Salut!

Alors me voilà enfin de retour avec un nouveau chapitre pour cette fic! Je sais que ça été plus long cette fois, mais mon voyage a beaucoup retardé mon écriture. Le prochain chapitre sera disponible dans peu de temps!

Encore un GROS merci pour tous les bons commentaires. Je suis heureuse de vous lire et de savoir que ça vous plait.

PS: Un petit mot pour ceux qui m'écrivent concernant mon autre fic (canon celle-là), qui a été très populaire il y a plusieurs années. Je sais, je l'ai délaissé:( Je n'abandonne pas pour autant l'idée de la compléter (d'ailleurs le chapitre suivant est partiellement rédigé). Malheureusement, je me sens beaucoup moins inspirée par cette histoire en ce moment. J'ai beaucoup de difficulté à écrire et je ne veux pas livrer quelque chose qui soit décevant. Peut-être que l'arrivée de la nouvelle série Daima va m'aider à retrouver cette inspiration… qui sait ;)


Chapitre 24 – Bulma

-Ah! Le voilà enfin! Prince Végéta!

Bulma se tourna vers Frieza pour le regarder. Elle battit des paupières à quelques reprises. Raditz ne plaisantait donc pas… Frieza n'aurait jamais prononcé ces mots s'ils n'avaient pas été vrais.

«Prince Végéta»

Deux petits mots qui se répétaient en boucle dans sa tête pendant que Bulma était projetée dans le passé.

Parce que voilà; onze ans plus tôt, elle avait fait ce vœu.

Elle se rappelait bien cette soirée passée en compagnie de Chi-Chi. C'était juste après le premier épisode d'infidélité de Yamcha (qu'elle avait d'ailleurs fini par pardonner quelques jours plus tard). Elle se rappelait aussi ce terrible mal à l'âme qui l'avait réveillée le lendemain matin, le cœur au bord des lèvres et des regrets plein la tête. Ce jour-là, entre deux grands verres d'eau et des comprimés d'ibuprofène, elle s'était souvenue des événements de la veille.

Et elle avait espéré.

Sa demande à Shenron faite, elle s'était attendue à ce que son vœu soit rapidement exaucé, et que la rencontre avec son adonis s'effectuerait instantanément. En se rendant à sa chambre le matin, elle s'était imaginée trouver l'homme de ses rêves étendu sur ses couvertures à attendre patiemment qu'elle vienne à sa rencontre. En allant chercher son déjeuner à la cuisine, elle s'était attendue à tomber sur lui pendant qu'il dégustait un bon café en compagnie de sa mère. En allant au laboratoire pour travailler avec son père, elle avait cru faire sa connaissance en étudiant les plans d'un aéronef avec la nouvelle équipe du développement des technologies.

La situation avait perduré plusieurs jours, durant lesquels Bulma s'attendait sans relâche à tomber sur l'homme que Shenron lui avait promis. Chaque couloir qu'elle empruntait, chaque coin de rue qu'elle traversait ou chaque restaurant qu'elle visitait était devenu un potentiel lieu de rencontre. La jeune femme se rappelait également avoir poussé sa chance au maximum en orchestrant de nombreuses sorties en boîte les soirs de fin de semaine, ou en se promenant à tout hasard sur le campus universitaire lors des périodes les plus achalandées.

Chaque fois, cependant, elle s'était retrouvée bredouille, ses espoirs brisés par l'absence flagrante d'un homme à marier dans son quotidien.

Puis les jours s'étaient transformés en semaines. Et les semaines en mois. Tout ça, sans que sa demande se soit concrétisée. Et avec le temps, Bulma en était venue à douter.

Avait-elle réellement fait un vœu? Shenron avait-il vraiment été appelé? Après tout, son état d'ivresse aurait très bien pu lui jouer un tour. Ses souvenirs étaient tellement imprécis... Peut-être que cet épisode n'avait été que le fruit de son imagination, finalement. Ou peut-être que la formulation de son vœu avait été si boiteuse que Shenron avait tout simplement abandonné l'idée de lui en accorder un.

Peu importait la situation, les faits étaient là; Bulma n'avait jamais rencontré son prince charmant. Et elle avait cessé d'espérer, pour finalement tout oublier.

Jusqu'à cet instant précis.

Celui où elle entendit Frieza prononcer de sa voix aigüe ces deux petits mots qui changeaient tout.

«Prince Végéta»

Et en moins d'une minute, les événements qui s'étaient déroulés onze ans plus tôt devinrent plus vivides que jamais.

«…j'aimerais qu'il soit beau et fort…»

«…un homme brillant, doué, qui soit en mesure de me mettre au défi. »

«…j'aimerais qu'il ait un fort caractère, pour qu'il n'ait pas peur de me contredire si nécessaire.»

«…j'aimerais qu'il soit dévoué, déterminé… et honnête. »

Bulma avala de travers. Végéta cochait toutes les cases. Et surtout, SURTOUT, il cochait la plus improbable de toutes.

«…Tant qu'à y être… Faites qu'il soit un prince! »

L'estomac noué, la jeune femme se retourna pour regarder Végéta. Elle le vit qui s'approchait d'elle d'un pas lent, ses cheveux fièrement dressés sur sa tête et ses yeux sombres résolument posés dans les siens.

Sur Terre, les princes ne couraient pas les rues. C'était la première fois qu'elle en rencontrait un, en fait. Et en l'observant marcher vers elle, son cœur se mit à cogner contre sa poitrine.

Lui? Un prince...?

Elle l'ignorait depuis le début. Mais en y pensant bien, ça faisait du sens.

Cette façon qu'avaient les autres de s'adresser à lui… Ce respect inconditionnel que les autres soldats lui accordaient… Cette consternation générale qu'elle ne réussissait pas à expliquer lorsqu'elle était malpolie avec lui… Cette attitude hautaine qu'il affichait sans honte, comme s'il s'attendait à ce qu'on se plie à ses quatre volontés dès qu'il levait le petit doigt.

Bulma n'avait pas une seule fois associé ces comportements à un quelconque statut royal.

Mais… maintenant qu'elle savait, il lui semblait évident que ce titre lui collait à la peau.

Cet homme à la coupe de cheveux en forme de flamme et au regard obscur qui faisait invariablement, inexplicablement battre son cœur, était beau, incroyablement fort, brillant, doué, déterminé… Ce Saiyan, ce soldat ennemi, ce puissant général de l'armée des Cold… était également un prince.

Et ça expliquait bien des choses d'ailleurs...

Cette puissante attirance par exemple. Instantanée, indomptable, impossible à maîtriser malgré le fait que ce prince soit tout sauf charmant. Cette envie viscérale qui la prenait de vouloir le toucher aussi, d'être près de lui, de le sentir contre elle. Et ce désir, cet intérêt, cette curiosité à son égard qu'elle n'arrivait pas vraiment à s'expliquer, malgré leurs différends et, ne l'oublions pas, le fait qu'il soit un meurtrier en série à la limite de la psychopathie.

Et alors qu'elle le regardait s'avancer vers elle avec fierté et assurance, il lui paraissait évident que leur rencontre n'était pas le fruit du hasard.

Shenron en avait mis du temps! Mais il ne l'avait pas oublié.

-Végéta! s'exclama soudainement Frieza de l'autre côté de la pièce. Cette Humaine - Bulma c'est ça? - me raconte une histoire assez intéressante. Nous t'attendions pour poursuivre notre discussion.

Bulma sursauta en entendant la voix de l'Empereur. Elle fut rapidement sortie de cet état de stupeur dans lequel la révélation l'avait plongée. Elle avait été si surprise qu'elle en avait presque oublié la précarité de la situation actuelle.

-Qu'est-ce que t'as? demanda alors Raditz d'une petite voix. T'as perdu tes couleurs on dirait. Tu vas t'évanouir? Ce serait le bon moment pour le faire, parce que Frieza va vouloir t'extirper les vers du nez.

Les jambes ramollies par le choc, le cœur galopant et la tête tournant sous l'effet des questions existentielles qui affluaient, Bulma ne trouva rien à dire. Végéta était à quelques mètres d'elle, et sa présence, encore plus électrifiante qu'à l'habitude, l'empêchait littéralement de réfléchir.

-Alors, jeune Humaine? Tu pourrais nous expliquer?

La jeune femme se retourna pour regarder en direction de Frieza. Celui-ci l'observait, un étrange sourire satisfait sur ses lèvres minces.

-Que se passe-t-il? demanda-t-il. Tu as perdu ta langue, tout à coup? Tu es bien silencieuse, et ce n'est pas dans tes habitudes.

Il se désintéressa d'elle et se tourna vers Végéta en dévoilant ses longues dents pointues.

-Singe! Cette Humaine me raconte avoir été libérée des Quartiers par toi. Selon ses dires, tu l'aurais fait parce qu'elle détient des informations qui pourraient m'intéresser. J'attends des explications!

S'il fut décontenancé par les paroles de Frieza, Végéta n'en démontra rien. Il conserva son calme olympien et se détourna finalement de Bulma pour fixer l'empereur d'un regard sombre. Seule sa queue, bien dressée derrière lui, trahit son énervement en effectuant quelques subtils va et viens dans son dos.

Le poids qui pesait dans l'estomac de Bulma s'alourdit soudainement d'un cran. Trop choquée par sa découverte, elle avait complètement oublié les intentions de sa visite. Elle avait voulu parler avec Frieza seule à seule. Mais voilà que l'Empereur, suspicieux, venait de demander sa version des faits à Végéta avant la sienne. Cette tactique était brillante. De cette manière, il s'assurait de mettre en lumière les mensonges qu'elle s'apprêtait à lui servir.

Elle allait devoir intervenir vite si elle ne voulait pas finir servie en bouillie pour le déjeuner du lendemain.

-Je l'ai en effet libérée d'un Kordylipe, concéda Végéta sans même sourciller de constater qu'il avait été dénoncé. Quant aux informations qu'elle détient, je-

-C'est à propos des Dragon Balls!

Bulma avait parlé d'une voix forte pour couvrir celle du Saiyan. Tous les yeux se posèrent sur elle, certains indignés et surpris qu'elle interrompe le prince, d'autres intrigués par ses propos. Végéta, quant à lui, ne la regarda même pas. Il se contenta de fixer Frieza pour scruter sa réaction.

L'empereur, soudainement interpellé, s'était raidi. La mention des Dragon Balls avait réussi à capter son attention.

-Je peux t'aider à les trouver, ajouta-t-elle d'une voix qu'elle voulait assurée.

Bulma aurait voulu éviter de dévoiler l'existence des Dragon Balls à qui que ce soit. C'est pourquoi elle avait insisté pour parler directement avec Frieza sans avoir à dévoiler ses intentions aux Saiyans. Mais avec le lézard qui se montrait suspicieux, elle n'avait pas d'autre choix que d'utiliser cette carte sans se soucier de son auditoire.

Et heureusement, il se trouvait qu'elle n'était pas la seule à vouloir garder ce secret.

Soudainement interpellé, Frieza se mit sur ses pieds.

-Dehors! s'écria-t-il. Sortez tous d'ici! Sauf toi, l'Humaine. Et Végéta! Tu restes ici aussi.

Tous ceux présents dans la pièce sursautèrent. Raditz et les soldats qui montaient toujours la garde ouvrirent de grands yeux, puis, sans trop rouspéter, s'éclipsèrent en un temps record. Instinctivement, Bulma se rapprocha un peu de Végéta. Elle se sentait un peu vulnérable maintenant que l'énorme Saiyan à la longue crinière n'était plus à ses côtés.

-Humaine, déclara Frieza une fois la salle vidée. Qu'est-ce que tu-

-Je sais que c'est ce que tu veux, coupa-t-elle avec fougue.

Malgré sa peur, la jeune femme était bien décidée à tirer profit de cet avantage qu'elle détenait. Elle se redressa et avança de quelques pas, prête à entrer dans la confrontation qu'elle redoutait.

-Je sais que tu es ici pour mettre la main sur les Dragon Balls. Tes pseudos relations commerciales avec les habitants de la Terre, ce n'est qu'une excuse. Si tu voulais vraiment t'approprier nos ressources et profiter de notre planète, tu nous aurais déjà tous anéantis.

Frieza lui servit un sourire mielleux qui lui donna la nausée.

-Oh oh oh! Jolie demoiselle, répondit-il. Ce sont de grandes accusations que tu fais. Mais, tu te trompes. Saches que je...

-Non! coupa-t-elle pour une seconde fois. J'en ai assez de tes putains de mensonges! Tu n'es pas débarqué ici pour le bien des Humains. Je le sais, tout le monde le sait. Assume tes intentions!

Le sourire de Frieza s'effaça de façon transitoire, pour réapparaître quelques secondes plus tard. Seulement cette fois, ce dernier ressemblait plus à une moue hargneuse qu'à un sourire.

-Tout ce que tu veux, c'est de mettre la main sur les Dragon Balls, poursuivit Bulma, tout à coup alimentée par la colère qu'elle avait réussi à inspirer chez son ennemi. C'est pour ça que tu n'oses pas détruire nos villes. Parce que tu as espoir de les trouver.

Frieza ne réagit pas immédiatement. Elle le vit plisser les paupières et se lécher les lèvres pour les enduire d'un liquide visqueux qui la répugna. Puis, il ferma les yeux et prit une grande inspiration en faisant siffler l'air par ses narines. Au bout d'un moment, il se tourna vers Végéta, qui avait suivi la discussion en silence, sans trop comprendre de quoi il en ressortait.

-Toi, cracha alors Frieza à l'intention du Saiyan. Comment se fait-il que tu sois ici? Que sais-tu à propos des Dragon Balls?

Bulma déglutit. Végéta ne savait absolument rien à propos des Dragon Balls. Il ne savait pas qu'elle comptait les utiliser comme un levier de négociation avec Frieza non plus, et il ne l'avait certainement pas libérée des Quartiers pour qu'elle puisse avoir cette discussion avec l'Empereur. Son ignorance ainsi que sa responsabilité dans la mort du Kordylipe seraient vite mises en lumière si elle n'intervenait pas rapidement.

La jeune femme ouvrit donc la bouche, prête à répliquer pour justifier son implication. Mais le prince la devança.

-Je n'en sais pas grand-chose, avoua-t-il.

Bulma se figea. Elle pivota la tête pour regarder Végéta de côté. Celui-ci avait l'air détendu, pas perturbé le moins du monde par toute cette mascarade.

-Elle les a mentionnées pendant mon séjour à l'unité médicale. Et j'ai cru comprendre qu'elle détenait des informations qui pourraient t'intéresser à ce sujet.

La jeune femme referma la bouche. Elle réprima un sourire, car cette réponse, vague et approximative, était parfaite. Végéta avait été suffisamment perspicace pour comprendre qu'elle tentait de conclure un marché avec Frieza, tout en lui procurant une immunité pour le crime qu'il venait de commettre en voulant la sortir des Quartiers. Satisfaite, elle se félicita intérieurement d'avoir demandé à Shenron que son prince soit intelligent.

-Et qu'est-ce qui te fait croire que ces Dragon Balls soient d'un quelconque intérêt si tu ne sais même pas ce que c'est? demanda Frieza en plissant le nez comme s'il tentait de sentir le mensonge qui flottait dans l'air.

Végéta sourit de côté.

-Oh Frieza... dit-il d'un ton faussement enjoué.

Il se tourna vers Bulma pour l'observer de ses yeux noirs, ce qui suffit pour raviver les papillons qui séjournaient en permanence dans son ventre lorsqu'il était dans les parages.

-Si cette pathétique petite Humaine est capable de démasquer tes réels intérêts pour ce qu'abrite la Terre, crois-tu vraiment que je ne le peux pas?

Même s'il venait ouvertement de l'insulter, Bulma esquissa un sourire complice en entendant le prince prononcer ces mots. Végéta ignora cette connivence et se retourna vers Frieza pour se délecter de la hargne qui s'était dessinée sur les traits reptiliens de l'Empereur.

L'animosité entre les deux parties était palpable. Ce qui était tout de même surprenant, vu leur supposée alliance.

-Très bien, siffla Frieza entre ses dents. Dans ce cas, sors, toi aussi. J'aimerais discuter seul avec cette Humaine.

Le sourire narquois de Végéta réapparut, et Bulma comprit tout de suite sa satisfaction. Il n'y avait pas de doute. Frieza n'avait pas acheté leur mensonge. Mais sa réaction pour le moins clémente, ainsi que son flagrant désir de discuter en privé avec elle trahissait la réelle valeur des Dragon Balls à ses yeux.

Bulma, aussi pathétique pouvait-elle être aux yeux du Saiyan, avait visé dans le mille.

Le prince tourna les talons, non sans lui jeter un bref regard de côté, puis se dirigea lui aussi vers la sortie pour aller rejoindre ses congénères.

Dès que la porte fut refermée derrière lui, Bulma se mit à parler avant que Frieza ne puisse prendre la parole.

-Je vais nous épargner une pénible discussion, Frieza, déclara-t-elle d'une voix forte. Je peux t'aider à trouver les Dragon Balls, mais ce ne sera pas gratuit. J'ai des conditions.

Bulma était en position de force face à son ennemi. Frieza en était conscient lui aussi. C'est pourquoi elle devait autant que possible tirer profit de cet avantage.

-Intéressant, dit Frieza en relevant la tête, sans toutefois être en mesure de cacher son mécontentement. Mais avant tout, dis-moi ce que tu sais, et comment tu le sais. Tu comprendras, jeune Humaine, qu'avant de conclure un marché avec moi, tu devras d'abord prouver tes connaissances et ta valeur.

Il croisa ses bras sous sa poitrine et fronça les sourcils. Visiblement, cette situation ne lui plaisait pas. Mais Bulma était optimiste. Elle savait qu'il serait enclin à accepter son offre.

-Tout, répondit la jeune femme en avançant vers son interlocuteur. Je sais qu'il y en a sept, et qu'une fois rassemblées, elles ont le pouvoir d'accorder n'importe quel vœu à celui qui en fait usage. Je sais ce qu'elles font, je connais leur pouvoir. Je sais aussi comment les utiliser. Et surtout, je sais comment les trouver.

Frieza leva un sourcil, septique.

-Je suis passionnée par les Dragon Balls depuis que je suis toute petite, renchérit-elle. J'ai beaucoup lu à leur sujet, et j'ai longtemps rêvé de prononcer un vœu pendant mon adolescence. Mais j'ai vite réalisé qu'il serait pratiquement impossible de tous les trouver. Tu dois t'en être rendu compte à l'heure qu'il est.

Frieza ne dit rien. Il l'observait de ses yeux rouges, attentif.

-C'est pour cette raison que j'ai moi-même développé un radar, répondit Bulma avec fierté. Disons que je suis douée en informatique et en mécanique, alors c'était assez facile pour quelqu'un comme moi. Avec ce radar et la capacité de se déplacer rapidement, il est possible de localiser les sept Dragon Balls et de les rassembler en moins d'une journée.

La jeune femme sourit en voyant l'Empereur se redresser, soudainement beaucoup plus attentif qu'avant.

-Aussi rapidement...? demanda-t-il.

Bulma acquiesça en le fixant dans les yeux.

- Si tu me fournis le matériel et les installations nécessaires, je peux t'en construire un.

Frieza ne broncha pas. Il continua de la regarder, ses yeux écarlates et calculateurs posés sur elle. Il fallait avouer que toute cette histoire devait paraître tirée par les cheveux. N'importe qui aurait des doutes en l'entendant parler d'un radar capable de localiser aussi facilement les sept Dragon Balls.

- Sans ça, tu mettras des années à toutes les trouver... le nargua Bulma pour le tenter un peu plus.

-Petite insolente... siffla Frieza, tout en affichant un demi-sourire qui lui indiqua qu'il était devenu de bien trop bonne humeur pour être offensé.

-C'est pourtant la vérité. Ton vaisseau est stationné près de la Terre depuis des mois maintenant. Et dis-moi... combien de Dragon Balls as-tu réussi à trouver hein?

Le silence qui suivit fut lourd de sens. Une ombre de frustration traversa le visage de Frieza. Sans doute n'était-il pas très satisfait de la cadence de ses cherches.

-C'est ce que je me disais, murmura Bulma en affichant un sourire victorieux.

Mécontent, Frieza tourna soudainement les talons. Il s'approcha de la baie vitrée au fond de la pièce et pris quelques secondes pour réfléchir en observant la Terre qui tournait paresseusement sur elle-même.

-Comment as-tu su? demanda-t-il finalement entre ses dents sans même la regarder. Il y a si peu de gens qui sont au courant pour les Dragon Balls... Comment se fait-il que toi, une simple Humaine emmenée ici par pur hasard, saches que je suis à leur recherche? Et épargne-moi tes mensonges, cette fois-ci. Je sais très bien que Végéta n'a rien à voir là-dedans. Je sais qu'il ne connaissait pas leur existence.

Bulma sentit son estomac se nouer. Frieza avait prononcé le nom du prince avec une aversion peu rassurante. Si son plan fonctionnait à merveille pour capter l'attention de son ennemi, il avait échoué pour conserver l'immunité à Végéta. Celui-ci écoperait sans aucun doute d'une nouvelle visite à l'unité médicale dans les prochains jours.

Et puis, même s'il la réclamait, en aucun cas elle ne pouvait avouer la vérité à Frieza. Elle savait que les Dragon Balls étaient ce qui l'avait incité à attaquer la boîte de nuit, parce que l'une d'elles était cachée aux étages supérieurs du même bâtiment. L'armée des Cold n'avait certainement pas été envoyée là par hasard. Elle ne pouvait toutefois pas lui dire, car il s'agissait également de l'un des repères secrets de la Résistance. Et Bulma devait rester prudente, car révéler qu'elle connaissait ces informations risquait de l'associer à ce regroupement rebelle.

-Un pressentiment, c'est tout, articula-t-elle en tentant de camoufler le trémolo qui faisait vaciller sa voix. Les Dragon Balls sont ce que la Terre a de plus précieux à offrir. Ça me semble logique que quelqu'un comme toi soi à leur recherche.

Frieza se retourna pour la regarder. Elle avait choisi de s'inspirer de Végéta, et de s'attaquer à l'égo démesuré de l'Empereur pour faire diverger le sujet. Sa stratégie fonctionna.

-Quelqu'un comme moi? demanda-t-il en souriant dangereusement.

-Si. Un narcissique, égocentrique, avide de pouvoir comme toi, précisa-t-elle sans honte.

Le sourire de Frieza s'élargit. Il se mit à avancer vers elle, ses longs pieds tridactyles laissant une empreinte sonore répugnante à chaque pas. Bulma sentit sa nervosité monter d'un cran. Le lézard était si près d'elle maintenant. Elle pouvait voir les détails de sa peau cuirassée briller sous la lumière artificielle du vaisseau, et même s'il était beaucoup plus petit qu'elle, elle se sentit dominée par cette redoutable aura de puissance qu'il dégageait.

Il ne s'arrêta que lorsqu'il fut à un ou deux mètres de distance.

-Que veux-tu en échange de tes services?

Bulma retint sa respiration, comme pour contenir ses craintes. Frieza se montrait ouvert à la négociation. Ce n'était pas le moment de flancher.

Elle se dit qu'il valait mieux commencer par les demandes faciles à remplir.

-J'ai besoin d'un endroit pour construire le radar, déclara-t-elle. Un laboratoire privé, où je pourrai travailler en toute liberté sans être surveillée ni dérangée inutilement. J'ai aussi besoin de matériel en bon état, d'un ordinateur équipé de processeurs avec beaucoup de mémoire vive, d'une soudeuse au laser et de plusieurs cartes micro par exemple. Je veux également avoir la certitude que je ne serai plus jamais envoyée dans cet endroit de dépravés que vous appelez les Quartiers.

Frieza leva les sourcils.

-Ça me semble raisonnable, répondit-il aussitôt. Je croyais que tu serais...

-Je n'ai pas fini, s'empressa d'ajouter la jeune femme. Je veux que tous les Humains sur ce vaisseau soient relâchés lorsque j'aurai terminé. Et puis, tu devras arrêter de t'attaquer à nous comme tu le fais actuellement. Tu dois me promettre qu'une fois que tu auras fait ton vœu, tu ne détruiras pas la Terre et ne tueras pas ses habitants. Maintenant que tu peux obtenir les Dragon Balls sans difficulté, tu n'as aucune raison de t'en prendre à personne de toute façon, hein?

Un rire s'échappa de la gorge de l'Empereur. Bulma se força à maintenir sa position. Elle savait que même s'il acceptait cette condition, Frieza n'était pas digne de confiance sur ce point. Mais elle savait qu'elle gagnait à conserver une apparence innocente à ses yeux.

-Tu sais comment négocier à ce que je vois. Tu serais un bel ajout à mon équipe stratégique. Ne serais-tu pas intéressée à...

-Hors de question, coupa-t-elle en relevant le menton.

Le lézard poussa un soupir pour exprimer sa fausse déception.

- Comme tu voudras, dit-il. Si j'obtiens ce que je veux sans embûches, alors ne t'en fais pas. Je ne toucherai pas à un seul des pathétiques habitants de cette planète. Mais dis-moi... n'es-tu pas curieuse de savoir quel sera mon vœu avant de m'offrir ce radar?

-Je m'en fous de ton vœu. Tu feras bien ce qui te plaît avec les Dragon Balls, tant que tu nous laisses tranquilles une fois que tu auras obtenu ce que tu veux.

Frieza rit de nouveau, ce qui contribua à accentuer le malaise que ressentait Bulma en sa présence.

-Tes conditions sont faciles à remplir. J'accepte! déclara-t-il en exhibant ses nombreuses dents acérées et en claquant dans ses mains. Fais-moi une liste du matériel qu'il te faut, et tu auras un laboratoire tout équipé dès demain matin. Maintenant, sors d'ici. Tu empestes le sang et les viscères. C'est en train de me couper l'appétit.

Frieza plissa le nez et fit une moue dégoûtée avant de lui tourner le dos. Il commença à s'éloigner à pas lents, mettant abruptement fin à leur discussion. Mais Bulma l'interpella avant qu'il ne s'éloigne trop.

-Une dernière chose, dit-elle.

L'immonde créature s'arrêta et tourna la tête pour la regarder de biais, non sans souligner son exaspération en levant les yeux vers le plafond.

-Quoi encore?

-Je sais que tu planifies punir Végéta pour avoir tué ce Kordylipe. Mais si tu touches à la moindre parcelle de sa peau, notre entente ne tient plus. C'est compris?

Cette fois, Frieza se retourna complètement pour la regarder en face. Il ne dit rien. Croisa les bras sur sa poitrine. Pencha la tête sur le côté. Plissa les paupières de manière analytique.

Étrangement, Bulma sentit qu'elle venait de commettre une erreur en réquisitionnant la protection du prince. Mais ça avait été plus fort qu'elle.

-D'accord, dit finalement Frieza en souriant malicieusement.