Juste un mot :

Un grand merci à Titia1966, EnoraSenoraShow (Ta source d'inspiration ? Waouh, tu me fais rougir !) et Etosetora (toute nouvelle lectrice) pour votre lecture et vos reviews.

Et MERCI à la Team Epidémie pour vos reviews : Lonesomemortal, L'oeil du Loup, Neunonska et Eponyme Anonyme ;)

Merci également à tous les lecteurs ajoutant RD à leurs follows/favoris et à tous ceux qui lisent anonymement (vive les stats)

Et enfin, une mini ola pour ma bêta d'enfer kansasbykeres sans qui RD ne serait pas là :)

Bonne lecture.


Un mois plus tard.

La vie avait repris à la prison. Morgan avait reçu le soutien du groupe pour la perte de sa famille, Herchel avait tenu à faire un genre d'hommage et Daryl avait érigé deux autels de pierres en souvenir. La jeune femme avait été touchée par leur sollicitude.

Morgan tentait de penser à autre chose, s'évertuant à être sans cesse occupée. Sa relation avec Daryl s'était nettement améliorée, ils avaient repris leurs joutes verbales, mais les autres membres du groupe avaient bien remarqué les sourires sincères qu'ils s'échangeaient comme s'ils détenaient un secret bien à eux. Il arrivait de temps à autre que Morgan aille le retrouver la nuit lorsqu'elle avait le cafard, rejoignant sa cellule au petit matin tandis que les autres habitants dormaient encore.

Daryl avait repris les sorties ravitaillement avec Morgan et Michonne. Sans cesse obligés d'aller toujours plus loin, les trajets en voiture se faisaient plus longs, l'ennui était de mise, les trois compagnons appréciaient presque de tomber face à des rôdeurs à tuer.

Ce jour-là, Michonne conduisait, Daryl était assis sur le siège passager, tandis que Morgan était allongée sur la banquette arrière et elle soupira pour la quatrième fois de l'heure.

- Bon sang Sawyer, t'as pas fini de souffler ?

- Je m'ennuie !

- Je te signale qu'on est tous dans le même cas, mais là, tu nous aides pas.

Morgan fit une grimace dans son dos que Michonne aperçut furtivement dans le rétro lui décrochant un sourire et demanda à ses deux passagers :

- Qu'est ce qui vous manque le plus de votre vie d'avant ?

Morgan se redressa immédiatement et prit appui sur leur siège pour se rapprocher.

- Sans parler des personnes que nous avons perdues… poursuivit la femme au volant

- Trop de choses, marmonna Daryl

- Du genre ? interrogea Morgan curieuse

- La bouffe déjà, commença Daryl

- Le tiramisu que faisait ma mère*, coupa Morgan avec un sourire, j'en bave rien que d'y penser…

- Le quoi ?

- C'est un dessert italien à base de mascarpone et de biscuit saupoudré de cacao, expliqua-t-elle

- A base de quoi ?

- Dis donc Dixon, tu sais qu'il n'y a pas que les écureuils dans la vie, s'écria Morgan

- Petite bourgeoise ! souffla Daryl, en tout cas, ton machin italien ne vaut pas un ragoût de biche…

- Je n'en ai jamais mangé. Avoua-t-elle

- Sans blague ? T'as jamais mangé de biche ?

- Non, j'aurai trop l'impression de bouffer la mère de Bambi. Lâcha Morgan

Michonne éclata de rire, tandis que Daryl esquissait un sourire.

- Pouvoir dormir sur ses deux oreilles, continua Morgan

- Aller à un concert et danser, poursuivit Michonne,

- Me bourrer la gueule et faire la grasse mat, ça compte ? proposa Daryl, sinon pouvoir sortir tout simplement. Se balader sans avoir à regarder derrière soi toutes les trente secondes.

- Ecouter de la musique et lire, continua Morgan

- Passe temps de fillette, lâcha le chasseur

- T'aurais voulu quelque chose de plus viril dans le genre : jouer aux jeux vidéos en descendant des bières tout en se grattant l'entrejambe ? se moqua Michonne, ce qui m'étonne, c'est que personne n'ait pensé au sexe…

Daryl tourna la tête, tandis que Morgan se retenait de sourire.

- Quoi ? s'indigna Michonne, ne me dites pas que ça ne vous manque pas…

- Ouais, mais disons que c'est devenu difficile de se trouver un coup d'un soir, répondit Daryl

- Sans parler de coup d'un soir, coupa Michonne, l'acte en lui-même, la communion entre deux personnes, le plaisir sauvage et partagé…

- Arrête Michonne, je vais finir par te sauter dessus ! plaisanta Morgan

Les deux amies éclatèrent de rire, tandis que Daryl les observait.

- Qu'est ce qu'il y a Dixon ? Ne me dis pas que tu n'y as jamais réfléchi, avec toutes les femmes que tu cotoies à la prison, lança Michonne

- Personne à mon goût, grogna L'homme, on peut pas parler d'autre chose ?

Les deux femmes se turent, Morgan s'enfonça dans la banquette arrière, quand soudain elle lança :

- Personne à ton goût ? Ton frère m'a dit que j'avais le dernier cul potable de l'apocalypse, j'avais pris ça pour un compliment…

Michonne se retint de sourire face au regard noir de Daryl.

- Peut être que je me conduis mieux avec les femmes que Merle…

- Je n'ai jamais dit le contraire, se défendit Morgan

- Peut être que je me sens pas obligé de faire du rentre dedans à toutes les femmes passant à proximité de mon lit… rétorqua Daryl

Celle-ci ne répondit pas, se contentant d'un clin d'œil en réponse.

- Sans parler de rentre dedans, intervint Michonne, mais juste montrer de l'intérêt pour quelqu'un… Peut être même l'aimer par la suite.

- Ouais, y'a bien une personne…

- Dis-nous en plus, poussa Michonne

Morgan se rapprocha également intriguée.

- Elle est unique, je dois dire. Elle a un sale caractère et on a l'impression qu'elle n'a peur de rien, elle manie le katana comme personne…

Michonne freina brusquement et lui lança un regard noir.

- Tu peux pas être sérieux ?

- Tu peux pas te mêler de tes affaires ?

- C'était une simple question.

- Que je pourrais te retourner, les mecs non plus ne manquent pas à la prison…

- Je t'en prie Daryl, Glenn est avec Maggie, Tyreese avec Karen, Herschel pourrait être mon père, Carl mon fils, et toi, t'es un sale redneck…

- Mais tu as oublié Rick, lança Morgan amusée de leur dispute

- Et toi, tu as oublié de te taire… grogna Michonne, et on pourrait te demander aussi…

- Hé, laissez-moi en dehors de vos querelles amoureuses !

- Sawyer, je vais te botter les fesses, gronda Daryl

- Je suis sûre que t'apprécierais Dixon…

Daryl resta sans voix, Michonne grogna :

- Je fais une pause, j'ai besoin de me dégourdir les jambes.

Michonne sortit de la voiture, traversa la route et disparut dans les buissons. Morgan sortit de la voiture et se dirigea vers le coffre qu'elle ouvrit pour prendre une bouteille. Quand elle se retourna, elle buta sur Daryl qui s'approcha d'elle jusqu'à ce qu'elle soit bloquée par la voiture. Daryl approcha son visage d'elle et lui souffla énervé :

- Dis donc, tu me cherches ?

- Pourquoi je te chercherai alors que t'es juste devant moi ? s'amusa la jeune femme

- Je plaisante pas, si tu trouves que je suis trop sage quand tu viens squatter mon lit, on peut toujours s'arranger…

- Serait-ce une proposition Mr Dixon ?

Daryl se redressa et la regarda mi figue-mi raisin :

- Tu joues avec moi ou je rêve ?

- Parce qu'on n'était pas deux à jouer il y a quelques instants ? s'étonna Morgan

- Joue pas avec moi Morgan. Répliqua Daryl en lui pointant son doigt sous le nez

Morgan ne répondit pas, un peu perdue. Elle jaugea l'homme devant elle, en se disant qu'elle avait loupé un truc.

- On plaisante Daryl…

- Hey !

Ils furent interrompus par Michonne qui revenait vers eux, Daryl s'éloigna de Morgan et alla s'appuyer sur la portière.

- Rôdeurs en approche, on bouge, lança Michonne

Les trois compagnons grimpèrent dans le véhicule. Morgan s'appuya contre la fenêtre et observa Daryl. Elle ne comprenait pas le revirement de son échange avec le chasseur, elle l'avait froissé, elle chercha à quel moment. Il est vrai qu'elle l'avait souvent rejoint la nuit, sans arrière pensée, plus pour avoir une présence à ses côtés, Daryl de son côté, n'avait jamais fait allusion à quoique se soit, ni même tenté quelque chose. Jusqu'à maintenant, elle ne s'était jamais questionnée au sujet des attentes de Daryl. Le fait qu'elle plaisante avec lui n'avait fait rire qu'elle apparemment.

Le sujet posé par Michonne la fit réfléchir, elle ne s'était jamais posée la question. Certes, elle était seule depuis deux ans, est ce pour autant qu'elle en avait oublié Stephen ? Non.

Maintenant qu'elle savait qu'il n'était plus de ce monde, est ce que ça changeait quelque chose ?

Elle ne pouvait nier qu'elle n'était plus la même femme, elle avait changé, ses attentes avaient changé… Stephen restait l'homme de sa vie, mais de sa vie passée. Dans ce nouveau monde où ne régnait que peur, est ce qu'ouvrir son cœur à une personne avait sa place ? Est-ce qu'elle le pourrait seulement ?

Morgan se surprit à observer Daryl de dos. Jusqu'à présent, elle ne l'avait jamais imaginé autrement que comme un ami, mais il était clair qu'en y réfléchissant, le fait qu'elle rejoigne la nuit pouvait être ambigu. Pourtant, sa seule présence lui avait apporté réconfort, mais lui voulait-il plus ?

Elle rit intérieurement, elle disait n'importe quoi, Daryl était un Dixon, un mec qui devait sauter toutes les filles dans tous les sens avant de les virer de chez lui, les histoires d'amour ne devaient clairement pas être son truc, déjà parce qu'il était la personne la plus complexe qu'elle connaissait et parce qu'elle ne l'avait jamais entendu parler clairement de ses sentiments.

Elle fut coupée de ses pensées quand Daryl se retourna brusquement vers elle. Tout d'abord surpris de la voir le fixer, il se reprit en fronçant les sourcils :

- Prépare tes armes, on y va.

La jeune femme regarda dehors, le véhicule était à l'arrêt, stationné devant une épicerie dans un bled paumé ne comptant que quelques bâtiments.


Daryl n'aimait pas la tournure que prenait la conversation. Qui avait lancé ce putain de sujet de merde ?

Michonne s'amusait à le questionner, tandis que Morgan faisait des insinuations auxquelles il ne savait pas quoi répondre. C'était parti en dispute, Morgan en spectatrice amusée en rajouter une couche :

- Hé, laissez-moi en dehors de vos querelles amoureuses !

Daryl se tourna vers elle et lui lança :

- Sawyer, je vais te bosser les fesses…

Et il avait bien envie de se défouler et de lui faire partir ce sourire de son visage, mais quand elle lui sortit tout naturellement une allusion à peine voilée, il sentit la colère l'envahir :

- Je suis sûre que t'apprécierais Dixon…

Il ne savait même pas quoi répondre, à quoi jouait-elle ? C'était une blague ? Ou elle lui envoyait un signe ? Il n'appréciait pas ce petit jeu. Et il allait lui faire entendre quand il la vit sortir de la voiture et se diriger vers le coffre. Il la rejoignit, elle lui rentra dedans en se retournant . La mâchoire crispée, il lui siffla en se rapprochant pour qu'elle entende bien :

- Dis donc, tu me cherches ?

- Pourquoi je te chercherai alors que t'es juste devant moi !

Daryl en fut encore plus irrité et la coupa :

- Je plaisante pas, si tu trouves que je suis trop sage quand tu viens squatter mon lit, on peut toujours s'arranger…

- Serait-ce une proposition Mr Dixon ?

Putain, mais à quoi elle jouait ?

- Tu joues avec moi ou je rêve ?

Il vit la jeune femme devant lui changer de tête, haussant un sourcil, elle lui lança :

- Parce qu'on n'était pas deux à jouer il y a quelques instants ?

Elle n'avait rien compris. Il pointa son doigt sous son nez :

- Joue pas avec moi Morgan.

Sur cette phrase, il la vit passer de l'étonnement à l'incompréhension, puis d'une voix douce, elle lui dit :

- On plaisante Daryl…

Il n'eut pas le temps de répliquer que Michonne revint avec des rôdeurs à sa suite, c'était le moment de partir. Le reste du trajet se fit en silence, Daryl avait toujours la mâchoire crispée. Il ne comprenait pas si Morgan était sérieuse ou si c'était juste dans le vif de la conversation.

Jamais il n'aurait imaginé qu'il puisse intéresser Morgan et pour plusieurs points : déjà elle venait d'apprendre qu'elle était veuve, mais si après deux ans de séparation, toute personne normale se serait fait une raison, ce n'était pas le cas de Morgan qui avait gardé espoir jusqu'au bout, il n'avait jamais connu quelqu'un qui aimait à ce point et il n'avait clairement pas sa place au milieu de tout ça.

Ensuite, elle avait passé de nombreuses nuits avec lui, allongée à ses côtés, elle ne s'était jamais réfugiée dans ses bras ou contre lui. Elle restait à son côté, de temps à autre se rapprochant de lui, pour chercher la chaleur, mais jamais au point de le toucher.

Enfin, parce que jusqu'à aujourd'hui, elle n'avait jamais fait allusion à un rapprochement, même infime soit-il…

Il était un peu perdu, un peu mal à l'aise aussi qu'elle puisse parler d'une intimité entre eux aussi facilement.

Quand enfin, ils arrivèrent à destination, il fut soulagé, enfin de l'action. Il attrapa son arbalète tandis que Michonne sortait déjà de la voiture. Il se tourna vers Morgan, il fut surpris de voir son regard sur lui, elle sursauta quand il lui dit :

- Prépare tes armes, on y va.

Elle détourna les yeux de lui pour regarder à l'extérieur. Michonne inspectait l'intérieur de l'épicerie à travers la vitrine qui était intacte.

- Personne à l'intérieur, mais certains rayons sont à terre…

- Je vais voir s'il y a une porte à l'arrière, proposa Morgan

Michonne poussa la porte d'entrée qui s'ouvrit, déclenchant une cloche au dessus, la femme stoppa son geste, tandis que Daryl observait si le bruit allait attirer quelque chose. Morgan revint :

- Il y a bien une issue à l'arrière, mais bloquée par une barre en fer à l'extérieur, celui qui l'a posé voulait empêcher quelque chose de sortir.

- On rentre et on reste sur nos gardes, on fait le tour du magasin, on le sécurise et on regardera après s'il y a quelque chose à prendre, décréta l'archer

Les trois compagnons rentrèrent, Michonne prit la première allée après avoir vérifié derrière le comptoir, Daryl prit celle du milieu et Morgan, celle du fond. L'épicerie n'était pas bien grande, ils furent au bout des allées en quelques secondes et sans repérer de rôdeurs.

Tandis que Michonne commençait à remplir son sac de paquets de gâteaux secs, Daryl regarda autour de lui. Il avisa Morgan qui s'approchait d'une porte au fond et colla son oreille dessus. Elle se retira rapidement étonnée, il la vit ouvrir doucement la porte, lâcher un « merde » et tenter de refermer la porte, mais une main pourrie apparut, bloquant le montant. Daryl n'eut pas le temps de se rapprocher que Morgan envoya un coup de hachette sur le bras qu'elle trancha. La porte se referma en claquant, elle s'appuya dessus. Michonne était déjà à ses côtés.

Daryl se rapprocha, il lui lança :

- Tu devrais faire plus attention…

- Il y avait de la musique à l'intérieur, je ne pensais pas me retrouver nez à nez avec quatre rôdeurs… répondit-elle

- Arrête de penser, ça va finir par te tuer ! répliqua Daryl

Michonne le regarda et lâcha :

- Décidemment tu t'arranges pas… Va t'occuper de récupérer ce qui est nécessaire.

- Laisse Michonne, il a raison, je n'aurai pas dû ouvrir cette porte sans quelqu'un pour me couvrir… la coupa Morgan en se relevant


Morgan se releva et intervint :

- Laisse Michonne, il a raison, je n'aurai pas dû ouvrir cette porte sans quelqu'un pour me couvrir…

Ne surtout pas rentrer dans son jeu, ne pas répondre, ne pas vouloir avoir le dernier mot, elle s'éloigna pour ne pas envenimer la situation. Elle savait que Daryl avait des paroles dures, mais elles étaient justes. Elle devait être plus prudente.

Elle fit un tour dans le rayon et prit une bombe de peinture, sur la porte, elle nota en grosses lettres : « Ne pas ouvrir. Morts à l'intérieur. » Puis jetant la bombe plus loin, elle ouvrit son sac et commença à récupérer des produits, derniers vestiges des précédents pillages.

Lorsqu'elle arriva au dernier rayon, celui de l'alcool, elle vit que c'était le rayon le plus vide, hormis une bouteille par terre à moitié sous le présentoir, elle se baissa, la récupéra et se tourna vers Daryl.

- Tiens, c'est pour toi !

L'homme lui prit des mains puis la regarda.

- Quand tu ne seras pas de garde, tu pourras toujours te bourrer la gueule et tenter la grasse matinée.

Daryl fit un sourire en coin, puis lui répliqua :

- Avec le pot que j'ai, je suis sûr que le jour où je vais me bourrer la gueule, on se fera envahir par une horde de rôdeurs.

- Tu n'auras rien à craindre, je te protégerai !

- Ce n'est plus si tentant de se bourrer la gueule…

Morgan lui mit un coup de coude, puis lança :

- Daryl ?

- Hum…

- Tu sais, si tu me trouves trop envahissante…

Elle vit l'homme relever la tête d'un coup, mais elle se força malgré tout à poursuivre :

- Je veux dire, je peux comprendre que t'en ais marre que je squatte ton matelas, si c'est le cas, dis-le, je… Je comprendrai !

- Tu crois vraiment que c'est le moment de parler de ça ? demanda Daryl en cherchant Michonne du regard

La femme au katana était en train de feuilleter des BD, sûrement pour Carl, elle avait pris l'habitude de lui ramener de quoi s'occuper comme un enfant « normal ».

- Ouais, t'as raison, on en reparlera la prochaine fois que je viendrai m'incruster… S'il y a une prochaine fois. Rétorqua la jeune femme en croisant les bras

-Hey ! Je te signale que je t'ai jamais rien dit à ce propos… Je ne t'ai jamais fait chier, jamais envoyé bouler, parce que je comprenais que tu avais un genre de vide dans ta vie que tu voulais combler par une présence, mais n'oublie pas que je suis pas une merde, compris ?

Morgan le fixa en se mordant la lèvre et lui chuchota :

- Je ne te remercierai jamais assez de tout ce que tu fais pour moi, c'est juste que je ne t'avais jamais demandé concrètement si ça te dérangeait…

- Putain Sawyer, si ça m'emmerdait, je t'aurai dégagé de mon lit depuis belle lurette, s'énerva Daryl, ce qui me dérange, c'est que tu en plaisantes et que tu fasses des sous-entendus… Auxquels je ne peux pas répondre sans dévoiler ce qui se passe la nuit, alors dis moi Morgan, qu'est ce que toi, tu veux exactement ?

Qu'est ce qu'elle voulait ? Elle n'en savait rien en fait. Elle voulait que tout reste comme c'était. Elle voulait garder leur secret pour elle, elle voulait que personne ne sache. Elle voulait rester son amie.

Ne sachant que répondre, elle s'approcha de lui et posa son front sur son torse. Elle vit les bras de Daryl tomber le long de son corps et son arbalète balayer le sol. Il ne la repoussait pas, mais n'esquissait pas un geste non plus. Puis dans un murmure, elle lui dit :

- Je veux que rien ne change…

Laissant sa phrase en suspens, elle s'éloigna sans le regarder et sortit de la supérette avec son sac à dos rempli, pour le vider dans le coffre.

Le reste de la journée se poursuivit, ce village n'avait que peu de rôdeurs dans les rues, on ne pouvait pas en dire autant des bâtiments, la plupart des morts étaient à l'intérieur. Certains commerces avait été plus pillés que d'autres, mais ils avaient pu prendre pas mal de fournitures.

Michonne avait stoppé la voiture sur un parking derrière l'hôtel de ville, Morgan avait trouvé une carte de la ville et ils regardaient s'il n'y avait pas un autre lieu à explorer avant de faire demi-tour. Daryl avait pointé du doigt une coopérative agricole.

- Pourquoi faire ? interrogea Michonne

- Herschel m'a dit qu'il serait temps qu'on se mette sérieusement à faire des cultures, il dit qu'il faut anticiper parce qu'à force, y'aura plus à manger nulle part.

- On peut aller voir, mais Herschel devra nous faire une liste la prochaine fois pour qu'on soit sûr de ce dont on a besoin, proposa Morgan, et par la même occasion, je pense qu'on devrait sécuriser l'endroit pour y passer la nuit, ça ne sert à rien de reprendre la route maintenant.

- Ok, allons-y ! répondit Michonne en pliant la carte et en la tendant à Morgan, il faut sortir de la ville, c'est à une quinzaine de kilomètres…

- Je conduis, lança Daryl

- C'est pas de refus, approuva Michonne en s'étirant, Morgan, je prendrais bien la banquette arrière aussi.

- Pas de problème.

Ils reprirent la route, toujours en silence. Michonne était allongée à l'arrière entre les sacs et fournitures entassés, les yeux fermés.

Morgan regardait le paysage, puis sentit sur sa jambe, le poids de l'arbalète. Elle la prit dans ses mains, visa par la fenêtre en effleurant la gâchette et lança au chasseur :

- J'aimerai bien avoir un truc dans ce genre…

- Tu t'es lassée de tes hachettes ?

- Non, jamais. Mais je pense qu'on est plus efficace lorsqu'on sait utiliser plusieurs armes… Je compte même piquer le katana de Michonne pour tester…

- N'y pense même pas ! grogna la femme à l'arrière

- Je peux rien dire pour le katana, mais je peux te montrer le fonctionnement d'une arbalète…

- J'aimerai bien. Lui répondit Morgan en effleurant du doigt un des carreaux

Elle vit du coin de l'œil Daryl tourner la tête vers elle, elle continua à manipuler l'arbalète sans le regarder.

- On est arrivé, déclara l'homme

Il se stationna devant un portail menant à un grand entrepôt entouré d'un grillage rigide, sur le côté du bâtiment, il y avait une maisonnette servant sûrement de magasin et de comptoir. Le portail était cadenassé.

- On a une tenaille ? demanda Morgan

- Non, répondit Michonne, on défonce le portail avec la voiture ?

- Non, il a l'air solide, on risquerait d'endommager le radiateur et on se retrouverait à pied… les coupa Daryl en coupant le moteur.

- Peut être qu'il a un double des clefs dans la maisonnette, réfléchit Morgan, je saute le portail et vais jeter un coup d'œil…

- Mauvaise idée…

- Dis donc Dixon, c'est mon idée qui est mauvaise ou le fait que j'y aille seule ?

- Je viens avec toi, proposa Michonne avant que Daryl ait pu répondre

Les deux femmes sortirent du véhicule et passèrent par-dessus le portail, la cour entourant l'entrepôt était occupée par des engins agricoles, l'endroit ne semblait pas être occupé. Les deux femmes contournèrent l'entrepôt pour regarder à l'arrière si une mauvaise surprise ne les attendait pas, mais c'était vide également. Elles observèrent le local par les fenêtres, il n'y avait rien d'alarmant.

Michonne tourna la poignée, c'était verrouillé. Elle prit son katana et fracassa la vitre. Quand soudain, une alarme retentit.

- Merde, comment c'est possible ? cria Morgan

- Faut trouver le boitier et couper ça avant que ça ne rameute les rôdeurs…

- Michonne, derrière toi ! prévint Morgan

Un rôdeur en état de décomposition bien avancé rampait de derrière une palette de sac vers les jambes de Michonne. Celle-ci lui planta son arme dans le crâne le laissant sur place, elle chercha le disjoncteur. Morgan donnait des coups de hache sur le boitier à code, l'alarme se stoppa soudain, Michonne avait trouvé le compteur et l'avait coupé. Morgan souffla un bon coup et écouta, il ne semblait pas avoir d'autres morts.

Elle entreprit de fouiller les lieux à la recherche des clefs du cadenas, elle trouva dans un tiroir, un trousseau. Immédiatement, elle retourna auprès de Daryl. Mais Daryl n'était plus seul, des rôdeurs apparaissaient de tous les côtés du champ. Elle courut jusqu'au portail et entreprit de tester des clefs sur le cadenas. Daryl avait redémarré le moteur et guettait dans les rétros, l'avancée des morts. Ils étaient nombreux, Morgan se dépêcha, mais elle entendit siffler derrière elle, tournant la tête, elle vit Michonne se battre contre des rôdeurs qui sortaient d'on-ne-sait-où. Morgan se rendit compte qu'ils étaient pris au piège, les rôdeurs étaient à l'intérieur et à l'extérieur du périmètre. Elle se concentra sur le cadenas et qu'elle ne fut sa joie lorsque celui-ci s'ouvrit, elle le retira et fit coulisser le portail d'un espace suffisant pour laisser entrer la voiture. Les rôdeurs suivaient de près, Morgan était en train de remettre la chaîne en place, quand elle sentit qu'à travers les barreaux, une main lui avait agrippé le bras, la tirant vers une mâchoire claquante, Morgan tenta de retirer son bras, mais un autre rôdeur lui attrapa le pantalon la collant aux barreaux, d'autres morts s'approchaient. Avec l'énergie du désespoir, elle tenta de reculer, s'aidant de sa hachette, elle mit un coup sur le bras du rôdeur qui retenait son jean. Il ne restait que celui qui avait agrippé son bras, elle avait l'impression qu'il était en train de lui arracher la peau, mais il fallait qu'elle se délivre au plus vite de son emprise. De rage, Morgan cria :

- Putain, mais tu vas me lâcher, saleté !

Ne sachant plus quoi faire, Morgan fit tomber sa hachette, attrapa le poignet du rôdeur et tira d'un coup sec. Le mort lâcha sa prise, Morgan en profita pour lui agripper le cuir chevelu et faire passer la tête décomposée entre les barreaux du portail. La peau du crâne du rôdeur se décrocha tout à coup, Morgan tomba en arrière, les cheveux toujours emmêlés entre ses doigts. Elle secoua sa main avec dégoût et envoya le morceau de chair au loin. La jeune femme regarda derrière elle. Daryl et Michonne étaient venus à bout du groupe de rôdeurs à l'intérieur. Morgan prit sa hachette et la planta dans le crâne du mort coincé. Quand elle observa son bras tendu, elle vit sa veste déchirée sur le devant, ça n'avait pas atteint sa peau, mais derrière elle ne pouvait pas voir. Elle sentait que sa veste et son pull étaient déchirés également et elle n'osait pas toucher. Qu'allait-elle faire si elle avait été infectée ? Elle observa ses compagnons, son cœur s'accéléra. Merde, elle allait devenir un putain de rôdeur. Elle vit Daryl se tourner vers elle, tandis que Michonne s'éloignait vers le local. Elle s'approcha rapidement de lui, il dut voir sur son visage que quelque chose n'allait pas car elle le vit froncer les sourcils.

- Daryl… appela-t-elle doucement

- Putain Sawyer, t'es pâle tout à coup…

- Je crois qu'il m'a griffé…

Daryl ne répondit pas, regardant Morgan, puis le portail et les deux rôdeurs abattus, puis il revint sur elle et lui ordonna tout en restant immobile :

- Quitte ta veste !

- Quoi ?

- Quitte ta putain de veste ! lui hurla-t-il

Elle s'exécuta.

- Enlève ton pull !

Elle attrapa en tremblant le bas de son pull et le fit passer au dessus de sa tête. Elle se retrouva en débardeur et avait une envie d'éclater en sanglot.

- Où ? demanda Daryl agressif

- L'arrière de mon bras droit…

- Tourne-toi !

Elle s'exécuta une nouvelle fois et attendit, elle vit Daryl poser l'arbalète sur le toit de la voiture, puis il disparut de son champs de vision. Elle respirait de plus en plus rapidement, la peur l'envahit. Elle sentit Daryl lui relever le bras et passer les doigts dessus. Elle attendit avec angoisse le verdict.

- Tu vas avoir un sacré hématome mais la griffure n'a pas entamé la peau… Tu ne crains rien…

Morgan posa ses mains sur la voiture et souffla de soulagement, elle sentit une main sur son épaule comme pour la soutenir.

- Ne me laisse jamais devenir un rôdeur Daryl… Promets-moi que tu ne me laisseras jamais devenir une de ces choses.

Elle sentit une pression venant de la main de Daryl, puis une chaleur dans son dos, signe qu'il se rapprochait d'elle et elle l'entendit murmurer à son oreille :

- Je te le promets Sawyer.

Morgan ne répondit pas, mais souffla un grand coup. Rassurée par sa promesse, elle posa sa main sur celle de Daryl.


(* Je vous confirme que le tiramisu de ma mère est un pur délice et que c'est la chose qui me manquerait le plus s'il y avait une pénurie de nourriture.)