Je ne possède aucun des personnages du livre

Alors que Jaskier déambule tranquillement en ville, il est accusé d'un vol qu'il n'a pas commis... Retenu en cellule, le barde comprend rapidement que sa situation est bien plus précaire qu'il ne le pensait...

En espérant que cela vous plaise !

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


Il faut me croire

Le soleil déclinait doucement sur les toits de la ville, peignant les ruelles d'un rouge doré. Jaskier, flamboyant dans son pourpoint coloré, déambulait tranquillement, une nouvelle chanson en tête. Il fredonnait à mi-voix, le sourire aux lèvres, savourant les regards mi-curieux, mi-amusés que lui adressaient les passants. Il ne se souciait pas des murmures ou des rumeurs : après tout, il était Jaskier, célèbre barde, et les potins ne faisaient que renforcer sa légende. Cependant, son insouciance fut brusquement interrompue lorsque deux gardes en armure lourde surgirent de l'ombre, l'un agrippant fermement son bras tandis que l'autre dégainait une lame pour lui barrer la route.

- Hé, hé, doucement, mes amis ! Protesta Jaskier, levant les mains en signe de reddition. Je crois qu'il y a une méprise. Je ne suis qu'un humble artiste.

- Humble ? C'est vite dit, railla l'un des gardes. Un voleur, c'est ce que tu es et un menteur.

Jaskier ouvrit de grands yeux, choqué par l'accusation.

- Un voleur ? Moi ?! Vous plaisantez ! Je ne vole que… des cœurs, dit-il avec un sourire nerveux. Il faut me croire. Vous devez me confondre avec quelqu'un d'autre.

- Silence ! Gronda le second garde en lui tordant le bras.

Malgré ses protestations et ses tentatives pour expliquer qu'il n'était qu'un pauvre poète sans défense, Jaskier fut traîné sans ménagement à travers les rues, attirant les regards incrédules des badauds. Il sentit la panique monter en lui alors qu'ils approchaient d'une grande porte de fer menant à ce qui ressemblait à une prison. Une fois à l'intérieur, il fut jeté dans une cellule sombre et humide. Avant qu'il ne puisse demander des explications, l'un des gardes le saisit par le col et le plaqua contre le mur.

- Alors, barde, murmura-t-il d'une voix menaçante, où est Géralt de Riv ?

Jaskier cligna des yeux, abasourdi.

- Géralt ? Mais… Pourquoi voulez-vous savoir où il est ? Je n'ai rien fait, je vous le jure !

- Nous savons que tu voyages souvent avec lui, reprit le garde, son ton devenant plus acerbe. Et la fille… celle qu'il protège. Dis-nous où ils sont et peut-être que tu t'en sortiras vivant.

Le cœur de Jaskier battait à tout rompre. Il savait que nier son lien avec Géralt ne servirait à rien. Ces hommes semblaient déterminés et il était évident qu'ils n'étaient pas des gardes ordinaires. C'était un piège et il était leur proie.

- Je ne sais pas où il est, dit-il finalement, la voix tremblante mais ferme et même si je le savais, je ne vous dirais rien.

Le garde eut un sourire sinistre.

- C'est ce qu'on verra.

Avant que Jaskier ne puisse réagir, ils lui passèrent des chaînes aux poignets et le hissèrent pour qu'il reste suspendu au plafond, ses pieds ne touchant plus le sol. Sa protestation mourut dans sa gorge alors qu'un froid glacial se répandait dans son dos.

- Vous… vous savez que ce n'est pas nécessaire, tenta-t-il en ricanant nerveusement. Je suis sûr qu'on peut discuter comme des adultes civilisés…

Mais ses paroles furent étouffées par le bruit métallique de la porte se refermant derrière eux. La véritable épreuve de Jaskier venait de commencer.

OoooO

La cellule était sombre et humide, éclairée uniquement par la lueur vacillante d'une torche fixée au mur. Les murs de pierres transpiraient l'humidité et portaient les marques de prisonniers précédents, des griffures désespérées et des taches sombres qui ne laissaient rien présager de bon. Au centre de la pièce, Jaskier pendait au plafond, ses poignets liés par des chaînes rugueuses qui s'enfonçaient dans sa peau, laissant des marques profondes et ensanglantées. Ses pieds ne touchaient pas le sol, et son corps tremblait sous l'effort constant de supporter son propre poids.

Son torse, dénudé et vulnérable, portait déjà des traces des sévices qu'il avait subis depuis de longues heures. Des ecchymoses bleuâtres parsemaient sa peau, témoins silencieux de coups brutaux qu'il avait encaissés. Son souffle était court et laborieux, chaque inspiration semblant arracher un cri à ses côtes meurtries. Pourtant, malgré la douleur, ses lèvres restaient scellées, il ne dirait rien à ces hommes, ils pouvaient bien le tuer... L'un des gardes, un homme massif au visage fermé, s'approcha avec une barre de fer entre les mains. Elle semblait rouillée par endroits, mais cela importait peu. Il la fit basculer entre ses doigts comme un jouet, un sourire sinistre s'étirant sur son visage.

- Alors, barde, grogna-t-il. Où est le sorceleur ? Et la fille ?

Jaskier leva péniblement la tête, ses cheveux en désordre collant à son front en sueur. Il esquissa un sourire qui n'était rien de plus qu'un rictus douloureux.

- Tu pourrais… être un peu plus précis ? Des sorceleurs, il y en a plein, lança-t-il, sa voix rauque et tremblante, mais teintée d'une insolence qui lui était propre.

Le coup fut brutal. La barre de fer s'abattit sur son flanc gauche, un craquement sinistre résonnant dans la pièce. Jaskier hurla de douleur, son corps se balançant sous l'impact, les chaînes grinçant sous son poids. Sa respiration devint chaotique, une toux sèche le secouant alors qu'un filet de sang s'échappait de sa bouche.

- Je parle de Géralt de Riv, reprit le bourreau, son ton glacial et de la fille au pouvoir ancien, Cirilla Rhiannon. Parle ou je continuerai.

Jaskier haleta, son visage se tordant sous la souffrance.

- Je ne sais pas… où ils sont, mentit-il, sa voix brisée et même si je le savais, je ne te dirais rien.

Un autre coup, cette fois plus haut, atterrit sur ses côtes droites. La douleur fut insupportable, irradiant dans tout son torse. Il aurait crié à nouveau, mais aucun son ne sortit de sa bouche, son souffle ayant été complètement arraché par la force de coup et la douleur.

- Tu es têtu pour un simple barde, grogna le garde.

Il fit signe à un autre homme, qui s'approcha avec un tisonnier rougeoyant. La chaleur intense émanant du métal fit perler des gouttes de sueur sur le front de Jaskier, même à distance. Ses yeux s'écarquillèrent, non de peur, mais de résignation.

- Vous savez… J'ai toujours pensé… que les histoires de torture étaient exagérées, murmura-t-il faiblement. Une légère pause, un sourire ironique. Je suppose que je vais devoir réviser ma ballade.

Le type lui adressa un regard noir et le tisonnier s'enfonça dans sa peau, laissant une marque brûlante et noire sur son flanc. Cette fois, Jaskier hurla si fort que sa voix se brisa. L'odeur de chair brûlée emplissait la pièce, insupportable et nauséabonde.

- Où sont-ils ?! Rugit le bourreau.

Les yeux du barde se fermèrent un instant. Sa tête retomba contre sa poitrine et pour la première fois, il se demanda si cela en valait la peine. Peut-être qu'il aurait dû fuir lorsqu'il avait senti le danger. Peut-être qu'il aurait dû… Non. Géralt et Ciri comptaient sur lui, même s'ils ne le savaient pas.

- Allez au diable, cracha-t-il faiblement, du sang maculant ses lèvres.

Le garde frémit de rage et s'apprêtait à le frapper à nouveau, mais un bruit sourd retentit soudainement à l'entrée. L'une des portes métalliques fut arrachée de ses gonds avec une force inhumaine, s'écrasant contre le mur avec un fracas terrifiant… conséquence d'un léger sort que Jaskier connaissait parfaitement… Avant que les gardes n'aient le temps de réagir, une silhouette massive entra dans la pièce : Géralt de Riv.

Son épée d'acier brillait faiblement dans la lumière vacillante. Le Sorceleur bougea avec une rapidité fulgurante, abattant le premier garde avant que ce dernier ne puisse lever son arme. Le second tenta de fuir, mais une lame bien placée l'arrêta net en lui fendant le crâne en deux. Le bourreau, celui qui tenait encore le tisonnier, fit volte-face pour se défendre, mais il n'eut pas le temps. Géralt l'éviscéra d'un mouvement précis et brutal, son regard noir d'une rage froide.

Lorsque le dernier corps s'effondra, Géralt se tourna vers Jaskier. Il s'approcha rapidement, son visage marqué par une colère à peine contenue et une inquiétude profonde.

- Jaskier, murmura-t-il, sa voix plus douce qu'elle ne l'avait été depuis des années.

Le barde leva lentement la tête, ses yeux vitreux croisant ceux du sorceleur.

- Tu… Tu ne devrais pas… être là… c'est toi… c'est toi qu'ils cherchent… ils.. sont peut-être pas seuls…, souffla-t-il avec un sourire faible, presque imperceptible.

- Chut… Ne parle pas, garde tes forces… et… je ne te laisserai pas mourir pour moi…

Géralt rengaina son épée et examina rapidement les chaînes. Il tira un poignard de sa ceinture et força les attaches avec soin. Lorsque Jaskier s'effondra, incapable de tenir debout, Géralt le rattrapa avec une délicatesse qui prouvait à quel point il tenait à lui. Le corps du barde était brûlant de fièvre, couvert de blessures et de marques de torture. Ses côtes brisées rendaient sa respiration laborieuse, et son torse tremblait de douleur à chaque mouvement.

- Idiot, grogna Géralt, sa voix tremblant légèrement. Tu n'aurais pas dû les défier.

Jaskier leva une main faible, la posant maladroitement sur le bras du sorceleur.

- Et toi… tu es venu… Comme toujours, murmura-t-il avant que ses yeux ne se ferment, son corps cédant à l'épuisement et à la douleur.

Géralt l'enveloppa dans sa cape, le serrant doucement contre lui.

- Repose-toi, barde, murmura-t-il, ses mots perdus dans le silence de la pièce. Tu es en sécurité maintenant.

Les mots se perdirent dans le silence oppressant de la cellule, mais ils étaient autant pour lui que pour Jaskier, un maigre effort pour se convaincre que tout allait bien. Jaskier, étendu sans défense dans ses bras, semblait plus fragile que jamais. Son visage, habituellement si expressif, était désormais blême, ses traits crispés par la douleur même dans l'inconscience. Géralt sentit un poids immense lui comprimer la poitrine. Chaque respiration de son ami était laborieuse, trop faible, trop lente.

- Ne fais pas ça, Jaskier, murmura-t-il, baissant les yeux sur lui. Ne me lâche pas. Pas toi.

Le sorceleur serra son compagnon contre lui, son regard doré se durcissant d'une colère sourde mêlée d'impuissance. Il avait vu tant de blessures, tant de morts, mais cette vision lui semblait insupportable. Ce n'était pas une victime anonyme qu'il avait échoué à protéger cette fois. C'était Jaskier. Son ami. Celui qui chantait ses exploits et lui apportait de la lumière dans un monde sombre. Celui qui était toujours là, qu'il le veuille ou non. Ses doigts effleurèrent le visage de Jaskier, cherchant désespérément un signe de vie, une étincelle, quelque chose. Mais la seule réponse fut le silence étouffant du cachot, troublé uniquement par le goutte-à-goutte régulier de l'eau suintant des murs.

- Bordel, barde, pourquoi est-ce que tu ne peux pas rester hors des ennuis ? Souffla Géralt, la gorge serrée, dans un murmure presque cassé.

Il passa une main sous les genoux de Jaskier, l'autre soutenant son dos, et se releva lentement, chaque mouvement calculé pour ne pas aggraver ses blessures. Les chaînes au plafond cliquetèrent légèrement en oscillant, un écho sinistre du cauchemar qui venait de se jouer. La lumière de la torche vacillait sur les murs en pierres froides, projetant des ombres qui semblaient se moquer de lui. Géralt baissa les yeux sur le visage pâle du barde, ses lèvres se pinçant dans une expression rare de vulnérabilité.

- Allez… Accroche-toi, Jaskier, marmonna-t-il, sa voix s'enrouant sous le poids de l'émotion. Je te sortirai de là, je te le jure. Tu n'as pas le droit de me laisser seul, pas après tout ça.