Happy Halloween

C'était une belle journée d'automne à Los Angeles.

Le soleil brillait haut dans le ciel, mais la chaleur estivale s'était adoucie, laissant place à une brise fraîche qui portait avec elle des effluves de citrouille épicée et de cannelle. Eddie Diaz se tenait devant son miroir, ajustant le col de sa chemise d'un air nerveux.

Thanksgiving.

C'était la grande fête chez Bobby et Athena. Traditionnelle, conviviale, chaleureuse. Tout le monde serait là, les 118, leurs familles, et bien sûr, Buck.

Eddie sentait son cœur s'accélérer à cette pensée.

Il ne savait toujours pas comment gérer cette nouvelle dimension de leur relation. Depuis cette fameuse nuit, il y avait une complicité silencieuse entre eux, un lien qu'il chérissait avec une intensité qu'il n'avait jamais ressentie pour qui que ce soit d'autre.

Mais en même temps, cette complicité était teintée de peur et d'incertitudes.

Christopher était dans le salon, occupé à dessiner, sa voix chantonnant doucement une chanson qu'il avait apprise à l'école. Eddie le regarda, un sourire tendre étirant ses lèvres. Son fils était sa priorité absolue, et c'était en grande partie pour lui qu'il n'avait pas encore révélé à tout le monde ce qui se passait entre Buck et lui.

Christopher adorait Buck, et Eddie ne voulait pas risquer de perturber cet équilibre si jamais les choses devenaient trop compliquées entre eux.

Il ferma les yeux un instant, prenant une grande inspiration pour calmer ses nerfs.

La relation entre Buck et lui était encore nouvelle, fragile d'une certaine manière. Et s'il y avait une chose dont Eddie était sûr, c'était que Buck avait encore peur. Peur qu'il ne soit qu'une passade.

Peur d'être abandonné.

Ce que Buck ne comprenait pas, c'était à quel point Eddie tenait à lui, à quel point son amour était sincère. Chaque jour passé à ses côtés renforçait cette conviction qu'il voulait faire partie de sa vie, non seulement en tant qu'ami ou collègue, mais en tant qu'amant, partenaire, un homme qu'il pourrait aimer sans réserve. Mais pour cela, il devait y aller doucement, rassurer Buck à chaque étape. Et ce soir, plus que jamais, Eddie savait qu'il devrait être prudent pour éviter de trop en révéler devant leurs collègues.

– Papa, tu es prêt ? demanda Christopher en venant se planter devant lui, son sourire contagieux.

– Oui, mon grand. On y va ? répondit Eddie, mettant de côté ses pensées pour se concentrer sur son fils.

Ils prirent la voiture pour se rendre chez Bobby et Athena.

La maison était déjà pleine de rires et de voix quand ils arrivèrent. Hen et Karen étaient en train de discuter près de la table à manger, Chimney jonglait entre plusieurs plats en essayant d'aider sans vraiment réussir, et Athena supervisait le tout avec son calme habituel.

– Eddie ! Chris ! Vous êtes enfin là ! s'exclama Buck, apparaissant dans l'encadrement de la porte avec un sourire éclatant.

Il s'abaissa immédiatement pour saluer Christopher, passant ses bras autour de lui dans une étreinte chaleureuse. Eddie ne put s'empêcher de sourire en les voyant ensemble. Ces deux-là étaient si proches.

– Salut Buck, dit-il simplement, tentant de garder sa voix neutre, même si son cœur battait plus fort, rien qu'en voyant son petit-ami.

Buck se releva, croisant brièvement son regard.

Un sourire léger se forma sur ses lèvres, un sourire que seuls eux comprenaient, avant de détourner rapidement les yeux pour éviter de trahir quoi que ce soit devant les autres. Eddie sentit ses joues chauffer légèrement, mais il s'efforça de rester impassible.

– Allez, installez-vous. Bobby est sur le point de sortir la dinde, déclara Buck, gesticulant pour les diriger vers le salon.

Le dîner commença dans la bonne humeur, les conversations s'enchaînant sans effort entre des éclats de rire et des plaisanteries. Eddie observait Buck du coin de l'œil, essayant de ne pas trop se trahir, mais chaque fois qu'il le regardait, il ressentait cette étincelle, ce lien invisible qui les unissait maintenant.

Ils étaient assis côte à côte, mais toujours à une distance respectable. Pas de gestes déplacés, pas de regards trop appuyés. Juste deux amis, comme ils l'avaient toujours été.

Pourtant, chaque fois que leurs mains se frôlaient sous la table par accident, une tension subtile s'installait entre eux. Eddie pouvait sentir le souffle légèrement saccadé de Buck, et son propre cœur semblait battre un peu plus vite à chaque contact.

Il savait que Buck se sentait probablement aussi nerveux que lui. Ils avaient, tous deux, convenu de prendre les choses doucement, de ne pas précipiter cette nouvelle relation.

Mais malgré tous leurs efforts, cette attraction était presque palpable.

– Eddie ? Ça va ? demanda Hen, tirant Eddie de ses pensées.

Elle avait un sourire amusé sur les lèvres, comme si elle l'avait surpris en train de rêvasser.

– Oui, oui, ça va, répondit-il en hâte, secouant la tête pour se reconcentrer sur la conversation.

Mais alors que le repas continuait, Eddie sentait la pression monter en lui.

Chaque fois que Buck parlait, chaque fois qu'il riait, il avait envie de le toucher, de l'embrasser. Mais ce n'était pas le moment. Pas ici, pas maintenant. Ils avaient promis de garder ça pour eux, au moins pour l'instant.

À un moment donné, alors que tout le monde était occupé à discuter, Buck se leva discrètement de table, prétextant aller aux toilettes. Eddie ne pouvait s'empêcher de le suivre du regard, et après un court moment de réflexion, il se leva à son tour. Il murmura une excuse rapide à Bobby et les autres avant de se diriger vers l'étage, là où Buck s'était éclipsé.

Il trouva Buck dans la salle de bain attenante à la chambre d'ami de Bobby et Athena, se regardant dans le miroir, l'air pensif. Eddie referma doucement la porte derrière lui, s'approchant silencieusement.

– Tu vas bien ? chuchota-t-il en se plaçant derrière lui, leurs regards se croisant dans le miroir.

Buck hocha la tête, un sourire timide jouant sur ses lèvres.

– Je voulais juste... prendre un moment, avoua-t-il. C'est un peu dur de faire semblant.

Eddie posa ses mains sur les épaules de Buck, le tournant doucement pour lui faire face.

– Je sais, murmura-t-il, ses yeux plongeant dans ceux de Buck. C'est dur pour moi aussi.

Ils restèrent silencieux un instant, se regardant simplement, savourant ce moment d'intimité volé.

Puis, sans vraiment y réfléchir, Eddie se pencha et captura les lèvres de Buck dans un baiser pressé, mais plein de tendresse. Buck répondit immédiatement, ses bras venant entourer la taille d'Eddie pour le rapprocher de lui. Les lèvres d'Eddie se faisaient plus insistantes, et bientôt, ce simple baiser devint plus profond, plus urgent. Leurs corps étaient pressés l'un contre l'autre, leurs mains s'aventurant sous les vêtements pour caresser la peau brûlante de l'autre.

– Eddie..., murmura Buck entre deux baisers. On... on devrait arrêter avant que quelqu'un ne nous surprenne.

Eddie grogna légèrement, mais il savait que Buck avait raison. Déçu de ne pas pouvoir poursuivre sur cette lancée prometteuse, il relâcha lentement son emprise, leurs respirations entrecoupées résonnant dans la petite salle de bain.

– Désolé, souffla Eddie en passant une main dans ses cheveux, tentant de reprendre contenance.

Buck secoua la tête, un sourire amusé sur ses lèvres rougies.

– Ne sois pas désolé. Je comprends, dit-il doucement. On y va doucement, parce que j'ai peur de nous foirer.

– Tu ne vas pas nous foirer, souffla-t-il en passant les doigts sur sa joue. Tu as besoin qu'on y aille doucement, sans précipitation. Et ça me va très bien. Et puis, c'est moi qui ne suis pas encore prêt à nous montrer au grand jour, c'est de ma faute si on se cache.

– J'aime qu'on garde ça pour nous, comme un secret, une sorte d'amour interdit. J'ai l'impression qu'on est Roméo et Juliette. En plus, c'est très excitant, ajouta-t-il en haussant plusieurs fois les sourcils.

Eddie sentit une vague de soulagement le traverser.

Buck était si compréhensif, si patient, même s'il pouvait sentir que parfois, ses insécurités prenaient le dessus. Il savait que Buck avait encore des doutes, des craintes qu'il pourrait le laisser tomber, le voir comme un simple caprice passager.

Eddie déposa un baiser doux sur sa tâche de naissance.

– Tu sais que tu n'es pas une passade pour moi, murmura-t-il avec une intensité qui fit frissonner Buck. Que le fait que je ne sois pas prêt à faire mon coming out n'a rien à voir avec toi ou avec l'amour que je te porte. Tu es tout ce que je veux, Buck. Et je ferai tout pour te le prouver, à toi, et à Christopher aussi. Je vais trouver une manière de lui en parler, d'accord ?

Buck hocha la tête, les yeux brillants d'émotion. Il déposa un dernier baiser léger sur les lèvres d'Eddie avant de reculer légèrement.

– Prends ton temps, Eddie. Moi, je suis là. Pour tout le temps que tu voudras de moi, dit-il avec un sourire sincère.

Ils quittèrent la salle de bain après s'être assurés que personne ne les avait remarqués.

De retour au salon, ils reprirent leur place comme si de rien n'était, continuant de profiter du reste de la soirée avec leurs amis et leurs collègues.

Mais même en restant discrets, l'amour et lacomplicité entre eux étaient désormais impossibles à ignorer pour quiconque lesregardait de près.

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Cet OS est le second opus de ma petite surprise du mois de décembre.On se retrouve dimanche ;)