NUIT 0

En cette heure plus que tardive de la nuit, le sanctuaire secret de Kamakura était plongé dans un silence absolu. Tout semblait paisible. Parmi les personnes vivant en ces lieux, une seule échappait encore au sommeil. En effet, assis à même le sol dans la chambre de Kali, les bras croisés posé sur le bord du matelas, son menton tatoué reposant dessus, Sukuna l'observait avec intensité depuis plusieurs minutes, la lueur de lave de son double regard brillant doucement dans l'obscurité de la pièce.

Voilà plusieurs heures que les deux amants terribles avaient passé leur pari improbable. Après que le démon ait laissé la demoiselle dans la cuisine, elle ne l'avait pas rejoint dans le salon, préférant éhonté ment bavarder avec l'autre baveur l'ayant rejointe. Elle s'en était ensuite allée se coucher, lui adressant un souhait de bonne nuit désinvolte depuis le couloir, lui déplaisant fortement. Le temps avait passé, et la petite sauvage n'était pas revenue le retrouver, faisant monter une certaine contrariété dans l'esprit du japonais millénaire.

Si, pour gagner le pari, la stratégie de la rousse était tout bonnement et simplement de l'éviter, cela ne lui convenait pas du tout !

Laissant échapper un faible soupire, le tatoué scruta le visage assoupi de son hybride qui dormait paisiblement, un peu roulée sur elle-même, un coussin fermement enlacé entre ses bras. Sa respiration était légère et régulière, son corps félin complètement détendu, ses cheveux roux détachés ondulant dans tous les sens sur ses draps parmes. Doucement, Sukuna alla dégager une mèche de feu qui avait glissait et qui lui barrait le visage. Cet imperceptible contact fit un peu gigoter la demoiselle, la faisant enfoncer un peu plus son minois dans son oreiller, arrachant un sourire en coin à son observateur.

Elle ressemblait indubitablement à un chaton en cet instant…

A peine eut il eu cette réflexion qu'il vint assener quelques coups d'index au milieu du front de la demoiselle, la faisant gigoter de plus belle, lui arrachant un bougonnement incompréhensible. Après une poignée de secondes durant laquelle le fléau couronné réfléchissait déjà à réitérer son attaque, l'européenne fronça doucement ses sourcils, roulant sur le dos pour s'étirer un peu, finissant enfin par ouvrir ses yeux félins qu'elle braqua vers son visiteur nocturne, visiblement surprise de le découvrir à ses côtés.

« Sukuna ? » murmura-t-elle en se frottant les yeux d'une main, se rasseyant lentement au milieu de ses draps. « Qu'est ce qui se passe ? Il y a un souci ? »

« Visiblement pas. » répliqua le japonais, venant jouer avec une mèche de cheveux de sa vis-à-vis encore un peu assoupie. « Vu comme tu es partie comme une voleuse tout à l'heure, je venais juste vérifier si tu ne trichais pas déjà, crevette… »

« Si je ne… »

Kali fronça les sourcils, creusant dans sa mémoire pour trouver de quoi pouvait bien parler son terrible amant. Elle finit par se souvenir du pari, et de la dernière condition ajoutée par l'homme concernant l'interdiction de se donner du plaisir à soit même. La jeune femme ne put s'empêcher de sourire légèrement, croisant ses bras sous sa poitrine. La pensait il vraiment aussi lubrique que cela, ou se servait il de cette excuse pour venir la réveiller en plein nuit parce qu'elle ne l'avait pas rejoint après leur discussion dans la cuisine, comme le lui avait conseillé Hiroaki ? Mystère…

« Tu exagères, Sukuna…. On a lancé le pari il y a quelques heures seulement ! »

« Moué… » lâcha l'homme, un sourire en coin malicieux étirant ses lèvres. « Te connaissant, plus rien ne m'étonne, crevette ! Enfin, pour le coup, que tu n'ais rien fait m'étonne un peu…»

« Ce qu'il ne faut pas entendre ! » répliqua la rousse, se penchant un peu vers lui. « Tu ne devrais pas me sous estimer autant, Sukuna. Je suis pleine de ressources ! »

« Voyez vous ça… » ironisa le tatoué, terriblement sur de lui. « On en reparlera dans quelques jours ! En attendant…» Il se détourna brusquement de la jeune hybride intriguée, récupérant un objet au sol avant de venir le déposer théâtralement devant elle, un large sourire aux lèvres. « Comme je suis quelqu'un de magnanime, quand il me plait, je t'ai apporté ça. »

Haussant un sourcil, la demoiselle vint récupérer le mystérieux cadeau qu'elle avait un peu de mal à reconnaitre à cause de l'obscurité totale régnant dans la chambre, sentant le fin emballage crisser sous ses doigts.

« Qu'est ce que… »

« Tes trucs à la pomme de terre. » éluda rapidement le maitre des lames, tapotant le sachet de son index. « Vu que le manque de mon corps va bientôt se faire sentir, je me suis dis que tu aurais besoin de réconfort. Histoire que tu ne perdes pas trop vite… »

En entendant cela, la jeune européenne ne put retenir un léger rire, posant délicatement le paquet de chips sur ses genoux. « Merci beaucoup pour ton attention, Sukuna, mais, de 1, je suis au regret de t'apprendre que ton sexe, aussi exquis soit il, n'est pas de la drogue et que je ne vais donc pas souffrir d'un syndrome de manque. Et que, de 2, Prasad ne voudrait pas que je mange dans mon lit ! Il dit que c'est pour les gens dans les hôpitaux, les mourants et les sauvages… »

« Eh bien, tu rentres dans la dernière catégorie, crevette, c'est parfait ! » répliqua instantanément le démon, moqueur, avant de s'approcher de la rousse, les yeux embrasés. « Et pour le premier point dont tu parles… On verra ça d'ici quelques jours. Pas sûr qu'à ce moment là, tu ais encore envie de me dire cette idiotie que tu m'as sortie l'autre soir!»

« Quelle… Idiotie ? » questionna Kali, perplexe.

Sukuna posa son menton sur un de ses poings fermés, encrant ses yeux de feu dans ceux d'or de son interlocutrice, une légère moue aux lèvres. « Celle de l'autre nuit… Quand nous étions à la plage. »

La rousse le fixa quelques secondes, interdite, avant de lui adresser un large sourire. « Aaah… Je vois… » La jeune femme se pencha légèrement vers le roi des fléaux, frôlant du bout des doigts sa joue, couvrant d'un regard terriblement attendri cet être millénaire visiblement si peu coutumier du fait d'être aimé et non craint. «Sukuna… Tu penses vraiment que les sentiments que j'ai pour toi pourraient changer pour si peu ? C'est que tu ne te doutes absolument pas de leur intensité ! »

« L'intensité… » répéta-t-il, visiblement peu convaincu. « C'est bon pour mesurer la puissance ! Ton histoire, c'est juste des illusions, des chimères. »

L'européenne ne put s'empêcher de laisser échapper un léger rire en entendant cela, surprenant un rien le japonais. « Si on part de ce principe, Sukuna… Les hybrides vivants étaient sensés en être également. Et pourtant… Me voilà. »

Ryomen se tut un bref instant avant de ricaner face à l'argument de son amante, refusant de se laisser amadouer aussi facilement. « Ça n'a rien à voir, crevette… Comme vous dîtes, déjà ? L'exception qui confirme la règle ? Et bien c'est exactement ça. Tu es une exception par rapport aux hybrides passés. Mon exception. Mais ce n'est pas pour ça que le principe s'applique à tout le reste. »

A peine eut-il finit sa phrase que l'homme se releva avec souplesse sous les yeux de l'européenne prise de court. Même si elle se doutait pertinemment qu'il était difficile au maitre des flammes de croire en la sincérité de ses sentiments, ou même, simplement, à leur réelle existence, elle ne voulait pas s'avouer vaincue pour autant.

« Mais… » commença-t-elle, se taisant brusquement quand la main du roi démoniaque s'abattit sur le sommet de son crâne pour lui ébouriffer énergiquement les cheveux, la prenant de court.

« Pas de mais qui tienne, crevette. » s'amusa le tatoué, un sourire en coin aux lèvres, avant de commencer à s'éloigner pour quitter la chambre de la demoiselle. « Tu ferais mieux de dormir maintenant. Jusqu'à ce que tu concèdes ta défaite, les journées risquent de te paraitre fort longues, crevette ! »

L'intéressée laissa échapper un faible soupire entendant cela, allant récupérer le paquet de chips abandonné pour le déposer aux pieds du tigre géant en peluche trônant en bas de son lit. « Je pourrais te donner le même conseil, Sukuna… Je te souhaite donc de passer une bonne et pieuse nuit. »

Elle se rallongea alors doucement contre son matelas, scrutant la nuque de son amant qui se trouvait à présent sur le seuil de sa chambre, un sourire malicieux étirant ses lèvres. « Et pour information, monsieur le septique… Je t'aime. Que tu le veilles ou non. Que tu le comprennes ou pas. Il faudra bien que tu te fasses une raison ! »

En entendant cela, le japonais s'arrêta un bref instant, glissant son regard de lave par-dessus son épaule pour capter la lueur féline et dorée de celui de l'hybride, un sourcil haussé d'incrédulité. « Folie que tout ça, crevette. Douce folie. Garde donc tes forces pour le combat que tu vas devoir mener contre toi-même ces prochains jours, avant de vouloir essayer de me faire sombrer avec toi dans ton extravagante déraison. »

La remarque arracha un nouveau rire à l'hybride qui suivit dans le couloir le fléau millénaire, la laissant seule dans l'obscurité de sa chambre. Une fois son calme retrouvé, la rousse se réinstalla le plus confortablement possible pour rendre le cours de sa nuit, une vive lueur animant ses prunelles félines. « Tu as raison, mon roi… Un combat après l'autre. Mais je compte bien gagner les deux ! »

NUIT 1

La journée avait effectivement paru extrêmement longue, même au démon, tant il avait hâte de retrouver sa petite hybride pour mettre à l'épreuve sa résistance. Il fallait admettre qu'il s'amusait d'avance de qu'il allait pouvoir faire pour lui faire perdre pied. Et il était également terriblement curieux de savoir ce qu'elle avait bien pu imaginer pour tenter d'échauffer ses sens…

La pauvre petite chose ne se rendait pas compte à quel point elle n'avait aucune chance face à lui. Ce pari, c'était du gâteau, le démon n'en doutait pas une seule seconde. Au moins pourrait-il ainsi l'empêcher de se mettre inutilement en danger à Kyoto, sans qu'elle ne puisse contredire sa décision. Au fond, c'était elle qui était l'investigatrice de tout cela !

La nuit venue, à peine eut-il pu prendre le contrôle du corps du gamin que le tatoué rejeta avec entrain le drap le recouvrant, se débarrassa à la hâte de son t-shirt alors qu'il se relevait d'un bond, se précipitant presque dans le couloir.

« Crevette ? Crevette, où es tu ? Tu tiens le coup, j'espère ? »

Cependant, à son grand étonnement, personne ne lui répondit, lui faisant froncer les sourcils. Il se rendit alors vers le salon du sanctuaire, d'où provenait le bruit de la boite magique, n'y trouvant hélas pas la rousse féline mais son exaspérant et tactile garde du corps aux cheveux décolorés, assis sur leur canapé rouge. Immédiatement, le tatoué sentit une vague de mauvaise humeur l'envahir alors qu'il croisait les bras sur son torse puissant, toisant l'importun de toute sa hauteur.

« Encore là, baveur ? Où est la crevette ? »

« Visiblement pas là… » se contenta de répondre l'intéressé, se détournant du démon pour regarder à nouveau la télévision, passant rapidement de chaine en chaine sans se fixer sur une bien précise, faisant se tendre un peu plus encore le maitre des lames.

« Tu ferai mieux de ne pas trop jouer à ça, baveur… » siffla l'homme aux double regard entre ses dents, se voyant déjà massacrer l'impudent d'un simple mouvement du poignet. Si l'européenne n'était effectivement pas là pour assister à la scène, peut être parviendrait il à faire passer cela pour un accident et ne pas s'attirer ses foudres…

Sentant l'énergie occulte de Sukuna alourdir rapidement l'air de la pièce, Hiroaki se tourna à nouveau vers lui en soupirant lourdement. Il savait pertinemment que la seule raison pour laquelle le roi démoniaque ne l'avait pas encore tué était le fait que Kali le lui avait demandé. Cependant, vu le caractère capricieux et sanglant du tatoué, cette faveur ne tenait qu'à un fil, pouvait céder à la moindre contrariété. Surtout en l'absence de la rousse.

Il ne pouvait se permettre de mourir aussi bêtement, il se devait de rester en vie afin de la protéger…

Même si cela l'obligeait à converser avec ce néandertalien.

« Elle est partie faire des courses… » lâcha-t-il de mauvaise grâce, sa voix glaciale contenant mal tout le méprit qu'il pouvait avoir pour lui. « Elle va pas tarder »

« Tu l'as laissé sortir seule ? » s'offusqua immédiatement l'amant de l'hybride, lui adressant un regard chargé de ressentiment. « Tu fais vraiment un piètre garde du corps… »

« Je ne suis pas un geôlier non plus… Je sais faire la part des choses et je lui fais pleinement confiance, moi.» répliqua le blond, serrant ses poings contre le cuir rouge du canapé. « Elle a son téléphone, et ses pouvoirs. Elle peut m'appeler si besoin. »

« Eh bien, baveur, appelle la et dit lui de revenir ! » cracha le roi millénaire, peu convaincu par la tirade e son désagréable interlocuteur. « Maintenant que je suis là, elle n'a pas à trainer ailleurs ! »

Le jeune japonais se tut dans un premier temps, se contentant d'observer en silence cet homme exécrable dont était pourtant désespérément amoureuse sa jeune et crédule amie. Si son cœur avait réussi à s'éprendre de ce rustre, c'était certainement qu'il devait y avoir quelque chose en lui digne d'être aimé… Hélas, lui, ne le voyait absolument pas !

« Vous n'avez qu'à lui téléphoner vous-même, majesté. Au fond, vous en avez un, de mobile. Enfin Yuji en a un. »

« Tu joues avec le feu, baveur… » menaça tout bas le fléau, sentant son envie de meurtre se faire de plus en plus présente dans son esprit.

« Je ne joue pas. Pas quand il s'agit de Kali. » Hiroaki éteignit d'un geste sec la télévision avant de se relever, contournant le canapé pour aller se planter une poignée de secondes face à son terrible interlocuteur, encrant son regard émeraude dans le sien, ne se laissant pas démonter par l'aura assassine s'échappant de lui. « Et avant que vous n'alliez imaginer quoi que se soit, elle est pour moi comme une petite sœur. La seule chose que je désire d'elle, contrairement à vous, c'est son bonheur. Et rien d'autre. Je vous laisse, elle ne devrait de toute façon plus tarder. »

Sans attendre une quelconque réponse, le garde du corps quitta la pièce la tête haute, ravi d'avoir pu dire une partie du fond de ses pensées. Ça ne changerait en rien l'avis du démon le concernant, il le savait bien. Mais cela lui avait fait du bien. Une fois sa chambre atteinte, le blond récupéra son téléphone portable, pianotant rapidement dessus afin d'envoyer un message à sa jeune protégée qui devait impatiemment attendre son signal.

' Il est réveillé… Que le spectacle commence, ma belle.'

Sukuna, pour sa part, maugréant tout bas contre le jeune japonais, retourna d'un pas décidé vers la chambre de son hôte dans le but de récupérer son mobile. Cependant, arrivé à mi chemin, l'homme se figea en sentant l'énergie occulte de l'européenne terriblement proche de lui, le faisant retourner vers les escaliers menant à l'entrée du sanctuaire.

« C'est à cette heure là que tu rentres, crevette ? » commença-t-il en longeant le couloir, toujours un rien boudeur à cause de sa discussion avec le blondinet. « Et en te baladant toute seule en pl… »

La fin de sa phrase mourut dans sa gorge alors qu'il atteignait enfin les pieds des escaliers, découvrant la rousse à quelques mètres de lui.

Elle était… différente de d'habitude, le surprenant un peu. Sa crinière d'automne, si souvent laissée sauvage, était ce soir relevée en un chignon complexe dégageant complètement son visage, son cou gracile et l'arrondi parfait de ses épaules pâles. Elle portait un short en jeans clair arrivant péniblement au tiers de ses cuisses ainsi qu'un bustier sans bretelle à moitié transparent, d'un rose pâle orné de fleurs de cerisier, galbant terriblement sa poitrine généreuse. Sa peau de porcelaine était légèrement pailletée, brillant délicatement sous la lumière artificielle du couloir. Un ruban pastel était également noué autour de son cou, donnant irrémédiablement envie au démon de tirer dessus pour le défaire, comme s'il avait s'agit de celui de l'emballage d'un cadeau terriblement attrayant.

Plus inhabituel encore, la demoiselle avait souligné les traits de son visage grâce à du maquillage, amplifiant le coté félin de ses yeux d'un trait d'eye liner noir et rehaussant la ligne pulpeuse de ses lèvres d'une couleur complexe mêlant le rouge et le rose, lui faisant penser à une fraise bien mûre.

En le découvrant en contre bas, la demoiselle lui adressa un large sourire étincelant, faisant comme si de rien n'était.

« Bonsoir, Sukuna… »

Sans attendre visiblement la moindre réponse de sa part, la rousse parcourut la distance les séparant encore d'une démarche assurée et un rien ondulante, le dépassant sans un regard supplémentaire pour se diriger vers la cuisine, laissant dans son sillage un fléau un rien décontenancé. Ce dernier reprit cependant rapidement ses esprits, la rattrapant en quelques enjambées pour venir lui couper le chemin en plaquant une main sur le mur, encrant son regard dans le sien avec une vive intensité.

La jeune hybride se contenta de pencher légèrement la tête sur le côté, faussement innocente. « Quelque chose ne va pas, Sukuna ? »

Le tatoué demeura une poignée de secondes silencieux, scrutant de son double regard la jeune femme dans son intégralité, ne sachant pas exactement ce que provoquait en lui cet accoutrement honteux.

« Crevette… » commença-t-il d'une voix grave et profonde. « Qu'est ce que c'est de cette tenue ? »

« Oh, ça ? » ronronna-t-elle, joueuse avant de tourner brièvement sur elle-même afin de lui offrir une meilleure vue d'ensemble. Elle se rapprocha ensuite un peu de lui, les mains dans le dos, aguicheuse. « On a fait du shopping avec Hiroaki cet après midi. Tu aimes ? »

En entendant cela, le démon millénaire respira profondément avant de reprendre la parole, crispant un rien ses doigts contre le mur froid.

« Attend, crevette… Tu t'es baladée dehors… Comme ça ? »

A ces mots, la demoiselle se contenta de hausser légèrement les épaules, faisant comme si elle ne comprenait pas ce qui gênait son terrible amant.

« Bien sur… Pourquoi ne l'aurais-je pas fait ? »

Elle passa alors sous son bras d'un mouvement rapide et fluide, se dirigeant vers la cuisine, le démon sur les talons, un sourire terrible aux lèvres.

« Attention, crevette… » commença le maitre des lames, sentant son sang s'échauffer dans ses veines. « Tu joues un jeu dangereux ! »

Sans prêter grands cas à la menace sous jacente pouvant être perçue dans les mots de son interlocuteur, la manipulatrice des flammes d'ombres posa un lourd sac de course sur la table de la cuisine, haussant les yeux au ciel un bref instant.

« Je ne joue à aucun jeu, Sukuna. On est au 21ème siècle, les mœurs ont évoluées et cette tenue est tout à fait normale ! »

Elle se retourna alors, s'appuyant nonchalamment contre la table, croisant ses bras sous sa poitrine. Le japonais ancestral la regarda quelques secondes avant de reprendre, peu convaincu.

« Les hommes restent des hommes, quelque soit l'époque, petite démone… Et, qui plus est…»

Il se pencha lentement vers elle, allant jouer avec l'une des extrémités du ruban entourant le cou gracile de la demoiselle, le regard enflammé. « Niveau stratégie de séduction… C'est quand même pas très subtil, crevette…»

« Je ne vois pas de quoi tu parles… » murmura doucement l'accusée, détachant chacune de ses syllabes, ne se laissant pas démonter face au fléau.

« Voyez vous ça… » répliqua le tatoué dans un sourire narquois, suivant la courbe du décollette de la demoiselle sans pour autant toucher sa peau de nacre si alléchante. « Tu ne penses quand même pas qu'il te suffit de te transformer en gourgandine et te balader à moitié nue devant moi pour que je te saute dessus ? »

La demoiselle aux yeux d'or le regarda faire quelques secondes, une légère chaire de poule hérissant sa chaire. « Je vais me répéter… Mais je ne vois pas ce que tu veux dire, Sukuna…. On ne se voit que la nuit. Qui te dit que ce n'est pas là ma façon habituelle de m'habiller et que je suis juste plus… décontractée le soir tombé ? »

En entendant cela le démon laissa échapper un ricanement tout en se redressant, croisant ses bras puissant sur son torse. « Je vois ce que voit le morveux, je te rappelle ! »

« Je ne suis pas tout le temps avec Yuji, il me semble… » rétorqua l'hybride, allant scruter ses ongles parfaitement manucuré de parme clair pailleté. « Tu ne sais peut être pas tout de mes habitudes vestimentaires, voilà tout ! »

« Oh ? » laissa échapper Ryomen après un bref silence passé à scruter la rousse, un sourire terriblement machiavélique étirant ses lèvres sur ses dents étincelantes et acérées. « Tu crois que je connais si peu que ça, crevette ? Tu veux vraiment jouer à ça ? Alors soit !»

Sans perdre un instant, le roi millénaire fit volte face, quittant la pièce d'un pas décidé, laissant derrière lui une Kali complètement médusée.

« Su… Sukuna ? » commença-t-elle, se redressant un peu. « Où vas-tu ? »

Elle s'élança alors à sa poursuite à travers le long couloir du sanctuaire, le retrouvant rapidement alors qu'il arrivait au niveau des chambres à coucher, faisant naitre une vive sueur froide qui la parcouru toute entière.

« Sukuna, attend ! »

Ne l'écoutant pas, l'intéressé pénétra dans la chambre de la rousse, allumant le plafonnier, jetant ainsi la lumière sur un désordre effarant régnant entre les quatre murs. L'homme fit quelques pas dans la pièce, bientôt rejoint par la demoiselle qui demeura figée sur le seuil, scrutant de son double regard de feu l'amoncellement considérable de vêtements neufs encore étiquetés. Toujours souriant, le maitre des lames se retourna vers son hybride, pointant les tas de tenues nouvellement acquis d'un doigt accusateur.

« AH-AH ! » lâcha-t-il, radieux dans sa victoire. « Prise la main dans le sac, crevette ! »

« Ca veut rien dire du tout… » bougonna Kali, un rien boudeuse.

Ricanant ouvertement, bien trop fier d'avoir pu démasquer le stratagème de la petite sauvage et prouver qu'il avait une fois de plus raison, le tatoué se mit à farfouiller dans les vêtements neufs éparpillés partout dans la chambre quand il s'arrêta soudain, fronçant d'un coup les sourcils.

« Crevette… » commença-t-il, une profonde perplexité perlant dans sa voix alors qu'il se tournait vers l'européenne, tenant entre ses mains un bout de tissu rouge soyeux particulièrement élastique. « Qu'est ce que c'est que cette chose ? »

Kali ne put s'empêcher de le fixer quelques secondes, une lueur mutine animant l'or de ses yeux. Elle croisant lentement les bras sous sa poitrine, s'appuyant avec une certaine nonchalance contre le montant de la porte, cherchant à se donner un air mystérieux de femme fatale.

« Mais voyons, Sukuna… ça se voit bien. C'est une robe. »

L'intéressé, particulièrement dubitatif, fronçant un peu des sourcils alors qu'il positionner l'étrange vêtement devant lui, le comparant à la silhouette voluptueuse de la jeune hybride. « Tu t'es trompée de taille, crevette. Ça convient à une enfant, au mieux. En plus… » Le démon vint se saisir des multiples bandes de tissu écarlate formant la tunique, les étirant doucement entre ses doits. « On dirait qu'elle a rencontré un tigre. Elle est déchirée de tous les côtés ! »

« Mais non… » susurra la demoiselle en s'approchant du tatoué, venant récupérer l'objet mystérieux d'entre ses mains avant de la secouer légèrement. « Tu veux que je te le prouve, peut être ? »

« Je voudrais bien voir ça, crevette ! » répliqua-t-il immédiatement, une lueur d'amusement naissant au fond de ses yeux rubis, un sourire en coin étirant sa bouche narquoise.

La rousse secoua alors quelques fois supplémentaires le vêtement, le détaillant de ses yeux félins, visiblement plongée dans une rapide réflexion. Après quelques secondes de silence, elle glissa à nouveau son attention vers le japonais millénaire, une nouvelle idée ayant visiblement germée dans son esprit mutin. Elle se tourna alors pour être dos à son interlocuteur, venant caresser sa nuque déliée du bout de ses doigts fins, jetant un regard aguicheur par-dessus son épaule au démon.

« Je serai ravie de satisfaire ta curiosité, Sukuna… Par contre, j'aurai besoin de ton aide pour délasser mon bustier. Seule, c'est terriblement compliqué… »

La demande surprit un rien le maitre des lames qui demeura muet un premier temps, laissant choir son regard le long de la colonne vertébrale de la rousse, découvrant que son top était maintenu par un ruban pastel zigzagant depuis le milieu de ses omoplates jusqu'au creux de ses reins, dévoilant encore plus de peau qu'il ne l'aurait cru. Parfaitement indécent…

« Si ce n'est pas trop pour toi, bien entendu… » susurra doucement Kali, joueuse. « Je ne voudrais pas te mettre en difficulté si tôt dans notre pari… »

La remarqua arracha un court ricanement au roi millénaire qui parcourut la faible distance le séparant encore de son hybride, se planter à quelques centimètres de son corps terriblement peu vêtu.

« Ne me fais pas rire, crevette… » Lentement, il fit glisser ses doigts le long du ruban clair, savourant l'alternance entre le tissu lisse et la peau soyeuse de la jeune femme sous sa pulpe sensible, lui arrachant un nouveau sourire. « Je ne savais pas que tu était attirée par le shibari… Une nouvelle perversité à ajouter à toutes les autres, je suppose. »

« Le…Quoi ? » questionna l'européenne, perdant un rien contenance.

« Le shibari, sauvageonne… » répéta le maitre des poisons, ravi. « L'art de ligoter les gens, si tu préfères. Notamment pour des jeux érotiques. Une fois que tu auras perdu ce petit pari, je serai ravi de te montrer tout ce que je peux te faire avec le obi de mon kimono… »

Kali ne put s'empêcher de légèrement rougir en entendant cela, fuyant le regard brûlant de son amant alors qu'elle serrait un peu plus le vêtement rouge entre ses doigts, tâchant de juguler au mieux l'embrasement que provoquaient les suggestions indécentes du démon en elle.

« Passer d'un simple et innocent laçage de bustier à une nouvelle lubie sexuelle… » soupira-t-elle théâtralement pour se donner contenance. « Quand je dis que tu ne penses qu'à ça ! »

En entendant cela, l'accusé sans remord se penchant encore un peu plus vers l'hybride, venant parler tout bas à son oreille de sa voix grave et profonde, la faisant frissonner. « Tu dis ça, mais je peux entendre d'ici ton cœur s'emballer, petite crevette lubrique… »

« Je… »

L'intéressée n'eut pas le temps de riposter que l'homme tira d'un coup sec sur le nœud maintenant le ruban noué au milieu de son dos, non loin du point d'encrage de son pentacle, la faisant sursauter. Le tatoué glissa ensuite doucement son index sous chaque croisement du tissu pastel contre la peau striée de rouge foncé de la demoiselle, les défaisant les uns après les autres en partant du haut avec une lenteur parfaitement calculée. In consciemment, il vint poser sa main libre sur la hanche de la jeune femme, son regard ne pouvant se détacher de son dos magnifiquement cambré de plus en plus dénudé, faisant un peu s'échauffer son sang dans ses veines.

Arrivé à mi parcours, Ryomen ne put s'empêcher de reprendre la parole, une pensée parasite des plus déplaisantes venant d'éclore dans son esprit jaloux.

« Puis-je savoir, crevette… » commença-t-il, dénouant une nouvelle intersection de ruban en prenant le temps de frôler sa colonne vertébrale, faisant crépiter au bout de ses doigts un peu d'énergie occulte afin de taquiner le pentacle de sa prisonnière, la faisant frissonner. « Comment tu as fait pour mettre ce vêtement toute seule ? »

Brusquement, il agrippa les quelques crans de ruban maintenant encore le bustier fermé , attirant Kali contre son torse nu, venant passant son autre main dans son cou, lui faisant tourner le visage vers lui en encrant son regard flamboyant dans le sien, prédateur et implacable.

« J'espère que ce n'est pas le baveur qui te l'a noué, crevette. Il a beau dire qu'il te voit comme une petite sœur, ça reste juste de belles paroles. »

La rousse le fixa une poignée de secondes, ne fuyant pas son observation appuyée, commençant à bien connaitre son terrible amant. Sa possessivité était assurément disproportionnée, mais, avec le temps, elle avait finir à comprendre que ce comportement mêlait assurément une jalousie naturelle, mais également une certaine frustration par rapport à la condition de prisonnier du démon. L'idée que d'autres hommes puissent être avec elle, sans que lui ne soit là, lui déplaisait fortement.

Enfin… C'était ce qu'elle était venue à penser.

Doucement, lui adressant un sourire serein, la demoiselle vint poser une main sur celle du démon. « C'est la vendeuse qui m'a aidé, Sukuna. Hiroaki n'a rien a voir la dedans. »

Le tatoué la fixa encore un bref instant, la jaugeant du regard, avant de la relâcher, toujours un rien contrarié par l'idée que d'autres puisse toucher l'hybride qui était sienne. « Humphr… Quelle idée de porter de tels vêtements, aussi !»

Il recommença à défaire les derniers croisements de ruban, une moue un rien boudeuse aux lèvres.

« Tu dis ça alors que de tous temps il y a eu des habilleurs pour aider aussi bien les hommes et surtout les femmes à revêtir vos kimonos multi-couches ? »

« Rien à voir… » bougonna le fléau ayant terminé sa tâche, allant croiser les bras sur son torse tatoué, le long ruban en main. « Les gens étaient vêtus de la tête aux pieds dans ces cas là, ils n'étaient pas à moitié nue comme toi ! »

L'européenne, plaquant son bustier à présent défait contre sa poitrine, se tourna vers son amant, un sourire amusé aux lèvres face à tant de mauvaise foi. « Autre temps, autres mœurs ! Et c'est le travail de la vendeuse, elle fait ça toute la journée. Je ne suis qu'une parmi beaucoup d'autres… »

« Moué… » répondit-il, visiblement peu convaincu.

« Dans tous les cas… » continua la reine des flammes d'ombres, allant récupérer son ruban en le faisant glisser entre les doigts du démon, taquine. « Tu veux bien me laisser deux minutes ? Histoire que je puisse me changer. »

« Vraiment ? » Immédiatement, l'idée de pouvoir admirer la jeune hybride dénudée sembla chasser un peu des nuages assombrissant l'esprit du fléau, lui rendant instantanément sa bonne humeur. « Je pensais que tu allais plutôt me proposer de rester pour te regarder, vu que tu sembles prête à user de toutes les stratégies les plus honteuses afin de m'aguicher. »

En entendant cela, la demoiselle leva ses yeux félins au ciel, plantant sa main libre tenant la robe rouge contre sa hanche. « Eh bien, non, navrée, pas de strep tease au menu ! Preuve que tu te trompes complètement sur mes intensions… »

« Qu'est ce qu'il ne faut pas entendre… » ironisa le roi des fléaux, visiblement pas dupe pour un sous. « Mais soit, je te laisse. Essaie de ne pas trop me faire attendre, j'ai hâte de voir ce qu'une robe d'enfant déchirée va donner sur toi ! »

Sur ces paroles moqueuses, le japonais quitta la pièce, retournant dans la cuisine pour aller fouiller le sac de courses que la demoiselle avait rapporté avec elle un peu plus tôt. Cette dernière, quant à elle, vérifia que le démon s'en était bien allé avant de refermer la porte de sa chambre, laissant échapper un profond soupire.

Vraiment, jouer les femmes fatales, c'était un sacré boulot !

Sans perdre une seconde, la rousse jeta son bustier sur son lit, gigotant un peu afin de décontracter son buste enfin libéré de son magnifique carcan de tissu. Elle se débarrassa également de ses chaussures à talons inconfortables, sautillant sur place pour détendre ses pieds mis à la torture. Quoi qu'en dise Hiroaki, les sandales, c'était quand même bien plus confortables…

Reniflant faiblement, la demoiselle retira également son short avant de fixer la fameuse robe rouge, ne pouvant réprimer une grimace.

Elle aurait pu, effectivement, essayer de réaliser un déshabillage sensuel devant le tatoué dans le but d'échauffer ses sens. Elle y avait, en réalité, pensé fortement.

Hélas… Si elle aurait très certainement réussi à se dévêtir de façon langoureuse, enfiler le vêtement écarlate aurait été une toute paire de manche ! Incontestablement… Elle allait devoir s'y reprendre à plusieurs fois afin de la positionner correctement sur son corps, ce qui aurait assurément gâché son effet. Kali pouvait presque entendre l'hilarité qu'aurait eu le fléau millénaire face à ses difficultés à enfiler sa tenue, se débattant tel un phoque pris dans une capote géante couleur rubis…

HORS.
DE.
QUESTION.

Elle ne s'était pas donné tout ce mal pendant la journée, supporter des heures d'essayages de dizaines de tenues toutes plus moulantes et courtes les unes que les autres, de talons lui donnant des vertiges et des sueurs froides pour ses pauvres chevilles et de maquillages lui donnant l'impression d'être une poule de luxe pour tout gâcher en quelques instants !

Surtout que cette robe… C'était l'une de ses armes lourdes. Elle n'avait prévu de la porter qu'en dernier recours. Sukuna, en venant fureter dans sa chambre, avait changé ses plans. Elle allait faire en sorte qu'il ne soit pas déçu du voyage…

Ryomen, de son côté, avait trouvé dans le sac abandonné sur la table de la cuisine quelques bouteilles de l'alcool pétillant que l'européenne lui avait déjà fait gouté. Il avait en avait décapsulé une sans attendre d'un coup de main, en prenant de longues gorgées rafraichissantes. Il continua à fouiller dans les achats de la demoiselle afin de voir ce qu'il pourrait dérober quand il entendit les pas de cette dernière dans le couloir, le faisant se retourner.

« Eh bien, tu en as mis du temps, crev…. »

Sa phrase mourut dans sa gorge alors que le tatoué découvrait l'hybride dans l'encadrement de porte de la pièce, le laissant un rien estomaqué.

Elle était… Différente… Et assez déstabilisante, il devait indubitablement l'avouer…

Le mince bout de tissu informe s'était métamorphosé en une robe d'un rouge profond et brillant, se coulant littéralement le long des courbes langoureuses de la femme aux cheveux d'automne, couvrant et découvrant tour à tour sa peau de nacre dans un jeu sensuel et complexe. Le vêtement dénudait entièrement l'une de ses épaules parfaites et délicates, le bandeau unique partant de l'autre se scindant en deux pour ne dissimuler que très partiellement la poitrine généreuse de l'hybride, laissant apparaitre la courbe superbe et attirante de ses seins impertinents. Le tissu, légèrement froncé, s'arrêtait très haut au niveau des cuisses galbées de la demoiselle, incitant pour ainsi dire à biens des crimes.

Déglutissant discrètement, le démon millénaire posa avec une décontraction apparente sa bière sur la table métallique, ne prêtant pas garde à ses innombrables envies grondant au creux de son esprit tel des fauves en cage. Il vint faire quelques vers la maitresse des flammes d'ombres, la toisant d'un regard intense et perçant, croisant ses bras pour se donner plus de contenance.

Kali, pour sa part, ne lâchait pas son regard du sien, une très légère rougeur empourprant malgré son apparente assurance ses pommettes claires. Elle mit ses bras dans son dos, se penchant un peu vers son amant étrangement silencieux, se faisant aussi féline et charmeuse que possible.

« Tu vois, Sukuna… C'est bel et bien une robe. »

« Je n'irai pas jusque là… » finit-il par répondre d'une voix rauque et basse, la toisant de ses yeux de laves. « C'est quand même très peu de tissu pour un vêtement. Tu es sensée porter ça à quelles occasions, au juste ? »

La question du tatoué surpris un rien l'européenne, lui faisant légèrement hausser les sourcils. « Je ne sais pas… Quand j'en ai envie… Ou quand une certaine personne me le demande ? »

En disant cela, elle se rapprocha un peu plus de lui, assez pour que leurs corps se frôlent sans pour autant se toucher, l'espace les séparant semblant devenir presque électrique.

« Tant que tu t'abstiens de la porter dehors… Surtout si je ne suis pas présent. » répliqua Sukuna, terriblement sérieux, crispant un peu ses doigts contre sa peau.

La remarque arracha une petite moue à l'étrangère. « Tu dis ça, mais tu te balades à moitié nu la plus part du temps ! »

« Tu m'as fait m'habiller de la tête aux pieds pour aller à la plage, en plein milieu de la nuit, je te signale. » releva l'homme, un sourire victorieux aux lèvres, marquant indéniablement un point. « Et puis, dans tous les cas… D'une part, je suis un homme, ça n'a du coup rien à voir. Et, d'autre part… »

Il déplia lentement ses bras puissants, allant frôler de ses mains les hanches de son hybride, les remontant lentement en suivant la courbe marquée de sa taille, de sa poitrine, jusqu'à arriver à son cou, venant lui saisir fermement le menton, approchant terriblement son visage du sien, plongeant son regard implacable dans le sien. « Tout ça, c'est à moi, et à moi seul. Je ne suis pas certain d'apprécier que tous puissent en profiter à loisir ! »

Face à ce nouvel épisode de possessivité brute et intense, Kali ne put s'empêcher de déglutir lentement, sentant des frissons parcourir sa colonne vertébrale. Ce coté primaire et animal, elle aurait du le craindre, elle le savait. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine excitation parcourir ses veines alors que les doigts du fléau touchaient sa peau, l'emprisonnant de son aura prédatrice.

« Tout ce qu'ils pourraient faire. » Finit-elle par reprendre, affrontant le regard perçant de son vis-à-vis. « C'est de regarder, au pire. »

« C'est déjà bien trop à mon gout, crevette. » réfuta le tatoué, ne lâchant pas sa captive. « Ce genre de tenue indécente, ça ne peut qu'attiser les désirs et aiguiser l'imagination… »

« Tu penses ? » susurra la rousse, venant délicatement poser une main sur celle du roi millénaire, faussement innocente.

Un sourire terrible étira les lèvres du tatoué, laissant paraitre ses dents étincelantes et acérées. Il laissa choir une main au creux des reins de la jeune femme, venant griffer de ses ongles violet le tissu écarlate de la robe. « Comme si tu ne t'en doutais pas, petite impudente… N'est ce pas exactement pour ça que tu l'as achetée ? »

L'intéressée déglutit une nouvelle fois, prise au piège de l'aura écrasante du fléau venant crépiter contre sa peau, dans sa peau, embrasant ses sens.

Le japonais se pencha un peu plus encore vers elle, faisant se frôler leurs lèvres alors qu'il encrait avec intensité son regard à celui de sa captive, lui murmurant tout bas d'une voix terriblement sensuelle et caressante. « Il serait tellement facile, par exemple, de libérer ta poitrine de son écrin. Je pourrais caresser tes seins à loisir, les dévorer comme bon me semble jusqu'à ce qu'ils se dressent désespérément de plaisir. »

Rien qu'en entendant ces mots, une violente chaire de poule s'étendit sur la peau de Kali, ses tétons pointant sous le tissu fin et tendu de sa robe.

« Elle est tellement courte, ta robe… » continua l'homme, faisant glisser sa main libre sur la hanche de l'européenne jusqu'au bord du tissu de son vêtement, jouant un peu avec. « Il ne me faudrait pas un grand effort pour la remonter et avoir accès à tes dessous… Quoi qu'il ne me semble même pas que tu en portes, gourgandine, ta tenue est tellement coulée contre ta peau que je les aurais remarqués. »

La réflexion du démon fit instantanément mouche, faisant monter le feu aux joues de la coupable prise la main sur le fait, arrachant un sourire terrible au fléau.

« Je… » commença-t-elle, cherchant à s'expliquer sur ce fait. « C'est pas… C'est juste que… »

« Indécente petite crevette. » la coupa-t-il, victorieux. « Et tu oses sous entendre que tu pourrais sortir ainsi ? Insensé… »

Il remonta lentement sa main sur ses fesses, la faisant un rien tressaillir contre son torse, ricanant doucement contre sa bouche. « Oh, crevette… Je n'ai même pas besoin de glisser mes doigts en toi pour sentir combien tu es déjà trempée, prête pour moi… Tu le voudrais, n'est ce pas ? Tu voudrais que je te prenne, ici et maintenant. Que je t'emplisse de mon sexe dur et palpitant, et j'aille au plus profond de toi pour t'embraser… Tu aimes ça, avoue, être le fourreau de mes passions… »

Face au silence de la demoiselle, le tatoué se redressa un peu pour lui laisser un peu d'air, la fixant, un sourire carnacier aux lèvres, savourant pleinement la lueur de désir brute et viscérale qu'il pouvait admirer au fond de l'or incandescent des yeux de son impétueuse hybride.

Respirant profondément afin d'apaiser son esprit et son corps mis à rude épreuve, l'européenne finit par reprendre la parole d'une voix peu assurée. « Tu triches complètement, démon… »

« Roi des démons, je te prie. » corrigea-t-il, amusé par le trouble apparent de la rousse. « Et je ne triche pas le moins du monde. Je ne fais que parler, se n'est pas ma faute si tu es tellement lubrique que cela suffit à t'enflammer toute entière… Tu veux déjà abandonner, peut être ? On dirait que tu meurs littéralement d'envie de toutes ces choses dont je viens de parler. Admet ta défaite, crevette, et je serai ravie de satisfaire tes envies… »

« Je ne vois pas de quoi tu parles, Sukuna. » nia éhontément Kali, refusant d'admettre l'incommensurable intensité de son désir pour le japonais en cet instant. « Je me porte comme un charme. »

« Voyez vous ça… » ricana ce dernier, relâchant d'un coup la jeune hybride, s'éloignant un peu d'elle. « Comme bon te semble, crevette. C'est toi qui es en manque, pas moi. »

Alors que la jeune femme reprenait discrètement son souffle, cherchant à calmer la course folle de son cœur au creux de sa poitrine, Ryomen retourna récupérer sa bouteille entamée de bière, la sirotant avec décontraction.

« Quand je te disais que tu aurais du réfléchir à deux fois avant de me proposer ce pari, crevette… » s'amusa le maitre des lames, la dévorant du regard. « Tu ne peux pas m'avoir à ce jeu là, ma mignonne. Je te laisse respirer, ce ne serait pas drôle si tu craquais dès la première nuit ! »

Il s'approcha de la jeune européenne, buvant quelques nouvelles lapées de boisson pétillante avant de plaquer la bouteille dans les mains de Kali, taquin à en mourir

« Pour te consoler, crevette. Tu n'as qu'à te dire que c'est un baiser indirect ! »

Sans attendre de réponse de sa part, il sortit alors en riant de la pièce, les mains enfoncées dans les poches de son short, laissant une Kali bouillonnante sur place.

« Et pas le droit de te donner du plaisir toute seule je te rappelle, crevette ! Là, se serait de la triche ! » ajouta-t-il en criant presque depuis le couloir, terminant de vexer la demoiselle ayant incontestablement perdue cette manche là…

Aussi rouge que le tissu de sa robe, l'hybride demeura quelques minutes immobile, respirant profondément, serrant entre ses mains la bouteille de bière à moitié vide que lui avait refourgué le fléau tatoué.

Le mufle démoniaque !

Comment diable avait-il pu renverser la situation aussi facilement ?!

Ce n'était absolument pas sensé se passer ainsi !

« Rah ! »

Brusquement, la jeune femme piquée dans son ego fit volte face, arpentant le long couloir à grandes enjambées. Elle dépassa le salon silencieux, se dirigeant d'un pas décidé vers les chambres. Arrivée devant une certaine porte, la rousse, tenant toujours la boisson du japonais millénaire d'une main, tapa fermement contre le panneau de bois, bouillonnant non plus de désir mais de contrariété.

Rapidement, Hiroaki vint lui ouvrir, Kyu trônant au sommet de son crâne, ses ailes diaphanes étendues de part et d'autre de sa chevelure blonde lâchée. Il fixa son amie quelques secondes, remarquant sa tenue qui aurait du être une munition coup de poing dans leur stratégie de séduction, son air contrarié et boudeur, ainsi que la bière à moitié entamée qu'elle tenait fermement en main, comme si elle était prête à frapper quelqu'un avec.

« Je sais pas pourquoi… » commença-t-il, ayant visiblement du mal à retenir un sourire un peu amusé face au contraste entre la tenue de femme fatale portée par l'hybride et son air terriblement enfantin. « Mais mon petit doigt me dit que quelque chose a foiré… »

« Tu vois l'expression l'arroseur arrosé ? » lâcha Kali, de mauvais poil.

« C'est toi ? » répondit le manipulateur de foudre, s'empêchant de plus en plus difficilement de sourire.

« C'est foutrement moi, oué ! » confirma l'intéressée avec humeur.

Se fut alors trop pour le jeune japonais qui laissa échapper un léger gloussement, plaquant une main sur sa bouche pour ne pas enfoncer sa jeune protégée. « Il a de l'expérience, le bougre. Ça aurait été trop beau s'il avait cédé aussi facilement ! »

En entendant cela, Kali se renfrogna encore plus, croisant les bras sous sa poitrine, attendrissant son compagnon de route. Immédiatement, le petit fléau volant sauta de la tête de l'exorciste, venant se blottir dans les bras de la demoiselle afin de la consoler, plaquant sa petite truffe jaune contre son cou, poussant des petits cris compatissants.

« Apparemment… » soupira l'hybride, baissant les épaules ave dépit, allant gratter le dos de la chauve souris albinos plaquée sur son sternum. « Même fringuée comme une pin up, j'ai le sex appeal d'une moule… Il a pas moufté, au contraire ! Il a même complètement retourné la situation contre moi ! Il m'a trop souvent vue nue déjà, ça fait plus effet…»

En entendant cela, Hiroaki ne put s'empêcher de rire face à l'innocence de son amie aux cheveux de feu. « Oh… Kali, choupette… Crois moi, il sait peut être donner le change, ton démon, mais je mettrais ma main à couper qu'il aurait adoré t'arracher ta robe. C'est juste qu'il sait mieux cacher ses émotions. »

Kali lui glissa un regard peu convaincu. « Tu crois ? »

Le blond hocha vivement la tête, sur de lui. « Carrément, ma belle ! C'est une cocotte minute, ton goujat… ça va peut être prendre un peu de temps mais la pression va vite monter ! Il a peut être 1000 ans d'expérience niveau abstinence, mais justement. Il n'a surement plus envie de gouter à nouveau à la frustration. C'est juste à toi de lui rappeler à quel point il te veut. »

« Pas si facile que ça… » bougonna-t-elle tout bas. « Si lui met du temps à s'enflammer, moi j'ai l'impression de faire de la combustion spontanée ! »

« Va falloir prendre sur toi choupette, si tu veux gagner ton pari ! Souviens toi que de vous deux, c'est lui, du haut de son trône et de ses 1000 ans, qui s'est abaissé à te proposer de lier son âme de mufle royal à la tienne tellement il voulait te posséder ! »

La demoiselle prit quelques secondes pour réfléchir aux paroles de son garde du corps, encrant son regard d'or dans les yeux couleur rubis du fléau plaqué contre elle. Sur le papier, son ami avait assurément raison. Sukuna lui avait couru après en premier lieu pour son corps. Pour satisfaire ses besoins primaires muselés depuis des centaines d'années. S'il avait réussi à s'abstenir tout ce temps, se n'était absolument pas par choix, mais par contrainte extérieure, par réclusion loin de toute tentation potentielle.

Et ça, ça changeait beaucoup de chose.

« Tu as raison, Hiro… » finit-elle par dire, reprenant du poil de la bête. «Je vais pas lui laisser de répit, il est pas prêt ! »

Doucement, elle prit Kuy dans sa main, allant le déposer sur l'épaule du manipulateur de foudres. Ces deux là s'entendaient définitivement à merveille !

« Merci de m'avoir remotivée, Hiro. Je vous laisse tous les deux, je vais voir où il est allé se planquer… Je vais essayer de prendre ma revanche ! »

« Bonne chance, ma belle ! » acquiesça l'intéressé, levant un pouce encourageant vers elle. « Fait lui ravaler son arrogance, à ton crétin rayé ! »

En entendant ce nouveau surnom, Kali ne put s'empêcher de laisser échapper un léger rire, alors qu'elle s'éloignait dans le couloir, partant à la recherche de son terrible amant. Sachant qu'il était parti de la cuisine avant elle, qu'elle avait dépassé le salon désert tout à l'heure et qu'il était assurément trop tôt dans la nuit pour qu'il ne retourne se coucher, bien trop fier de son coup d'éclat, la demoiselle prit instinctivement le chemin de la salle de bain qu'elle découvrit, comme elle s'y était attendue, éclairée.

Arrivée devant la porte, l'hybride réajusta un rien sa tenue, veillant à ce qu'il n'y ait pas de poils blancs laissés par Kyu sur son décolleté, histoire de ne pas braquer le tigre couronné. Elle inspira profondément, jouant des épaules, se préparant mentalement à affronter à nouveau le monstre de sensualité auquel elle avait décidé de se confronter. Cette fois ci, elle ne se laisserait pas surprendre !

« Je peux savoir ce que tu fabriques, crevette ? »

Sursautant en entendant la voix du japonais millénaire, l'intéressée se figea dans l'instant alors que la porte de s'ouvrait en grand, laissant apparaitre l'homme complètement nu qui la toisa d'un regard terriblement moqueur, faisant rater un battement au cœur de la demoiselle.

« Qu'est ce que tu fais là ? Tu en redemandes déjà, petite masochiste ? Tu veux vraiment perdre dès ce soir, on dirait ! »

Sans lui laisser le temps de répondre, le fléau fit volte face, retournant près du bac de la baignoire dont le robinet était ouvert en grand, le remplissant dans un puissant vrombissement d'eau. L'homme passa la main sous le flot afin d'en vérifier la température avant d'enjamber le rebord immaculé, venant s'installer confortablement dans le bain. « Tu veux te joindre à moi, peut être ? Où es tu juste venue prendre une couche froide, histoire de calmer tes envies obscènes ? »

Reprenant contenance, la rousse fit quelques pas dans la pièce, croisant les bras sous sa poitrine, se voulant pleine d'assurance. « De nous deux, c'est toi qui t'immerges, je te signale. Pour apaiser tes nerfs, peut être ? »

En entendant cela, le manipulateur de l'hôtel démoniaque ricana doucement, s'enfonçant un peu plus dans l'eau qui continuait de monter. « Si ça te fait plaisir de croire ça, crevette… Par contre, quitte à être là, rend moi donc ma bouteille de truc pétillant ! »

Kali leva doucement les yeux au ciel, s'approchant de la baignoire pour venir tendre la bière à son propriétaire d'origine. « Je suppose qu'il est toujours inutile de te demander le mot magique ? »

Brusquement, Ryomen vint se saisir du poignet tendu de la rousse, la tirant vers lui pour la faire tomber dans le bain dans une puissante éclaboussure, la plaquant de son autre main contre son torse sculptural. Avec un sourire diabolique, le japonais maintenait toujours la main de demoiselle qui tenait la bouteille d'alcool hors de l'eau, visiblement ravi de son coup. « Tu voulais dire 'plus vite que ça' ? »

Maladroitement, l'hybride se redressa comme elle le pouvait, jetant un regard assassin à son vis-à-vis. « Tu es impossible, tu sais ? »

« Quoi ? » répliqua innocemment le tatoué, venant récupérer le précieux objet en verre pour aller le caler sur le rebord de la baignoire, contre le coin du mur. « Je voulais juste que tu puisses vérifier par toi-même que l'eau n'était absolument pas fraiche, vu que, contrairement à une certaine crevette, je suis parfaitement maitre de mes nerfs. »

En entendant cela, Kali préféra faire la sourde oreille et alla s'assoir entre les jambes du démon en soupirant, levant les bras pour réajuster un peu son chignon trempé. Le fin tissu de sa robe rouge avait pris une teinte presque bordeaux à cause de l'eau l'alourdissant et collait outrageusement à la moindre courbe de son corps félin. Sukuna, affalé contre le fond du bac de la baignoire, la dévora une poignée de secondes de son regard de feu, appréciateur.

« Indécent, vraiment… » murmura-t-il comme pour lui-même.

« Hum ? » demanda l'objet de l'observation, n'ayant pas entendu les paroles du tatoué.

« Rien. » éluda-t-il avec nonchalance, secouant doucement une main dans le vide. «Quitte à être toute mouillée, tu ne veux pas retirer ta moitié de robe ? »

A ces mots, l'européenne glissa un regard amusé au démon avant d'aller s'installer de l'autre coté du bac, ramenant ses jambes devant elle, s'accoudant au rebord du bac immaculé. « Elle est bien là où elle est, je trouve… »

« Si tu le dis… Sinon…Pourquoi te mettre si loin, crevette ? » Il tendit une jambe vers elle, frôlant sa cuisse du bout du pied « Moi qui pensais que tu aimais jouer avec le feu… »

Kali le regarda faire, affichant un sourire mutin. « Vu la taille de la baignoire, on ne peut pas vraiment dire qu'on est loin l'un de l'autre, non ? »

« Pas faux… Qu'est ce que se serait si j'avais mon vrai corps… » soupira Ryomen, faisait imperceptiblement se redresser la rousse, piquant immédiatement sa curiosité.

« Qu'est ce que se serait, du coup ? » tenta-t-elle, terriblement désireuse d'en savoir plus.

« Hum… Disons que tu ne pourrais pas espérer être à distance de moi. » se contenta-t-il de répondre, bien conscient que cela ne suffirait aucunement à assouvir la curiosité de la demoiselle.

« Comment ça ? » demanda l'hybride, stupéfaite, haussant ses fins sourcils roux.

Le fléau couronné réfléchit quelques instants, regardant le bac avant de se laisser glisser un peu plus au fond de celui-ci, tendant les jambes de part et d'autre de Kali pour en estimer la longueur. Il se redressa ensuite avec souplesse, rejetant ses cheveux en arrière, songeur. « Je dirais qu'il faudrait facilement qu'elle soit deux fois plus grande pour que je sois à l'aise. En longueur et en largeur ! »

Incrédule, la demoiselle regarda la baignoire où ils étaient tous les deux installés, déjà d'une taille tout à fait raisonnable malgré leurs chipotages. Elle essaya de visualiser quelque chose faisant deux fois cette taille puis, surtout, la taille d'une personne qui pourrait remplir un tel volume. « Tu… »

« Exagères ? » la coupa Sukuna, amusé, comme lisant sur le visage dubitatif de son interlocutrice le fil de ses pensées. « Non, crevette, pas le moins du monde… »

Il se redressa alors au milieu de l'onde chaude, scrutant avec malice le visage incrédule de la jeune hybride ayant visiblement du mal à conceptualiser sa révélation. « On dirait que tu es sous le choc… »

« Attend… » finit par reprendre la demoiselle, toujours en pleine réflexion, comme essayant d'accomplir de savants calculs de tête. « ça voudrait dire que… Que tu mesurais près de trois mètres de haut ? »

« Mais non… » s'amusa-t-il, allant attraper sous l'eau les pieds de la rousse pour les rapprocher de lui. « Enfin… pas tout à fait… »

L'information eut l'effet d'un coup de poing sur l'européenne, la sonnant un peu. Battant des cils tout en fixant son amant terrible, elle essayait de réfléchir à tout ce qu'une telle révélation pouvait bien impliquer les concernant. Au bout de quelques instants durant lesquels elle demeura figée dans le silence, elle finit par reprendre la parole d'une voix blanche, venant inconsciemment poser une main sur sa joue. « C'est pas possible… ça passera jamais… Sukuna, si tu récupères ton corps, restons simplement amis, tu veux bien ? »

Sukuna demeura un bref instant stupéfait en entendant la demande de son hybride, avant d'éclater d'un rire puissant raisonnant fortement contre les murs carrelés de la salle de bain, comprenant finalement à quoi faisait référence Kali. « Hors de question ! Avec de la volonté, tout passe voyons ! »

En entendant ça la rousse vira au cramoisie, se cachant le visage avec les mains, faisant encore plus rire Sukuna.

« N'empêche… » finit-il par reprendre, se passant une main dans les cheveux. « Je te parle de mon vrai corps, et la première chose à laquelle tu penses, gourgandine, c'est à la taille de mon sexe… Tu es incorrigible, vraiment !»

« Je n'ai pas pensé à ça en premier ! » se défendit-elle courageusement, venant planter ses mains sur ses genoux. « Mais ça fait partie des choses auxquelles j'ai pensé, c'est vrai. C'est pratico pratique comme réflexion, c'est tout ! On couche quand même assez régulièrement ensemble, je te rappelle !»

Sukuna la fixa en ricanant de plus belle, allant lui jeter un peu d'eau dessus, terriblement amusé par la situation. « Hum hum ! Si c'est ce que tu veux te faire croire pour te rassurer par rapport à l'étonnante étendue de ta perversité! »

« Raaaah ! Mais arrête, je ne suis pas perverse ! » maugréa l'accusée, avant de se laisser glisser dans l'eau jusqu'au nez, faisant des bulles de contrariété tout en enserrant son buste de ses bras, fusillant l'homme du regard qui leva son double regard au ciel, peu convaincu par ses dires.

« Dans tous les cas… » reprit-il, envoyant des pichenettes d'eau à la maitresse des flammes d'ombres qui devait prendre sur elle pour ne pas l'arroser à son tour, craignant une vengeance potentiellement démesurée. « Il me tarde quand même de retrouver ma véritable enveloppe. Je me sens incontestablement un peu à l'étroit dans celle-ci. »

A peine eut-il prononcé ces paroles que Kali émergea un peu son visage de l'eau, toujours à l'affut de la moindre information concernant le passé du fléau auquel elle avait lié son âme. « En parlant de ta véritable apparence… J'ai eu beau demander à Prasad, impossible de mettre la main sur la moindre estampe te représentant à l'époque Heian. C'est dommage je trouve… »

« Dommage ? » répéta l'intéressé, haussant un sourcil. « Pourquoi donc ? Tu aurais voulu pouvoir l'afficher au dessus de ton lit comme le morveux avec sa gourgandine dénudée ? »

« Pour savoir à quoi tu ressemblais ! » répliqua l'européenne en se redressant brusquement dans l'eau coulant toujours, la faisant un peu déborder alors qu'elle s'approchait de son de vis-à-vis, posant les mains entre ses jambes. « Près de 3 mètres de haut, 4 bras, 2 visages, des yeux bleus comme du givre… J'ai beau avoir une imagination fertile, j'aurais bien voulu avoir une image de toi ! »

Ryomen, en écoutant cette tirade, se laissa à nouveau tomber contre le revêtement de la baignoire, songeur, se frottant inconsciemment la joue droite. « Pas vraiment deux visage, en réalité… Les gens extrapolent toujours. Et tu finiras bien par la voir, ma véritable apparence ! Ne sois pas si pressée… »

Le ton qu'il avait employé pour prononcer ces derniers mots avait quelque chose de plus amer, alertant immédiatement la demoiselle aux yeux d'or.

« Qu'est ce que tu veux dire, Sukuna ? » questionna-t-elle, fronçant un peu les sourcils, ne pouvant s'empêcher de vouloir connaitre le fond de la pensée du démon.

Ce dernier laissa échapper un profond soupire, fixant un bref instant l'hybride lui faisant face, comme s'il cherchait à soupeser quelque chose en elle. Un sourire un rien mauvais finit par étirer le coin de sa bouche, terminant d'inquiéter la jeune femme. « Malgré tes idioties et tes belles paroles… Je ne suis pas certain que tu seras aussi enthousiaste quand tu me verras dénudé des traits du morveux… Ma véritable apparence, c'est autre chose, comme tu sembles commencer à le comprendre.»

Kali, stupéfaite, demeura quelques secondes muette. Une nouvelle fois, cette idée que son attirance pour lui n'était qu'une illusion fugace refaisait surface dans le discours du roi millénaire. Il avait beau s'en défendre bec et ongles, il paraissait évident à la demoiselle que c'était quelque chose qu'il ne parvenait pas à accepter, tentant de trouver toutes les excuses possibles pour rejeter la possibilité qu'elle puisse effectivement tenir tout simplement à lu, qui qu'il soit, qu'il soit libre ou non, qu'il soit puissant ou non, qu'il fasse la taille d'un ours brun ou d'un adolescent…

Quelle tête de mule…

« Moi… » commença la rousse, esquissant un sourire sincère et bienveillant. « Je suis certaine du contraire, Sukuna. »

Elle s'approcha alors de lui, se coulant contre son corps nu, venant poser une main bienveillante sur sa joue tatouée tout en encrant son regard dans le sien.

« Quelle que puisse être ton apparence, ton âme et ton charisme ravageur ne changeront pas. Tu pourrais skoiter le corps de l'autre gars avec ses lunettes en hublots que je te trouverai toujours comme étant l'être le plus sexy et attirant de la planète. »

Il la regardait, muet, un peu déstabilisé une nouvelle fois par les dires incongrus de la demoiselle. Elle se pencha encore plus de lui, leurs lèvres se touchant presque. « Arrêtes de sous estimer mes sentiments et mon attirance pour toi, Sukuna, tu veux bien? S'il te plait…»

Alors qu'elle effaçait doucement les derniers centimètres séparant leur bouche, le roi démoniaque ferma naturellement les yeux, attendant de pouvoir savourer le contact délicat du baiser que s'apprêtait à lui offrir sa captive consentante…

D'un coup, cependant, il sentit à la place une main se plaquer précipitamment se plaquer contre ses lèvres, le surprenant complètement. Il rouvrit les yeux, découvrant une Kali blême s'étant éloignée de lui autant que son bras le lui permettait, son autre main posée sur sa propre bouche.

« Le pari. » Lâcha-t-elle dans un souffle, douchant à froid le fléau millénaire. « Je l'avais complètement oublié ! »

Comme électrisée, ne laissant pas le temps au japonais de réagir, la demoiselle se releva avec rapidité, s'extirpant de la baignoire avec un certain empressement. Elle s'enroula précipitamment dans une large serviette, la serrant fermement autour de son corps félin, inspirant et expirant plusieurs fois en fixant la porte, visiblement troublée.

Elle finit par se tourner vers Sukuna, lui adressant un sourire étincelant et malicieux, son regard pétillant d'amusement et d'excitation, faisant se serrer un rien le cœur du démon au creux de sa poitrine.

« Eh bien… Il s'en est fallut de peu, dis donc ! Je dois admettre que tu es un redoutable adversaire, Sukuna, même quand tu ne fais rien ! Je ferai mieux de filer, je vais vraiment finir par perdre ce soir à ce rythme…»

En disant cela, la demoiselle fit un pas vers la porte avant de se figer, jetant un coup d'œil complexe à son amant par-dessus son épaule. D'un coup, elle vint plaquer ses lèvres sur son index, y déposant un peu de rouge à lèvres. Elle rebroussa alors chemin afin de venir s'appuyer contre le rebord de la baignoire, déposant son doigt coloré, contre les lèvres de son démon personnel, se penchant vers lui, malicieuse et sensuelle.

« Tu peux considérer ça comme un baiser indirect, Sukuna… » susurra-t-elle d'une voix caressante, encrant ses yeux d'or dans la lave embrasée de celle de l'intéressé. « Et… Par contre… »

Elle se redressa alors, venant tourner d'un coup sec le mitigeur du robinet vrombissant toujours des trombes d'eau afin de faire se déverser sur le corps nu du roi millénaire de l'onde glacée, affichant un large sourire victorieux.

« Je me permets de vous apporter un peu de fraicheur, vous semblez avoir grandement besoin de vous rafraichir, mon roi. Vous bandez terriblement ! »

Sur ces mots, la rousse incendiaire se retira, drapée dans sa serviette immaculée, laissant dans son sillage un Sukuna un rien troublé. Une fois seul dans la pièce, le maitre des lames porta doucement une main à ses lèvres, récupérant du bout des doigts un peu de pigment coloré, lui arrachant un soupire torturé.

« Démone… » laissa-t-il échapper dans un murmure, jetant un regard alourdi de désir vers la porte à présent close de la pièce. « Un point pour toi. »

Sans plus attendre, il se laissa glisser dans l'onde refroidissant à vue d'œil, passant ses mains sur son visage immergé, tentant de juguler son envie gargantuesque pour son impétueuse hybride en cet instant.

Peut être, au fond, que ce pari allait s'avérer bien plus difficile qu'il ne l'aurait pensé au départ…

PS : pour celles et ceux qui sont pas du sud, côté pagnol (même si certains disent que ça vient de Lyon, sacrilège !), se la jouer Fanny c'est terminer à un jeu, quel qu'il soit, avec 0 point. A l'époque, ça se passait dans des bars où il y avait souvent un portrait d'une Fanny plus où moins les fesses à l'air. Et si on perdait avec 0 point… Il fallait embrasser le fessier de Fanny XD Voilà, c'était la minute bœufs historiques de France, je rends l'antenne !