Chapitre 2
Les Fractures du Silence
Hermione n'aurait jamais cru que sa quête de vérité l'amènerait à un tel moment. La pièce, baignée dans une lumière tamisée, semblait à la fois chaleureuse et oppressante, ses murs couverts de livres et de meubles simples mais élégants. Tout dans cet espace reflétait une vie soigneusement réorganisée, un contraste saisissant avec l'image austère de Severus Snape à Poudlard.
Et pourtant, il était là. Ses traits, éclairés par la lumière douce des lampes, étaient à la fois familiers et différents. Son regard noir, perçant, fixait Hermione avec une intensité qui semblait disséquer chaque recoin de son esprit.
—Miss Granger,dit-il enfin, sa voix glaciale brisant le silence.Je dois admettre que vous avez dépassé mes attentes. Je savais que votre curiosité serait difficile à contenir, mais je ne m'attendais pas à ce que vous poussiez l'audace jusqu'à vous introduire chez moi.
Hermione sentit son cœur s'emballer. Elle ouvrit la bouche, cherchant une réponse, mais aucun mot ne vint. Ses pensées tourbillonnaient, ramenant en boucle les moments où elle l'avait suivi, se cachant dans des recoins sombres ou derrière des vitrines. Il avait tout vu. Il savait.
—Vous pensiez vraiment qu'un sort de Désillusion était suffisant pour tromper quelqu'un comme moi ?continua-t-il, son ton glacial empreint de sarcasme.C'est presque... insultant.
Ces mots la frappèrent comme une gifle. Elle avait passé des semaines à se persuader qu'elle était prudente, mais chaque instant lui semblait maintenant naïf et maladroit. Pourtant, elle ne baissa pas les yeux. Pas cette fois.
—Pourquoi ne pas m'avoir confrontée plus tôt ?demanda-t-elle finalement, sa voix tremblante mais résolue.Pourquoi m'avoir laissé faire ?
Snape haussa un sourcil, ses lèvres esquissant un sourire froid.
—Parce que vous êtes prévisible,dit-il.Et parce que je voulais voir jusqu'où irait votre obstination avant que vous ne réalisiez à quel point elle était futile.
Il fit un pas en avant, et Hermione recula instinctivement jusqu'à sentir le bois dur de la porte contre son dos. La proximité était suffocante. Elle retint son souffle alors qu'il s'arrêtait à quelques centimètres d'elle. Ses yeux noirs semblaient lire en elle comme dans un livre ouvert.
—Si vous continuez de vous plaquer autant contre cette porte, Miss Granger, je crains de ne pas pouvoir l'ouvrir,dit-il d'un ton sec et moqueur.Ou peut-être avez-vous l'intention de passer à travers ?
Hermione sentit une vague de colère remplacer la peur qui lui nouait l'estomac. Elle planta son regard dans le sien, refusant de se laisser intimider.
—Je voulais des réponses,répliqua-t-elle d'une voix plus forte.Je voulais savoir pourquoi vous êtes ici, pourquoi tout le monde vous croyait mort, et pourquoi... pourquoi Pattenrond est avec vous.
Snape émit un rire bref, un son froid et sans joie, et recula légèrement, rompant l'intensité du moment. Il se tourna vers Pattenrond, qui, indifférent à la tension, s'était blotti sur un fauteuil.
—Votre chat est plus perspicace que vous ne l'êtes, Miss Granger,dit-il, son ton empreint d'une ironie mordante.Il semble avoir compris où se trouve le véritable confort. Peut-être devriez-vous suivre son exemple.
Hermione sentit ses joues s'empourprer, mais elle se força à maintenir son calme.
—Pourquoi est-il ici ?insista-t-elle.Qu'est-ce que cela signifie ?
Snape se retourna lentement, croisant les bras. Son expression devint plus sérieuse, et son regard s'assombrit.
—Il m'a trouvé, tout simplement,dit-il.Et, contrairement à vous, il n'a pas cherché à bouleverser ma tranquillité. Vous devriez en prendre de la graine, Miss Granger.
Hermione sentit une bouffée de frustration monter en elle. Elle aurait voulu répondre, mais avant qu'elle ne puisse formuler une phrase, Snape continua.
—Vous voulez savoir pourquoi je suis ici ? Très bien,dit-il, sa voix se durcissant légèrement.Après toutes ces années, Miss Granger, j'ai pris une décision simple : vivre. Loin de l'Angleterre. Loin de Poudlard. Loin de Potter et de son ombre étouffante. J'ai construit cette vie ici, à Paris, précisément parce que personne n'aurait l'idée d'y chercher Severus Snape.
Il fit un pas de côté, s'éloignant de la porte pour se diriger vers une petite table basse où reposait une tasse de thé à moitié vide. Il la prit en main, mais ne but pas.
—Et maintenant, vous êtes là, envahissant mon espace avec vos questions et vos doutes,ajouta-t-il, ses mots tranchants comme un couperet.Je vais être clair, Miss Granger : si quelqu'un venait à deviner que je suis ici, que vous révélez ma présence de quelque manière que ce soit...Il fit une pause, posant son regard sur elle avec une intensité glaciale....je n'aurai aucun mal à vous retrouver. Et je m'assurerai que vous compreniez à quel point cette intrusion était une erreur.
Le poids de ses paroles s'abattit sur Hermione comme une enclume. Il n'avait pas besoin de hausser la voix pour qu'elle ressente la gravité de sa menace. Elle savait qu'il disait la vérité.
Un silence tendu s'installa. Pattenrond miaula doucement depuis son fauteuil, comme pour rappeler sa présence. Hermione, elle, se redressa légèrement, refusant de laisser la peur la submerger.
—Vous auriez pu être honnête depuis le début,murmura-t-elle finalement, sa voix plus faible qu'elle ne l'aurait souhaité.
Snape esquissa un sourire froid.
—L'honnêteté, Miss Granger, est un luxe que je n'ai jamais pu me permettre.
Il fit un pas en avant, et Hermione recula instinctivement jusqu'à sentir le bois dur de la porte contre son dos. Sa respiration s'accéléra, mais elle refusa de détourner les yeux. Snape, quant à lui, s'arrêta à quelques centimètres d'elle, ses traits éclairés par la lumière basse de l'entrée.
Hermione recula instinctivement jusqu'à sentir le bois dur de la porte contre son dos. Sa respiration s'accéléra, mais elle refusa de détourner les yeux. Snape, quant à lui, s'arrêta à quelques centimètres d'elle, ses traits éclairés par la lumière vacillante des flammes.
—Si vous continuez de vous plaquer autant contre cette porte, Miss Granger, je crains de ne pas pouvoir l'ouvrir,dit-il d'un ton ironique.Ou peut-être avez-vous l'intention de passer à travers ?
Hermione sentit la colère monter en elle, chassant une partie de la peur qui paralysait son esprit. Elle serra les poings, plantant son regard dans le sien. Mais avant qu'elle ne puisse répondre, il recula, rompant la proximité suffocante entre eux. Snape, avec la même lenteur calculée, se détourna et ouvrit doucement la porte. La fraîcheur du couloir s'engouffra dans la pièce, dissipant légèrement l'atmosphère oppressante.
—Votre visite se termine ici, Miss Granger,dit-il calmement, sans même lui accorder un regard.Sachez que je ne tolérerai pas une seconde intrusion.
Hermione resta immobile, le souffle court, avant de franchir la porte. Elle se retrouva sur le palier, face à cette porte désormais close. Pendant un instant, elle resta figée, ses pensées tourbillonnant. La magie qu'elle avait ressentie dans l'appartement semblait encore vibrer autour d'elle, un poids invisible mais oppressant.
Elle posa une main hésitante contre le bois froid de la porte, comme pour s'assurer qu'elle était réelle. PHermione descendit lentement les escaliers, chaque pas résonnant dans la cage d'escalier sombre et silencieuse. La fraîcheur du couloir l'enveloppa, mais elle ne parvenait pas à se détacher de ce qu'elle venait de vivre. Tout semblait irréel, comme un rêve étrange dont elle peinait à se réveiller.
Hermione descendit lentement les escaliers, chaque pas résonnant dans la cage d'escalier sombre et silencieuse. La fraîcheur du couloir l'enveloppa, mais elle ne parvenait pas à se détacher de ce qu'elle venait de vivre. Tout semblait irréel, comme un rêve étrange dont elle peinait à se réveiller.
Il est vivant. Cette pensée, répétée en boucle dans son esprit, lui semblait à la fois rassurante et terrifiante. Severus Snape, l'homme qu'elle avait vu mourir devant ses yeux, avait survécu. Mais pourquoi n'avait-il jamais cherché à reprendre contact avec leur monde ? Pourquoi avait-il choisi cette vie secrète à Paris, loin de tout et de tous ?
Hermione s'arrêta sur le trottoir, le souffle court. L'air frais de la nuit parisienne lui caressa le visage, apaisant légèrement la chaleur qui lui brûlait encore les joues. Elle jeta un coup d'œil furtif autour d'elle, mais la rue était déserte, les rares passants absorbés par leur propre chemin.
Elle serra son manteau contre elle, soudainement consciente du vide oppressant qui l'entourait. Malgré tout, une question la hantait plus que les autres. Pourquoi Snape avait-il été si calme, si méthodique, presque... résigné ? C'était comme s'il avait anticipé cette rencontre, mais il n'y avait aucun signe de réconciliation dans ses paroles. Juste une froide indifférence, mâtinée de menaces voilées.
Déranger sa tranquillité. Ces mots résonnaient dans sa tête. Elle avait franchi une limite, et il l'avait clairement fait comprendre. Mais quelque chose dans son attitude laissait penser qu'il n'avait pas tout dit. Il était évident qu'il protégeait quelque chose.
Hermione marcha lentement dans la rue, son esprit toujours en ébullition. Elle se rappela chaque détail de l'appartement — les livres soigneusement rangés, les meubles élégants mais sans prétention, et Pattenrond, son vieux compagnon, installé comme s'il avait toujours appartenu à cet endroit. Cela ne faisait que renforcer l'étrangeté de la situation. Comment avait-il trouvé Snape ? Et pourquoi était-il resté avec lui ?
Un frisson la parcourut lorsqu'elle se souvint de ses dernières paroles. Je n'aurai aucun mal à vous retrouver. Cette phrase, prononcée avec une froideur clinique, n'était pas une menace en l'air. Snape était un homme qui pesait chacun de ses mots. Hermione savait qu'il la surveillerait désormais, et cette pensée la fit vaciller.
Elle s'arrêta devant une boulangerie fermée, ses yeux se perdant dans les reflets des vitrines. La fatigue de la journée commençait à l'envahir, mais son esprit refusait de ralentir. Elle sortit son téléphone, mais ses doigts restèrent suspendus au-dessus de l'écran. Qui aurait-elle pu appeler ? Harry ? Ron ? Non. Ils ne comprendraient pas. Et elle n'était pas encore prête à expliquer pourquoi elle s'était lancée dans une telle traque.
Hermione soupira et glissa son téléphone dans sa poche. Elle devait prendre le temps de réfléchir. Se précipiter, confronter Snape de nouveau sans plan précis, ne ferait que renforcer son mépris. Elle savait que cet homme, aussi brillant qu'il était cruel, ne la laisserait pas s'approcher davantage sans conséquences.
Soudain, une idée lui traversa l'esprit. Peut-être qu'elle ne devait pas le confronter directement, mais chercher ailleurs. La Sorbonne, son université, regorgeait d'archives et de documents historiques liés à la communauté magique de Paris. Si Snape s'était installé ici, il y avait forcément des traces, même infimes, de son arrivée ou de ses activités. Et si elle pouvait trouver ces informations, elle pourrait mieux comprendre ses motivations.
Elle se redressa légèrement, sentant une once de détermination remplacer la confusion. Il fallait qu'elle agisse prudemment, sans éveiller ses soupçons. Snape avait été clair : il ne tolérerait pas d'intrusion supplémentaire. Mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait pas ignorer ce qu'elle avait découvert.
Hermione reprit sa marche, ses pas plus rapides, tandis qu'elle élaborait mentalement un plan. Paris était une ville pleine de secrets, et elle comptait bien en déterrer certains. Pourtant, une part d'elle savait qu'elle jouait avec le feu. Severus Snape n'était pas un homme à prendre à la légère.
Alors qu'elle tournait au coin d'une rue, elle sentit un poids invisible peser sur ses épaules, comme si quelque chose — ou quelqu'un — l'observait. Elle s'arrêta, le cœur battant, et jeta un coup d'œil derrière elle. Rien. Seulement des ombres et des lampadaires vacillants.
Mais l'inquiétude ne la quitta pas. Tu t'imagines des choses, se dit-elle, tentant de se convaincre. Pourtant, la sensation persistait. Et elle ne pouvait s'empêcher de penser que peut-être, Snape avait raison. Elle avait franchi une limite. Et il n'y aurait plus de retour en arrière.
