Petit mot de l'autrice : mes parents m'ont organisés un calendrier chasse au trésor!
Jour 3 : Chat
pré canon
Depuis quelques temps, Tyrion avait une obsession : avoir un dragon. Il ne parlait plus que de ça : du nom qu'il donnerait à son dragon, de la couleur de ses ailes, des endroits qu'ils visiteraient ensemble... C'est simple, il était en boucle.
Au début Jaime avait trouvé son intérêt mignon. Néanmoins, au bout de trois semaines à ce plein régime, il commençait légèrement à se lasser de cette éternelle discussion. Ainsi, un soir où Tyrion était venu jouer dans sa chambre et son frère avait fait dévier la discussion vers son fameux dragon, Jaime rugit :
- Tyrion ! Les dragons, ça n'existe pas ! Ils sont morts, tu m'entends ! Morts !
Jaime se rendit compte qu'il y était peut-être allé un peu fort lorsque Tyrion se mit à pleurer. Une vague de culpabilité l'envahit alors. Son frère n'avait que six ans... Non seulement il avait encore du mal à distinguer le réel de l'imaginaire, mais de plus il était encore en âge de ne pas se rendre compte de l'épuisement nerveux des autres. Dans de telles circonstances, c'était lui, l'aîné, qui aurait dû garder son calme. Mais ce qui était fait était fait...
Dans une tentative d'apaiser les pleurs de son frère, Jaime se rapprocha de lui. Doucement, il le prit dans ses bras.
- Je suis désolé de t'avoir crié dessus. Et je suis désolé de t'avoir apprit cette nouvelle comme ça. Mais il faut que tu comprennes... les dragons n'existent plus depuis longtemps. Je veux juste que tu ne te fasses pas de faux espoirs, d'accord ?
Sa voix dû l'apaiser puisque les pleurs de Tyrion s'estompèrent peu à peu. Après quelques minutes, il finit par sangloter :
- C'est que je voulais vraiment avoir un dragon, moi...
Pour le consoler, Jaime dit la première chose qui lui passa par la tête :
- Tu pourrais avoir un chat.
Mal lui en prit car, sitôt qu'il eut prononcé ces mots, le regard de Tyrion changea. Il ne lui dit rien, mais Jaime pu voir qu'il était blessé.
- Un chat, ça ne te plairait pas ?
- Si mais... je n'en veux pas. Jamais.
- Bah, pourquoi ?
- Parce que j'ai dit la dernière fois que je voulais monter sur le même cheval que toi quand je serai grand. Ser Jon m'a dit que j'étais si petit que le seul animal que je pourrais monter un jour, c'est un chat.
Jaime sentit alors son cœur se briser. Bien sûr, il savait que Tyrion était différent. Il savait aussi que son handicap entraînait nombre de moqueries et bassesses. Mais il n'avait jamais réalisé à quel point elles pouvaient être perverses. Comment ce chevalier osait-il dire une horreur pareille à un enfant ? Il était à deux doigts de tout quitter pour le retrouver et lui faire ravaler ses mots. Néanmoins, il se contint : il avait plus urgent à faire. Rassurer Tyrion, par exemple.
- Tu pourras monter tout ce que tu veux, Tyrion.
- Mais ser Jon a dit que...
- On se fiche de ce qu'il a dit. Ce qui est important c'est ce que moi je dis. Et je dis que tu peux tout faire. Je t'apprendrais l'équitation, si tu veux.
- Promis ? renifla l'enfant.
- Promis.
Le lendemain, Tyrion était sur son tout premier cheval.
Ser Jon, lui, s'en sorti sans conséquences.
Pour l'instant.
Jaime savait qu'un jour, quand il en aurait les moyens, il se vengerait de lui.
