Hi !
J'espère que ce chapitre vous plaira, bien qu'il soit un peu moins « fun ». Tout n'est pas rose dans cette histoire, loin de là. Gardez à l'esprit que cette Fic est dramatique. Romantique, oui, mais avant tout dramatique. Et il s'agit de House, donc pas trop de OOC non plus.
Résumé : Après une longue hésitation de Cuddy sur la couleur des murs, House lui montre enfin le résultat. Quelques jours plus tard, elle se rend dans une boutique pour enfants. Mais rien ne se passera comme prévu...
Good Read ;)
Chap' 37
Lorsqu'il eut rangé son téléphone, c'est tout juste s'il eut le temps d'enfiler son casque. La nouvelle avait fait l'effet d'une bombe. "Elle n'est pas en danger, et le bébé non plus." Il préférait en juger par lui-même, bien qu'il savait qu'il pouvait faire confiance à Wilson. Il savait qu'elle avait prévu de passer à cette boutique pour enfants dont elle lui avait parlé et dont il avait oublié le nom. Il savait aussi qu'elle avait une réunion en tout début d'après-midi, et qu'avant de rentrer elle était allée faire ses emplettes. Et elle était bouffée par la fatigue depuis un moment, ça aussi il le savait.
C'est en trombe qu'il démarra sa Repsol. Le bolide s'élança à toute allure sur l'asphalte, si bien que les chiens n'auraient de toute façon pas eu le temps de pisser après les roues. Il avait beau être médecin, il se demanda toutefois jusqu'à quelle vitesse pouvait battre un cœur avant d'exploser. La peur était réelle, l'attrapant sans crier gare. Il n'y avait pas encore trop de circulation à cette heure-ci, ce fut une chance. Le trajet entre son appartement et l'hôpital lui parut tout de même interminable. Il laissa sa moto devant l'entrée, ne se donnant pas la peine de la garer sur le parking. Canne en main et casque au bras, il se hâta vers l'ascenseur avant de parcourir les derniers mètres la séparant d'elle. Sa gorge devint sèche lorsqu'il la vit allongée dans ce lit d'hôpital, endormie. Son teint était pâle, ses cernes marquées. Il n'eut finalement pas le courage d'entrer et de s'asseoir à ses côtés. C'était pourtant là ce qu'il avait à faire, mais le remord pris le dessus et comme bien souvent la peur le dissuada d'agir. Il resta néanmoins quelques instants derrière cette paroi de verre à la regarder, son cerveau en ébullition, cogitant à mille à l'heure, si bien qu'il lui sembla entendre le bruit de son sang pulser contre ses tempes. Il se ressaisit, sortant brutalement de sa torpeur avant de revenir sur ses pas. Il ressentit un irrépressible besoin de parler, que quelqu'un l'écoute. Qui d'autre que Wilson pour tendre l'oreille ?
La porte s'ouvrit avec une certaine agitation, faisant sursauter l'homme brun qui rangeait des dossiers. Le grand barbu se posta devant son confrère, celui-ci ayant l'œil rond. Et son étonnement ne s'arrêta pas là.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda le néphrologue, le visage fermé.
Il venait de poser son casque de moto sur le bureau, ne se souciant pas des papiers et objets divers qui s'y trouvaient. Il regarda l'homme imberbe, attendant de sa part une réponse dans un silence qui lui vrillait les oreilles, comme si ce son absent allait lui donner la migraine.
Elle s'est évanouie dans une boutique pour enfants, certainement à cause de la fatigue. Expliqua l'oncologue, ne lâchant pas son ami des yeux qui se crispa sous ses propos. Mais heureusement elle va bien et le bébé est hors de danger.
House ferma un instant les yeux, serrant ses paupières comme s'il ne voulait pas les rouvrir.
Elle ne va pas bien, non…
Ces quelques mots dans un soupir, et il partit s'asseoir sur le canapé qui se trouvait à deux pas. Lourdement, il prit place et se plongea dans un profond mutisme. Wilson posa le dossier qu'il tenait dans les mains sur son bureau et regarda la scène sans rien dire. Il était pourtant plus qu'évident qu'il n'allait pas en rester là.
Comment ça "elle ne va pas bien" ? Questionna-t-il alors, les mains sur les hanches.
Mais House ne répondit pas, trouvant plus utile de faire sautiller sa canne sur le sol que de s'expliquer.
House, tu ne peux pas me balancer ça et puis te taire ! Réprimanda l'oncologue, les sourcils froncés de désapprobation.
Le concerné resta immobile quelques secondes, parfaitement inerte, si bien que Wilson se demanda s'il l'avait entendu. Le diagnosticien sortit ensuite son tube de Vicodin de la poche de son jean, retirant deux comprimés du cylindre orangé qu'il goba sans mal. Il ferma les yeux un instant, sans doute un peu plus, et déglutit difficilement lorsqu'il les rouvrit. Il pensait que Wilson se serait remis à sa tâche de rangement administratif, mais il n'en fut rien et celui-ci le regardait toujours avec insistance, attendant que son ami lui donne une explication. Il semblait vraiment inquiet. Cela n'allait pas s'arranger.
Elle est épuisée, morte de fatigue. Lâcha-t-il d'une faible voix, la tête basse, rivée vers le sol. Elle est à bout et je n'ai rien fait pour éviter ça.
L'oncologue prit un air désolé devant l'explication de son ami, ce qu'il ne vit pas puisqu'il resta obstinément penché sur cette moquette qui se révéla subitement être très attractive.
C'est ma faute si elle est dans ce lit d'hôpital. Poursuivit-il en ne daignant relever la tête. Je n'ai pas su lui dire d'arrêter, parce que je pensais que c'était une bonne chose pour elle d'être ici, et pas à la maison à ressasser des souvenirs qu'il faudrait qu'elle oublie.
Le néphrologue se mordit l'intérieur de la joue, conscient d'en avoir trop dit. Wilson fut intrigué par ses propos. Il faut dire qu'il ne comprenait pas tout.
Tu n'es pas le seul à ne pas avoir réussi à la faire rester tranquille. Déclara-t-il, espérant apporter un peu de clairvoyance à tout ceci. Je lui ai dit plusieurs fois qu'il serait bon qu'elle s'arrête, que je la trouvais fatiguée, mais rien n'y a fait.
Il se tut un instant, observant son ami qui ne disait plus rien, semblant même ne pas écouter ce qu'il disait. Il s'avança au bout de son bureau et s'appuya contre celui-ci, les bras croisés sur son torse en attendant qu'il daigne sortir de sa torpeur, ce qu'il finit par faire au bout d'un moment.
House, tu n'as pas à t'en vouloir. Voulut le rassurer l'oncologue. Elle est têtue, ce n'est pas facile de la raisonner.
Sans doute… Il n'empêche que si j'avais insisté pour qu'elle laisse son travail de côté dans l'intérêt du bébé et du sien tout ça ne serait pas arrivé. Parvint-il à prononcer entre ses dents, massant sa cuisse devenue, semblait-il, douloureuse tout à coup.
L'important c'est qu'elle aille bien. Admit Wilson, brisant un silence qui allait amener le diagnosticien à s'arracher les cheveux. Et je pense que vu ce qu'il s'est passé, elle ne rechignera pas à laisser son poste pendant quelque temps.
Il acquiesça, reconnaissant qu'il avait raison. Quelques secondes passèrent avant qu'il ne se lève.
Je vais voir si elle est réveillée. Indiqua-t-il en récupérant son casque sur le bureau.
Il salua son ami d'un bref signe de la tête, s'aventurant ensuite dans le couloir. Il n'était pas déçu de sa petite halte, bien qu'inconsciemment il avait su que c'était là la meilleure chose à faire. Bien que blâmé par le remords, il était aussi rassuré dans un sens. Mais en allant au bout des choses, il n'y avait en fait rien de rassurant. Car si ni lui ni Wilson n'avait pu la convaincre de se ménager, en quoi cela était rassurant ?
La question resta en suspens lorsqu'il atteignit la porte de la chambre. Il l'observa un instant, comme il l'avait fait un peu plus tôt. Et puis sa main se posa sur la poignée, actionnant celle-ci dans un mouvement qu'il ne remarqua pas. Il n'osa pas s'avancer, à croire qu'il était pétrifié de la voir dans ce lit d'hôpital. C'était sûrement le cas, bien qu'il l'aurait nié si on lui en avait fait la remarque. Il se retourna, lui tournant le dos un instant, prenant soin de fermer les stores qui n'offraient aucune intimité lorsqu'ils étaient ouverts. À l'abri des regards, il savait qu'il serait plus à l'aise, plus fort aussi. Il n'avait aucune envie d'être épié par quiconque, même si ce n'était pas le cas. Car, alors, il n'y arriverait pas.
Il s'avança près du lit, son instinct de médecin prenant le dessus. Il jeta un œil au monitoring, et fut soulagé de constater que tout était normal. Il prit ensuite place dans un fauteuil non loin de là. Son instinct de médecin n'aura pris le dessus que pendant de bien maigres minutes, car désormais assis à ses côtés, plus rien n'était rationnel et il se trouva bien embêté face à cette inertie et ses remords qui refirent surface. Tout était sans logique.
Il se tassa au fond de son siège, les doigts de sa main gauche massant inlassablement son front. Son esprit était torturé, ses pensées diverses et guère mieux. Il ne semblait pas aller bien, elle le vit. S'étant quelque peu redressée dans son lit, Lisa le regarda avec tristesse. Il ne l'avait pas entendue bouger, trop absorbé par son esprit qui divaguait. Seul le son de sa voix le sortit de sa rêverie tourmentée.
Ça fait longtemps que tu es là ?
Le diagnosticien se redressa dans son fauteuil, un peu hagard. Il détestait être pris sur le fait. Ici en l'occurrence lorsqu'il fut surpris alors qu'il était plongé dans son flot de pensées qui parlaient toutes d'elle. À croire qu'elle allait rentrer dans sa tête et voir tout ce qu'il s'y passait.
Il se passa une main sur le visage, visiblement troublé. Il voulut néanmoins faire bonne figure, et ne pas s'attarder à se morfondre sur son sort. Pas devant elle.
Je ne sais pas, quelques minutes. Avoua-t-il, plongeant son regard dans le sien.
À vue de nez, il ne devait pas être loin de la vérité. Ils se regardèrent pendant un moment, semblant ne pas savoir quoi dire. Il était soucieux, mais ne voulait pas lui en faire part ; il savait bien qu'elle n'avait pas besoin de ça en plus.
Tu te souviens de ce qui s'est passé ? Lui demanda-t-il, espérant pouvoir se rassurer.
Elle détourna le regard quelques secondes, puis se mit à cligner des yeux plusieurs fois.
Oui… J'étais dans cette boutique pour enfants, je cherchais de quoi aménager la chambre. Répondit-elle, un léger sourire aux coins des lèvres. Et puis… D'un coup je ne me suis pas sentie très bien et j'ai perdu connaissance. Quand je suis revenue à moi, j'étais déjà dans l'ambulance et ils m'ont dit qu'ils m'emmenaient à Princeton Plainsboro. Expliqua-t-elle en tortillant le drap entre ses mains. Je leur ai dit que j'en étais la directrice et que je ne voulais pas défiler devant mon personnel de cette façon. Elle détourna le regard un instant, avalant sa salive difficilement. Par chance j'ai vu Wilson et il a fait venir le docteur Kimball.
Elle laissa le silence prendre place après sa tirade, lui permettant ainsi d'assimiler les choses. Il l'avait écoutée sans rien dire, sans même bouger. Il était resté parfaitement immobile, pendu à ses lèvres. Et à présent il semblait perdu dans ses pensées, cet air calme peint sur le visage.
Apparemment j'ai fait une chute de tension… Commença Cuddy sans pouvoir terminer sa phrase.
Tu te rends compte que ça aurait pu être plus grave ? S'exclama le néphrologue en se levant alors du fauteuil. Que tu aurais pu…
Ses mots se tarirent dans sa gorge. Il était maintenant à côté d'elle, les yeux froidement plongés dans les siens. Elle pouvait y lire la peur et la colère qu'il ressentait à ce moment précis. Ils se dévisagèrent pendant quelques instants. Sa lèvre inférieure fut prisonnière de ses dents, malmenée tant elle s'en voulait. Lui semblait bouillir de l'intérieur.
House finit par quitter son regard et baissa la tête. Était-il accablé ou était-ce parce qu'il s'en voulait de s'être emporté face à elle ? Peu importait. Il s'était détourné et faisait maintenant les cent pas dans la chambre, tentant sûrement de se calmer à la vue de sa marche erratique mais pourtant si déterminée. Il savait néanmoins très bien qu'il ne pourrait pas reprendre contenance ainsi, à marcher comme un badaud, tournant en rond comme un lion en cage, avec cette femme qui le regardait et pour qui toute une armada d'émotions venait s'abattre sur lui. Il se sentait oppressé. Il fallait qu'il s'échappe.
Je… J'ai besoin de m'aérer un peu. Bafouilla-t-il, se trouvant au pied du lit, face à elle. Repose-toi, je repasserai demain pour ta sortie.
Et puis il fit demi-tour avant d'attraper la poignée de la porte pour sortir. Lisa le regarda faire, sans qu'aucun son n'ait pu sortir de sa bouche. Elle fut tétanisée, comme paralysée dans ce lit d'hôpital. Quel comble de l'ironie ! Une chaleur interne lui monta au visage, elle sentit les larmes lui chatouiller les yeux. D'abord son malaise dans cette boutique, puis son arrivée ici dont elle avait tout fait pour la cacher à ses employés – protégeant ainsi son image –, la peur incommensurable qu'elle avait eu pour son bébé, et maintenant ça. Cette journée était définitivement affreuse.
Les larmes lui brûlaient désormais les yeux, menaçant de tomber à tout moment. À quoi bon de toute façon ? Elle était seule maintenant, personne ne pourrait la juger. Seule dans cette chambre d'hôpital, dans ce lit, comme si elle était une patiente malade. Seule parce que House était parti. Il l'avait laissée seule parce qu'une fois encore il était incapable de surmonter les choses avec elle. Il avait eu peur, elle pouvait le concevoir, mais elle aussi avait eu peur. Peur de perdre ce qu'elle n'aurait jamais pensé arriver un jour : ce petit être qui grandissait en elle alors qu'elle avait fini par se résigner, faute de vie sentimentale. À quarante ans passés, n'étant pas mariée et n'ayant pas même une relation stable et sérieuse avec quelqu'un… Elle voyait ce bébé comme un cadeau, un don du Ciel.
Subitement, elle ne savait plus où elle en était. Est-ce qu'il était sincère avec elle ? Elle ne voulait pas douter de lui. Toutes les choses qu'il lui a dites sur son passé, ses craintes… Tout ça avait été très difficile pour lui et elle ne pouvait s'autoriser à les remettre en question. Mais seulement elle était déboussolée, car un jour House était attentionné avec elle, le lendemain il la délaissait. Bien sûr elle savait comment il était, mais ces fichues hormones semaient le trouble dans son esprit, et d'un coup d'un seul elle ne s'y retrouvait plus.
Les larmes avaient fini par couler, inondant ses joues devenues rouges. Elle sanglotait en silence, ne faisant pas l'effort d'une quelconque retenue. Elle se laissa aller, sentant ses forces s'amoindrir. Et alors qu'elle fut prise d'un violent sanglot, Cuddy sentit un coup dans son abdomen. Elle porta une main à son ventre et un sourire naquit sur ses lèvres lorsqu'elle se rendit compte que le petit faisait parler de lui. Elle n'était pas tout à fait seule, en fait. Finalement, terrassée par la fatigue, elle s'endormit sans même y prêter attention.
TBC...
Ce n'est là que le début d'un coup de poignard en plein cœur pour notre diagnosticien préféré, mais chut ;)
En attendant de voir comment les choses vont se passer par la suite, j'espère que ça vous aura plu.
Au plaisir de vous retrouver pour le dernier mois de l'année ^_^
- Kisses to you and see you soon -
