Bonjour,
Ci-joint les chapitres que je n'ai jamais publié. Je réfléchis quant à la suite de l'histoire, le style d'écriture ne semblant pas être très plaisant pour certains (trop lyrique et écrit, certains n'aiment que les dialogues et manquent de patience, mais bon). J'hésite à revenir à mon style habituel.
Voici le sixième chapitre
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Poudlard ~~ Grande Salle ~~ Matin du 01 novembre 1981
Après une nuit agitée, hantée par des cauchemars, Sirius Black se réveilla, le visage marqué par la fatigue et l'ombre de la douleur récente causée par la perte de James et Lily. Heureusement, il fut accueilli par un Harry souriant, jouant dans son lit, gazouillant joyeusement avec un ami imaginaire, comme le font souvent les enfants de son âge.
Ayant lancé un sortilège de temps — Tempus — Sirius annula la métamorphose de ses vêtements et prit Harry dans ses bras. Il remarqua, amusé, qu'un mot avait été soigneusement fixé sur la porte avec un sortilège de glu, l'invitant à prendre le petit-déjeuner dans la Grande Salle.
Maintenant dans cette vaste salle, tenant un Harry étonnamment joyeux (ce qui surprit Sirius, l'enfant n'ayant pas encore réclamé ses parents), il ressentit un silence pesant suite à son entrée. Tous les regards des élèves et des professeurs étaient braqués sur eux, ou plutôt sur son filleul.
Ses yeux vifs repérèrent immédiatement la raison de cette attention : un élève de Gryffondor les observait tout en tenant un exemplaire de la Gazette du Sorcier, dont la première page était clairement visible. Avalant difficilement, Sirius s'approcha de la Grande Table, notant au passage la présence des nombreux professeurs.
Il les connaissait presque tous, à l'exception du professeur de défense contre les forces du mal, un poste réputé maudit, empêchant quiconque de le tenir plus d'un an. À mesure qu'il s'avançait, les visages des professeurs devenaient de plus en plus clairs, tandis que ses pas résonnaient sur le sol, les élèves et les enseignants restant immobiles. Du moins, en apparence, car Albus Dumbledore continuait de manger, semblant piquer avec désintérêt dans ses œufs au plat.
Alors que Sirius Black se frayait un chemin vers la Grande Table, son regard s'attarda sur les expressions empreintes de tristesse de Minerva McGonagall, Horace Slughorn et Filius Flitwick. Il prit un moment pour observer attentivement les professeurs réunis autour de la table :
Renée Bibine, la professeure de vol et arbitre de Quidditch, se distinguait par ses cheveux courts et gris, en contraste frappant avec ses yeux jaunes perçants, semblables à ceux d'un faucon. Ancienne championne de Quidditch, elle avait dirigé les Harpies de Holyhead pendant une décennie.
Pomona Chourave, au physique potelé et de petite taille, arborait des cheveux tirant sur le gris. Elle occupait les fonctions de directrice du Département d'Herbologie, enseignante émérite dans cette discipline et directrice de la Maison Poufsouffle.
Silvanus Brûlopot, d'un certain âge, portait les marques de nombreuses blessures et prothèses, évoquant inévitablement Alastor Maugrey. Il était le professeur de soins aux créatures magiques.
Sybille Trelawney, reconnaissable à ses grandes lunettes rondes, ses boucles blondes et son accoutrement de hippie, enseignait la divination. Sirius la tenait pour responsable de la prophétie qui avait tant bouleversé leur vie.
Quirinus Quirell, presque du même âge que Sirius, avec ses courts cheveux blonds et ses expressifs yeux gris-vert, enseignait désormais l'étude des moldus. Malgré leurs maisons différentes à Poudlard, Sirius le considérait comme un ami.
Bathsheda Babbling, une sorcière mûre aux cheveux châtain foncé soigneusement lissés et aux yeux noisette, était la professeure d'étude des Runes.
Septima Vector, une jeune sorcière aux longs cheveux ébène et aux profonds yeux noirs, avait rejoint Poudlard en tant que professeure d'arithmancie lorsque Sirius entamait sa septième année.
Aurore Sinistra, à la peau ébène et aux yeux couleur chocolat, coiffée d'un chignon sous un large chapeau pointu, avait commencé en même temps que Septima en tant que professeure d'astronomie.
Amit Thakkar, d'un âge avancé, même supérieur à celui de Dumbledore, avec ses cheveux bruns et ses vivaces yeux noisette, dirigeait le Département d'Astronomie et y enseignait.
Sophronia Franklin, aussi âgée qu'Amit, se distinguait par ses cheveux gris tirés en arrière et ses yeux marron derrière d'épaisses lunettes. Elle enseignait les Études Anciennes.
En réfléchissant au nombre de professeurs présents, Sirius Black prit conscience de l'ampleur des répercussions de la guerre sur Poudlard. Lors de l'admission de ses parents à Poudlard, chaque discipline majeure bénéficiait de deux enseignants, et cette tradition remontait aux générations précédentes de sa famille, où le corps professoral était encore plus fourni. De plus, l'école proposait une multitude d'activités variées. Bien que certaines, telles que l'Alchimie, les Arts, l'étude des goules, la théorie magique, l'art et la musique moldus, perduraient, leur enseignement s'était raréfié, la guerre ayant drastiquement réduit le nombre d'enseignants.
Alors qu'il contournait la table par la gauche, Sirius croisa le regard empli de haine de Severus Rogue, qu'il méprisait tout autant. Il avait appris que Rogue, qu'il qualifiait péjorativement de "bâtard graisseux" ou de "Servillus", enseignait désormais les potions. Avec un reniflement méprisant, caractéristique des Black, Sirius choisit de l'ignorer et s'installa entre Minerva McGonagall et Albus Dumbledore, où une chaise haute pour bébé apparut à côté de lui, entre lui et Minerva.
À peine Sirius avait-il installé Harry dans la chaise haute, sous le regard bienveillant de Minerva, et pris place lui-même, qu'une rumeur tumultueuse s'empara de la Grande Salle. Un chaos de conversations, de cris et d'exclamations éclata, sous le regard ébahi des professeurs et d'Argus Rusard, le concierge de l'école, qui venait d'apparaître dans l'encadrement de la porte, sa fidèle chatte Miss Teigne à ses pieds.
L'austère trentenaire, connu pour sa morosité, surprit l'assemblée en lançant d'une voix forte, brandissant le journal qu'il avait récupéré dans son bureau :
Taisez-vous, bande de gamins ingrats ! Ce n'est pas un poulailler ici, alors fermez vos clapets et montrez du respect !
Les élèves se turent, surpris par la réaction inattendue du concierge. De son côté, Albus Dumbledore observait Argus Rusard, employé de l'établissement depuis 1968, avec une profonde compréhension. Rusard était l'ultime héritier d'une ancienne lignée de sorciers, experts en magie défensive et enchantements. Lorsque ses parents découvrirent qu'il était un Cracmol à l'âge de onze ans, ils tentèrent tragiquement de l'éliminer définitivement.
Heureusement, vivant à Godric's Hollow, Albus entendit les cris désespérés du jeune Argus, soumis au sortilège Doloris, et intervint, entraînant l'arrestation des parents de Rusard et leur condamnation à vie à Azkaban. Argus fut alors envoyé dans une école moldue, avec les frais pris en charge par Dumbledore.
Cependant, Rusard ne parvint jamais à s'adapter au monde moldu. À dix-sept ans, il chercha un emploi dans le monde magique, coïncidant avec le décès du concierge de Poudlard. Dumbledore lui offrit alors le poste, qu'il accepta. Les Cracmols, ayant peu d'options dans un monde dominé par la magie, trouvèrent en Rusard un exemple de réussite malgré les obstacles.
En outre, Rusard était un fervent militant du mouvement des Cracmols Libres, plaidant pour une meilleure acceptation des Cracmols, la reconnaissance de leurs droits, et leur intégration via des écoles spécialisées. Sa position en tant que concierge de Poudlard faisait de lui une figure emblématique du mouvement, étant le premier Cracmol à occuper un poste aussi prestigieux.
La guerre contre les Mangemorts, qui chassaient et tuaient les Cracmols, considérés comme indignes de vivre, avait particulièrement touché Rusard. Pour lui, la chute de Voldemort symbolisait un renouveau, la fin d'un long cauchemar. Dumbledore, comprenant le poids de ces événements sur Rusard, le regardait donc avec empathie et respect.
Le directeur de l'école se leva, lançant du coin de l'œil un regard à Sirius, encore ébranlé par les évènements ainsi que la réaction des élèves, et Harry, qui mangeait de façon très chaotique des céréales infantiles dans un petit bol de lait apparues par magie, pour prendre la parole.
— Je vous remercie, M. Rusard, pour votre intervention, sourit Dumbledore en regardant les tables. Je comprends votre réaction à la lecture de l'article de Mademoiselle Skeeter, et je pardonne votre comportement, pour cette fois seulement. Cependant, je vous demanderai de bien vouloir garder votre calme à l'avenir, car je vous rappelle que la défaite de Voldemort, bien qu'elle soit une source de joie pour beaucoup, résulte avant tout d'un tragique événement.
— Monsieur le directeur, est-ce que ce qui est écrit est vrai ? demanda une élève de Serdaigle en se levant. Vous-Savez-Qui a vraiment été vaincu ?
— En effet, Mademoiselle Parson, Voldemort a été vaincu la nuit dernière, confirma Dumbledore. Pour une fois, je peux attester de l'exactitude de cet article. Une conférence de presse sera donnée par notre Ministre de la Magie plus tard dans la journée, et sera diffusée en temps réel sur la Radio Indépendante à Transmission Magique, où vous pourrez obtenir plus d'informations.
— Alors, la guerre est terminée ? interrogea timidement un élève de Poufsouffle, que Dumbledore reconnut comme né-moldu.
— Malheureusement, la guerre n'est pas tout à fait terminée, répondit Dumbledore. Bien que Voldemort ait été vaincu, ses partisans sont toujours en liberté. Mais je vous assure qu'ils seront bientôt capturés par la justice. Sans leur leader, les Mangemorts sont désorientés, et la défaite de Voldemort marque le début de la fin de cette période sombre.
— Mais comment a-t-il pu être vaincu ? demanda un élève de Gryffondor, intrigué.
— Comme je l'ai dit, tous les détails seront expliqués lors de l'annonce de la Ministre, interrompit Dumbledore. Pour l'instant, je vous encourage à continuer votre petit-déjeuner, et pour ceux qui ont déjà fini, je suis sûr que vous trouverez des occupations productives pour profiter de cette belle journée.
Le vieux sorcier se rassit, concluant ainsi la conversation tandis que les murmures reprenaient parmi les élèves, cette fois à un niveau sonore plus modéré.
— Merci, professeur, je n'aurais pas su quoi faire, avoua Sirius, reconnaissant.
— Mais de rien, mon garçon, sourit Albus, lui offrant un bonbon acidulé au citron. Les elfes de maison en mettent à ma disposition chaque jour, sachant que ce sont mes préférés.
Sirius accepta le bonbon avec un sourire, appréciant le goût parfaitement équilibré entre acidulé et sucré, un goût qu'il avait toujours associé à Dumbledore, le voyant souvent avec un petit sac rempli de ces friandises.
— Comment vas-tu, Sirius ? s'enquit Minerva, assise à sa gauche. Je sais que cette nuit a été éprouvante, mais sache que je serai toujours là pour Harry et toi.
— Ça va un peu mieux, le temps d'accepter la réalité. Admettre que James et Lily ne reviendront pas est difficile, répondit Sirius d'une voix empreinte de douleur. Je me demande si Harry comprend ce qui se passe, il est si jeune.
— Il est peu probable qu'il comprenne, à son âge, notre attention est si facilement détournée, concéda Minerva McGonagall. Tu seras, en tout cas, une excellente figure paternelle pour lui.
Sirius, un sourire timide aux lèvres, lança un regard reconnaissant à son ancienne professeure. Il reporta son attention sur Harry, qui s'amusait à éparpiller du lait autour de son bol. L'enfant, sentant son regard, leva les yeux, montrant ses iris d'un vert éclatant, et offrit à Sirius un sourire radieux.
C'est alors que Minnie, le chat, sauta de la table pour se poser près de la chaise haute d'Harry, qui se mit à caresser l'animal en babillant joyeusement le nom de la bête.
— Mi'nie !
Le chat ronronna de contentement tandis que Sirius pâlit légèrement en entendant Harry prononcer le nom qui était aussi le surnom de Minerva McGonagall. Celle-ci pinça les lèvres, son regard s'assombrissant soudainement, promettant mille tourments.
— C'est James qui a choisi le nom, pas moi ! se défendit précipitamment Sirius, levant les mains en signe de reddition.
— Si jamais j'apprends que ce n'est pas le cas… menaça Minerva, laissant sa menace en suspens.
Sirius rit nerveusement, acquiesçant rapidement tandis que les professeurs autour d'eux souriaient face à cet échange, apportant une touche de légèreté à leur réunion. Le reste du repas se déroula sans accrocs ni autre évènements, si ce n'est peut-être les élèves qui regardaient constamment Harry avec des yeux remplis d'admiration.
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Poudlard ~~ Salle des Professeurs ~~ Matin du 01 novembre 1981
Une heure plus tard, alors que le soleil continuait de grimper dans le firmament, la salle des professeurs, un sanctuaire de sagesse et de tradition, accueillait un rassemblement peu ordinaire. Sirius Black, l'étoile errante du monde des sorciers, et Harry, son filleul, avaient rejoint les professeurs dans cette pièce aux allures de relique vivante. Les murs lambrissés de bois sombre vibraient d'histoires anciennes, et les chaises et fauteuils dépareillés, témoins silencieux d'innombrables délibérations, offraient un confort désuet.
Une penderie robuste veillait sur les capes des professeurs, symboles de leur éminente position. Les deux gargouilles de pierre, éternelles gardiennes de la porte, chuchotaient entre elles, évoquant avec nostalgie des élèves depuis longtemps partis, leurs voix éraillées emplies de souvenirs.
Dans cet antre de repos, chaque professeur, unissant respect et émotion, s'était approché de Sirius pour lui offrir des condoléances, reflétant un mélange de sentiments complexes. Même Severus Snape, dont les traits trahissaient un effort manifeste, avait prononcé des mots de réconfort à l'encontre de Sirius, son ennemi de longue date, dans un geste de civilité forcée.
Sirius, le digne héritier de la noble Maison Black, tenait Harry étroitement contre lui, le jeune garçon abritant sur la moitié basse de son corps un chat apaisé. Ils s'apprêtaient à se diriger vers le bureau du directeur, Albus Dumbledore à leurs côtés, pour discuter du destin de Sirius, lorsque Horace Slughorn, le maître des potions, intervint.
— Albus, excuse-moi de te déranger ainsi, mais j'ai pris ma décision, dit Horace Slughorn, interrompant le départ imminent d'Albus Dumbledore et Sirius Black vers le bureau du directeur.
— Ta décision, Horace ? interrogea Dumbledore, son regard empli d'une curiosité bienveillante.
— Oui, avec la guerre qui touche presque à sa fin, j'ai décidé de prendre ma retraite, annonça Horace, son sourire empreint d'une mélancolie douce-amère. La perte de Lily, cette étudiante si chère à mon cœur, m'a fait comprendre qu'il était temps pour moi de savourer les années qui me restent.
— Allons, Horace, tu as encore de belles années devant toi ! s'écria Dumbledore, son sourire se voulant réconfortant. Après tout, tu n'as que soixante-et-onze ans.
Sirius, écoutant cet échange, réfléchissait à la longévité extraordinaire des sorciers, contrastant avec la brièveté de la vie des Moldus. Il se remémora Barry Wee Willie Winkle, ce sorcier né en 1236 qui, âgé de 745 ans, semblait presque plus jeune que Dumbledore lors de leur rencontre lors d'un événement au Ministère.
— Je sais, Albus, mais je me sens fatigué, répliqua Slughorn, une lassitude sincère dans la voix. J'ai besoin de repos. Et puis, je désire visiter mes anciens élèves, découvrir ce qu'ils sont devenus. Après un demi-siècle dédié à l'enseignement, ne mérité-je pas un peu de tranquillité ?
— Je comprends, mon vieil ami, répondit Dumbledore, un voile de mélancolie assombrissant son sourire. Mais qui donc prendra ta place à la tête de la classe de potions ?
— Le jeune Severus, bien sûr ! suggéra Slughorn, son regard se posant sur Severus Snape, qui, jusqu'alors, avait observé la scène dans un silence pensif.
Au moment où Horace Slughorn émit l'idée de voir Severus Rogue devenir le nouveau Maître des potions de Poudlard, un frisson de révolte traversa Sirius Black de part en part. L'idée même que celui qu'il méprisait tant, Snivellus, puisse enseigner à Harry dans une décennie, faisait bouillir son sang d'indignation. Son visage se teinta d'une colère rougeoyante, reflet d'une tempête émotionnelle déclenchée par les événements tumultueux des dernières heures.
— Rogue ? Comment ça, Rogue ? lança Sirius, sa voix vibrante de colère faisant sursauter les présents. On parle bien de celui qui abhorre chaque âme vivante et dont le visage semble allergique au sourire ? Celui qui semble omettre l'usage de la douche, ses cheveux graisseux en témoignant...
— Je ne m'attendais certainement pas à ce que tu salues ma nomination, Black, rétorqua Severus Rogue avec mépris, coupant net Sirius. Il est évident que ton esprit limité ne peut saisir l'étendue de mon talent, mais qui, sinon moi, serait plus qualifié ?
— Toi ? cracha Sirius, alors qu'Harry commençait à s'agiter dans ses bras, signe de son malaise. N'importe qui serait préférable à toi ! Un Cracmol, même une guenaude, ferait un meilleur maître des potions que toi !
— Comment oses-tu, espèce de... commença Severus, mais Sirius ne lui laissa pas le temps de finir.
— Je refuse catégoriquement que Harry soit inscrit à Poudlard si ce misérable enseigne les potions ! Il transformerait son existence en un enfer vivant !
— Allons, Sirius, tenta Dumbledore d'apaiser la situation, Severus se montrera assurément exemplaire et professionnel dans ses fonctions.
— Et je refuse catégoriquement sa présence à leurs funérailles ! s'emporta encore plus Sirius. Il n'est pas digne de les pleurer !
— Pfah ! cracha Severus en écho. Tant mieux, cela m'épargnera la vue du corps de ce Potter insupportable ! Le voir une fois fut déjà de trop, et que son rejeton n'apprenne jamais ici me conviendrait parfaitement !
Ces mots jetèrent un froid glacial sur l'assemblée, provoquant des hoquets de stupeur chez certains professeurs et écarquillant les yeux de Minerva McGonagall, Horace Slughorn, Filius Flitwick et Albus Dumbledore.
Quant à Sirius, il était secoué de tremblements de rage. Fort heureusement, Minerva McGonagall, voyant l'effroi dans les yeux d'Harry, s'empressa de prendre l'enfant dans ses bras pour le protéger de cette escalade de violence. Minnie, le chat, s'était également dressé sur la table, son regard empli de fureur dirigé vers Severus Rogue, bien que personne n'ait prêté attention à sa réaction.
— Une fois t'a suffi ? Qu'entends-tu par-là ? Quand as-tu... Non..., gronda Sirius, l'horreur le submergeant alors qu'il réalisait. Tu étais là ! Traître infâme !
Emporté par une rage incontrôlable, Sirius se jeta sur Severus et lui asséna un coup de poing en plein visage, brisant son nez avec une force brutale, aggravant encore l'apparence déjà peu engageante du maître des potions. Les professeurs, pris de court, s'interposèrent immédiatement pour maîtriser Sirius, tandis que Severus, la main sur son nez ensanglanté, gémissait de douleur.
— Dumbledore, intervenez ! implora Severus, le regard suppliant tourné vers son directeur. Il est complètement fou, comme le reste de sa famille maudite.
— Mon garçon, répondit Dumbledore d'une voix sombre et menaçante. Étais-tu présent cette nuit-là ?
— Je..., hésita Severus.
— Severus ? insista Dumbledore, sa voix se faisant plus pressante.
— Oui ! avoua enfin le sorcier. Je l'avais suivi à distance !
— Et tu n'as rien fait ? Espèce de lâche ! Vermine de Mangemort ! hurla Sirius, retenu par Hagrid et le professeur Chourave.
— Je n'allais pas risquer ma vie pour Potter ! cracha Severus, la haine suintant de chaque syllabe. Il avait promis qu'elle serait épargnée !
Dans la salle des professeurs, plongée dans une atmosphère de tension et de révélation, le visage d'Albus Dumbledore se para d'une pâleur mortelle à l'instant où il saisit la portée des mots de Severus Rogue, mentionnant "elle", référence indéniable à Lily Potter. Un voile d'incompréhension et de remords semblait s'abattre sur lui, se demandant comment il avait pu passer à côté d'un détail aussi crucial. Les yeux clos, il pesait ses options, tiraillé par un dilemme déchirant. Severus représentait un espion de valeur inestimable au sein des rangs ennemis, surtout maintenant qu'on savait que Voldemort n'était pas tout à fait vaincu. Cependant, le fait que Severus n'ait pas divulgué la date de l'attaque, information qu'il détenait, était une trahison qui avait coûté des vies.
— Severus, comment as-tu pu ? lança Dumbledore d'une voix glaciale, trahissant sa déception profonde. Tu nous as encore trahis...
— Encore ? s'inséra Minerva, sa curiosité piquée malgré l'urgence de la situation.
— Professeur, je vous en supplie... tenta Severus, son visage empreint d'une peur palpable.
— Severus est celui qui a divulgué la prophétie à Tom, après m'avoir espionné à La Tête de Sanglier, révéla Dumbledore, ses yeux fixés sur Severus, lui faisant comprendre qu'il n'était plus en position de le protéger.
— Quoi ? L'indignation de Sirius explosa, tandis que Minerva étouffait un cri de stupeur.
— Vous m'aviez promis que... commença Severus, la trahison se lisant dans son regard.
— Je t'ai promis mon aide à la condition que tu fasses tout en ton pouvoir pour protéger les Potter, s'emporta Dumbledore. Filius, va chercher Barty Crouch et informe-le que nous détenons un criminel à Poudlard.
Filius Flitwick, malgré sa petite taille, quitta la salle avec une détermination qui témoignait de sa colère contenue. La trahison de Severus avait éveillé en lui un désir de justice qui allait bien au-delà de ses habitudes pacifiques.
Severus, réalisant sa position précaire, tenta de se saisir de sa baguette, mais fut interrompu par une attaque inattendue. Minnie, le chat jusqu'alors silencieux, bondit sur lui avec une agilité féroce, lacérant sa main de ses griffes acérées avant de s'emparer de sa baguette et de s'éloigner, laissant Severus hurler de douleur.
Un silence stupéfait s'installa, même Sirius se calmant devant l'audace du chat. La salle resta figée, les professeurs pointant leurs baguettes sur Severus, jusqu'à l'arrivée de Bartemius Crouch, accompagné de trois aurors, guidés par Filius.
Face à la gravité des accusations, Bartemius Crouch prit la décision d'arrêter Severus Rogue pour le conduire aux geôles du Ministère, en attente d'un interrogatoire approfondi et d'un procès futur. Les professeurs restèrent interdits tandis que Horace regardait partir son élève le plus doué, comprenant qu'il était responsable de celle qu'il considérait comme sa fille. Il décida à ce moment précis qu'il resterait à Poudlard, au moins jusqu'à l'arrivée d'Harry Potter.
De leur côté, Albus et Minerva réussirent à calmer Sirius Black, promettant que justice serait faite. Après quelques instants, Sirius, Harry, Minerva et Albus, accompagnés de Minnie, reprirent la route du bureau du directeur.
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Poudlard ~~ Bureau du directeur ~~ début d'après-midi du 01 novembre 1981
Sirius prit quelques instants pour assimiler la gravité de la situation, aidé par Minerva McGonagall et Albus Dumbledore. C'est dans la quiétude rassurante de la salle des professeurs, autour d'une tasse de thé fumant, qu'ils se penchèrent sur la question cruciale : où allaient vivre Harry et lui ? Sirius écarta rapidement l'idée de retourner dans son appartement, inadapté pour un enfant et trop exposé. La demeure des Potter à Godric's Hollow était, pour des raisons évidentes, hors de question, hantée qu'elle était par des souvenirs tragiques et marquée par le crime.
Ils songèrent un moment au Manoir des Potter, mais cet endroit, devenu introuvable depuis la disparition de Fleamont Potter, restait hors de portée, James n'ayant jamais pris la relève. Harry aurait accès à ce lieu quand il serait plus âgé, mais cela ne résolvait pas leur problème immédiat.
Alors qu'ils se creusaient les méninges, un bruit attira leur attention vers la fenêtre. Un hibou grand-duc, au plumage sombre comme la nuit, les fixait de ses yeux perçants, une lettre fermée par le sceau des Black pendue à sa patte. Albus fit entrer l'oiseau d'un mouvement élégant de sa baguette.
— Qui a donc bien pu envoyer cette lettre ? interrogea Minerva, intriguée.
La question était pertinente, Albus ayant pris des dispositions pour que tout courrier destiné à Sirius et Harry soit redirigé à leur arrivée à Poudlard.
— Une lettre de mon grand-père, révéla Sirius, un léger tremblement dans la voix en prenant la missive.
Le hibou s'envola, lançant un regard dédaigneux à Fumsec, le hibou de l'école, avant de disparaître dans le ciel nocturne. Albus et Minerva acquiescèrent, comprenant qu'un courrier d'un chef de famille pouvait contourner les barrières magiques habituelles.
Sirius, rassemblant son courage, décida de partager le contenu de la lettre avec ses compagnons.
— "Mon cher Sirius,
Je sais que les temps sont difficiles et que les récentes épreuves ont dû te secouer profondément. Malgré nos différends et l'éloignement qui a marqué ces dernières années, sache que le sang de notre famille coule toujours dans tes veines, et cela compte plus tout à mes yeux.
J'ai appris pour la perte tragique de James Potter et sa femme, ainsi que pour ton rôle de parrain pour le jeune Harry. Je ne peux imaginer le poids de cette responsabilité, mais je tiens à t'offrir mon aide.
Je sais parfaitement ce que tu dois te dire en lisant cette lettre, que les Black ont choisi Voldemort, cet infâme parvenu, mais ce n'est pas le cas. Tes parents et Bellatrix sont des cas isolés dans notre famille, et je peux t'assurer que leur comportement ne restera pas impuni. Je leur avais expressément ordonné de rester neutre.
Le Château Black, bien que tu sois rarement venu, t'es ouvert. Rares sont les forteresses aussi protégées que la nôtre, et elle saura devenir ton refuge, ainsi que celui de ton filleul. Je t'invite à venir demain matin à la première heure pour une réunion de la famille, durant laquelle je réparerai mes erreurs et remettrait la famille dans le droit chemin. Apportes donc ton filleul.
Je comprends si tu hésites à accepter cette offre, mais sache que c'est fait avec la sincérité et l'amour d'un grand-père pour son petit-fils. J'espère que tu trouveras dans ces murs un foyer, et non pas les ombres du passé.
Avec toute mon affection,
Arcturus III Black,
Seigneur de la Très Noble et Très Archaïque Maison Black
Toujours Pur."
Un silence contemplatif s'installa dans la pièce, chacun pesant les implications de cette offre inattendue. Sirius tenait la lettre, une lueur d'espoir mêlée d'incertitude dans les yeux, tandis que Minerva et Albus échangeaient des regards empreints de soulagement et de surprise. La possibilité d'un nouveau départ pour Sirius et Harry venait de s'ouvrir, et Sirius comptait bien se rendre à cette réunion avec espoir de voir justice s'accomplir.
