Juste un mot :

Un grand MERCI à Saphira, L'oeil du Loup, EnoraSanoraShow, Titia1966, Neunonska, Sephora4 (chouette une nouvelle lectrice) et Eponyme Anonyme pour vos reviews.

Aujourd'hui, lundi 20 octobre, est un grand jour : RD a 1 an !

(Pour fêter ça, voici le chapitre 18, bonne lecture !)


Michonne roulait vite, sans cesser de jeter des coups d'œil à Morgan assise sur le siège passager qui n'avait pas parlé, ni esquissé un geste depuis trois bonnes heures. Elle avait le regard fixe et vide. Michonne paniquait, pourtant ce n'était pas son genre, mais quand le médecin avait dit à Lopez et Emerson que Morgan était dans un état catatonique, les deux soldats avaient tentés de convaincre Michonne de les ramener au camp du Colonel Taylor.

La femme avait refusé, accusant Emerson d'être fautif dans l'histoire et rétorquant à Lopez que tout ce dont on avait besoin Morgan, c'est d'être parmi les siens, pas avec des inconnus. Lopez et Emerson les avaient ramenées à leur véhicule. Michonne avait pris la route de la prison, pressée de trouver Herschel pour qu'il puisse guérir Morgan, mais Daryl s'imposa dans son esprit. Il allait sûrement être furieux…

Michonne était furieuse aussi, contre elle – même, pour n'avoir compris qu'à moitié ce que recherchait Morgan ; contre Emerson aussi, elle ne put s'empêcher de repenser à leur altercation pendant que le médecin auscultait Morgan :

- « Bon sang, vous savez le temps que Morgan a passé à chercher sa famille ? Tout l'espoir qu'elle a mis là-dedans ? cria-t-elle au soldat

- Je suis navré… Je ne voulais pas que ça se passe comme ça.

- Et comment pensiez-vous que ça allait se passer ?

- J'étais surpris…

- Et pour son fils ? Ca veut dire quoi « il est auprès de sa mère » ?

- C'est ce que m'a dit Sawyer… Il savait qu'il allait mourir, les rôdeurs étaient partout, quand je lui ai demandé où était le petit… Il m'a dit que j'avais raison depuis le début, Morgan était sûrement morte depuis longtemps, son fils était auprès d'elle désormais et lui n'allait pas tarder à les rejoindre. Je crois qu'il s'était résigné, puis il m'a donné sa photo, il ne voulait pas que Morgan soit oubliée. Je l'ai gardé et je l'ai accroché sur le mur des Disparus à mon arrivée au camp.

- Donc elle a tout perdu. Murmura Michonne

- Je suis désolé. Lança Emerson

- Ce n'est pas à moi que vous devriez présenter vos excuses, coupa sèchement Michonne, et vous pouvez l'être avec tous les dégâts que vous avez causés.

- Vous auriez préféré qu'elle reste dans l'ignorance ? rétorqua Emerson

- J'espère pour vous qu'elle se rétablira, menaça la femme en lui jetant un regard glacial, parce que si ce n'est pas le cas, je peux vous assurer que notre prochaine rencontre sera nettement moins amicale. »

Michonne sortit de ses pensées et observa une nouvelle fois Morgan à ses côtés.

- Morgan, je t'en prie, dis moi quelque chose, n'importe quoi, mais parle moi.

Michonne attendit une réaction qui ne vint pas, elle lui dit d'une voix douce :

- Je suis désolée pour Stephen… Et pour ton fils… J'aurai tant voulu qu'ils soient vivants quelque part, mais tu ne dois pas te laisser aller. Il faut que tu fasses quelque chose, tu ne peux pas rester comme ça. Tu es forte, tu peux surmonter tout ça, je t'y aiderai, mais je t'en prie, DIS QUELQUE CHOSE !

Mais Morgan ne dit rien, les yeux dans le vague, elle était immobile, comme si la flamme de l'espoir dans son cœur s'était éteinte. Michonne en tapa le volant de rage.

Quand elle arriva enfin à la prison, c'était tard dans la soirée, il n'allait pas tarder à faire nuit noire. Michonne cherchait toujours une solution mais dès que son regard se portait sur la jeune femme à ses côtés, elle savait qu'il n'y en avait pas. Ce fut Maggie qui actionna le mécanisme du portail pour les laisser entrer, Michonne avança la voiture et se stoppa dès qu'elle dépassa le portail. Maggie referma la porte et contourna le véhicule duquel Michonne sortit et dit à la jeune brune :

- Maggie, j'ai besoin de toi.

- Qu'est ce qui se passe ?

- C'est Morgan.

Maggie se baissa précipitamment pour regarder dans la voiture, inquiète de découvrir Morgan blessée. Mais ce qu'elle vit, l'inquiéta d'autant plus. Elle se dirigea vers la portière passager et l'ouvrit, elle s'accroupit devant son amie, posa une main sur son bras et lui demanda :

- Morgan, ça va ?

Michonne qui s'était rassie au volant espéra une réponse, mais il n'y en eut pas.

- Michonne, qu'est ce qu'elle a ?

- Elle a comme ça depuis qu'elle a appris pour sa famille…

- Quoi ? Comment ça ?

- Pour faire court, on a rencontré quelqu'un qui a été à Fort Benning avec son compagnon au début de l'épidémie… Il n'a pas survécu.

- Oh non, pauvre Morgan, lança Maggie

- Et ce n'est pas le pire…

- Parce qu'il y a pire ?

- Il n'y avait pas que son mari à Fort Benning, elle avait un fils aussi…

- Pardon ? Elle ne nous en a jamais parlé, pourquoi ? Mince, qu'est ce qu'on fait ? Tu crois qu'il faut en parler à…

- NON ! s'écria Michonne, pour le moment, faut en parler à personne, faut attendre qu'elle se « réveille ».

- On n'a qu'à la ramener dans sa cellule, dire qu'elle est malade et qu'elle dort, coupa Maggie, dire qu'elle a un problème féminin…

Michonne hocha la tête et remit en marche la voiture, quand elle fut interrompue par Maggie :

- Michonne, une fois qu'on aura installée Morgan, je veux que tu me racontes tout.

- D'accord.

- J'ai bien dit tout.

- Je te dirai tout.

- Et il n'y a pas que ça…

- Quoi d'autre ?

- J'ai surpris une conversation entre Rick, Daryl et Glenn, et je n'ai pas tout compris, mais j'ai entendu Rick dire qu'il allait sérieusement en discuter avec Morgan.

Michonne fronça les sourcils et puis lança à la jeune femme qui attendait une réponse :

- Chaque problème en son temps, d'abord on s'occupe de Morgan, puis on s'occupera du reste.

Faire pénétrer Morgan dans la prison, sans qu'elle soit vue des autres membres du groupe était le principal problème pour le moment. Heureusement Morgan se laissa entrainer sans un mot et sans opposition. Tandis que Michonne la guidait, Maggie faisait diversion pour les autres habitants : elle persuada Glenn sur le mirador qu'elle avait vu un groupe de rôdeurs près de la rivière, l'incita à confirmer grâce aux jumelles, ensuite elle envoya Carol en cuisine pour préparer une tisane pour Morgan qu'elle lui dit souffrante, puis elle demanda à Carl d'aller prévenir son père du retour des deux femmes et enfin, Maggie demanda à son père d'aller vérifier dans son stock s'il y avait des médicaments pour les règles douloureuses. Herschel voulut ausculter Morgan car c'était la première fois qu'elle plaignait de douleur durant cette période là, il fut gentiment congédié par sa fille qui lui lança qu'elle savait parfaitement quoi faire et que Morgan se reposait.

Une fois, tous les curieux éloignés, Maggie rabattit l'épaisse tenture qui servait de porte. Michonne avait assis Morgan sur sa couchette, et lui retirait sa veste. Maggie défit ses chaussures et elles l'allongèrent sur sa couchette, Morgan se laissa faire et se recroquevilla en position foetale. Michonne quitta la pièce précipitamment et revint quelques minutes plus tard, avec l'écharpe qu'elle déposa dans la main de son amie. Celle-ci esquissa un geste, elle referma la main et serra l'écharpe contre son cœur. Maggie était inquiète et Michonne espérait qu'elle n'allait pas se laisser mourir de chagrin.

Quand elles sortirent de la cellule, elles entendirent les voix de Carl et Rick, elles allèrent à leur rencontre, tout en prenant soin de verrouiller la porte entre les deux blocs pour que personne ne puisse aller voir Morgan.

- Bonsoir Michonne.

- Bonsoir.

- Déjà rentrée ? Où est Morgan ?

- Elle se repose, intervint Maggie, elle est… indisposée et en plus de ça, elle a la migraine, donc pour le moment, il lui faut du calme et de l'obscurité.

- Je vois qu'elle est entre de bonnes mains, s'écria Rick, c'est pour ça que vous êtes rentrées plus tôt ?

- Oui, entre ça et la horde d'hier, on s'est dit que ce n'était pas la bonne semaine pour sortir, donc on est rentrée, répondit Michonne avec entrain

- Prévenez-moi quand Morgan ira mieux, il faudrait que je lui parle de quelque chose…

- De quoi veux-tu lui parler ? demanda Michonne sèchement

Rick s'étonna de la question, puis il répondit :

- J'ai eu une discussion avec Daryl et…

- Ce n'est pas le moment de rentrer dans leur conflit, coupa Michonne, s'ils ne savent pas communiquer, ce n'est pas à toi d'être le médiateur…

- Je voulais juste savoir ce qu'il lui avait pris de sortir sans ses armes, interrompit Rick à son tour

Michonne ne répondit pas, mais Maggie lança :

- Parce que je lui ai dit de profiter de leur sortie loin de la prison pour s'exercer à utiliser des armes à feu, de laisser ses hachettes ici et de se procurer un pistolet.

Rick regarda Maggie qui affichait un grand sourire, puis Michonne qui le regarda en hochant la tête, puis il leur dit :

- Maggie, tu sais que Morgan ne sait pas tirer…

- Oui, mais il faut bien apprendre un jour et rien de mieux que le feu de l'action.

- Et ça a donné quoi ? demanda-t-il à Michonne

- Tu connais Morgan, c'était une catastrophe, répondit Michonne en tentant d'esquisser un sourire

Rick éclata de rire, puis continua :

- Dis lui que si elle veut apprendre, je lui enseignerai, ça sera plus simple.

- Je lui dirai, promit Maggie

Rick retourna à l'extérieur, tandis que les deux femmes soufflaient un bon coup. Elles n'avaient plus qu'à espérer que Morgan sorte de sa torpeur si elles ne voulaient pas que leur mensonge soit découvert.

Les deux jours suivants, Michonne et Maggie se relayèrent auprès de Morgan pour la veiller, mais aussi pour l'inciter à boire et à manger, mais la jeune femme semblait dépérir d'heure en heure. Herschel insistait pour ausculter Morgan. Michonne et Maggie ne savaient plus quoi faire, elles se mirent d'accord pour en parler à Herschel en échange de sa discrétion jusqu'à ce que Morgan se rétablisse. Elles laissèrent leur amie assise sur sa couchette et se rendirent à l'infirmerie.


Daryl s'avançait dans la salle commune, quand il vit Michonne et Maggie s'éloignaient du bloc de Morgan en parlant à voix basse. Elles ne le virent ouvrir les barreaux séparant les deux blocs de nuit. Il trouvait louche l'histoire de Michonne et Maggie et voulait en avoir le cœur net, il se faufila jusqu'à la cellule et y pénétra. Morgan était assise sur sa couchette et semblait fixer le mur. Daryl fut rassuré de ne pas la voir blessée ou se tordre de douleur sur sa couchette, il s'approcha et lui lança :

- Alors feignasse, on se la coule douce ?

Morgan ne répondit pas, ne tournant même pas la tête vers lui. Elle bloquait toujours le mur serrant dans ses mains son écharpe. Il sentit qu'il y avait quelque chose qui clochait, il insista :

- Morgan, ça va ?

Toujours aucune réponse, ni réaction, cela commença à l'irriter. Il se fit plus brusque :

- Si tu m'en veux pour l'autre nuit, je peux comprendre, mais que ça ne t'empêche pas de répondre à une simple question.

Il se planta devant elle et rétorqua :

- Bordel, tu vas parler oui ?

L'inquiétude prit le pas sur l'irritation, il s'accroupit devant elle, lui attrapa les épaules et la secoua :

- Tu me fais une crise ou quoi ?

Il la secoua de plus belle :

- Putain, tu me fais quoi là ? Réagis nom de Dieu, qu'est ce que tu fous là ? Pourquoi t'es toute seule ?

Dès qu'il prononça ce mot, il vit Morgan cligner plusieurs fois des yeux. Daryl se recula pour mieux la regarder, quand soudain les yeux de la jeune femme se remplirent de larmes qui coulèrent le long de ses joues sans s'arrêter. Daryl observa Morgan ne sachant plus quoi faire, ni quoi dire. Tout à coup, Morgan se jeta dans ses bras et éclata en sanglots de plus en plus violents. Désemparé, Daryl marmonna :

- Merde Morgan, qu'est ce t'as ?

Le corps de la jeune femme était secoué par les sanglots et ses mains agrippaient sa chemise. L'homme, mal à l'aise d'avoir déclenché cette réaction chez elle, ne savait pas quoi faire, il finit par refermer ses bras lentement autour d'elle. Quand il posa ses mains dans son dos, il l'entendit hurler contre lui, puis elle s'affala évanouie.

Inquiet, il la prit dans ses bras et sortit de la cellule pour la mener à Herchel. Rick avait accouru en entendant le hurlement, Michonne et Maggie le suivaient de près. Daryl déposa Morgan sur un des lits de l'infirmerie, laissant Herchel s'en occuper. Daryl se précipita furieux vers les deux femmes, il fut retenu par Rick qui posa une main sur son torse pour l'obliger à garder une distance, cela n'empêcha pas le chasseur de crier :

- Vous vous foutez de nous ? Vous avez dit qu'elle était indisposée, pas qu'elle pétait un câble !

- Qu'est ce que tu lui as fait encore ? grogna Michonne

Daryl fut surpris du ton et des propos de la femme noire, ne décolérant pas, il répondit :

- Rien du tout, je suis allé la voir pour lui parler, elle s'est mise à pleurer comme une dingue… Que s'est-il passé pendant votre sortie ? Qu'est ce que vous ne nous avez pas dit ?

Michonne et Maggie échangèrent un regard, vite interrompu par Daryl qui vociféra :

- Ah non, pas de ça ! Je veux des explications MAINTENANT !

Michonne lui lança un regard glacial et lui lâcha :

- Sa quête a pris fin, elle a eu les réponses qu'elle attendait.

- Son mec est… commença Daryl

- Mort ! rétorqua Michonne, et elle est comme ça depuis qu'elle l'a appris.

- Comment elle l'a découvert ? demanda Rick

- Grâce à un soldat qui était à Fort Bennings et qui fait parti du camp de Taylor, avoua Michonne

- Quoi ? s'indignèrent les deux hommes dans un bel ensemble

- Quoi "quoi" ? s'impatienta Michonne

- Vous avez désobéi…

- Bon sang, taisez-vous tous les deux ! Coupa Maggie les larmes aux yeux, vous êtes sérieux ? Rick, je pensais que tu serais le premier à comprendre Morgan, tu as perdu ta famille pendant un temps toi aussi… Tu pensais vraiment qu'elle allait abandonner ? Qu'elle ne chercherait pas son mari ? Qu'elle ne chercherait pas son enfant ?

Daryl eut l'impression de se prendre un poteau en pleine tête. Un enfant ? Quel enfant ?

Rick se passa la main dans les cheveux et répondit :

- Maggie, ce qu'elle a fait est dangereux… Même si je comprends pourquoi maintenant, elle aurait du nous en parler…

- Morgan n'a pas parlé de la prison à Taylor, intervint Michonne, ceux de Woodbury s'en sont chargés !

- Les soldats savent où nous sommes ? s'indigna Rick

- Depuis deux jours et pour répondre à ta question, ils ne tenteront rien contre nous, trancha Michonne

- Et franchement, ce n'est pas le moment de discuter de ça ! intervint Maggie

Rick quitta la pièce sans un mot. Daryl était perdu dans ses pensées, ainsi c'était ça son grand secret ? Des détails lui revinrent en mémoire : Le médicament pour bébé qu'elle leur avait donné après leur première rencontre, cette obsession pour Judith lors de son moment de folie dans la prison, cette tristesse dans son regard quand on lui parlait d'enfant, l'attachement à cette écharpe. Il se sentait con de ne pas s'en être rendu compte avant, de s'être focalisé sur son type, alors qu'il y avait plus que ça et il comprenait pourquoi elle n'avait jamais abandonné ses recherches. Ça n'excusait pas ses mensonges, ni ses manigances, mais au moins il comprenait pourquoi. Il avait besoin de prendre l'air, il partit laissant les deux femmes à qui il n'avait pas la moindre envie de parler.

Daryl avait tenté tant bien que mal de s'occuper l'esprit et les mains, mais il était focalisé sur Morgan. La nuit était tombée, il avait pris le tour de garde de Sasha qu'elle devait effectuer avec son frère Tyreese. Tandis que celui-ci arpentait le mirador, Daryl était appuyé contre la rambarde faisant tourner son arbalète machinalement dans ses mains. Au bout d'un long moment, Tyreese finit par le couper dans ses pensées.

- Daryl, regarde sur le toit.

- Qu'est ce qu'il se passe ?

- On dirait qu'il y a quelqu'un…

Daryl observa le toit, il y avait bien une personne. Il eut soudain un mauvais pressentiment. Il s'empressa de descendre du mirador, tout en lançant à Tyreese de rester là et de continuer la garde.


Seule. Seule. Seule. Seule. Seule.

Stephen est mort. Notre fils est mort. Je n'ai plus rien. Je suis seule.

Morgan se redressa dans son lit, il faisait nuit et tout était calme. Elle avait du mal à respirer. Elle les avait perdus définitivement. Les larmes coulant de nouveau sur ses joues, elle essayait de ne pas penser à son petit garçon déambulant transformé en rôdeur. Non, ne pas penser à ça, ne pas l'imaginer ainsi, ni lui, ni Stephen. Elle prit son écharpe et fourra son nez dedans. Elle ne voulait plus avoir mal, elle ne supportait plus cette souffrance, elle ne voulait plus de cette vie.

Morgan sortit de l'infirmerie et se rendit sur le toit. La nuit était fraiche, mais le ciel était sans nuage, les étoiles brillaient et la lune pleine éclairait la prison et son enceinte. Morgan serra l'écharpe sur son cœur, puis monta sur le bord du toit. Elle avait pris sa décision, à présent qu'ils n'étaient plus là, elle ne voulait pas rester dans ce monde de malheur. Morgan respira l'air frais à plein poumon, quand soudain, elle entendit des pas derrière elle, tournant la tête légèrement, elle lança :

- Reste où tu es Daryl.

Mais Daryl n'en fit qu'à sa tête, comme toujours, il s'approcha en tendant sa main vers elle :

- Morgan, prend ma main.

- Non.

- Prend ma main bordel.

- Je n'ai plus rien, cria Morgan, j'ai tout perdu.

- Tu n'as pas tout perdu… tenta Daryl, il y a des personnes autour de toi... Et moi aussi.

- Tu finiras par disparaître toi aussi.

- Morgan, ne fais pas ça, pas maintenant, pas comme ça. Ça ne remplacera pas ce que tu as perdu, mais nous sommes là pour t'aider à…

- Pourquoi t'es là d'abord ? le coupa-t-elle, tu m'as dit que nous n'étions pas amis.

- Ça m'arrive aussi de dire des conneries. Répondit Daryl

Il attendit, baissa sa main et s'approcha encore un peu.

- Ça vaut le coup ? murmura la jeune femme

- Quoi donc ?

- De continuer de vivre cette vie ? De se battre ? De côtoyer la mort chaque jour qui passe ? De mourir de faim ?

Daryl semblait chercher quelque chose à répondre, elle poursuivit, un flot de larmes coulant sur ses joues :

- Parce que moi je suis fatiguée. Fatiguée de me battre, fatiguée d'avoir gardé espoir tout ce temps, fatiguée d'être seule…

- Tu n'es pas seule, Maggie et Michonne sont là pour toi, Rick aussi, et moi… Je ne te laisserai pas faire ça. Je ne peux pas, c'est une connerie Morgan !

- Tu vas me faire le coup du « si tu sautes, je saute » ? rétorqua-t-elle

- Non, l'interrompit sèchement Daryl, mais je peux toujours t'attraper et te mettre la rouste de ta vie pour te passer l'envie de faire un truc aussi stupide !

Morgan ne répondit pas, puis d'une voix tremblante, elle lui lança :

- Daryl, qu'est ce que je vais faire sans eux ?

- T'as vécu presque deux ans sans eux déjà…

- Là, t'es dur. Le coupa-t-elle

- Ecoute, si tu veux quelqu'un qui te caresse dans le sens du poil, je peux m'en aller car je ne le ferai pas… Morgan, après tout ce que tu as enduré, regarde la femme que tu es devenue, c'est cette personne qui compte maintenant… Et surtout, même si je ne connais pas ton gars, il ne serait pas d'accord que tu fasses ça.

Morgan pleura un peu plus. Daryl continua :

- Alors tu vas descendre de là, te reprendre en main, avant que je me décide à te botter le cul une bonne fois pour toute.

Morgan pleura de plus belle. Daryl avait raison sur un point, Stephen n'aurait jamais voulu qu'elle fasse ça, il aurait voulu qu'elle survive... Mais à quoi pouvait-elle se raccrocher désormais ? A eux encore. Survivre pour eux et honorer leur mémoire étaient peut-être les raisons qu'elle cherchait. Morgan regarda le vide, puis se tourna vers Daryl qui était toujours à ses côtés et qui lui tendit de nouveau la main.

- Bon tu te décides à descendre ou c'est moi qui finis par te pousser ?

La jeune femme l'observa, puis avança une main tremblante vers la sienne et la lui prit. Daryl s'avança et la souleva de son muret avant de la reposer à terre.

- Merci Daryl, chuchota-t-elle dans son cou

- Pas de quoi, répondit simplement Daryl


Le chasseur guida la jeune femme toujours en larmes jusqu'à sa cellule et prit soin de la recoucher avant de s'en aller. Daryl retourna auprès de Tyreese, celui-ci lui demanda :

- Alors qui c'était ?

- Morgan, elle avait besoin de prendre l'air.

- J'ai appris pour sa famille, c'est moche.

- Ouais. C'est moche…

- Tu sais, Glenn et Maggie viennent nous relever dans dix minutes. Si tu veux, je peux finir seul…

- Pourquoi ? questionna Daryl

- Elle a peut-être envie de quelqu'un à ses côtés, répondit Tyreese

Daryl leva la tête vers lui avant de rétorquer :

- Si elle a besoin de quelqu'un à ses côtés, ce n'est pas moi qu'elle voudra…

- Je disais ça comme ça…

Tyreese s'éloigna pour faire le tour du mirador, gêné et lança :

- La nuit est calme, peu de rôdeur au grillage ce soir…

Daryl n'écoutait plus, il était plongé dans ses pensées et n'en fut sorti que plus tard, lorsque Glenn et Maggie arrivèrent pour prendre leur place, Glenn baillait à s'en décrocher la mâchoire, sous l'œil amusé de sa compagne.

Daryl retourna au bloc et grimpa dans son nid. Le poste d'observation qui lui tenait lieu de chambre n'était pas très spacieux, mais au moins il n'était pas dans une cellule. Il déposa son arbalète près de son oreiller, il quitta ses chaussures et ses chaussettes qu'il jeta dans un coin. Daryl souffla un bon coup avant de se glisser sous sa couverture, la journée avait été mouvementée, il se sentait las. Daryl chassa toutes les pensées qui lui traversaient l'esprit, il ne voulait plus penser à rien, ni à elle, ni à son geste, ni à sa famille… Il s'endormit rapidement, épuisé.

Daryl avait l'impression d'être endormi depuis quelques minutes quand il se réveilla en sursaut, quelque chose n'allait pas, il se releva sur ses coudes quand il vit une ombre à la porte, il dégaina son couteau. L'ombre s'avança et il reconnut Morgan :

- Bordel Morgan, tu te rends compte que j'aurai pu te planter ? Qu'est ce que tu fous là ? s'emporta l'homme

La jeune femme se tenait dans l'encadrement, se mordant la lèvre et serrant contre elle son écharpe. Avec son teint pâle et ses cernes, elle ressemblait à un fantôme, Daryl repensa à son coup de folie lors de son arrivée à la prison, Morgan était une personne bizarre. Quand elle se décida à répondre, ce ne fut pas ce à quoi il s'attendait :

- Je sais que tout ne s'est pas très bien passé entre nous ces derniers temps, mais là, tout de suite, est-ce qu'on pourrait mettre tout ça de côté ?

Daryl hocha la tête attendant de voir ce qu'elle allait ajouter, il la vit prendre une longue inspiration, puis lui demander d'une voix faible :

- Je peux rester avec toi cette nuit ?

Le chasseur ne s'attendait pas à une telle demande et la regarda comme si elle lui faisait une blague. Mais Morgan poursuivit sur ses mots :

- Je sais que je t'en demande beaucoup, mais je n'ai pas envie d'être seule ce soir, je veux juste avoir une présence à mes côtés Daryl, juste cette nuit.

L'homme fut confus à cette demande, il ne savait pas s'il était le mieux placé, mais devant le regard implorant de la jeune femme et après son geste, il se dit que ce n'était peut-être pas une mauvaise idée d'avoir un œil sur elle cette nuit. Il se décala sur son matelas, faisant une place à la jeune femme. Daryl trouva étrange de se retrouver allongé aux côtés de la femme avec qu'il s'était disputé trois jours auparavant, puis à qui il avait sauvé la vie. Allongé sur le dos, il tourna la tête vers Morgan, elle lui tournait le dos, puis soudain, il l'entendit :

- Je suis désolé Daryl…

- De me piquer mon lit ?

Il l'entendit s'esclaffer avant de reprendre :

- Non pour tout le reste… Pour mes mensonges et les méchancetés que je t'ai dites… Tu vois, tu avais raison de ne pas me faire confiance, parce que je cachais bien des choses. Mais je m'étais promise, dès que j'aurai mes réponses, de tout te dire et de m'excuser. Donc pardon Daryl.

Il ne pouvait pas lui répondre, c'était dur d'avoir emmagasiné tant de colère envers une personne et de ne plus pouvoir l'exprimer. Morgan ne l'entendant pas répondre, se tourna vers lui. Daryl gardait les yeux fixés sur le plafond.

- Tu ne voulais pas connaître mes secrets Dixon ?

- Tu n'imagines même pas tout ce que je veux Sawyer… marmonna-t-il en pensant qu'il connaissait enfin son nom.

Morgan se redressa sur le matelas quand elle l'entendit l'appeler par son nom de famille, elle avait les larmes aux yeux, mais elles ne coulèrent pas. Fronçant les sourcils, elle lui demanda :

- Et qu'est ce que tu veux ?

Daryl la regarda enfin, elle s'était assise en tailleur sur le matelas et attendait une réponse :

- Qu'on oublie tout, finit-il par lui dire résigné, mais je voudrais savoir deux choses avant.

- Je t'écoute.

Daryl s'assit en face d'elle et pointa le menton vers le bout de tissu qu'elle tenait entre ses mains :

- L'écharpe, c'est quoi ?

- Le doudou de mon fils, la seule chose qui me reste de lui.

- Pourquoi tu n'en as jamais parlé ?

- Je ne pouvais pas, je n'y arrivais pas… J'ai passé tellement de temps à étouffer ce manque en moi, que j'étais incapable d'en parler, avoua-t-elle

Daryl rongea son pouce, peut être que finalement, cela ne servait à rien de tout savoir, ça ne lui ferait que plus de mal. Néanmoins, il voulait savoir une dernière chose :

- Et pour Merle ?

Morgan esquissa un sourire qui disparut presque instantanément :

- J'ai rencontré Merle quelques semaines après le début de l'épidémie. Il m'a sauvé, tu sais ? De multiples façons : il m'a appris à me servir des hachettes, il m'a enseigné des techniques de survie et surtout il m'a permis de m'enfuir avant d'être attrapée par le Gouverneur et sa bande…

- Quoi ? Comment ?

Daryl fut surpris par cette révélation.

- Tu sais qu'il me fait beaucoup pensé à toi… répondit la jeune femme. On était incapable de passer une journée dans le calme, et ce jour là, on s'était disputé, encore. Il était malade, son moignon était infecté et il ne voulait pas que j'aille chercher des médicaments. Il disait que je me ferai tuer avant, il avait peut être pas tort… Alors que j'étais en train de pester contre lui, j'ai vu des hommes s'approcher du magasin où nous nous étions réfugiés. Je les ai entendus parler, ils n'avaient pas de bonne intention envers d'autres survivants… Je suis retournée chercher Merle pour s'enfuir, mais il était mal en point, il m'a dit de partir, j'ai refusé, mais Merle reste Merle, je me suis pris une bonne claque et il m'a dit de dégager… Et c'est ce que j'ai fait… Je l'ai abandonné d'une certaine manière… La dernière fois que je l'ai vu, il était entouré de mecs qui le mettaient en joue.

- Merle t'a laissé une chance.

Morgan baissa les yeux et se gratta le poignet. Au bout de quelques instants, elle lui dit doucement :

- Lui aussi m'appelait Petite Fille…

- C'est pas mon frangin pour rien.

- Daryl ?

- Hum.

- Je m'en veux pour lui aussi. Avoua-t-elle.

- Ca ne sert à rien, Merle avait fait son choix et si tu ne l'avais pas écouté, il t'aurait botté le cul jusqu'à ce que tu ne puisses plus t'asseoir.

Daryl se rallongea, plaçant ses bras derrière sa tête.

- Daryl ?

- Ouais.

- Tu pourrais me dire pour tes cicatrices ?

L'homme tourna la tête brusquement vers elle, elle fixait son ventre avant de revenir sur lui. En se couchant, son teeshirt s'était relevé et dévoilé une cicatrice. Il le rabattit mais Morgan retint sa main.

- Non Morgan, ça, je ne peux pas…

- Et si je tente de deviner ?

- C'est le passé, ça ne sert à rien de le remuer… Et me sors pas ton truc : dis moi tes secrets, je te dirai les miens… Parce que moi aussi, je pourrais t'en coller une.

- Bagarre dans un bar ? tenta la jeune femme

Daryl secoua la tête.

- Accident ?

Toujours pas de réponse.

- Automutilation ?

Il tourna la tête vers elle et lança :

- N'importe quoi !

- Merle ?

- Connerie ! C'est bon Morgan, laisse tomber !

Daryl se rassit et lui tourna le dos espérant passer à autre chose, mais il la sentit se rapprocher de lui, elle passa sa main sous son tee shirt et le remonta, il s'énerva :

- Bordel, me touche pas…

- Daryl, pour une fois dans ta vie, ferme ta gueule.

Le ton sec qu'elle employa le vexa. Il était mal à l'aise, il ne supportait pas qu'elle puisse le prendre en pitié. Il sentit son cœur s'accélérer quand elle lui chuchota à l'oreille :

- Sévices de ton enfance ?

Pour toute réponse, il se rongea l'ongle du pouce. Morgan fit une chose qui le surprit, elle passa ses bras autour de lui et le serra. Il l'entendit lui souffler :

- Je suis... J'étais une mère, et je n'arrive pas à imaginer qu'on puisse faire ça à un enfant... Mais ça ne t'a pas empêché de devenir l'homme que tu es : quelqu'un de sincère et qui se préoccupe des autres. Je garderai ton secret et nous n'en reparlerons plus.

Elle le relâcha, il resta immobile quelques instants avant de se tourner vers elle. Allongée sur le côté, elle caressait doucement son écharpe. Daryl s'allongea également, face à elle. Elle leva les yeux vers lui et lui sourit tendrement. Soudain il la vit frissonner, il remonta la couverture sur eux et la vit se rapprocher de lui tentant de profiter de sa chaleur. Daryl se dit qu'il ne s'était jamais senti aussi proche de quelqu'un qu'à ce moment-là. Et il ne se rendit même pas compte quand il s'endormit.


Morgan se réveilla gênée par les rayons du soleil. Elle se couvrit la tête de la couverture quand elle sentit quelque chose bouger à côté d'elle, elle ouvrit un œil curieuse et aperçut Daryl endormi, sur le dos, un bras couvrant ses yeux.

La nuit lui revint en mémoire : Daryl l'avait sauvé hier soir et l'avait accueilli alors qu'elle se sentait au plus mal. Il avait réagi en ami, ne la laissant pas tomber, malgré toutes les sournoiseries qu'elle avait pu lui faire. Elle sourit, puis sortit discrètement du lit. Après s'être imposée, il devait avoir besoin d'espace pour finir sa nuit. Alors qu'elle se dirigeait vers la porte, elle entendit une voix endormie :

- Non seulement, tu prends toute la place en dormant, mais en plus, tu me réveilles à l'aube…

- Je te signale que j'ai tenté de partir discrètement…

- Pas suffisamment… marmonna-t-il en se redressant sur les coudes. Comment tu te sens ?

- Mieux et c'est grâce à toi.

- Plus de connerie ?

- Fini, j'avais juste besoin que tu me remettes les idées en place Cowboy.

- Bien, parce que j'ai autre chose à foutre que de jouer les baby-sitters Petite Fille. Grogna-t-il en se rallongeant

Morgan lui jeta un dernier coup d'œil avant de s'éloigner, cette nuit avait été la leur et elle serait leur secret. Ils avaient réussi à communiquer et l'ardoise était effacée. Désormais, plus rien ne les empêcherait d'être amis.