Disclaimer : One Pièce et ses personnages appartiennent à Eichiro Oda.
Cette courte histoire m'est venue alors que j'écoutais Truth Untold (Smyang Piano) en me promenant. Je suis particulièrement friande des petits moments de vie entre les grandes aventures des Chapeaux de Pailles, en particulier lorsque ça implique Zoro. C'est un personnage à la fois simple et complexe, qui se révèle beaucoup dans ce genre de petit moment et dans ses interactions avec les autres, parfois autant que pendant un combat je trouve. C'est ma toute première fanfic, j'espère qu'elle vous plaira ! Pardon d'avance pour les éventuelles fautes ; Et n'hésitez pas à me faire des reviews !
PS: je vous conseille d'écouter la musique en même temps :)
Sur l'Île de Kuraigana les journées se ressemblaient de plus en plus depuis que Mihawk avec accepté d'entraîner Zoro. Après quelques heures de méditation à l'aube, suivies d'une séance de sport militaire, et enfin d'un entraînement martial pointu sous l'œil ultra-exigeant du meilleur sabreur au monde, Zoro s'autorisait une petite pause saké dans l'immense château qui surplombait l'Île.
Celui-ci tentait d'échapper à la compagnie parasite de la Princesse Fantôme, caché derrière un piano à queue, dans ce qui ressemblait à petit salon. Bien évidemment son plan tomba à l'eau après avoir été presque immédiatement repéré par un Hollow.
Il faut dire que tout cet entraînement était particulièrement ennuyeux et répétitif pour Perona, qui s'était rapidement lassé d'en être la spectatrice. Elle préférait vaquer à ses occupations en attendant que Mihawk sonne la fin de la journée. Elle avait pris l'habitude de retrouver Zoro après son entraînement pour panser ses blessures et discuter un peu.
Sans son équipage et son capitaine adoré, elle devait aussi avouer qu'elle se sentait plutôt seule depuis qu'elle avait atterri sur cette île, certes très belle, mais complètement dépourvue d'habitant, de domestiques et surtout d'animaux mignons. L'arrivée de Zoro avait été une distraction bienvenue, et elle ne pouvait s'empêcher de chercher sa compagnie, aussi aigrie soit-elle.
De son côté Zoro avait appris à la tolérer, et s'il tentait toujours de se cacher pour profiter d'un peu de silence, c'était sans grand effort. Elle le retrouvait toujours presque tout de suite, et son pouvoir diabolique l'avait dissuadé de faire preuve d'une réelle résistante à ce qu'il qualifierait de «harcèlement».
En fait, il avait fini par presque apprécier ces petits moments de pause et de discussion, mais ça, il ne l'avouerait jamais. Cette fois-ci encore, il capitula et s'assit au piano pour siroter son saké bien mérité, pendant que Perona inspectait ses nouvelles blessures.
« Tu sais en jouer ? » Demanda Perona un air peu convaincu sur le visage, le sourcil levé, en pointant le piano du doigt.
«Pas vraiment, juste un air…»
«C'est ça ! Où est qu'un abruti comme toi aurait appris à jouer d'un instrument aussi élégant que le piano ? Toi, tu n'es qu'une brute.»
Zoro leva les yeux au ciel à la remarque moqueuse de sa camarade ; cependant un léger sourire se dessina au coin de ses lèvres : «Je connais juste cet air. Je l'ai mémorisé c'est tout.»
«C'est déjà un miracle que ton minuscule cerveau puisse se souvenir de quoi que ce soit, mais alors c'est encore plus incroyable que des doigts boudinés comme les tiens puissent jouer quelque chose sur les touches d'un piano.»
«…Arrête de te moquer de moi. Espèce d'idiote.»
«D'où il te vient cet air d'abord ?»
«Je ne sais pas vraiment jouer du piano, mais cet air-là ma mère me le jouait souvent avant. Un jour elle me l'a appris.»
Alors là ça piquait vraiment sa curiosité : « Ben vas-y qu'est ce que tu attends ? Joue-le ! » Le pressa-t-elle.
Il balaya sa demande d'un revers de main : « Nan… Pas envie. »
Cette fois ce fut au tour de Perona de soupirer «Arrêtes de te faire prier, joue-le ! Je ne me moquerais plus, c'est promis ! Je suis juste curieuse… Et puis on a rien à faire d'autre de toute façon»
«Bof je pense que je vais aller m'entraîner encore un peu plutôt» répondit Zoro en se levant, sans plus de motivation.
« Qu'est-ce que tu racontes tu t'es déjà entraîné toute la journée abruti, rassis toi et joue moi quelque chose ! Maitre Moria m'avait fait un beau zombie musicien un jour qui me jouait toutes sorte d'instruments, c'était vraiment génial !Et tellement mignon…» S'exclama Perona le regard rêveur en repensant à la belle époque ou elle faisait encore partie de l'équipage de Moria. Zoro la regarda d'un air ennuyé, leva les yeux au ciel une fois de plus et fini par soupirer «d'accord mais arrêtes avec tes histoires stupidesde zombie»
Elle ricana alors qu'il se rasseyait «C'est bien, tu m'évites d'avoir recours à mes Hollows ! Horo-horo-horo-horo-horo !»
«Ton pouvoir est débile de toute façon ! Tais-toi un peu maintenant, je dois me concentrer.»
Perona se rassit sur une chaise tout près du piano, les mains sur les cuisses et un air innocent sur le visage, comme une enfant sage.
Les sourcils froncés, Zoro se concentra sur les touches et les effleura de sa main droite. Son geste produit un son strident, Perona poussa un petit cri de surprise, il grommela qu'il devait se remettre dans la mélodie. Après tout il ne l'avait pas jouée depuis des années ça ne pouvait pas revenir comme ça. Il fut pris d'un doute : et si ça ne revenait pas du tout, s'il l'avait oubliée ? Cet air, rare souvenir de son enfance dont il ne parlait jamais et gardait jalousement les souvenirs douloureux ; cet air qui lui venait de sa mère et qu'elle jouait quand elle voulait lui redonner le sourire ; ce sourire qu'il ne voyait plus depuis sa défaite cuisante contre Kuma qui l'avait envoyé sur cette île, loin de ses amis.
Il se concentra. Comme pendant ses méditations journalières, il reprit une grande inspiration et cette fois-ci lorsqu'il toucha les touches, la magie opéra : la douce mélodie était revenue ! Il resta impassible. Il ne voulait pas trahir ses émotions devant Perona, encore moins lui montrer qu'il avait douté de ses capacités, même si ça n'avait duré qu'une fraction de seconde.
Cependant Perona ne manqua pas la lueur qui brilla soudain dans son regard. C'était la première fois qu'elle la voyait depuis qu'ils étaient ici ; c'était une petite lumière joyeuse et douce, qui lui donna le sourire. Ses traits étaient adoucis et il semblait rajeunit. On aurait même pu croire qu'il était presque heureux, et dire que c'était rare aurait été un euphémisme.
La musique était mélancolique et emprunte d'une douce nostalgie, elle sonnait comme une promesse et, même s'il y avait quelques fausses notes, elle ne put s'empêcher d'être touchée par cette mélodie.
Perona savait que ce moment était unique, intime, qu'elle serait probablement la seule à jamais l'entendre, vu la fierté toute masculine du bretteur. Plein de questions se formaient dans son esprit : comment était son enfance ? Et sa mère ? Pourquoi tenait-il tant à prendre le titre de meilleur sabreur à Mihawk ? Qu'est-ce qui pouvait pousser un homme comme lui à suivre un capitaine comme le sien ? C'était un morceau de son passé, il lui montrait un peu de sa vulnérabilité. Cette confiance nouvelle sonnait comme le début d'une belle amitié querelleuse entre les deux fortes têtes. Elle ferma les yeux pour continuer de profiter de la musique et de ce moment précieux.
Zoro était lui-même étonné de la netteté des sons qu'il produisait et de la délicatesse de ses gestes. Ses sourcils restaient froncés dans sa concentration, et ses accords étaient maladroits par moment, mais il se sentait le cœur léger. Le temps était suspendu. Les notes redessinaient des souvenirs oubliés dans son esprit, mais promettaient aussi la réalisation future de ses ambitions. S'il devait devenir plus fort pour ses amis, pour son rêve et sa promesse alors il continuerait de s'entraîner de toutes ses forces pendant ses deux ans.
Ils restèrent tous les deux silencieux portés par cette musique jusqu'à ce que les notes ralentissent, puis finissent par s'éteindre.
Le silence resta encore, suspendu, comme pour que l'instant dure encore un peu.
Zoro finit par décider de briser le silence et conclut : «Voilà, c'est tout.»
Perona rouvrit les yeux mais ne parvient pas tout de suite à retrouver les mots. L'instant semblait éteint maintenant, envolé, elle douta même que ce fût vraiment arrivé. Les questions qu'elle avait moururent sur ses lèvres. Ses pensées lui paraissaient stupides à présent : Zoro, un être doué de sensibilité ? Impossible. Aussi elle ne pouvait pas avouer qu'elle avait aimé la mélodie, pire, qu'une larme s'était formée au creux de son œil. Elle répondit donc de la seule façon qu'elle connaissait : «NEGATIVE HOLLOW !»
«Aaaargh !» S'étouffa Zoro en tentant aussi inutilement que lamentablement d'éviter le petit fantôme qui se dirigeait droit sur lui.
«Ouais, c'était pas mal, mais y'avait plein de fausses notes !Horo-horo-horo-horo-horo ! »
«Pardon maîtresse ! J'aimerais être un insecte pour que vous puissiez m'écraser ! Je ne mérite pas de respirer le même air que vous !… ESPÈCE DE SORCIÈRE ! » Beugla-t-il en sortant précipitamment de la pièce, hors de lui.
Perona resta encore un peu dans la pièce redevenue silencieuse, prise dans ses pensées, un sourire mélancolique sur les lèvres. Il lui semblait qu'il avait fait une promesse, elle ne savait pas laquelle ni à qui, mais si il fallait qu'il s'entraîne pour la réaliser alors elle resterais près de lui et le soutiendrait pour s'assurer qu'il atteigne ses objectifs. Après tout, c'est ce que font les amis.
FIN :-/
