Regina soupira doucement en finissant le verre de jus de pomme qu'elle tenait dans ses mains. Elle n'avait qu'une seule envie : quitter cette fête et rentrer chez elle pour s'enfermer dans le noir.

À la suite du chamboulement qu'avait provoqué le procès d'Ava et Nicholas, toutes les personnes qui avaient travaillés sur le cas s'étaient vu imposer deux jours de congés, le temps de prendre un peu de recul et de souffler. Elle n'avait rien dit, ne voulant pas aller à l'encontre d'une décision prise par ses hauts supérieurs mais, secrètement, elle avait eu dans l'idée de tout de même venir au tribunal pour travailler sur d'autres affaires moins conséquentes.

Albert Spencer n'avait pas vraiment réussi à sonder son caractère mais il connaissait suffisamment les trois autres femmes pour se douter qu'elles ne resteraient pas sagement à la maison alors qu'une pile de dossier les attendaient au bureau, il avait donc demandé que les badges d'entrées soient bloqués par la sécurité, les empêchant ainsi d'entrer dans les locaux. Il avait également ordonné à ce que tous les dossiers soient laissés dans les armoires et, il avait attentivement vérifié que ce soit bien le cas avant de fermer les bureaux à clé, lui coupant ainsi inconsciemment l'herbe sous le pied.

Ashley avait alors profité de ce repos forcé pour toutes les invités chez elle, prétextant avoir une grande nouvelle à leur partager. La brune n'avait pas vraiment eu le temps – ni l'envie – d'apprendre à la connaitre depuis son arrivée alors, quelque puisse bien être cette nouvelle à leur communiquer, elle savait qu'elle n'en serait pas concernée. Elle avait, tout d'abord, gentiment refusé sa proposition mais ses collègues s'étaient liées contre elle pour la convaincre de venir, lui assurant qu'elles allaient passer un bon moment toutes ensemble.

Sans grande envie, elle avait quitté son studio pour se rendre à l'adresse que lui avait envoyé Emma par message. En arrivant dans le petit village, loin de l'animation de la ville, la grandeur mais aussi la beauté de la maison dans laquelle vivait la jeune femme l'avait étonnement prise de court.

Belle et Scarlett étaient les premières à être arrivées alors elles s'étaient empressées de venir l'accueillir, heureuse de voir qu'elle ne leur avait pas fait faux bond. Elle avait rapidement salué l'hôte de la maison avant de faire la rencontre de toute sa petite famille. Son fiancé, Thomas ainsi que les parents de celui-ci mais aussi sa demi-sœur, Clorinda, qui roucoulait avec son propre fiancé, Jacob, pendant que sa belle-mère semblait très peu ravie d'être ici.

A ce moment, la juge s'était rendu compte qu'elle ne portait absolument pas la tenue adéquate pour ce genre de rencontre. Vêtue de son éternel tailleur de travail, ses hauts talons faisaient légèrement tâche à côté des habits de ville, habits décontractés, que portaient les autres invités. Elle avait intérieur grommelé contre sa collègue, en retard, qui ne lui avait pas donné l'information la plus importante, c'est-à-dire, le genre de tenue à porter.

S'installant dans le salon, sur l'un des fauteuils mit à disposition, elle s'était contentée d'écouter d'une oreille distraite les diverses conversations qui animaient la pièce, tout en sirotant son verre de jus de pomme. Thomas s'attelait en cuisine pour finir de préparer le repas pour tout ce petit monde, refusant catégoriquement de recevoir de l'aide de qui que ce soit, se faisant une joie de pouvoir cuisiner pour tous ses invités.

Quelques minutes passèrent et le bruit de la sonnette d'entrée résonna dans toute la maison, Ashley s'empressa d'aller ouvrir à sa dernière invitée et une tête blonde arriva dans la pièce, les mains dans les poches, le sourire aux lèvres.

« Désolé, je suis en retard. »

« Mais non, on n'a même pas encore commencé à manger. » Assura leur hôtesse avec un grand sourire.

« Où est-ce que tu étais encore passée ? » Lança Scarlett qui se décala pour lui laisser un peu de place sur le canapé.

« Au centre pour mineur, je suis allé remercier Lilith pour son aide. »

« Comment va-t-elle ? Qu'est-ce qu'elle t'a demandé ? » Questionna Belle qui savait très bien que la juge ne disait jamais non à leurs demandes, surtout lorsqu'ils leur offraient des informations aussi importante.

« Elle a voulu des livres pour travailler ses examens. Elle va bien et elle veut se donner les moyens d'obtenir son diplôme, avec mention si possible ! »

Regina la regarda de haut en bas, jaugeant ses habits du regard et soupira. Elle aussi, elle avait abandonné ses magnifiques costumes pour un pantalon et un sweat à capuche sombre, les cheveux attachés en une queue de cheval haute et ses fines lunettes sur le bout du nez, elle avait un air bien plus enfantin qu'à l'habitude.

Dans une ambiance plutôt apaisante, elle leur raconta les efforts que faisait l'adolescente, les différents cours qu'elle avait demandé à pouvoir suivre mais aussi l'investissement dont elle faisait preuve dans son centre. Elle, qui n'appréciait pas d'être en contact avec d'autres jeunes de son âge, dépassait ses limites pour devenir une meilleure personne et ainsi montrer à cette maudite juge – qui l'avait renvoyé au point de départ – qu'elle pouvait changer.

Après un petit moment, ils passèrent à table et Emma, voyant que sa collègue ne savait pas où s'installer, l'attira à ses côtés avec un doux sourire. La discussion était plutôt animée, sans grand étonnement, ils parlèrent de l'affaire d'Ava et Nicholas qui avait secouée absolument tout le pays. Comme à chaque fois que la blonde l'avait vu, la belle-mère d'Ashley ne se gêna pas pour rabaisser leur travail, allant même jusqu'à les traiter d'incapable, assurant que la peine de mort était la seule solution pour éradiquer ce mal qui pullulait dans la jeunesse d'aujourd'hui.

Depuis le temps que la juge travaillait au tribunal, aux côtés de la secrétaire, elle était habituée aux remarques un peu extrême de son ainée qui avait la manie de rendre l'ambiance pesante rien que par sa seule présence. Ne lui prêtant absolument aucune intention, elle continua de discuter avec la demi-sœur de son amie qui était accompagnée de son fiancé, elle lui posa tout un tas de question sur leur futur mariage pour lequel – au dernières nouvelles – ils n'avaient pas encore trouvé de date.

Elle était peut-être occupée à discuter avec tout le monde mais, pour autant, elle n'oublia pas la jeune femme qui se faisait discrète à ses côtés. Elle fut sans nul doute la seule à remarquer que celle-ci n'avait pratiquement pas touché à son repas, se contentant de faire bouger les aliments d'un côté à l'autre pour donner l'impression que la quantité présente avait diminuée.

« Vous ne mangez pas ? » Chuchota-t-elle doucement en se penchant au-dessus de son épaule.

« La viande... n'est pas suffisamment cuite... »

Ce n'était qu'une excuse donnée par la brune qui n'avait aucun appétit depuis un bon moment, elle se forçait tout de même à manger un minimum pour ne pas mourir de faim mais sans plus. Elle ne prenait plus aucun plaisir à cuisiner ni même à déguster des plats dont elle raffolait, tout était devenu fade, insipide, sans saveur et sans intérêt.

La blonde jeta un coup d'œil à son assiette et l'échangea discrètement avec la sienne. Ashley savait qu'elle avait du mal avec la viande moins cuite alors elle avait personnellement veillée à sa cuisson pour que ce soit parfait.

« Est-ce que celle-là vous convient ? »

« C'est parfait mais... et vous ? »

« Ne vous inquiétez pas, les légumes sont succulents. Vous devriez gouter, Thomas n'est peut-être pas chef cuisinier mais c'est un vrai cordon bleu à ses heures perdues. »

Regina la regarda attaquer les accompagnements sans toucher à la viande et se sentit honteuse, son homologue venait d'intervertir leurs plats, lui donnant ainsi la viande qu'elle semblait jusqu'alors déguster avec plaisir, alors qu'elle n'avait absolument aucun appétit. Elle grimaça et porta un morceau à sa bouche, elle la mâchouilla pendant une éternité avant de difficilement l'avaler.

Il fallait avouer que le repas était très bon et pourtant, elle ne ressentait aucune once de joie en le mangeant. Sous le regard tendre de sa collègue, elle fit son possible pour en manger un maximum malgré la boule qui lui nouait l'estomac, vidant ainsi sa nouvelle assiette de moitié.

Le repas se termina et Emma fut la première à se lever, pour aider à débarrasser, malgré le refus de ses hôtes. Ashley leur proposa d'aller prendre un café dans le salon et elle prépara les boissons chaudes, tout en râlant sur la jeune femme qui s'était tout naturellement mise à laver la vaisselle en compagnie de Belle.

« Bon ! Quand est-ce que vous allez nous dire cette bonne nouvelle ? » Questionna Scarlett qui trépignait sur place, impatiente de savoir.

« Ne te comporte pas comme une enfant. » Souffla la médiatrice en justice qui lui donna un léger coup sur le bras.

« Si on vous à tous réuni ici aujourd'hui, c'est pour partager notre bonheur avec vous. » Annonça Thomas, avec un immense sourire sur le visage.

« Qu'est-ce qui se passe ? » Fit son père, les sourcils froncés.

« Nous allons avoir un bébé ! » Lâcha finalement le jeune homme.

« Tu es enceinte ? » Lança l'assistante envers la blonde.

« J'avais beaucoup de travail du coup je n'ai pas tellement fait attention au retard de mes règles. D'après le médecin, j'ai fait ce qui s'appelle un déni de grossesse à cause de la charge de travail et du stress, je suis déjà à quatre mois. » Sourit-elle en se blottissant dans les bras de son compagnon.

« Quatre mois ? » Répéta Clorinda qui n'en croyait pas ses yeux.

« Ce qui veux dire que vous allez bientôt savoir le sexe du bébé. » Intervint Regina, les yeux brillants.

« J'ai fait une échographie la semaine dernière et on le sait déjà. On attend un petit garçon. »

« On va avoir un garçon ! »

La joie du jeune couple fut communicative à tous leurs invités qui se levèrent pour venir les serrer dans leurs bras, les félicitant pour cette si bonne nouvelle dont ils avaient cruellement besoin en ces temps compliqués. Même la belle-mère d'Ashley lui adressa quelques mots gentils, lui demandant si elle avait déjà pensé à un prénom pour son petit-fils qui arriverait plus vite que prévu.

La brune fut la seule à ne pas bouger, la douleur qui lui tiraillait le cœur l'empêchait de faire le moindre mouvement dans leur direction. Elle était sincèrement heureuse pour eux, elle voulait les féliciter et les remercier d'avoir partagé cette annonce avec elle mais, actuellement, elle était tétanisée dans son fauteuils.

Elle n'était plus maîtresse de son corps qui se mit à bouger sans qu'elle n'en ait le contrôle. Elle se leva, se dirigea vers l'entrée et récupéra sa veste. Alors qu'elle s'apprêtait à quitter la petite maison, en toute discrétion, Belle vint à sa rencontre.

« Où est-ce que vous allez ? »

« Je vais prendre l'air, je pense avoir beaucoup trop mangé. »

Sans ajouter quoi que ce soit, elle ferma la porte dans son dos et noua la ceinture de son manteau pour le fermer. Les mains plongés au fond de ses poches, elle avança lentement sans avoir la moindre idée de là où elle se rendait.

Ses jambes tremblaient et pourtant, elles avançaient toujours tout droit malgré la menace imminente de s'écrouler. Sa gorge était sèche, elle avait tellement mal qu'elle voulait s'ouvrir la poitrine en deux pour en sortir son cœur. De cette manière, sa souffrance disparaitrait peut-être quelques instants.

Elle se rappelait très bien le moment où elle avait été à la place d'Ashley, la joie qui avait irradiée sa vie en découvrant le petit trait de couleur sur le test de grossesse. Cette inquiétude quant à l'annonce mais le bonheur de porter la vie qui prenait toujours le dessus. Les larmes de joie dans les yeux de son père et même un semblant de fierté dans ceux de sa mère, l'amour de son mari et absolument toutes les heures qu'elle avait passé à préparer la chambre pour son petit bambin.

Tous ces si beaux souvenirs remontèrent dans sa mémoire à l'annonce de la grossesse de la blonde mais aujourd'hui, elle n'avait aucune envie de sourire. Bien au contraire, tous ces moments lui matraquèrent le cœur, lui rappelaient son incompétence, son absence, son échec.

Perdue dans ses pensées, elle avait marché pendant de très longues minutes sans mémoriser le chemin qu'elle venait d'emprunter. En relevant le visage, elle se rendit compte qu'elle ne savait absolument pas où elle était et, surtout, il n'y avait pas un chat à l'horizon, pas une seule personne à qui elle pourrait demander son chemin. Tout naturellement, elle décida de revenir sur ses pas et remonta la ruelle par laquelle elle venait de passer mais, bien qu'elle eût l'impression de partir du bon côté, elle se perdit encore plus.

Commençant un peu à s'inquiéter, elle attrapa son téléphone portable pour demander à sa collègue de venir la chercher mais elle constata, avec stupeur, qu'elle n'avait absolument plus de batterie. En sortant du taxi, elle avait enroulé les écouteurs autour comme à son habitude mais, au lieu de l'éteindre, elle s'était trompée de bouton et avait simplement baissé le son, laissant ainsi les musiques s'enchainer jusqu'à l'épuisement complète de sa batterie.

« Bon sang. »

Un peu moins rassurée de se savoir complètement seule, dans ce lieu inconnu, sans aucun moyen d'appeler à l'aide, elle continua de marcher en espérant tomber sur un panneau de signalisation, une maison qu'elle aurait aperçu un peu plus tôt, n'importe quoi pouvant lui indiquer le chemin à prendre. Elle traversa le jardin du village avec l'espoir de trouver des enfants en train de jouer ou des adolescents en pleine balade mais, à la place, elle se retrouva entourée d'arbre plus haut les uns que les autres ce qui commença à lui donner le tournis.

Les minutes passèrent et elle sentit quelques choses tomber sur le haut de sa tête mais, avant qu'elle n'ait le temps de faire le moindre mouvement, des centaines de gouttes d'eau commencèrent à lui tomber dessus. Aussi vite qu'elle le put, elle revint en arrière pour aller se mettre à l'abris dans la petite gloriette en bois qu'elle avait croisé un peu plus tôt.

« Décidément, rien ne va. » Marmonna-t-elle, tremblante de froid.

Heureusement, ce n'était qu'une averse qui allait bientôt passer ainsi elle pourrait rejoindre les autres, enfin, ce fut ce qu'elle crut. Contrairement à ce qu'elle espérait, la pluie tombait de plus belle et l'orage se mit à gronder, la faisant sursauter.

Du haut de ses 32 ans, elle ne craignait pas grand-chose mais l'orage, elle n'avait jamais supporté. Elle se recroquevilla un peu sur elle-même et enfouit son visage dans le creux de ses bras pour ne pas voir les éclairs qui éclataient dans le ciel. La fameuse juge qui faisait peur à pratiquement tous les jeunes délinquants était actuellement morte de peur, elle était terrorisée.

Elle voulait rentrer chez elle et s'enfoncer sous sa couverture, serrer son oreiller dans ses bras et attendre que ce soit terminé mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas parce qu'elle avait accepté de venir dans ce village inconnu sur son jour de congé imposé. Elle ne pouvait pas parce qu'elle n'avait pas voulu faire faux bonds à ses collègues qui étaient heureuses de se réunir après une si dure affaire.

Voyant que la situation météorologique ne semblait pas prête de changer, elle soupira et se releva. Elle fit plusieurs pas, sous l'abris, pour se donner un peu de courage puis, rabâtant comme elle put elle col de son manteau sur son cou, elle descendit les trois petits escaliers avant de se mettre à courir malgré les gouttes d'eau qui vinrent violemment lui frapper le visage.

Avec un peu de chance, elle allait sans doute pouvoir rejoindre la maison d'Ashley avant d'être complètement trempée jusqu'aux os mais, puisque la chance n'était pas de son côté, elle glissa à cause du terrain gorgé d'eau et tomba, les fesses en premières, dans une flaque. Avant qu'elle n'ait eu le temps de faire le moindre mouvement, un éclair déchira le ciel, la faisant sursauter de peur.

« Madame Mills ! »

En se tournant vers cette voix qui appelait son nom, Regina découvrit Emma de l'autre côté de l'allée. Celle-ci combla la distance qui les séparait en courant et, tout en s'accroupissant pour être à sa hauteur, elle vint la protéger de l'averse avec le parapluie sans se rendre compte qu'elle était à présent celle à découvert.

« Est-ce que vous allez bien ? »

Les larmes aux bords des yeux, le regard que lui lança sa collègue fut suffisant à lui faire comprendre que la réponse était loin d'être positive. Elle lui fourra le parapluie dans les mains pour venir la soulever du sol, un bras dans le dos et l'autre glissé sous ses genoux, puis elle s'empressa de rejoindre le kiosque où elles purent enfin échapper aux gouttes d'eau.

Déposant doucement la jeune femme sur la banquette disponible, elle lui arracha presque son manteau trempé pour le jeter dans un coin et ainsi couvrir ses épaules de sa propre veste en cuir. Elle se laissa tomber à ses côtés, préférant attendre encore un peu avant de repartir, et elle en profita pour informer les autres qu'elle se trouvait avec la juge, en sécurité et qu'elles n'allaient pas tarder à revenir.

Elle soupira en observant le rideau d'eau qui l'empêchait presque de voir l'autre côté du parc et, doucement, elle vint frotter sur les bras de la brune qui tremblait de froid.

« Comment avez-vous su où je me trouvais ? » Questionna-t-elle en claquant des dents.

« Vous ne reveniez pas et votre téléphone était éteint. On s'est séparé pour vous chercher. Par chance, j'ai pris ce chemin. » Répondit la blonde avec un sourire tendre sur les lèvres.

Du bout de l'index, elle vint caresser sa joue pour y retirer les traces d'éclaboussures de boue qu'elle avait causé en tombant dans l'eau. Gênée par cette soudaine proximité, elles détournèrent toutes les deux le visage dans la direction opposée pour ne plus se regarder.

« Est-ce que vous pouvez vous lever ? » Demanda-t-elle après s'être raclé la gorge.

Les joues de la brune prirent une teinte beaucoup plus rouge lorsqu'elle comprit que sa collègue avait assistée à sa monumentale chute. Elle hocha doucement la tête de haut en bas, elle n'avait aucune douleur au niveau des chevilles et, par chance, les talons de ses chaussures avaient tenu le choc alors, rien ne l'empêchait de pouvoir marcher.

Prenant appui sur le bord de la gloriette en bois, elle tira sur ses bras pour lever son corps de la banquette mais ses jambes se mirent étrangement à trembler. Elle avait déjà du mal à tenir debout alors marcher, elle n'était vraiment pas prête de retrouver le confort de la maison d'Ashley.

« Je... je ne peux pas... » Marmonna-t-elle, honteuse d'être à ce point terrorisée par l'orage qui continuait de gronder.

« Retirez vos chaussures. » Fit simplement la jeune femme à ses côtés.

Celle-ci se leva et retira son sweat à capuche dans un mouvement aussi simple que sensuel, simplement couverte d'un débardeur blanc, elle laissa à Regina tout le loisir de découvrir les cicatrices qui décoraient sa peau. Pendant que la juge la fixait, interloquée, choquée, intriguée, elle s'approcha d'elle pour nouer son pull autour de ses hanches.

« Votre jupe va forcément remonter alors, comme ça, même si on croise quelqu'un, personne ne verra rien. » Annonça-t-elle avec un fin sourire.

« Miss Swan... Est-ce que vous allez bien... ? »

« Ce n'est pas vraiment la première chose que demandent les gens en découvrant mes cicatrices. » Plaisanta la blonde qui détourna tout de même le regard.

En silence, elle s'agenouilla pour récupérer les chaussures à talon qu'elle rendit à sa propriétaire. Elle lui tendit également le parapluie, ouvert, puis s'accroupit à nouveau en lui demandant de grimper sur son dos. La brune, tout d'abord perturbée par la situation, refusa catégoriquement, assurant qu'elle pouvait marcher mais, lorsqu'un nouvel éclair explosa dans le ciel, elle bondit sur sa collègue et s'accrocha à ses épaules comme si sa vie en dépendait.

« Si vous osez répéter ce qui vient de se passer à qui que ce soit, je ferais de votre vie un enfer. Vous m'entendez Miss Swan ? Un enfer. » Promit-elle tout en enfouissant son visage dans le creux de son cou, comme pour se cacher de l'orage.

« Motus et bouche cousue. » Sourit Emma qui commença à marcher vers la maison de son amie.