Je n'ai presque plus de connexion Internet. Du coup, au lieu d'en profiter pour écrire, j'ai commencé une partie de Pokémon version Blanche. Je commence à croire qu'on atteint un pic de maturité à dix-huit ans et que ça redescend à partir de là.
Réponse aux reviews, car vous êtes des lectrices formidables :
- ange : c'est vrai que Sakura à ses débuts est insupportable (même les critiques japonais ont trouvé qu'elle était trop clichée). Cela dit, elle a du potentiel à partir de Shippuden, c'est ce que je veux exploiter ici.
- lisou : je veux bien laisser des indices mais pas trop non plus ^^ +1 pour avoir pris la peine de chercher sur Google, cela dit ! Ta suggestion est intéressante mais n'oublie pas que dans cette fiction, ce n'est pas Madara VS le monde, c'est une guerre entre les grandes nations shinobi. Même si Madara tombait raide mort, la guerre continuerait et Konoha resterait dans une mauvaise position.
J'hésite à faire un Uchiha aux cheveux roses dans l'épilogue, à vrai ditre x)
Bonne lecture !
Le chef des ANBU, Nara Shikaku, Sai, Kâto Shizune, Haruno Sakura et, bien sûr, Senju Tsunade elle-même : Itachi avait deviné la raison de sa présence avant même que la Hokage n'ouvre la bouche. La Cinquième ne convoquerait pas son conseil restreint pour lui ordonner de se soumettre à tel ou tel examen. Il n'y avait qu'une seule chose pour motiver une pareille réunion : la guerre.
Il s'y attendait. Uzumaki Naruto avait été envoyé vers la Foudre deux jours plus tôt avec l'ordre de rejoindre le jinchûriki du Hachibi. Ils partiraient ensuite vers l'Eau et tenteraient de contrer Kisame, dont les réserves de chakra inhumaines faisaient un adversaire insurmontable pour un shinobi normal. C'était une décision logique, sensée, rationnelle – un excellent moyen de remonter le moral des troupes entassées à la frontière.
Sakura avait passé la soirée à se ronger les ongles comme une Chûnin fraîchement promue.
Elle n'avait rien dit sur sa mystérieuse mission. Itachi n'avait du reste pas cherché à en savoir plus : après des années à porter en lui un secret susceptible de détruire Konohagakure, il connaissait la valeur que pouvait avoir l'information. Il s'était contenté de lui offrir ce qu'il aurait souhaité avoir durant son exil, une oreille attentive et une présence amicale. Une épaule sur laquelle s'endormir, aussi – même si la Jounin s'était plainte plusieurs fois de ses os pointus. Itachi avait suggéré qu'elle utilise un oreiller. Le soir même, elle avait ramené le coussin le plus rose et pailleté qu'il avait jamais vu, une horreur que Shisui en personne aurait renié, et le lui avait posé sur l'épaule sans lui demander son avis.
Itachi s'était laissé faire. Il préférait le ridicule au conflit.
Et maintenant elle le regardait depuis sa place à la droite de la Hokage, ses yeux verts brillant d'un éclat dur. Uzumaki Naruto avait été envoyé à l'Est. En toute logique, lui-même irait…
- A l'Ouest, déclara Tsunade. Tu pars sur le front de l'Herbe avec ordre d'abattre Kakuzu. Les Kusa-nins t'aideront – ils ne lui obéissent que pour éviter de se faire massacrer. Bien sûr, si tu vois Madara, oublie Kakuzu et occupe-toi de ta saloperie d'ancêtre…
- Tsunade-sama !
- …De ton enfoiré d'ancêtre – c'est mieux, Shizune ?
- Oui, Tsunade-sama, soupira la médic.
- … Et laisse Kakashi gérer Kakuzu. Des questions ?
- Non, Hokage-sama.
- Parfait. Tu pars ce soir. Les détails sont là-dedans, ajouta-t-elle en lui lançant un parchemin.
Prévenue par Sakura, Itachi canalisa un peu de chakra dans sa main en attrapant le document. Effectivement, la Cinquième lançait ses ordres de mission comme lui lançait ses kunai : avec suffisamment de force pour qu'ils s'enfoncent dans un mur.
- Si tu as des questions, pose-les à Sakura. Tu peux y aller.
Puis elle se tourna vers Shikaku et commença à demander des rapports sur une ligne d'approvisionnement prioritaire. Itachi sortit de la pièce.
Il passa le reste de la journée à mémoriser le contenu du parchemin et à faire ses bagages. Les fonds du Clan Uchiha lui permettaient de s'offrir des luxes impensables pour d'autres ninjas – comme de stocker l'intégralité de ses affaires dans des sceaux prévus à cet effet. Il n'avait de toute façon pas besoin de grand-chose. Un déserteur apprenait vite à se contenter du minimum nécessaire.
Il relisait attentivement le dossier qu'il avait établi sur Kakuzu des années plus tôt quand on frappa à la porte.
- Tu peux entrer, lança-t-il.
Sakura pénétra dans l'appartement, encore vêtue de l'uniforme de Jounin qu'elle portait dans le bureau de la Cinquième.
- C'est pour toi, dit-elle en posant une pile de papiers sur la table.
Itachi saisit celui du dessus. C'était un sceau d'apparence banale, un cercle noir orné de symboles qu'il aurait été incapable de déchiffrer si on le lui avait demandé. La seule chose qui le différenciait des sceaux de stockage dans ses poches, c'était la sensation étrange qui s'en dégageait, comme…
- Du chakra médical ?
- Exactement. Naruto et moi travaillons dessus depuis une éternité. Ce ne sont que des prototypes, mais ils fonctionnent bien et ils sont compatibles avec le Sharingan, nous avons vérifié. Tiens, essaie.
Elle lui tendit un de ses kunai. Itachi le prit et traça une ligne rouge sur son avant-bras.
- Déclenche-le, ordonna-t-elle.
Une pulsion de chakra y suffit. Le sceau se mit à briller d'une lueur verte qui remonta jusqu'à sa blessure ; en une poignée de secondes, son bras était comme neuf.
- Ils ont le même effet que la technique de la Paume Mystique, expliqua Sakura. Ils ne t'aideront pas si tu es empoisonné ou si la blessure est trop grave, mais sinon, tu peux les employer quand tu veux et ils ne perturberont pas ton flux chakraïque.
- Donc on peut les utiliser durant un combat, déduisit Itachi.
- Oui, c'est le but. Naruto a le Kyûbi et je peux me soigner inconsciemment, mais la plupart des ninjas sont handicapés par des blessures sans gravité. Par contre, n'importe qui peut s'en servir, donc ne les laisse pas tomber dans des mains ennemies.
- Je vois. Si un spécialiste des sceaux en obtenait un, pourrait-il le reproduire ?
- Pas immédiatement. Nous avons caché une partie de la programmation du sceau dans des classes distinctes précisément à cause de ça. Cela dit, avec suffisamment de temps, quelqu'un pourrait les craquer.
- J'y ferai attention, promit-il. Merci. C'est un cadeau très utile.
Sakura sentit un sourire ravi étirer ses lèvres. Itachi n'était pas avare de compliments, mais il restait un Uchiha et n'en distribuait jamais sans raison. Très utile, dans sa bouche, équivalait à une danse de la joie pour Naruto.
- Je vais faire du thé, annonça-t-elle en partant dans la cuisine.
Elle ne se faisait pas d'illusions : une dizaine de sceaux médicaux ne sauveraient pas la vie d'Itachi s'il faisait face à Madara. Pour ça, il faudrait… oh, au moins Shizune-sempai, Tsunade-shishou ou elle-même – c'est-à-dire les trois personnes qui n'avaient pas quitté le village depuis le début de cette guerre.
La kunoichi serra les dents en versant l'eau bouillante dans la théière. C'était facile pour Tsunade et Shizune. La première apprentie était émotionnellement détachée de tout et tout le monde, à l'exception de sa mentor et de Sakura ; Tsunade avait gardé ses deux élèves à portée de main et son successeur était un jinchûriki pouvant faire appel au Kyûbi à la moindre difficulté. Il y avait toujours un risque que Naruto soit capturé ou qu'un assassin infiltre Konoha, mais il était infime.
Sakura, elle, avait trop de liens. Ino (qui n'était toujours pas revenue où es-tu ne meurs pas reviens), Shikamaru, Sai, Kakashi-sensei, les medic-nins qu'elle avait formés, Naruto, Itachi… Elle ne pouvait pas affecter la façade indifférente du parfait shinobi. Elle ne pouvait pas faire semblant d'être une machine à tuer sans émotions. Elle était strictement incapable de rester dans l'enceinte de Konoha et d'oublier les dizaines de soldats en train de mourir au front alors qu'elle aurait pu les sauver. Elle était medic-nin, pas bouchère.
Sauf qu'il y avait nin dans medic-nin et que ses ordres primaient sur le peu de sens moral que son travail lui permettait. Alors elle devait rester à Konoha, remplir cette mission horrible qui ressemblait de plus en plus à un dernier espoir, et laisser son meilleur ami et… Itachi – à la fois plus qu'un ami et moins qu'un amant – risquer leur vie à la frontière.
Sakura savait qu'elle était forte. Il y avait une raison pour que ce soit elle, et non Naruto, qui reste au village. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de penser à l'époque où Naruto et Sasuke avaient quitté Konoha en l'abandonnant derrière eux.
Ce n'est pas pareil, songea-t-elle en versant le thé. Mais bon sang, ça y ressemblait beaucoup trop – ses amis partant devant et elle, la civile jouant à être kunoichi, les regardant s'éloigner sans parvenir à les rattraper…
Les choses auraient pu demeurer ainsi, réalisa-t-elle avec un frisson. Si elle n'avait pas supplié Tsunade-shishou de la prendre comme apprentie, si la Sannin ne l'avait pas acceptée, elle aurait pu finir comme ces Chûnins collés aux bureaux qui n'avaient pas combattu depuis des années. Elle n'aurait jamais appris à guérir et à tuer, à tromper et mentir…
Peut-être aurait-elle été plus heureuse en restant une simple Chûnin que rien ne distinguait, sinon ses cheveux roses et le nom de ses anciens coéquipiers. Mais Sakura ne pouvait s'empêcher d'être fière de ce qu'elle était devenue. Elle n'avait pas de kekkei genkai ou de clan pour l'entraîner, pas de démon en elle pour lui prêter sa puissance dans les situations désespérées, elle n'avait rien sinon un désir farouche de faire ses preuves et de montrer qu'elle valait autant qu'un autre ; tout ce qu'elle possédait, elle l'avait gagné à la sueur de son front. N'importe quel shinobi lui dirait que c'était le résultat qui comptait, pas les moyens utilisés, mais Sakura tirait une fierté farouche de l'idée qu'elle méritait les techniques qui étaient les siennes.
C'était une forme d'auto-défense, supposa-t-elle en posant les tasses sur la table. Face à des prodiges comme Itachi, Neji ou Naruto, les gens ordinaires se consolaient comme ils le pouvaient.
Itachi la remercia d'un signe de tête. Ils burent leur thé en silence.
Sakura n'arrivait pas à se faire à l'idée qu'il allait partir. Depuis qu'elle avait commencé à le soigner, il avait été une constante dans sa vie – une source d'agacement et de frustration au début puis, de plus en plus, un ami. Ne plus pouvoir le voir, ne plus entrer dans son appartement pour bénéficier de sa présence apaisante…
- Tu vas me manquer, confessa-t-elle d'une voix douce.
Itachi lui jeta un de ces regards qui la faisaient frissonner, noir et intense et confiant à la fois. Elle crut un instant qu'il n'allait pas répondre, mais après plusieurs secondes d'un silence lourd de sous-entendus, il déclara finalement :
- Toi aussi.
Sakura ne put s'empêcher de sourire. Voilà, c'était exactement ça qu'elle allait regretter : ce calme, cette facilité qu'ils avaient à être ensemble, la façon dont ils parlaient sans employer les mots. Avec Itachi, les silences n'étaient jamais forcés.
Kami, faites qu'il ne meure pas. Pas lui.
Elle prit une inspiration.
- Si… si à un moment, tu as l'occasion de gagner du temps – si les combats s'enlisent et que tu peux forcer Kakuzu à se mettre sur la défensive, fais-le.
Itachi pencha la tête sur le côté.
- Est-ce en rapport avec ta mission ?
- Oui, admit-elle en baissant les yeux. Gagne du temps. C'est tout ce que je peux te dire.
C'était même plus que ce qu'elle avait le droit de dire, mais elle préférait infiniment lui donner cette miette d'informations plutôt que d'apprendre qu'il était mort dans une charge héroïque.
Je ne veux pas d'un héros. Je veux juste qu'il revienne vivant.
- J'ai moi aussi quelque chose pour toi, déclara-t-il en se levant.
Elle le suivit des yeux avec curiosité. Quand il revint, il avait un parchemin de stockage dans les mains.
- Des kunai ? lut-elle en l'ouvrant.
- Ils sont faits dans un métal particulièrement réceptif au chakra. Mon Clan les utilisait pour ancrer nos illusions – nos adversaires savaient qu'il ne fallait pas regarder nos yeux, mais ils ne faisaient pas attention à nos armes. Puisque tu utilises le Genjutsu, j'ai pensé que tu pourrais en avoir l'usage.
Il lui offrait des armes Uchiha. Sakura pouvait déjà imaginer ce qu'elle ferait de ces kunais – quelle quantité de chakra fallait-il pour y ancrer une illusion ? Combien de temps restait-elle accrochée ? Pouvait-on la cibler vers une personne particulière ? Sakura avait toujours eu des réserves faibles : pourrait-elle préparer les kunais à l'avance et ainsi épargner son chakra durant un combat ?...
Itachi observait sa réaction, une pointe d'appréhension dans ses yeux noirs. La kunoichi posa soigneusement le parchemin sur la table, recula sa chaise, et le serra contre elle comme si sa vie en dépendait.
- Merci.
Ses ennemis ne la verraient pas venir. Ils seraient morts avant d'avoir eu le temps de réaliser que tiens, est-ce que ce ne serait pas la disciple de la Princesse Tsunade ?...
Elle sentit les bras d'Itachi s'enrouler autour de sa taille.
- J'ai pris la liberté d'ajouter une notice expliquant comme les utiliser, murmura-t-il contre son oreille.
- Merci, répéta Sakura.
Quasiment personne ne lui offrit d'armes. Ino lui faisait fabriquer des vêtements shinobi à la fois élégants et assez renforcés pour servir d'armure ; ses parents lui donnaient des babioles civiles qu'elle alignait sur les étagères ; Tsunade-shishou et Shizune dénichaient immanquablement un ou deux tomes rares qu'elle dévorait avec un plaisir tout académique ; Kakashi-sensei oubliait systématiquement son anniversaire, et les cadeaux de Naruto faisaient un ensemble hétéroclite, des barrettes en bois peint qui retenaient ses cheveux roses à la calligraphie d'un grand maître qu'il avait achetée dans une brocante sans en connaître la valeur.
Quant à Lee et ses bouquets de fleurs extravagants… Mieux valait ne pas en parler.
Seul Sai lui avait déjà offert des armes – un ensemble de senbon creux dans lesquels on pouvait loger du poison, après une séance d'entraînement mémorable où Sakura était malencontreusement entrée en contact avec le paralysant dont elle couvrait ses aiguilles. Depuis, elle n'utilisait plus que les senbon de Sai : en les remplissant à l'avance, elle gagnait du temps et pouvait les manipuler sans risque tant qu'elle ne se piquait pas le doigt.
Quelque chose lui disait que ces kunais allaient eux aussi se faire une place de choix dans sa liste d'armement.
- Le canapé serait plus confortable, nota Itachi avec humour.
Sakura réalisa alors qu'elle était penchée au-dessus de lui, un genou sur sa chaise pour assurer son équilibre, et dut admettre qu'il n'avait pas tort. Avec un sourire malicieux, elle passa un de ses bras sous les jambes d'Itachi, le second au niveau de ses omoplates, et le souleva sans effort.
La tête que fit l'Uchiha lui arracha un rire qui tourna bien vite à l'hilarité. Il avait l'air complètement stupéfait.
- On ne t'a jamais porté comme une princesse ? demanda-t-elle en essayant désespérément de ne pas glousser.
- … Non.
Quand il leva les yeux vers elle avec l'air d'un civil pris entre deux techniques Kâton, Sakura craqua. Elle s'avança vers le canapé, y déposa délicatement sa charge éberluée, et s'assit sur le sol en se tenant les côtes.
Ça faisait des mois qu'elle n'avait pas ri ainsi. La tête d'Itachi ! Elle risqua un coup d'œil vers le canapé et rit de plus belle – le shinobi de rang S, génie parmi les Uchiha, ancien membre de l'Akatsuki, la regardait la bouche entrouverte.
- Je suis l'élève de Tsunade-sama, tu sais, lui rappela-t-elle entre deux éclats de rire.
- Je n'avais pas envisagé un tel usage de la force surhumaine.
- Si ça peut te rassurer, tu fais une excellente princesse.
Itachi ouvrit la bouche puis la referma, visiblement incapable de trouver une réplique appropriée.
- Tu ne me laisseras jamais oublier ça, n'est-ce pas ? demanda-t-il d'un ton résigné.
- Jamais !
- Comptes-tu au moins venir sur le canapé ou désires-tu passer le reste de la journée par terre ?
Ce fut une Sakura de bien meilleure humeur qui se hissa à côté d'Itachi. Elle riait encore en posant sa tête sur l'épaule du shinobi.
- Itachi-hime, gloussa-t-elle.
- Si ce surnom quitte cette pièce, je serai forcé d'exercer des représailles.
- Tu penses que Tsunade-shishou sera jalouse ? Tu fais une bien meilleure princesse qu'elle.
- Sakura.
Elle tourna la tête vers lui en décochant un sourire qui dévoilait ses dents.
- Oui, Itachi ?
Le génie Uchiha glissa une mèche de cheveux roses derrière son oreille et s'approcha jusqu'à ce que leurs fronts se touchent. Sakura retint sa respiration.
- Je ne suis pas. Une. Princesse, dit Itachi en détachant clairement chaque mot.
- Bien sûr que non, approuva Sakura dans un murmure. Itachi-hime.
Un éclat dangereux passa dans les yeux noirs d'Itachi. Sakura lui rit au nez – littéralement, étant donné leur proximité.
Quand elle leva une main pour lui caresser la joue, doucement, savourant sous ses doigts le contact de sa peau pâle, il ferma les yeux et soupira.
Sakura ne put deviner si c'était un soupir de résignation ou un soupir d'aise. Elle décida que ça n'avait pas d'importance.
Il avait l'air tellement fragile, sous ses doigts. Elle l'avait vu malade, elle l'avait vu maigre à faire peur et agonisant, mais c'était maintenant, alors qu'il était pleinement guéri et qu'elle sentait sa respiration sur sa joue, qu'elle le trouvait… frêle. Beau et délicat, comme une porcelaine ancienne emportée par un chariot dont les soubresauts trop violents menaçaient de la briser.
Il n'était pas fait pour la guerre. Il n'aurait jamais dû être shinobi. Cela ne lui correspondait pas, si doué soit-il pour ce métier.
- Essaie de ne pas mourir, chuchota-t-elle en laissant sa main effleurer son cou.
- Je ferai de mon mieux, promit-il sur le même ton.
Elle comprit ce qu'il allait faire une seconde à l'avance. Une petite partie d'elle protesta, s'exclamant à grands cris que c'était malhonnête, qu'il la trouverait répugnante s'il apprenait quelle était sa mission, que ce qu'elle faisait ne valait pas mieux que de tromper son partenaire…
Le reste lui dit de se la fermer et d'en profiter tant que ça durerait.
Quand Itachi s'approcha, elle ferma les yeux et laissa leurs lèvres s'effleurer.
Elle sentit une main dans ses cheveux, eut une pensée pour le baume à lèvres qu'elle lui avait offert et que, de toute évidence, il n'utilisait pas, puis oublia tout et passa ses mains derrière sa nuque.
Ne pars pas, supplia-t-elle mentalement en lui rendait son baiser. Ne meurs pas.
Quand ils se séparèrent, les joues rougies, Sakura se jura qu'elle remplirait sa mission.
Il la détesterait, mais ce n'était pas grave – parce qu'ainsi, elle gagnerait cette guerre.
Je ne te laisserai pas mourir, promit-elle en l'attirant à elle pour un nouveau baiser. Ni toi, ni Naruto. Même si tu n'arrêtes jamais de m'en vouloir, je ne te laisserai pas mourir.
L'ironie de la situation ne lui échappa pas.
- Sakura, murmura-t-il contre ses lèvres.
Itachi.
Vous avez de la chance ! Si, si. J'avais prévu de publier tout le chapitre d'un seul coup mais après la série de cliffhangers, je me suis dit que vous méritiez un moment plus calme et romantique. En plus, j'ai l'impression d'avoir un peu oublié mon projet d'origine, à savoir une histoire d'amour avec une sous-intrigue d'aventure. Là, c'est plutôt une histoire d'aventure avec une sous-intrigue amoureuse.
Du coup, je me rattrape comme je peux, d'où : romance.
Mais passons. Pour l'instant, personne n'a trouvé la mission mystère de Sakura (mais ta suggestion est intéressante, Hanaty) donc les paris restent ouverts. Je vais peut-être faire une liste des indices si vous ne trouvez pas la solution avec ce chapitre ^^
On se retrouve dans quelques jours, passez un bon week-end et merci encore de lire cette humble fiction !
