Version française de l'histoire "The D-Day". Cette histoire fait suite à "A Tale of Three Letters" et son adorable scène finale. Elle ^présente l'accouchement de Shane.

Ces incroyables personnages ne m'appartiennent pas, mais ils appartiennent à la très talentueuse Martha Williamson. Un immense merci à Eric Mabius et Kristin Booth pour leur donner vie comme ils le font.


Le jour J


Il était presque minuit lorsque Shane réveilla Oliver en sursaut.

«Oliver, c'est le moment. Vite, réveille-toi!» lui dit-elle en le secouant.

Quand il se redressa à sa place, il se tourna vers sa femme et l'aperçut en train de respirer profondément, les mains posées sur son ventre.

«Ne t'inquiète pas mon amour. J'arrive!» s''empressa-t-il de lui répondre.

Il fit alors le tour du lit et voulut la porter. C'est alors qu'une contraction arriva.

«Lâche-moi, ne me touche pas!» s'écria-t-elle en lui frappant la poitrine pour qu'il lâche sa prise.

Il se dépêcha d'enfiler le pantalon et la chemise qu'il avait suspendue à la porte de la chambre, mais ne prit pas le temps d'ajuster ses vêtements. Il y avait plus urgent dans l'immédiat. Il retourna ensuite auprès de Shane et lui prit la main pour la soutenir en attendant que la douleur s'estompe. Dès que cela fut possible, il aida sa femme à s'asseoir et à s'habiller. Il l'aida ensuite à descendre l'escalier puis, arrivés à la porte, il l'aida à enfiler son manteau et mit le sien. Il la conduisit le plus rapidement possible vers la voiture et l'installa sur le siège passager. Une nouvelle contraction arriva.

«Tout ça, c'est de ta faute!» lui reprocha-t-elle.

«Quoi? Qu'est-ce-que j'ai fait?» l'interrogea-t-il, ne comprenant pas.

«C'est de ta faute si je souffre comme ça! »

Oliver ne put retenir un petit sourire.

«Chérie, tu sais, je n'étais pas tout seul si je me souviens bien», lui répondit-il en l'embrassant tendrement sur le front.

Oliver roula à tout allure jusqu'à l'hôpital. Le levier de vitesse n'avait jamais crissé autant. Il jetait régulièrement des coups d'œil à sa femme, qui soufflait au rythme des contractions. Plusieurs fois, et entre deux contractions, Shane ne put s'empêcher de le disputer en criant.

«Oliver, regarde la route! Ce n'est pas le moment d'avoir un accident! »

Le futur papa arriva en trombe à destination et s'arrêta juste devant l'entrée. Puis il sortit, laissa Shane dans la voiture et se précipita dans le bâtiment. Là, il se jeta sur la première personne en blouse qu'il trouva.

«Aidez-moi, s'il vous plaît. Je vais accoucher! Euh…ma femme va accoucher! Elle est dans la voiture!» dit-il à l'infirmier.

On alla aussitôt chercher Shane avec un fauteuil roulant, sur lequel on l'aida à s'asseoir.

«A quelle fréquence sont les contractionset quand ont-elles commencé ?» leur demanda-t-il.

«Je ne sais pas. Elle en a eu plusieurs dans la voiture», répondit Oliver, essayant en vain de garder le dessus sur sa panique.

«Ça a commencé à l'heure du déjeuner», réussit à dire Shane.

Oliver la regarda avec incompréhension et surprise. Comment avait-il pu ne rien voir? Sa femme fut alors emmenée dans une chambre au service maternité afin d'être mise sous surveillance. Une sage-femme compléta ses observations par un examen physique, puis brancha un moniteur pour le bébé.

«Essayez de respirer et de vous reposer un peu. Vous allez rester dans cette chambre en attendant que le moment de la naissance vienne. Ça peut durer un moment. Ne vous inquiétez pas. S'il y a le moindre problème, n'hésitez pas à nous appeler. Mais nous ne serons pas loin», expliqua la sage-femme à Shane tandis qu'Oliver semblait avoir beaucoup de mal à garder son calme.

«Respire Oliver. Inspire, expire. Inspire, expire», dit-elle à son mari en essayant de le calmer. «Tu sais, c'est toi qui es censé me dire ça, pas l'inverse», poursuivit-elle en lui souriant.

«Je suis vraiment désolé, mon amour. Je voulais vraiment être fort pour toi», répondit Oliver, déçu de sa réaction.

«Mais tu l'es, Oliver! Tu es là. Tu es avec moi. Tu es l'homme le plus fort que je connaisse», lui souffla-t-elle entre deux contractions en posant sa main sur la joue de son mari.

«Pourquoi tu ne m'as rien dit toute la journée?» lui demanda-t-il calmement.

«Je savais que tu serais inquiet comme tu l'es maintenant, et je ne voulais pas que tu t'inquiètes trop tôt», lui répondit-elle en lui souriant.

Oliver posa sa main sur le ventre de Shane et sentit le bébé bouger.

«Est-ce que tu réalises? Notre livraison spéciale arrive. Ça y est», fit remarquer Oliver avec émerveillement.

« Ça y est», lui fit écho Shane en prenant sa main.

Une nouvelle contraction arriva. Shane serra alors la main qu'elle tenait de toute ses forces. Puis, la douleur passée, elle remarqua le visage d'Oliver, qui n'avait rien osé dire.

«Oh, Oliver! Est-ce que ça va?» S'inquiéta-t-elle.

Un sourire tendre illumina alors le visage qui la regardait.

«Ne t'en fait pas. J'en ai deux. Tu peux broyer cette main autant que tu veux, mon amour» la rassura-t-il. «Essaie de te reposer un peu. J'ai grand besoin d'un yoohoo pour avoir les idées plus claires.»

«Tu devrais aller voir s'ils en ont à la cafétéria de l'hôpital», lui suggéra-t-elle.

«Pas question, je ne veux pas te laisser. On ne sait jamais. Imagine que…»

«Vas-y, Oliver», l'interrompit-elle. «Tu as besoin de te calmer, et j'ai besoin de me reposer un peu avant que le bébé arrive. Et la sage-femme a dit que ça pouvait durer un moment. Ne t'inquiète pas, je n'accoucherai pas avant que tu sois revenu», lui promit-elle avec un clin d'œil.

«D'accord, j'y vais. Mais attends-moi surtout» lui demanda-il.

Oliver sortit de la chambre après avoir jeté un dernier coup d'œil vers le lit.


«Bingo! Yoohoo double-chocolat. C'est exactement ce qu'il me fallait!» se dit-il en voyant la bouteille dans le distributeur.

Oliver marchait tranquillement dans le couloir en sirotant son petit remontant, reprenant le chemin de la chambre. Il essayait de retrouver ses esprits. Il voulait être fort pour son amour. Alors qu'il arrivait à l'étage de la maternité et qu'il approchait de sa destination, une voix l'interpela.

«Mais c'est le postier des cadeaux de Noël!» s'exclama l'infirmière en blouse rose.

«Oh, mais c'est vous!» lui retourna Oliver.

«Vous avez l'air différent de la dernière fois» dit-elle après avoir vu sa tenue.

En effet, Oliver était débraillé et n'était pas rasé d'aussi près que lorsqu'il avait joyeusement chanté des chants de Noël avec son équipe.

«Est-ce que vous livrez des lettres au beau milieu de la nuit?»

«Euh…eh bien…non. Je suis ici avec ma femme. Elle va accoucher», expliqua-t-il.

Elle le suivit alors jusqu'à la chambre afin de s'assurer que la future maman n'avait besoin de rien.

«Oh, mais vous êtes la dame de la chorale de Noël!» la reconnut-elle.

«Ravie de vous revoir après tout ce temps», lui sourit Shane.

«Est-ce que vous avez-besoin de quelque-chose?» interrogea-t-elle la patiente.

Shane réfléchit un instant.

«A vrai dire, oui. Pourriez-vous dire à mon mari de ne plus s'inquiéter comme il le fait?» demanda-t-elle en souriant à Oliver.

«C'est bon, j'ai compris», répondit-il avec un sourire qu'il espérait détendu.

«Appelez-moi si vous avez besoin de quoi que ce soit», conclut l'infirmière en quittant la pièce.

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Les heures passaient, et elles semblaient interminables pour le couple. Oliver essayait de soutenir sa femme du mieux qu'il le pouvait pour la soulager. Quand elle s'en sentait la force, il passait son bras derrière son dos pour l'aider à se déplacer et tous les deux marchaient, tantôt dans la chambre, tantôt dans le couloir. A un moment donné, une contraction arriva. Celle-ci était différente. Elle était plus forte. Oliver reconduisit alors Shane dans son lit et l'aida à se rallonger. A partir de cet instant, le travail s'accéléra. Le temps était venu. Shane fut emmenée en salle de travail.

Malgré les contractions rapprochées, le bébé n'arrivait pas. Oliver ne détournait pas le regard du visage de sa femme. Il lui caressait les joues, essayant de l'apaiser. Mais le temps passait et, à part la douleur, rien ne venait. Soudain, il vit que Shane était à bout de force. Une bouffée de panique le saisit.

«Et si ça se passait mal pour Shane? Et pour le bébé? Les accouchements pouvaient parfois mal tourner.» Les questions se bousculaient dans sa tête. Il voulait être fort pour sa femme et son bébé, mais le souffle lui manqua. Il eut l'impression qu'il allait s'évanouir tant l'émotion était forte. Tout à coup, il vit que le temps fut suspendu. Il balaya la salle du regard. L'image avait été gelée. Sans chercher à savoir davantage ce qui se passait, il se dépêcha de quitter la pièce. Il avait un besoin urgent d'enlever son masque pour respirer. Il se souvint de ce que Shane lui avait dit plus tôt, «inspire, expire, inspire, expire». Il essaya désespérément de calmer le sentiment de panique qui l'avait saisi.

Soudain, il entendit une voix familière l'appeler doucement.

«Oliver.»

Quand il se retourna, Jordan le regardait affectueusement. L'angoisse d'Oliver ne fit qu'augmenter.

«Non! Est-ce que vous venez les chercher?» dit-il dans un souffle, retenant difficilement ses larmes. «Je ne veux pas les perdre», lâcha-t-il en s'écroulant dans les bras de son visiteur.

«Calme-toi, Oliver. Tu ne vas pas les perdre!» s'empressa-t-il de lui répondre. «Je suis venu pour te dire que cet enfant est une bénédiction que Dieu vous fait, à Shane et à toi. Et que disent les Ecritures à ce sujet?»

Se calmant tout doucement, Oliver chercha dans sa mémoire.

«Les bénédictions de l'Eternel ne sont suivies d'aucun chagrin», énonça le futur papa.

«Exactement. Retourne auprès de Shane maintenant. Elle a besoin de toi. Mais sois-en sûr, tout va bien se passer», l'assura-t-il.

Se remettant de ses émotions, Oliver replaça son masque sur son visage pour retourner en salle d'accouchement. Il se tourna pour un dernier regard pour voir Jordan, mais le couloir était vide.

De retour auprès de Shane, il prit sa main dans la sienne. A ce moment-là, le temps reprit son cours. Les personnes qui étaient restées immobiles pendant tout ce temps se «réveillèrent».

«Oliver, je suis fatiguée», lui dit sa femme au bord des larmes.

«Tout va bien se passer, mon amour. C'est bientôt terminé», la rassura-t-il.

«Le bébé arrive. Poussez une dernière fois», demanda soudain la sage-femme.

Après avoir obéi, Shane reposa sa tête, épuisée. Oliver remit alors en place les cheveux blonds décoiffés. Le couple entendit rapidement un tout petit cri.

«Félicitations Monsieur et Madame O'Toole. Vous avez un beau petit garçon.»

«Bravo, mon amour. Tu l'as fait.» Les jeunes parent se regardèrent dans les yeux et tous deux ne purent retenir des larmes de joie.

Envahi par l'émotion, Oliver s'approcha du tout petit.

«Puis-je?» demanda-t-il timidement à la sage-femme en tendant les mains vers le nouveau-né.

Elle le déposa délicatement dans les mains de l'heureux papa, qui plaça immédiatement leur fils sur la poitrine de Shane.

«Très chère Madame, j'ai une livraison spéciale à vous remettre», lui dit-il tendrement en déposant le nouveau-né dans les bras qui l'attendaient avec impatience.

Alors qu'Oliver et Shane étaient dans une bulle de pur bonheur, La sage-femme s'approcha du jeune papa.

«Monsieur, voulez-vous couper le cordon?»

«Vraiment? Je peux?» demanda-t-il le visage illuminé.

«Bien sûr!» lui répondit-elle avec un sourire attendri.

Elle lui expliqua calmement où il devait couper entre les clamps. Oliver avait peur de faire mal à son fils, mais après avoir été rassuré par la sage-femme, il osa couper le cordon qui reliait le bébé à sa maman. Puis, submergé par l'émotion, il se pencha vers Shane pour l'embrasser sur le front. Il posa une main protectrice sur son fils, et une main apaisante sur la tête de sa femme.

«Je t'aime tellement mon amour. Tu ne pourrais pas me rendre plus heureux.»