Jour 3

Baddock Arnold

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2 novembre 1994

Salut ma puce,

Comment allez-vous Katherina et toi?

Pour répondre à ta dernière lettre, nous nous portons bien. Les affaires tournent bien et le Black Bee ne se désemplit pas. On est encore en train de s'organiser pour faire face à la nouvelle clientèle magique. Ce n'est pas toujours simple. Mais pour le coup Mordred et ses mignons aident. Difficile de faire les cons lorsqu'un Vampire monstrueusement puissant te souffle dans le dos.

D'ailleurs, connais-tu un certain Arnold Baddock?

Mordred l'a ramené au bar il y a deux semaines.

Le gosse était en piteux état. Ses cernes avaient des cernes et il n'avait visiblement ni manger ni pris de douches depuis un moment. Il loge actuellement dans une des chambres du BB et vient en renfort les soirs avec une grosse affluence. Je pense que ta mère va lui faire une offre. Ce môme est déraciné et n'a aucune idée de ce qu'il veut ou peut faire. Alors Pétunia va lui proposer un poste comme serveur le temps qu'il retombe sur ses pattes.

Il y a cependant une nouvelle importante.

Tu connais la propension extraordinaire des jumeaux à se retrouver dans des situations improbables. Eh bien leur malchance incroyable a encore frappé. Et ce n'est pas quelque chose de minime comme adopter une couleuvre alors qu'ils sont hauts comme trois pommes.

Nan. Cette fois, ils ont battu leur record. Harry est un des Champions de Poudlard dans ce tournoi débile qui regroupe trois écoles de magie. Il a été sélectionné par un foutu gobelet enchanté pour représenter Poudlard.

Ta mère est furieuse. Dudley a commencé à faire des paris avec les bookmakers de Gringott. Mordred est mort de rire. Et moi je me prépare mentalement à vivre un enfer durant un an.

Je t'embrasse

Papa

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Le 4/11

POURQUOI EST-CE QUE J'APPRENDS PAR PAPA QUE TU ES UN DES CHAMPIONS DE POUDLARD?

Tu as intérêt à cracher les infos Harry!

Et sinon, oui, le Népal est absolument magnifique. Katmandou est remarquable pour ses nombreux temples et pour ses palaisbouddhistesethindousdont la plupart remontent auXVIIesiècle. On a visité les centres-villes des trois anciennes capitales royales: Katmandou Hanuman Dhoka, Patan et Bhaktapur; les deux plus importants stûpas bouddhistes:SwayambhunathetBoudhanathet deux fameux tombeaux hindous: le temple dePashupatinathetChangu Narayan.

On est aussi passé par Freak Street et le quartier de Jochhen Tole, qui sont encore bien envahis par des hippies. On a utilisé les contacts d'Alice pour visiter les quartiers magiques de la ville. C'était hyper cool. Et surtout on a trouvé un guide pour partir en trek dans quelques jours.

J'attends des informations sur ce tournoi

À bientôt!

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4/11
Salut les frangines!

On est a Katmandou avec Mione. C'est une ville hyper stylée. J'adore l'architecture des lieux. La majorité de l'architecture des anciens bâtiments date de l'ère Malla, soit d'une période s'étalant du XIIe au XVIIe siècle.

Le bâtiment le plus stylé que l'on a vu est le temple Maru Satal, construit en 1596 par le roi Laxmi Narsingh Malla. L'édifice entier ne contient ni clou en fer, ni aucun support. Il est entièrement construit en bois. La légende veut que le bois utilisé pour sa construction ne provienne que d'un seul arbre!

On est aussi passé par les quartiers magiques. On s'est retrouvé à boire du thé avec une femme très androgyne habillée d'une sorte de pyjama chelou qui ne répondait qu'au nom de «l'Ancien.». Elle était cheloue et parlait de façon énigmatique, mais elle était cool. Elle gère une sorte de sanctuaire mi sorcier, mi moldu (C'était chelou, j'ai pas tout pigé) où Mione et moi avons une invitation perpétuelle.

Demain on part en trek avec Mione et trois autres touristes. On commence avec un portoloin avant de s'enquiller plusieurs dizaines de kilomètres avec des centaines de mètres de dénivelés positifs. (Je déteste Hermione sur ce coup). Heureusement que les paysages promettent d'être beaux.

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Kat'

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«Que faites-vous?»

MmeGranger releva la tête du cahier où elle écrivait et sourit à Arnold.

«J'écris à ma fille.»

Arnold fronça les sourcils en réfléchissant. Il était vrai que depuis son arrivée au Black Bee (un type bizarre l'avait ramassé dans la ruelle de Manchester où il avait son «campement» de fortune et l'avait traîné à Londres avant de le refiler à MmeGranger), Arnold n'avait pas vu sa camarade de Promotion.

«Qu'est-ce qu'elle devient?» demanda Arnold en continuant de nettoyer les verres.

Ses parents seraient horrifiés s'il savait ce qu'il faisait. C'était indigne de son rang et Merlin, qu'allaient bien dire les voisins?

La dernière engueulade entre Arnold et ses parents avait été moche. Très moche. Suffisamment pour qu'il quitte la demeure avec juste les affaires qu'il avait sur le dos et qu'il refuse de façon absolue d'y retourner.

«Elle et Katherine sont parties faire un tour du monde.»

Arnold se figea, manquant de lâcher son verre.

«Pardon?»

«Elles sont au Népal en ce moment. Elles ont quitté Katmandou et marchent en direction du Tibet. Elles devraient approcher de l'Everest.»

«La plus haute montagne du monde, c'est ça?» demanda Arnold en réfléchissant à ce que leur avait dit MrQuirell lorsqu'ils étaient en quatrième année.

«C'est exact! Elles ne sont pas allées au sommet, elles n'ont pas l'entraînement et pas le matériel. Mais je crois qu'elles doivent aller quand même au camp de base avancé avant de basculer au Tibet.»

Arnold sourit, heureux pour ses deux camarades. Il connaissait bien Hermione, car elle traînait souvent chez les Serpentards. Elle était amusante et sarcastique et refusait de se laisser abattre.

«J'imagine que ça doit être beau.»

«J'attends les photos avec impatience», commenta MrGranger, en faisant sursauter Arnold qui ne l'avait pas entendu arriver.

«Oh, toi et tes photos!»

Regarda, t sa patronne et son époux se chamailler comme des enfants, Arnold ressenti un pincement au cœur. Il n'avait jamais vu ses parents agir ainsi. Tout était froid et vide chez les Baddock. Ils avaient un standing à tenir.

Tant de gâchis.

Finalement, partir de chez lui avait été de loin la meilleure décision de sa vie.

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Katherine MacDougal était originaire d'Écosse, plus exactement d'une des îles des Hébrides Intérieures. Elle avait donc l'habitude des territoires sauvages et désolés renfermant une beauté brute et souvent insoupçonnée.

Mais rien de ce qu'elle avait vu auparavant ne se comparait à ce qu'elle avait sous les yeux.

Le groupe s'était levé largement avant l'aube. La magie leur avait permis de plier le camp très rapidement, suite à quoi ils avaient commencé l'ascension. Ils avaient avancé à la frontale (bien plus pratique que de produire un lumos) durant des heures, alternant entre chemins caillouteux et neiges fraîche.

Katherine n'était pas aussi sportive qu'Hermione (qui avait des entraînements de basket trois fois dans la semaine et qui courrait en plus le week-end), mais elle avait tout de même une bonne forme physique. Mais là, elle avait l'impression de décéder. Son cœur battait la chamade et son souffle était court.

Elle était au bout du rouleau.

Et là, sous ses yeux, juste derrière la crête, un paysage fabuleux se révéla à elle.

L'Aurore était arrivée colorant le ciel de rose et d'or tandis que les sommets enneigés se découpaient en ombres chinoises.

«Magnifique», souffla Katherine en acceptant inconsciemment la gourde tendue par Hermione.

Leur petit groupe était seul au monde, au cœur des montagnes, loin des routes et sentiers utilisés par les alpinismes moldus. Usant de magie pour sécuriser des passages normalement impossibles, ils étaient loin de toute civilisation, perdus entre plusieurs sommets montagneux dépassant 8000m.

La lumière commença à teinter les neiges éternelles d'ocre et de sang alors que le soleil poursuivait sa conquête du firmament.

Se sentant soudainement minuscule à côté de ces géants de pierres couverts de la plus pure et immaculée des neiges, Katherine fut prise d'une irrésistible envie de hurler, prouver qu'elle était là, vivante, minuscule fourmi à côté de ces sommets touchant le ciel.

Un gloussement étranglé lui échappa.

«Nous sommes tellement insignifiants», murmura-t-elle à Hermione qui souriait de toutes ses dents, enivrée par la beauté divine de la Nature les entourant.