Le concept de cette histoire m'est venu en entendant Zoro dire qu'il ne tombait jamais malade. En grande sadique que je suis, j'ai pris cela comme un défi... et tout cela sur fond de romance bien évidemment.
Bonne lecture !
Burning Fever
PARTIE I
Le parfum délicat des fleurs de mandarinier lui embaumait les narines. La lame biseautée du sécateur se glissa doucement entre deux branches, et se referma d'un coup sec avec un clac. Des doigts fins s'emparèrent du rejet sectionné pour l'extraire du feuillage touffu. Aussitôt, les rayons du soleil vinrent caresser la peau lisse d'un fruit encore vert. Nami recula d'un pas, la branche gêneuse dans une main et le sécateur dans l'autre, afin d'évaluer son travail.
Nul besoin d'en faire plus. L'arbre resplendissait par sa verdeur et ses fruits abondants à divers stades de maturité. Satisfaite, elle déposa la branche ainsi que son outil dans le panier à ses pieds, puis se redressa et essuya son front d'un revers du poignet.
Son regard d'ambre tomba directement sur l'archéologue, qui, comme de nombreuses fois, avait choisi de s'installer sur l'un des transats pour lire et profiter de la douceur du temps printanier. Cependant, le livre gisait abandonné sur ses cuisses, ouvert sur des pages noircies d'écriture qu'une main gracile venait couvrir. Robin semblait avoir délaissé les récits chimériques de son roman, au profit de quelque chose de plus concret. Son visage était fermé, d'un air songeur, alors que ses grands yeux bleus fixaient un point devant elle.
Poussé par la curiosité, Nami suivit la direction de son regard et fut étonné de constater qu'il était braqué sur leur épéiste. Elle fit plusieurs fois l'aller-retour entre ses deux nakamas, afin d'être certaine que Robin observait bien le jeune homme aux cheveux verts en train de soulever de la fonte, torse-nu et exposés aux quatre vents. Se pourrait-il que la belle brune soit captivée par le jeu de ses muscles saillants qui brillaient au soleil ?
Elle devait bien reconnaitre que d'un point de vue extérieur, Zoro pouvait être attrayant physiquement. Tout chez lui était travaillé et transpirait la force.
Un sourire amusé souleva un coin de ses lèvres, bien qu'un étrange sentiment bourgeonnât dans les profondeurs de son âme. Il est vrai que ces deux-là étaient proches, peut-être plus qu'elle-même et le bretteur alors qu'ils se connaissaient depuis plus longtemps. Il n'était pas rare des les voir côte à côte dans un silence reposant, ou bien à jouer au shogi et aux échecs. Sans parler que tous les deux faisaient preuve du même sang-froid lors de situations critiques…
Cela ne devrait pas la tellement la surprendre au final. Et pourtant, c'était une nouvelle facette de son amie qu'elle entrevoyait. Pourquoi ne l'avait-elle pas envisagé avant? Est-ce que Zoro regardait Robin de la même façon lorsqu'elle avait le dos tourné?
Son réflex serait de dire non, mais elle fut prise d'un doute. Après tout, ce n'était pas quelque chose à laquelle elle avait prêté attention, un détail avait pu lui échapper. Involontairement, son esprit carbura pour faire remonter des souvenirs et les mettre en corrélation. Comme le fait que Zoro prenait souvent le premier tour de garde la nuit, et qu'il arrivait que Robin ne tarde à revenir de sa séance de lecture dans la bibliothèque ou ne s'absente de leur cabine en prétextant une insomnie. Entretenaient-ils une relation cachée?
Les pommettes ainsi que l'arête du nez de la navigatrice se mirent à rosir à cause de la gêne suscitée en les imaginants se retrouver au beau milieu de la nuit pour un moment intime. Nami se mordit l'intérieur de la joue pour réfréner son malaise et secoua la tête. Tout cela n'était que des suppositions.
Pour en avoir le cœur net, elle s'approcha d'un pas feutré près de son amie qui ne semblait pas l'avoir remarqué, trop absorbée par sa contemplation. L'étrange sensation qui lui rampait sous la peau, qu'elle associa à de la nervosité, s'amplifia. Elle força le sourire à s'agrandir sur son visage afin de paraitre espiègle et non simplement curieuse.
- J'ignorais que ce genre de vue te plaisait.
Elle s'attendait à ce que Robin sursaute, ou que son corps se raidisse, qu'elle soit perturbée de s'être faite prendre la main dans le sac, qu'elle tourne son visage surpris vers sa nakama qui aurait pu lire une certaine gêne coupable dans ses grands yeux bleus… mais rien. La voix de Nami glissa sur l'archéologue comme la caresse du vent dans ses cheveux. Elle continuait de fixer Zoro sans sourciller, avec la même perplexité. En revanche, son manque de réaction perturba plus la rouquine, dont l'esprit en roue libre, les imaginaient désormais comme un couple. L'ombre d'un nuage plana soudainement sur elles, et son sourire s'effaça.
- Tu ne trouves pas que Zoro semble… différent? demanda la belle brune d'un air absent alors qu'elle observait l'épéiste.
- Différent? Comment ça?
Un peu déboussolé par sa question, la navigatrice tourna la tête pour poser son regard sur la silhouette du bretteur aux cheveux verts en train de faire des flexions avec une barre sur les épaules, et des poids immenses de chaque côté.
- Comme si…
A l'entente de sa voix pensive, son attention revint sur l'archéologue qui n'avait toujours pas bougé.
- Il n'était pas dans son assiette. Ses gestes sont plus lents que d'habitude, et on dirait qu'il prend plus de peine à faire ses exercices aujourd'hui.
En plus de s'inquiéter pour lui, elle l'observait régulièrement. Nami fronça les sourcils. Sans le savoir, Robin venait de confirmer l'une des théories de la rouquine. Ses yeux vifs de chatte-voleuse le scannèrent dans les moindres détails, à la recherche de ce que lui indiquait Robin.
Le visage ruisselant de sueur et le front froissé de plis, l'épéiste ne laissait rien paraitre hormis une intense concentration. Par moment, un léger tressautement de ses lèvres transformait son expression en grimace, qu'elle mettait sur le compte de l'effort surhumain qu'il fallait pour soulever près de… non elle ne préférait même pas faire le calcul car le résultat lui donnerait des sueurs froides. Des veines saillantes serpentaient à bon nombre d'endroit, sur ses muscles gonflés à bloc à force d'être sollicités. En soit, elle n'y trouva rien d'anormal.
- N'importe qui serait déjà mort écrasé par autant de poids sur les épaules, déclara-t-elle d'un ton réprobateur. Ce n'est pas étonnant qu'il transpire comme un porc.
Cela ne sembla pas rassurer la jeune femme. Tout à coup, Nami se sentait de trop, elle regrettait de s'être immiscer dans leurs affaires, et s'apprêta à partir. Finalement, elle aurait préféré ne pas être témoin de cette scène.
- Chopper est inquiet. Il dit que ses nuits sont agitées, qu'il ne dort quasiment plus, mais refuse d'en parler et assure que tout va bien. Notre petit médecin est venu me voir avec l'espoir que Zoro se confie plus à moi… J'ai eu la même réponse.
Même Chopper s'était rendu compte de leur proximité, avant elle. L'information lui fit l'effet d'un coup dans le ventre. Elle se sentait mise de côté, trahie, alors qu'elle ne devrait pas. Ils avaient tous les droits de vouloir conserver une relation secrète et il était normal que Chopper s'adresse en priorité à Robin. Mais elle ne pouvait nier qu'elle aurait aimé être dans la confidence, elle pensait être assez proche de l'archéologue pour cela.
Qu'importe. Robin était inquiète, et si elle partageait ses informations avec elle, s'était certainement parce qu'elle avait besoin du soutien de son amie. Nami mit de côté ce qu'elle ressentait, afin de l'écouter et d'être présente pour elle.
- Mais peut-être qu'avec toi, ce sera différent?
Elle se tourna enfin vers la rouquine et lui adressa un sourire encourageant, qui la laissa confuse.
- Moi?! s'exclama la cartographe. Tu rigoles ? A peine je l'approche qu'il sort les crocs! S'il cache quelque chose, jamais il ne me le dira! D'autant plus s'il n'a pas voulu te le dire alors que…
Soudain, elle s'interrompit en réalisant ce qu'elle s'apprêtait à dire, ce qui n'échappa pas à la perspicacité de son amie. Cette dernière inclina légèrement la tête sur le côté et haussa un sourcil interrogateur. Zut, elle avait gaffé!
- Enfin… tu vois? Lui et toi…, fit Nami embarrassée. Ne t'en fait pas! Je n'en parlerais pas, mais je n'avais jamais réalisé que vous étiez…tous les deux.
Pendant quelques secondes, Robin la sonda de son regard profond, qui la mise un peu mal à l'aise, puis la jeune femme se mit à rire doucement. La confusion de la rouquine ne fit que s'accentuer. Lorsqu'elle cessa de s'amuser de son trouble, la jolie brune la détailla avec une tendresse similaire à celle que Nojiko usait quand elle lui parlait de son rêve.
- Nous ne sommes pas proches de cette façon. Il y a bien quelqu'un qui détient déjà cette place dans son cœur, mais ce n'est pas moi, lui assura-t-elle sans amertume.
Bizarrement, le fait qu'elle démente toutes les théories et les déductions qu'elle avait pu conclure, la libéra de cette gêne qui s'était installée dans son ventre. Avant qu'une autre ne prenne la place quand ses mots s'insinuèrent dans son esprit. Zoro était épris de quelqu'un d'autre que Robin?! Nami en tombait des nues, car cela avait déjà été un choc d'envisager ses deux nakamas ensembles, mais avec une personne tierce! Une femme qu'il avait rencontré lors de leur périple? Hiyori peut-être? C'était plausible vu comme elle s'était occupée de lui pendant sa convalescence. Elle ne l'avait quasiment pas lâché d'une semelle, comme s'il lui appartenait… Ou bien une personne qu'il connaissait d'avant leur rencontre avec Luffy?
- Vraiment?! Qu'est-ce qui te fait dire ça?
Maintenant Nami était plus que curieuse de savoir ce que la jeune femme avait bien pu découvrir pour lui faire croire à un truc aussi gros. Cependant, la brune haussa les épaules en se contentant d'un sourire énigmatique pour toute réponse. Déçue de cette réaction, la jolie rousse posa une main sur sa hanche et afficha une moue boudeuse. L'amusement de Robin persista encore quelques secondes avant qu'elle ne retrouve son air sérieux.
- Je pense tout de même que tu devrais essayer. Je suis sûr que tu trouveras un moyen de le faire parler, lança l'archéologue avec un clin d'œil complice.
- Mouais.
Ça, elle en doutait fort, mais Robin semblait y tenir, donc c'était le moins qu'elle puisse faire.
…
- 297… 298…299…300!
Le soupir n'échappa pas aux oreilles de la navigatrice, qui observait son coéquipier du coin de l'œil en sirotant un verre. Le décompte n'avait pas été aussi régulier que les précédents, et il était ponctué de grognements plaintifs, mais quoi de plus normal après la troisième série de 300 flexions des bras à la verticale, la tête en bas et une barre d'haltères d'une demie-tonne posée sur les pieds.
La tête en appuie sur sa main, elle feuilletait distraitement son magazine de mode, derrière ses lunettes de soleil. En apparence, Nami semblait calme, presque au bord de l'ennuie. De temps en temps, elle vérifiait les aiguilles qui oscillaient sous leurs dômes de verre accrochés à son poignet. Le cap était toujours bon et aucune variation atmosphérique ne se faisait sentir pour le moment, ce qui lui laissait le temps de s'occuper de la mission que lui avait confié Robin.
Depuis qu'elle s'était installée à cette petite table, non loin de l'épéiste afin de l'observer discrètement, son attention s'était focalisée sur les bruits qu'il faisait, sa respiration, ses mouvements, sa cadence… bref, tout et n'importe quoi qui pourrait l'alerter.
Or, intérieurement, elle brulait de frustration. Rien. Nada. Zéro. Elle ne détectait rien de différent chez son camarade, et c'était bien ça le problème. Parce qu'elle était incapable de déterminer s'il y avait quelque chose de différent de d'habitude chez lui! Et la prise de conscience de son incompétence la mettait hors d'elle. Ils vivaient ensemble depuis des mois, et elle n'était même pas capable de voir s'il allait bien ou non! alors que d'autres y arrivaient! Elle se sentait minable. Tout ça, à cause d'un abruti qui passait son temps à se mettre en danger, à repousser ses limites, à martyriser son propre corps, à tutoyer la mort!
Donc qu'est-ce qui était normal et qu'est-ce qui ne l'était pas?! Les nuits de ces deux dernières années avaient été suffisamment peuplées de cauchemars comme cela, où Rayleigh n'était pas intervenu, où la jambe rayonnante de Kizaru transperçait le corps immobile de Zoro. Elle était incapable de compter le nombre de fois où elle s'était réveillée en sueur dans son lit, les joues humides et la gorge graveleuse à force d'avoir crié et supplié dans son sommeil. Pour qu'au final, cet imbécile se pointe avec une nouvelle cicatrice et un œil en moins, sans aucune explication, comme si tout était normal! Sans un «désolé de vous avoir causé du soucis»!
Alors, qu'on ne vienne pas lui reprocher de ne pas soucier de lui à chaque fois qu'il prenait de la peine! C'était un coup à ce qu'elle devienne folle. Un peu comme maintenant! Oui, tout cela lui donnait envie de s'arracher les cheveux, ou d'étrangler l'épéiste qui lui causait tout ce tourment. Pour rien en plus, si ça se trouve!
Zoro était un adulte. Il n'avait pas besoin qu'on le surveille et qu'on lui dise quand il devait s'arrêter, non ? Elle avait d'autres choses à faire. Le problème était qu'elle avait donné sa parole à Robin.
Un mouvement dans la périphérie de son champ de vision la coupa dans ses tergiversations. L'haltère avait rejoint le sol enherbé du pont, troqué pour une serviette qui s'était confortablement installée sur les épaules du bretteur. Ce dernier épongea la sueur qui perlait sur son visage renfrogné ainsi que sur son torse, avant qu'il ne tende la main vers la bouteille d'eau à proximité. Discrètement, Nami suivit le jeu de sa pomme d'Adam qui montait et descendait au rythme de ses longues gorgées désaltérantes.
Zoro était la masculinité incarnée, et elle pouvait aisément comprendre les femmes qui tombaient sous son charme. Ses pensées revinrent ce que Robin avait insinué. Qui pouvait bien être l'heureuse élue? La question la taraudait chaque fois que ses yeux se posaient sur lui. Si ce n'était pas non plus Hiyori, alors qui? La petite Fantômette avec qui il était revenu sur l'archipel de Sabaody? Celle-là même qu'ils avaient affronté à Thriller Barks et qui faisait partie de l'équipage de Moria. A l'époque, cela l'avait intrigué, mais elle n'avait pas cherché à connaitre les raisons de sa présence, trop énervée de découvrir qu'il était arrivé des jours avant elle, et qu'il n'avait même pas pris la peine de tenter de la revoir avant qu'ils n'embarquent tous à bord du Sunny une fois Luffy revenu.
Ce souvenir raviva sa colère qui se délaya avec son agacement pour sa présente mission, créant un cocktail explosif. D'un geste sec, Nami referma son magazine et décroisa les jambes pour se relever. Elle perdait son temps ici. Autant aller directement à la confrontation.
L'épéiste venait d'entamer une série d'étirement, et plus elle approchait, plus elle pouvait voir les muscles se contracter et tressauter sous sa peau halée. Sa respiration était lourde, profonde, pour lui fournir l'oxygène qui semblait désespérément lui manquer. Sous ses airs grincheux, Nami crut discerner une intense fatigue, mais ses gestes ne traduisirent rien d'inhabituel. Même épongé, Zoro était toujours en nage, et les rayons du soleil prenaient un malin plaisir à le faire luire tel un cristal. Dégoûtant.
Son ombre la devança et couva le haut de son corps tandis qu'il tendait les bras vers la pointe de ses pieds, assis dans l'herbe. Une main sur la hanche, la jeune femme le toisa dans l'attente qu'il daigne reconnaitre sa présence. Après de longues secondes où elle s'impatienta sérieusement, et durant lesquelles elle envisagea de tourner les talons pour partir dans la bibliothèque afin de travailler sur ses cartes, Zoro fini par enfin la considérer en lui adressant une œillade par-dessus son épaule.
- Quoi? gronda-t-il.
Le ton n'était clairement pas avenant, et encore moins amical. Nami lutta pour ravaler sa colère. Pour cela, elle détourna son regard vers l'impressionnant amas de fonte qui trônait à deux pas de là. De près, l'haltère paraissait encore plus monstrueux. Comment pouvait-il soulever un truc pareil sans se blesser ?
- Pourquoi tu continues de t'infliger tout ça?
Il s'interrompit dans ses étirements pour la scruter dédaigneusement.
- Ça me parait évident. J'ai besoin de devenir plus fort.
Les yeux chocolatés de la navigatrice se posèrent à nouveau sur lui avec une expression désabusée.
- C'est ridicule.
Une flamme colérique dansa dans la pupille solitaire de son compagnon. Cependant, elle ne lui laissa pas le temps de répliquer:
- Avant qu'on soit séparé, je pouvais comprendre ton besoin de t'endurcir. Mais maintenant? Luffy nous a laissé deux ans pour qu'on s'entraîne tous, qu'on devienne plus fort pour faire face à tous ceux qui veulent nous barrer la route. Et on l'a fait! On s'est tous améliorés! Ce sont les combats que nous menons qui nous rendent plus fort et nous font avancer. Bien sûr qu'on a encore des progrès à faire, on en a tous conscience, mais… il faut savoir profiter de la vie!
Elle marqua une pause, le temps de reprendre son souffle et de baisser d'un ton.
- Et ça, tout le monde l'a bien compris. Tous, sauf toi, alors que de nous tous, c'est toi le plus fort de cet équipage. Alors pourquoi en es-tu incapable? Est-ce que laisser tes stupides haltères de côté va changer cela? Tu crois que les meilleurs de ce monde sont arrivés là où ils en sont en passant leur journée à soulever des tonnes de fonte?
Le visage de l'épéiste se rembrunit.
- En tous cas, ce n'est pas en bronzant, le cul vissé dans une chaise à siroter des cocktails qu'ils y sont arrivés, trancha-t-il acerbe.
La main sur sa hanche se contracta et ses ongles vinrent érafler la peau nue, exposée qui se profilait sous ses doigts. Et d'après Robin, il était censé se confier plus facilement à elle? La bonne blague! D'où est-ce qu'elle avait bien pu sortir cela?
- De toute façon, qu'est-ce que ça peut te faire?
Non vraiment, elle n'arrivait pas à comprendre ce qu'avait pu passer par la tête de l'archéologue.
- Je dis ça pour ta santé Baka ! s'exaspéra-t-elle en levant les mains au ciel. Parce qu'il y en qui se font du souci pour toi.
Il se renfrogna un peu plus, affichant clairement sa méfiance vis-à-vis de ses mots, pourtant sincères. C'était une façon subtile de lui faire comprendre qu'elle s'inquiétait pour lui, sans avoir à vraiment lui avouer. Ceci était dit, elle préférerait que ce ne soit pas le cas. L'expression du jeune homme parut s'adoucir, comme s'il venait enfin de comprendre que des personnes tenaient à lui. Malheureusement, cela ne dura pas car son regard se durcit tout à coup et son visage se ferma.
- Laisse-moi deviner. Chopper est venu te voir toi aussi et il t'a demandé de me surveiller ? Tss c'est pas possible…, grommela-t-il hargneusement.
- Quoi? Parce qu'il s'inquiète pour toi? Ça fait partie de son rôle de médecin mais aussi parce que t'es son ami! Quelle ingratitude! Et pour ta gouverne, c'est Robin qui m'en a parlé, car elle se fait du souci également, figure-toi !
Sa réaction la décevait et l'énervait à la fois. Le pauvre petit docteur était bien trop gentil de se préoccuper d'un abrutit pareil.
- Eh bien t'as qu'à leur répéter ce que je vais te dire et ce que je leur ai déjà dit : JE VAIS BIEN !
Cette fois, il était vraiment agacé, car il se releva sans même avoir fini ses étirements.
- J'vais dans la vigie, au moins on me foutra la paix.
Il lui tourna le dos et s'en alla sous les yeux ébahis de la rouquine.
A suivre...
