C'était… L'angoisse absolue.

Jamais, au cours de sa courte existence, Kali ne s'était sentie aussi mal à l'aise. La tension dans l'air été presque palpable, faisant battre puissamment son cœur au creux de sa poitrine. Inconsciemment, la demoiselle caressait nerveusement le dos de Kyu qui s'était posé sur ses cuisses, comme sentant son trouble.

Le silence s'étirait depuis bien trop longtemps, mettant au supplice l'hybride. Il fallait qu'elle intervienne avant que les choses ne dégénèrent, même si elle ne savait pas exactement comment elle allait se sortir de cette situation improbablement tendue.

« Bon… » commença-t-elle en ressemblant son courage, se redressant un peu pour se donner contenance, affichant un sourire un rien crispé aux personnes présentes dans le salon. « Maintenant qu'on est tous réunis… Peut être devrions nous commencer ? »

« Je comprends toujours pas ce qu'il fout là, lui… » lâcha Hiroaki avec mauvaise humeur, assit à la gauche de la rousse, les bras fermement croisés sur son torse, les jambes croisées, ouvertement agressif.

« Lui t'emmerde, baveur. » siffla Sukuna, assit à la droite de l'européenne, vautré avec une fausse nonchalance dans le canapé, ses bras enserrant son buste avec une tension visible. « Je suis là parce que j'en ai envie. Si t'es pas content, barres toi. »

« Celui qui devrait se barrer, c'est vous ! » cracha l'intéressé, fusillant le démon de son regard émeraude enflammé par un incommensurable ressentiment. « C'est une réunion privée qui concerne Kali ! »

« Mais vu que la crevette est directement liée à moi, crétin » répliqua le tatoué, ne se donnant même pas la peine de regarder son interlocuteur. « Ça me concerne aussi. Vu vos derniers coups d'éclats visant à l'éloigner de moi, je dois veiller à ce que vous ne recommenciez pas ! »

« Et pourquoi on a du en arriver à de telles extrémités, à votre avis ? » répondit le blond, les mâchoires crispées avant de se tourner vers Kali, la prenant à partie. « Il a la mémoire courte, en plus de tout le reste ? »

La pique fit mouche, faisant se redresser lentement le fléau couronné, son énergie occulte menaçante se répandant avec lourdeur dans l'air.

« Il me cherche, le décoloré ? »

« Stop ! » intervint brusquement la maitresse des flammes d'ombres, repoussant un peu les deux hommes en plaquant une main sur leur torse respectif, à bout de nerfs. « Tout le monde respire ! Ce sommet me concerne autant que Sukuna, vu qu'on doit parler de ce qu'on va faire avec le départ imminent de Yuji pour Kyoto ! On est tous là pour la même raison, alors s'il vous plait… Rentrez les griffes, c'est pas productif ! »

La jeune femme fixa tour à tour les deux coqs furieux assis de part et d'autre d'elle, cherchant à les ramener à la raison.

« S'il vous plait… » reprit-elle avec plus de douceur. « Vous m'aviez promis d'au moins vous tolérer… »

« C'est lui qui a commencé, je te signale… » finit par maugréer Sukuna, de mauvaise grâce, en se laissant tomber contre le dossier du canapé.

« Mais quel… » commença Hiroaki qui se retint cependant de finir sa phrase, scrutant le visage presque suppliant de son amie. Il finit par laisser échapper un soupire terrible, détournant finalement le regard avec humeur, resserrant un peu plus la prise de ses bras sur son torse.

« Merci… » souffla l'européenne, heureuse d'avoir pu éviter le bain de sang. « On va essayer de faire ça vite et bien, histoire d'éviter les morts. »

« Maharani a raison… » soupira Prasad, à travers l'écran de l'ordinateur posé sur la table basse. « Nous devons parler des changements à venir. Afin d'adopter la stratégie qui lui assurera la plus grande sécurité possible, vu que je suis certain que c'est ce qui nous tient tous à cœur. »

La remarque arracha un ricanement sec au garde du corps de l'intéressée, provoquant un regard assassin chez Ryomen.

« BREF. » coupa la rousse, cherchant à reprendre les choses en mains. « Comme tout le monde le sait maintenant, le départ de Yuji pour Kyoto se précise. La dernière fois que j'ai croisé Gojo, il m'a laissé entendre que si je voulais rester au sanctuaire, il ne s'y opposerait pas. Même si c'est une bonne nouvelle, vu que ça nous garantit un point de chute sécurisé en cas de soucis, cette possibilité n'est pas vraiment ma préférée. »

« Pas la mienne non plus. » commenta Sukuna depuis le fond du canapé, faisant lever les yeux au ciel au manipulateur de foudre.

« Et c'est bien pour cela que nous devons faire le point sur ce que nous savons par rapport à ce qui va se passer à Kyoto. » reprit le vieil homme, croisant posément ses mains sur le bois massif de son bureau à l'autre bout du monde. « Savons nous en quoi consiste exactement ce voyage ? »

Le tatoué glissa son double regard vers l'écran de l'ordinateur, réfléchissant aux informations qu'il avait pu glaner en écoutant les conversations de son réceptacle avec ses professeurs. « De ce que j'ai compris, c'est un tournois entre les écoles d'exorcisme de Tokyo et de Kyoto. Un truc débile sans aucun combat à mort, sans le moindre intérêt. Mais c'est à cette occasion que l'autre albinos a décidé d'orchestrer le retour officiel du morveux dans le monde des vivants. »

« Yuji trépigne littéralement d'impatience ! » ajouta Kali, un sourire un peu amusé aux lèvres, faisant faire la moue à son démon.

« Enfermer un jeune garçon de 15 ans dans un sous sol n'est pas la chose la plus naturelle au monde, assurément… » acquiesça Prasad, faisant se tendre un peu plus encore le tatoué. « Mais n'est ce pas dangereux, du coup ? D'après les informations que j'ai réussi à obtenir par rapport à l'école de Kyoto, il parait flagrant que son directeur était ouvertement opposé au sursit accordé au jeune Iradori. Ce tournois risque d'être une occasion pour lui afin de tenter de l'assassiner, ne pensez vous pas, Maharaja ? »

« Ne t'en fais donc pas, vieil homme. » Un sourire en coin étira la bouche du japonais millénaire, une lueur un rien machiavélique brillant dans le feu de ses prunelles. « Quoi qu'il advienne, mon enveloppe sera sauve, c'est tout ce qui importe. »

La remarque du fléau arracha une grimace peu convaincue à l'intéressé, ne le rassurant que très partiellement. « Je n'en doute pas un instant, Maharaja… Hélas, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour Maharani. » Il se tourna alors vers elle, la couvrant d'un regard où vibrait une profonde et honnête bienveillance. « Maharani… Je sais bien que les derniers évènements vous ont blessée, mais il s'agit là de votre sécurité. Bien que vous souhaitiez vous rendre à Kyoto, je ne peux que vous conseiller… fortement, de demeurer à distance… »

En entendant cela, Kali baissa un peu les épaules. Elle s'était attendue à cette réticence de son protecteur, bien entendu.

« Prasad… Je comprends bien sûr ce que tu dis. Mais, tu m'en excuseras je l'espère, je préfère me rendre à Kyoto. Pour suivre Sukuna, c'est une certitude, mais en réalité il n'y a pas que ça. »

Immédiatement, l'hindou se renfrogna un peu alors que les deux hommes se trouvant à coté de la demoiselle se firent plus intrigués.

« Je suppose qu'il est inutile d'espérer que vous parliez de faire du tourisme, Maharani ? »

L'intéressée laissa échapper un léger rire, se faisant malicieuse. « On peut considérer ça comme une sorte de tourisme, va-t-on dire… »

Comme s'il avait compris de quoi il était question, Kyu laissa échapper un léger cri complice, se faufilant jusqu'à l'épaule de la jeune femme, allant se blottir contre son cou, un peu dissimulé sous la masse de ses cheveux roux.

« A quoi tu penses, Kali ? » demanda Hiroaki, curieux.

« Quand je suis arrivée au Japon, j'ai… Visité plusieurs sanctuaires à la recherche de ma moitié d'orbe. Prasad, tu te souviens surement de la liste des lieux potentiels qu'on avait établis ensemble à ce moment là? Le sanctuaire de l'école d'exorcisme de Kyoto faisait partie des plus prometteur… Hélas, je n'ai pas eu le temps de m'y rendre avant d'aller à la rencontre de Yuji. »

Elle glissa alors un regard malicieux à Sukuna, un sourire étirant ses lèvres. « J'ai eu, après cela… D'autres priorités à l'esprit, va-t-on dire. »

« Même si l'un des lieux des plus… prometteurs, comme vous dîtes, Maharani, il est aussi l'un des mieux protégés du monde occulte! » objecta l'homme aux yeux d'onyx, une certaine tension se faisant sentir dans ses épaules.

« Ce qui va dans le sens de l'hypothèse de la crevette. » Intervint soudainement Sukuna, glissant un regard complexe à la jeune hybride. « Le sanctuaire de Kyoto a de grandes chances d'être le lieu qu'on choisi les exorcistes pour planquer de très nombreuses reliques… La sienne tout comme les miennes peuvent s'y trouver. »

« Je ne peux rien objecter à cela… » concéda à contre cœur Prasad, serrant un peu plus ses mains l'une contre l'autre. « Mes hommes sur place n'ont hélas jamais réussi à passer les barrières mises en place. »

« C'est d'autant plus une opportunité à ne pas manquer, Prasad ! » s'enflamma l'européenne, visiblement enthousiaste à l'idée de cette excursion. « Le tournois est une occasion parfaite pour tenter quelque chose ! Même si cela me peine de le dire, Yuji sera la cible principale de cette journée. Toute leur attention sera braquée sur lui. » Elle se tourna vers le démon assit près d'elle, lui adressant un sourire complice. « Vu que je suis certaine que tout ira bien de ce coté là, je peux me permettre de préparer quelque chose du mien. On ne peut pas se permettre de laisser passer une telle chance de mettre la main sur ma moitié d'orbe ou sur les reliques de Sukuna ! »

« Maharani… » soupira doucement l'hindou, hochant doucement la tête.

« Kali… » intervint Hiroaki, posant une main sur l'épaule de cette dernière, visiblement partagé. « Ce que tu dis est pertinent, c'est certain. Mais se n'est pas sans risque. »

« Bien entendu, sinon ils ne se donneraient pas autant de mal pour cacher ces trésors loin du regard de tout le monde ! » répliqua la jeune femme, déterminée. « Je suis faite de flammes, Hiro. Ça me permet d'accéder à des endroits que d'autres ne peuvent pas atteindre ! »

« Le souci n'est pas que là, crevette… » pensa Sukuna tout haut, se tenant le menton d'une main, attirant l'attention de tout le monde sur lui. « Ton plan est bon, je te l'accorde, mais il se pourrait que tu ne sois pas la seule à avoir repéré ce créneau idéal pour visiter le sanctuaire. »

Un lourd silence suivit cette révélation, prenant un peu de court les trois autres. Au bout de quelques secondes, Kali finit par reprendre la parole, les sourcils un peu froncés.

« Qu'est ce que tu veux dire, Sukuna ? »

L'homme, un rien songeur, reprit après une brève réflexion. « Il y a quelqu'un d'autre à prendre en compte. Je ne sais pas vraiment quels sont ses plans exacts, mais je devine que mon réveil a marqué la mise en marche de certains d'entre eux. Et, si le tournoi de Kyoto nous semble être une occasion en or pour agir, se sera pareil pour lui, quel qu'ils puissent être ses desseins. »

En entendant cela, l'hybride pencha un peu la tête sur le coté, perplexe. « A qui penses-tu ? Tu parles de ton subordonné aux cheveux blancs de l'autre soir? »

« Uraume, tu veux dire ? » Il hocha doucement la tête de façon négative. « Non… Je parle de quelqu'un de bien plus torve, qui adore mettre la pagaille. Et qui pourrait avoir quelque chose à voir avec toi également, d'ailleurs. »

La jeune femme se redressa un peu plus encore, terriblement intriguée. « Avec moi ? Comment ça ? »

« Raison de plus de ne pas vous y rendre, Maharani ! » intervint prestement Prasad, la voix tendue, plaquant sèchement une main sur le bois sombre de son bureau. « Se serait comme vous jeter dans la gueule du loup, ne croyez vous pas ? »

Ryomen, de son côté, croisa les bras sur son torse tatoué, pensif, une légère grimace déformant sa bouche. Vu que l'autre fou avait réussi à obtenir des hybrides pur race, il était parti du principe qu'il ne s'intéresserait plus à Kali. Mais, le connaissant, il ne pouvait pas en être certain non plus… Le moustachu marquait indubitablement un point.

« Le vieil homme soulève une vérité… Pourquoi ne pas plutôt envoyer des hommes à toi, en nombre ? Des compétents cette fois, si possible… »

« Parce que il s'agit de mon orbe ! » objecta immédiatement la reine des flammes d'ombres, piquée au vif. « Je veux pas restée planquée en arrière alors que d'autres prennent tous les risques, je ne suis pas une princesse ! »

« Tu recommences avec tes lubies suicidaires, crevette ? » ironisa le tatoué, taquin.

« Lubies suicidaires ? » répéta Prasad, décontenancé.

Huroaki laissa alors échapper un profond soupire, faisant se tourner la demoiselle vers lui. « Dieu seul sait à quel point ça me fait mal de l'admettre… Mais Sukuna n'a pas tord pour le coup. Il vaut peut être mieux que tu restes à distance de ce sanctuaire. J'irai moi-même faire les investigations avec une équipe d'intervention de Prasad-sama. Se sera plus sur… »

« J'ai dit des gens compétents… » ne put s'empêcher de pointer avec mesquinerie le démon couronné, remarque que le blond préféra cependant ne pas relever.

De son coté, Kyu acquiesça avec énergie aux dires de ce dernier, visiblement lui aussi partisan de son idée.

« Même toi, Kyu ? » s'offusqua la rousse, glissant un regard boudeur aux hommes l'entourant, enserrant son buste de ses bras. « C'est quoi cette coalition improbable ? Depuis quand vous êtes du même avis, tous les quatre ? »

En entendant cela, Sukuna ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, laissant au garde du corps le soin d'essayer de tempérer la jeune hybride. « Te plains pas, choupette, c'est notre seul point commun avec lui peut être… On veut tous que tu restes en vie… 'Pour différentes raisons'… »

En entendant l'accentuation forcée du manipulateur de foudre, le tatoué se contenta de hausser les épaules. Kali, pour sa part, ne se laissa pas amadouer par les paroles de son ami, bien décidée à défendre son point de vue.

« C'est charmant tout ça, Hiro, mais je continue à dire que je veux aller au sanctuaire en personne. Grâce à Sukuna, je peux user de mes flammes sans restriction, je ne suis pas sans défense ! »

En entendant cela, ce dernier laissa échapper un léger ricanement, vexant la demoiselle. Sans attendre, elle se releva d'un bond, se tournant pour lui faire face, le poignardant du regard. « Je. Peux. Me. Défendre. »

Le démon des lames la fixa quelques instants avant de se pencher un peu vers elle, un sourire moqueur aux lèvres, le regard étonnamment sérieux. « Venant d'une petite flamme se faisant balayer par le moindre coup de vent, tu ne t'étonneras pas si je doute légèrement de tes capacités au combat, crevette ! »

« Ça n'a rien à voir ! » se défendit elle, outrée. « C'était un accident ! Je l'avais pas vu arriver, le train ! »

« De quoi est il question ? » demanda Prasad dans le dos de la jeune fille, ne comprenant visiblement pas de quoi parlaient les deux pactisants.

« Oooh, une histoire très drôle, vieil homme… » Commença Ryomen, le regard toujours encré dans celui de son interlocutrice. « C'est celle d'une crevette cherchant à m'impressionner qui s'est retrouvée… »

« Sukuna… » siffla Kali entre ses dents, le regard assassin.

Les deux amants se fixèrent quelques secondes en silence, le fléau millénaire s'amusant clairement au dépend de l'européenne. Il finit par se racler un peu la gorge, reprenant la parole.

« Quoi qu'il en soit, tu pourras peut être affronté des fléaux mineurs, crevettes, mais si tu as des fléaux de classes supérieurs en face de toi, la situation sera tout autre. Tu n'as ni l'habitude, ni la maitrise. A ton niveau actuel, et surtout si je suis déjà pris ailleurs, C'est trop risqué. »

« Un œil m'en tombe… » ironisa Hiroaki, ne pouvant qu'acquiescer aux dires du japonais tatoué, énervant un peu plus encore Kali.

Elle se pencha alors à son tour vers son démon personnel, un sourire un rien mauvais ourlant ses lèvres. « Si un certain maitre absolu des fléaux ici présent tenait sa promesse et me servait de professeur, peut être que mes aptitudes au combat seraient bien meilleures et validées par ses propres soins… »

« Comment peux tu dire ça, crevette… Alors que je t'ai appris tant de choses… » susurra le roi, lui adressant un sourire des plus lubriques.

« Pas sur que le kamasutra aide beaucoup sur un champ de bataille… Gros obsédé. » lâcha avec condescendance Hiroaki non loin, braquant immédiatement l'intéressé.

« Ne tente pas trop ta chance, baveur. » murmura le tatoué d'un ton menaçant, se tournant vers le jeune japonais. « Si tu es en vie, c'est uniquement grâce à un caprice de la crevette. Ne me provoque pas trop ou je pourrais changer d'avis. »

« Tout comme moi, je ne changerai pas le mien ! » Laissa tomber la rousse, ramenant pleinement l'attention des deux adversaires sur elle. « Si raid à Kyoto il y a, j'en ferai partie, point final ! »

Sans rien ajouter, la demoiselle se drapa dans sa fierté et quitta la pièce, Kyu voletant dans son sillage, laissant les trois hommes un rien stupéfaits entre eux. Après quelques longues secondes d'un silence presque gêné, Sukuna glissa un regard aux deux autres, laissant échapper un lourd soupire, se levant du canapé.

« Quand je dis qu'il faudrait que je la séquestre dans un coin, cette gamine suicidaire… »

Prasad, les épaules basses et la mine déconfite, ne pouvait dissimuler l'immense inquiétude qu'il ressentait alors, laissant tomber son masque d'impassibilité à présent que sa protégée n'était plus dans la pièce.

« Si seulement elle avait accepté de revenir au manoir, elle serait loin de tous ces dangers… »

En entendant cela, Sukuna serra les poings qu'il enfonça avec mauvaise humeur dans les poches de son short, avant d'aller se planter devant l'ordinateur, foudroyant de son double regard l'hindou à travers l'écran pixellisé.

« Et loin de moi qui suis son maitre et la source de sa survie, vieil homme ! C'est simplement hors de question, met toi ça en tête une bonne fois pour toutes ! »

Sur ces paroles, n'attendant clairement pas de réponse de la part de son interlocuteur du bout du monde, Sukuna fit volte face et quitta le salon, sur les traces de son improbable petite hybride.

Après le départ du fléau, les deux hommes restant dans la pièce échangèrent un regard entendu, Hiroaki se laissant lourdement tomber contre le dossier du canapé, vidé de toute énergie.

« Quel trou du cul…» souffla-t-il, blasé, arrachant un froncement de sourcils un peu paternaliste au tuteur de la demoiselle. « Si c'était pas pour Kali, je lui grillerais volontiers les cou… »

« Il est vrai. » le coupa précipitamment Prasad, se raclant la gorge. « Que le Maharaja n'est clairement pas à prendre avec des pincettes… »

« Sacré euphémisme… » bougonna le blond, dépité.

« Il n'en demeure pas moins, mon garçon, qu'il semble se soucier de la survie de Maharani… » tenta-t-il de consoler le japonais. « C'est assurément une bonne chose. »

« Je ne suis pas certain que vous apprécieriez vraiment les raisons pour les quelles il la veut vivante, Prasad-sama… » grommela le garde du corps, détournant les yeux.

En entendant cela, le vieil homme ne put s'empêcher de laisser échapper un léger rire, bientôt suivi d'une quinte de toux qui alerta immédiatement le jeune homme, le faisant se redresser. L'hindou reprit doucement son souffle, réajustant ses lunettes à oxygène sous son nez.

« Mon garçon… » finit-il par reprendre, un doux sourire aux lèvres. « Croyez en ma longue expérience. Le Maharaja peut s'en défendre autant qu'il le souhaite… Mais même la plus épaisse des armures ne saurait résister à certaines forces. »

La réflexion très optimiste du vieil homme arracha une grimace peu convaincue au manipulateur de foudre. Si seulement il pouvait avoir raison…

« Dans tous les cas… » reprit le protecteur de la rousse. « Je pense qu'il est clair que je peux déjà commencer à chercher un appartement à Kyoto, non loin de l'école d'exorcisme. Plus tôt je l'aurais trouvé, plus vite je pourrais le faire sécuriser… »

« Vous avez raison… » acquiesça le blond, passant une main sur son crâne, songeur. « Et ne vous inquiétez pas, je veille sur elle, Prasad-sama. »

« Voilà qui équivaudrait à me demander de ne plus respirer, mon garçon… » répliqua paisiblement son interlocuteur, une étincelle de profonde affection animant l'encre de ses yeux. « Je compte sur vous et vous recontacte dès que j'ai de nouvelles informations. »

L'hindou mit alors fin à la conversation numérique, laissant seul le jeune japonais, pensif.

« De nouvelles informations que vous accepterez de nous communiquer, plutôt… » murmura-t-il pour lui-même, réfléchissant à voix haute.

Il se laissa doucement tomber dans le canapé, s'allongeant de tout son long contre les coussins rouges, encrant son regard émeraude au plafond. Il se repassa mentalement l'improbable réunion nocturne qui venait de se passer, ne pouvant s'empêcher de se questionner sur certaines choses ayant retenu malgré lui son attention, le faisant tiquer.

« Il semble qu'il n'y ait pas que Sukuna qui ait des secrets, finalement… » souffla-t-il, passant une main sur son front, revoyant Prasad réagir étrangement aux dires du fléau millénaire. Quelque chose se tramait, impliquant sa jeune amie, il en mettrait sa main au feu… « Quel foutoir, Kali… Quel putain de foutoir… »

Le démon ancestral, pour sa part, traversait le couloir du sanctuaire, maugréant tout bas. Il en avait marre que tout le monde cherche à lui arracher la crevette des bras.

Rapidement, il arriva au seuil de la cuisine, où la demoiselle, visiblement de mauvais poils, s'affairait devant le frigo. Le rat volant était là également, posé tranquillement au centre de la table métallique, scrutant de ses yeux rubis les gestes de l'hybride. Quand elle finit par se retourner, le tatoué ne put s'empêcher de sourire en découvrant ses bras lourdement chargés de victuailles.

« Tu entretiens ton coté moelleux, crevette ? C'est pour compenser ta mauvaise humeur ? »

Kali lui glissa un regard étréci par la contrariété, allant poser son butin sur la table avant de s'y assoir, ouvrant les sachets avec un rien de brusquerie. La jeune femme commença à étaler une sorte de pâte blanche sur une tranche de pain, y déposant ensuite des lamelles d'avocat avant de recouvrir le tout de ce qui devait être du saumon fumé. Le tatoué la regarda faire, venant s'assoir en face d'elle, jetant un regard désabusé quand elle alla donner un bout de poisson à la chauve souris.

« Et moi alors ? » lâcha-t-il, un rien boudeur, se laissant tomber contre le dossier de sa chaise.

« Toi… » commença-t-elle en se relevant, allant chercher des morceaux de sopalin. «Je ne suis pas certaine que tu le… EH ! »

Quand la jeune femme se retourna, elle découvrit le fléau couronné qui avait profité de son éloignement pour venir dérober son encas, y mordant goulument avec un amusement flagrant.

« Dis donc ! » s'offusqua-t-elle, venant se planter devant le voleur, les bras croisés sous la poitrine. « Tu pourrais me demander avant de me manger la tartine ! »

Le japonais millénaire s'arrêta dans son geste, fixant, stupéfait et les sourcils haussés, sa petite amante rousse. Il finit par reprendre contenance, laissant échapper un léger ricanement, affichant un sourire des plus mutins.

« Je ne sais pas pourquoi, mais ta remarque m'émoustille terriblement, crevette… »

Se fut alors au tour de Kali de demeurer muette quelques instants, une légère rougeur s'épanouissant sur ses pommettes.

« Pervers… » souffla-t-elle tout bas, détournant le regard. « Je vais finir par croire que tu ne penses qu'à ça !»

« C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! » s'amusa Ryomen, abandonnant son butin sur la table, se relevant avant d'aller se planter face à son interlocutrice, lui attrapant doucement le menton pour la forcer à le regarder en face. « Parce qu'il me semble que celle qui est le plus intenable de nous deux, ces derniers jours, ce n'est assurément pas moi… »

« Même pas vrai ! » se défendit faiblement l'européenne, encrant son regard d'or dans le feu de ceux de son vis-à-vis. « Tu es mauvaise langue… »

« Oh ? » En entendant cela, le démon glissa un bras autour de la taille de la demoiselle, venant la plaquer contre son torse dénudé, approchant un peu plus encore son visage du sien, félin. « Mauvaise langue, crevette ? Vraiment ?»

Lentement, le tatoué fit glisser ses lèvres contre celles de la demoiselle sans s'y arrêter, les faisant ensuite frôler sa joue avant d'aller murmurer d'un souffle brulant et grave contre son oreille, la faisant frissonner.

« Il me semble pourtant qu'elle te plait terriblement, ma langue, vu les gémissements indécents qu'elle parvient à t'arracher… »

Comme pour illustrer ses dires, le japonais commença à mordiller le lobe de son oreille, faisant instantanément naitre des crépitements dans le bas ventre de sa prisonnière. Cette dernière se laissa faire une poignée de secondes, sentant son sang s'échauffer dans ses veines, totalement soumise aux sensations exquises que le japonais réussissait à coup sûr à éveiller en elle.

Elle n'aurait su dire pourquoi, mais, depuis leurs ébats réels à la plage, leur compatibilité physique semblait encore s'être accrue, lui donnant constamment envie d'aller se blottir contre le corps puissant de son amant millénaire. Depuis cette fameuse nuit, elle avait un peu de mal à rester sage, forçant même Sukuna à être celui qui devait être le plus raisonnable d'eux deux, lui rappelant sans cesse qu'elle allait finir par réveiller Yuji, ce qui aurait été terriblement gênant pour elle et contrariant pour lui.

L'ironie de la situation la faisait un peu sourire, assurément. Cependant, vu comment l'homme aux yeux rouges avait dénigré ses capacités au combat devant son tuteur… Elle refusait de le laisser la manipuler via ce biais ce soir, aussi agréable fut-il !

Lentement, Kali repoussa un peu le fléau, tentant de se donner un air courroucé.

« Tu vois quand je te dis que tu déformes tous mes propos…Tu es impossible, Sukuna ! »

Pas dupe pour un sous, l'intéressé lui adressa un sourire des plus taquins, haussant les épaules avec décontraction. « Ça fait partie de mon charme irrésistible, c'est toi-même qui le dis, je te signale. »

Il finit par relâcher cependant sa captive pour retourner finir le toast abandonné sur la table, amusé et fier de lui, s'asseyant contre le rebord de celle ci.

« Hum… » soupira la rousse en le regardant faire, levant un sourcils en le voyant engloutir avec malice le bout de pain qu'elle s'était à la base destiné, donnant un coup de langue tatouée contre son pouce pour y récupérer un peu de fromage frais s'y étant retrouvé. « Charme irrésistible… Laisse moi donc y réfléchir un peu, maintenant que tu veux m'affamer ! »

«De suite les grands mots… » s'amusa le démon alors que la demoiselle lui tendait naturellement les morceaux de sopalin qu'elle avait récupéré un peu plus tôt pour qu'il puisse s'essuyer les mains, le faisant sourire, l'air satisfait. « En tous cas… ton truc c'était pas mauvais. Comme quoi tu peux faire des choses comestibles, crevette ! »

La remarque du fléau arracha à l'européenne un soupire, lui faisant lever les yeux au ciel.

« Je ne suis pas mauvaise en cuisine au point de rater des tartines, quand même ! »

En entendant cela, le maitre des lames haussa un sourcil, joueur, froissant rapidement les feuilles de papier entre ses doigts, jetant la boule obtenue vers la chauve souris se trouvant non loin, lui arrachant un petit cri aigu et outré. « Hum… ça, je n'en mettrais pas une de mes mains à couper, crevette. Et ça, même si j'avais mes quatre bras !»

« De toute façon… » bougonna-t-elle, préférant ne pas prêter garde à la pique envoyée par le démon. « Tu ne risquerais pas grand-chose, vu que tu saurais la refaire pousser. »

« La régénérer, inculte. » la corrigea l'homme instantanément. « Je ne suis pas un lézard ! »

Cette dernière remarqua arracha un léger rire à Kali, l'image d'un Sukuna déguisé en reptile géant jaillissant dans son esprit. Elle finit par reprendre son sérieux, posant une main sur sa joue, songeuse.

« Je ne suis pas certaine d'en être capable, moi… »

En entendant cela, Ryomen la regarda, intrigué. « De faire le lézard, tu veux dire ? »

Elle acquiesça silencieusement, pensive. Le maitre des poisons réfléchit quelques instants avant de venir se saisir de sa main, la tournant et la retournant entre ses doigts, scrutant se phalanges fines et pâles, le dessin bleuté des veines courant sous sa peau douce et claire, cogitant une poignée de secondes avant de reprendre.

« Hum… Pas sur qu'il y ait un hachoir bien aiguisé dans cette cuisine pour que tu puisses essayer… » souffla-t-il, comme pour lui-même, faisant tiquer immédiatement la rousse.

« Je peux savoir à quoi tu penses, là ? » s'offusqua-t-elle, essayant de lui retirer sa main des siennes.

Il ne la laissa cependant pas faire, l'attirant vers lui, la faisant se positionner entre ses jambes.

« De quoi tu te plains ? » ironisa-t-il alors, une lueur malicieuse animant le feu de ses yeux. « C'est toi qui voulais que je joue les professeurs ! »

Elle le toisa alors de toute sa hauteur, les sourcils froncés. « Et j'adorerais que tu le fasses, mais peut être qu'on pourrait commencer par une leçon qui n'implique pas le fait de m'amputer d'un membre, tu ne penses pas ? »

« Tu chipotes, crevette ! » soupira l'intéressé avec emphase. « Tu recommences avec tes exigences tarabiscotées ! »

« Pardon ? » laissa tomber Kali, stupéfaite.

«Je parle de tout ce que tu avais exigé de moi la dernière fois que j'avais voulu t'apprendre quelque chose… » commença le démon avant de se mettre théâtralement à compter les fameuses demandes sur les doigts de sa main libre. « Il fallait pas que je sois dénudé, pas que je te regarde, pas que je te parle à l'oreille… Maintenant il ne faut pas couper de membres… tu ne me rends vraiment pas la tâche aisée ! »

La jeune hybride fixa son vis-à-vis ouvertement de mauvaise foi, bouche bée, mettant un bref instant à se ressaisir, répliquant avec vigueur.

« Ça me parait très raisonnable, à moi, tout ça ! »

Sa remarque arracha un nouveau soupire blasé au fléau, piquant un peu au vif la demoiselle.

« Sukuna… » finit-elle par reprendre, rassemblant toute ce qu'elle avait de patience en elle pour essayer de raisonner son terrible amant. « Même toi tu ne pourrais pas te concentrer dans de telles conditions ! »

« Voyez-vous ça… » se moqua-t-il ouvertement, faisant se renfrogner un peu son interlocutrice. « Je ne suis pas une petite hybride bien trop facilement dissipée, moi… Ne me sous estime pas !»

Elle le regarda une poignée de secondes, encaissant les dires du japonais millénaire, une lueur terriblement mutine et machiavélique animant bientôt ses prunelles félines. S'il voulait jouer à ça, elle allait jouer !

Elle s'approcha alors encore un peu plus de lui, féline, encrant ses yeux dans les siens, intrigués. La demoiselle posa délicatement une main sur le torse tatoué du maitre des poisons, la faisant lentement remonter jusqu'à sa nuque, caressant du bout des doigts ses cheveux courts.

« Te sous estimer ? Jamais je n'oserais, voyons… » susurra-t-elle tout bas d'une voix caressante, faisant un peu plus encore disparaitre la distance entre leurs visages, leurs lèvres se frôlant presque.

Elle posa alors son autre main sur la cuisse puissante du japonais, la faisant délicatement progresser jusqu'à son entre jambe, frôlant du bout des doigts la protubérance déjà bien présente qu'elle pouvait sentir sous le tissu sombre de son short.

« Je ne fais qu'émettre une hypothèse des plus probables, Sukuna…Voilà tout… »

La rousse fit disparaitre les quelques ridicules centimètres les séparant encore, venant sensuellement embrasser les lèvres du démon qui la regardait faire, amusé et charmé par son manège. Elle alla doucement défaire le nœud retenant le short du démon contre ses hanches, glissant sa main sous le vêtement pour aller libérer le sexe dressé de l'homme, le saisissant entre ses doigts fins. Alors qu'elle commençait à exercer de lents mouvements de va et vient le long de sa virilité durcie par le désir, le fléau couronné ne put s'empêcher de laisser échapper un grognement brut de plaisir, la fixant avec intensité.

« Crevette… » souffla-t-il d'une voix grave, serrant un peu ses poings contre le métal froid de la table.

« Que pourrais-je essayer de t'apprendre, Sukuna ? » murmura l'intéressée contre ses lèvres, mutine, intensifiant un peu sa caresse. « Histoire de voir si même dans ces conditions, tu parviens à suivre… »

Elle recommença à l'embrasser, plus sauvagement que précédemment, mordant ses lèvres, allant passer sa main libre dans ses cheveux courts. « Quelques mots d'anglais, peut être? Ou un poème, toi qui sembles aimer les Haiku…»

Elle le tenait fermement en main, le dévisageant avec malice, savourant la lueur animale et passionnée qui embrasait les prunelles ancestrales du fléau ne lui répondant pas. Lui la dévorait du regard, respirant profondément avant de fondre sur elle, passant une main dans ses cheveux de feu, allant bouffant ses lèvres avec une avidité terrible, sentant son sang s'échauffer dans ses veines. Il agrippa sa taille de son autre main, écartelé, à la torture.

En effet depuis l'épisode de la plage, ils étaient devenus plus tactiles encore l'un envers l'autre, ce qui, malgré le côté terriblement plaisant de la chose, posant un léger problème à l'invité de lycéen aux yeux noisettes.

Il n'en avait pas parlé à Kali, préférant garder cela pour lui, mais lors de cette fameuse nuit passée sous les étoiles filantes, il était réellement passé à un cheveu de perdre le contrôle de son corps, et cela à plusieurs moments de leurs délicieux ébats.

Même s'il savourait terriblement le fait de pouvoir posséder la rousse dans le monde réel, il était obligé de les restreindre, réduit à jouer les effarouchés. Il ne pouvait prendre le risque de déraper et se retrouver renvoyé dans son espace intérieur, l'autre crétin se réveillant littéralement enfoncé de son hybride au moment le plus intense de leurs danses sensuelles.

C'était pourquoi, après quelques minutes à se laisser torturer avec maitrise par la malicieuse étrangère, il vint se saisir de son poignet pour la faire suspendre son exquise manège, sentant son emprise sur le corps du gamin fondre comme neige au soleil.

« Vraiment, crevette… » dit-il, les prunelles dilatées par toute l'excitation qu'il ressentait, le souffle un rien raccourcis. « Tu es intenable… Je sais que tu es terriblement lubrique mais il faut que tu essaies de te contrôler un peu quand on est ici. »

Kali le fixa, interdite, avant d'afficher un sourire amusé, une étincelle presqiue sadique brillant dans ses yeux.

« Parce que tu es innocent, peut être ? » susurra-t-elle, taquine, allant caresser sa joue ornée de noir du bout des ongles, resserrant un rien sa prise sur son sexe palpitant toujours dressé tel un roc entre ses doigts. « Ce que je tiens dans ma main semble complètement insinuer le contraire, vois tu... »

« La faute à qui ? » répliqua l'intéressé, un sourire carnacier aux lèvres, un léger courant électrique remontant le long de son échine. « C'est toi qui ne cesse de me sauter dessus sans cesse, pour venir après chouiner comme quoi je n'aiguise rien d'autre chez toi que ta lubricité! Je vais finir par croire que c'est toi qui ne vois que ça en moi… » termina-t-il, joueur.

« Pardon ? » laissa-t-elle tomber, estomaquée, relâchant sa prise sous la surprise. « Tu dis ça alors que c'est toi qui m'a proposé un pacte littéralement pour pouvoir posséder mon corps quand bon te sembles? »

Il haussa nonchalamment les épaules, rejetant son argument.

«Je ne t'ai jamais entendu t'en plaindre, bien au contraire ! Et je te signale que j'ai 1000 ans d'expérience, niveau abstinence. Je sais parfaitement me contrôler. Toi, dans cette situation, je ne te donnerais pas une semaine avant de venir de me supplier de te posséder, mon adorable petite crevette perverse et obsédée.»

« Paaaaardon ? » La demoiselle se dégagea des bras de Sukuna avec force, venant croiser les siens sous sa poitrine, outrée par les insinuations du fléau millénaire. « Que tu crois, Sukuna ! Je ne suis absolument pas accro ! Je suis parfaitement capable de me passer de nos ébats, ne t'en déplaise ! »

« Oh ? » Le démon vint se prendre le menton d'une main, moqueur. « J'aimerai bien voir ça, tient… »

« Chiche ! » lâcha la jeune femme, déterminée et vexée « Faisons ça alors. On verra bien qui craquera le premier. »

L'attitude dé défi de l'hybride arracha un éclat de rire au japonais, terriblement sur de lui et de sa victoire assurée. « Tu veux vraiment jouer à ça, crevette ? Tu te rends compte que tu n'as aucune chance de gagner, j'espère ?»

« Les paris sont ouverts, alors ! » siffla-t-elle, ses flammes crépitant sous sa peau. « Et rira bien qui rira le dernier.»

En entendant cela, le tatoué se releva de toute sa hauteur, un sourire narquois aux lèvres, venant se planter face à son amante fulminante, terriblement distrait par ce nouveau rebondissement dans leur improbable relation. Une chose était certaine, elle avait l'air d'animer le quotidien !

« Ainsi soit-il… » finit-il par dire, la toisant de toute sa hauteur. « Pas de sexe jusqu'à ce que l'un de nous deux ne craque. »

Elle acquiesça avec vigueur, ne se laissant pas un instant déstabiliser. « Pas de sexe. Pas de baisers. Pas de caresse. Rien. Du. Tout

« Parfait. Et quand j'aurais gagné… » Ryomen réfléchit quelques instants avant de reprendre, malicieux. « Tu accepteras de ne pas prendre part à l'exploration du sanctuaire de Kyoto. Sans objecter. Sans chouiner. Sans en reparler à l'avenir. Le sujet sera définitivement clos.»

La demoiselle le fixa un bref instant, surprise, un rien déstabilisée par la contrepartie inattendue demandée par le roi des fléaux. Elle se serait attendue à bien des demandes de sa part en récompense à sa victoire, mais certainement pas celle-ci.

Cependant… Le démon venait en réalité de lui offrir une opportunité qu'elle ne pouvait assurément manquer.

« Dans ce cas, Sukuna… » reprit elle avec aplomb, lui adressant un regard rieur. « Si c'est moi qui gagner, tu accepteras qu'au contraire que j'y prenne part de bon cœur, et sans être mauvais perdant ! »

« Je ne suis jamais mauvais perdant, crevette, voyons… » susurra-t-il alors en réponse, amusé. « Vu que je ne perds jamais ! »

Sur ces paroles pleines d'assurance, le tatoué contourna l'hybride, s'éloignant de quelques pas. Il enfonça ses mains dans ses poches, s'arrêtant cependant en constatant que son short descendait terriblement sur ses hanches, lui arrachant un petit ricanement. Il réajusta son vêtement, resserrant promptement le nœud qui avait été défait par la petite polissonne un peu plus tôt. Le maitre des lames glaça un regard des plus taquins à sa challengeuse par-dessus son épaule alors qu'il quittait la cuisine, ne remarquant même pas la présence d'Hiroaki dans la pièce adjascente.

« Au fait, crevette… Pas le droit de se donner du plaisir toute seule non plus ! Se serait clairement triché… Et sache que si tu le faire, je le saurais, et tu auras perdu ! »

« TOI NON PLUS DU COUP ! Et je ne fais pas ça !» répliqua-t-elle avec virulence, le feu lui montant aux joues.

Seul le rire railleur du japonais millénaire lui répondit, la faisant bouillir de rage sur plage. Elle demeura quelques instants immobile avant de laisser échapper un grognement de colère, tapant du pied contre le sol, les poings serrés, profondément énervée par l'attitude arrogante et condescendante de son amant millénaire.

« Ce qu'il peut être exaspérant quand il s'y met ! » bougonna-t-elle en retournant s'assoir lourdement à la table de cuisine en métal sous le regard compréhensif de Kyu, attrapant un bout de pain qu'elle trempa directement dans le fromage à tartiner avant de l'enfourner avec humeur, le mâchant avec agressivité.

« On dirait que tu t'es mise dans de beaux draps, ma belle… »

La voix d'Hiroaki prit par surprise l'intéressée, la faisant presque avaler de travers sa gargantuesque bouchée. Elle se tourna alors vers l'entrée de la pièce, y découvrant son ami accoudé à l'encadrement de porte, un éclat malicieux brillant au fond de ses yeux verts.

« Hiro ? Depuis quand tu es dans le coin ? »

La remarque arracha un sourire amusé au blond qui vint s'assoir en face de sa protégée, la couvrant d'un regard complice. « Assez longtemps pour être sûr que les prochains jours risquent d'être plutôt gaguesques… En plus, choupette, vous êtes pas des plus discrets, avoue ! »

«….. On se laisse peut être un peu emporté, par moment… » bougonna la rousse, un peu gênée.

« Un peu, dis tu… » Ironisa le garde du corps, allant récupérer un morceau de saumon qu'il tendit à un Kyu ravi. « Dans tous les cas, par rapport à votre pari… Vu combien l'autre énergumène est têtu quand il s'agit de prouver qu'il a toujours raison, je suis dans le regret de te dire qu'il part avec un avantage majeur ! »

La demoiselle ouvrit la bouche en entendant cela, prête à riposter, avant de se raviser, bien consciente de la justesse des dires de son ami. Après une poigné de secondes à demeurer silencieuse, elle se laissa théâtralement tomber contre le dossier de sa chaise, laissant échapper un soupire déchirant.

« Je saiiiiiis… Il serait capable de tout pour ne pas craquer, je me suis encore mise dans le jus toute seule ! »

« Si seulement il pouvait en arriver se couper le service trois pièces, là se serait drôle… » murmura le garde du corps tout bas, provoquant un acquiescement complice du petit fléau volant et l'étonnement de Kali qui n'avait pas réussi à entendre ses paroles, trop occupée à bougonner de son côté. « Bref, les 1000 ans d'emprisonnement qu'il connu ont du être un sacré entrainement pour lui, c'est indéniable… Et l'idée que tu perdes ou que tu en arrives à le supplier pour qu'il te baise le motivera encore plus à tenir.»

Cette réalité fit un peu s'abaisser les épaules de l'hybride qui commença à triturer une tranche de pain entre ses mains, un rien abattue. « J'suis comme un chaton qui essaie de s'attaquer à un tigre… S'il gagne, je vais en entendre parler jusqu'à ma mort, j'en suis certaine… Quelle panade ! »

Le manipulateur de foudres approcha alors sa chaise jusqu'à se retrouver aux cotés de son amie, la couvrant d'un regard bienveillant et machiavélique.

« Ne t'en fais pas, Kali… Contrairement à l'autre ancêtre poussiéreux, toi, tu as un avantage de poids… Tu m'as moi ! Et je ne compte pas te laisser perdre, je te le garantis !»

En entendant cela, la jeune femme laissa échapper un léger rire, sentant une douce chaleur envahir son âme. Elle vint poser sa tempe contre l'épaule de son amie, souriant, déjà un peu plus confiante face au nouveau défi qui l'attendait. « Et j'ai tellement de chance de t'avoir comme ami… A quoi pensez-vous donc, général séduction ? »

Hiroaki la fixa un bref instant, malicieux, avant de lui murmurer à l'oreille son plan, ravi d'avoir une opportunité de remettre à sa place le démon millénaire.

« On va devoir parler stratégie ma belle… Il faudra que tu te montres forte et implacable mais on va le mettre à genoux, ton tigre millénaire… Il ne sait pas dans quoi il s'est embarqué, je te le garantis !»

La guerre était déclarée et assurément… Tous les coups étaient permis !

Mot de l'auteur :

M : Hello tout le monde ! J'espère que vous allez bien !
Tout d'abord je tenais à m'excuser, je n'ai pu répondre à vos nombreux et très gentils commentaires pour le chapitre 55, ne parvenant toujours pas à le relire… Promis je vais le faire !
Voilà donc un nouveau chapitre, un peu plus court que d'habitude, pour lancer les deux axes qui vont structurer les chapitres à venir, à savoir Kyoto et le pari que nos deux protagonistes se sont lancés !

Sukuna, terriblement sur de lui , assis dans le canapé de l'espace post chapitre, un large sourire aux lèvres : Je lui donne pas trois jours, à la petite obsédée, avant de craquer !

Kali, vexée, roulée en boule de l'autre coté du canapé : Je ne sais pas si tu me sous estimes terriblement, si tu sur estimes tout autant ton sex appeal…Ou les deux !

Sukuna, s'approchant d'elle, taquin : On verra ça, crevette… On verra ça ! Pourquoi tu te mets si loin, au fait ? Tu as peur de déjà y céder, à mon sex je ne sais quoi ?

Hiroaki, venant se laisser tomber entre les deux amants, une lueur machiavélique au fond de ses yeux émeraudes : Tu devrais pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, mec ! Tu risques de t'en mordre les doigts.

Sukuna, croisant les bras, le regardant, mauvais : tu m'en diras tant, baveur… Profites en pour poser un seul des tiens sur elle et tu risques de tous te les retrouver fourrer au fond de la gorge !

En entendant cela, Kali leva les yeux au ciel, récupérant derrière les coussins du canapé un bouquin intitulé 'l'art de supporter des personnes que l'on veut jeter par le balcon',qu'elle vint poser avec force sur les genoux de Sukuna : Tient, vu que tu vas avoir du temps, maintenant, tu vas pouvoir lire ça !

Sukuna, perplexe, scrutant la couverture d'un air boudeur : Pourquoi tu ne le donnes qu'à moi ? Et lui ?

Kali, amusée : Prasad se charge d'Hiroaki…

Sukuna, parcourant le bouquin : écouter l'autre ? Prendre le temps de s'imaginer à sa place ? Privilégier l'empathie ou l'évitement ? Ces quoi ce ramassis de débilités ? Ce bouquin, mis à part pour lui cogner dessus, il ne sert à rien !

Kali, plaquant ses mains sur ses yeux : NON, Sukuna, non !

Sukuna haussant un sourcil, perplexe : Je veux bien admettre que c'est pas la mort la plus stylée mais je ne m'attendais pas à ce que tu t'y opposes autant… Je peux le lui jeter dessus assez fort pour qu'il le traverse de part en part si tu préfères ?

Kali, choquée : Mais nooooooooooooon ! Qu'est ce que tu racontes, pour l'amour du ciel ?

Sukuna, fronçant les sourcils, renfrogné : Attend… C'est pas moi que tu as dis aimer ? ça a beau être une idiotie, c'est MON idiotie ! Je partage pas !

Kali, Hiroaki et même M : ….

Hiroaki : ah oué, on en est là…

M, lui apportant un gilet par balles et un casque lourd : Met ça, chou… Avec la frustration sexuelle qui va arriver très bientôt, vaut mieux que tu te protèges je pense, la situation va devenir explosive !

Bref ! Dans tous les cas, merci infiniment d'avoir lu ce chapitre ! Merci de nous lire, de nous suivre, de laisser un ptit mot ou plusieurs, ça fait plaisir !

Je vous dis à très vite pour la suite, cette histoire de pari va être l'occasion de pleins de choses ! Portez vous bien d'ici là ! Love love !