Les indices qui viennent dans ce chapitre devraient vous permettre de trouver quelle est la fameuse mission, mais j'en rajoute un : contrairement à ce que Sasuke imagine, le monde ne tourne pas autour des Uchiha. La mission n'a pas forcément de rapport avec le Sharingan !
Sinon, j'ai 12,000 mots sur mon projet de strong!Sakura, une volontaire pour être ma bêta-lectrice ? J'aimerais avoir un autre avis avant de me lancer.
Réponse aux reviews :
- lisou : ah, ravie que ça t'ait plu ! Oh, pour la maturité, je pense honnêtement qu'elle diminue chez les étudiants (mon école fait des classements et attribue à chaque élève un Pokémon en fonction de son numéro). Mais on assume !
J'adore ta théorie sur leur baiser et la réaction de Sakura xD Mais comme précisé au-dessus, la mission n'est pas en rapport avec les Uchiha, elle est juste... bah, horrible, suffisamment pour qu'Itachi s'y oppose, d'où la culpabilité de Sakura. En tout cas, merci pour ton commentaire ! (Plus on me demande de ne pas faire d'Uchiha aux cheveux roses, plus j'ai envie de le faire.)
- Froshe : haha, quel enthousiasme ! Merci ^^
Bonne lecture !
Hyûga Tokuma observait attentivement les environs.
Il faisait nuit noire, une de ces nuits sans lune où même les étoiles scintillent avec peine, où les bruits semblent à la fois amplifiés et assourdis, où un vent contraire emporte les odeurs. Bien sûr, pour le Byakugan, ce n'était pas un problème : le chakra n'avait pas besoin de lumière pour être visible.
Quand plusieurs réseaux humains entrèrent dans son champ de vision, il se pencha vers la femme devant lui.
- Droit devant à deux cents mètres, Hokage-sama. Ils sont trois.
Tsunade hocha la tête.
C'était un risque énorme. Elle le savait, son visiteur nocturne le savait aussi, mais ils ne pouvaient pas remettre un tel message à une invocation.
Heureusement, contrairement aux Hokage, les Raikage avaient la réputation d'être en première ligne sur tous les champs de bataille ; ainsi, personne n'avait été surpris quand A avait déclaré qu'il rallierait les troupes jointes du Feu et de la Foudre, se rapprochant ainsi de Konoha.
- Tsunade, salua le chef de Kumogakure en approchant. Que le pouvoir du sacrifice humain nous soit accordé.
- A, répliqua Tsunade sur le même ton. Que par son réceptacle, le démon devienne dieu.
- Il faudra changer les phrases de reconnaissance, grommela A. J'ai l'impression de devenir prêtre.
Tsunade s'accorda un demi-sourire. Elle avait choisi elle-même leur code de reconnaissance précisément parce que A détestait la religion.
- Tiens, dit-il en lançant un objet cylindrique.
Elle attrapa le parchemin sans quitter le Raikage des yeux – du moins le peu qu'elle parvenait à en distinguer. Sous le couvert des arbres, l'homme le plus puissant de la Foudre ressemblait à une immense masse noire.
- La souche pour la Terre est opérationnelle, dit-elle en empochant le sceau de stockage. Si tu as trouvé le bon chakra, il nous faudra moins d'un mois pour la souche de l'Eau.
- Un mois, c'est déjà trop. On se fait massacrer là-haut, Tsunade. Les ninja se battent mais avec les civils qui tombent comme des mouches, nos foutus nobles se chient dessus. Je suis quasiment certain que notre honoré Daimyo a transmis des informations à Kisame contre la promesse d'être épargné.
- Le bâtard, gronda Tsunade avec la haine instinctive des shinobi pour les traîtres. Tu comptes t'en débarrasser ?
- Quand la souche de l'Eau sera lancée, admit le Raikage. Dans la confusion, personne n'ira nous soupçonner.
- Tu as un candidat en tête pour le remplacer ?
- Rien qui concerne le pays du Feu.
Alliance ou non, Kumo et Konoha restaient de vieux rivaux. Tsunade pouvait comprendre qu'il n'en dise pas trop sur les machinations politiques de la Foudre.
- Je vois. Autre chose ?
- Kisame se planque depuis que mon frère et Naruto sont arrivés à la frontière. On a récupéré un trio de Konoha-nins dans le coin, on vous les renvoie dès qu'ils sont soignés.
Tsunade sentit sa deuxième apprentie se tendre derrière elle. Le trio Ino-Shika-Chô manquait toujours à l'appel.
- Leurs noms ?
- Tu crois que j'ai le temps de me rappeler du nom de tous tes ninjas ? Il y a trois hommes, c'est tout ce que je sais.
La déception de Sakura était presque palpable. Tsunade décida d'avoir une petite discussion avec son élève quand A serait parti – la jeune femme était tendue comme un arc depuis le départ d'Itachi.
- Les Jounins que tu m'as envoyés seront bientôt sur pieds, dit-elle. Ils partiront avec le prochain régiment de Konoha.
- Reçu.
Ils hochèrent la tête, puis le trio de Kumo-nins fit demi-tour et s'enfonça dans la forêt.
- La prochaine fois, c'est moi qui choisis les codes de reconnaissance ! lança A en s'éloignant.
Tsunade eut un sourire mesquin.
- Rentrons, déclara-t-elle à ses deux gardes du corps. Tokuma, tu peux aller dormir. Sakura, tu restes avec moi.
- Oui, Hokage-sama.
- Oui, Shishou.
Son apprentie semblait épuisée. Il fallait vraiment qu'elles aient cette conversation.
- Ce ne sera pas nécessaire, répéta Itachi pour la énième fois depuis son arrivée au camp.
- Vraiment ? Je ne vous ferai même pas payer, si c'est ça le problème.
Itachi retint un soupir.
Une guerre, ce n'était pas que des soldats attendant de combattre. C'était toute une logistique. Les shinobi étaient plus indépendants qu'une armée normale – ils transportaient eux-mêmes leurs tentes et leur attirail – mais on ne pouvait pas leur demander de se nourrir de barres protéiniques pendant des mois. Il fallait amener de la nourriture, créer des couloirs sûrs pour faire venir les nouveaux arrivants et ramener les blessés, gérer les conflits qui ne manquaient pas quand des centaines de mercenaires vivaient les uns sur les autres, surveiller le camp pour que personne ne s'infiltre – une tâche paradoxalement impossible et indispensable –, tout en étant prêt à manœuvrer à tout instant selon les informations reçues par les gradés.
Mais la guerre amenait aussi son lot de charognards qui suivaient les armées à la trace : pilleurs de cadavres – une espèce en voie de disparition : les corps des shinobi contenaient de nombreux secrets que leurs villages ne voulaient pas voir se répandre –, forgerons, guérisseurs de campagne s'improvisant chirurgiens, diseuses de bonne aventure prêtes à rassurer un combattant superstitieux et, bien sûr, les pratiquantes du plus vieil art du monde.
Itachi avait toujours été une cible de choix pour ces dernières. Hidan l'avait qualifié autrefois d'aimant à putes – la formulation laissait à désirer mais contenait un fond de vérité. Il ne pouvait nier que les prostituées venaient souvent lui offrir leurs services. Peut-être parce qu'il était beau, qu'il avait un visage aristocratique, qu'il ne paraissait pas dangereux.
Durant ses années dans l'Akatsuki, il avait souvent passé la nuit allongé à côté d'une fille de joie. Après tout, si la fille dormait avec lui, cela signifiait qu'elle n'était pas avec Kisame, et c'était là tout ce qu'Itachi désirait. Il ne pouvait pas interdire à son partenaire de torturer des femmes, mais il pouvait faire de son mieux pour en protéger certaines.
Parfois, quand la solitude se faisait trop pesante et que la femme l'attirait, il lui était même arrivé de prendre ce qu'elle lui vendait. Il n'en avait pas fait une habitude : combler ses besoins physiques ne l'aidait en rien à oublier son manque émotionnel.
Sakura avait une expression pour ça – mettre un pansement sur une jambe de bois. Oui, cela décrivait parfaitement l'étendue de ses relations avec les prostituées.
- Vous avez une femme qui vous attend chez vous, c'est ça ? demanda la fille face à lui.
Elle était beaucoup trop jeune pour faire ce métier. Qu'est-ce qui pouvait pousser une adolescente à vendre son corps dans un camp rempli de mercenaires qui buvaient, respiraient, vivaient la violence et le combat ? Kisame avait des fantasmes particulièrement sanglants, même pour un déserteur, mais la violence n'était pas un fétichisme rare parmi les ninja. Itachi était presque sûr que Sakura elle-même avait un côté agressif dans l'intimité. Il se demanda s'il aurait l'occasion de le découvrir un jour.
La fille le regardait toujours. Elle avait de grands yeux pâles et des cernes mal dissimulés sous une couche de poudre de riz.
- Oui, finit-il par dire.
- Elle vous en voudra pas, vous savez. Les femmes comprennent que leurs maris ont besoin de se détendre.
Itachi sentit un sourire involontaire étirer ses lèvres quand il imagina la réaction de Sakura.
- Pas celle-là, je le crains.
- Ah. C'est une ninja aussi ?
- Oui.
- Dans ce cas, il vaut mieux que vous la trompiez pas, déclara la fille d'un ton docte en se grattant l'arrière de la tête dans un geste qui lui rappela de manière douloureuse Uzumaki Naruto. Il paraît que les femmes ninjas coupent les couilles de leurs maris s'ils sont infidèles.
De tous les mythes qui couraient sur les shinobi, celui-là était loin d'être le plus invraisemblable. L'homme qui oserait tromper une Inuzuka n'était pas encore né.
- Dommage, ajouta la jeune prostituée. Vous me plaisiez vraiment.
De la part d'une enfant de quinze ans tout au plus, c'était une remarque qu'Itachi trouva incroyablement triste.
- Je suis désolé, dit-il.
- C'est pas grave, je trouverai quelqu'un d'autre.
Elle lui tourna le dos et replongea dans la foule des soldats. Itachi la regarda s'éloigner.
- J'arrive, lança-t-il au messager qui venait de se matérialiser derrière lui.
Les combats n'étaient qu'une des multiples choses qui rendaient la guerre si laide.
Quand il arriva dans la tente des officiers, Hatake Kakashi était déjà installé, son éternel livre orange dans les mains. Nara Ubaru discutait à voix basse avec Kikemi de Kumo, et une Kusa-nin au visage de poupée – Ushafu Riki – examinait attentivement la carte au milieu de la table. Itachi connaissait Kakashi et Ubaru, il avait eu l'occasion de discuter avec Kikemi, mais la Jounin de l'Herbe semblait nourrir pour lui une antipathie qui le dépassait.
Un samurai engoncé dans une armure trop lourde regardait les shinobi autour de lui avec méfiance. Itachi avait eu le déplaisir de faire sa rencontre dès son arrivée, quand il avait dû lui expliquer que oui, son collègue Hatake Kakashi aurait déjà dû arriver mais que non, il ne fallait pas envoyer un détachement à la recherche du Ninja Copieur, son retard n'avait rien d'alarmant et que oui, on pouvait commencer la réunion et oui, Ochijo-san, je suis un Jounin de Konoha, oui, j'ai conscience d'être jeune, non, vous ne pourriez pas me battre en combat singulier…
L'homme était un samurai perdu au milieu des shinobi et il se raccrochait désespérément à la seule chose qui faisait sa valeur : le mandat du Daimyo. Evidemment, à force d'insister sur sa position d'envoyé de Shijimi-dono, il avait monté la moitié du camp contre lui : les ninjas n'aimaient pas qu'on leur fasse comprendre qu'ils étaient observés, surtout quand l'observateur en question était plus faible qu'un Genin.
Mais cette guerre ne concernait pas que les ninjas et le Daimyo restait le principal client de Konoha, donc les Jounins faisaient le dos rond et rendaient la vie impossible à Ochijo dès qu'il regardait ailleurs. Ça avait au moins l'avantage de rapprocher les ninjas de différents villages. Un ennemi commun, c'était une chose ; une victime commune, voilà ce qui forgeait des liens durables entre des shinobi.
Itachi prit place autour de la table. Ushafu traçait une vallée du doigt, l'air pensif.
- Il s'y attend, déclara Nara Ubaru d'un ton las en la regardant faire. C'est un poste trop avantageux, il va préparer une embuscade.
- Justement, répondit la Kusa-nin. Il n'a pas beaucoup de shinobi sous ses ordres – pas beaucoup de shinobi loyaux, en tout cas. Il va peut-être penser que nous négligerons la vallée parce qu'elle est évidente, et il évitera d'y mettre des hommes…
- Ou il va prévoir que nous allons penser comme ça et il y placera des sentinelles juste pour être sûr, contra le Konoha-nin.
Itachi ignora la discussion qui se poursuivait. Les deux Jounins ressassaient cette question depuis plusieurs jours déjà.
Il examinait une autre passe, se demandant s'il ne pouvait pas prendre avantage de la petite forêt qui y avait poussé pour s'infiltrer, quand la voix du Nara le tira de ses pensées.
- Uchiha-san, êtes-vous que nous devons rester sur la défensive ?
Itachi hocha la tête. Gagne du temps, avait conseillé Sakura. Il avait confiance en elle.
Bien sûr, il ne pouvait pas révéler à Ubaru que son… amie ? Sa compagne ?... lui avait donné un conseil basé sur une mission secrète dont il ne connaissait pas les détails. Il se prépara donc à défendre une fois de plus sa position par des remarques cryptiques, quand un allié inattendu se manifesta.
- Allons, Ubaru-kun, je suis sûr qu'Itachi a de bonnes raisons de nous conseiller la défensive, lâcha Kakashi en s'approchant. Il connaît Kakuzu mieux qu'aucun d'entre nous, n'est-ce pas ? Et puis nos pertes ont atteint un minimum record depuis son arrivée…
- Parce que nous nous contentons de défendre nos positions, déclara Ushafu Riki d'un ton sec. Mes frères d'armes se font tuer par ce fou furieux pour un oui ou pour un non et nous ne faisons rien.
Quand elle se tourna vers lui, son visage de poupée avait pris un air menaçant.
- Uchiha-san, si mon apprentie meurt parce que vous n'avez pas osé lancer une attaque, je vous en tiendrai pour personnellement responsable. Sur ce, puisqu'il n'y a visiblement aucune nouveauté, je vous souhaite à tous une bonne soirée.
L'envoyé du Daimyo renifla avec mépris en la voyant quitter la tente. Itachi lui-même ne savait qu'en penser. Bien sûr, la situation d'Ushafu était particulière – c'était son village qui était occupé, ses amis qui devaient faire semblant d'obéir à l'ennemi, tout ça pour leur fournir des informations dont on ne savait même pas si elles étaient correctes. Mais il ne comprenait pas la façon qu'elle avait de s'attaquer à lui sans motif visible.
Comme s'il avait lu dans ses pensées, Kakashi arriva soudain à ses côtés, son éternel sourire visible derrière le masque qu'il n'abandonnait jamais.
- Il faut lui pardonner, lâcha-t-il avec désinvolture en ouvrant son Icha Icha. Elle n'aime pas beaucoup les Uchiha. Après ce qui est arrivé au clan de son apprentie, on peut la comprendre.
- Le clan de son apprentie ?
- Une fillette adorable, à ce qu'on m'a dit. Sakura t'en parlera mieux que moi, elle s'est fait passer pour sa tante. Une petite Heshiboka Hae.
Et, ayant trouvé sa page, Kakashi oublia derechef son collègue.
Les Heshiboka, réalisa Itachi avec un frisson. Le clan massacré par… par Sasuke. Par son frère. Voilà pourquoi Ushafu le regardait avec une froideur incongrue sur ce visage délicat.
Il se sentit soudain extrêmement fatigué.
Un homme souleva le battant de la tente.
- Hatake-sama, Uchiha-sama, Nara-sama… Il y a eu une attaque sur un des avant-postes. Nous avons des morts, une unité poursuit les ennemis, quels sont vos ordres ?
Kami, comme il pouvait haïr la guerre.
Shizune ferma la porte derrière elle.
- C'est bon. Il est mort.
Tsunade hocha la tête. Le geste était ferme, mais Sakura ne put s'empêcher de penser que pour la première fois, sa Shishou faisait vraiment son âge.
- ça ira, Sakura ? lui demanda la Sannin avec une dureté de façade qui masquait mal son inquiétude.
- Je… je crois.
Elle avait envie de vomir. Shizune lui posa une main sur l'épaule.
- Ce sera bientôt fini, murmura-t-elle avec un sourire triste. La souche est ciblée sur les marquages génétiques de l'Eau. Aucun des nôtres ne mourra.
Aucun des nôtres…
Sakura courut vers les toilettes.
A plusieurs centaines de kilomètres de là, Shikamaru serrait contre lui une Ino tremblante de fièvre.
- Ne fais pas ça, Chôji ! supplia-t-il d'une voix rauque.
- Oh, pitié, fermez-la et mourez avec dignité !
Shikamaru ignora la Kiri-nin.
- Chôji !
- Prends soin d'Ino, Shikamaru ! lui ordonna son meilleur ami.
Et Shikamaru vit, comme dans ses pires cauchemars, l'Akimichi croquer la pilule rouge.
- CHÔJI !
Oh mon Dieu. J'ai tué Chôji. Je suis un monstre.
Alors, ça y est, vous avez trouvé la mission secrète ?
Merci d'avoir lu, on se retrouve bientôt, n'hésitez pas à commenter (non, vraiment, n'hésitez pas !), bref, vous connaissez le blabla.
