider, alors visez les têtes de rôdeurs à la place et tirez !

L'homme hésita quelques secondes, puis il tira une rafale de balles sur la petite horde, tandis que Michonne achevait les plus proches. Morgan passa le bras du militaire sur son épaule et l'aida à s'éloigner. Michonne les rattrapa tout en veillant à ne pas être rattrapée par les morts.

Les rôdeurs étaient trop nombreux, le militaire se mit à jurer :

- Merde, je n'ai plus de munitions…

Morgan le posa à terre contre une voiture, l'homme lui attrapa le bras au moment où elle allait rejoindre Michonne :

- Ne restez pas là, partez avant d'être tuées.

- Ce n'est pas notre genre. Lâcha Morgan en retirant la main de l'homme

- Mais…

Le militaire ne put finir sa phrase, car Morgan le laissa pour se mettre aux côtés de Michonne. Son katana tranchait des têtes à un rythme effréné, Morgan se posta à ses côtés et commença à se débarrasser des morts également, mais ils étaient nombreux.

Petit à petit, elles reculaient pour ne pas se laisser submerger. Le soldat se releva avec peine et vint se placer à côté d'elles, écrasant les crânes avec la crosse de sa mitraillette.

Morgan grimpa sur une voiture et put voir que d'autres rôdeurs sortaient des ruelles.

- Michonne, faut qu'on se tire, ils en arrivent de partout…

- Mon équipe est au sud de la ville… Il faut les rejoindre !

- A pied, on n'ira pas bien loin, lança Michonne

Les deux femmes aidèrent l'homme et s'éloignèrent du groupe de rôdeurs qui ne tardèrent pas à les suivre. Michonne demanda :

- Vous n'avez pas d'autres armes avec vous ?

- J'ai perdu mon pistolet en m'enfuyant, j'ai bien quelque chose sur moi, mais je ne suis pas sûr que se soit une bonne idée…

- Dites toujours, répondit Morgan

L'homme fouilla une de ses poches et en tira une grenade. Michonne sourit en voyant l'objet. Avec Morgan, elles accélérèrent le mouvement, traînant presque le soldat qui peinait à suivre. Le trio se réfugia derrière une voiture, le militaire dégoupilla l'engin, attendit quelques instants, puis la lança au milieu des rôdeurs. Il se jeta à terre, suivi des deux femmes qui se couvrirent la tête et les oreilles de leurs mains.

Lorsque la grenade explosa, l'onde de choc brisa les vitres de la voiture derrière laquelle ils étaient, des morceaux de chair et du sang furent projetés jusqu'à eux. Michonne se releva lentement et jeta un œil par-dessus le coffre de la voiture, la grenade avait eu l'effet escompté, la grosse majorité des rôdeurs avait été démembrée, certains bougeaient encore, d'autres étaient immobiles, quelques uns étaient entiers mais avaient été projetés au sol et peinaient à se relever.

- La voie est libre, c'est le moment de courir.

Le militaire était essoufflé et transpirait abondamment, il murmura :

- Je n'ai plus la force…

- Ce n'est pas le moment de se laisser aller, grogna Morgan, on va rejoindre vos amis, ils vous mettront en sécurité.

- J'ai trop mal à ma cheville.

Michonne remonta le bas de son pantalon, sa cheville était enflée et avait pris une teinte violette.

- On n'a pas ce qu'il faut pour soigner ça, va falloir vous armer de patience, parmi les vôtres, il doit bien y avoir un médecin…

- Je viens d'un camp où il y de nombreuses personnes… commença le militaire avant de se stopper inquiet

Morgan jeta un coup d'œil à Michonne, puis elle revint sur l'homme :

- Quel est votre nom ?

- Peter.

- Enchantée Peter, je m'appelle Morgan et voici Michonne. Vous n'avez pas à vous méfier de nous, nous sommes des « gentilles » ! Même si Taylor en a douté…

Les deux femmes attendirent une réaction de Peter qui ne tarda pas à arriver :

- Vous connaissez le Colonel ?

- Oui, il a proposé à notre groupe de se joindre à son camp.

- Vous y êtes allées ? demanda Peter

- Oui. Nous devons y retourner dans quelques jours. Maintenant que les présentations sont faites, vous êtes prêts à faire un dernier effort pour retrouver votre troupe ?

Malgré le masque de douleur sur son visage, l'homme hocha la tête et s'appuya sur la voiture pour se relever. Il passa son bras sur l'épaule de Morgan. Tandis que Michonne abattait des rôdeurs qui s'approchaient lentement vers eux.

Peter tendit la main vers une route sur la droite et leur lança :

- Faut qu'on aille par là !

Le trio se mit en route, marchant rapidement pour ne pas laisser les rôdeurs les rattraper. Michonne ouvrait la marche pour s'assurer qu'il n'y avait pas de danger. Morgan en profita pour parler avec le soldat :

- Comment ça se fait que vos compagnons vous aient laissé derrière ?

- Ce n'était pas volontaire, nous étions en train de récupérer des fournitures, quand des morts sont apparus. Nous devions remonter dans le véhicule, mais une de ces choses était sous une voiture m'a agrippé la cheville, je suis tombé en avant, le véhicule se faisait encerclé, je leur ai dit que je les retrouvais à la sortie de la ville, on ne pouvait pas prendre le risque de perdre tout ce que nous avions trouvé. J'ai eu du mal à me défaire de celui qui m'avait attrapé la cheville, il la serrait comme s'il voulait me l'arracher. J'ai utilisé mon pistolet pour m'en défaire, je me suis enfui mais ils se sont lancés à ma poursuite…

- Vous pensez qu'ils vous attendront longtemps ?

- Si ce n'est pas le cas, vu que vous connaissez le camp, vous pourrez toujours m'y ramener.

Morgan lui sourit, puis se concentra sur leur fuite. Tout à coup, Michonne se stoppa, Morgan fit de même, elle entendit un bruit de moteur. Peter lança :

- Ils reviennent me chercher.

Une jeep de l'armée apparut au bout de la rue, lancée à pleine vitesse, elle fonçait dans leur direction. Morgan entendit un grognement derrière elle, jeta un coup d'œil, elle vit que les rôdeurs arrivaient. Sans prévenir Peter, elle se remit en marche, appelant Michonne à la rescousse. La noire trancha une tête, puis attrapa l'autre bras du soldat pour le passer sur ses épaules et le soutenir pour qu'il puisse accélérer. La jeep freina dans un dérapage à quelques mètres devant eux. Deux hommes en descendirent pour prêter main forte au trio, tandis que celui qui conduisait le véhicule se mit debout et se mit à tirer sur le groupe de rôdeurs qui les suivaient.

Quand Peter fut installé dans la jeep, Morgan et Michonne grimpèrent à l'arrière. Le conducteur redémarra en trombe, semant les morts qui continuaient à tendre leurs bras vers eux.

Accrochées à l'arrière de la jeep, Morgan et Michonne soufflèrent un bon coup et se regardèrent un sourire en coin. Peter tendit le pouce vers elles, tandis que lui aussi relâchait la pression. Ses deux compagnons à ses côtés s'affairaient sur sa jambe, découpant son pantalon et retirant sa chaussure. Le conducteur roulait vite comme pour mettre le plus de distance entre la ville et eux. Il roula un moment à l'extérieur de la ville et tourna dans un chemin de terre, la jeep faisait des bonds sur les cailloux, arrachant des cris de douleur à Peter qui était secoué sur la banquette arrière, tandis que Morgan et Michonne tentaient tant bien que mal de s'accrocher pour ne pas être trop ballottées.

Au bout de quelques minutes, la jeep arriva devant une vieille ferme et se gara. Devant le bâtiment, il y avait une dizaine de soldats, 3 autres jeeps étaient stationnées, ainsi qu'un camion. Des hommes s'approchèrent pour aider Peter à descendre, tandis que d'autres s'approchaient des deux femmes, l'air méfiant. Peter les interpella :

- Oh les gars, tous doux avec les demoiselles, elles m'ont sauvé la vie ! Et en plus, elles connaissent le Colonel.

Les visages des soldats se détendirent et ils lâchèrent leurs armes. L'un d'eux de type hispanique s'approcha :

- Bonjour, je suis le chef de cette unité. Merci pour Peter, si on peut faire quoi que se soit pour vous.

- Si vous pouviez nous ramener à notre véhicule quand vous partirez d'ici, ça serait bien, répondit Morgan

- Nous attendions justement que les gars reviennent avec Peter pour mettre les voiles, mais vu qu'il est blessé, on va d'abord s'en occuper. A propos, je m'appelle Lopez.

- Je suis Morgan et voici Michonne.

- Vous avez rencontré le Colonel Taylor ?

- Oui, et l'adjudant Jefferson également.

- Bien. Souhaitez-vous retourner au camp avec nous ?

- Nous faisons déjà parties d'un groupe. Notre chef n'a pas souhaité rallier votre camp, pour l'instant. Expliqua Morgan

- Souhaitez-vous boire ?

Morgan regarda Michonne qui observait les soldats autour d'elle. Et un en particulier qui ne cessait de les dévisager.

- Votre ami a un problème ? demanda Michonne à Lopez

Celui-ci tourna la tête, un des soldats les observait. Lopez lui fit un signe de la main pour qu'il s'approche. L'homme s'avança, plus il s'approchait, et plus Morgan se rendit compte que c'était elle qu'il dévisageait.

- Un peu de tenue soldat, tu déranges nos invitées, interpella Lopez

Le soldat avait les sourcils froncés tout en regardant Morgan. Celle-ci agacée lui lança :

- Je peux savoir ce que vous avez à me dévisager ainsi ?

- Je vous connais… Je crois… Nom de Dieu, vous êtes la femme de… Morgan, c'est ça ?... Ce n'est pas possible.

La jeune femme sursauta, elle était sûre de ne pas le connaître, quand tout à coup, elle comprit :

- Vous êtes Emerson ? De Fort Benning ?

- Putain, je n'arrive pas à croire que vous soyez en vie…

- C'est vous Emerson ? … Le Colonel m'a dit que vous veniez de Fort Benning et que vous pourriez m'aider à découvrir ce qu'est devenue ma famille…

- Vous devriez aller à l'intérieur pour discuter, les interrompit Lopez, Emerson, je vais te faire remplacer à la garde.

Emerson hocha la tête et invita Morgan à le suivre. Celle-ci se tourna vers Michonne :

- Tu viens Michonne, après tout ce que tu as fait pour moi, tu dois être à mes côtés.

Michonne fit un sourire en coin et les suivit, ils s'installèrent dans le salon de la ferme. Morgan avait le cœur qui battait la chamade, ses mains tremblaient tellement que Michonne lui en prit une pour la serrer quelques instants.

- Sawyer avait raison… Souffla le soldat l'air grave

- Où est Stephen ? Pourquoi il n'est pas avec vous au camp ? … Il est en vie ?

- Vous avez suivi les signes ? demanda Emerson en fuyant le regard de Morgan

Morgan agrippa le poignet de Michonne sous la table où ils étaient installés et le serra, son cœur battait toujours autant quand elle répondit d'une voix mal assurée :

- Oui, tous jusqu'à la base navale.

- Je lui disais que c'était stupide de faire ça, qu'il ne savait pas si vous étiez en vie… Il gardait espoir, il me disait que si vous étiez encore en vie, vous feriez tout pour le retrouver… Mais la base navale, c'était une erreur…

- Emerson… commença Michonne

- Sawyer est mort ! Lâcha Emerson, nous étions nombreux à avoir quittés Fort Benning avec les hélicos, on s'est déplacé de base en base, jusqu'à ce qu'on s'installe à la base navale, des survivants nous avaient rejoints et un jour, tout a basculé, il y avait un mort dans le camp, puis deux, puis des dizaines… On a été envahi, on ne sait pas ce qui s'est passé… Morgan, je suis désolé.

Morgan sentit les larmes lui brûler les yeux, elle avait l'impression d'avoir une énorme boule au fond de la gorge et un poids dans l'estomac, avec beaucoup de mal, elle parvint à articuler :

- Et mon fils ?

Du coin de l'œil, elle vit Michonne se tourner vers elle, visiblement choquée.

- Je suis désolé Morgan, répéta Emerson en se passant la main sur le visage, je suis…

Morgan n'entendit pas la fin de sa phrase, un bourdonnement retentit dans ses oreilles, comme un bip incessant. Elle ne vit plus rien autour d'elle, tandis que dans sa tête, défilait le film de sa vie en accéléré, faisant de courtes pauses sur les deux êtres chers de sa vie. Elle était incapable de bouger. Elle se sentait vide, elle n'était plus rien, tous ses espoirs, tout ce qui la maintenait en vie, tout était fini, elle n'avait plus rien à quoi se raccrocher, elle n'avait plus personne...

A cet instant, Morgan souhaitait mourir.


Michonne sentit les ongles de Morgan s'enfoncer dans son poignet, l'homme en face d'elle était en train de devenir livide, tandis que Morgan se décomposait de plus en plus. L'homme parlait pour ne rien dire, comme s'il avait besoin de faire des aveux, Michonne serra les dents.

Ce n'était pas ça que Morgan avait besoin d'entendre, il lui fallait une réponse nette et prise.

- Emerson… commença-t-elle

Mais le soldat la coupa et envoya les dures paroles redoutées :

- Sawyer est mort ! Nous étions nombreux à avoir quittés Fort Benning avec les hélicos, on s'est déplacé de base en base, jusqu'à ce qu'on s'installe à la base navale, des survivants nous avaient rejoints et un jour, tout a basculé, il y avait un mort dans le camp, puis deux, puis des dizaines… On a été envahi, on ne sait pas ce qui s'est passé… Morgan, je suis désolé.

Michonne vit le menton de son amie trembler violemment, elle clignait des yeux pour s'empêcher de pleurer, Michonne tourna la tête vers Emerson en pensant que c'était un idiot. Quand elle entendit trois mots qui lui firent l'effet d'un coup de poing dans l'estomac :

- Et mon fils ?

Michonne regarda Morgan comme si elle venait de la rencontrer. Un fils, quel fils ? Pourquoi elle ne lui en avait jamais parlé ? Quand Morgan parlait de sa famille, Michonne n'avait pas cherché plus loin et pensait qu'elle parlait seulement de son compagnon. L'écharpe lui revint en mémoire, la manière dont Morgan le portait à son nez, son obsession pour cet objet que Michonne avait qualifié d'insignifiant. Morgan était une mère, elle aussi…

Le soldat essuya la sueur sur son front et acheva Morgan avec un simple :

- Je suis désolé. Sawyer m'a dit que son fils était auprès de sa mère. Il m'a donné votre photo aussi, et…

Michonne perdue dans ses pensées, releva la tête vers le soldat quand il s'interrompit et que Morgan relâcha son poignet. Une expression inquiète s'afficha sur Emerson qui appela doucement :

- Morgan ?

Michonne observa son amie et sursauta. Morgan était immobile, pâle et le regard vide. Elle la secoua légèrement en l'appelant. Mais Morgan ne réagissait plus, on aurait dit une coquille vide. Michonne tenta de lui parler, mais elle ne lui répondit pas. Michonne se releva et courut à l'extérieur criant aux soldats :

- J'ai besoin d'un médecin, VITE !