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Ça ne lui prit que trois secondes pour comprendre le sort qui fermait la porte du cottage des physiques. Il le craqua presque aussi facilement et il entra sans aucun problème.

Sa discipline était soi-disant indéterminée. Enfin si, il excellait dans beaucoup de disciplines. Mais le problème était là, on ne savait pas trop quoi choisir. Alors on lui avait dit, au grand bonheur du jeune homme, de rejoindre le Cottage des physiques car ils avaient de la place.

Des cris de joies l'accueillir et un étudiant de deuxième année lui tendit un verre de cocktail.

-C'est quoi ? Cria-t-il presque pour essayer de se faire entendre derrière la musique qu'on jouait beaucoup trop fort.

-Le cocktail spécial des physiques ! Répondit le garçon en allant sur la piste de danse, le laissant là.

Drago sourit. Il adorait déjà cet endroit.

Eleanor le repéra et l'attira sur la piste de danse. Ils dansèrent sur une musique des plus langoureux et au milieu de la chanson, ils se retrouvèrent à partager un baiser enflammé avec un très fort arrière-goût d'alcool.

Ils trouvèrent assez facilement le chemin de la chambre à coucher. Drago jeta presque sa partenaire sur le lit.

-Ah je savais très bien que t'étais ce genre de mec... Qui aime dominer. Minauda Eleanor.

-Chut ! tu parles beaucoup trop... Fit Drago en la rejoignant sur le lit.

Les baisers reprirent de plus belle. Ils se déshabillèrent mutuellement presque en s'arrachant leurs vêtements.

-Mords-toi la lèvre inférieure ! Ordonna Drago, alors qu'elle venait de faire passer son tee-shirt au-dessus de sa tête.

Quelque peu étonné la jeune fille le fit quand même et le Serpentard se jeta sur elle.

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Au milieu de la planque, à même le sol, des livres et des documents étaient éparpillés. Cameron et Hermione faisaient des recherches afin de trouver une manière d'entrer à Brakebills. Carl et Samantha de leur côté essayaient quelques tours de magie.

Hermione aimait les regarder de loin. Cette magie était tellement différente de celle qu'elle connaissait. Ses gestes de la main, on aurait dit une sorte de danse. Et leur concentration... Il y avait quelque chose de plus magique que de juste sortir sa baguette et de prononcer la formule. C'était merveilleux.

Cela faisait trois mois qu'elle était là et elle ne se lassait toujours pas de les admirer pratiquer cet art. Elle trouvait néanmoins que les sorts qu'ils lançaient n'avaient rien de grandiose. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi le ministère en avait si peur. Mais après tout, ce n'était que des magiciens marginaux. Peut-être qu'à Brakebills, leur magie était plus impressionnante. En tout cas, au vue de la difficulté de leur recherche, ça devait sûrement être le cas.

Cela faisait trois mois qu'Hermione était arrivée. Elle vivait presque à la planque. Même si sa maison était seulement à quelques rues, elle lui rappelait trop ses parents alors elle préférait rester là.

Au bout de quelques heures, comment la nuit commençait sérieusement à s'installer, Carl et Sam s'en allèrent après avoir dit au revoir au deux autres membres du groupe.

Le problème avec le fait de vivre dans la planque était la présence quasi constante de Cameron. Comme il vivait juste au-dessus, il passait presque tout son temps avec elle.

Et la tension sexuelle qui planait entre eux depuis le premier jour était encore bien présente. Au grand désarroi d'Hermione, plus elle résistait, plus il semblait s'accroître.

Mais elle devait tenir bon. Elle essayait de penser à Ron, tout le temps. Même si parfois, elle semblait complètement l'oublier. Comme là par exemple où Cameron se mit à enlever sa chemise, heureusement qu'il portait un débardeur à l'intérieur. Enfin, ça n'arrangeait pas grand-chose, il était toujours aussi sexy, avec ses cheveux si blonds. C'était quoi cette fixation sur ses cheveux ?

Mais pourquoi il faisait ça aussi ? Il était fou ?

-Cam' s'il te plaît remets ta chemise, il ne fait même pas chaud, à quoi tu joues ? Lui ordonna-t-elle après s'être maudite de s'être mordu la lèvre inférieure.

-Mais si, il fait chaud Hermione, le climatiseur est cassé et du coup il fait toujours super chaud à l'intérieur.

C'était donc ça ? Elle qui croyait que cette chaleur venait d'eux. Merlin, elle avait besoin d'une douche froide. Elle se leva et se dirigea vers la douche. Ce qui fit rire Cameron, il le savait, elle finirait par céder, ce n'était qu'une question de temps.

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Drago tomba complètement essouffler dans le lit à côté d'Eleanor.

La jeune fille prit une cigarette et en proposa à son ami, mais celui-ci déclina.

-Ah oui c'est vrai, j'avais oublié, tu ne fumes pas. Dit-elle en allumant sa cigarette.

-Comment tu as pu oublier ? tu me le proposes à chaque fois et ma réponse est toujours la même.

-Et toi ? C'est quoi cette étrange demande que tu me formule à chaque fois ? Se mordre la lèvre inférieure. C'est juste trop bizarre.

-Je ne vois pas ce qu'il y a de bizarre là-dedans ! Fit le jeune homme en haussant les épaules.

-Je suis sûre qu'il y a une fille que t'as toujours voulu te taper qui n'arrête pas de faire ça.

Drago fut emporter par un rire. Où était-elle allée chercher une idée pareille ?

Il se leva et enfila une chemise.

-Ce n'est pas tout madame la psychanalyste mais il y en a qui doivent aller bosser. Dit-il en continuant de se rhabiller.

-Ouais c'est ça. De toute manière, je dois me reposer, je vais passer l'après-midi avec ma petite amie. Répondit Eleanor.

Drago sourit et recoiffa ses cheveux d'un blond presque blanc en y passant ses doigts.

-A plus !

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Six mois. Six mois exactement qu'elle était là. Les recherches piétinaient et cette situation avec Cameron la fatiguait. Devoir se contrôler à chaque instant de chaque journée n'était pas des plus reposants.

Elle y avait bien pensé. Elle n'était aucunement amoureuse de Cameron. Non. C'était juste une attraction physique étrange. Elle le savait car il sortait parfois avec d'autres filles, chose qu'il faisait peut-être dans le but de la rendre jalouse. Mais ça ne lui faisait ni chaud ni froid.

C'était juste quelque chose dans son physique, dans ses manières, dans la couleur de ses cheveux, qui lui faisait perdre le contrôle.

Lasse, elle s'assit sur le canapé, qui lui servait de lit depuis qu'elle était ici, et sortit son médaillon. Mais au moment où elle le prit dans sa main, elle sentit que la chaîne se cassait.

-C'est pas vrai ! S'exclama-t-elle et ses larmes coulèrent.

C'était ridicule de pleurer pour si peu. Elle se savait. Mais toute la tension accumuler ces derniers mois la rendait beaucoup trop émotive.

Elle se saisit de sa baguette dans le but de réparer la chaîne, mais au moment de prononcer la formule, son geste se suspendit... Sa magie avait effacé la mémoire de ses parents. Et voilà qu'elle s'apprêtait à réparer la seule chose qui lui restait d'eux avec cette même magie...

C'est sûr que ce n'était pas très logique à ce moment-là. Mais elle n'arrivait pas à s'y résoudre. Elle ne voulait plus jamais que sa magie touche ses parents, de n'importe quelle manière...

Hermione mit alors le médaillon et sa chaîne cassée dans un tiroir, celui de la table, qui lui servait de table de nuit, tout près du canapé.

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Drago toqua à la porte du bureau du doyen. Une voix, qu'il ne reconnaissait pas, lui dit d'entrer. Ce qu'il fit, mais il fut surpris de voir une autre personne que le doyen derrière le bureau.

-Bonjour Monsieur Malefoy. Asseyez-vous s'il vous plaît. Fit la femme.

Bizarrement, le visage de la femme lui semblait familier.

-Je suis Tania James, mon nom de jeune fille est Selwyn.

Drago, sous le choc, la détailla. Selwyn ? Mais c'était une famille sorcière de sang-pur.

-Je sais ce que vous vous dites. Qu'est-ce que je fais ici ?... Eh bien sachez que nous avons un point commun vous et moi. Dit-elle calmement.

Ainsi donc, il n'était vraiment pas le premier sorcier à être aussi magicien ?

-Je ne sais pas quoi dire et en même temps j'ai tellement de questions à vous poser. S'exclama le Serpentard.

-Je vous comprends... Quand j'ai su par le doyen Gold que vous étiez à Brakebills, qu'un Malefoy se trouvait ici, je n'ai pas pu m'empêcher de venir voir par moi-même.

-Vous vivez dans le monde moldu alors ?

-Oui, ça a été difficile de quitter ma famille, mon monde et tout ce que je connaissais pour venir ici. Mais j'avais fait un choix. De toute manière, on m'aurait rejeté sans crier gare si j'avais osé revenir au manoir.

-Je vous comprends...

-Mais pour vous c'est différent monsieur Malefoy. Voldemort a enfin été vaincu, les mentalités ont un peu changé. Et puis après ce que votre famille a vécu, je pense que votre mère a besoin de vous.

-Je sais, mais je suis un magicien, ma place est ici. Je ne me suis jamais aussi senti à ma place qu'à Brakebills. Et puis je suis plutôt bon, le professeur Maïakovski a même dit que j'avais l'étoffe d'un grand magicien.

-Oui, j'ai entendu ça... C'est merveilleux ! Moi je suis plutôt moyenne. Après, je passais mon temps à faire la fête aussi quand j'étais étudiante, ce n'est pas si surprenant... Ce que je veux vous dire monsieur Malefoy, c'est de ne pas abandonner totalement le monde sorcier. Vous êtes sorcier et magicien. Ne commettez pas la même erreur que moi en choisissant un camp. Acceptez-vous en entier et vous verrez, vous vous sentirez encore mieux que maintenant.

Pourquoi tout le monde voulait qu'il s'accepte comme il était ? Il ne comprenait pas. Il était un bon magicien. Mais un mauvais sorcier, enfin pas en terme de capacité, mais en tant que personne. Il voulait être une meilleure personne et oublier la raclure qu'il avait été avant. Pourquoi personne ne voulait enterrer son passé avec lui ?

-Pourquoi voulez-vous m'aider ?

-Je ne le fais pas pour vous. J'aimerai que vous changez les mentalités, que vous montriez aux sorciers que magiciens et sorciers peuvent cohabiter... J'aimerai pouvoir revenir chez moi. Je suis lâche et je sais que je n'y arriverai pas. Mais vous, j'espère, je sens que vous êtes destiné à de grandes choses.

-Vous me surestimez !

-Peut-être, mais vous êtes mon seul espoir.

Drago se sentait mal à l'aise, cette femme lui en demandait beaucoup trop. Il n'était pas encore prêt pour ça.

-Ce n'est pas gagné, il y a encore tellement de questions à régler avant d'arriver à la révélation de l'existence des magiciens.

-Vous pourriez commencer par aller voir votre mère. Ça fait quoi ? Six mois que vous ne lui avez pas rendu visite ? Elle doit s'inquiéter.

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-Hermione ! J'ai une super nouvelle pour toi. Cria Cameron en descendant les escaliers.

Hermione se détendait dans son canapé, en lisant un livre fantastique, qu'elle avait trouvé sur une étagère. Le livre qui s'intitulait « les Chroniques de Fillory ». Un livre pour enfant, à la base. Et pourtant il y avait quelque chose de particulièrement fascinant dans l'histoire.

En entendant Cameron, elle se tourna vers lui mais sans grand enthousiasme. Elle n'en pouvait plus de chercher en vain et de se faire de faux espoirs. Là, elle avait juste besoin de ressourcer pour retrouver la force de se relever.

-Je me suis dit que chercher un moyen de craquer les défenses de Brakebills était hors de notre portée. Alors, j'ai contacté des amis à New York, il y a quelques mois déjà, pour savoir s'il pouvait nous aider... Et devines quoi ? alors que j'avais perdue espoir de ce côté-là, ils viennent de me rappeler et regardes, c'est l'adresse d'un ancien étudiant de Brakebills qui veut bien te donner un coup de main ! Enchaina-t-il presque sans prendre son souffle, en tendant vers la jeune fille une feuille de papier sur laquelle était noté quelque chose.

Emportée par la joie et le soulagement, Hermione se jeta dans les bras du jeune homme pour l'enlacer.

-C'est pas vrai ! J'y crois pas Cam' ! Merci merci merci !

Ils se regardèrent, stoppèrent leur cri de joie et les choses dérapèrent...

Ils n'auraient pas pu définir qui avait embrassé qui en premier. Mais alors qu'ils étaient déjà à moitié nus, allongé sur le canapé, ni l'un ni l'autre ne comptait s'arrêter.

S'abandonnant complètement, Hermione oublia Ron et toutes les promesses qu'elle s'était faite. Tout ce qui comptait pour elle à cet instant, c'était d'éteindre ce feu qui la consumait de l'intérieur, d'apprécier chaque caresse et chaque baiser que le jeune homme lui prodiguait.

Alors que Cameron, martyrisait la peau de son cou avec sa bouche, tout en promenant ses doigts dans la moiteur entre ses cuisses. Elle fourrageait de ses mains dans sa chevelure. Il n'existait sûrement aucune image aussi exquise que la vision de ses doigts entremêlés à ces mèches d'un blond presque blanc.

Quand il entra en elle, elle se perdit quelque part. Elle laissa un gémissement franchir ses lèvres, qui saignaient presque à force de les mordre et se laissa emporté dans les méandres du plaisir.

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Le manoir n'avait pas beaucoup changé en six mois. C'était toujours aussi calme, aussi sinistre.

Drago n'eut pas à monter à l'étage pour trouver sa mère. Elle était dans le salon, assise sur un fauteuil à lire un livre. Elle semblait avoir beaucoup vieilli et fatigué. Quand elle vit la silhouette de son fils se dessiner dans le cadre de la porte, elle jeta presque le livre qu'elle avait à la main et accourut pour le prendre dans ses bras.

Elle était en larme et Drago se commençait à culpabiliser.

-Drago, mon fils, où étais-tu passé ? Je suis tellement désolée, tellement tellement. Implora-t-elle

-Mais pourquoi vous excusez vous mère ? C'est moi qui suis partit en vous abandonnant seule dans cette grande demeure hantée. Fit-t-il en serrant le petit corps de sa mère plus près de lui.

Narcissa s'éloigna et détailla son fils des pieds à la tête.

-Tu as l'air... Bien. Très bien même. Viens t'asseoir et racontes moi. Ordonna-t-elle en traînant son fils derrière elle.

Et Drago lui raconta, tout, depuis le début. Sa découverte du monde moldu, son admission à Brakebills, ses cours, ses amis...

A la fin il eut peur de la réaction de sa mère. Comme elle n'avait esquissé le moindre mouvement pendant son histoire, il s'attendait au pire.

Mais celle-ci le surprit en souriant et en lui caressant le visage.

-Mon fils est un grand magicien ! Je suis si fière de toi. S'exclama-t-elle en pleurant de joie.

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Dans l'avion qui l'amenait à New York, Hermione essayait de se rassurer.

Ce qu'elle avait fait, avec Cameron, c'était très mal. Elle avait trahi Ron. Elle avait évidemment déjà connu quelqu'un avant, ce n'était pas sa première fois. Mais comment pouvait-elle avoir coucher avec un garçon alors qu'elle n'avait partagé, jusque-là, qu'un seul baiser avec son petit ami ?

En se réveillant, à même le sol, dans les bras du jeune homme encore endormi. Elle avait paniqué. Elle ramassa toutes ses affaires qui traînaient, prit le papier avec l'adresse de la personne qui allait l'aider à New York. Puis elle avait fui. Tout simplement.

Ce n'était guère digne d'une Gryffondor. Mais elle avait tellement honte de ce qu'elle venait de faire, qu'importe à quel point elle avait aimé ça.

Non, vraiment, elle n'était pas douée pour se rassurer.

Elle décida d'oublier cette histoire, ou du moins de le ranger quelque part au fin fond de son esprit et de se concentrer uniquement sur la mission qu'elle s'était donné, rendre la mémoire à ses parents...

Quand elle arriva devant la maison, elle eut peur de sonner. La dernière fois qu'elle avait sonné à une adresse qu'on lui avait donnée, elle s'était évanouit.

Prenant son courage à deux mains, elle réussit cependant à sonner au bout de quelques minutes. La porte s'ouvrit.

-Monsieur Daniel Quinn ? Je suis Hermione Granger.