Petit mot de l'autrice : contente d'avoir trouvé le pédantix aujourd'hui


Jour 4 : Révélation

UA pré canon


- Des traîtres... Ce sont tous des traîtres... Des traîtres partout...

Cela faisait deux bonnes minutes que Aerys arpentait la salle du trône, ce refrain en boucle. Une partie de lui comprenait sa réaction. Apprendre que Tywin Lannister, son allié de toujours, avait décidé de mettre la ville à sac plutôt que de le soutenir devait être un rude choc, même pour lui. D'un autre côté, Jaime n'éprouvait que peu de compassion pour lui. Le Roi Fou n'avait pas hérité de son surnom pour rien. Même s'il se doutait que le revirement de son père n'était pas dû à un quelconque état d'âme, il était tout de même heureux de le voir le trahir. Un homme tel qu'Aerys ne devait pas remporter cette guerre.

- Il va payer pour sa trahison... il va vraiment payer...

Aerys finit par s'arrêter net, avant de se tourner vers sa dernière Main.

- Toi ! Va me chercher le garçon !

Jaime se demanda ce que le Roi pouvait bien tramer, mais il savait que cela ne présageait rien de bon. Il en eut la confirmation lorsque la Main du Roi revint quelques minutes plus tard, tirant par le bras un enfant effrayé.

Cela faisait deux ans que Jaime était parti de ses terres natales. Deux ans qu'il n'avait pas revu sa sœur ni son frère. Pourtant, il n'eut pas besoin de plus que d'une demi-seconde pour reconnaître qui venait d'amener la Main.

- Tyrion ! S'étrangla-t-il.

- Nous l'avons enlevé il y a quelques semaines, révéla Aerys. Juste au cas où il faille rappeler à votre père qui contrôle réellement ce royaume. On verra s'il veut toujours se rebeller lorsqu'il devra choisir entre se rendre ou voir ses deux héritiers mourir sous ses yeux.

Jaime s'était toujours douté que ce moment viendrait. S'il avait été fugacement honoré d'avoir été choisit pour la garde royale, il n'avait fallu qu'une journée pour comprendre qu'il n'était qu'un pion dans la rancœur qu'entretenait Aerys envers son ancienne Main. En vérité, il n'avait rien d'un chevalier, mais tout d'un otage. Il s'était donc préparé à mourir, un jour ou l'autre. Mais Tyrion... Tyrion n'avait rien à faire là. Il aurait dû être en sécurité, à Castral Roc, pas dans cet enfer ! Pourtant, c'était bel et bien le cas. Son petit frère était devant lui, terrorisé, ses yeux vairons le regardant avec terreur. Jaime comprit alors qu'il ne pouvait se payer le luxe d'attendre la réponse de son père. Celui-ci pouvait très bien refuser de se rendre. Aerys pouvait décider de les tuer dans tous les cas. Il devait agir. Et agir maintenant.

Sans vraiment se laisser le temps d'y réfléchir, il dégaina son épée, pour l'enfoncer dans le ventre la Main, qui tenait toujours Tyrion.

Puis, tout aussi vite, il se tourna vers Aerys.

Le roi avait perdu de sa superbe. Il le regardait maintenant avec peur. Jaime ne se laissa pas apitoyer.

Lorsqu'il égorgea Aerys, il ne ressentit aucune crainte face aux conséquences qui ne tarderaient pas à arriver, ni aucune culpabilité d'avoir trahit son serment.

Après tout, il ne venait pas de tuer le roi.

Tout ce qu'il avait fait, c'était sauver son petit frère.