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"Seven seconds till the rise,
Can't believe I'm still alive,
And heaven was waiting for me,
I thought this would be the end,
But I know you'll understand,
All that is keeping me here."
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C'était une journée ordinaire, Mick et moi profitions de nos vacances bien méritées pour nous détendre. Le principe des vacances, j'en conviens.
Nous étions en début d'après-midi et il faisait bon dehors, ni trop chaud, ni trop froid. Je portais donc une longue et légère robe azur, au pan fluide et aux bretelles tombantes sur mes épaules. Mes très longs cheveux châtains étaient noués en une grosse tresse qui cascadait dans mon dos. Quant à Mick, il portait une chemise blanche, froissée, aux quatre boutons ouverts devant, laissant apercevoir son torse pileux. Ses cheveux ébène partaient dans tous les sens sur son crâne et sa barbe de trois jours rongée son visage fatigué dont les cernes ternissaient ses profonds et magnifiques yeux bleus translucides.
Nous avions décidé de louer un immense gîte au bord de la mer, parce que je suis toujours une Sirène ! Il y avait plein d'autre invités dans la maison et ils profitaient eux aussi de la mer juste en face de notre location pour se baigner.
Je ne me baignais pas, j'avais simplement relevé le pan de ma robe pour ne pas abîmer la dentelle avec l'eau salée, et je trempais mes pieds dans l'océan calme. Je cherchais des coquillages sur les fonds marins, sous le regard amusé de Mick. Lui, il était allongé sur un transat, lisant un énorme grimoire. Ce qui me fit sourire, même en vacances, il continuait d'étudier les monstres.
Le temps passait lentement et tout le monde profitait du bon temps. Néanmoins, la marée continuait son ascension lente et sournoise. Si bien que, en milieu d'après-midi, la mer était montée jusqu'aux berges du gîte et surtout, jusqu'au parking où se trouvaient les voitures.
Dont celle de Mick.
Pieds nus, j'ai couru vers le véhicule dont l'eau montait déjà jusqu'en haut des roues.
Oh non.
J'ai ouvert le coffre pour découvrir avec effroi de l'eau à l'intérieur.
- MICK !
Je me suis mise à hurler en essayer de déloger la voiture du sable mouvant pour la pousser vers un endroit sec. Mais, soyons sérieux, comment aurais-je pu réussir un tel exploit avec ma fine silhouette ?
Impossible...
- MICK ! HELP !
J'essayais de maintenir la Bentley grise hors de l'eau jusqu'à ce que Mick court enfin vers moi pour la pousser. Il y avait de l'eau et du sable dans le coffre ouvert, mais plus nous la poussions hors de l'eau, plus le niveau descendait dans le véhicule.
Au bout de très longues minutes, nous avons réussi à faire rouler la voiture sur le parking pour la mettre à l'abri. À bout de souffle, Mick avoua :
- Arthur va me tuer... C'est sa Bentley.
Je lui offris mon plus beau sourire pour lui remonter le moral. Il me vola un baiser et dit simplement :
- Allons nous sécher dans le gîte.
- Oh oui.
Il partit devant.
En passant devant la plage, une femme qui avait regardé notre mésaventure m'invectiva :
- Hey ! Votre moteur est mort à cause du sable et du sel ! Va falloir le changer avant que ça ne rouille le mécanisme de la voiture !
J'acquiesçai en répondant :
- Je sais.
Puis, j'ai suivi Mick à l'intérieur de la maison.
Ce que j'ignorais, c'était la nature violente de cette personne et mes deux simples mots "Je sais" ont déclenché sa colère...
... Contre nous.
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"I dream of a stairway to the skies,
My angel is coming down,
From heaven to take me,
I reach out but then you fade away,
Whenever you call for me,
Know that I'm only one step behind."
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J'étais toujours les pieds nus et mouillés lorsque je me suis installée devant un des ordinateurs fixes du gîte. Il y en avait trois pour les invités, disposés sur une longue table de bois. Je voulais trouver le musée des plantes qui devait normalement se situer non loin du gîte. Je n'arrivais pas à me souvenir de l'endroit précis, donc je pianotais sur le clavier pour reconnaître les lieux sur Google Map. J'étais si prise dans ma recherche, que je me suis mise à sursauter lorsque la dame de la plage est apparue à ma droite :
- Hey, j'ai besoin du PC, un invité arrive bientôt et je dois l'accueillir.
Je tiquais en jetant un regard aux autres ordinateurs libres à côté de moi. Comprenant mes pensées, elle reprit :
- Mais c'est sur ton PC que j'ai mes codes, désolée.
Elle ne semblait pas du tout désolée, mais comme sa colère montait petit à petit, je n'ai pas cherché à argumenter et j'ai quitté mon clavier pour lui offrir ma place. Elle m'a presque poussée pour s'asseoir, j'ai levé les yeux au plafond et j'ai marché, toujours pieds nus, vers le couloir pour rejoindre Mick.
Il était dans notre chambre, une petite salle croquignolesque qui nous plaisait pourtant énormément, comme un cocon pour amoureux.
Comme nous.
Mick venait de changer son pantalon noir pour un autre similaire, mais sec cette fois-ci, puisque l'autre était mouillé. Il me prit ensuite dans ses bras en murmurant :
- Ma petite Sirène... Toujours les pieds dans l'océan.
- Toujours.
Nous nous embrassâmes lorsque, soudain, la porte de notre chambre s'ouvrit à la volée et quatre gardes vêtu de noir débarquèrent avec hargne.
- Hey ! hurla Mick.
Deux des gardes m'attrapèrent, pendant que les deux autres se jetèrent sur mon mari, qui se débattait déjà. Ne cherchant pas à négocier, un des hommes sorti sa matraque pour frapper mon pauvre Mick dans l'abdomen.
- MICK ! criais-je en essayant de me sortir de leurs griffes gantées.
Ils nous poussèrent hors de notre chambre pour nous traîner le long du corridor jusqu'à arriver dans une autre pièce, plus petite et plus sombre. Sans fenêtre ni tapisserie. La chambre en question ne possédait qu'un sol de paille et surtout, une grande cage métallique. Une prison carrée, posée au centre de la pièce, à hauteur d'homme avec une énorme serrure. Les barreaux noirs étaient épais et indestructibles.
Sans surprise, un garde ouvrit la lourde porte de la cage pour nous jeter dedans, puis il referma à clef.
Mais...
... Qu'est-ce qu'il se passe ?
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"My senses tell me I have changed,
But one thing still remains,
I'm torn and the hate's still aching,
I slowly start to realize,
We won't reunite,
I still have to march on through."
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Mick se releva d'un bond et se jeta sur les barreaux qu'il serrait fermement en essayant de les bouger, sans succès.
- Hey ! What the Hell !?
Les gardes quittèrent la pièce et une dame y pénétra. C'était la femme de la plage !
- Je m'appelle Clarisse.
Elle souriait en marchant vers nous pour se poster devant notre cage tout en ricanant.
- Confortable ?
Mick serra les dents en rageant :
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Qui êtes-vous ? Pourquoi est-ce que vous faites ça ?
Clarisse tourna sa tête vers moi pour cracher :
- Parce qu'elle m'a répondu.
Je tiquais.
Mick me jeta un regard interrogateur et il comprit à mon visage interloqué que j'ignorais également de quoi cette folle parlait !
- I'm sorry but... WHAT ?! repris-je.
Notre geôlière souffla d'énervement :
- Peu importe ! Vous allez me servir de main d'œuvre gratuite pour ranger mes papiers.
Elle claqua des doigts et un garde arriva avec une caisse pleine de documents.
Ils laissèrent tomber le coffre devant nous, devant les barreaux pour que nous puissions y accéder de l'intérieur de la cage. Clarisse sourit derechef en narguant :
- Bon courage. Je reviens dans 1h.
Puis elle partit de la salle avec ses gardes et elle verrouilla la porte derrière elle, des fois que nous pourrions nous échapper de la cage.
- Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? chuchota Mick.
- Aucune idée...
Il s'accroupit pour passer ses bras à travers les barreaux et ouvrir la boîte. L'intérieur était rempli de cartes et de dossiers avec une note :
"À classer par couleurs et par catégories"
C'était plutôt difficile d'atteindre entièrement le contenu du coffre depuis l'intérieur de la cage, nous n'avions pas accès à la totalité des papiers, ce qui ne nous permit pas de terminer notre corvée.
Entre notre position accroupit et nos bras tendus dans le vide, nous commencions à ressentir une douleur intense dans notre corps. Un bruit retentit, une clef se glissa dans les serrures et la porte s'ouvrit sur une Clarisse prête à voir le chantier fini.
Mais, son visage tourna au rouge en découvrant que nous n'avions pas pu tout ranger à temps. Mick prit les devants, en se levant péniblement, pour expliquer :
- Hey, nous ne pouvons pas accéder à la totalité de votre boîte à travers la cage !
Je m'aidais des barreaux pour me lever à mon tour et mes genoux craquèrent.
Clarisse se mit à râler, puis se calma avant d'hurler le nom d'une amie à elle, qui débarqua dans la seconde. Une minute plus tard, les gardes débarquèrent dans la pièce pour ouvrir notre cage et nous en sortir avec violence, nous tenant fermement de leurs mains griffues. Plus Mick se débattait et plus le gardien le frappait.
Ils nous traînèrent à nouveau le long du couloir pour nous jeter dans une autre salle, bien plus grande que la précédente, entièrement éclairée aux bougies. Le sol était recouvert de papiers et de cartes, mais surtout...
... Une autre cage, plus large et plus haute, se trouvait au centre.
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"I dream of a stairway to the skies,
My angel is coming down,
From heaven to take me,
I reach out but then you fade away,
Whenever you call for me,
Know that I'm only one step behind."
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Une fois par terre, au milieu de la cage, Mick et moi étions libres de nos mouvements pour travailler convenablement. Cette fois-ci, Clarisse resta prostrée dans un coin, nous lorgnant avec sadisme et méfiance. Elle vérifiait l'avancement du travail au fur et à mesure. Mick me jetait toujours des coups d'œil inquiets et interrogateurs, tout en restant accroupi au-dessus des nouveau papiers à classer. Moi non plus, je ne comprenais pas ce qu'il se passait.
- Tic tac tic tac... nargua Clarisse.
Je tiquais.
- Quoi ? C'est chronométré ?!
Elle sourit de plus belle :
- Il ne vous reste que trente minutes...
Mick reprit ses gestes en allant plus vite, redoutant, avec logique, ce qui pourrait nous attendre si nous ne terminons pas à temps.
Tout comme Mick, j'accélérais mes mouvements pour trier et regrouper les cartes, papiers et documents par catégories demandées. Ce qui n'était pas aussi simple que ça, d'ailleurs, plusieurs fois, je dus mettre des articles de côté pour plus tard. C'était comme réaliser un puzzle géant, mais sans l'image de base.
Au bout d'un certain temps, la voix grave de Clarisse hurla :
- STOP !
Les gardes revinrent dans la salle pour ouvrir la cage et nous attraper avec violence et nous sortir de la prison. Ils tirèrent Mick par sa chemise tandis que mes pieds nus glissèrent sur le sol lisse. Pendant ce temps, Clarisse se dirigea vers notre travail et... Visiblement, elle ne semblait pas satisfaite.
Elle fit un simple signe de tête à un de ses gardiens et ce dernier acquiesça avant de sortir sa matraque pour violemment frapper Mick dans le ventre.
- NON ! criais-je sans m'en rendre compte.
Mick tomba, plié en deux de douleur, mais les gardes le relevèrent rapidement pour nous traîner dans le couloir sombre et froid.
Une fois dans notre première chambre, celle avec la cage avec le sol recouvert de paille, les hommes armés nous jetèrent à nouveau derrière les barreaux et fermèrent tout à clef avant de partir.
Nous laissant seuls dans une semi-pénombre et dans la froideur de la salle.
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"Is it a curse or a virtue ?
Have I been blinded by regret ?
Perdition awaits, my soul is at stake,
Will I find a stairway to the skies,
In the end ?"
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Mick s'allongea sur le dos, de douleur. Je me suis penchée au-dessus de lui pour toucher son torse et vérifier que rien n'était cassé.
Non.
Ouf.
Mais sa douleur me serra le cœur.
- Mick... I'm sorry.
- Not your fault, Love.
J'ai esquissé un sourire et je me suis encore plus penchée pour l'embrasser.
Il me rendit mon baiser, avec passion, jusqu'à ce que nos langues commencent à jouer ensemble.
J'aimais tellement nos French Kiss...
Il me prit dans ses bras et je fis glisser mes doigts dans ses cheveux déjà en bataille. Nos bouches s'étouffèrent l'une dans l'autre, aspirant notre amour par nos embrassades enfiévrées.
Oui, nous étions prisonniers, mais nous étions passionnément amoureux.
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"I dream of a stairway to the skies,
My angel is coming down,
From heaven to take me,
I reach out but then you fade away,
Whenever you call for me,
Know that I'm only one step behind."
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Puis, je me suis réveillée.
Il était 4h30 et je me suis assoupie (sans dormir) jusqu'à 5h15. Brendan est parti travailler à 5h20 (pour ouvrir le Pub), puis je suis restée au lit avec Mack
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Chanson "Stairway to the Skies" par Within Temptation.
Titre inspiré de la musique "Caged Bird" par Lindsey Stirling.
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04.12.2024
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