11
Drago découvrit enfin le bureau du professeur Maïakovski. C'était sûrement le plus grand bureau de Brakebills. En fait, il ne s'agissait pas seulement d'un bureau. Plutôt, un laboratoire ou une salle d'étude.
Cela faisait deux mois que le professeur lui avait demandé de l'assister dans ses recherches. Depuis Drago n'avait plus entendu parlé de lui. Jusqu'à ce matin où il reçut un message lui disant de venir.
-Approchez ! Lui ordonna le professeur assit à son bureau qui remplissait son verre de vodka.
Sur son bureau régnait une pagaille monstre, des livres et des notes étalées partout.
-Vous travaillez sur quoi exactement ? Demanda Drago quand il fut assis.
Le russe prit le temps de savourer sa boisson avant de lui tendre le livre posé juste devant lui. « La source mère ».
-De quoi un magicien a-t-il le plus peur à ton avis ?
Drago examina le livre avec attention.
-Que la source mère s'éteigne. Répondit-il.
Le professeur se leva brusquement.
-C'est cela ! Que la magie disparaisse ! S'exclama-t-il en commençant à faire quelques pas derrière le bureau.
-Vous voulez donc trouver une autre source de magie que la source mère ?
-Pas vraiment, ce sera toujours la même chose. Si on découvre une autre source, elle pourrait tout aussi bien disparaître aussi... Je n'ai pas confiance en la source mère, je me dis qu'un jour, elle finira par s'éteindre. Peut-être demain, peut-être dans un mois, un an, un siècle... J'aimerai donner au magicien une assurance que la magie ne disparaitra pas pour autant.
-Et comment allez-vous faire ça ?
-J'y ai beaucoup réfléchit. J'aimerai créer quelque chose qui puisse stocker la magie.
-Comme une sorte de batterie.
-Oui c'est cela... Bien sûr la batterie peut se vider. Mais on pourra toujours plus tard penser à une manière de la multiplier, et même à la produire, un peu comme l'électricité. Le plus important pour l'instant c'est trouver un moyen de stocker assez de magie pour pouvoir continuer les recherches même quand la source mère ne sera plus opérationnelle.
-Ça ne doit pas être compliquer pour vous... Quel serait mon rôle ?
-Evidemment vous m'assisterez... Mais je ne vous cache pas que je ne vous ai pas choisi juste parce que vous êtes un bon magicien...
-Comment cela ?
-Je voudrais étudiez votre magie sorcière.
Drago resta figer un instant choqué.
-Pourquoi ?
-Pourquoi ? Pour comprendre bien sûr... Et puis ce sera également bénéfique pour vous.
-C'est-à-dire ?
-N'aimeriez-vous pas pouvoir pratiquer la magie sans baguette ? Vous avez en vous votre propre source mère, c'est votre assurance. Ne serait-ce pas magnifique de pouvoir la canaliser sans baguette magique ?
-Vous croyez que c'est possible ?
-Pourquoi pas ? Un simple sorcier n'y arriverait pas, mais vous vous n'êtes pas un simple sorcier, vous êtes aussi magicien.
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Quand il rentra au cottage, il retrouva Hermione s'impatientant sur le pas de la porte.
-Enfin ! Mais où étais-tu bon sang, nous devions partir depuis des heures. S'écria-t-elle.
-Désolé, un petit imprévu. Mais je suis là maintenant on y va.
C'était la troisième fois qu'elle se rendait à Poudlard, elle commençait à être irrité et énerver de ne rien trouver. D'où son humeur exécrable depuis quelques jours.
-Tu es sûr que tu ne veux toujours pas venir ? Demanda-t-elle
Alors qu'il était sur le point de répondre le « non » habituel, une idée le frappa soudain. Il avait besoin d'en savoir plus sur les baguettes, sur la manière dont elles canalisent la magie. Si Maïakovski ne se trompait pas, qu'il pouvait y arriver, la première étape serait de se renseigner. Et la bibliothèque de Poudlard était une mine d'informations.
-Tu sais quoi ? J'ai quelques recherches à faire moi aussi. Alors pourquoi pas ?
Les yeux de la jeune fille s'illuminèrent.
-Vraiment ? C'est génial ! Aujourd'hui, je dois finir la tour des Gryffondors et commencer les salles de classes. Tu pourrais aller à la bibliothèque pendant que je vais chez les Gryffondors, je suis sûre que tu ne voudrais pas y aller de toute manière... On commencera par la salle de potion après, alors on se retrouvera là-bas. Débita la jeune fille toute excitée.
Drago sourit devant son enthousiasme.
Il fallait vraiment qu'il mette un des nombreux plans qu'il avait déjà en tête, pour la mettre dans son lit, en exécution le plus vite possible. Son envie d'elle grandissait de jour en jour.
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L'arrivée à Poudlard n'était pas aussi horrible qu'il l'avait imaginé. Bien sûr, on se retournait à son passage et quelque fois même il entendait des chuchotements, mais rien d'ingérable.
Peut-être que les élèves actuels étaient beaucoup plus sages qu'à son époque. Il se mit à rire à cette pensée, ça ne faisait pas si longtemps qu'il avait été élève ici. Il devrait même encore en être normalement. Et pourtant, tout cela semblait si loin à présent, parler d'époque lui semblait totalement approprié.
Heureusement, à part Mme Pince qui n'eut aucune attitude particulière envers lui, il ne rencontra aucune connaissance jusque-là. Et il comptait bien continuer sur cette lancée.
Il prit alors la table la plus éloignée de la grande pièce, et à l'abri des regards, après avoir pris tous les livres qui traitaient des baguettes et de la magie des baguettes, il échauffa ses mains et commença à lancer un charme pour les dupliquer.
Quand il eut fini, il regarda autour pour s'assurer que personne ne l'avait vu faire, puis les mit dans son sac sans fond, rangea tous les livres d'origines et quitta la bibliothèque pour rejoindre les cachots.
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La salle de potion n'avait pas beaucoup changé, elle rappela à Drago tellement de souvenir.
Il se rendit compte que son parrain lui manquait plus que jamais. S'il avait encore été là, il se serait sûrement confié à lui. Comment aurait-il réagit en apprenant que son filleul était un magicien. Drago était certain que Severus connaissait sûrement l'existence des magiciens. Il savait tellement de choses, et il était tellement secret.
Drago se rappela soudain qu'il en voulait toujours un peu à son ancien professeur. Mais il se disait aussi que c'était franchement ridicule d'en vouloir à un mort... Il aurait tout donner pour pouvoir lui parler à cet instant-là.
Il regarda Hermione qui cherchait désespérément dans tous les coins de la salle.
-Comment as-tu su qu'il n'y aurait personne ici ? Demanda-t-il pour essayer de la détendre un peu
-J'ai demandé tous les emplois du temps la directrice. Répondit-elle machinalement.
Elle avait l'air tellement contrarié, ce que Drago comprenait parfaitement. Cela faisait des mois et des mois qu'elle cherchait partout. A sa place, beaucoup auraient sûrement déjà baissé les bras.
-Détends-toi un peu Hermione, tout ce stresse perturbe tes énergies.
La jeune fille arrêta tout à coup de bouger, elle poussa un soupir déchirant et ses larmes se mirent à couler sur ses joues.
Sans se poser la moindre question, Drago franchit les quelques mètres qui les séparaient et la prit dans ses bras.
Et ils restèrent ainsi. Le jeune homme décida de la laisser s'effondrer quelques instants. Il était important qu'elle exprime sa douleur, pensait-il. Et la seule chose qu'il pouvait faire pour elle à cet instant, c'était de la soutenir.
-Vas-y pleures ma belle. Articula-t-il inconsciemment.
Il ressentit la brune se serrer encore plus contre lui et mais elle semblait plus calme.
-Je suis fatiguée Drago. Entendit-il.
-Je sais... Mais ne t'en fait pas je suis sûr qu'on y est presque, on va trouver, je te le promets.
-Comment peux-tu en être aussi certain ?
-Je le sais c'est tout.
Hermione se décolla un peu de lui, mais ne recula pas.
-Merci Drago. Murmura-t-elle en essayant d'esquisser un sourire.
Elle est si belle, pensa le jeune homme. Il sourit.
-On va y arriver d'accord ? On va ramener tes parents. Ensemble... Répondit-il.
Comme hypnotisée, la jeune fille se figea. Elle planta ses yeux dans les siens et ses lèvres s'entrouvrirent, mais aucun son n'en sortit.
Il ressentit alors comme une envie irrépressible de l'embrasser. Et il crut lire la même envie dans le regard de la brune. Il posa une main sur sa joue et réduisit lentement l'espace entre leurs lèvres.
Mais alors qu'il était à quelques centimètres d'accomplir son dessein, des voix se firent entendre.
Les bruits ramenèrent la jeune fille sur terre, elle se recula brusquement honteuse.
-Il faut se rendre à l'évidence, il n'y a rien dans cette pièce... On devrait s'en aller avant que le prochain cours ne commence. Fit elle puis se dirigea vers la porte en se mordant les lèvres de regrets.
Drago se ressaisit et la suivit.
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Ils marchèrent côte à côte sans échanger un seul mot, chacun plongé dans ses pensées, quand une silhouette familière se dessina à l'autre bout du couloir.
A leur vue, ou plutôt à sa vue, elle s'arrêta.
Drago la reconnut aussitôt.
Pansy Parkinson.
Il hésita entre sourire ou s'enfuir quand la jeune fille laissa tomber les livres qu'elle avait dans les mains et s'élança dans ses bras en larme.
-Drago, Drago, Drago... Répeta-t-elle encore et encore, le serrant de plus en plus fort dans ses bras.
Hermione, à côté, pour une raison qui lui échappait semblait particulièrement mal à l'aise. Elle souriait, mais il y avait quelques choses de triste dans son sourire.
-Pansy, tu m'étouffe. Murmura le jeune homme.
La Serpentard se recula et le regarda les yeux gonflés par les larmes.
-Sois heureux que je ne te jette pas un sort... Drago ! Bon sang, mais où étais-tu ? Pourquoi n'ai-je eu aucune nouvelle ? Demanda-t-elle la colère prenant le pas sur la tristesse.
-Tu es sûr de vouloir avoir cette discussion ici ? Répondit-il en regardant les gens autour qui les fixaient.
Son amie suivit son regard et s'éloigna d'un pas, s'estimant trop proche de lui. Elle soupira et puis son regard tomba sur Hermione. Elle sembla surprise. Alors qu'elle ouvrit la bouche pour demander, Hermione la prit de court.
-Vous devriez aller dans un endroit à plus à l'abri des regards... Vous semblez avoir beaucoup de choses à vous raconter... Je t'attends à la bibliothèque Drago. Fit-elle calmement mais avec un peu d'amertume dans sa voix.
Hermione s'en alla, sans leur laisser le temps de répondre.
Drago ne la regarda pas, il offrit un sourire à Pansy, histoire de la rassurer, elle semblait un peu chamboulée.
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Allongé sur le lit de la jeune fille, Drago tenait Pansy dans ses bras.
Ils avaient toujours partagé un lien très spécial. Tout le monde avait toujours pensé qu'ils étaient ensemble, qu'ils étaient amants, qu'ils étaient amoureux... Mais à vrai dire, cette idée ne leur avait jamais traversé l'esprit. Purement et simplement parce leur relation était plus fraternelle.
A leur rencontre, lors de la première année à Poudlard, ils se reconnurent immédiatement comme des âmes sœurs. Ils se comprenaient et partageaient presque tout ensemble. Mais juste comme frère et sœur.
Drago n'avait jamais cru en l'amitié platonique entre une fille et un garçon. D'ailleurs, il n'y croyait toujours pas. Il couchait avec toutes ses amies.
Mais avec Pansy c'était différent. Elle n'était pas son amie, c'était sa sœur. Et jamais il ne lui viendrait à l'idée de coucher avec sa sœur.
-J'ai voulu assisté à ton procès, mais mes parents m'en ont formellement interdit. C'était dur pour moi, tu sais, je voulais être là pour toi...
-Je sais Pans', ne t'inquiète pas. La rassura le jeune homme tout en lui baisant le haut du front.
-Plus tard, quand mes parents m'ont un peu lâché la grappe, j'ai essayé de prendre contact avec toi... Mais le hibou revenait toujours avec ma lettre... J'avais peur d'en envoyer à Narcissa... J'ai entendu plein de choses sur elle, sûrement n'importe quoi d'ailleurs, mais je ne voulais pas l'accabler d'avantage... En plus je savais que tu ne voudrais pas que je la dérange... Alors, j'ai attendu, j'ai attendu que ce soit toi qui me contact, mais tu ne l'as jamais fait...
Pansy se décolla de lui et s'assit au bord du lit.
-Je suis vraiment désolé Pans'... En fait, je n'allais pas très bien et je me sentais tellement coupable et perdu... Et puis, il s'est passé tellement de choses, j'ai pensé des millions de fois à t'écrire, mais je n'aurai jamais pu t'expliquer dans une lettre. Tu ne m'aurais jamais cru.
La jeune fille le dévisagea.
-Vas-y explique. Ordonna-t-elle.
Drago se releva et s'assit en tailleur sur le lit. Il jeta un coup d'œil vers la jeune fille, soupira et échauffa ces mains.
Pansy fronça les sourcils.
Il joint les paumes de ses mains puis enchaina quelques mouvements, enfin il remonta sa main droite lentement vers le haut et soudain, un petit feu d'artifice apparut juste au-dessus de sa main levée.
Son amie sursauta.
-Qu'est-ce que ?...
-Je suis un magicien. Confia-t-il.
La jeune fille secoua la tête croyant ne pas avoir bien entendu.
-Un quoi ?
Drago baissa sa main et prit les mains de la jeune fille.
-Je vais tout te raconter depuis le début.
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Après presque une demi-heure à tout lui raconter, enfin presque, il évita soigneusement de parler d'Hermione, Drago se tut et laissa Pansy digérer toutes les informations qu'il venait de lui donner.
La jeune fille avait écouté tranquillement, sans jamais l'interrompre. Et quand il eut fini, elle semblait à court de mots.
-C'est... Mais... Attends, comment c'est possible ? J'ai l'impression que c'est une blague.
-Je sais, moi aussi, j'ai eu un peu de mal à m'y faire.
-Donc, tu étudies dans une université pour magicien ?
-Oui
-Et tu fais de la magie sans baguette ?
-Oui en quelque sorte, ce n'est pas vraiment une magie qui a besoin de baguette...
-D'accord d'accord mais... C'est juste incroyable Drago !
Le visage de la jeune fille s'illumina, elle avait l'air soulagé.
-Je m'inquiétais tellement pour toi... Mais en fait, je n'aurai pas dû... Tu es un magicien !
Elle se jeta dans les bras du blond.
-Je suis tellement heureuse pour toi.
Puis tout à coup, elle se recula et prit un air très sérieux.
-Mais attends, ça n'explique pas ce que tu fais ici. Et surtout ce que tu fais en compagnie de Granger. Et pourquoi vous semblez plus... proche. Enchaina-t-elle soupçonneuse.
Drago hésita, il ne tenait pas vraiment à en parler. Surtout qu'il commençait à ressentir des sentiments étranges à la seule pensée de la Gryffondor.
-C'est rien, je l'aide juste pour un truc.
-Elle est au courant ?
-Oui, elle s'est pointé à Brakebills il y a quelques semaines. Je ne sais pas comment elle a fait.
-Quelques semaines ?
Le serpentard grimaça, il n'aurait pas dû dire ça.
-Drago Lucius Malefoy, tu as intérêt à tout me dire immédiatement ! Ordonna la jeune fille.
Ainsi il compléta l'histoire...
-Je vois, c'est pour ça qu'elle a agi bizarrement tout à l'heure. Conclut Pansy.
-C'est-à-dire ?
-Elle était morte de jalousie... Elle croit sûrement qu'on est en train de s'envoyer en l'air en ce moment.
-Quoi ? Mais pourquoi elle serait jalouse ?
-Sérieusement ? Tu veux me faire croire que tu ne sais pas qu'Hermione Granger est tombée amoureuse de toi ?
Drago se mit à rire. Mais comme Pansy ne suivait pas, il s'arrêta brusquement et fronça les sourcils.
-Amoureuse ? ... D'accord, j'ai bien remarqué que je lui plaisais. Quelque chose me dit même qu'elle ne serait pas contre un petit tour dans mon pieu. Mais de là à dire qu'elle est amoureuse de moi. Tu débloques complètement Pans'.
La serpentard secoua la tête en souriant.
-C'est toi qui n'a rien compris mon pauvre... Mais peut-être qu'au fond c'est une bonne chose. Tu n'as jamais été aussi aveugle face aux sentiments d'une fille... Peut-être que tu préfères rester dans le déni parce que tes sentiments commencent aussi à te dépasser un peu.
-Tu racontes n'importe quoi Pans'.
-D'accord, alors pourquoi tu n'as encore rien tenté avec elle si tu es si sûr qu'elle ne dira pas non à une petite partie de jambe en l'air avec toi ?
Drago humidifia ses lèvres avant de répondre.
-Elle a un petit ami je te rappelle.
Pansy rit.
-Je croyais qu'elle avait confié lors d'un petit jeu qu'elle avait déjà trompé le dit petit copain.
-Tu es impossible Pans'.
-Je sais, mais le jour où elle t'avouera ses sentiments et que tu te rendras compte qu'ils sont le reflet des tiens, je ne me priverais pas de te rappeler que je te l'avais dit.
