Ohhh… je suis désolée d'avance pour la fin de ce chapitre:3
Rassurez-vous, j'essaie d'écrire le prochain à la vitesse grand V!
Merci encore pour les commentaires:D
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Chapitre 22 – Bulma
-Alors, c'est quoi ton plan? Tu pourrais me le dire à moi?
Bulma leva les yeux au ciel. Cela faisait déjà trois fois que Raditz lui posait la question. Et la réponse restait toujours la même.
-Non.
Le Saiyan poussa un soupir théâtral.
-J'aurai essayé au moins. Tu sais que ça m'emmerde de pas savoir, l'Humaine. Je sais vraiment pas pourquoi Végéta te laisse autant de liberté avant d'aller parler à Frieza.
-Il me fait confiance. Tu pourrais essayer toi aussi, répondit Bulma en regardant droit devant elle, le drap blanc serré autour de ses épaules.
-Pfff! Végéta ne fait confiance à personne d'autre que lui-même.
Raditz prononça sa dernière phrase avec très peu de conviction, comme si quelque chose le faisait douter de ses propres paroles. Il marchait à ses côtés d'un pas solide, la guidant à travers le labyrinthe de couloirs qui menaient à la Salle des Commandements. Il avait été assigné à la tâche de la livrer à Frieza, alors que Végéta et Nappa étaient restés aux Quartiers pour « s'occuper du Kordylipe ».
Bulma fut parcouru d'un frisson en pensant à la signification des mots qu'avaient employés les Saiyans.
-Qu'est-ce qui t'arrive? demanda Raditz en feignant l'inquiétude. La demoiselle en détresse commence finalement à flancher, c'est ça?
-Pas du tout! affirma-t-elle en relevant le menton. J'ai froid, c'est tout. Tu as vu dans quel état je suis? Je suis à peine vêtue, et ce drap n'est pas plus épais qu'une feuille de papier! Et je suis encore couverte de cette saloperie de liquide noir qui sent mauvais!
-On appelle ça du sang, ma jolie.
-Le sang c'est rouge et chaud. Ça, c'est froid, visqueux et ça colle! C'est vraiment dégoûtant!
Raditz haussa les épaules en pouffant.
-Je peux t'assurer que le sang n'a pas la même allure d'une espèce à l'autre.
-Oh et tu sais ça comment hein? Tu as vu le sang de beaucoup d'extraterrestres toi?
- Oh Karchi, du sang, il m'arrive d'en boire pour déjeuner.
Bulma frissonna de nouveau. Les Saiyans l'intriguaient beaucoup, mais il fallait avouer qu'ils pouvaient parfois donner froid dans le dos. Aussi se dit-elle qu'il valait mieux changer de sujet si elle ne voulait pas trahir sa peur.
- Karchi… répéta-t-elle en tentant d'imiter les intonations que Raditz avait utilisé en parlant. Ça veut dire quoi?
Le Saiyan étira ses bras dans les airs pour tendre ses muscles, puis plaça ses mains derrière sa tête en continuant de marcher d'un pas étonnamment léger malgré son imposante carrure. Bulma ne put s'empêcher de penser que cette posture lui donnait une allure innocente un peu familière.
-C'est du Saiyan. Ma langue natale. C'est l'équivalent de te dire «ma chérie».
La femme leva les yeux au ciel pour la deuxième fois en moins d'une minute.
-Je m'appelle Bulma. Et je préfère qu'on m'appelle par mon prénom.
Raditz se mit à rire de bon cœur, un son curieusement réconfortant.
-D'accord… Karchi Bulma, rigola-t-il.
La jeune femme ne fut pas en mesure de réprimer le petit sourire qui naissait sur ses lèvres.
Des trois Saiyans, elle était heureuse que ce soit Raditz qui l'accompagne pour cette marche de santé à travers le vaisseau. Végéta était beaucoup moins bavard et la situation avec lui était plutôt tendue. Nappa lui foutait les jetons, littéralement, avec sa tonne de muscles, sa moustache et sa culotte noire extra serrée. Raditz, lui, était plus jovial et abordable. Avec lui, la discussion était fluide, facile.
Et c'était parfait, parce que Bulma savait qu'il serait plus propice à répondre à ses questions.
-Alors vous avez votre propre langage, c'est ça? J'ai entendu Végéta prononcer quelques mots.
-Ouais. Mais le Saiyan est une langue compliquée, extrêmement difficile à apprendre. Végéta le parle très bien. Moi et Nappa par contre, c'est une autre histoire. On connait la base c'est tout, l'essentiel pour communiquer. Nous préférons utiliser une langue plus facile et parlons rarement en Saiyan, seulement dans les situations où nous ne voulons pas être compris des autres. Ou pour dire certaines expressions marrantes.
Raditz se mit à rigoler en se jouant dans les cheveux. Son rire, contagieux, fit sourire Bulma une fois de plus.
C'était parfait. Ce Saiyan était un livre ouvert. Lui soutirer des informations serait facile et il fallait qu'elle en profite avant d'arriver à la Salle des Commandements.
-Végéta m'a aussi mentionné que votre planète a été détruite.
-Ouais. Par une météorite. Presque tous les Saiyans ont été tués à ce moment.
-Il n'y a que vous trois qui avez survécu?
-Plus ou moins. Les Saiyans sont une espèce nomade. Nous aimons bien voyager d'un endroit à l'autre pour conquérir de nouvelles planètes et nous enquérir de leurs ressources pour nous enrichir.
Bulma hocha la tête en prenant bien soin de ne pas interrompre son interlocuteur. Le mode de vie des Saiyans lui était inconnu. Elle mourrait d'envie d'en connaître plus. Peut-être pourrait-elle trouver une explication à l'arrivée de Goku sur Terre, il y a des années de cela.
-Beaucoup d'entre nous n'étaient pas sur la planète quand la météorite a frappé, poursuivit Raditz avec nonchalance. On estime qu'il restait environ une centaine de Saiyans encore vivant après l'impact, tous disséminés à travers la galaxie. Mais bon… tu commences probablement à réaliser que nous aimons nous battre. Tous ceux que nous connaissions sont morts au combat aujourd'hui. Il ne reste que nous trois.
Raditz prit un couloir à leur gauche qui les mena à un ascenseur. La jeune femme reconnut aussitôt l'endroit. Elle était déjà passée ici lors de sa première nuit sur le vaisseau, et pas plus tard que la veille, lorsqu'elle avait été emmenée de force par le soldat. Ils s'approchaient de leur destination, ce qui signifiait qu'elle devrait bientôt affronter Frieza. Même si elle savait qu'il y avait peu de chance qu'il refuse ce qu'elle avait à offrir, l'idée de devoir discuter avec lui la rendait nerveuse. Heureusement, Raditz était un vrai moulin à parole et son récit l'aidait à se détendre.
-Je crois personnellement que nous ne sommes pas les seuls. Il reste probablement quelques individus encore vivants ici et là dont nous ne sommes pas au courant. Végéta est du même avis.
En entendant ces mots, Bulma eut envie de mentionner Goku. Elle se mordit la langue pour éviter de parler, car malgré l'amabilité du Saiyan, il demeurait un soldat de l'armée ennemie et elle croyait qu'il était plus sécuritaire de ne pas lui transmettre trop d'informations.
-C'est très plausible, finit-elle par dire.
Raditz se mit à tapoter sur l'écran tactile de l'ascenseur. La porte s'ouvrit peu de temps après et Bulma y entra la première, suivie de près par le Saiyan. La jeune femme se planta au fond de l'habitacle, tandis que lui s'appuya sur le mur en face d'elle. Les bras croisés sur son énorme poitrine, un demi-sourire sur les lèvres, il se mit à la regarder sans rien dire.
-Et c'est après que votre planète ait été détruite que Frieza vous a enrôlé dans son armée? demanda-t-elle, un peu mal à l'aise d'être dans un endroit aussi exigu en compagnie d'un Saiyan aussi imposant.
Raditz souffla de l'air par ses narines.
-Frieza ne nous a jamais enrôlés dans son armée. Le peuple Saiyan avait déjà une alliance avec lui avant que la planète soit anéantie. Végéta, Nappa et moi avons décidé de faire partie de l'équipage parce que les conquêtes de l'armée des Cold s'adaptent bien à notre mode de vie. En échange, Frieza nous loge, nous nourrit et nous fournit des missions à accomplir. Nous travaillons à ses côtés, jamais sous ses ordres.
-Vraiment? C'est drôle, quand je vois Végéta se faire briser les os pour se faire punir, j'ai plutôt le sentiment que vous êtes sous son autorité.
Raditz plissa le nez, apparemment mécontent qu'elle remette en question leur indépendance.
-Pauvre Humaine. Ce n'est pas ta faute si tu ne comprends pas, maugréa-t-il. Notre présence ici est volontaire et calculée. Tu crois vraiment que Végéta laisserait Frieza jouer au pantin avec lui? Si nous restons ici, c'est que nous avons quelque chose à en tirer.
-Alors vous être libres de quitter ce vaisseau si ça vous chante, c'est ça?
-Exactement!
Bulma leva un sourcil, sceptique.
- Permets-moi d'en douter, ajouta-t-elle, prête à argumenter pour débattre de cette soi-disant liberté.
Mais Raditz ne s'offusqua pas. Plutôt que de se braquer comme l'aurait probablement fait Végéta, il se détendit et afficha de nouveau le rictus qu'il lui avait servi un peu plus tôt.
-Quoi? demanda Bulma, intriguée.
Le sourire du soldat s'élargit.
-Tu poses beaucoup de questions l'Humaine.
-J'ai toujours été très curieuse, justifia-t-elle.
-Ah bon? C'est un point que nous avons en commun alors. Quoique je ne trouve pas ça très juste. Tu profites de ma loquacité pour satisfaire ta curiosité, alors que moi je n'ai droit à rien.
Il fit la moue et Bulma inclina la tête, surprise qu'il fasse ainsi diverger la discussion.
-Tu peux me poser tout un tas de questions si tu veux, et je te répondrai. Mais comme tu l'as sûrement remarqué, je ne suis pas stupide. Je ne révélerai jamais des informations qui pourraient mettre ma vie ou la sécurité de la Terre en danger.
-Bien, dans ce cas tu pourrais commencer par me dire pourquoi Frieza t'a convoqué. Qu'est-ce que tu as fait pour qu'il ait envie de t'envoyer aux Quartiers?
-Oh ça tu vois, je peux te répondre! J'ai démonté le panneau de contrôle des chambres de régénération de l'unité médicale. Ce sont des machines fascinantes! J'aurais bien aimé prendre un échantillon du liquide régénérateur et décoder le programme de soins de l'ordinateur. Mais pas de chance, je me suis fait prendre par le système d'autosurveillance de l'appareil. La technologie qui est utilisée ici m'est complètement inconnue. Je n'ai pas réussi à éviter le programme sentinelle qui a repéré mon intrusion. Les techniciens du vaisseau m'ont rapidement dénoncé.
Raditz l'écouta déblatérer, l'air de ne rien comprendre de ce qu'elle venait de dire.
-J'ai beaucoup plus de connaissances en informatique, dit Bulma sans prendre la peine de cacher sa fierté. Même si ma spécialité, c'est la physique mécanique et aérospatiale. Donne-moi un moteur et il n'y a rien que je ne puisse pas faire.
-Un peu comme un technicien en réparation, tu veux dire?
Bulma sourit. Sur Terre, elle était beaucoup plus qu'un technicien. Les appareils, elle ne les réparait pas, elle les concevait. Mais même si Raditz se montrait particulièrement avenant, il était risqué de lui faire accorder sa confiance. Mieux valait faire preuve de modestie et garder une certaine anonymité, surtout quand on était la fille de l'homme le plus riche de la Terre.
-On peut dire ça comme ça, répondit la jeune femme en souriant.
Le Saiyan pouffa, étonné de sa réponse.
-Alors c'est tout? s'exclama-t-il. Frieza t'a pris en train de démonter des appareils médicaux et il t'a envoyé faire la pute pour ça? Allez, c'est des conneries, tu dois bien avoir fait autre chose…
Bulma sourit de plus belle, jugeant qu'il ne serait pas dangereux de lui parler de son autre méfait maintenant qu'il avait été révélé au grand jour.
-J'ai aussi apporté de la nourriture à Végéta pendant son jeûne.
Raditz se redressa soudainement. Il tapa bruyamment dans ses mains et sa queue de Saiyan se déroula sous l'effet de l'excitation.
-Ha! s'exclama-t-il, le visage éclairé par le bonheur. Je le savais! Alors c'est toi qui lui apportais de la nourriture! J'aurais dû m'en douter!
Bulma se mit à sourire. La bonne humeur de Raditz était drôlement contagieuse.
-Si, c'est moi. Toi aussi tu t'en doutais alors? J'ai vraiment manqué de subtilité sur ce coup-là. Idris s'en est aperçu après quelques jours. C'est elle qui m'a dénoncé.
-Oh la putain de sorcière. Il ne faut jamais lui faire confiance à celle-là. Tu savais qu'on la soupçonne de lire dans les pensées? Ça ne s'est jamais confirmé, mais elle sait beaucoup trop de choses pour ne pas avoir une sorte de sixième sens ou quelque chose dans le genre. Pourquoi a-t-elle été nommée cheffe de l'unité médicale tu crois hein? Elle surveille tout ce qui s'y passe. Et elle connait la famille des Cold depuis la création de ce vaisseau, si ça peut te donner une idée de son degré de servitude envers Frieza.
Raditz leva les bras dans les airs en s'esclaffant.
-J'ai gagné! Je savais que j'avais gagné mon pari! J'ai tellement hâte de voir la tronche de Nappa quand je vais lui dire ça!
Bulma se questionna brièvement sur l'essence de ce pari. Mais peu importait, elle le laissa célébrer sa victoire en réfléchissant à sa négligence, se demandant quelles informations supplémentaires Idris avait bien pu transmettre à Frieza. Ses pensées étaient probablement tout sauf discrètes lorsqu'elle s'était retrouvée seule avec Végéta la veille.
-Putain, tu as fait comment pour le convaincre? demanda Raditz, toujours aussi surexcité. Il est tellement fier et borné, j'ai de la misère à croire qu'il a accepté la nourriture que tu lui apportais.
-J'ai dû argumenter un peu au début, avoua-t-elle. Mais il ne s'est pas trop fait prier. Un petit sourire, quelques battements de cils et hop! Il engloutissait tout ce que je lui apportais.
Le dernier passage avait bien sûr été enjolivé en guise de plaisanterie. La jeune femme n'avait jamais vraiment utilisé la tactique de la séduction pour convaincre Végéta, même si elle savait qu'elle possédait les attributs pour le faire. Raditz, toutefois, n'y vit que du feu. Le soldat arrêta subitement les célébrations et retourna s'appuyer sur la paroi de l'ascenseur. Il l'observa quelques secondes d'un regard entendu, un sourire empreint de moquerie sur les lèvres.
-Vous avez baisé? demanda-t-il de but en blanc.
Bulma bondit sur place. Elle resserra instinctivement le drap taché de sang autour de ses épaules.
-Hein?! Bien sûr que non! Qu'est-ce qui te fait dire ça? s'offusqua-t-elle en sentant son visage s'embraser.
Raditz claqua de la langue en exhibant une rangée de dents blanches de longueur impressionnante.
-Facile, répondit-il. Ça crève les yeux. Même un aveugle serait capable de sentir que vous avez envie de vous sauter dessus. Et puis… Je connais Végéta depuis longtemps. Il s'est toujours un peu foutu des femelles. C'est à peine s'il les regarde, même quand elles se dandinent le cul devant ses yeux. Mais toi…
Il la désigna d'un coup de tête, puis il la fixa droit dans les yeux, vraisemblablement un peu hésitant à poursuivre.
- Mirchekt nimaï tul-sikar. Il te voit, même quand tu n'es pas là, finit-il par dire.
Bulma leva un sourcil, perplexe.
-C'est une expression que nous utilisons dans notre langue lorsque quelque chose ou quelqu'un occupe notre esprit en permanence. Nous sommes un peuple de guerrier, nous sommes naturellement dévoués corps et âme à ce que nous aspirons. Chez les Saiyans, la convoitise a une petite tendance à tourner à l'obsession, et Végéta en est un spécimen particulièrement typique.
La jeune femme observa Raditz en réfléchissant à ce qu'il venait de lui révéler. Bien sûr, elle avait remarqué que Végéta était particulièrement borné et têtu, et elle savait aussi que l'attirance qu'elle ressentait à son égard était réciproque. Cela ne lui avait toutefois jamais effleuré l'esprit que cette ténacité puisse être de la dévotion, ni même que cette attraction puisse être obsessive.
- Mirchekt nimaï tul-sikar… répéta-t-elle en tentant de prendre un air indifférent pour éviter de trahir son avide curiosité. Qu'est-ce qui te fait dire que cette expression s'applique à moi?
-Bah… ça aussi c'est facile, répondit Raditz en riant. Il passe un temps fou à l'unité médicale, alors que d'habitude il change lui-même ses pansements. Il te laisse lui apporter de la bouffe mais la refuse quand ça vient de nous. J'ai même réussi à lui coller deux ou trois baffes pendant l'entraînement tellement il est déconcentré! Et juste là, il vient de perdre les pédales à te voir avec un autre mâle. Je connais Végéta… il n'a jamais fait ce genre de truc… et il n'est surtout pas du genre à empiéter sur sa fierté pour plaire à une femelle. Alors il doit bien se tramer quelque chose entre ses deux oreilles depuis qu'il t'a rencontré sur Terre.
L'énorme Saiyan se tut pendant quelques secondes. Bulma demeura également silencieuse, incertaine de savoir ce qu'elle devait penser de tout ça. Il était évident que Végéta et elle partageaient quelque chose d'intime. Et il était vrai que l'attirance avait été particulièrement foudroyante dès leur première rencontre.
Mais de là à parler d'obsession… peut-être le terme était-il un peu fort?
-Alors? dit Raditz au bout d'un moment. Vous avez baisé, oui ou non? Allez, soit honnête Karchi Bulma.
La jeune femme pinça les lèvres pour éviter de sourire en voyant l'air moqueur sur le visage du soldat.
-Ce n'est pas allé jusque-là… répondit-elle en sentant ses joues tourner au rouge.
Le souvenir des mains et de la bouche de Végéta sur son corps était encore frais dans sa mémoire. Et même si l'acte violent qu'il venait de commettre la répugnait, le fait qu'il soit intervenu pour la sortir des Quartiers attisait encore plus ce brasier qui grondait dans le bas de son ventre dès qu'elle se mettait à penser à lui.
-En tout cas, à voir ton air, j'ai l'impression que ça ne saurait tarder. Il serait vraiment con de passer à côté de ça... Allez, avoue que ça t'a donné chaud de le voir arracher la tête de ce monstre tout à l'heure! Oh putain… tu peux pas savoir combien j'ai hâte de le narguer avec ça.
Bulma s'apprêtait à protester la vulgarité des termes utilisés, mais Raditz ne lui laissa pas l'opportunité de s'offusquer.
-Bon! dit-il d'une voix claire en se redressant. C'est pas que je suis pas intéressé par tes amourettes avec Végéta, mais faudrait bien y aller un jour hein?
Le Saiyan se tourna vers l'écran tactile de l'ascenseur et se mit à tapoter dessus de façon rythmique. Une fois les codes de sécurité entrés, l'appareil se mit à monter à une vitesse fulgurante vers les étages supérieurs du vaisseau. Bulma avait été si absorbée par sa discussion avec Raditz qu'elle n'avait pas réalisé qu'ils étaient restés immobiles depuis qu'ils y étaient entrés.
Le trajet fut très court, et Bulma se trouva déçue de ne pas pouvoir échanger davantage avec le Saiyan. Dès que les portes d'ascenseur s'ouvrirent sur le plus haut palier du vaisseau, des soldats armés les accueillirent, empêchant toute discussion informelle de prendre forme.
-Frieza a été avisé de votre venue, dit l'un des soldats en faisant valser sa longue moustache rousse. Il est disponible pour vous parler, mais comme il est très occupé aujourd'hui, ce sera un entretien d'un quart de révolution terrestre seulement.
Raditz approuva silencieusement et indiqua à Bulma d'avancer pour suivre les soldats qui les guidaient vers la Salle des Commandements.
-Prête à affronter le lézard? demanda-t-il en rigolant. As-tu besoin d'aller aux toilettes pour diminuer les chances de te pisser dessus quand tu vas lui parler?
-Pfff! Ne me sous-estime pas, répliqua-t-elle avec audace. Je n'ai pas peur de Frieza!
La lourde porte de la Salle des Commandements s'ouvrit devant eux. Les soldats s'écartèrent pour les laisser entrer, puis s'éclipsèrent sans bruit à l'arrière. Déjà, au fond de la vaste pièce circulaire, une silhouette élancée les attendait. Une tête arrondie, imberbe. De longs membres recouverts d'un cuir lisse aux teintes grisâtres, tirant sur le mauve au niveau des articulations et de la poitrine. Une longue, interminable queue de lézard qui ondulait paresseusement en frôlant le sol. Et des yeux rouges, brillants d'anticipation, d'insatisfaction et de colère. Frieza était là, fier, menaçant, son regard résolument posé sur elle.
-Pourtant, tu devrais, conclut Raditz en chuchotant à ses côtés.
Même si elle sentait son courage commencer à flancher maintenant qu'elle se trouvait devant lui, Bulma ne se laissa pas intimider. Elle avança de quelques pas en direction de l'Empereur, qui trônait debout en haut des marches de la Salle des Commandements. Derrière lui, de part et d'autre des fenêtres qui donnaient une vue imprenable sur la Terre, se dressaient une dizaine d'écrans parsemés d'hologrammes cryptés qui lui étaient impossibles de déchiffrer.
-Bonjour, Humaine, dit Frieza de sa voix nasillarde.
Bulma ne répondit pas. Comme les dernières fois, le voir en chair et en os activait en elle une rage bouillonnante qu'elle n'était pas certaine d'être en mesure de contenir. Pourtant, il était impératif qu'elle garde son calme si elle voulait mettre son plan en application.
La jeune femme fit donc quelques pas en direction de l'Empereur. Elle serra le drap contre elle comme s'il s'agissait d'une protection, mais s'assura de garder la tête bien haute pour lui parler. Un coup d'œil furtif dans le fond de la pièce lui permit de confirmer que sa stratégie fonctionnerait toujours.
Le lézard le remarqua, et fut le premier à parler.
-Bon sang! dit-il en riant. Qu'est-ce qui t'est arrivé? Tu avais bien meilleure mine lorsque je t'ai vu hier, jeune femme.
Il se tourna vers Raditz, la moquerie soudainement évanouie de ses traits.
-Explique-moi ce qui se passe, ordonna-t-il au Saiyan. Tu sais que je déteste être interrompu lors de mes séances de repos. Surtout que j'en ai grandement besoin ces derniers temps.
Raditz courba l'échine et ouvrit la bouche pour répondre. Mais Bulma prit les devants avant qu'il ne puisse dire quoique ce soit qui puisse ruiner son plan.
-C'est Végéta qui m'envoie ici, dit-elle d'une voix claire.
Raditz se figea à ses côtés. Sans relever la tête, il l'observa de biais, des points d'interrogation dans les yeux. Frieza, lui, demeura impassible, une invitation silencieuse à poursuivre son explication. Bulma redressa les épaules. Contrairement à son escorte, il était hors de question qu'elle se prosterne.
-Il s'est précipité aux Quartiers dès qu'il a su que j'y avais été transférée. Quand il est arrivé, j'étais sur le point de me faire violer par un Kordylipe et il l'a tué pour me libérer. Voilà pourquoi je suis couverte de sang, expliqua Bulma en désignant la substance visqueuse qui lui collait toujours à la peau.
Cette fois, le Saiyan se mit à tousser bruyamment. Qu'elle exige que son plan demeure confidentiel paraissait risqué, mais probablement ne s'attendait-il pas à ce qu'elle place d'emblée Végéta sur le banc des accusés. Sans doute regrettait-il de l'avoir emmené jusqu'ici maintenant, et sans doute réfléchissait-il déjà à une façon de limiter les conséquences de sa délation.
Mais la jeune femme n'avait pas dit son dernier mot, et elle s'empressa de parler avant que Raditz puisse commencer à protester.
-Comme tu le sais, poursuivit-elle en s'adressant directement à Frieza, j'ai donné des soins à Végéta dans les derniers jours. Et puis… j'ai eu pitié de sa faim, alors je lui ai apporté de la nourriture qu'il n'a pas été en mesure de refuser. Pendant que je prenais soin de lui, nous avons discuté un peu, et au fil du temps, il a su gagner ma confiance.
Frieza sourcilla. Bulma était consciente qu'il était probablement au courant de sa relation avec lui, maintenant qu'elle savait qu'Idris était une traitre. Il était donc primordial qu'elle joue la carte de l'innocence, et qu'elle devait s'afficher comme une victime des manipulations égocentriques de Végéta. Elle s'efforça donc de déployer un air dramatique et faussement attristé avant de poursuivre.
-Ça m'a emmené à lui partager des informations que j'aurais voulu garder confidentielles. Moi, naïve comme je suis, je croyais qu'il ne partagerait pas mes confidences… mais le voilà qui trahit ma confiance! S'il m'a sauvé de ce Kordylipe, et qu'il me livre à toi aujourd'hui, c'est parce qu'il sait que je pourrais t'être beaucoup plus utile qu'en étant aux Quartiers.
Bulma s'apprêtait à mettre en action l'un de ses nombreux talents en feignant des larmes, mais contre toute attente, elle fut interrompue par le lézard.
-Stop, Humaine! annonça-t-il abruptement.
Frieza avait plissé les paupières. Il tapota du pied, pensif, sa queue lézardesque battant l'air de façon rythmique dans son dos. Bulma se glaça sur place, se demandant si sa prestation avait manqué de crédibilité. Puis, l'Empereur ordonna d'une voix claire et aiguë.
-Qu'on aille chercher le prince. Je ne poursuivrai pas cette discussion sans sa présence.
Et, sans un mot de plus, il tourna les talons et alla s'installer confortablement dans le fauteuil qui trônait au sommet de l'escalier. Bulma pivota instinctivement vers Raditz, à la recherche d'une explication. Celui-ci la regardait, un peu perplexe, mais maintenant conscient qu'elle jouait la comédie pour mettre son plan à exécution.
-Tu aurais pu te la calmer sur les larmes, Karchi, se moqua-t-il subtilement. Si tu planifiais parler seule avec lui, c'est foutu. Il va vouloir corroborer ton histoire avec celle de Végéta. Tu vois, tu aurais mieux fait de nous expliquer ton plan avant de venir ici et de jouer la comédie. On connait Frieza beaucoup mieux que toi.
Bulma cligna des yeux à quelques reprises. Elle n'assimila qu'une partie de mots de Raditz, parce que ses méninges s'étaient soudainement transformées en bouillie. Elle avait bien sûr planifié rencontrer Frieza seule, et le fait qu'il exige la présence d'un témoin lui demandait de réajuster un peu sa stratégie. Mais ça, c'était facile à régler… le réel problème n'était pas là. À l'instant, le problème résidait plutôt dans le fait qu'il lui était tout simplement impossible de réfléchir à une solution, son cerveau ayant cessé de fonctionner dès que le lézard eut fait mention de ce petit détail qui ne lui avait pas échappé.
…
Un prince.
Un prince?
Mais quel prince?
…
-Raditz, réussit-elle à articuler après un moment.
Le Saiyan se retourna pour la regarder. Il leva un sourcil en constatant son égarement.
-De quoi il parle? Pourquoi il parle d'un prince? demanda-t-elle, sincèrement confuse.
Raditz pencha la tête sur le côté, l'air tout aussi confus qu'elle.
-Tu plaisantes j'espère. Ya qu'un seul prince sur ce vaisseau…
-Ah bon… Mais… c'est qui, ce prince? Et pourquoi Frieza demande à ce qu'il soit présent? Quel est le rapport avec mon histoire?
Ils s'observèrent pendant quelques secondes pour tenter de se déchiffrer l'un l'autre. Puis, la compréhension s'afficha sur les traits du Saiyan.
-Oh mais attends… putain… Tu… Tu es en train de me dire que tu fricotes avec lui depuis des semaines et que tu sais même pas qu'il est un prince? s'exclama-t-il sans être en mesure de contenir son hilarité.
Bulma ouvrit la bouche, prête à répliquer. Mais… en fait, elle ne savait pas quoi répondre à ça. Son cerveau commençait tranquillement à assembler les pièces du puzzle, et pour le moment, elle était trop abasourdie pour formuler une réponse qui fasse du sens.
…
Un prince.
Oh, merde.
-C'est vraiment marrant, parce que d'habitude, il se vante constamment que son petit cul est un cul royal, poursuivit Raditz. Sa majesté le prince Végéta s'est gardé une petite gêne avec toi on dirait.
Bulma battit des paupières, comme si cela lui permettait de se sentir plus légère maintenant que le poids qui reposait dans son estomac venait de la faire couler. Les mots de Raditz confirmaient ce qu'elle commençait à comprendre depuis un moment déjà. Elle savait que Végéta était un combattant d'exception. Elle savait qu'il était l'un des trois généraux de l'Empire des Cold. Mais jamais il n'avait été question de sa réelle stature.
Jamais Végéta ne lui avait mentionné qu'il était un prince.
-Hé ben quoi? dit Raditz qui s'amusait toujours autant. Tu fais la même tête que quand tu t'es fait asperger de sang. Tu ne savais pas qu'il était un prince… et alors? Notre planète a été pulvérisée depuis longtemps, il n'existe pratiquement plus de Saiyans sur qui régner. Qu'est-ce que ça change qu'il soit un prince ou pas?
La jeune femme resta immobile quelques instants. Muette, elle observa le Saiyan en réfléchissant aux implications de ce qu'elle venait d'apprendre.
En effet, qu'est-ce que ça changeait que Végéta soit un prince ou pas?
-Tout, répondit simplement Bulma.
Ça changeait absolument tout.
