Salut à tout le monde ! Merci encore pour les avis ! Promis, je compte bien poursuivre cette traduction, c'est vraiment un plaisir de le faire, même si ça prend un temps fou. D'ailleurs, on continue sur cette belle lancée, bonne lecture !
La vie au Square Grimmaurd ne ressemblait pas du tout à la vie au Manoir. Potter et Black se levaient toujours tôt et se déplaçaient dans la maison – généralement, ils se retrouvaient dans la bibliothèque ou en bas, dans la cuisine – et Drago avait donc toujours de la compagnie s'il se levait tôt. Weasley, Lupin et Tonks (quand elle était là) aimaient tous dormir tard, alors si Drago avait envie de faire la grasse matinée, il ne serait pas seul à le faire.
Il pouvait rester en pyjama toute la journée s'il le souhaitait et personne ne parlait de sang-de-bourbes ou ne lui reprochait de se comporter comme un Poufsouffle, ou quoi que ce soit du même genre.
Il y avait énormément d'échanges et Drago se surprit à apprécier cela, plutôt que de les fuir. Au Manoir, Hydrus passait souvent près de Drago sans lui adresser la parole, Père se contentait d'un signe de tête et même Mère était devenue plus distante l'année précédant son entrée à Poudlard. A Grimmaurd, Drago tombait tout le temps sur quelqu'un dans les escaliers, dans la bibliothèque ou dans la cuisine et le plus souvent, cette rencontre donnait lieu à une question, une histoire amusante ou – de la part de Potter, Weasley et des adultes – une proposition de jouer aux échecs ou à la Bataille Explosive. Si c'était Kreattur qu'il croisait, l'elfe de maison lui proposait à manger ou lui tapotait doucement l'épaule. Kreattur était bien plus audacieux que Dobby – qui manquait à Drago bien plus qu'il ne l'aurait cru – et lors de sa première matinée ici, Drago était entré dans la cuisine et l'avait entendu réprimandé Black pour s'être faufilé chez les voisins au milieu de la nuit.
«Ça valait le coup.» dit Black, tandis que Kreattur s'inclinait devant Drago – apparemment, il avait beaucoup apprécié la 'Maîtresse Cissy' pendant son enfance – et lui offrait une tasse de thé.
Drago les regarda tous les deux avec méfiance – si Dobby avait réprimandé Père, il aurait sûrement reçu l'ordre d'allumer le four, d'y grimper et de ne pas en sortir, ou de boire une de ces potions que Père gardait sous le bureau. Black ne semblait cependant pas s'en offusquer. Il s'était tourné vers Potter sans même une remarque pour le vieil elfe de maison.
«Tu as dit quoi, gamin?» demanda Black.
«Je demandais: tu faisais quoi là-bas au milieu de la nuit?»
Kreattur s'éclaircit la gorge de manière menaçante et Black – à la surprise de Drago – parut mal à l'aise.
«Euh, et bien, dit Black en regardant Drago, avant de se retourner vers Potter. Le truc, c'est que- euh-»
«Bonjour tout le monde.» dit Lupin en descendant les marches, vêtu d'un pantalon de pyjama et d'un tee-shirt.
Drago, qui ne l'avait vu qu'en tenue de professeur, passa un moment à essayer de distinguer les deux versions. Il était inquiet de se tromper et d'appeler Lupin 'professeur' pendant les vacances – comme Weasley le faisait – ou qu'au retour à l'école, il l'appelle Lupin ou M. Lunard.
Il avait encore l'air à moitié endormi, mais il fut rapidement réveillé lorsque Black le salua avec un «Lunard!» bruyant, joyeux et, Drago le suspectait, soulagé.
«Sirius.» dit Lupin, et Drago vit ses narines frémir.
Ensuite, Lupin adressa un regard légèrement amusé et perplexe.
«Vous avez reniflé?» demanda Drago.
Lupin eut l'air d'avoir été pris la main dans le pot de confiture.
«Observateur, dit-il après un moment, avec un léger sourire. Oui, en effet. Je me demandais pourquoi Sirius était si soulagé de me voir.»
Il regarda Potter, cherchant apparemment une réponse, et Black se crispa, mais Potter se contenta de hausser les épaules et il se détendit. Drago ne comprenait pas encore assez bien l'amitié pour comprendre ce que signifiaient les regards qu'échangeaient les amis, mais il en savait assez à propos des gens en général pour savoir que Lupin allait poursuivre cette discussion plus tard.
Potter tira ensuite sur la manche de Drago – de ça, il s'était habitué à Poudlard – et entama une discussion avec lui sur la façon dont ils devraient réveiller Weasley.
Sirius soupira et frappa à la porte de la chambre de Harry, le quatrième jour des vacances. Quatre voix amusées se turent et Sirius passa un moment à se demander à qui appartenait la quatrième voix, avant que Harry ne l'invite à entrer.
«J'aurais du le savoir, murmura-t-il. Remus te cherche, tu sais.»
Dora lui lança un grand sourire depuis le sol où elle était assise entre Drago et Harry.
«Visiblement pas très bien, dit-elle en lâchant une carte de Bataille Explosive sur le tas. J'ai gagné.»
Harry grogna.
«Tu joues comme Charlie, murmura Ron. Il gagne toujours aux jeux de cartes.»
«Tu crois qu'il a appris ça où?» demanda Dora en clignant de l'œil.
Ron rougit.
«Tu as besoin de moi?» demanda-t-elle.
«Non, dit Sirius. Je me demandais juste si je pouvais te parler, Drago.»
«Av- moi?» demanda Drago.
Sa question sortit comme un gémissement.
«Si ça te va.» dit Sirius en hochant la tête.
La seule fois où ils avaient parlé seul à seul avait eu lieu après la mort de la chouette de Morton. Évidemment, Drago s'attendait à quelque chose de similaire. Il regarda Harry, qui ne disait rien – mais regardait Sirius avec un air curieux – et Drago n'eut d'autre choix que de suivre Sirius hors de la pièce.
Sirius ferma la porte derrière lui et plaça un sort rapide sur la porte pour bloquer le son jusqu'à ce qu'elle s'ouvre à nouveau. Il s'attendait visiblement à ce que son filleul bien trop curieux cherche à écouter.
«J'ai fait quelque chose, monsieur?» demanda Drago.
«Pas de 'monsieur', appelle-moi Sirius, dit Sirius Et non, je-»
Et il ne pouvait pas croire ce qu'il allait dire, étant donné sa propre enfance, mais il le fit quand même.
«Je me demandais si tu avais écris chez toi.»
L'expression inquiète de Drago disparut tout à coup. Sirius ne pouvait rien lire sur son visage, mais il pouvait sentir une sorte de méfiance.
«Je suis content que tu sois là, bien sûr, ajouta rapidement Sirius. Et je n'ai aucune intention de te renvoyer chez toi, mais- j'ai vu comment tu te comportais sur le quai-»
«Comment je me comportais?» demanda Drago, sur la défensive.
«Comme moi, dit prudemment Sirius. Quand j'essayais de ne pas me faire voir de ma famille pour rentrer plutôt avec le père de Harry et ses grands-parents.»
L'odeur soudainement coupable de Drago confirma l'idée de Sirius, même si, de manière assez impressionnante, rien ne se voyait sur son visage.
«Et si tu es ne serait-ce qu'un peu comme moi, j'imagine que ta famille ne sait pas où tu es en ce moment.»
«Vous venez de dire que vous avez fait la même chose.» fit remarquer Drago.
«C'est vrai.»
Sirius soupira et passa une main dans ses cheveux.
«Cela dit, mes parents se doutaient que j'étais chez les Potter. Les tiens ...»
« Ils pensent que je suis resté à l'école.» dit Drago, sur la défensive.
Cette réponse était la raison qui avait poussé Sirius à rester silencieux aussi longtemps. Ce que Narcissa et Lucius ignoraient ne pouvaient pas leur faire de mal. Malheureusement, Sirius y avait beaucoup réfléchi et avait trouvé un problème.
«Et Rogue?» demanda Sirius.
«Quoi-»
Drago écarquilla les yeux et Sirius se douta qu'il venait de répondre à sa propre question.
«Oh.»
«Ouais, dit Sirius en grimaçant. J'imagine qu'il va remarquer.»
«Il est observateur.» murmura Drago.
«Je sais.»
C'était un trait de caractère qui avait causé beaucoup de tort à Sirius dans le passé et il avait seulement commencé à l'apprécier l'année dernière, après leurs échanges plus ou moins cordiaux.
«Dans tous les cas, je ne suis pas là pour te pousser à leur parler si tu ne veux pas, mais je veux juste te prévenir que tu peux emprunter Hedwige ou utiliser la Cheminée.»
«Non, dit Drago. Merci, mais non. Je- Severus comprendra, je pense, mais il est trop proche de mes parents pour ne rien leur dire et je- s'ils découvrent que je suis là- je ne sais pas comment- quoi dire- vous êtes tous des traîtres à leur sang et des hybrides-»
«Voilà, bravo!» s'écria le portrait de la mère de Sirius depuis le placard ouvert de Kreattur.
Sirius lança un regard noir dans sa direction.
«-et ce n'est pas une mauvaise chose, je sais, mais ils ne- c'est-»
«Je comprends.» dit Sirius avec un sourire sinistre.
«Le mouton blanc.» dit Drago.
«C'est ça.» murmura Sirius, adressant au garçon un regard étrange.
Il savait que Harry avait dit quelque chose à Drago à propos de ça, voilà plus d'un an, mais il ne s'était pas attendu à ce que Drago s'en souvienne, et encore moins qu'il le comprenne.
«Alors, merci, dit Drago. Mais je pense que je pourrais- je parlerais à Severus une fois que l'école aura repris et je pense qu'il ne trouvera rien à redire. Mais je ne veux pas écrire à la maison.»
Il regarda en direction de la porte de Harry.
«Tu as une préférence pour le dîner?» demanda Sirius.
«Non, dit Drago. Merci.»
Il sourit à Sirius, avant de disparaître à nouveau dans la chambre de Harry.
Bien plus tard ce soir-là, ce ne fut pas l'habituel «Qu'est-ce que tu veux?» ou «Qui c'est?» sarcastique qui accueilli Sirius lorsqu'il frappa à la porte de Rogue. Il entendit des pas pressés, avant que la porte ne s'ouvre en grand. Le visage de Rogue s'affaissa lorsqu'il repéra Sirius.
«Tu attendais quelqu'un d'autre?» demanda Sirius.
Rogue retourna vivement dans son bureau et Sirius le suivit à l'intérieur.
«Qu'est-ce que tu veux?» demanda Rogue, irrité.
Étrangement, cependant, ce n'était ni le ressentiment, ni la colère qui ressortait le plus de son odeur. C'était l'inquiétude.
J'ai bien fait de venir, pensa Sirius. Peut-être. Il avait une légère impression de trahison. Il se serait certainement senti trahi si quelqu'un lui avait fait la même chose.
«Te parler.» répondit Sirius.
«Visiblement, le railla Rogue. Et vu que c'est le milieu de la nuit, j'imagine que c'est soit une urgence, soit un dilemme moral qui t'empêche de dormir, soit tu es venu pour m'énerver … ce ne serait pas la première fois.»
«Drago est en sécurité, et il est heureux.» dit Sirius.
«Il- bien sûr, murmura Rogue. Bien sûr.»
Sa bouche frémit et Sirius se demanda pourquoi, du moins jusqu'à ce que Rogue reprenne la parole.
«J'aurais du deviner qu'il était avec toi. Tu sembles avoir un penchant pour le kidnapping d'enfants malheureux.»
Sirius éclata de rire.
«Je ne l'ai pas kidnappé. Harry l'a invité et il a accepté.»
«Sans le dire à personne, dit Rogue, l'air agacé à nouveau. Il n'a rien dit sur ses plans ni à moi, ni à sa famille … La seule à qui il a parlé, c'est Minerva et il lui a dit qu'il rentrait chez lui. En même temps, Lucius et Narcissa se sont dit qu'il avait du rester et j'ai du leur annoncer que leur fils avait … disparu.»
Sirius grimaça. Rogue jeta la lettre inachevée au feu.
«Donc je dois comprendre que tu es venu à sa demande?»
«Pas vraiment, dit Sirius. J'ai juste- Si ça avait été Harry, j'aurais aimé savoir.»
«J'apprécie le geste, dit Rogue, l'air d'avoir du mal à prononcer ces mots.
Sirius se contenta d'acquiescer.
«Puis-je … demander pourquoi Drago ne m'a pas contacté lui-même?»
L'expression de Rogue vacilla.
«Est-ce que j'ai … fait quelque chose peut-être?»
«Je- Non, je ne pense pas, dit Sirius. Il a dit que tu comprendrais, mais je pense qu'il était inquiet que tu l'obliges à parler à sa famille ou à leur dire où il était. Il a dit que tu étais trop proche d'eux pour ne pas le faire.»
Rogue soupira bruyamment et agita sa baguette en direction de la bibliothèque, qui s'ouvrit pour révéler une porte qui donnait sur les appartements de Rogue. L'instant d'après, deux verres et une bouteille de whisky Pur-Feu apparurent.
«Je te sers un verre?» demanda Rogue.
«Non, merci, répondit Sirius, luttant pour cacher sa surprise. Il vaudrait mieux que j'y retourne … J'ai trois Gryffondors à la maison-»
«Tant que tu n'auras pas géré une classe entière de Gryffondors, tu ne recevras aucune sympathie de ma part, dit Rogue en se servant un verre. Tu peux utiliser la Cheminée, ça t'évitera de passer par le bureau du Directeur.»
«Merci.» dit Sirius.
Il prit une pincée de poudre de Cheminette et la jeta dans la cheminée.
«A nos filleuls.» murmura Rogue en levant son verre en direction de Sirius.
Sirius éclata de rire en grimpant dans le feu.
«Numéro Treize, Square Grimmaurd!»
Rogue lui adressa un drôle de regard et ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais les flammes avaient déjà enlevé Sirius.
«Si tu mets de la cendre sur mon tapis, Sirius, je vais- mmph.»
«Tu vas quoi?» murmura Sirius contre la bouche de Marlène.
«Trouver le maléfice le plus agaçant possible et-»
Sirius l'embrassa à nouveau, recevant un reproche prononcé sans conviction.
«Tu as un goût de dentifrice.»
«C'est parce que je suis une personne normale, dit-elle en reculant d'un pas. Et les gens normaux font des choses normales, comme se brosser les dents avant d'aller se coucher. Ils ne sortent pas des cheminées.»
«Ah, mais, dit Sirius. J'aime rendre les choses intéressantes.»
«Je vois, dit Marlène, en souriant. Tu restes ce soir?»
«En fait, dit Sirius. J'allais demander si tu voulais bien venir ...»
Il désigna le mur qui séparait le Numéro Douze et le salon de Marlène.
«J'ai trois Gryffondors de première année dans ma maison et les pauvres Lunard et Kreattur sont tout seuls-»
«Remus est un professeur.» fit remarquer Marlène.
«Il est bien trop tolérant, dit Sirius. Idéalement, j'aurais besoin d'un autre Auror en soutien, mais vu l'heure tardive et le délai très court-»
«Tu te rabats sur une apprentie?» demanda Marlène, amusée.
«Exactement.»
Marlène ne lui dit pas de suite qu'elle était d'accord, cependant. Elle se mordit la lèvre et leva les yeux vers lui, inquiète.
«Je ne sais pas, Sirius, dit-elle. Je n'ai pas vraiment fait bonne impression à Harry quand je le surveillais au Manoir et il- il comprend qu'on est- Je sais que tu lui as dit, mais il pourrait ne pas-»
«Tout se passera bien, Marly, lui assura Sirius. Il faudra bien que tu le revois à un moment, alors pourquoi ce ne serait pas demain, au petit-déjeuner. Lunard sera là.»
«C'est Noël demain, par contre … Je ne veux pas gêner-»
«Pas du tout, dit Sirius. Plus on est de fous, plus on rit.»
«Tu as juste deux semaines avec lui, avant la rentrée-»
«Trois Gryffondors, Marly, plaisanta-t-il. Tu te souviens de nous à cet âge? On était des terreurs-»
«Tu as raison, dit-elle en riant. Si j'en crois mes souvenirs de votre deuxième année.»
Bien sûr, elle ne les avait pas connu quand ils étaient en première année, parce qu'elle avait un an de moins qu'eux.
«J'imagine que je ne peux pas te laisser affronter ça sans renfort, pas vrai?»
«Vraiment pas.» dit gravement Sirius.
«On passe par la cheminée? demanda Marlène. Pour que je puisse mettre plein de cendre dans ta maison.»
Elle baissa les yeux sur les tâches noires sur le tapis, avant les effacer d'un coup de baguette, qu'elle avait sorti d'une poche de sa robe de chambre.
«D'accord pour la cheminée, dit Sirius. Il fait froid dehors et Kreattur est sûrement en train de dormir … Je pourrais toujours faire un trou dans le mur. Ça rendrait les aller-retours plus simp-»
Marlène s'en trouva bouche bée et elle le poussa vers la cheminée.
«Si tu casses ma maison, Sirius, alors désolé, mais …
Ce qu'elle allait ajouter fut avalé par le bruit des flammes, dans lesquelles Sirius posa les pieds. Il émergea dans la cuisine et l'instant d'après, elle apparut derrière lui.
Par chance, Kreattur n'était pas dans la cuisine. Il semblait bien plus averti que Harry – et même Lunard – de ce qu'il se passait entre Sirius et Marlène et les regards narquois et les commentaires amusés fusaient rapidement ces derniers temps. Sirius ne pouvait qu'imaginer ce que le vieil elfe dirait s'il surprenait Sirius qui la faisait entrer dans la cuisine après minuit.
Sirius la guida à l'étage, faisant signe à Marlène de rester silencieuse. Pas par peur d'être surpris, mais par peur de réveiller Remus. Sa chambre se trouvait au troisième, sous celle de Harry. Les trois garçons se lèveraient sûrement tôt demain matin, désireux d'ouvrir leurs cadeaux, et donc Sirius pensait que Remus grattait le maximum de sommeil possible.
Cependant, la lumière était allumée, prouvant que Remus n'était pas encore endormi. Sirius entendit la chasse d'eau au moment où lui et Marlène atteignaient leur pallier, mais ce fut Dora qui émergea des toilettes, pas Remus, et elle ne portait rien d'autre qu'un vieux tee-shirt. Puisqu'il y avait une salle de bain à l'étage supérieur, les garçons n'auraient pas besoin de s'aventurer en bas avant le matin, alors elle s'était sûrement dit que c'était inutile de se méfier. Sirius détourna les yeux et du coin de l'œil, il vit ses cheveux prendre une teinte rose brillante, tandis qu'elle s'engouffrait rapidement dans la chambre de Remus.
Remus sortit de sa chambre quelques secondes après et dévisagea Marlène. Un large sourire malicieux s'étala sur son visage, mais Sirius le devança.
«C'était l'un de tes tee-shirts, non?» demanda-t-il en souriant d'un air narquois.
« Un point pour toi.» dit Remus, en hochant la tête, ne faisant aucune remarque sur Sirius et Marlène.
Drago se réveilla tôt et fut surpris de voir des cadeaux au bout de son lit. Ni ses parents, ni Severus ne savaient où il se trouvait et ne pouvaient donc rien lui envoyer … Même s'ils avaient su où il était, il doutait qu'il aurait reçu quelque chose de leur part, maintenant qu'il était un traître à son sang.
D'une main tremblante, il attrapa le cadeau le plus proche et lut l'étiquette.
Pour Drago, disait une écriture familière. Joyeux Noël. De la part de Harry.
Drago regarda Potter, surpris, et vit qu'il s'étirait dans son lit.
«Tu m'as acheté quelque chose.» dit Drago.
«Joyeux Noël.» dit Harry en souriant largement, tout en mettant ses lunettes pour examiner sa propre pile de cadeaux, légèrement plus grande.
Drago déballa prudemment le cadeau et ne put empêcher un petit sourire de s'étendre sur son visage. Quand il releva la tête pour remercier Potter, il tomba sur Potter qui le regardait déjà, l'air nerveux.
«Je n'étais pas sûr-»
Potter jouait avec le ruban de l'un de ses cadeaux.
«J'ai pensé que peut-être, maintenant que tu es avec nous, que-»
«Merci.» dit Drago avec sincérité, en nouant sa nouvelle écharpe, rouge et or, autour de son cou.
Il l'aimait autant pour sa laine chaude et douce que pour sa signification. Il était désormais – aux yeux de Potter, en tout cas – un membre à part entière de la Maison Gryffondor.
«Tu aimes?» demanda Potter.
Drago hocha la tête. Il attrapa aussi les bonbons qui se trouvaient dans le paquet et les posa dans un coin. Le bruit réveilla Weasley, qui cligna des yeux, confus, avant de s'asseoir brusquement, souriant d'une oreille à l'autre, prêt à attaquer sa pile. C'était lui qui avait le plus de cadeaux.
Le cadeau suivant de Drago était une grande boîte de Chocogrenouilles et une livre sur l'histoire des fantômes de Poudlard.
«Hermione m'a aidé à choisir.» murmura Weasley, les oreilles écarlates, lorsque Drago bafouilla un remerciement.
Kreattur avait offert à Drago et Weasley une grande boîte de pain d'épices en forme de créatures magiques et Lupin et Black lui avaient offert un grand assortiment de bonbons. Drago déballa son dernier cadeau.
«Oh non.» dit Weasley en regardant entre Drago et Potter.
«Quoi?» demanda Drago, la main posée sur une petite boîte contenant des caramels et quelque chose de bleu marine.
«Maman vous a envoyé des pulls à tous les deux.» murmura Weasley, ses oreilles toutes rouges à nouveau.
Potter sourit largement et leva le sien. Drago ne put s'empêcher d'être soulagé que ce soit Potter qui ait reçu le vert et que lui ait reçu un pull bleu, bien plus neutre. Drago ressentit une vague d'affection pour la famille que son père détestait tellement.
«C'est gentil de sa part.» dit Potter, en goûtant un caramel.
Il rayonnait et plaça le reste sur sa table de chevet, passant le pull sur sa tête. Weasley ignora son propre pull marron et au lieu de ça, plaça sa propre écharpe – rayée jaune et verte – autour de son cou.
«Oh, très drôle, Malefoy.» dit Weasley en lui lançant une boule de papier.
Il leva le réveil – Drago l'avait trouvé hideux, mais avait pensé que Weasley l'apprécierait. Après tout, il arborait les couleurs de son équipe de Quidditch préféré.
«Je sais que tu détestes louper le petit-déjeuner, lui dit Drago. J'ai pris la liberté de le régler pour toi.»
«Génial.» murmura Weasley, mais détailla avec intérêt les Cognards sur les aiguilles de l'horloge, les joueurs qui volaient en dessous et les petits Souafles et Vif d'or qui indiquaient chaque heure.
«C'est pas vrai.» murmura Potter depuis son lit.
Drago et Weasley tournèrent les yeux vers lui. Dans sa main se trouvait un morceau de parchemin abîmé sortant d'une enveloppe – Drago fronça le nez – et dans son autre main, il y avait un tissu argenté, fluide. Drago n'avait rien vu de tel dans sa vie, mais Weasley, en revanche, si.
«Elles sont censés être très rares!» s'exclama-t-il.
«Tu sais ce que c'est?» demanda Potter, surpris.
«Tonks en avait une quand elle est venue voir Charlie à Noël, dit Weasley. Fred et George la lui avait emprunté.»
Potter ricana. Drago, en revanche, commençait à s'agacer.
«Qui l'a envoyé? demanda Weasley. Ce n'est pas Tonks?»
«Non, dit Potter en passant les doigts sur le tissu. Je pense- j'ai entendu des histoires … Je pense que c'est la vieille cape de mon père-»
«Quelle cape?» souffla Drago.
Potter sourit à Weasley et la plaça sur sa tête … et disparut. Drago s'écarta du lit de Potter.
«C'est une cape d'invisibilité.» dit la voix de Potter, de là où il était assis.
«C'est génial.» dit Weasley avec révérence.
Drago devait admettre que lui aussi était très impressionné. Potter réapparut, l'air satisfait de lui-même.
«Et ça? demanda Drago, en montrant l'enveloppe près du genou de Harry. Ce morceau de parchemin miteux. C'est quoi?»
«Il ne le pense pas, murmura Potter au parchemin, avant de rire. Je suppose que 'miteux' peut être un compliment.»
Son visage s'assombrit légèrement et il déposa le parchemin sur sa table de chevet, avec ses autres cadeaux. Drago regarda Weasley, qui semblait aussi perturbé que Drago lui-même, et Potter se retourna vers eux, ayant visiblement oublié la question de Drago, demandant s'ils étaient prêt pour aller prendre leur petit-déjeuner.
Drago fut le premier en bas des escaliers parce que Weasley et Potter complotaient, cherchant des idées pour révéler la cape aux adultes de la maison, et il fut donc le premier à voir qui était dans la cuisine. D'abord, il ne put voir que Tonks, qui s'était fait pousser des bois de rennes, un nez rouge éclatant et qui avait foncé sa peau pour l'occasion. Des clochettes, pendantes autour de son cou, accrochées aux ourlets de sa robe et à ses manches, tintaient à chaque fois qu'elle bougeait.
Drago était si occupé à observer sa cousine qu'il ne remarqua pas l'invitée familière, mais inattendue, de Black avant d'arriver en bas des escaliers. Il s'arrêta, hésitant, et Weasley, inattentif, lui rentra dedans. Ils seraient tous les deux tombés des dernières marches, mais Potter avait d'excellents réflexes. Il réussit à attraper les écharpes de Drago et de Weasley pour les stabiliser.
«McKinnon?» demanda curieusement Potter.
Assise entre Black et Tonks, elle leva la tête et lui lança un sourire nerveux. Black frotta le dos de sa main. Vu que Potter semblait surpris, mais pas inquiet de sa présence, Drago poursuivit son chemin et s'assit près de Lupin. Weasley suivit, mais Potter hésita, les yeux posés sur Black. Il s'assit avant que quelqu'un ne prenne la parole, mais il resta silencieux.
«Joyeux Noël tout le monde.» dit joyeusement Black.
Drago jeta un œil au bonnet de Père Noël qu'il avait sur la tête et se demanda s'il allait les obliger à en porter un, comme il l'avait fait il y a quelques années avec les chapeaux d'anniversaire de Harry.
«Joyeux Noël, répondit Weasley. Merci pour le-»
«C'est rien.» dit Black en agitant la main.
Drago commença à le remercier également, mais Black le fit taire aussi et demanda à Kreattur de leur servir le petit-déjeuner.
«Très belle écharpe, dit Lupin en souriant à Drago, qui ne put s'empêcher de sourire timidement en retour. La tienne aussi, Ron.»
«C'est Ginny qui l'a faite.» murmura Ron, l'air embarrassé, mais content que Lupin ait remarqué.
«Ron, dit Black. Je te présente Marlène … Harry, Drago, vous vous souvenez d'elle-»
«Ouais.» répondit Potter en souriant, mais Drago pensa que quelque chose n'allait pas.
Ses soupçons furent confirmés par le silence de Potter – il ne boudait pas, ne semblait pas en colère, mais c'était un silence confus, pensif – pendant tout le repas et par sa fuite rapide à la fin de celui-ci. Weasley se servit un deuxième roulé au bacon et aux œufs et Drago suivit Potter. Il le trouva occupé à feuilleter un vieil album photo dans la bibliothèque.
«Potter?» demanda Drago.
Potter referma brusquement l'album.
«Quoi?» demanda Potter.
«Tu es … Il s'est passé quelque chose?»
«Non.» dit Potter.
Mensonge.
«Dis-moi, dit Drago. Ou arrête d'avoir cet air là.»
«J'étais juste en train de réfléchir.» dit Potter, sur la défensive.
«Et je ne veux pas décourager cette habitude, répliqua Drago. Mais ça me rend mal à l'aise-»
«Pourquoi? Parce que je ne suis pas comme ça d'habitude?» demanda Potter, sarcastiquement.
«Exactement.» lui dit Drago.
Potter fronça les sourcils pendant un moment, avant de se mettre à rire et de secouer la tête.
«Ils se tenaient la main.» dit-il.
«Pardon?»
«Patmol et McKinnon.» dit-il en regardant la porte, comme s'il s'attendait à ce que l'un ou l'autre passe à côté et entende son murmure.
«D'accord, dit Drago, stupéfait. Et c'est important parce que-»
«Parce que généralement, les amis ne se tiennent pas la main? dit Potter, l'air tout aussi confus. Lunard et Tonks se tiennent la main, mais ils ne sont pas vraiment amis … Enfin, ils le sont, mais ils sont- tu sais, ensemble. Et Leanne et Ryan de mon école primaire l'ont fait une fois et ils étaient aussi ensemble. Mais Patmol n'est pas- lui et McKinnon sont juste- Tu penses qu'ils sont … ensemble, alors? S'ils se tiennent par la main?»
«Comment je suis censé savoir ça?» demanda Drago.
«Tu sais toujours tout sur les gens.» dit Potter.
«Cette fois, je ne sais pas, dit Drago, impuissant. Est-ce qu'ils s'embrassent? Je pense que les couples s'embrassent.»
Il n'en savait pas beaucoup sur la façon dont les couples se comportaient. Tout ce qu'il savait, c'était que les couples sang-pur ne se comportaient pas comme les autres. Les étreintes étaient pratiquement interdites, par Merlin!
«Je ne sais pas.» dit Potter en fronçant son nez.
Il avait l'air inquiet à cette idée.
«Tu pourrais lui demander? suggéra Drago. Black semble plutôt ouvert sur … et bien, sur tout, en fait.»
«Mais si j'ai tort? demanda Potter. Et s'ils se tiennent juste par la main parce qu'ils peuvent le faire?»
«Je ne sais pas.» dit Drago.
La cloche de l'entrée retentit alors et l'instant d'après, Drago entendit des bruits de pas en direction de la porte. Potter regarda par la fenêtre, l'air choqué, avant de hocher la tête et de regarder Drago.
«J'aimerais bien que Severus soit là. Il saurait.»
Potter avait l'air prêt à éclater de rire. Des bruits de pas tambourinèrent dans les escaliers et Weasley dérapa en entrant dans la pièce, pâle, avec son roulé à moitié mangé dans la main.
«Quoi maintenant?» demanda Drago, exaspéré.
«C'est quoi ce bordel?» dit Weasley, légèrement tremblant.
Il remarqua évidemment l'air impatient de Drago, car il regarda la porte et déglutit.
«Rogue est là.»
