Merci à Kana-chan01, Nemerof91 et Kate Neremh pour leurs reviews. Et merci à Aeryn Liz, Idh-cirith et Kate Neremh pour avoir mis la story en Alert et Favorite.

Bonne lecture et bon week-end !

DISCLAIMER : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, tout est à Tolkien.


Chapitre3 :
La ruelle

Jodie avait failli annuler ses plans.

Pourquoi aller à la réunion, si c'était pour annoncer à ses membres que l'une d'entre eux était morte ?

Elle avait tenté de joindre son père avec son téléphone, mais il n'avait pas répondu. Ses recherches sur Internet n'avaient rien donné, personne ne parlait dans un quelconque journal d'un avion écrasé ou ayant souffert d'une tempête. Cela ne faisait que l'angoisser de plus belle.

Finalement, elle avait opté pour un nouveau plan. Après le dîner, elle était sortie en douce du foyer avec un sac contenant quelques vêtements et son argent, ainsi que la cage renfermant son chat.

Elle allait voir les Érudits et leur demander de l'aide. Peut-être que l'un d'eux pourrait devenir sa famille d'accueil, ou tout au moins garder Perle ?

Peut-être que personne ne la prendrait, elle, mais si elle pouvait sauver au moins son chat, ce serait une petite victoire, une minuscule goutte d'espoir dans un océan de peur.

Résolue, elle traversa la rue en essayant de ne pas courir. Personne ne savait qu'elle était sortie, mais si jamais quelqu'un avait l'idée de faire une inspection des chambres ce soir… Combien de temps fallait-il pour signaler une disparition ?

Refusant d'y penser, elle s'arrêta dans une rue animée. Ici, de nombreux restaurants et magasins couvraient les murs.

En voyant tous ces gens qui dînaient ou musardaient avec un sourire tranquille, insouciant, elle eut un pincement de cœur.

Comme elle aurait aimé être de nouveau comme eux, avec une famille normale, une vie simple… Savoir qu'elle rentrerait le soir pour faire ses devoirs avant de dîner avec sa mère, qu'elles regardaient un film avant d'aller dormir, que sa chatte viendrait dormir au pied de son lit…

Avec un soupir triste, Jodie détacha son regard des gens pour scruter les voitures. Elle voulut prendre un taxi, quand elle réalisa qu'elle n'avait pas assez sur elle pour le payer. Et le chemin jusqu'à l'église était long…

Elle regarda sa montre et vit qu'il lui restait une heure. Si elle marchait d'un bon pas sans s'arrêter, elle devrait arriver à temps.

Le tonnerre gronda, signe qu'il allait bientôt pleuvoir. Décidément, rien n'allait, aujourd'hui !

Allez, ça me fera du bien, un peu de sport, se dit-elle pour positiver.

Et surtout, cela l'aiderait à ne pas penser à sa mère. Hélas, tandis qu'elle se mettait en route, la dure réalité la rattrapa : sa mère n'était plus.

Pourquoi Jodie continuait-elle de s'accrocher au passé ? Pourquoi allait-elle à cette réunion ?

Parce que c'est tout ce qu'il me reste d'elle. Et parce que je dois essayer de sauver Perle.

Mais même l'idée de se séparer de son chat l'attristait. Pourquoi le destin semblait soudain s'acharner sur elle ?

Son amie d'enfance, son chat, sa mère… Peut-être aussi son père !

Elle essaya de se remémorer les récits de sa mère sur Eru, les Valars, Valinor, Arda… mais cela ne la consolait qu'à moitié, car toutes ces choses lui avaient été enseignées par elle !

Pourquoi le monde était-il si dur et si sombre ? Pourquoi le merveilleux ne se cantonnait-il qu'aux rêves ?

Perdue dans ses pensées, elle s'arrêta en réalisant qu'elle était arrivée dans une ruelle sombre et peu engageante.

Des poubelles couvraient le mur sur sa droite, laissant s'échapper une odeur écœurante. Une grosse flaque d'eau boueuse recouvrait le centre du passage.

Jodie fit la moue. Elle avait vu assez de films pour savoir que ce genre d'endroit était dangereux.

Elle voulut faire demi-tour, quand elle vit trois silhouettes encapuchonnées s'avancer vers elle.

Jodie fit volte-face et se retrouva face à une quatrième personne. Elle reconnut le chef de la bande qui avait menacé Tina.

« Alors, ma jolie, tu as notre argent ? »

Jodie soupesa rapidement ses chances. Entre son sac et la cage de son chat, elle avait peu de chances de les distancer.

Elle ne put réfléchir davantage, car le meneur pointa un couteau cranté vers son manteau.

« Ta copine n'est pas avec toi ? » demanda le chef.

« C'est plus ma copine. »

« Oooooh, pauvre chou ! Si tu veux pas perdre plus que ta copine, va falloir payer. T'es sur notre territoire, après tout. »

L'un des types se pencha vers la cage.

« C'est quoi, ça ? Un chat ? »

Perle tendit brusquement la patte à travers les barreaux et lui griffa le nez.

Avec un cri douloureux, le voyou recula et porta la main à son visage. Du sang s'écoulait entre ses doigts, signe que le félin avait réussi à l'entailler.

« Sale bête ! » siffla l'adolescent.

Le chef lança un regard mauvais au chat, puis fit signe à un de ses copains de s'occuper de lui.

Jodie leva la cage pour la serrer contre sa poitrine, quand l'un des voyous enroula son bras autour de son cou, l'étranglant à moitié.

La jeune fille faillit lâcher son chat, mais elle se retint. Elle utilisa son bras libre pour lutter, quand la pointe du cou se fit sentir à travers ses vêtements.

« Prenez son sac ! » dit le chef.

Jodie les laissa lui arracher son sac à dos. Ce geste desserra l'emprise du garçon autour de son cou.

Refusant de se laisser faire, elle tendit la jambe en avant et frappa le chef d'un bon coup de pied.

Elle profita de l'effet de surprise et se mit à courir vers le bout de la ruelle. Son chat émit un grognement étouffé, car courir obligeait Jodie à secouer la cage.

Arrivée au bout de la ruelle, elle se retrouva sur un passage clouté traversant une route.

Des voitures traversaient à toute vitesse, mais Jodie courait si vite qu'elle ne prit pas le temps d'analyser son environnement.

Surprise par un coup de klaxon, elle s'arrêta au milieu de la route et vit une voiture la manquer de peu.

Choquée, essoufflée, elle resta sans bouger. Ce fut une terrible erreur, car une voiture venant dans l'autre sens ne put freiner à temps.

Le véhicule la percuta de plein fouet, envoyant valser la jeune fille et la cage, avant d'atterrir plus loin sur la route.

Petit à petit, les voitures ralentirent, jusqu'à s'arrêter autour de l'espace occupé par le corps de Jodie.

La cage était cabossée et ouverte. La chatte demeurait allongée dedans, du sang s'écoulant de son flanc. Le choc avait été trop violent pour elle aussi.

Malgré la douleur et l'impossibilité de bouger, Jodie gémit en voyant sa pauvre Perle dans cet état.

Pardon, Perle… Pardon !

Un homme, peut-être celui qui l'avait renversée, s'agenouilla près d'elle et se mit à taper furieusement sur le clavier de son téléphone. Tandis qu'il attendait que les secours répondent, il demanda à la jeune fille de tenir bon.

Mais cette dernière ne lui prêta guère attention, pas plus qu'aux voix inquiètes des autres témoins qui s'attroupaient autour d'eux.

Elle avait mal partout, mais le froid qui gagnait ses membres la rendait de plus en plus insensible.

C'est fini, pensa Jodie avec un désespoir glaçant.

Elle n'aurait jamais cru qu'elle mourrait ainsi, avec sa pauvre chatte, sans même savoir si son père était encore en vie quelque part.

Jodie voulut fermer les yeux, quand elle sentit quelque chose de bizarre contre sa poitrine. Elle se rappela que c'était l'endroit où se trouvait la bourse renfermant le fragment du Silmaril.

Une lueur traversa le tissu, gagnant faiblement en intensité. Face à cette lumière, le chauffard eut un geste de recul. Cet éclat était plus fort que celui des phares de voiture.

Malgré ce qui lui arrivait, Jodie eut un sourire intérieur. Au moins, elle mourrait en contemplant une lumière réconfortante.

C'est comme trouver une étoile dans les ténèbres, avant de s'endormir…

Ce fut sa dernière pensée, avant que la mort ne la saisisse.

XxXxXxXxXxXxXxXxXxX

La forêt, sombre, était peuplée de créatures inquiétantes. Entre les arbres, la nuit craquait, grognait et frémissait.

À la lueur de son bâton, un vieillard au chapeau pointu suivait un sentier entre les arbres.

Bien qu'immenses et imposants, leur écorce sombre et leurs branches couvertes de toiles d'araignée leur donnait un air inquiétant.

Gandalf n'aimait pas voyager à travers Mirkwood. Surtout depuis qu'il avait été fait prisonnier à Dol Guldur. Il ne pouvait oublier le temps qu'il y avait passé, enfermé dans une cage, la torture qu'un orque lui avait infligée pour lui arracher des informations sur les anneaux des Elfes.

Et surtout, il ne pouvait l'oublier, Lui. Sauron, le Seigneur Ténébreux.

Sans Galadriel, il serait sûrement mort depuis longtemps. Le magicien posa brièvement les yeux sur Narya, l'anneau de feu à son doigt, cadeau du seigneur elfe Cirdan pour l'aider dans sa mission.

Mais cela suffirait-il ? Même avec un anneau de pouvoir, il n'avait pu tenir tête à Sauron, lors de leur rencontre à Dol Guldur. Et par sa faute, Thraïn, le père de Thorïn, était mort.

Perdu dans ses sombres pensées, Gandalf sursauta lorsque son bâton émit le bruit du bois heurtant la pierre.

Il venait d'atteindre le pont marquant l'entrée de Dol Guldur. Comme il le craignait, cet endroit respirait encore le mal.

Galadriel avait beau avoir banni Sauron vers l'Est, l'empreinte des Ténèbres était toujours présente en ces lieux.

Pourquoi suis-je venu ici ? se demanda le magicien.

Peut-être pour voir Thranduil ? Cela faisait des années qu'il ne l'avait pas vu, depuis la bataille d'Erebor.

Sauf que le chemin pour le palais du roi était à l'opposé de la forteresse.

Secouant la tête, Gandalf voulut rebrousser chemin, quand il s'arrêta. Quelque chose ne tournait pas rond, il le sentait.

C'était une sensation diffuse jusqu'à présent, mais maintenant qu'il avait atteint la frontière de Dol Guldur, cette impression se confirmait. Il y avait quelque chose de puissant, empreint d'une étrange magie, qui se trouvait près d'ici.

Soudain, un bruit suspect dans les buissons environnants lui parvint. Voyant les feuillages bouger, il dégaina son épée d'une main, l'autre tendant son bâton en avant… quand il vit un traîneau tiré par des lapins foncer sur lui.

Gandalf évita de justesse le véhicule, tandis que son conducteur ordonnait aux animaux de s'arrêter.

« Oh, c'est vous ! » dit Gandalf, rassuré.

Le maître du traîneau n'était autre que Radagast, un vieil homme barbu et un magicien, comme lui. Mais si Gandalf portait une robe grise propre et un chapeau bleu pointu tout simple, son homologue portait une espèce de chapka sale et un manteau brun usé, couvert de feuilles et de déjections animales.

« Oh, Gandalf ! Que faites-vous ici ? » demanda Radagast.

« Et vous ? Je croyais que vous n'aimiez guère vous aventurer près de Dol Guldur. »

Radagast poussa un soupir.

« C'est vrai, mais je me dois de veiller sur les animaux et les plantes de cette forêt. Et elle en fait partie. »

« Elle ? » demanda le magicien, légèrement confus.

Radagast parut hésiter. Il jeta des regards à droite et à gauche, puis fit signe au magicien de le suivre.

Il lui fit contourner la forteresse par l'est, puis franchir un épais mur de buissons épineux qui menait à une place surplombant la forêt de Mirkwood.

Gandalf reconnut l'endroit où Saroumane, Elrond et Galadriel avaient affronté Sauron.

La pierre était calcinée par endroits, seule trace de l'affrontement qui avait eu lieu entre la Dame de la Lothlorien et le Seigneur Ténébreux.

Radagast s'approcha d'un monticule de pierres et qu'il écarta, révélant une plante.

« Une fleur ?! » s'écria Gandalf.

C'en était une, en effet. Mais elle avait une taille anormale, presque aussi grosse qu'un chat adulte. Sa forme d'étoile évoquait celle de l'elanor, la fleur étoile-soleil, qui poussait sur la plaine de Cerin Amroth. Sauf qu'au lieu d'arborer une belle couleur jaune, cette fleur-ci avait une inquiétante teinte noire, parsemée de points blancs cadavériques et de rayures rouge sang.

« Quelle est cette chose, Radagast ?! » s'écria Gandalf avec dégoût. « Cette plante respire le mal ! »

« Non, non, non ! Regardez bien… »

Le magicien lui fit signe de se pencher pour regarder le cœur de la fleur. Gandalf le fit avec réticence, et fut surpris de voir que le cœur était doré. C'était comme s'il renfermait un petit soleil.

Hypnotisé par ce spectacle, Gandalf ne put s'empêcher de tendre la main. Lorsque ses doigts effleurèrent le pollen, il sentit une douce chaleur se propager dans ses doigts.

À son contact, la fleur recula. Ses pétales se refermèrent, faisant disparaître le pollen doré.

La plante se contracta, comme prise de spasmes, puis sa tige se tendit violemment en avant. Les pétales s'ouvrirent et crachèrent une grosse masse de pollen qui tomba au sol dans un bruit mou.

Affolé, Radagast s'approcha de la plante et caressa la tige comme un chat qu'il essayait de réconforter. La plante noircit, puis se racornit et tomba au sol, morte.

« Oh non… Pauvre petite ! »

Gandalf ne lança qu'un bref regard à la plante. Son attention était focalisée sur le drôle de nuage doré qu'elle avait craché.

Il vit le pollen se solidifier, prenant la forme d'une espèce de gangue. On aurait dit un œuf liquide renfermant quelque chose en son centre.

Il plissa les yeux. Quoi que cela puisse être, cette chose renfermait un mélange de magie lumineuse et ténébreuse, il le sentait. Il pouvait discerner une onde familière, semblable à celle de Galadriel. Mais aussi une autre plus sombre, comme… Sauron ?

Soudain, l'évidence le frappa. Cette plante avait été touchée par les forces magiques qui s'étaient battues ici, il y a des années. Galadriel et Sauron avaient déchaîné leur magie, et cela avait laissé des traces.

Mais que pouvait être cette chose issue d'un tel mélange de magies ?

Il lui sembla que quelque chose s'agitait à l'intérieur de l'œuf. Soudain, la coque se fendit, puis un minuscule poing humain en sortit.

D'abord surpris, Gandalf reprit vite ses esprits et déchira délicatement, du bout de son bâton, le reste de l'enveloppe, révélant un minuscule être humain.

« Un bébé ?! » s'écria Radagast.

C'en était bien un. Gandalf utilisa un pan de sa cape pour emmailloter l'enfant dedans.

Niché au creux de ses bras, il l'examina. Sa peau était claire et lisse, son visage affichait l'innocence d'un bébé humain. C'était une petite fille, du moins en apparence, car il sentait toujours les deux puissances opposées en elle.

Une part de lui sentait que c'était mauvais signe. Que faire ? La tuer ? Cela lui parut trop cruel, pourtant cette enfant n'était pas née de façon naturelle. Les Ténèbres avaient participé à sa création. Mais il y avait aussi une lumière nichée en elle, il l'avait vue dans la fleur et la sentait encore, enfouie dans ce petit cœur si fragile.

L'air grave, Gandalf se tourna vers son collègue.

« Racontez-moi tout, Radagast. »

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Jamais Jodie n'aurait cru que la mort puisse être si apaisante.

Après avoir rendu son dernier souffle au milieu de la route, elle n'avait eu que les ténèbres pour seule compagnie.

Mais bien vite, la noirceur environnante se mua en un grand ciel étoilé.

Surprise, la jeune fille sentit qu'on l'attirait quelque part. Elle tenta de bouger, mais son corps avait disparu. Elle était morte, après tout, n'est-ce pas ?

Pourtant, rien ne l'avait préparée à cette espèce de vision étendue, qui lui permettait de voir plus loin qu'avec des yeux humains.

Elle avait l'impression de voler à travers l'espace. Des galaxies aux couleurs flamboyantes défilaient à toute vitesse autour d'elle. C'était magnifique ! Jamais elle n'aurait cru qu'une telle vision s'offre à elle après la mort.

Bientôt, l'obscurité étoilée se changea en un espace d'un blanc lumineux, puis une femme apparut devant elle. Jamais elle n'en avait vu d'aussi belle. Grande, la peau d'un blanc nacré comme la lune, ses longs cheveux noirs semblaient se fondre avec le ciel étoilé.

« Jeune Érudite… tu n'aurais pas dû mourir ainsi, dans la solitude et le chagrin. Ton âme aurait dû rejoindre les cavernes de Mandos pour y être jugée, mais tu es morte en portant sur toi un fragment d'un des Silmarils. Dès lors, ton âme est marquée par les Ténèbres et la Lumière. Nous ne pouvons te garder. Il te faut repartir et faire ton choix, mais nous ferons tout pour t'aider. »

Un choix ? Quel choix ? Elle était morte, elle n'avait plus de choix à faire, sa vie ne lui appartenait plus ! Jodie aurait aimé le lui dire, mais comment parler quand on n'a plus de bouche ?

Pourtant, la mystérieuse femme avait dû l'entendre, car elle lui offrit un sourire énigmatique.

« Tu finiras par comprendre, ne t'inquiète pas. Il est temps d'y aller, maintenant. Yavanna te guidera. »

Une femme apparut à côté de la première. Elle était tout son opposé : blonde, vêtue de vert, la peau dorée et ses yeux… Jamais Jodie n'avait vu une telle couleur ! On aurait dit que toutes les nuances du vert semblaient s'être concentrées dans ses prunelles.

Un mouvement au bas de sa robe attira l'attention de Jodie. Elle fut surprise de voir Perle assise à côté de la jeune femme, comme si elle la connaissait. Croisant son regard, Yavanna offrit à Jodie un sourire rassurant.

« Elle trouvera la paix et le bonheur, tout comme toi, je te le promets », dit la femme d'une voix chantante, comme celle d'un rossignol.

Lorsqu'elle fit un geste de la main vers elle, Jodie se sentit happée par une force invisible. Ce fut à nouveau l'obscurité, puis il y eut de la lumière… et ensuite une obscurité plus douce, teintée de rose.

La jeune fille sentit quelque chose de bizarre, comme si elle flottait dans un liquide chaud. C'était moyennement confortable, car elle avait du mal à bouger.

Il y eut à nouveau une sensation de froid, suivie de bruits. Des gens parlaient, deux hommes à en juger leur voix. Elle aurait aimé qu'ils se taisent, pour qu'elle continue de se reposer.

Lorsque le froid se fit plus fort, elle gémit et essaya d'ouvrir les yeux.

Pourtant, elle n'y arrivait pas. Pourquoi ? Elle se sentait… bizarre. Son corps lui paraissait engourdi et faible. Elle sentit quelqu'un la soulever, puis l'envelopper dans une étoffe.

Rassurée, elle enfouit son nez dans le tissu. Que se passait-il ? Peut-être était-elle à l'hôpital ? Les deux femmes n'avaient-elles été qu'un rêve ? On avait dû la mettre sous perfusion, ce qui expliquait les hallucinations et la faiblesse extrême de ses membres.

Fatiguée, elle choisit de ne plus lutter et laissa le sommeil l'emporter.