Petit mot de l'autrice : Grosse journée de train hier alors je publie ajd


Jour 3 : Chat

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Il était neuf heures moins le quart lorsque sa sonnette retentit. En l'entendant, Lancel se figea. Il n'attendait personne, encore moins à cette heure-là. Avec une certaine appréhension, il se leva afin de voir qui lui rendait visite. Il fut agréablement surprit en découvrant Amerei. Cela ne faisait que six mois qu'ils se connaissaient, depuis qu'ils avaient intégrés la même fac de lettres, mais elle était déjà devenue une amie précieuse. Néanmoins, sa joie de la trouver sur son pallier fut disparue rapidement, remplacée par l'inquiétude : Amerei pleurait.

Avant qu'il n'ait pu lui poser la moindre question, celle-ci dit précipitamment :

- J'ai coupé les ponts avec ma mère. Elle a fait une nouvelle remarque et je... Ce n'était pas pire que d'habitude, cela fait des années qu'elle fonctionne de la même manière, mais... ça a été la goutte d'eau, si tu vois ce que je veux dire.

Cette information ne le surprenait pas totalement. Mariya était absolument atroce. Lancel avait toujours su que lorsque Amerei partirait de chez elle, elle n'y retournerait jamais. En revanche, il n'avait pas imaginé qu'elle le fasse aussi tôt, alors qu'elle n'était pas encore financièrement indépendante.

- Tu as bien fait de partir, lui répondit doucement Lancel.

- Je ne sais pas, murmura Amerei. Je veux dire... j'ai mis quelques affaires dans ma valise, j'ai prit Kiko...

- Kiko ?

- Mon chat.

Comme pour confirmer ses dires, un miaulement se fit entendre de la caisse de transport qu'elle avait déposé à ses pieds.

- J'ai marché vingt bonnes minutes avant de réaliser que je ne savais pas j'allais, continua Amerei. Et finalement... je suis venue ici. Je suis désolée de débarquer ainsi, c'est juste que... je ne savais pas où aller, et...

Si elle faisait de son mieux pour garder son calmer, Lancel pouvait voir ses mains trembler, ainsi que des larmes commencer à poindre. Il s'approcha donc pour la serrer dans ses bras.

- Amerei, tout va bien, la rassura-t-il. Tu as bien fait de venir.

- Vraiment ? Trembla-t-elle contre son épaule. Je peux rester ce soir ?

- Tu peux rester autant que tu veux.

- Non, je vais...

Lancel brisa l'étreinte pour pouvoir la regarder droit dans les yeux.

- Amerei. Tu peux rester autant que tu veux.

Il avait dû se montrer suffisamment convaincu, puisqu'il vit le soulagement l'envahir.

- Vraiment ? Même si Kiko est un monstre et que je suis désorganisée comme pas possible ?

- Vraiment, sourit Lancel. Tu restes le temps que tu veux.

Au final, elle resta toute la vie.