Hi !

Découvrez le cadeau que House fait à Cuddy ! Bon le suspense n'était pas énorme non plus je trouve.

Il y aura ensuite une scène que j'ai toujours voulu introduire. C'est maintenant chose faite !

Résumé : House confie à Cuddy les brimades dont il a été victime enfant, ce qui explique en partie sa réticence à s'occuper d'un enfant. Quelques jours plus tard, il la retrouve chez elle avec un mystérieux cadeau...

Voilà, bonnes vacances à vous !

Good Read ;)


Chap' 34

Elle tenait l'instrument entre ses mains, ayant du mal à réaliser l'étendu de son geste. Bien sûr elle aurait pu se tromper, mais pourtant cela ne pouvait vouloir dire qu'une chose. Elle n'eut le temps d'y réfléchir davantage qu'il coupa net ses élucubrations.

Quand je t'ai vu lorsqu'on a entendu son cœur battre… Commença-t-il avant de faire une pause, prenant le temps de l'observer. J'ai pensé que tu aimerais l'entendre encore.

Elle resta silencieuse, ne sachant pas vraiment quoi dire, aucun mot ne semblant vouloir franchir ses lèvres. Elle se contenta de regarder le stéthoscope qu'elle avait dans les mains, laissant le bout de ses doigts glisser dessus. Et cette couleur… Elle n'arrivait pas à en faire abstraction. Devait-elle s'en préoccuper ? Cette couleur rose était-elle un indice ?

Une fille… Souffla-t-elle presque sans aucune sonorité. Je vais avoir une fille.

Son visage s'illumina soudainement et il vit ses yeux briller de larmes. Il pinça ses lèvres pendant une seconde en réalisant ce détail. Elle porta son regard sur lui, constatant qu'il était surpris, sans comprendre pourquoi.

Il est rose, lui fit-elle remarquer, donc je vais avoir une fille.

Ça ne veut rien dire. Rétorqua alors le médecin. Je l'ai pris dans le service pédiatrique et là-bas il n'y a quasiment que ça comme couleur. Se défendit-il.

Quasiment ! Surenchérit la jolie brune en ouvrant de grands yeux.

Elle s'avança vers lui, un sourire immense plaqué sur le visage. Elle serrait le stéthoscope dans une main, tandis que de l'autre elle se saisit de sa main opposée.

Tu aurais pu en piquer un dans un autre service, le tien par exemple. Un noir aurait très bien fait l'affaire. Mais non, celui-ci est rose ! S'exclama-t-elle, toujours ce sourire radieux accroché aux lèvres. Moi je pense que tu as fouillé dans mon dossier parce que tu ne peux pas t'empêcher de tout savoir. Ce n'est pas un hasard, House, et tu le sais.

Il parut quelque peu déstabilisé durant une fraction de secondes, mais ne lâcha rien, au grand damne de la Doyenne. Elle semblait vouloir le sonder au plus profond de son âme, espérant trouver satisfaction à son raisonnement. Malheureusement pour elle, il ne laissa rien paraître.

Ce n'est qu'une couleur, Cuddy. J'en aurai pris un vert, est-ce que ça aurait voulu dire que ça allait être un alien ? D'ailleurs… Il mit son index sur sa bouche et fronça les sourcils, prenant cet air faussement concentré. C'en est peut-être un.

Sa moquerie n'effaça pas son sourire, bien au contraire. Et dans la tourmente de ses émotions mêlées à ce jeu de cachotteries, elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur ses lèvres.

Merci beaucoup… Prononça-t-elle doucement, ses yeux plongés dans les siens.

Il la regarda, amoureusement. Il ressentit une drôle d'émotion en lui, incapable de mettre un nom dessus. Elle était tellement touchante… Cette femme représentait sans doute bien plus pour lui qu'il ne l'imaginait.

Maintenant, je peux goûter tes beignets ?

Elle lui lança un regard amusé avant de prendre une fois encore la direction de la cuisine, l'homme – affamé – sur ses talons.

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House, je t'en ai pourtant parlé il y a plusieurs jours.

Cuddy se tenait devant son miroir, arrangeant ses cheveux dans un chignon qui se voulait décontracté et chic à la fois. Nous étions le Vendredi 21 Décembre 2007. Ce soir-là, c'était la soirée caritative qui a lieu tous les ans à l'occasion des fêtes de fin d'année. Elle lui avait demandé d'être présent, pas seulement pour faire bonne figure – autant que faire se peut, puisqu'il s'agissait de ce misanthrope à la parole caustique – mais principalement parce qu'elle souhaitait sa présence à ses côtés. Ils étaient un couple désormais. Peut-être pas aussi conventionnel qu'il le faudrait, mais ils allaient avoir un enfant ensemble et c'était bien là la seule priorité à ses yeux.

Elle lui avait donc parlé de cette soirée, très connue de l'ensemble de son personnel. Il y était même allé l'année précédente, avant qu'ils ne commencent à se fréquenter sans trop de sérieux. Et là, maintenant qu'ils sont ensemble, il refusait d'y aller. Parce qu'ils étaient ensemble, certainement…

Oui, je n'ai pas oublié. Répondit l'homme en question, affalé au milieu du lit. Et je me souviens très bien t'avoir dit que je n'irais pas !

Il l'entendit soupirer depuis la salle de bain, et imaginait parfaitement ses épaules retomber de fatigue à l'instant-même où il prononça ses mots.

Il est vrai qu'il n'avait aucunement envie d'aller à cette représentation d'hypocrisie débordante. Tout comme il était également vrai qu'il n'avait pas la moindre volonté de la laisser y aller seule avec cette robe. Seule avec ces hommes riches à ne plus savoir quoi faire de leurs pépètes, mais dont leurs yeux sauraient en revanche trouver une utilité tout à fait lubrique. Hors de question qu'il la laisse seule entourée de ces primates !

Je sais que tu n'aimes pas ces mondanités, reconnut-elle en revenant dans la chambre, le découvrant allongé de tout son long sur le lit, sa canne tournoyant entre ses doigts, mais je pensais que tu ferais un effort.

House se redressa au moment où elle enfila sa boucle d'oreille restante. Il fut littéralement soufflé. Il ne put bien sûr prononcer la moindre syllabe, mais reprit contenance quelques secondes plus tard, son regard ne pouvant se détacher d'elle.

C'est vrai qu'en y réfléchissant…

Il secoua très légèrement la tête avant de planter ses pieds dans le sol, sous le regard pour le moins amusé de la Doyenne.

Laisse-moi passer chez moi pour me changer, je te rejoins plus tard.

Elle n'eut pas le temps de lui dire quoi que ce soit qu'elle l'entendit déjà sortir de la maison. Elle se mit à sourire. Certes il ne viendrait pas par envie ou même pour quelques obligations professionnelles, mais il serait tout de même présent à ses côtés et, dans l'absolu, c'est ce qui comptait.

Cuddy arriva à Plainsboro une trentaine de minutes plus tard. Il faisait déjà nuit depuis une petite heure maintenant et le froid la saisit au visage lorsqu'elle descendit de sa Lexus, empourprant quasi instantanément ses joues. Elle avait conduit prudemment, les routes potentiellement glissantes et son ventre la rendant pataude l'y obligeant.

Quelques personnes se trouvèrent déjà dans le hall, du personnel pour la plupart. Elle remarqua bien vite les trois employés du diagnosticien et les salua d'un signe de tête avant d'aller déposer ses affaires dans son bureau. Elle alla ensuite se joindre à la foule, de plus en plus grandissante.

House fit son apparition aux alentours de vingt heures. Dans son costume de pingouin, au moins il se fondait parfaitement dans la masse. Il chercha la jolie brune des yeux. Celle-ci discutait avec un petit groupe de plein aux as, hommes et femmes confondus. Il était quelque peu rassuré, c'est donc avec un certain relâchement qu'il s'avança vers le bar. Il croisa Wilson avant d'atteindre le comptoir des breuvages, et c'est ensemble qu'ils s'y dirigèrent.

Je ne pensais pas que tu viendrais. Avoua l'oncologue, ne cachant pas sa surprise.

Moi non plus… Souffla son acolyte, récupérant le whisky qu'il avait commandé.

Les deux hommes échangèrent quelques mots et rirent ensemble sur des banalités. Puis, dans l'avancement de la soirée, le barbu décida qu'il était peut-être temps d'aller retrouver sa compagne. Le terme était approprié, non ?

Il la trouva en compagnie de personnes qui semblaient la féliciter sur son état de grossesse. Il observa la scène de loin, ne pouvant nier que malgré que ces compliments étaient très certainement surfaits et sans valeur, elle démontra un plaisir évident à les recevoir, et pas seulement par politesse. Et puis la poignée d'inconnus se dispersa, laissant la quadragénaire respirer un peu. Il ne la quittait pas des yeux, découvrant qu'elle allait en direction de son bureau. C'est également là qu'il se rendit.

Elle ne l'avait vraisemblablement pas entendu entrer, ce qui explique qu'elle sursauta au son de sa voix lorsqu'elle sortit de la petite salle d'eau attenante.

Tout le monde se délecte de ta présence. Clama-t-il, l'air sérieux plaqué sur le visage. Quand je dis "tout le monde" je veux bien sûr dire "tous ces guignols déguisés en pingouin".

C'est important qu'il y ait cette soirée et que je sois présente. Lui rappela-t-elle, se remettant doucement de sa stupeur. C'est aussi important que tu sois là.

Pour toi ou pour l'hôpital ?

Elle ne répondit pas, préférant détourner le regard. Il comprit alors qu'il avait, une fois de plus, loupé une occasion de se taire. Il s'avança vers elle, réduisant l'espace entre eux à quelques centimètres seulement. Il la dévorait des yeux, elle le sentit sans mal.

Cette robe te va très bien, avoua-t-il à demi-mot, tu l'as bien choisie.

Il était sincère ; elle le voyait dans ses yeux qui ne pouvaient mentir. Ladite robe était faite d'un tissu léger de couleur bleu saphir, retombant élégamment jusqu'au niveau du genou. Son décolleté était avantageux sans être exagéré, et les manches – qui recouvraient uniquement les épaules – se terminaient par une délicate dentelle.

Il se perdit un moment dans sa contemplation. Ses cheveux relevés dans un chignon d'où s'échappaient quelques mèches, et son maquillage discret qui lui donnait ce teint léger. Elle avait cette expression de douceur qu'il n'arrivait pas à nommer… Elle était belle. Et bien que ce mot soit trop dangereux pour qu'il puisse l'autoriser, House ne put que se rendre à cette évidence. Il laissa sa canne en appui contre le meuble de bois et fit un pas de plus en sa direction, lui faisant désormais totalement face. Sa main droite atteignit son visage, caressant celui-ci d'un geste éthéré. Elle le regarda de ses grands yeux ; lui détailla son visage sous toutes ses coutures, comme pour ne jamais l'oublier. Bon Dieu, qu'elle était belle !

La tête inclinée vers elle, il s'empara doucement de ses lèvres. Elle le laissa faire, répondant immédiatement à son baiser. Elle fit glisser une main dans ses cheveux, se baladant de sa nuque jusqu'à l'arrière de son crâne. Les mains de l'homme étaient sur ses hanches, se mouvant de temps à autre vers ses reins. Leurs langues se cherchèrent, presque timidement.

Il passa une main possessive derrière sa taille, la ramenant autant que possible vers lui, doucement. Il chercha sa bouche, l'embrassant du bout des lèvres pendant quelques secondes. Ils finirent par se détacher l'un de l'autre, restant front contre front. La main droite de l'homme remonta vers l'épaule de la jeune femme, faisant délicatement glisser ses doigts sur son bras alors qu'elle avait repris possession de ses lèvres. Il caressa succinctement son épaule avant de laisser descendre sa main jusqu'en haut de sa cuisse. Ses longs doigts se faufilèrent sous le tissu, puis remontèrent vers le galbe de sa fesse. Main sur son poignet, elle le stoppa gentiment et ses yeux plongèrent dans les siens.

On ne doit pas faire de vagues, tu as oublié ? Lui rappela-t-elle, haletante d'une certaine excitation.

Je ne fais pas de vagues si on ne se fait pas prendre. Rectifia le diagnosticien d'une voix rauque. Et tu ne feras pas de bruit.

Son corps fut parcouru de cet indéfinissable frisson, plaisant mais qui pourtant lui démontrait une certaine dangerosité.

Tu as l'air bien sûr de toi.

Il va bien falloir si tu tiens à garder nos postes.

On pourrait aussi ne pas faire ça ici. Souffla la jolie brune, décontenancée.

Arrête, je sais que tu en crèves d'envie…

Et c'était vrai, elle en crevait d'envie. Mais il était parfaitement impossible pour elle de céder à ce sentiment de désir. Elle en fut énormément frustrée, car comment refuser cette bouche qui se pose sur la vôtre, ces mains qui vous caressent jusqu'à la naissance de l'extase ? Comment dire "non" à cet homme qui désirait la faire sienne, lui laissant pour seuls souvenirs cette multitude de sensations et ce sentiment de bien-être absolu ?

Elle ferma les yeux, souhaitant secrètement que tout ceci ne soit qu'une vue de l'esprit. Mais lorsqu'elle les rouvrit, House lui faisait toujours face, le regard plus érotique que jamais. Elle déglutit difficilement, se sentant prise au piège. Il s'avança vers elle, voulant éradiquer cet espace qui les séparait. Cuddy fit un pas en arrière, la faisant se heurter au bureau derrière elle. Un sourire victorieux naquit sur les lèvres du barbu. Elle décida de le tuer sur le champ.

Ne rends pas les choses plus compliquées… Prévint-elle, une main posée sur son torse pour le tenir à distance.

Bien qu'à contre-cœur, il accepta d'un simple hochement de tête. Il savait qu'elle se réfrénait tout autant que lui à cet instant précis, et quelque part cela l'aida à passer outre le désir qu'il avait de lui faire l'amour. Pour l'instant.

Il vint une idée à la Doyenne. Et celle-ci ne pouvait faire l'objet d'un quelconque débordement. La musique qui s'infiltrait doucement dans la pièce avait éveillé en elle une toute autre envie.

Tu veux un rapprochement ? Le questionna-t-elle, les yeux s'illuminant de malice. Fais-moi danser.

Le regard qu'il lui lança fut interrogateur. Elle ne s'était pas attendue à autre chose, mais elle espérait sincèrement qu'il accepte malgré un certain malaise, elle le savait.

Je ne suis pas le meilleur cavalier que tu puisses trouver.

Je ne te demande pas une prestation. Dit-elle presque un peu trop vite. Je veux juste… un moment entre nous.

Son visage piquant se para pendant quelques secondes d'une moue dubitative, visiblement peu enclin à accepter sa requête. Mais il la voulait près de lui, et quelque part il ne voulait pas la décevoir. Si ça devait être ça le compromis…

Il baissa la tête, poussant un soupir qui semblait lui couper la respiration. Lorsqu'il releva les yeux sur elle, la jeune femme le regardait avec une telle douceur qu'il crut qu'il ne pourrait rien lui refuser, peu importe qu'il se sente gêné par une certaine timidité inexplicable ou amoindri par sa jambe mutilée.

Mais, fort heureusement pour lui, la musique qui diffusait depuis un moment maintenant était lente et délicate, loin des rythmes trépidants. Il s'en sentit ragaillardi au final. Sa main attrapa sa jumelle opposée, tandis que l'autre vint se caler dans le creux de ses reins. Avec un sourire tendre sur les lèvres, elle vint se coller à l'homme, pressant doucement son abdomen contre lui.

Ils avaient été dans leur bulle pendant les deux, trois minutes qui suivirent, totalement coupés du Monde. Elle s'était entièrement laissée aller, absorbée par la musique, la tête ailleurs. Ça n'avait pas été grand chose mais ça lui avait fait du bien, et pendant quelques minutes elle s'était sentie autrement qu'enceinte et avait pleinement profité de ses bras réconfortants et de son odeur dont elle avait tant besoin. Intérieurement, et voulant comme à tout prix garder cela pour lui sans réellement parvenir à savoir pourquoi, il lui était arrivé la même chose.

TBC...


La scène du bureau... Je ne sais pas pourquoi je la fantasme beaucoup celle-là ! XD

Comme d'habitude, j'espère que cela vous aura plu :)

Cette Fiction est de loin la plus longue que j'ai écrite, et – prise dans l'infernale spirale Huddyenne – j'espère que je ne m'éloigne pas trop du caractère des personnages. Ce n'est pas toujours évident de ne pas tomber dans le OOC, parce qu'il y a toujours des idées qui émergent en nous et qu'on aimerait les exploiter :)

- Kisses to you and see you soon -