11 Aout : Prisonniers

La réalité de la servitude des quatre Dieux-Gardiens de la Capitale était quelque chose que plus personne ne connaissait. Ceux qui les avaient enchainé à la ville et à l'Empire étaient morts depuis bien longtemps. Ceux qui avaient apprit d'eux les secrets l'étaient aussi. Et comme ils avaient tous décidé que mettre par écrit ce genre de secret était bien trop dangereux, il n'avait pas fallu très longtemps pour que plus personne ne se souvienne des causes et des conséquences de la présence des quatre gardiens sortit de leur rôle pour repousser le Serpent.

Les quatre divinités en avaient profité.

Ils n'avaient jamais été consentant. Ils n'avaient jamais accepté ce rôle de protecteur. Ils avaient été forcés. En partie par les humains, mais surtout par le Royaume des Cieux.

Ce qu'aucun humain ne savait, c'était que les quatre "dieux" avaient commis des erreurs suffisamment graves pour que le Royaume des Cieux décide de les punir.
Leur esclavage au service des mortels était leur punition puisque leurs victimes avaient été mortelles.

Mais les humains avaient oubliés.

Les humains avaient les clés de leur libération mais ne savaient plus qu'ils étaient leurs esclave.

Quoi que.

Amer, les quatre dieux gardiens doutaient de retrouver la liberté un jour.
Sauf que…
Sauf que l'un d'eux était libre.
L'un d'eux avait réussit. Plus personne ne savait comment ni pourquoi ils servaient les humains, eux même avaient oubliés quoi faire pour être libre mais Zhuque avait brisé ses chaines.

Ses trois frères l'avaient vu prendre son envol alors qu'ils protégeaient la Capitale une fois de plus. Ils avaient sentit sa présence plus forte et plus large que jamais. Ils avaient sentit ses chaines s'arracher une à une avant que sa statue n'explose, brisant en même temps la dernière ancre qui le gardait soumis à sa fonction.

Remué par la supplique d'un misérable humain, attendrit par sa certitude de devoir faire son devoir et surtout sa volonté d'offrir sa vie à son ami pour le protéger, Zhuque avait envoyé toute retenue par-dessus les nuages. Lorsque l'humain mourant avait poussé vers lui ses dernières forces, Zhuque les avait agrippé de toutes les siennes pour leur donner conscience et forme. Quelque chose de suffisant pour à la fois finaliser le bouclier au dessus de la ville, un bouclier plus résistant que tout ce qu'ils avaient vu en plusieurs siècles et pouvoir s'incarner sous une forme capable d'interagir avec le monde des humains. C'était cette rencontre entre la volonté du mortel de lui offrir sa vie, celle de Zhuque pour la première fois de protéger des humains de sa propre décision et d'avoir été finalement protégé et défendu par un autre humain qui avait faillit mourir pour "lui", pour "eux" qui avait ultimement brisé l'emprisonnement du dieu gardien.

Zhuque était libre.

Plus libre qu'il ne l'avait jamais été.

Plus libre qu'il l'était quand il n'était qu'une bête divine au service du Royaume des Cieux.

Les trois dieux-gardiens attendaient fébrilement que leur frère les rejoigne.

Ils n'eurent par très longtemps à attendre avant que Zhuque ne prenne sa place sur le coté vide de la petite table basse dans le monde spirituel qui n'était qu'à eux et qu'ils avaient créé pour tous les quatre avec les siècles.

La forme de Zhuque n'était plus aussi intangible que la leur. QingLong, BaiHu et XuanWu n'étaient guère plus que des fantômes mouvant à la forme inconstante dans leur propre monde spirituel. A l'inverse, c'était une image solide comme un véritable corps, copié de celui que l'humain lui avait offert qui entra dans la petite 'maison' pour s'asseoir face à eux.

Les quatre dieux gardiens se prirent par la main. Zhuque leur offrit une partie de ses forces. Maintenant qu'il était libre, il pouvait se nourrir sans avoir besoin d'attendre les offrandes des humains. Maintenant qu'il était libre, il pouvait supplémenter seul ses trois frères pour les empêcher de retomber dans le sommeil et de s'effacer encore de la mémoire des humains pour les années à venir avant qu'ils se souviennent qu'ils avaient besoin de lui.

"- Je vous sortirai de là." Leur promit-il.

Il était encore relié à celui qui lui avait offert sa vie. Il pouvait communiquer avec lui. Zhuque était sur que s'il lui parlait, s'il lui expliquait, il trouverait les moyens de l'aider. De les aider.

Il était juste.
Il n'apprécierait pas leur esclavage sans fin.

Zhuque s'accrochait à cette certitude de toutes ses forces. Yuan Boya l'aiderait à sauver ses frères.