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Assise sur les marches du perron du Terrier, Hermione contempla l'adresse que Magnus lui avait donné. Peut-être qu'enfin elle tenait entre les mains la solution à son problème. Elle sortit le médaillon qu'elle portait sur un collier sous ses vêtements et l'ouvrit. A l'intérieur, il y avait une photo moldue, une photo de ses parents et d'elle, la seule d'où elle ne s'était pas effacé. Une larme coula sur sa joue droite, qu'elle s'empressa d'essuyer.
-Je vous promets que bientôt, on se retrouvera. Promit-elle à la photo, comme si ses parents pouvaient l'entendre.
La porte principale s'ouvrit et laissa passer quelqu'un. Elle n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que qui c'était, au son de ses pas et de sa respiration, son cœur le reconnaissait... Ron.
Elle rangea le médaillon et plia le papier sur lequel il y avait l'adresse, avant de le mettre dans la poche de sa veste.
Le garçon vint s'asseoir à ses côtés.
-J'ai parlé avec Harry. Alors, c'est vrai ? Tu ne retourneras pas à Poudlard ? Demanda Ron.
-J'ai déjà parlé avec le professeur MacGonagal. J'ai besoin de temps pour mes recherches. Je n'y retournerai que quand j'aurai trouvé. Je passerai mes ASPICS en auditeur libre, si je ne trouve pas avant la fin de l'année.
Ils se turent un instant en regardant l'horizon.
-Je suis désolée de ne pas pouvoir beaucoup t'aider Hermione.
-Ce n'est pas grave voyons. Toi aussi tu passes par une phase difficile...
Le jeune homme lui sourit et lui prit la main.
-En fait, Harry et Moi, on ne retournera pas à Poudlard non plus... Le bureau des Aurors nous a proposé des stages... Je ne crois pas que j'aurai la force d'y retourner de tout façon...
-C'est bien. Fais ce qui est le mieux pour toi. Dit doucement la jeune fille en le fixant dans les yeux.
Un nouveau silence, puis Ron prit la parole.
-Je t'aime Hermione. Ce baiser, dans la chambre des secrets, je sais qu'on n'en a pas encore parlé, mais il voulait dire quelque chose.
-Je le sais Ron. Et moi aussi je t'aime...
Le jeune homme se pencha pour poser ses lèvres sur celles de la jeune femme. Mais son geste fut interrompu par la porte qui s'ouvrit dans un fracas et un jeune fille rousse qui se jeta entre eux.
-Donc je vais aller à Poudlard tout seule finalement ? S'exclama-t-elle sur un ton remplit de tristesse et un peu de reproche aussi.
Puis elle se tourna vers sa meilleure amie et la prit dans ses bras.
-Ne t'inquiète pas, je ne t'en veux pas. Je comprends. Même si ça me rends triste. Mais promets-moi que tu m'écriras, d'accord ?
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-Bonjour, vous êtes bien Madame Charles ? Je suis Hermione Granger, je sais que vous ne me connaissez pas, mais je viens de la part de Magnus.
La femme qui avait ouvert la porte regarda Hermione d'un drôle d'air. Elle avait l'air beaucoup trop jeune, se dit Hermione, pourtant c'était bien l'adresse que Magnus lui avait donné et la boîte au lettre était au nom de Monsieur et Madame Charles.
-Je suis désolée, mais je ne connais aucun Magnus. Vous devez vous trompez d'adresse.
-Vous en êtes sûre ? ça date de plusieurs années, peut-être que vous avez seulement oublié.
Mais la femme ne l'écoutait qu'à moitié. A l'intérieur de la maison, on entendit des pleurs de bébé. Madame Charles s'inquiétait pour son enfant et n'avait pas le temps pour la jeune femme étrange qui parlait de personne qu'elle ne connaissait visiblement pas.
-Je suis désolée, j'aimerais vraiment vous aidez mais, je suis sûre que je n'ai jamais entendu parler d'un Magnus. Je vous souhaite de trouver ce que vous cherchez, sincèrement, mais j'ai bien peur que ce ne soit pas ici. Au revoir. Fit-elle en refermant la porte
Hermione soupira. Elle n'en pouvait plus. Elle avait passé des heures à chercher cette maison. Le soleil allait bientôt se coucher et elle voulait juste, un peu d'espoir aujourd'hui. Un signe qu'elle pouvait y arriver. Qu'elle allait y arriver.
Et si Magnus lui avait raconté n'importe quoi ?
Elle allait sonner à la porte à nouveau, mais son geste se suspendit. Ce n'était pas elle. Elle l'avait su à la minute où elle l'avait vu.
Elle se retourna donc et se dirigea vers la rue.
Alors qu'elle traversait, une voiture freina brusquement à côté d'elle. Un homme en sortit.
-Mais vous êtes folle ? Regardez où vous mettez les pieds. S'énerva ce dernier.
-Je suis vraiment désolée. Articula Hermione un peu confuse, sa tête tournait et elle finit par s'évanouir.
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Quand elle ouvrit les yeux, elle se retrouvait dans un salon, richement décoré. Des buches se consumaient dans la cheminée en face d'elle et du jazz se faisait entendre en bruit de fond. Cette ambiance lui rappelait chez elle, chez ses parents. Alors sans pouvoir se retenir, elle pleura à chaudes larmes.
-Je suis vraiment désolé, je venais voir si vous vous étiez réveillé, je peux revenir plus tard si cela vous convient mieux. S'exclama un homme d'une voix désolée.
Hermione essuya ses larmes et se tourna vers l'homme en question. Elle reconnut le conducteur qui avait failli l'écraser plus tôt.
-Non ça va. C'est moi qui suis désolée. Que m'est-il arrivé ?
L'homme prit place un fauteuil non loin d'elle et lui tendit une tasse de thé.
-Vous avez fait un malaise. Voulez-vous que je vous amène à l'hôpital ?
-Non, non ce n'est rien, juste de la déshydratation. Un peu de thé et ça ira mieux. Répondit-elle en le remerciant pour son adorable attention.
-Je suis Peter, Peter Charles. Ma femme m'a raconté qu'elle vous avait rencontré plus tôt ?
-Oui c'est cela, je cherchais une certaine Madame Charles, mais j'ai bien peur de m'être trompé d'adresse.
-Vous lui avez aussi parler d'un certains Magnus c'est bien ça ?
-Oui c'est cela. Vous le connaissez ? S'empressa de demanda Hermione, une petite lueur d'espoir, voilà ce qu'elle demandait.
-Malheureusement non...
Hermione se rembrunit. Ça aurait été trop beau pour être vrai.
-... Mais je me rappelle avoir lu ce nom quelque part dans les affaires de ma mère.
La jeune fille releva la tête. Sa mère, bien sûr, c'était plus logique.
-Mais malheureusement, elle nous a quitté, il y a de ça plusieurs années. Un cancer.
-Je suis vraiment désolée.
-Il ne faut pas c'est loin tout ça et puis je l'ai à peine connu... Je n'avais que quatre ou cinq ans quand elle est morte... Ça ne me dérange pas de vous montrer le carnet où j'ai lu le nom de ce Magnus. Personnellement je ne comprends rien à ses notes. Mais si ça peut vous aider.
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Assise dans un café, Hermione Granger essayait de déchiffrer les notes de Madame Charles, ou plus précisément Charlotte Durand de son nom de jeune fille. Une française.
Le cahier était rempli de tout et n'importe quoi. Il était forcément codé, puisqu'Hermione n'y comprit rien. A part quelques noms totalement inconnu par-ci par-là, il y avait aussi des dessins, comme des symboles étranges qu'elle n'aurait su définir. Ce qui le convainquit qu'elle était dans la bonne direction c'était qu'elle retrouvait des runes quelques fois et aussi beaucoup de symboles alchimiques.
Elle allait abandonner et le refermer, quand au détour d'une page, elle reconnut un dessin. Enfin, elle ne reconnaissait pas vraiment. Mais il lui paraissait tellement familière. Comme si elle l'avait déjà vu à plusieurs reprises.
Le dessin en question représentait une étoile avec au centre un trou de serrure.
Pourquoi ce dessin lui disait-il quelque chose ? Et pourquoi n'arrivait-elle pas à s'en rappeler ?
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Ils s'assirent à la table qu'ils avaient occupé la dernière fois.
-Alors qu'est-ce qui t'amène ? Tu as trouvé l'adresse que je t'ai donné ?
-Oui, mais malheureusement, Madame Charles est morte depuis longtemps. J'ai pu, cependant, récupérer ce cahier dans ses affaires et... Il y a ce dessin qui m'intrigue, je suis sûre de l'avoir déjà vu. Alors je me demandais si vous l'avez déjà vu aussi. Raconta la jeune fille en montrant le dessin à Magnus.
-Oui, je me rappelle. Le jour où quelqu'un m'a remis l'adresse de Madame Charles, on m'avait demander d'attendre près d'un mur, le mur était tagué, et je me rappelle très bien y avoir vu ce dessin.
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Elle se tenait devant le mur. Magnus disait vrai, ce dessin, il était là. Elle s'en souvenait parce qu'il se trouvait dans son quartier. Elle avait dû passer par-là des centaines de fois sans jamais vraiment y prêter attention.
Elle se posta devant le dessin et attendit. Et maintenant ? Qu'était-elle sensée faire ? Les lieux étaient déserts, pas une seule âme qui vive dans les environs. Si elle n'avait pas sa baguette bien caché dans la poche intérieure de sa veste, cette endroit lui ferait sûrement peur.
Le temps passait. Une heure, deux heures, trois, bientôt quatre, et elle était toujours là. Elle devait vraiment être désespérer. Elle se disait que peut-être, de loin, quelqu'un l'observait et que peut-être il finirait par se demander ce qu'elle faisait là. Au moins, elle pourrait lui demander la signification de ce dessin.
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-Je peux vous aider mademoiselle ? Entendit-elle.
Enfin quelqu'un était venu à sa rencontre. Elle se retourna et vit un jeune homme en costard, grand, blond platine et plutôt séduisant. Elle avait toujours aimé les blonds. Mais qu'était-elle en train de raconter ? L'attente l'avait rendu folle.
-C'est rare de rencontrer des jeunes filles aussi jolies ici. Continua le jeune homme essayant clairement de la draguer.
Malgré elle, Hermione rougit. Foutues hormones. Il était clair que physiquement, ce garçon lui plaisait, beaucoup. Elle aimait Ron c'était sûr, mais son physique... Il n'était pas moche, juste pas son type. Elle préférait indéniablement les blonds, ceux qui avaient une certaine prestance, qui portaient le costard à merveille...
Mais que lui arrivait-elle ? Cela ne pouvait pas être juste la fatigue. Elle ne pensait pas à ce genre de chose en ce genre de situations normalement.
L'homme se rapprocha d'elle et lui sourit. Il y avait en lui quelque chose d'hypnotisant. Tout à coup, elle se rendit compte. C'était un sort, un sort étrange d'attraction. Un sort qu'elle ne connaissait pas mais elle savait qu'elle devait faire quelque chose pour s'en libérer. Elle ferma les yeux et tenta de bloquer son esprit.
Le jeune homme qui sembla constater une certaine résistance à son sort arqua les sourcils.
-Qui êtes-vous ?
Hermione soupira et constata que le sort commençait à ne plus faire effet sur elle. Alors elle se rappela pourquoi elle était là.
-Je voudrais savoir ce que veut dire ce dessin. Fit-elle sur ses gardes, prête à sortir sa baguette au moindre mouvement de l'homme qui lui faisait face.
Ce dernier sembla peser le pour et le contre et finit par hausser les épaules.
-C'est le signe des marginaux pourquoi ?
-Les marginaux ? Je ne comprends pas très bien.
-Des magiciens marginaux. Mais tu viens de quelle planète toi ?
Des magiciens ! Elle s'approchait bien du but. Elle prit alors un air assuré.
-Je viens de la part de Charlotte Durand.
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-Charlotte Durand ! ça fait longtemps que je n'ai pas entendu ce prénom. Dit l'homme en lui offrant une tasse de thé.
Hermione se méfiait encore. Oui il l'avait invité à entrer dans sa... d'ailleurs quel était cet endroit ? On aurait dit une sorte de garage abandonné avec du bric à brac partout, des cristaux, des bougies, des vieux livres...
-Comment la connaissiez-vous ? Vous avez l'air trop jeune pour l'avoir connu. Dit-il en lui offrant un sourire séducteur.
Hermione rougit encore.
-Pourriez-vous arrêter cela s'il vous plaît ? Commença-t-elle à s'énerver.
-Arrêter quoi ? Demanda l'homme sincèrement surpris.
-Bah ce sort d'attraction voyons ! C'est franchement déconcertant.
Le jeune homme lui sourit, ce qu'elle ne comprit pas du tout. Etait-il en train de se moquer d'elle ?
-J'ai arrêté depuis que vous avez commencé à résister... Peut-être juste que je vous attire vraiment. Je m'appelle Cameron, Cameron Taylor et quel est votre nom déjà ?
Hermione rougit de plus belle et elle eut un petit rire nerveux.
-Je m'appelle Hermione, Hermione Granger. Mais je vous arrête tout de suite, je ne suis pas là pour ça...
Cameron se contenta de sourire.
-En fait je ne connaissais pas Charlotte, c'est un ami, Magnus, qui m'a mis sur sa piste.
-Je ne la connaissais pas non plus mais mon mentor la connaissait. En fait, il était même fou amoureux d'elle. Il s'était connu à Brakebills. Quand ils ont été diplômé, ils ont décidé d'ouvrir une planque de marginaux, pour aider les jeunes du quartier à apprendre à contrôler la magie. Mais il y a eu des questions de jalousie. Il se trouvait que Charlotte n'avait pas les mêmes sentiments que mon mentor. Quand elle se maria, ils se sont éloigné. Charlotte surtout, vu que son mari ne savait même pas que la magie existait. Par contre, je n'ai jamais entendu parler de ce Magnus...
Hermione était abasourdie. Et dire qu'il y avait une planque de magiciens dans son quartier. Tout cela changeait tout à l'image du monde qu'elle s'était représenté depuis toujours. Pour la deuxième fois dans sa vie, elle découvrait d'une manière étrange, que la magie existait.
-Attends, c'est quoi Brakebills ?
Cameron fronça les sourcils.
-Mais quel genre de magicienne êtes-vous ? Tout le monde connait Brakebills, même les marginaux.
-En fait je ne suis pas une magicienne.
-Comment ? Alors... Comment as-tu pu résister à mon sort ? Passant au tutoiement naturellement sans aucune explication.
-Occlumencie... Je suis une sorcière.
Dire que le jeune homme était choqué était un euphémisme. Il était beaucoup plus que ça. Il était partagé entre foutre cette fille qui disait n'importe quoi à la porte ou rire tellement ce qu'elle racontait était n'importe quoi ou encore la croire. L'expression sérieuse de la jeune fille le fit choisir la dernière option.
-C'est pas vrai, j'y crois pas. J'ai toujours cru que les sorciers n'étaient que des légendes.
-Toi au moins tu connaissais ! Moi je ne suis au courant pour les magiciens que depuis quelques semaines seulement.
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-Donc tu dis que Brakebills est une université pour les magiciens ? s'exclama Hermione.
Ils étaient assis sur le canapé de la planque, en train de manger des sandwichs. Elle était beaucoup plus à l'aise. Enfin, en dehors du fait qu'elle ressentait une très forte attirance pour le garçon en face d'elle et qu'elle faisait tout son possible pour s'empêcher de rougir à chacun de ses sourires.
-Et où est-ce que ça se trouve ?
-Dans le nord de l'état de New York ! Mais il est quasiment introuvable ! Des protections inventées par les plus grands magiciens, impossible à détruire.
-Mais pourquoi certains magiciens n'y vont pas ?
-Ils ne peuvent pas tous nous accueillir je suppose. Je ne connais pas vraiment leur mode de sélections. Mais je connais certains qui disent avoir passé le test pour entrer là-bas et avoir été rejeter. Il paraît qu'ils effacent la mémoire de ces personnes-là, mais bon il y en a qui s'en souviennent quand même. Alors ceux qui n'y sont pas aller deviennent des marginaux.
Effacer la mémoire. Hermione était sur la bonne piste, elle en était sûre. Il fallait juste qu'elle trouve cet endroit.
-Ça ne doit pas être si impossible que ça.
-Oh que si ! La seule façon de le trouver c'est d'avoir la clé d'un ancien élève.
-Tu dis que ton mentor en était un, pourquoi tu ne demandes pas ?
-Il est mort il y a quelques mois et quand la personne meurt, sa clé est automatiquement désactivée.
-Mais pourquoi tu cherches tant à y aller ? Tu n'es même pas magicienne !
-Une longue histoire...
Cameron la regarda intensément. Gênée, elle se mordit la lèvre inférieure et se maudit quand elle s'en aperçut. Foutu tic qu'elle n'arrivait pas à contrôler.
Il fallait qu'il arrête de la regarder ainsi, elle avait un petit ami.
-J'ai tout mon temps. Chuchota presque Cameron.
Heureusement pour elle, la porte de la planque s'ouvrit et deux personnes entrèrent. Cameron soupira et se leva pour les présenter.
-Hermione, je te présente Carl et Samantha.
-Les gars, voici Hermione. Figurez-vous que c'est une sorcière.
