Bonjour à tous, j'espère que vous passez un bon Week-End. Voici le quatrième chapitre de ma fiction, en espérant qu'elle vous plaise toujours autant. Une petite parenthèse pour répondre aux Reviews et je vous laisse à votre lecture.

ShainaCobra : Effectivement cette Fanfiction est un Dramione ! :) Et oui c'est justement ce que je voulais faire transparaître, le côté complémentaire de leur caractère. Je te remercie de lire ce que j'écris, c'est un plaisir.

Chapitre 4 :

"Très amusant Potter, il n'est pas question que j'enfile cette chose horrible que tu oses appeler un pull…

-Arrête de faire l'enfant Malefoy, je t'ai déjà dit que tes vêtements ne sont pas assez chauds ! Tu n'as pas d'autres choix !"

Drago dû faire un effort considérable pour ne pas déchirer l'immondice que son homologue lui tendait. Comment pouvait-il porter ce genre de vêtements ? Même les pulls de Noël des Weasleys semblaient plus présentables que celui-ci, c'est dire. S'ils n'étaient pas en plein hiver et que ses ongles ne commençaient pas à virer au violet, le Serpentard aurait choisit de rester torse nu. Potter s'impatientait, il lui arracha le haut des mains contrarié et l'enfila rageusement sous le regard amusé d'Hermione qui s'abstint de faire le moindre commentaire. Ce pull faisait partie de ceux que Harry ne portait jamais puisqu'il appartenait autrefois à Duddley. En plus d'être largement trop grand pour lui, il ressemblait à ces affreux vêtements de friperies démodés. Drago devait être sacrément désespéré pour accepter d'enfiler cette chose informe. Par ailleurs, elle savait de source sûre que ce n'était pas le seul haut que son meilleur ami possédait, il l'avait donc fait exprès et cette constatation lui donnait envie d'éclater de rire. Harry observait le Serpentard d'un œil satisfait, autant parce qu'il était parvenu à le faire céder que parce qu'il l'avait piégé sans scrupules. De toute façon, Malefoy était insupportable depuis qu'ils lui avaient proposé de rester avec eux, une vraie diva, il passait les ¾ de son temps à se plaindre et le reste à bouder. Le survivant considérait que c'était une vengeance bien méritée. Cette petite fouine prétentieuse était tout bonnement invivable. Il prenait sur lui pour ne pas l'étrangler.

Pourtant, celle qui en bavait le plus dans cette tente ce n'était pas lui mais la brunette assise à un mètre en train d'étudier une carte qu'ils avaient trouvé à l'ancien orphelinat de Tom Jedusor. Car si Harry et Drago se disputaient à longueur de journée, Hermione jouait les médiateurs tout en travaillant sur les indices qui devaient les mener au prochain horcruxe et à l'endroit où se trouvait l'épée de Gryffondor. Son stress battait des records d'intensité et le seul moyen qu'elle avait trouvé pour le faire redescendre, c'était d'écouter de la musique. Elle se félicitait d'avoir pensé à prendre son baladeur, Beethoven et Mozart l'avaient plus d'une fois évitée de tuer l'un de ses deux colocataires. La première fois qu'elle avait enfilé ses écouteurs, Malefoy s'était exilé à l'autre bout de la tente, elle supposait qu'il soupçonnait son mp3 d'être dangereux. Cette méprise l'arrangeait bien, tant qu'il la craignait, il ne lui cassait pas les pieds. Cette fois encore, Hermione laissa les deux garçons à leur chamaillerie et se plongea dans Lacrimosa de Mozart, morceau qui l'aidait à se concentrer. La carte qu'elle avait sous les yeux était à ce point complexe qu'elle travaillait dessus depuis trois jours sans évolution. La Gryffondor n'était même pas certaine d'y trouver un indice mais elle refusait d'admettre un nouvel échec. Absorbée comme elle l'était, elle ne vit pas le grand blond au regard inquiet qui s'approchait d'elle avec hésitation. Elle sentit néanmoins un écouteur quitter son oreille et dû se résoudre à lever la tête vers l'inopportun.

"Malefoy, j'ai du travail je n'ai pas le temps de m'occuper de toi… Lâcha-t-elle acide.

-Je peux savoir à quoi servent ces deux petites choses blanches ? S'enquit-il."

Par Merlin, il avait osé le lui demander. Hermione savait qu'une fois qu'il comprendrait que son mp3 n'avait rien d'une menace, il recommencerait à lui taper sur les nerfs. Elle devait trouver une parade mais laquelle ? Harry avait visiblement quitté la tente, l'abandonnant à son sort.

"Depuis quand est-ce que les objets Moldus t'intéressent monsieur "je déteste les sang-de-bourbe" ? Demanda t-elle à son tour sur le ton du reproche.

-Depuis que je n'ai pas la moindre idée du potentiel de dangerosité de la chose, tout le monde sait que les moldus créent des technologie instables, inflammables et potentiellement toxiques, répondit le blond en grimaçant écoeuré."

La brunette leva les yeux au ciel exaspérée par son comportement arrogant et prétentieux. Comme s' il y connaissait quelque chose de toute façon.

"Tu as raison, par mesure de précaution, tu devrais rester à au moins trois bons mètres de moi, railla-t-elle.

-Très drôle Granger, maintenant dis moi de quoi il s'agit !"

Bon sang, ce que ce mec pouvait être agaçant ! Il était là, debout devant elle, les bras croisés sur son torse, les sourcils froncés et la bouche pincée dans cette expression qu'elle connaissait trop bien puisqu'il la lui adressait depuis leur première année à Poudlard. S'énerver contre lui ne la mènerait à rien et elle le savait, à la place, la Gryffondor retira son deuxième écouteur et lui tendit son baladeur d'un air désabusé.

"Si tu veux le savoir, découvre le par toi-même ! Provoqua t-elle malicieuse."

Malefoy fut plus que surpris de voir la rouge et or faire preuve d'autant d'impudence, c'était son rôle de réagir de cette façon. Il haussa un sourcil circonspect en avisant le petit boîtier devant lui. En temps normal, il aurait certainement asséné une remarque désobligeante à propos de son statut et de l'inutilité de l'objet qu'elle lui proposait. Mais pour une fois, il n'y avait personne pour porter un jugement sur ses décisions ou pour l'empêcher d'agir comme il l'entendait. Alors, à la plus grande surprise d'Hermione, Drago saisit le mp3, non sans précautions, et entreprit de l'observer sous toutes ses coutures. Elle n'aurait jamais imaginé voir un jour ce crétin de Serpentard porter attention à un appareil moldu, c'était une situation complètement inédite. Sans trop savoir pourquoi, elle se sentit touchée par ce soudain intérêt. Malefoy tournait et retournait l'objet à la recherche d'un indice sur son utilité, sous le regard analytique de son ennemie de toujours. La jeune femme profita du moment pour l'observer attentivement, elle se souvenait avoir pensé qu'il était séduisant endormi, elle réalisait désormais que la curiosité le rendait attachant. Elle se décala légèrement sur le banc et l'invita à s'asseoir.

"Je vais te montrer comment ça fonctionne, proposa t-elle plus bienveillante qu'auparavant."

Le ton d'Hermione troubla Malefoy plus qu'il n'aurait osé l'admettre. Elle ne lui avait jamais parlé comme ça auparavant. D'habitude c'était à celui qui serait le plus hautain ou le plus sarcastique. Il n'avait pas l'habitude de la douceur, venant d'elle ou de n'importe qui d'autre. Drago se surprit à s'asseoir à côté de la Gryffondor, si une partie de lui-même lui hurlait de ne pas fraterniser avec l'ennemi, une autre lui soufflait que cet échange était agréable et qu'il méritait d'être approfondi. Hermione se sentit étrangement troublée d'être assise à côté de Malefoy et encore plus en réalisant que cette position pourtant tout à fait banale l'ébranlait. Elle se secoua mentalement en attrapant les écouteurs et en les glissant dans les oreilles du jeune homme qui eut un mouvement de recul. Malgré sa méfiance, il la laissa faire, mal à l'aise.

"Détends toi et fais moi confiance, ordonna la brunette gentiment."

Drago l'observa pianoter sur le petit appareil dont l'écran venait de virer au bleu avec anticipation. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui l'attendait, néanmoins, sans trop savoir pourquoi, il lui faisait confiance. Il allait faire une remarque sarcastique sur l'inefficacité de l'objet lorsqu'un air de piano le coupa dans son élan. Le Serpentard écarquilla les yeux de surprise, il n'aurait jamais pensé que de la musique pourrait sortir des deux cordons attachés à ses oreilles. C'était la première fois qu'il entendait ce morceau, il supposait qu'il était moldu et devait bien admettre que c'était absolument magnifique. Il ne bougea pas d'un millimètre durant toute la durée de la mélodie, captivé. Cette réaction soutira à Hermione un petit sourire. Elle ne pouvait partager son amour de la musique classique avec personne de son entourage. Harry n'aimait pas particulièrement ça, Ron s'endormait ou s'ennuyait comme un rat mort, elle avait toujours eu la sensation d'être la seule à saisir la profondeur de ces chefs d'œuvres. A ce moment précis, elle savait à le regarder que Malefoy ressentait exactement la même chose qu'elle. Lorsqu'il tourna enfin la tête vers la Gryffondor, elle sentit son sourire s'agrandir de lui-même. Drago retira les écouteurs d'une main tremblante et les déposa sur la table. Quelques longues secondes de silence s'écoulèrent avant qu'il n'ouvre enfin la bouche.

"Qui est l'auteur de ce morceau ? Demanda t-il incapable de cacher son trouble.

-Chopin, répondit Hermione en triturant le coin de la carte devant elle. Un grand compositeur, célèbre chez les moldus, il a vécu au dix-neuvième siècle et a écrit tout un tas de morceaux aussi beaux que celui-ci."

Malefoy aurait voulu être désobligeant, repousser ce qu'il ressentait en devenant agressif comme il le faisait toujours, mais il n'y parvenait pas. Il aimait ce qu'il avait entendu, plus encore, il aurait aimé en entendre plus. Qu'est-ce que cela faisait de lui ? Si son père le voyait, si ses amis le voyaient, si son oncle le voyait… Pourtant, malgré son malaise d'imaginer que ses proches puissent savoir qu'il appréciait ce qu'il venait de vivre, il ne le regrettait pas. C'était sûrement ce qu'il y avait de pire : ne pas regretter. Hermione dû voir son trouble puisqu'il sentit sa main fraîche se poser sur la sienne doucement. Drago retira sa main par réflexe, il n'était pas prêt au contact. Elle n'insista pas.

"Est-ce que tout va bien ? Demanda t-elle sincèrement inquiète de voir à quel point il s'était renfermé sur lui-même brusquement."

Le Serpentard ne répondit pas, il se contenta de se lever et de quitter la tente. La Gryffondor hésita une seconde avant de le suivre à l'extérieur. Elle s'attendait à le voir tenter de s'enfuir afin de retourner au manoir, ça aurait été une réaction logique. Cependant, elle le trouva debout à quelques mètres de l'entrée, les mains dans les poches, droit comme un i. Que pouvait-il bien ressentir ? Hermione n'en avait pas la moindre idée mais elle supposait qu'il devait souffrir. Ces derniers jours elle avait réfléchi, réfléchi à son état, à ce qui l'avait poussé à devenir un mangemort, à son degré d'adhérence à la cause qu'il soutenait par obligation et elle avait réalisé combien son environnement avait dû contribuer à ses choix. Harry était encore persuadé de sa malhonnêteté, la rouge et or en doutait de plus en plus. Elle s'approcha de lui doucement et s'arrêta à ses côtés.

"Je sais que la situation est compliquée pour toi, souffla t-elle.

-Tu ne sais rien Granger, tu n'as pas la moindre idée de qui je suis, ni de ce que je vis, ni d'à quel point j'en souffre, tu ne sais pas non plus toutes les choses que j'ai fais et qui me hantent encore, si c'était le cas vous ne me protégeriez pas, répondit-il froidement."

Hermione risqua un coup d'œil sur son visage fermé, balayé par ses cheveux blonds platine. Le jour se levait à peine, ils n'avaient pas dormi mais n'étaient pas aussi fatigués qu'ils l'auraient dû. Le regard du jeune homme brillait d'une triste lueur et elle réalisait qu'elle ne pouvait rien faire pour l'éteindre. Elle ne savait pas ce qu'il avait eu à faire, néanmoins, elle était assez grande pour savoir que les mauvaises personnes n'avaient pas de remords.

"On fait tous des erreurs, la question que tu devrais te poser c'est : quelles leçons veux-tu en tirer ? Déclara t-elle.

-Je n'ai pas besoin de ta compassion Granger, je ne suis pas un elfe de maison… Grogna Malefoy en retour."

La Gryffondor soupira d'exaspération, fâchée de ne pas pouvoir avoir une discussion véritablement civilisée avec lui.

"Arrête de jouer au con Malfoy, ça devient fatiguant ! Il serait temps que tu réfléchisses à qui tu es et à ce que tu veux vraiment au lieu de te plaindre constamment et d'insulter les gens qui essaient de te venir en aide ! S'énerva-t-elle.

-Va te faire foutre, toi et ta bonne conscience, cracha le blond en lui faisant face hors de lui. Qui t'a dit que tu pouvais essayer de me comprendre ? Je ne t'ai rien demandé !"

Sans trop savoir pourquoi, Hermione se sentit profondément blessée par cette réflexion. Elle allait tourner les talons lorsqu'une voix familière la figea littéralement sur place.

"C'est quoi ce bordel ?"

La Gryffondor mit un temps fou à se retourner pour faire face à celui qui venait de les interrompre. Elle ne pensait pas le revoir avant la fin de la guerre et la vision de ses cheveux roux fit ressurgir toute la peine et la colère qui lui restait en stock. Malefoy croisa les bras sur sa poitrine et leva le menton d'un air de défi. Harry entre les deux, trempé jusqu'aux os. Ron fit un pas en avant, menaçant.

"Quelqu'un peu me dire ce que cette sale fouine fait ici ?"