Chapitre 5 : Crise
Draco se tenait sur le pallier de l'appartement de ses hôtes. Seul.
Il avait pensé à apporter avec lui une bouteille d'un bon vin blanc français en tant qu'invité de qualité. Passant une main dans ses cheveux, son doigt appuya sur le bouton de la sonnette et il fallut moins d'une minute avant que le visage souriant de Seamus Finnigan ne l'accueille.
-Salut ! Je suis content que t'ai pu venir. Entre, entre !
Sa bouteille à la main, Draco passa le pallier avec un regard curieux vers la décoration colorée qui l'entoura soudain.
-C'est… plutôt original chez toi.
Seamus eut un rire en le débarrassant de sa bouteille.
-Tu peux dire que t'aimes pas, je sais que c'est loin des standards Malfoyens. Pas mal la bouteille !
-Pas mal seulement ? C'est un château d'Yquem ! Je suis sûr que ton palais n'a jamais rien touché de meilleur.
-Oh ça, j'en serai pas si sûr si j'étais toi. Il y a beaucoup de chose qui ont touché mon palais.
Le haussement de sourcil suggestif termina de convaincre Draco qu'il avait bien compris ce qu'il croyait avoir compris. Il avança un peu plus dans l'appartement jusqu'à la baie vitrée grande ouverte sur une terrasse qui surplombait la ville sous une bulle de silence. L'endroit était agréable et la table bien garnie. Il salua Dean qui les rejoignit alors qu'ils s'apprêtaient à s'attabler et laissa Seamus déboucher sa bouteille hors de prix.
-C'est trop dommage que ton amoureux secret ai pas pu venir, j'aurai voulu voir à quoi ressemble le mec qui a trouvé grâce à tes yeux.
-Ce n'est pas qu'il n'a pas pu venir, c'est qu'il ne veut pas être vu avec moi, rien à voir.
La déclaration du blond mit un froid. Seamus et Dean se lancèrent une œillade gênée avant de se reconcentrer sur leur invité, main dans la main.
-Il à l'air… Particulier, ton copain, remarqua Dean.
Draco secoua la tête, un petit sourire triste aux lèvres.
-C'est juste que je suis… Enfin vous savez. J'étais pas du bon côté pendant la guerre et… Je n'ai pas une très bonne image.
-Mais… Vous sortez ensemble ?
-Oui, on vit ensemble même.
-Alors… Pardonne moi du terme mais il m'a l'air sacrément con ton copain, réagit Seamus.
-Non, je le comprends, il n'a pas une place facile. Je sais que ce serait plus simple de sortir avec quelqu'un qui a une meilleure image.
-Malfoy, je te dis pas ca pour gonfler ton égo mais je connais plein de gars qui tueraient pour être vu avec toi. Je pense que tu devrais arrêter de te flageller pour des positionnements que t'as pris quand t'étais gamin.
-Des positionnements horribles.
-Tu regrette ?
-Bien sûr.
-Alors ton passé est horrible mais pas toi et je pense qu'il est temps qu'on trinquent à ça. Au présent et à tous les p'tits culs de Londres qui n'attendent que nous.
Draco eut un petit rire mais accepta de trinquer, la tête pleine d'incertitudes.
Quand arriva l'heure de prendre son polynectar, il se sentait mal. Il n'avait plus envie d'être elle. Ginny dirait elle quelque chose si elle voyait Draco débarquer à la place d'Angele ? Évidemment que oui. Est-ce que ça la dérangerait ? Absolument. Parce que malgré tous les beaux discours, Draco connaissait la vérité. Il y avait un paquet de monde qui le détestait encore pour ce qu'il avait fait quand il était un adolescent.
Fermant les yeux, il avala sa potion et sentit les changements opérer en lui. Son corps rapetissa, sa poitrine se développa, sa taille s'affina, ses cheveux poussèrent jusqu'à toucher le milieu de son dos.
Nu dans sa salle de bain, il resta ainsi un instant, les yeux fermés. Il n'avait pas envie de le faire. Plus envie de jouer la comédie. Mais Ginny lui en voudrait si elle ne voyait pas Angele arriver pour ses essayages de robe. Et Draco avait apprit à apprécier la jeune femme qu'il considérait volontiers comme une amie. Il ne pouvait pas lui faire ça.
Avec un soupir, il saisit la robe qu'il avait mis de côté de ses petites mains fines et l'enfila sur le corps qui n'était pas le sien. Il releva la tête vers le miroir et saisit la brosse pour coiffer les longs cheveux blonds qui lui faisait penser à son père malgré la teinte plus dorée. Il en fit une belle queue de cheval pour éviter qu'ils ne le dérangent et saisit la trousse de maquillage rangée dans l'un des tiroirs du meuble sous vasque.
La femme qui le regardait dans le miroir était jolie. Vraiment jolie. Mais si jouer son rôle avait été amusant au début, il ne lui restait plus qu'une profonde lassitude.
Le sourire qu'affichait Angele au point de rendez vous n'était que pure façade. Un peu crispé même. Elle était la dernière arrivée du petit groupe composé de Molly Weasley, Hermione et Luna Lovegood.
-Angele, salut ! On n'attendait que toi. J'espère qu'on va boucler ça vite.
La rousse se pencha sur son amie pour lui susurrer une dernière phrase.
-Maman est déjà impossible, je compte sur toi pour me faire une bonne sélection de robes. J'en essaie deux et c'est plié.
Draco hocha la tête, acceptant la mission. Ginny lui avait déjà dit et répété qu'elle ne voulait pas s'éterniser sur des essayages. Ce n'était pas son truc. Angele en revanche était toujours tirée à quatre épingles. Draco adorait la mode quelque soit son genre et cela se ressentait dans la façon de s'habiller d'Angele. C'était pour cela qu'il n'avait pas pu faire faux bond à la jeune fiancée.
Ginny s'extasiait exagérément sur chacune de ses sélections mais ça ne semblait pas suffire à la matriarche Weasley qui souhaitait voir sa fille dans LA robe. Draco aurait sans doute trouvé la situation moins pénible s'il ne se sentait pas si fatigué émotionnellement.
Il se sentait de plus en plus éteint alors que ses doigts parcouraient les différentes étoffes allant du blanc éclatant au blanc crème.
-Ca va ma belle ?
Ginny s'était glissée près de lui, un air sincèrement soucieux sur le visage. Elle portait encore l'une des trop nombreuses robes que sa mère avait insisté pour la faire essayer.
-Ca va.
Le sourire qu'il lui adressa n'atteignit pas ses yeux.
-Tu es sure ?
La rousse pris l'une de ses mains pour l'attirer à l'écart, un pli barrant toujours son front.
-Ca ira, je suis juste… Un peu fatigué en ce moment.
-S'il y avait quelque chose, tu me le dirais, pas vrai ?
Draco ferma les yeux, sentant les larmes de son épuisement mental s'accumuler derrière ses paupières.
-Hey, dis-moi ce qui ne va pas Angie. Tu veux qu'on repousse les essayages à un autre jour ? On peut aller se prendre un verre quelque part toute les deux.
-C'est gentil mais…
La voix de Draco se brisa.
-Je suis juste fatigué, je te jure.
Ginny le prit dans ses bras, frottant son dos dans un geste apaisant.
-Je déteste te voir comme ça. Tu sais que je serai toujours là pour toi, tu peux tout me dire.
Draco laissa échapper un sanglot qui lui attira les regards interloqués des différentes femmes présentes plus loin dans la pièce. C'était faux. Tout était faux. Sa vie était un mensonge et il ne comptait pour personne. Pas lui. Pas Draco.
-Hey, calme-toi. Je suis là. C'est quoi ? C'est Harry ?
-Je vais rentrer.
Il avait envie de s'arracher la peau.
-Attends…
Mais Draco s'enfuyait déjà de la boutique.
Il ne pouvait plus le faire.
Ça y était, il avait atteint le point de rupture.
Une main sur la bouche pour étouffer ses sanglots, il laissa son dos glisser le long du mur de brique de la ruelle adjacente. Il n'était pas en état de transplanter.
-Angie, tu vas bien ?
Il releva des yeux rougis vers la chevelure rousse. La silhouette était floue mais reconnaissable entre toutes.
-Je suis désolé, croassa-t-il.
-Tu veux en parler ?
Ginny se laissa glisser près de son amie, un air réellement soucieux sur le visage. Elle n'avait jamais vu Angele pleurer.
-Je crois que je… J'ai besoin de faire une pause.
-Tu veux dire…
-Oui, avec Harry. Je… Je suis désolé, je gâche ta journée. C'est juste que tout est tellement… Trop en ce moment, je… J'en sais rien. Je me sens perdu.
-Arrête de t'excuser, je m'en fiche de ces essayages de robe.
-Tu vas te marier. Ton couple va super bien et moi je t'embête avec mes problèmes et mes états d'âme.
-On est amies. Tes « états d'âme » m'intéressent. Maintenant, dis-moi ce qu'il se passe avec ce bon à rien d'Harry.
-Elles vont t'attendre à l'intérieur.
La rousse éluda d'un geste de la main. C'est à ce moment que Draco remarqua qu'elle portait toujours la robe affreuse que sa mère l'avait forcée à essayer.
-Je leur ai dit que j'en aurait peut-être pour un moment. Je suis toute à toi.
Draco ne savait pas par où commencer exactement pour ne pas se trahir. Tout était lié à son secret, son fardeau.
-Je sais pas quoi te dire. Je me sens juste mal depuis quelques temps et je… Je me demande si Harry… S'il m'aime vraiment pour moi ou…
Draco ne termina pas sa phrase, incapable de trouver comment la finir. Ginny posa sa main sur son bras pâle.
-Tu es une personne incroyable. Je suis sûre que même un bigleux comme Harry est capable de le voir.
Draco secoua la tête. Elle ne comprenait pas. Elle ne pouvait pas comprendre.
Pourquoi avait-il laissé les mensonges prendre autant de place dans sa vie ? Cela lui semblait insurmontable désormais tandis qu'il se sentait couler de plus en plus profondément dans les abysses du désespoir.
La suite a tardé, je sais, je suis desolee, j'ai eu un debut de grossesse un peu difficile.
Quoi qu'il en soit, quanf je poste ici, je m'engage toujours a terminer meme si ca prend un peu de temps.
Que pensez vous de cette suite ? Draco tiendra t il plus longtemps ?
