Juste un mot :

Concernant cette looongue absence, je n'ai aucune excuse, du moins valable... Mais, je suis de retour et bien décidée à me remettre sérieusement à RD.

Je remercie tous les lecteurs ayant mis RD en follow ou favoris, ainsi que tous ceux qui ont laissé une review. MERCI

Un clin d'oeil à ma bêta qui a du déboucher le champagne quand elle a, enfin, vu mon chapitre dans sa boite mail.

Bonne lecture ;)


Morgan avait la tête appuyée contre la vitre et regardait les ombres dans la nuit. Elle écoutait distraitement Jeff parler à Taylor à l'aide de sa radio. Il lui annonçait que le sous-sol de l'hôpital était envahi et la manière dont ils s'étaient sortis de ce piège. Morgan pensa à la prison, elle aurait tant voulu être parmi eux, ne plus avoir à courir encore et encore…

Elle pensa à Daryl et craignait sa réaction, elle se demandait s'il accepterait son retour. Elle repensa à toutes ces nuits où elle l'avait rejoint dans sa « chambre », la façon dont il soulevait, sans un mot, sa couverture en la voyant à l'entrée. Jamais elle n'aurait pensé être aussi bien en dormant avec quelqu'un d'autre que Stephen et pourtant, aux côtés de Daryl, elle avait découvert la sérénité d'un sommeil sans cauchemar, c'était son attrape-rêves.

Elle ne sourit que pour elle et eut un pincement au cœur à l'idée qu'elle l'avait trahi et que peut-être, il ne lui accorderait plus sa confiance. Et elle le comprendrait. Heureusement, elle savait que Rick tenterait de le raisonner, lui comprenait pourquoi elle devait partir et elle espérait qu'il arriverait à le faire comprendre à Daryl. Penser aux membres du groupe lui fit du bien, malgré la présence de Jeff, elle se sentait seule. Elle se souvint des fous rires avec Maggie, de l'amitié et la loyauté sans faille de Michonne, de la tendresse du moment où Rick lui avait mis Judith dans les bras, aux paroles réconfortantes de Carl et à Daryl.

Daryl aux paroles dures. Daryl et tous les surnoms qu'il lui donnait. Le Daryl maladroit quand il lui avait tapoté doucement le dos, une nuit où elle avait pleuré. Daryl tout simplement. Elle avait longtemps vécu seule, mais c'étaient eux qui l'avaient sauvée. Elle fut sortie de ses pensées par l'arrêt de la jeep, tournant la tête vers Jeff, il lui dit :

- On y est.

Morgan regarda les alentours, une vieille bâtisse tenait à peine debout juste en face. Elle sortit du véhicule perplexe, Jeff éclata de rire et la rassura :

- L'intérieur est mieux que l'extérieur, je te rassure.

- J'espère, parce que je n'ai pas vraiment envie de finir ensevelie sous un tas de gravats.

- Aucun risque. Prenons les sacs et allons nous reposer.

- Je veux me saouler jusqu'à ce que je ne me rappelle plus de mon nom, ni du tien, plaisanta-t-elle

- Tu sais que l'alcool est interdit au camp ? lui lança Jeff en mettant son sac sur ses épaules

- Taylor cache une bouteille dans son bureau, répondit Morgan

- Disons que son grade lui donne droit à certains privilèges… Allons-y !

Jeff ouvrit la voie, il lui écarta les barbelés qui délimitaient une petite partie du jardin devant le porche de la maison. Le bois du plancher grinça sous leurs pieds. Tandis que Jeff était en train de défaire le nœud maintenant la porte fermée, Morgan jeta un coup d'œil par la fenêtre. Tout à coup, un rôdeur se jeta contre la vitre, elle eut juste le temps de dire :

- Jeff, non !

Jeff venait d'ouvrir la porte et se retrouva face à un groupe de rôdeurs, il referma le battant, mais les rôdeurs poussaient contre celui-ci. Morgan vint l'aider et mit tout son poids dessus. Tandis que Jeff tentait de refaire le nœud, Morgan lui lança :

- Ca fait partie du test ?

- Ce n'est pas le moment…

Morgan sentit la porte s'ouvrir de plus en plus, un bras passa dans l'entrebâillement tentant de l'attraper.

- Jeff, y'a urgence là, on fait quoi ?

- A trois, on lâche tout et on retourne à la jeep.

- D'accord.

Jeff compta et ils partirent en courant. Les rôdeurs s'étalèrent par terre pour certains, d'autres tombèrent des escaliers du porche. Morgan et Jeff sautèrent par-dessus les barbelés, mais le véhicule était perdu, d'autres rôdeurs arrivaient.

- Merde.

Jeff dégaina et tira. Morgan lui attrapa le bras et l'incita à courir. Ils prirent leurs jambes à leur cou. Ils tentèrent de rejoindre la route, mais l'obscurité les trompait. Morgan continua de courir, évitant les rôdeurs qui tendaient les bras vers eux. Jeff l'attrapa par le col et la fit tourner sur le côté soudainement.

- Pars là, on a une autre planque plus loin…

- Elle est sécurisée celle-là ou je dois m'attendre au pire encore une fois ?

Jeff ne répondit pas et suivait des marques sur les arbres faites avec de la peinture fluorescente. Au bout d'un long moment de course, Morgan commençait à avoir un point de côté et avait l'impression que ses poumons allaient exploser. Elle vérifia comme elle put qu'il n'y avait pas de rôdeurs et se stoppa contre un arbre. Jeff revint sur ses pas et lui dit :

- Tu crois vraiment que c'est le moment pour faire une pause ?

- Tu crois vraiment qu'après tout ça, j'ai hâte d'aller dans un de vos endroits soi-disant sécurisé ?

Le jeune adjudant observa les environs, les rôdeurs avaient perdu leur trace. Il souffla un bon coup. Morgan, la respiration haletante, lui balança :

- Je crois que quelqu'un a un problème avec les soldats.

- Qu'est ce que tu veux dire ?

Morgan leva les yeux au ciel et répondit :

- Jeff, deux de vos planques sont compromises. Les rôdeurs ne sont pas rentrés dans l'hôpital tous seuls. Ils ne sont pas rentrés dans cette maison tous seuls en refermant bien derrière eux… Qui connait ses planques ?

- Les militaires qui sont de mission de sortie. Le Colonel, moi…

- Votre milice ? ajouta la jeune femme en buvant une gorgée d'eau

Jeff la regarda surpris et fronça les sourcils :

- Qu'est ce que tu insinues ?

- Rien du tout. Mais tu avoueras que c'est bizarre que vos cachettes normalement « sécurisées » ne le soient plus…

- La milice est composée d'hommes du camp que nous avons sauvé… rétorqua Jeff

- A qui vous donnez des ordres et que vous avez placé à l'écart des civils. Riposta Morgan en se mettant face au soldat, j'ai eu à faire à votre milice une fois, ce sont des gros bourrins.

- Ils aident le camp…

- Mais sont-ils fiables ? continua Morgan

- Ils sont quelque peu indisciplinés, c'est vrai. Mais…

- Ecoute Jeff, je ne mets pas en doute leur loyauté ou quoi que se soit, mais j'ai vu d'autres camps tomber parce qu'il y a un toujours un mec qui veut être calife à la place du calife. Je ne te dis pas que la milice est en train de préparer une mutinerie… Mais tu avoueras que c'est quand même étrange qu'on tombe sur des rôdeurs deux fois de suite dans vos planques.

Morgan vit Jeff faire les cent pas, puis tout à coup, il se frappa la tête de sa main :

- Le talkie !

- Quoi le talkie ? questionna la jeune femme

- Il est dans la jeep.

- Tu te moques de moi ?

- Et les tenues aussi. Continua le soldat

- Ok, génial. Qu'est ce qu'on fait maintenant ? Où est ce qu'on va ? Où passe-t-on la nuit ? Parce que je te préviens, je ne me frotte pas à des rôdeurs dans le noir.

Jeff remit son sac sur le dos et repartit. Morgan le suivit, puis le vit planté devant un arbre. Quand elle se positionna à ses côtés, il lui montra les branches et lui lança avec un sourire en coin :

- Les dames d'abord.

- Tu vas nous faire passer la nuit là-haut ?

- J'avais bien un autre endroit à te proposer, mais vu qu'on ne sait pas ce qu'il nous attend, on ne va pas prendre le risque.

Morgan le regarda blasée, passer la nuit dans un arbre en équilibre sur une branche, elle savait d'avance que la nuit serait longue. D'un signe de tête, il l'incita à monter. Morgan lui fit une grimace et lui lança :

- La technique toute pourrie pour mater une paire de fesses.

Jeff se retint de rire et lui répéta :

- Les dames d'abord, mais c'est parce que je suis un gentleman.

- Un gentleman m'aurait trouvé un hôtel 4 étoiles, avec jacuzzi et room service. Rétorqua la jeune femme en prenant appui sur une branche pour monter.

Elle entendit Jeff grimper derrière elle et lui dire :

- Je t'offre un hôtel avec étoiles illimitées, quel mec fait ça au premier rendez-vous ?

- Parce que c'est un rencard ? Mince, je n'avais pas compris, sinon je me serrai apprêtée…

Morgan ajouta doucement pour elle-même :

- Et épilée.

Brusquement, une branche craqua. Elle vit Jeff plus bas manquer de tomber, mais il s'agrippa à sa cheville. Le poids soudain la fit glisser à son tour et elle tomba. Ils n'avaient pas grimpé bien haut, mais Morgan tomba sur Jeff lui coupant littéralement le souffle. A cet instant, Morgan ne put se retenir et partit dans un fou rire. Jeff, sous elle, après avoir grogné qu'elle soit toujours sur lui, se mit à rire également. Au bout de quelques minutes, Jeff reprit son sérieux et lui lança :

- C'est pas très prudent de rester par terre et de faire un tel bruit…

Morgan s'essuya les yeux, puis se releva et aida Jeff à faire de même. Soudain, il se raidit et lui murmura :

- Ecoute !

La jeune femme tendit l'oreille. C'était un bruit de moteur. Elle observa Jeff passer de la surprise à la crainte. Il lui attrapa le bras et l'entraina avec lui, ils repartirent dans une course. Jeff l'avait lâchée et prenait un peu d'avance. Alors qu'elle essayait de ne pas le perdre de vue dans l'obscurité, elle fût percutée sur le côté. Elle tomba et sentit un poids sur elle, pensant à un rôdeur, elle se débattit. Elle sentit une main sur sa bouche et un visage ensanglanté apparut au dessus d'elle. Morgan tenta de crier pour alerter Jeff, mais elle entendit :

- Chut !

Morgan se crispa. L'homme au dessus d'elle l'étouffait, elle l'entendit murmurer faiblement :

- Je ne vous ferai pas de mal. Ils sont là. Dans ses bois. Ils me chassent, parce que j'ai tout découvert.

La jeune femme ne comprenait rien.

- Il faut que je prévienne mon chef. J'ai un camp. Si vous m'aidez, ils vous accueilleront. Vous avez un véhicule ?

Morgan hocha de la tête rapidement.

- Je vais enlever ma main. Ne criez pas. Je ne vous veux aucun mal. Vous ne crierez pas ?

Elle secoua la tête. Elle sentit la main s'enlever lentement, comme s'il attendait qu'elle hurle pour la remettre rapidement. L'homme roula sur le côté, tandis que Morgan se recula rapidement. Elle ne savait pas quoi faire, Jeff n'était nulle part. L'homme couché devant elle, avait la respiration sifflante et semblait avoir du mal à remplir ses poumons d'air. Elle se rapprocha de lui et lorsqu'il la vit, il attrapa le col de sa veste et la tira vers lui.

- Il faut aller à votre véhicule tout de suite. Ils me cherchent. Je suis en danger et vous aussi maintenant.

Morgan paniqua, dans quel merdier s'était-elle encore fourrée ? Mais elle ne pouvait pas abandonner ce mec blessé non plus. Elle l'aida à se relever, puis passa son bras autour de ses épaules, il réussit à faire quelques pas. Elle vit que l'homme était habillé d'un treillis, elle tenta :

- Vous êtes du camp de Taylor ?

Le soldat blessé la regarda inquiet :

- Oui, et vous ?

- Je suis une visiteuse occasionnelle…

- Civile ? questionna l'homme la voix plus grave

- Oui.

Soudain, il se jeta sur elle et tenta de l'étrangler :

- Alors t'es avec eux, c'est pour ça que t'es dans cette forêt en pleine nuit, tu me cherches aussi. Vous ne m'aurez pas. Vous n'aurez jamais le camp. Brian n'y arrivera pas.

- Je ne comprends rien à ce que vous dites… lança Morgan d'une voix étranglée, j'étais avec l'adjudant Jefferson…

- Mensonge !

Morgan essayait de toutes ces forces d'écarter les mains de l'homme de son cou. Elle réunit toute sa volonté et envoya son genou entre les jambes du soldat qui s'étala sur le côté. Elle put enfin respirer et s'éloigna le plus vite qu'elle put, alors qu'elle regardait derrière elle que l'homme ne la suive pas, elle entendit :

- Morgan !

Jeff courrait vers elle, elle n'eut pas le temps de parler qu'il l'engueulait :

- Ne me refais plus jamais ça, tu te rends compte de la peur que j'ai eu en voyant que je t'avais…

Morgan plaqua sa main sur la bouche de Jeff et lui chuchota :

- Tais-toi, on n'est pas tous seuls dans ces bois… J'ai été attaqué par un mec, c'est un soldat du camp, il m'a dit qu'on essayait de le tuer, il a cru que j'étais un de ses poursuivants et il a tenté de m'étrangler.

Elle retira sa main, Jeff la regardait avec incompréhension, il se dirigea vers l'endroit qu'elle indiquait, elle le retint :

- Putain, mais qu'est ce que je viens de te dire ?

- C'est un de mes hommes et il est blessé. Il faut le ramener au camp.

- Ca sera sans moi, je n'y retourne pas. S'entêta Morgan

- Reste là et ne bouge pas. Lui ordonna l'adjudant en dégainant son arme

- Jeff, je t'en prie, reste là…

- Ne bouge pas, répéta-t-il

Morgan observa Jeff se diriger vers l'homme à terre, il s'agenouilla devant lui. Le soldat s'agrippa à Jeff et celui-ci se pencha comme s'il voulait mieux entendre. Morgan s'impatientait, soudain elle vit un point rouge lumineux remonter le long du dos de Jeff et s'arrêter sur sa tête, elle hurla :

- JEFF, à terre !

Elle vit le soldat faire une roulade avant qu'un tir ne retentisse, mais elle s'aperçut soudain qu'elle aussi avec un point rouge sur elle, Jeff cria :

- Cours !

Morgan prit ses jambes à son cou dans la direction opposée, elle entendit des balles se loger dans les arbres autour d'elle, se protégeant la tête de ses mains, elle fit des zigzags pour ne pas être une cible facile. Elle vit un énorme tronc couché, Morgan sauta par-dessus et se planqua derrière. D'autres coups de feu retentirent plus loin, Morgan tremblait de peur : Se battre contre des rôdeurs était une chose, se faire tirer comme un lapin, par des mecs apparemment entraînes, en était une autre. Elle eut un coup de panique tout à coup, et si Jeff avait été touché, ou pire tué ? Elle n'eut pas le temps de se lamenter qu'elle vit une ombre plonger derrière le tronc. Morgan sursauta, mais la voix familière de Jeff la rassura :

- C'est moi.

- Bordel Jeff, qu'est ce qui se passe ?

- Ils ont tué le soldat, c'était un chouette mec du nom de Pit… Un mec dévoué à Taylor. La situation m'échappe...

- Qui ça « Ils » ? coupa Morgan

- Tu avais peut-être raison tout à l'heure, il y a bien quelqu'un qui en veut aux soldats du camp.

- Ok, mais nous, là, tout de suite, on fait quoi pour pas mourir ? s'impatienta Morgan

- On fuit. On court, on se cache. On court, on se cache. Faut se tirer d'ici. Répondit Jeff à voix basse, j'espère juste qu'ils n'ont pas des lunettes à vision nocturne.

- Je te suivrai n'importe tout, du moment que tu me sors de ce cauchemar.

Ils se relevèrent dans un bel ensemble et se mirent à courir, regardant de temps en temps derrière eux pour tenter de distinguer quelque chose dans l'obscurité. Ils finirent par revenir à leur point de départ : la planque. Le danger se présenta à eux dès qu'ils sortirent de la forêt : les rôdeurs étaient toujours là.

- Oh non, c'est pas vrai. Jeff ?

- A la jeep. Lança le soldat

Morgan dégaina sa hache et se fraya un passage jusqu'au véhicule, quand elle entendit Jeff lui dire :

- Demi-tour, les pneus sont crevés…

- Jeff, y'a urgence, on fait quoi ?

- On court ! Derrière la maison, allez !

Jefferson partit devant elle, elle le suivit sentant les mains des rôdeurs la frôler et ses poumons encore au bord de l'explosion, elle ne devait pas ralentir. Au bout d'une cinquantaine de mètres, les rôdeurs toujours à ses trousses, elle vit une rivière et Jeff s'était avancé sur le ponton.

- Qu'est ce que tu fous, ils sont là ! lança Morgan

- Saute ! ordonna l'homme

- Saute où ? demanda Morgan en regardant l'eau qui devait être glacée

- Dans le bateau, vite.

Morgan s'exécuta, c'était une petite barque qui tangua violemment, Jeff sauta à son tour faisant limite chavirer la barque, puis ils furent entraînes par le courant. Ils virent les morts sur le ponton se jeter à l'eau. Morgan se tourna vers Jeff et sentit toute la tension accumulée en elle exploser, elle poussa Jeff, ce qui eut pour effet de faire de nouveau tanguer l'embarcation. Jefferson attrapa son poignet et le serra pour l'immobiliser, mais Morgan ne put s'empêcher de crier :

- C'est quoi cette journée de merde ? On a failli crever vingt fois aujourd'hui. Si ça fait partie de ton fameux test, je te le dis tout de suite, t'es qu'un connard !

Jeff s'indigna et assis de force Morgan avant d'exploser :

- Je n'ai rien à voir dans tout ce qui s'est passé aujourd'hui ? Je n'ai pas pour habitude d'entraîner mes hommes en les tirant comme du gibier. Et je n'aurais jamais fait ça avec toi, sachant que tu es sous ma responsabilité.

- Alors c'est quoi ce putain de bordel ? Et on va où sur ce radeau de fortune ?

- Cette rivière rejoint le lac du Camp et je n'ai aucune idée de ce qui se passe…

- Pose toi les bonnes questions : Qui peut vous en vouloir au camp au point de tuer un des soldats et tenter de nous tuer nous aussi... Alors que moi, je ne fais pas partie de votre camp.

- J'y pense, je ne fais que ça. Grogna l'adjudant visiblement sur les nerfs. Maintenant, allonge-toi.

- Je te demande pardon ? s'écria-t-elle

- Il faut qu'on s'allonge au fond de la barque, s'il y a des tireurs embusqués, nous sommes des cibles faciles. Répondit Jeff

- On n'arrivera jamais à tenir tous les deux là dedans.

- On n'a pas vraiment le choix.

Morgan souffla quitta son sac à dos, le posa et s'allongea tant bien que mal, Jeff fit de même, mais l'endroit était étroit et les deux compagnons serraient l'un contre l'autre.

- Attends, si je mets mon bras comme ça, on devrait gagner un peu d'espace...

Jeff fit passer son bras sous le cou de Morgan pour tenter d'être plus confortablement installé et elle se mit sur le côté pour avoir un peu plus de place. Elle râla intérieurement de toute cette journée, de toute cette situation et de la peur qu'elle avait eue. Au bout de quelques minutes à écouter la respiration de Jeff et le clapotis de l'eau, elle balança sèchement :

- Je tiens à te dire que si ça avait été un premier rencard et bien, il serait raté.

Morgan entendit Jefferson rire à son oreille et lui souffla doucement :

- Si demain matin, on est en vie et qu'on arrive à rejoindre le camp, je te promets de t'inviter pour un vrai premier rencard… En tout amitié bien-sûr. S'empressa-t-il de rajouter

- Si demain, on est encore en vie, t'as intérêt de tenir ta promesse, sinon c'est moi qui te tire comme un lapin. Rétorqua Morgan

Pour sûr, si inconfortablement installés, avec le danger qui rôdait partout, le reste de la nuit allait être très long.