Je ne possède aucun des personnages des différents fandoms.

Recueil de textes tous fandom confondus dans le cadre du Comfy-November 2024. Des moments de réconforts et de fluff pour se remettre du drama du mois précédent ;)

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


L'auberge (The Witcher)

Jour 19 : Application de la pommade — Couvertures épaisses — Coucher de soleil

Le soleil se couchait sur la petite auberge isolée, ses derniers rayons orangés filtrant à travers les vitres sales. À l'intérieur, l'atmosphère était lourde et humide, l'air à peine réchauffé par un feu mourant dans l'âtre. Jaskier, le barde aux yeux bleus fatigués, se penchait anxieusement sur le corps allongé de Géralt de Riv. Le sorceleur gisait sur le ventre, son dos large exposé à la faible lumière des chandelles. La vue qui s'offrait à Jaskier lui serrait le cœur. Des lacérations profondes striaient la peau pâle de Géralt, certaines encore suintantes de sang. Les marques de fouet s'entrecroisaient, formant un réseau cruel de douleur sur toute la surface de son dos. Avec des gestes doux mais assurés, Jaskier plongea ses doigts dans un pot d'onguent odorant. L'odeur forte d'herbes et de plantes médicinales emplit l'air alors qu'il commençait à appliquer généreusement la pommade sur les blessures de son ami.

- Ça va piquer un peu, mon vieux, murmura Jaskier, bien que Géralt semblât inconscient, mais ça devrait aider à guérir et à atténuer la douleur.

Ses doigts travaillaient avec précaution, étalant l'onguent sur chaque coupure, chaque ecchymose. Jaskier grimaça en sentant la chaleur qui émanait de certaines blessures, signe d'une possible infection. Il appliqua une couche plus épaisse sur ces zones, espérant que les propriétés antiseptiques de la pommade feraient effet. Tout en soignant son ami, Jaskier ne pouvait s'empêcher de repenser aux événements qui les avaient menés ici. Une simple quête qui avait mal tourné et un piège tendu par des hommes avides de vengeance contre le célèbre Loup Blanc. Géralt s'était battu comme un lion, mais même lui avait ses limites. Quand ils l'avaient finalement maîtrisé et commencé à le torturer, Jaskier avait cru que son cœur allait se briser.

Par chance, ces types avaient négligés la détermination du barde et il avait réussi à libérer Géralt, profitant d'un moment d'inattention de leurs ravisseurs. La fuite avait été chaotique, Jaskier portant à moitié son ami blessé à travers bois et champs, jusqu'à trouver refuge dans cette taverne isolée… Au moins, pour l'instant, ils étaient à l'abris.

Une fois l'onguent appliqué, Jaskier prit un linge propre et commença à bander délicatement le torse de Géralt, veillant à ne pas trop serrer pour ne pas aggraver ses blessures.

- Géralt ? Appela doucement Jaskier, une fois le bandage fini tout en caressant la joue du sorceleur. Tu m'entends, mon ami ?

Seul le silence lui répondit. Le visage de Géralt restait impassible, ses yeux fermés. Sa respiration était faible mais régulière, ce qui rassurait un peu Jaskier. Avec un soupir, le barde se leva et alla chercher plusieurs couvertures épaisses. Il les disposa soigneusement sur le corps de Géralt, veillant à le couvrir entièrement pour le protéger du froid qui s'installait dans la pièce mal chauffée.

- Voilà, ça devrait te tenir au chaud, murmura Jaskier. "Repose-toi. Je veille sur toi.

Epuisé par les événements de la journée, Jaskier s'allongea doucement à côté de Géralt. Il tendit l'oreille, guettant le moindre bruit suspect à l'extérieur. La peur d'être rattrapés par leurs poursuivants le tenaillait. Il n'était pas certain d'avoir réussi à les semer complètement dans leur fuite effrénée. Alors, malgré sa fatigue, Jaskier était déterminé à rester éveillé et à monter la garde. Ses yeux scrutaient l'obscurité grandissante, ses oreilles attentives au moindre craquement. Il savait qu'il ne faisait pas le poids face à des hommes armés, mais il était prêt à tout pour protéger Géralt dans son état de vulnérabilité.

Les minutes s'écoulèrent lentement, se transformant en heures. La nuit s'installait pleinement, enveloppant la taverne d'un silence pesant. Jaskier luttait contre le sommeil, se forçant à rester alerte. Soudain, un léger mouvement à côté de lui le fit sursauter. Géralt remuait faiblement, un gémissement à peine audible s'échappant de ses lèvres.

- Géralt ? Chuchota Jaskier, se penchant sur son ami. Tu es réveillé ?

Les paupières du sorceleur s'ouvrirent lentement, révélant ses yeux dorés embués par la douleur et la fatigue. Il cligna plusieurs fois, semblant avoir du mal à focaliser son regard.

- Jas... kier ? Murmura Géralt d'une voix rauque.

- Oui. Je suis là, mon ami, répondit doucement le barde, posant une main rassurante sur son épaule. Comment te sens-tu ?

Géralt grimaça, tentant de bouger avant de renoncer avec un grognement de douleur.

- Comme si j'avais été piétiné par un troupeau de griffons, marmonna-t-il.

Malgré la gravité de la situation, Jaskier ne put s'empêcher de sourire. Si Géralt était capable de faire de l'humour, aussi noir soit-il, c'était bon signe.

- Alors, repose-toi, dit Jaskier. Tu as besoin de reprendre des forces. J'ai appliqué un onguent sur tes blessures, ça devrait aider à la guérison.

Géralt hocha faiblement la tête, ses yeux déjà lourds de sommeil, mais avant de se laisser emporter, il murmura :

- Merci, Jaskier.

Ces deux simples mots, venant de l'homme qui était son meilleur ami, touchèrent profondément le barde qui sentit une bouffée d'émotion monter en lui.

- C'est normal, Géralt, répondit-il doucement. Tu m'as sauvé la vie tant de fois. C'est à mon tour de prendre soin de toi, mon ami.

Un faible sourire se dessina sur les lèvres de Géralt avant qu'il ne sombre à nouveau dans l'inconscience. Jaskier resta là, veillant sur le sommeil du sorceleur, prêt à affronter quiconque oserait menacer son ami blessé.