Ce chapitre m'a appris trois choses.
1) Je suis complètement nulle en romances,
2) Je suis complètement nulle en baisers,
3) On peut partir d'un court OS écrit pour une amie, le transformer en "petite fiction", faire un hiatus de six mois, s'y remettre, faire un hiatus d'un an où on considère cette fic comme abandonnée, et la finir deux ans et demi plus tard quand elle atteint la taille de La Communauté de l'Anneau.
Ne vous inquiétez pas, je ne vous infligerai pas le discours larmoyant de l'auteur qui vient d'achever sa première grosse fic. Je vous garde ça pour l'épilogue.
Réponses aux commentaires :
- Guest : j'ignore qui tu es, ce que tu veux et même si tu parles le français, mais merci, ton commentaire m'a fait rire.
-lisou : salut toi ! Merci pour ton commentaire et tes remarques - tu as raison, je voulais montrer une Sakura à bout, une femme plus humaine. J'espère que la conclusion qui vient te plaira (même si je ne sais pas écrire de la romance, c'est terrible .). Et merci encore pour ta fidélité !
Quand Tsunade partit rejoindre les anciens Senju, Sakura pleura. Qui l'aurait blâmée ? Tsunade avait été son mentor, son modèle, sa protectrice. Durant ces six années d'apprentissage, la Sannin avait été une mère pour elle. Sakura lui devait tout.
Itachi n'assista pas aux adieux. Peut-être sentait-il que, quel que soit son lien avec Sakura, c'était un moment qui appartenait aux deux femmes et à personne d'autre. Il se contenta de s'incliner profondément – plus encore que devant Pain ou Sarutobi – puis de disparaître derrière le flanc de la falaise.
Sakura se jeta dans les bras de Tsunade.
- Vous allez me manquer, murmura-t-elle, des sanglots dans la voix, en enlaçant sa professeur de toute sa considérable force.
- Ne sois pas stupide, grommela Tsunade. Je ne suis pas encore morte, fillette. On aura l'occasion de se revoir.
- Je sais, rit Sakura entre ses larmes. Je suis ridicule, mais… Rien ne sera plus pareil, Shishou.
Tsunade s'extirpa de son étreinte. Sakura reconnut son air bourru : c'était celui qu'elle affichait quand une émotion menaçait de l'emporter.
- Ce n'est pas plus mal quand on voit ce que le passé a été. J'ai foi en ta génération, Sakura. Naruto fera de bonnes choses à Konoha, et toi… tu m'auras dépassée la prochaine fois qu'on se verra.
Sakura la regarda comme si elle avait perdu la tête.
- Je ne pourrai jamais vous dépasser, Shishou !
- Ne sois pas ridicule ! Tu le pourras et tu le feras ! Tu es la meilleure élève que j'ai jamais eue, Haruno ! Tout ce que j'ai fait pour toi, c'était dans le but qu'un jour, tu parviennes à me surpasser. Deviens une meilleure médic que moi, une meilleure ninja ! Arrête de prétendre que tu n'en es pas capable !
Sakura ne put retenir un coup d'œil vers le pan de falaise derrière lequel Itachi avait disparu. Tsunade suivit son regard, et un sourire mélancolique vint danser sur ses lèvres.
- Oui, dit-elle. Il t'aidera. Si quelqu'un sait ce que veut dire loyauté, c'est bien ce garçon.
Ses yeux noisette revinrent se poser sur sa disciple.
- Deviens quelqu'un de meilleur que moi. En tant que kunoichi et en tant que personne. Si je pouvais revenir quarante ans en arrière…
Son visage se ferma brièvement, comme si elle luttait contre des souvenirs qui, des décennies plus tard, restaient aussi douloureux qu'au premier jour.
- Ne fais pas les mêmes erreurs que moi, conclut-elle. Et surtout, ne laisse plus rien ni personne te brider. Tu es capable de grandes choses – il n'y a que toi qui en doutes.
- Shishou…
Sakura déglutit.
- Bien, Shishou, murmura-t-elle en écrasant une larme.
- Va, Sakura. Je suis fière de toi. Allez, va !
Sakura partit sans se retourner.
Une fin. Des millions de morts, des millions de vies sacrifiées, et maintenant…
Quand ses yeux se posèrent sur Itachi, méditant tranquillement au bas de la falaise, elle prit une profonde inspiration.
Maintenant, un début.
- Où veux-tu aller ?
Sakura tourna vers lui un regard étonné.
- J'allais te poser la question, admit-elle en jouant avec les mailles de son sous-haut en métal.
Itachi ne fit rien d'aussi banal qu'hausser les épaules, mais son langage corporel parla pour lui.
Je m'en fiche, semblait-il dire. Au lieu de ça, il opta pour :
- J'ai beaucoup voyagé depuis ma désertion. Nous irons où tu voudras.
Malgré la veste brune qui la protégeait du froid, Sakura frissonna.
Elle avait imaginé que leur duo serait comme une équipe en mission ; qu'Itachi – le meilleur ninja des deux – prendrait naturellement la tête. Qu'elle n'aurait qu'à suivre. Au lieu de ça…
Les yeux noirs d'Itachi la fixaient. Si elle se concentrait, Sakura pouvait sentir le genjutsu qui couvrait l'œil gauche – celui que l'Uchiha avait sacrifié à Izanami.
Qu'ils aillent où elle veuille ? L'idée lui donna le vertige. Elle avait l'habitude de prendre des décisions, bien sûr, mais c'était toujours dans l'intérêt d'un patient ou d'une mission ; ses choix s'orientaient vers le bien de l'entité supérieure qu'était Konoha. Elle, Haruno Sakura, tombait bien bas dans la liste de ses priorités.
Elle eut l'envie absurde d'insister pour qu'Itachi choisisse – il y avait forcément un lieu qu'il voulait revoir, un endroit qu'il désirait visiter ! Pourquoi lui demander à elle ? Elle n'était pas un shinobi de rang S !
Mais dans le regard d'Itachi, il n'y avait ni impatience, ni cet éclat de condescendance que Sasuke avait toujours eu en l'observant. L'homme attendait vraiment sa réponse. Pas comme un subordonné, non, plutôt comme…
Sakura chercha un mot approprié. Comment définir l'attitude d'Itachi ? Quel terme plaquer sur leur lien ? Elle avait passé toute son adolescence et sa vie d'adulte dans une toile de relations hiérarchisées. Parmi les shinobi, même l'amitié ne se faisait jamais sur un pied d'égalité – Ino restait l'héritière du puissant Clan Yamanaka, Sakura demeurait l'étrange paradoxe d'une ancienne civile devenue apprentie de la dernière Senju.
Itachi se tenait plusieurs barreaux au-dessus d'elle sur l'échelle sociale de leur petit monde. Pourtant, il s'apprêtait à la suivre comme si elle était chef de leur mission, alors qu'aucun ordre ne l'y contraignait.
Il n'y avait aucun mot, dans le vaste vocabulaire ninja, pour qualifier un tel acte. C'était curieux, se dit Sakura, à quel point cette situation la gênait et lui plaisait tout à la fois. Elle avait passé tellement de temps à regarder le dos de ses alliés – d'abord de Sasuke, puis de Tsunade et même de Naruto…
- Allons à l'Ouest, exigea-t-elle soudain.
Itachi resta impassible.
- Jusqu'où ? demanda-t-il simplement.
- Jusqu'à la mer.
Refuserait-il ? Les shinobi des Cinq Pays s'aventuraient rarement aussi loin. De mémoire d'homme, aucun Konoha-nin vivant n'avait vu la mer de l'Ouest. Même Tsunade et Shizune n'avaient pas poussé jusque-là au cours de leur errance. Konoha possédait quelques rares informateurs dans ces terres lointaines, mais ils n'avaient plus donné de nouvelles depuis des décennies. Jiraiya aurait sans doute ravivé ce réseau si la guerre imminente et la montée de l'Akatsuki lui en avaient laissé le temps ; au lieu de ça, il était mort à quelques mois du conflit.
Le temps. Denrée précieuse pour des shinobi.
Elle avait tout le temps du monde, réalisa Sakura ; et un rire lui échappa sans qu'elle puisse le retenir, un rire de stupéfaction chargé d'un soupçon de panique. Elle était libre : plus de missions, plus de rapports, plus d'impératifs… Itachi avait raison. Ils iraient où elle désirerait, verraient ce qu'elle voudrait voir – c'était comme un alcool, cette liberté, une liqueur merveilleuse qui lui faisait tourner la tête. Le monde s'ouvrait devant eux. Etait-ce ce que ressentaient les déserteurs en franchissant les portes de leur village ? Sakura était loyale jusqu'à la mort, mais elle commençait à comprendre ce qui poussait hommes et femmes à abandonner leur patrie.
- Je ne suis jamais allé jusqu'à la mer, déclara Itachi.
Ce n'était pas un refus. Il l'informait, tout simplement ; il lui donnait tous les paramètres à prendre en compte. Sakura assimila cette nouvelle donnée.
Le voyage serait dangereux, bien sûr. Aucun d'eux ne connaissait la situation géopolitique des pays au-delà du Vent, et il était probable qu'ils traversent des territoires en guerre où on les verrait comme des intrus.
Mais ils étaient puissants. Itachi, surtout, maintenant qu'il avait recouvré la santé, n'aurait aucun mal à dissimuler leur duo à l'aide de ses illusions. Et si on les blessait, qu'importe ? Sakura appartenait à l'élite des medic-nins.
Il n'y avait aucun lieu assez dangereux pour les menacer. Ils étaient véritablement libres – libres d'aller où ils voulaient, libres d'en revenir en un seul morceau.
Si elle avait été la même personne qu'à ses douze ans, Sakura aurait tourné sur elle-même en laissant son rire monter jusqu'aux cieux face à l'extase qui l'envahit à cette pensée. Mais des années d'entraînement et le traumatisme d'une guerre l'avaient endurcie. Elle se contenta d'un sourire qui fit briller ses yeux.
Itachi ne souriait pas, mais il émanait de lui le même contentement paisible qu'un chat étalé au soleil. La sensation que quoi qu'il soit arrivé auparavant, ils avaient atteint un moment de satisfaction, un de ces rares embranchements où tous les chemins étaient pavés d'optimisme.
- Jusqu'à la mer, murmura-t-il d'une voix grave sans la lâcher des yeux.
Une envie saisit Sakura : d'un geste trop rapide pour qu'elle ait le temps d'y réfléchir, elle s'avança et prit la main d'Itachi dans la sienne. L'ancien déserteur ne bougea pas ; si elle ne l'avait pas si bien connu, la kunoichi aurait manqué la légère inspiration qui trahit son trouble.
Malgré la fraîcheur de ce début de printemps, la main d'Itachi était chaude dans la sienne. Sakura passa ses doigts sur les calles qui la parsemaient. Cette fois, l'inspiration d'Itachi fut plus marquée, mais leurs yeux ne se lâchèrent pas.
L'ombre de la falaise venait s'échouer à leurs pieds. Ils restèrent figés pendant de longues secondes, le souffle court, tous deux happés par le simple contact de leurs mains jointes. Ce n'était qu'un geste anodin, et pourtant Sakura savait qu'elle n'avait jamais ressenti une telle tension – même avec ses quelques amants.
Elle se souvint de la première fois où Itachi lui avait parlé comme à une égale. A l'époque – il y a un an seulement –, elle avait été surprise par l'intensité qui se dégageait de lui. Cet homme était une créature du fond des âges qui se faisait passer pour un humain, avait-elle songé ; les simples mortels ne possédaient pas une telle aura. Quand ils discutaient, elle s'était dit qu'avoir cette intensité focalisée sur elle était perturbant.
Si la Sakura du passé avait su ce à quoi ressemblait vraiment un Itachi intense…
Il était superbe, tout de puissance rentrée, comme un chat attendant de bondir sur sa proie. Sakura pouvait sentir l'envie qu'il avait de réduire à néant la faible distance entre eux – elle ressentait la même chose – et malgré tout, elle était consciente qu'il n'en ferait rien. Itachi avait passé toute sa vie à se contrôler. Il ne savait plus prendre ce qu'il désirait.
Heureusement, Sakura n'avait pas le même problème. Elle serra la main dans la sienne et attira Itachi à elle.
Quand leurs bouches se heurtèrent, la kunoichi aurait pu jurer qu'elle entendit le crac du contrôle parfait d'Itachi qui se rompait.
Une main vint se caler dans le creux de son dos pour la presser contre lui, l'autre glissa entre ses doigts pour soutenir l'arrière de sa tête, et soudain Sakura ne sentit plus qu'Itachi – les lèvres rêches contre les siennes, leurs souffles qui s'emmêlaient, l'ivresse de leurs corps pressées l'un contre l'autre…
La réalisation la frappa avec une force nouvelle : ils allaient partir loin vers l'Ouest, plus loin qu'aucun Konoha-nin de leur vivant. Juste tous les deux, comme… Comme un couple.
Les mains de Sakura vinrent se poser sur les joues de l'Uchiha alors qu'elle approfondissait le baiser. Ils avaient l'expérience de shinobi qu'on avait entraînés aux missions de séduction, mais ce baiser-là était différent. Il n'y avait pas d'objectif derrière, pas de but pour les distraire de l'instant.
Il n'y avait qu'eux. Eux ; et entre deux baisers, Sakura murmura un Itachi haletant auquel son compagnon répondit d'un Sakura qui, dans sa bouche, ressemblait à une prière.
Itachi avait un goût de thé fumé. Quand le rythme de leurs baisers ralentit assez pour qu'elle retrouve ses esprits, la kunoichi se demanda distraitement quelle quantité de cette boisson l'Uchiha devait ingérer chaque jour.
Ils s'embrassèrent pendant de longues minutes, profitant du luxe de cet instant paisible. Sakura s'était attendue à ce que ses sens s'enflamment ; depuis combien de temps n'avait-elle pas eu de relations sexuelles ? Et il y avait bien une pointe de désir dans son bas-ventre, une chaleur qui naissait là où le corps d'Itachi touchait le sien, mais ce n'était pas la sensation purement physique qu'elle avait prévue. Au lieu de ça, elle se surprenait à savourer toutes les parcelles de ce moment, de la peau douce d'Itachi sous ses doigts à l'odeur de fumée qui ne le quittait jamais.
Embrasser Itachi, songea-t-elle en dirigeant un baiser paresseux vers l'arc de sa mâchoire, était une activité qu'elle pourrait répéter chaque jour de son existence sans s'en lasser.
Elle posa ses lèvres dans son cou en une série de baisers papillons. Le soupir d'Itachi vint effleurer son oreille.
- Sakura, murmura-t-il en enfouissant le visage dans ses cheveux.
Jamais aucun de ses amants n'avait dit son prénom avec une voix si rauque, songea la jeune femme en laissant sa tête reposer sur l'épaule d'Itachi. Etait-ce cela, la véritable intimité, celle dont sa mère lui avait parlé la première fois qu'elle avait eu ses lunes ?
Il y a un an, la situation lui aurait paru surréaliste. Pourtant, aujourd'hui, caler sa joue sur l'épaule d'Itachi alors que l'ancien déserteur serrait ses bras autour d'elle lui semblait être la chose la plus naturelle au monde.
Au fond d'elle-même, Sakura n'avait jamais compris qu'après des décennies, Tsunade porte encore le deuil de Dan. Certes, le Konoha-nin avait été son grand amour ; mais Tsunade était forte ! Ne pouvait-elle se relever, trouver un autre homme, avoir un enfant ? Dans ces moments-là, Sakura se prenait alors pour exemple : n'avait-elle pas été trahie par son propre grand amour ? Sasuke les avait tous abandonnés. Mais avait-elle sombré dans l'alcool et les jeux d'argent ? Non !
Elle avait été stupide. Sasuke n'était qu'un amour de fillette que les circonstances avaient transformé en une obsession. A présent, la kunoichi commençait à effleurer ce que sa mentor avait perdu à la mort de Dan.
Itachi n'était pas son Dan, non, mais il le deviendrait. Les fondations étaient là, et elles étaient solides ; il ne leur restait plus qu'à bâtir la maison dessus. Voyager ensemble, abaisser leurs barrières, apprendre à connaître ce qu'ils devinaient chez l'autre…
Voilà la perte que Tsunade n'avait jamais dépassée. A présent, Sakura comprenait.
- Nous devrions y aller, indiqua soudain Itachi.
La kunoichi poussa un grognement désapprobateur. Elle était bien. Pourquoi partir tout de suite ?
Elle sentit les lèvres d'Itachi contre ses cheveux s'étirer en un sourire amusé.
- La nuit va tomber.
- On n'a qu'à dormir ici, protesta-t-elle avec toute la maturité d'une fillette qui refuse de sortir du lit.
- Ce n'est pas un bon emplacement.
Sakura dut admettre sa défaite. Elle frissonna en s'écartant – Itachi était un feu de camp à lui seul.
- Très bien, Itachi-hime. A vos ordres.
L'Uchiha cligna des paupières. Il se remémorait sans doute la première fois qu'elle l'avait appelé ainsi – à Konoha, quand elle l'avait soulevé dans ses bras comme une princesse avant d'éclater de rire devant sa mine éberluée.
- Comptes-tu… conserver ce surnom ? demanda-t-il prudemment.
Sakura lui décocha un sourire avant de se tourner vers la forêt.
- Nous devrions y aller, Itachi-hime. La nuit va tomber.
Et elle partit sans attendre, ignorant le Sakura ! qui retentit derrière elle.
- Je prendrai le premier tour de garde, dit Sakura ce soir-là, alors qu'ils s'étaient arrêtés entre deux chênes massifs.
- Ce ne sera pas nécessaire.
La jeune femme haussa un sourcil – s'il prévoyait de prendre les deux tours dans un stupide accès de galanterie insultante…
Puis elle eut l'impression qu'un voile invisible la couvrait. Ou plutôt, corrigea-t-elle en disséquant la mystérieuse sensation, une centaine de voiles superposés, comme un vêtement fait uniquement de couches de gaze multicolores.
Genjutsu. Des illusions imbriquées dans d'autres illusions, un mécanisme aux rouages mieux huilés encore que les marionnettes de Suna. La Jounin tenta de compter combien d'éléments composaient cette technique, mais elle aurait eu plus de succès en essayant de compter les feuilles des arbres autour d'eux.
Même Kurenai, l'une des plus grandes spécialistes de genjutsu à Konoha, n'arrivait pas au dixième de la merveille qu'elle sentait là.
- C'est superbe, souffla-t-elle.
Il lui sembla apercevoir l'ombre d'un sourire sur les lèvres d'Itachi avant que les illusions s'atténuent jusqu'à se perdre dans le chakra ambiant de la forêt.
Il l'avait fait exprès, comprit-elle : il lui avait laissé apercevoir la complexité de son œuvre.
- Que fait cette technique ? demanda-t-elle en examinant les arbres à la recherche d'une branche assez large pour y dormir.
- Nous serons prévenus si un ou des intrus s'approchent, expliqua Itachi. Ils seront soumis à différentes illusions selon leurs intentions, leur nombre et leur niveau. Si je n'arrête pas la technique après un laps de temps donné, les intrus seront redirigés à l'extrémité de la zone ou auront l'impression de tourner en rond indéfiniment.
Oh. Sakura se souvint de la fierté qu'elle avait ressenti quand elle était parvenue à maîtriser la technique des Mille Enfers – un jutsu qui faisait voir sa plus grande peur à la victime. Par rapport à la technique d'Itachi… C'était comme de comparer la Paume Mystique au sceau qu'elle portait sur son front : il y avait un monde entre les deux techniques.
- Un simple kai ne suffirait pas à briser ce genjutsu, réalisa-t-elle.
- Non, confirma Itachi. Si une personne possédant suffisamment de chakra réussit à rompre le squelette de la technique, un mécanisme de secours s'activera.
Sakura tourna le dos à son compagnon pour dissimuler un sourire. Itachi parlait peu, mais elle avait trouvé un sujet sur lequel il se montrait étonnamment disert. Elle aurait dû s'en douter : quel artiste n'aimait pas discuter de son art ? Tsunade pouvait s'étendre sur le ninjutsu médical pendant des heures ; était-il surprenant qu'Itachi soit similaire ?
Elle se figea. Penser au ninjutsu médical lui avait rappelé quelque chose.
- Tu n'as plus qu'un seul Sharingan. Est-ce que ça ne risque pas de déséquilibrer la technique ?
- Ma technique n'est pas liée au Sharingan.
Sakura se retourna pour le fixer, ses yeux verts ronds comme des billes. Elle n'avait pas songé une seule seconde que la technique du génial Uchiha ne dépende pas de son kekkei genkai.
- Je pourrais te l'apprendre, si tu le désires, ajouta-t-il doucement.
Le premier réflexe de la kunoichi fut de refuser. Elle avait déjà ouvert la bouche, prête à déclarer qu'elle n'était pas assez douée pour ça, qu'Itachi était un prodige, qu'elle ne pouvait pas se spécialiser dans une nouvelle discipline à son âge…
Puis elle se reprit.
Pourquoi pas, après tout ?
Peut-être ne maîtriserait-elle jamais cette technique incroyablement complexe, mais une telle offre… De nombreux shinobi auraient sacrifié un bras pour avoir Uchiha Itachi comme professeur de Genjutsu. Les dernières paroles de Tsunade lui revinrent : tu es capable de grandes choses, Sakura. Il n'y a que toi qui en doutes.
Si tant de shinobi se spécialisaient tôt et ne cherchaient pas à diversifier leurs talents, c'était avant tout car ils n'en avaient pas le temps. Mieux valait parfaitement maîtriser une poignée de techniques que de bâcler des centaines de jutsu. Kakashi lui-même, l'homme aux mille techniques – le cœur de Sakura se serra à la pensée de son professeur décédé – n'avait utilisé régulièrement qu'une infime partie de sa vaste collection.
Mais ils avaient le temps. Itachi et elle allaient s'engager dans un périple qui pourrait durer des mois. Des années auparavant, les enseignants de l'Académie avaient décelé chez la petite élève aux cheveux roses une prédisposition pour le Genjutsu. Pourquoi ne pas explorer cette voie ?
- J'aimerais bien, oui, répondit-elle finalement. Je n'ai jamais vraiment étudié les illusions.
Itachi hocha la tête.
- Ton contrôle parfait te sera d'une grande aide.
- En échange, voudrais-tu que je t'apprenne le ninjutsu médical ?
L'homme cligna des paupières, surpris par sa question.
- Je… Oui. J'apprécierais. Mais je ne suis pas sûr d'être un bon élève.
C'était attendrissant, songea Sakura, de voir Itachi douter.
- Je ne m'inquiète pas pour toi, répliqua-t-elle avec une touche d'ironie dans la voix.
C'est cet instant que son ventre choisit pour se mettre à gronder.
Itachi ne rit pas – il se contenta d'un demi-sourire à peine moqueur, et Sakura se prit la tête dans les mains pour masquer ses joues rouges.
- Je peux préparer le repas, suggéra-t-il.
La kunoichi releva la tête.
- Veux-tu que j'aille chasser ?
- Ce ne sera pas utile.
Sakura pencha la tête sur le côté.
- Tu as un sceau alimentaire ? s'enquit-elle.
Les sceaux ordinaires avaient une fâcheuse tendance à accélérer le pourrissement de la nourriture qu'on y entreposait. Seuls les impérissables tels que les barres de protéine ou les graines sèches survivaient à un séjour prolongé. Il y avait bien des sceaux alimentaires qui permettaient de transporter des légumes ou de la viande, mais leur coût était à la hauteur de leur complexité : au traditionnel sceau de stockage s'y mêlait un sous-programme qui manipulait le temps pour ralentir la dégradation du contenu. C'était du moins ce que lui avait expliqué Naruto quand elle avait demandé.
- J'ai un sceau spécifique.
Sakura fouilla sa mémoire à la recherche d'une mention de ce sceau. Oui, Naruto lui en avait également parlé… Il n'avait jamais expliqué le mécanisme mais si ses souvenirs étaient bons, de tels sceaux ne pouvaient contenir qu'un unique type d'aliment. Leur coût n'égalait pas celui des véritables sceaux alimentaires, mais ils n'avaient jamais pris leur essor dans le monde ninja : les shinobi préféraient chasser dans les environs et voler aux civils plutôt que de transporter une dizaine de sceaux différents dès qu'ils voulaient faire un vrai repas.
La curiosité de Sakura se réveilla. Son compagnon devait beaucoup apprécier l'aliment en question pour se munir d'un sceau spécifique.
- Qu'y a-t-il dedans ?
- Des pommes de terre.
Un silence.
- Des pommes de terre ?
Itachi adopta une expression parfaitement neutre.
- J'aime les pommes de terre.
Sakura dut se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas rire. Uchiha Itachi, dernier membre d'un des Clans les plus nobles de Konoha, prince parmi les shinobi, avait choisi – de tous les sceaux spécifiques qui existaient dans le monde – celui qui lui permettait de stocker des pommes de terre. Pas des truffes, du bœuf ou de la lote : des pommes de terre.
- C'est un aliment très nourrissant, insista Itachi.
- Bien sûr, approuva la médic. Quatre-vingts calories pour cent grammes.
Mais ses yeux brillaient d'amusement. Des pommes de terre. C'était si… plébéien – si éloigné du digne Itachi avec son éducation d'aristocrate !
- Des pommes de terre et du thé noir, lista-t-elle tout haut. Y a-t-il d'autres aliments que tu apprécies ?
- … Le chou.
Sakura craqua : elle mit une main devant sa bouche, se transporta d'un shunshin jusqu'en haut d'un des chênes qui les entouraient, puis laissa libre cours à son hilarité.
Quand elle redescendit, Itachi avait fait rougeoyer des braises et y avait posé six pommes de terre.
- Désolée, dit-elle en s'avançant. C'était juste… inattendu.
- Et toi ?
- Moi ?
- Quels sont tes aliments préférés ?
Sakura réfléchit. Elle aimait tout ce qui était sucré, mais après des années d'amitié avec Naruto, il y avait un plat auquel elle avait pris goût.
Un plat qui, réalisa-t-elle, n'était guère plus raffiné que les pommes de terre d'Itachi.
- Les ramens, admit-elle d'une voix mortifiée.
Itachi lui renvoya un sourire narquois.
Sakura était différente de Kisame.
Une telle affirmation lui aurait sûrement valu le ricanement moqueur de l'ensemble des Konoha-nin et un regard choqué de l'intéressée. C'était une de ces phrases si évidentes, si communément admises, que le simple fait de les dire à voix haute suffisait à attirer la suspicion.
Mais Itachi était un maître des illusions : il connaissait le pouvoir des évidences qu'on ne prenait pas la peine de discuter. Il avait vaincu un nombre incalculable d'adversaires en se contentant de jouer avec des non-dits. Même un vieux loup tel que Kakuzu s'était fait avoir ; son corps démembré gisait à présent au centre de Kusagakure, là où les shinobi de l'Herbe pouvaient lui cracher dessus au passage.
Sakura était différente de Kisame. Leur relation n'avait rien à voir avec celle, basée sur les rapports de force plus que sur la confiance, qu'il avait partagée avec son binôme. Et pourtant, Itachi ne pouvait s'empêcher d'être surpris, parfois, par les similarités entre son quotidien d'alors et celui d'aujourd'hui.
Puis il souriait avec amusement face à sa propre naïveté : d'où qu'ils viennent, les shinobi étaient des shinobi. Les voyages restaient des voyages. Se lever à l'aube, courir, s'arrêter le temps d'un combat amical, manger, courir, se coucher… Bien sûr que tout cela demeurait. S'attendait-il à ce que le jour devienne la nuit ? A ce que Sakura et lui envoient voler les protocoles ninja ? Ils étaient tous deux des professionnels baignés dans les codes et les règlements. On s'accordait une pause de tant de minutes ; on dépensait tant de chakra en combats amicaux ; on adoptait tel comportement en croisant une caravane marchande…
Il y avait une familiarité rassurante dans ces habitudes.
Son quotidien n'avait pas été bouleversé, non. Le soleil se levait toujours à l'Est pour se coucher à l'Ouest. La routine avait juste été… retouchée. Améliorée. Comme une vieille toile qu'on regarde sans la voir et qui, un beau jour, passe sous le pinceau d'un peintre pour se gorger de couleurs vives. Avec Kisame, les combats ne servaient qu'à s'assurer qu'ils ne rouillaient pas ; avec Sakura, c'était une bouffée d'adrénaline qui lui faisait redécouvrir le plaisir de l'exercice. Avec Kisame, les repas avaient été une nécessité qu'on remplissait sans enthousiasme ; avec Sakura, c'était l'occasion de discuter de leur itinéraire, de commenter ce qu'ils avaient vu au village précédent, d'échanger quelques récits banals du temps où ils n'étaient que des Genins. Sakura avait beaucoup d'histoires de ce type. Itachi, moins ; mais la jeune femme acceptait ses silences, les remplissant par d'autres anecdotes. Parfois, elle s'arrêtait au beau milieu d'une phrase, les joues rouges, et murmurait qu'il n'avait peut-être pas envie de l'entendre radoter sur des patients récalcitrants ou sur le sadisme affiché de Tsunade pendant les entraînements. Itachi souriait alors, un sourire presque imperceptible, et lui demandait de continuer. C'était un beau spectacle que celui de Sakura reprenant confiance en elle pour poursuivre son récit avec une énergie nouvelle.
C'était un beau spectacle, songeait souvent Itachi, que Sakura.
La jeune femme était une kunoichi méticuleuse, une élève attentive et dure à la tâche qui s'était plongée dans l'art du Genjutsu avec autant d'enthousiasme qu'un Genin dans les techniques Kâton. En l'absence de manuels, elle posait des centaines de questions dont certaines – à la stupéfaction d'Itachi – étaient trop avancées pour qu'il puisse y répondre. Elle avait une approche du Genjutsu bien différente de la sienne. Là où Itachi s'imprégnait de ses techniques jusqu'à ce qu'elles deviennent comme un sixième sens, Sakura les décortiquait avec la précision d'une chirurgienne. Comment agissait telle illusion ? Quelle zone du cerveau tombait sous l'influence de la technique, quelle autre pouvait être utilisée pour l'améliorer, comment réagirait la victime si, au lieu d'employer ce type de chakra, on en testait un autre ?
Itachi avait parfois la sensation qu'en enseignant à Sakura, il recevait autant qu'il offrait.
Quand les forêts du Feu laissèrent place aux vallées rocailleuses du Vent, la médic lui apprit à soigner. Itachi intégra cette nouvelle discipline avec une aisance qui laissa Sakura pantoise ; elle n'avait, lui confia-t-elle un soir, jamais eu un disciple si talentueux. Mais le Jounin restait conscient du chemin qu'il avait à parcourir. Il était bien loin de l'efficacité remarquable de sa compagne. Sakura donnait l'impression que le ninjutsu médical était la chose la plus simple du monde ; il lui arrivait de combiner cinq ou six techniques en une seule, et son chakra vert se mouvait alors avec la précision d'un scalpel.
Mais leurs journées n'étaient pas faites que de course, d'entraînement et de repas. D'autres instants émaillaient leur voyage vers l'Ouest. Des bribes d'intimité qui devinrent plus osées, des moments qu'Itachi eut d'abord l'impression de voler avant que Sakura lui murmure un jour de se détendre – ils avaient le temps. Ils avaient le droit.
Elle avait le goût de ce thé au jasmin qu'elle affectionnait tant.
Jour après jour, nuit après nuit, ils laissèrent derrière eux les pays ravagés par la guerre pour s'enfoncer dans des terres inconnues.
Vers l'Ouest. Vers l'océan.
- Itachi ! hurla Sakura. Je la vois !
L'Uchiha releva la tête.
- Je la vois ! répéta sa compagne par-dessus le bruit du vent. La mer ! Viens !
Itachi se demanda un instant s'il pouvait rester en contre-bas, protégé du soleil par l'ombre de la dune, puis pesa son confort personnel contre le sourire extatique que Sakura allait lui lancer quand il la rejoindrait.
Soit. D'un bond souple, il s'éleva dans les airs jusqu'à atterrir au sommet de la dune. Aussitôt, la chaleur vint mordre ses bras nus.
- Nous aurions dû garder nos tuniques, pensa-t-il tout haut.
- Pourquoi faire ? Ces enfants en avaient plus besoin que nous. Et si tu attrapes un coup de soleil…
Elle leva ses mains devant elle pour lui montrer le chakra vert qui les entourait.
- Mais regarde ! s'exclama-t-elle soudain. La mer !
Itachi plissa les yeux. Il distinguait effectivement une ligne bleue à l'horizon.
- Es-tu sûre qu'il ne s'agit pas du ciel ?
- Absolument !
Elle n'offrit aucun argument pour étayer sa certitude et il ne lui en demanda pas. Après tout, les pêcheurs en amont du fleuve avaient confirmé qu'ils approchaient. Plus que trois jours et vous y êtes, leur avait-on déclaré. Plus tard, quand le village avait été loin derrière eux, Sakura avait souri et dit qu'ils y seraient avant la fin de la journée.
Il semblerait qu'elle ait eu raison. Traverser cet interminable champ de dunes avait bien été le moyen le plus rapide d'arriver jusqu'à l'océan.
La main de la jeune femme se glissa dans la sienne. Le voilà, songea Itachi : le sourire auquel il s'était attendu.
- Allons-y, dit-elle en pressant légèrement ses doigts.
Il y avait deux façons de courir parmi les dunes. La première, connue de tous à travers le monde, consistait à laisser ses pieds s'enfoncer dans le sable jusqu'à la cheville pour les en extirper à chaque pas en avant. Coûteuse en énergie et en patience, elle connaissait auprès des shinobi le même succès que de traverser une rivière à la nage ou – ultime insulte pour des Konoha-nin – de monter aux arbres en les escaladant ; en d'autres termes, aucun.
Au lieu de ça, Itachi et Sakura avaient préféré la deuxième façon : rester à la surface du sable en maintenant un flot constant de chakra dans leurs pieds.
L'Uchiha se laissa emporter dans cette course folle. Ils dépassèrent à toute allure un groupe de pêcheurs qui n'eut pas la moindre réaction ; Sakura avait considérablement progressé au cours des derniers mois, et elle s'entraînait à présent à conserver ses illusions actives plusieurs heures de suite.
L'air sentait le sable et le sel. Itachi sentit son cœur fleurir dans sa poitrine. S'il avait pu, il n'aurait vécu que des moments comme celui-ci, à courir avec Sakura vers l'inconnu.
Son œil s'écarquilla quand la ligne bleue à l'horizon renvoya des reflets éblouissants. C'était bien de l'eau qu'ils approchaient – une immensité qui s'enfuyait là où le regard ne pouvait la suivre, comme un chemin que seuls les dieux pouvaient parcourir jusqu'au bout…
Sans réfléchir, Itachi ralentit. Sakura lui jeta un coup d'œil puis cessa sa course pour ajuster son pas au sien.
- Vois-tu un inconvénient à ce que nous marchions ? demanda-t-il d'une voix très douce.
La kunoichi serra sa main.
- Non, souffla-t-elle, les yeux fixés vers l'océan. Je comprends.
Ils avaient toujours vécu à l'est du continent. Leurs histoires, leurs victoires, leurs tragédies s'étaient déroulées là-bas ; pendant plus de vingt ans, ils n'avaient connu que les Cinq Pays et les multiples nations qui se serraient entre leurs frontières.
Mais la mer s'étendait face à eux, rutilant comme un joyau, et Itachi songea qu'au-delà des flots, il y avait des êtres qui n'avaient jamais entendu parler des Uchiha, des Bijuus ou de Konoha, des êtres qui ignoraient ce qu'étaient les ninja – des êtres qui n'étaient peut-être même pas humains.
- Je me sens petite, murmura Sakura à sa droite.
Itachi hocha la tête. Oui, il ne s'était jamais senti aussi insignifiant. Même Obito au faîte de sa puissance ne l'avait pas renvoyé à sa condition mortelle comme l'océan était en train de le faire.
- Est-ce que cela a un sens ? dit-il d'un air absent.
- Cela ? l'interrogea Sakura.
- Tout. Nos vies, nos choix… Nous.
Face à la grandeur des éléments, qu'était l'humanité ?
Sakura s'arrêta.
- Bien sûr que ça en a un, affirma-t-elle en se tournant vers lui. La vie aura toujours un sens si nous nous battons pour lui en donner un.
Parfois, il était aisé d'oublier que la femme à ses côtés avait contribué à gagner une guerre. A d'autres moments, quand ses yeux verts brillaient d'un éclat décidé et qu'un jeu de lumière accentuait l'ombre de ses muscles, il devenait impossible de voir autre chose que la Jounin qu'elle était devenue.
- C'est vrai, admit-il.
Certaines choses valaient la peine qu'on se batte pour elles. Itachi se pencha pour poser un baiser chaste sur les lèvres de Sakura.
- Allons-y, dit-il en se redressant.
- Vers la mer, murmura Sakura en portant sa main libre à ses lèvres.
- Vers la mer, répéta Itachi.
Ensemble.
On se retrouve très bientôt pour l'épilogue ^^
En attendant : merci à tous ceux et celles qui lisent cette fiction, qui la suivent, qui l'ont mise parmi leurs favoris... et merci aux revieweuses sans qui je n'aurais probablement pas eu le courage d'aller jusqu'au bout. Vous êtes formidables et je suis ravie d'avoir pu vous offrir un peu d'émotion (j'espère) grâce au Choix d'Itachi.
