Chapitre 44 : Enfin
Harry poussa un soupir soulagé en fermant sa malle, enfin, il pouvait partir. Il n'avait pas vu Jasper depuis un mois et tout son être lui hurlait de retrouver son vampire au plus vite, que celui-ci n'allait pas bien, qu'il avait besoin de lui.
Lui non plus n'allait pas bien, mais ses activités lui avaient permis de garder la tête froide et de ne pas se laisser aller à la mélancolie.
Après avoir été interrogé par les aurors sur la disparition de son amant, Harry avait donné des interviews pour expliquer l'état de Jasper à Azkaban et l'inquiétude qu'il avait quant à sa santé mentale. La population sorcière était outrée du sort qui avait été réservé au Survivant et à son âme-sœur et un beau bazar régnait en Grande-Bretagne.
Harry, qui se savait suivi, s'était occupé des ruines du square. Il avait décidé de le détruire totalement et de construire un orphelinat sur ses cendres. Il avait proposé à ses amis de gérer le projet pour lui, ce que Blaise et Hermione avaient accepté. Il avait donc travaillé là-dessus avec eux et avec les gobelins sous les yeux des aurors qui ne le lâchaient pas, mais dès qu'il se retrouvait protégé des oreilles indiscrètes par les murs insonorisés de Gringotts, il préparait son départ. Les gobelins avaient réservé à sa demande un de ses coffres pour l'orphelinat, et avaient offert à Harry un contrat spécial qui lui permettait d'accéder à son or où qu'il soit dans le monde, ce qu'il avait bien sûr accepté.
Après deux semaines à promener les aurors, et mettre ses affaires en ordre, Harry avait disparu. Il s'était éclipsé dans le monde moldu, n'utilisant pas la magie pour ne pas être repéré. Il avait pris un train pour Paris, puis l'avion pour Washington où il avait pris une chambre d'hôtel. Être sur le même continent que son amour sans pouvoir le rejoindre lui avait fait mal au cœur, mais il savait qu'il ne devait pas se précipiter.
Il avait alors pris rendez-vous avec un avocat spécialisé en droit international et citoyenneté. Cette femme l'avait aidé à monter deux dossiers, un pour qu'il soit reconnu comme sorcier américain, l'autre pour que la justice anglaise ne puisse pas poursuivre Jasper, citoyen américain et son âme-sœur sur le sol hors de Grande-Bretagne.
Le premier dossier avait été réglé en quelques jours, alors qu'il avait fallu presque deux semaines pour que le second soit finalisé, mais c'était enfin le moment. Tout était en ordre, Harry pouvait aller rejoindre son âme-sœur pour ne plus jamais le quitter.
Il réduisit sa malle et se concentra sur son cœur et le lien qu'il partageait avec Jasper. Il ferma les yeux, visualisa son compagnon et se concentra sur son envie d'être à ses côtés. Pour la première fois de sa vie, il transplana sans savoir où il allait, mais quand il ouvrit les yeux, il savait être au bon endroit. Il était dans un grand salon lumineux, entouré de six vampires dont les yeux ambrés exprimaient leur soulagement de le voir.
Jasper fut sorti de sa contemplation mélancolique des nuages par un craquement qui retentit au rez-de-chaussée, tout de suite suivi par une sensation de chaleur dans son cœur et l'odeur de Harry qui lui parvint beaucoup plus forte que quelques secondes auparavant. Il fut dans le salon en moins d'une demi-seconde, à une longueur de bras de Harry.
Il s'arrêta net, figé devant la vision de son âme-sœur, une valise à la main qui lui souriait et dont le cœur battait trop vite. Harry avait le souffle coupé de retrouver son compagnon, peu lui importait qu'il ait l'air moins en forme qu'avant son passage à Azkaban, tout ce qui comptait était qu'ils étaient à nouveau réunis.
Il se passa quelques secondes durant lesquelles ils s'observèrent sans bouger, comme s'ils avaient peur de dissiper un mirage. Ils ne surent pas ce qui brisa la tension, le départ des autres Cullen, un coup de tonnerre ou un battement de cils de Harry ?
Peu leur importait, ils franchirent la distance qui les séparait et écrasèrent leurs lèvres sur celles de l'autre. Ce fut comme s'ils respiraient après une trop longue apnée, leurs corps étaient affamés de l'autre, de son goût, de son odeur, de sa voix, ses gémissements.
Peu leur importait d'être dans un salon aux immenses baies vitrées, ils se déshabillèrent, déchirant les vêtements de l'autre. Ils ne supportaient plus d'avoir la moindre barrière, le moindre espace entre eux.
Peu leur importait les sons qui emplissaient la maison, que ce soit les notes de piano provoquées par Harry en appui sur l'instrument ou les cris qui lui échappaient induits par le membre dur de son amant qui tapait contre sa prostate.
Peu leur importait de salir le mobilier ou le sol, ils jouirent sans se retenir sur le piano, puis sur le canapé et pour finir sur la fenêtre, à chaque fois, les crocs de Jasper bien enfoncés dans le cou de son calice.
Ils restèrent nus allongés sur le canapé de longues minutes, profitant de la présence de l'autre avant que Jasper ne demande à son amant de lui dire toute la vérité sur ce mois de séparation. Harry lui raconta tout, sans rien omettre, ni la culpabilité qu'il avait ressenti au moment du verdict, ni le soulagement qui l'habitait à présent qu'il était sûr que les aurors anglais n'étaient plus une menace. Toutes les questions que le vampire avait reçurent une réponse, tous ses doutes et ses incompréhensions furent apaisés et ne resta plus que la question la plus importante.
"Tu restes avec moi maintenant ?"
Ce mois sans Harry avait été si douloureux, qu'il n'envisageait pas qu'ils puissent à nouveau être séparés.
"Pour l'éternité, mon amour." lui répondit le jeune homme.
Et ces mots, que Jasper avait rêvé d'entendre depuis sa première rencontre avec son âme-sœur, lui donnèrent l'impression de revivre, que son cœur battait à nouveau grâce à l'homme merveilleux qu'il tenait dans ses bras.
Il ravit sa bouche à nouveau, avec délicatesse cette fois, caressa son corps, embrassa chaque parcelle de son visage jusqu'à trouver son oreille.
"Fais-moi tien." lui chuchota-t-il.
Harry réagit tout de suite, il explora le corps de marbre de baisers jusqu'à trouver la meilleure des gourmandises qu'il suça avec application. Jasper se mit à gémir et à se cambrer de plaisir, laissant ses mains errer dans les cheveux ébènes sans plus avoir peur de blesser son amant. Il crispa quelques instants ses doigts sur les mèches de cheveux quand Harry commença à le préparer pour le recevoir, mais l'inconfort fut vite remplacé par des vagues de plaisir. La double stimulation l'amena vite vers le septième ciel et il se mit à supplier son amant de le prendre sans plus attendre. Harry se mit debout au bout du canapé et pénétra l'antre froide mais si douce d'une lente poussée. Il fit l'amour à son vampire tout en lenteur et dévotion jusqu'à ce qu'ils atteignent ensemble l'extase.
Les deux hommes passèrent deux jours à faire l'amour, ne faisant des pauses que lorsque Harry avait besoin de dormir ou de se restaurer. Ils étaient incapables de garder leurs mains pour eux ou de rester loin l'un de l'autre. Puis la fièvre retomba. Ils constatèrent le désordre qu'ils avaient mis dans le salon et que le reste de la famille risquait de revenir sous peu. D'un sort, Harry fit disparaître toute trace de leurs activités et enfin, il put découvrir la chambre qu'il allait partager avec Jasper.
Harry tournait en rond dans le salon, sous le regard amusé de son compagnon et de sa belle-famille. Il était impatient et tous le voyaient. Depuis cinq ans que le sorcier avait retrouvé le clan Cullen aux Etats-Unis, il n'avait pas revu ceux qu'il considérait comme ses meilleurs amis, ne voulant pas être séparé de Jasper et ce dernier refusant de remettre un pied en Angleterre, ce que Harry comprenait et acceptait.
La vie n'avait pas toujours été simple, pour le sorcier de faire le deuil de tout ce qu'il avait quitté, pour le vampire de réapprendre à vivre. Jasper s'était réadapté, avec difficultés, au mode de vie des Cullen, prétendre qu'il était un étudiant normal, aller au lycée… Harry avait refusé. Il s'était acheté une moto pour se rendre à Seattle et avait suivi un cursus universitaire là-bas sur la fabrication des balais volants, en parallèle il avait pris un emploi à temps partiel de testeur de balais. Les Cullen se contentaient de dire qu'il était dans un lycée technique à Seattle pour que les moldus ne posent pas de questions. Les journées où le couple était séparé étaient longues pour eux, mais aussi salvatrices. Jasper apprenait à exister, à vivre et à s'épanouir sans la présence de Harry à ses côtés, mais avec la certitude de le retrouver le soir.
Parfois, le sorcier passait ses soirées à lire les nouvelles de son pays et à replonger dans ses souvenirs, l'empathe, triste de priver son compagnon de ses amis tant qu'ils étaient encore en vie, avait alors suggéré qu'ils viennent passer des vacances chez eux, en Alaska où le clan s'était installé depuis un mois. Harry avait été euphorique à cette idée et depuis ne tenait plus en place.
Enfin, la cheminée s'alluma et en sortirent Hermione, puis Ron, George, Blaise, Luna, Neville, Dean et Seamus. Aux embrassades et exclamations de joies, suivirent les rires, les anecdotes, les souvenirs et les jeux. Jasper devait parfois se mettre à l'écart pour échapper à tant d'émotions fortes, même positives, sinon il finissait par avoir l'impression d'être ivre.
"Heureux ? lui demanda Rosalie alors qu'il se ressourçait à l'extérieur.
- Plus que je n'aurais jamais cru pouvoir l'être. Je ne pensais pas pouvoir dire ça un jour, mais aujourd'hui, ces années de cauchemar sont derrière moi."
Rosalie le serra contre elle.
"Et plus le temps passera, plus ces horribles souvenirs seront chassés par tous les bons que vous aurez construits." conclut-elle.
Il ne pouvait pas être plus d'accord, ces cinq années avec Harry à ses côtés n'avaient été que pur bonheur, l'éternité avec lui ne pourrait pas en être autrement.
Fin
C'est la fin de cette histoire, j'espère qu'elle vous a plu.
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A bientôt sur une autre histoire.
Lyla0ï
