Bonjour à tous,
J'ai retrouvé l'inspiration comme vous pouvez le voir, je n'ai même pas eu le temps de corriger le chapitre 10 et je vous publie le chapitre 11. Toujours est-il que je suis contente de pouvoir poursuivre "Envers et contre tous", j'espère que cette fanfiction continuera à vous plaire et à vous faire rêver. Je me suis plutôt inspirée du film pour construire l'intrigue parce que ça me paraissait plus simple et la majorité des lecteurs n'ont pas forcément lu les livres donc je joue la sécurité. Je vous invite à me laisser une review et à me dire ce que vous pensez de ce chapitre, ce que vous vous attendez à voir par la suite également, la présence de Drago aura évidemment un impact sur le déroulé de la bataille final comme il a déjà eu une influence sur l'histoire jusqu'ici. Je vous remercie pour votre fidélité et vous souhaite une bonne lecture.
AngelNeva
Chapitre 11 :
Poudlard n'avait plus rien à voir avec ce qu'il était du temps où Dumbledore le dirigeait. Si Rogue s'était appliqué à le rendre plus froid et austère, la guerre terminait d'en faire un lieu de désolation. Les élèves couraient dans tous les sens tandis qu'à l'extérieur les professeurs s'attachaient à le protéger du mieux qu'ils le pouvaient. La nuit rendait la manœuvre compliquée, d'où que les mangemorts viennent ils les prendraient immanquablement par surprise. Mcgonagall le savait, cette bataille s'annonçait plus rude que tout ce qu'elle avait eu à affronter dans sa vie. Maintenant que Severus Rogue n'était plus au pouvoir, c'était à elle de prendre les choses en main et, bien qu'elle n'en montre rien, cette perspective la terrifiait. Mais qui ne l'aurait pas été à sa place ? Elle devait protéger une école entière à elle-seule, sans l'appui d'Albus Dumbledore. Harry Potter avait beau être un jeune sorcier plein de potentiel, il n'en restait pas moins un adolescent et de ce fait, ne pouvait prendre la place de soutien dont elle avait besoin. Pourtant, malgré leur coalition, l'ordre n'en menait pas beaucoup plus large que la directrice des Gryffondor face à ce qui les attendaient, personne ne se sentait en sécurité, en groupe ou non face à la guerre il n'y avait que la perspective omniprésente de la mort.
Harry se persuadait qu'il pouvait l'emporter sur Voldemort mais pour ça il fallait qu'il trouve les derniers horcrux et qu'il les détruises. Il n'était pas fâché d'avoir Ron à ses côtés même si l'ambiance laissait à désirer, le rouquin digérant très mal que Malefoy ait pris sa place aux côtés d'Hermione dans la chambre des secrets. Le Survivant avait l'habitude de supporter les fluctuations d'humeur de son meilleur ami mais à ce moment-là en l'occurrence il s'en serait bien passé. Ils grimpaient quatre à quatre les marches qui menaient à la tour des Serdaigles, en évitant soigneusement les élèves qui s'y bousculaient, quand soudain, Ron explosa.
"Pourquoi est-ce qu'elle est aussi gentille avec cet abruti ?"
Harry poussa un soupir désespéré, ç'aurait été trop beau que tout se passe comme il l'avait prévu.
"C'est pas vraiment le moment Ron…
-Tu l'as vue Harry ? Elle fait que le défendre, depuis le début elle a pas arrêté de lui trouver des excuses à cette sale fouine ! Poursuivit le cadet des Weasleys indifférent à la remarque du jeune homme devant lui.
-Et alors ? Qu'est-ce que ça peut faire ? Répondit le survivant exaspéré.
-Tu cautionnes ça toi ? On parle de Malefoy ! Ce veracrasse de Serpentard qui nous a pourri la vie depuis notre première année !
-Je ne dis pas que je l'aime bien, mais il a montré qu'il est capable de faire de bonnes choses malgré son foutu caractère…"
Ron s'immobilisa net, la bouche grande ouverte et les sourcils froncés, consterné par ce que son ami venait de lui dire. Malefoy ? Capable de faire de bonnes choses ? Il avait pris un coup sur la tête ou quoi ? Harry s'arrêta à son tour en remarquant que le rouquin ne le suivait plus et soupira de nouveau en avisant l'expression de son visage attéré. Il se pinça l'arrête du nez pour se calmer, il ne fallait pas qu'il s'énerve, ça n'apporterait rien de constructif.
"Écoute Ron, Hermione est une grande fille, elle est capable de prendre ses propres décisions, tu sais aussi bien que moi qu'elle n'a besoin de personne pour se défendre, si Malefoy fait un pas de travers il se prendra un sortilège cuisant avant même d'avoir eu le temps de l'effleurer alors arrête de te prendre la tête et concentre toi sur notre objectif ! Déclara-t-il en reprenant son ascension.
-Je l'aime tu sais…"
Harry se figea un pied dans le vide, il ne s'attendait pas à ce que son ami admette ses sentiments, encore moins devant lui. Il se retourna lentement et cette fois, se laissa tomber sur une marche lourdement, il ne couperait pas à cette discussion de toute évidence.
"Je sais… Répondit-il.
-Tu crois… Tu crois qu'elle aussi ? Demanda Ron les yeux rivés sur ses chaussures."
Devait-il lui dire la vérité ? Harry ne pensait pas qu'Hermione l'aimait, plus maintenant en tous cas. Les sentiments s'étaient évaporés pendant son absence, elle ne le regardait plus avec les mêmes yeux qu'auparavant et il ne l'avait pas vue s'emporter à son propos une seule fois depuis son retour. Elle s'inquiétait pour lui évidemment mais plus autant qu'avant. Il ne pouvait évidemment pas lui dire ça, Ron ne le supporterait pas, mieux valait se contenter du minimum d'informations nécessaires.
"En toute honnêteté… Je crois que tu ne devrais pas te faire trop de films… Répondit-il.
-Pas trop de films ? Répéta le roux l'air perdu.
-Ah oui c'est vrai… C'est un terme moldu… Je veux dire, pars du principe que c'est à sens unique."
Comme il s'y attendait, son ami se décomposa sous ses yeux. Harry ne voulait pas le blesser mais il ne voulait pas lui mentir non plus. Parfois il vaut mieux retirer le pansement d'un coup sec.
"Mais je ne pense pas que vous soyez faits pour être ensembles de toute façon, poursuivit-il. Hermione et toi êtes tellement différents, je ne suis même pas certain d'être capable de vous trouver un centre d'intérêt commun…"
Ron plissa les yeux, visiblement plongé dans une réflexion intense. Il cherchait ardemment à prouver à son ami qu'il avait tort mais dû se résoudre à admettre qu'effectivement, il ne partageait pas grand-chose avec Hermione. Elle détestait le quidditch, lui s'ennuyait à mourir en lisant un bouquin, elle aimait le calme, lui s'épanouissait au milieu des gens, elle était organisée et méthodique, lui fonctionnait à l'improvisation et dans le chaos, elle était intelligente, son cerveau à lui ramait à la moindre petite information compliquée… Parfois il se demandait pourquoi le choixpeau l'avait placée à Gryffondor, le courage d'Hermione Granger ne faisait aucun doute mais ses considérations convenaient mieux à Serdaigle. Harry observait Ron silencieusement, il espérait qu'il en vienne lui-même à la bonne conclusion, s'il voulait guérir de son amour pour leur amie, c'était le meilleur moyen d'y parvenir. Au bout d'un moment, après une longue délibération interne, le cadet des Weasleys vint mollement s'asseoir à côté du héro national, dépité.
"Tu as raison… Admit-il en haussant les épaules. On est probablement trop différents…
-Je suis désolé Ron… Je pense qu'il vaut mieux que tu l'entendes maintenant."
Le roux pinça les lèvres tristement, en dépit des émotions douloureuses qui lui enserraient le coeur, il se sentait soulagé d'y voir plus clair. L'incertitude le rendait malade, décortiquer les paroles et les gestes d'Hermione pour tenter de deviner ses sentiments le fatiguait considérablement, au moins maintenant il pouvait commencer à passer à autre chose… Deux bonnes minutes s'écoulèrent avant que le jeune homme ne se ressaisisse, il sauta brusquement sur ses pieds et tendit une main à Harry.
"Bon ! Il est temps d'aller chercher ce fichu diadème ! S'exclama-t-il."
Le survivant se leva à son tour en hochant la tête et, ensemble, il reprirent leur ascension, plus déterminés que jamais. Alors qu'ils avaient presque atteint la salle commune de Serdaigle, une petite voix fluette s'éleva dans le brouhaha ambiant.
"Harry attend ! Il faut que je te parle ! Appela Luna essoufflée.
-Je suis un petit peu préoccupé là ! Répondit Harry sans prendre la peine de s'arrêter.
-Mais tu ne trouveras rien là où tu vas… Tu perds ton temps ! Expliqua la jeune fille.
-Ecoute on parlera plus tard, d'accord Luna !?
-Harry !"
Ron s'abstenait de faire un commentaire, le Survivant savait mieux que personne quelle était la bonne marche à suivre et s'immiscer dans son plan ne ferait que les retarder. Pourtant, l'air concerné de la Serdaigle piquait sa curiosité et il ralentit de lui-même pour se mettre à sa hauteur.
"Attend Harry, on devrait peut-être l'écouter… Proposa-t-il.
-Merci Ron… Remercia la jeune femme tandis que le brun à lunettes, en infériorité numérique, se décidait à s'arrêter pour lui faire face. Tu ne te souviens pas de ce que Cho a dit à propos du diadème de Serdaigle ? Aucune personne vivant ne l'a vu… C'est évident, non ? Il faut qu'on parle à quelqu'un qui est mort…"
Elle avait raison, les deux Gryffondors échangèrent un regard entendu avant d'hocher la tête, Luna venait de leur donner un objectif concret. Ils la suivirent donc sans broncher, espérant l'un comme l'autre qu'Hermione s'en sortait aussi bien.
ooo
"Hé Granger !"
Malefoy savait qu'il avait merdé, ses mots avaient dépassé sa pensée et maintenant Hermione lui adressait à peine la parole. Pour la première fois de sa vie, notre blondinet ressentait de la culpabilité et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il gérait très mal ce genre d'émotion. La Gryffondor marchait d'un pas rapide et déterminé à trois bons mètres de lui dans le couloir du deuxième étage, le genre qui signifiait clairement "je n'ai pas envie d'être près de toi et encore moins de te parler". Drago avait tenté tout ce qu'il pouvait pour attirer son attention mais elle l'ignorait royalement et ça lui tapait sur le système. D'accord il n'aurait pas dû s'en prendre à elle mais il trouvait la réaction démesurée.
"Hé Granger tu pourrais au moins me dire où on va !? S'indigna-t-il."
Toujours aucune réponse, il accéléra le pas pour la rattraper et s'arrêta, dans l'incompréhension la plus totale, devant les anciennes toilettes des filles dans lesquelles elle venait d'entrer. Il la suivit et referma précautionneusement la porte derrière lui. Il faisait sombre, Drago jeta un coup d'œil aux alentours un peu inquiet et dégaina sa baguette.
"Lumos"
Il n'avait jamais mis les pieds dans les toilettes des filles du deuxième étage, ni dans celles des sept autres d'ailleurs, mais il craignait d'approcher celles-là. Tout le monde maintenant connaissait l'existence de Mimi Geignarde, c'était elle la plus instable des fantômes de Poudlard aux yeux de Malefoy. Le jeune homme avança donc prudemment dans la pièce en vérifiant méticuleusement que personne ne se cachait dans un coin prêt à lui bondir dessus.
"Euh… Granger ? Tu es là ?
-Je suis là."
Son ton avait beau être sec, le Serpentard se sentait soulagé de l'entendre et la rejoignit rapidement. Elle se tenait debout devant l'un des lavabos, les sourcils froncés.
"Qu'est-ce qu'on fiche ici ? Demanda l'héritier des Malefoy en vérifiant une énième fois que personne ne se trouvait derrière lui.
-Je cherche l'entrée… Répondit Hermione en examinant chacun des robinets.
-L'entrée de quoi ?
-De la chambre des secrets…"
Drago mit un moment à réaliser ce qu'elle venait de lui annoncer. Il cligna plusieurs fois des yeux et passa une main anxieuse dans ses cheveux blonds.
"Tu te fiches de moi ?
-J'ai l'air de plaisanter ?"
Il ne fallut pas longtemps au Serpentard pour faire le lien entre ce que la jeune femme lui avait dit plus tôt à propos d'un serpent géant à edenter et la nécessité de trouver l'entrée de la chambre des secrets. En théorie il n'avait rien à craindre du monstre qui s'y trouvait, même encore en vie il n'était censé se soucier que des nés moldus et des sangs-mêlés, mais il appréhendait malgré tout. Drago se souvenait très bien de sa deuxième année et de la curiosité qu'il nourrissait à l'égard de ce lieu mystérieux qui appartenait autrefois au fondateur de sa maison, Salazar Serpentard. Pourtant à ce jour, avec le recul et l'expérience, il préférait rester dans l'ignorance. Plongé dans ses pensées funestes pleines de créatures épouvantables et de sortilèges de magie noire, il ne vit pas la silhouette fantomatique qui s'approchait de lui silencieusement.
"Je peux savoir ce que vous faites ici ?"
De stupeur, Malefoy failli lâcher sa baguette. Il recula d'un pas en essayant tant bien que mal de ne rien montrer de son désarroi. Mimi, d'abord hostile, ouvrit de grands yeux surpris en observant le jeune homme plus attentivement.
"Toi… Tu es Drago Malefoy…? Souffla-t-elle avec un enthousiasme inquiétant.
-Myrtle… Soupira Hermione. Nous n'avons vraiment pas le temps de discuter avec toi, il faut absolument que nous trouvions l'entrée de la chambre des secrets, Ron ne m'a pas dit comment y accéder, tu étais là quand Harry l'a ouverte la dernière fois, tu te souviens comment il a fait ?"
La Gryffondor paraissait agacée que son ami ait oublié de mentionner comment déclencher le mécanisme qui ouvrait l'accès au repère de Salazar Serpentard, en réalité ce n'était une surprise pour personne que le cadet des Weasleys ait omis de lui faire part d'une information importante, mais qu'elle ait oublié de la lui demander en revanche, c'était étonnant. Hermione maudissait Malefoy pour ça, c'était de sa faute si elle avait été distraite et maintenant, ils se retrouvaient en difficulté. Mimi regardait le Serpentard comme un niffleur regarderait une pièce d'or, lui paraissait profondément mal à l'aise.
"Comment tu sais qui je suis ? Demanda-t-il.
-J'ai vu beaucoup de filles pleurer dans les toilettes à cause de toi… Ricana la fantôme en s'asseyant sur un lavabo, elle prit alors de grands airs pour les imiter. "Comment Malefoy a pu me faire ça ?", "je déteste cette vipère blonde…", "Je l'aime il est tellement beau" ouin ouin ouin…"
Hermione croisa les bras rageusement, agacée non seulement par le fait que Mimi l'ignore mais également par l'attitude irrespectueuse de Malefoy envers les femmes. Elle se sentait trahie sans trop savoir pourquoi, l'idée qu'il ait brisé le cœur à une quantité non négligeable de jeunes filles dans cette école la plongeait dans une insécurité qui n'avait aucun sens. Pourquoi le prenait-elle personnellement ? Drago faisait ce qu'il voulait, ça n'avait rien à voir avec elle. La Gryffondor chassa, non sans mal, les questions qui se bousculaient dans sa tête et tenta de reprendre le contrôle de la situation.
"Myrtle ! Je t'ai posé une question ! S'indigna-t-elle."
La fantôme mettait Drago dans l'inconfort, elle le déshabillait du regard et se fichait bien de savoir ce qu'il en pensait. Il avisa Hermione, contrariée d'être ignorée, et contourna Mimi pour la rejoindre, baguette à la main. La défunte poussa un soupir, mécontente que sa proie lui file entre les doigts et se tourna vers la vivante, l'œil mauvais.
"Ne m'appelle pas Myrtle ! Siffla-t-elle. Vous êtes tous si irrespectueux ! Pourquoi prendre le temps de discuter avec Mimi ? Pourquoi lui demander gentiment les choses ? Après tout ce n'est qu'un pauvre petit fantôme sans intérêt !"
Et voilà le fameux discours mélodramatique et autocentré de Mimi Geignarde. Hermione peinait à garder son calme. Elle inspira profondément et prit un instant pour organiser ses pensées.
"L'école est sur le point d'être envahie par Voldemort et ses partisans, Harry a besoin de nous pour le combattre, je dois absolument avoir accès à la chambre des secrets, il y a quelque chose à l'intérieur qui lui permettra d'avoir l'avantage sur lui, s'il te plaît tu es notre seul espoir ! Supplia-t-elle à contrecœur."
Mimi observa la Gryffondor pendant quelques secondes qui lui parurent durer une éternité. Drago restait en retrait, silencieux, il préférait laisser à sa coéquipière le plaisir des négociations. Le fantôme quitta son lavabo et flotta jusqu'à elle.
"Je me souviens que Harry a parlé une langue étrange, juste là, informa-t-elle en pointant du doigt le carrelage. Ensuite le passage s'est ouvert et ils ont sauté à l'intérieur.
-Sauté à l'intérieur ? Répéta Malefoy à qui l'indicateur de mouvement déplaisait."
Mimi s'approcha de lui goguenarde.
"Ils ont sauté dans un trou obscur en criant à plein poumons… Susurra-t-elle à son oreille avant de bondir jusqu'à une cabine de toilette où elle disparut en riant."
Drago fixa les lavabos comme si quelque chose d'effroyable allait en sortir. Hermione songea à ce que Mimi venait de lui dire et blêmit considérablement. Elle soupira en s'adossant au mur derrière elle.
"Je n'arrive pas à croire qu'aucun de ces deux génies n'aient pensé à me dire qu'il fallait savoir parler fourchelang pour entrer dans la chambre des secrets… S'indigna-t-elle. On aura fait tout ça pour rien…"
Malefoy oscilla entre la jeune femme à l'air désespéré et le passage dissimulé derrière lui qui renfermaient sûrement quelque chose de terrifiant, un coin de son esprit envisageait l'idée d'abandonner la mission et de retourner voir Potter pour le laisser faire le sale boulot à sa place mais son égo refusait catégoriquement d'admettre qu'il ne se sentait pas à la hauteur. Alors, après s'être maudit intérieurement et avoir insulté tous les dieux qu'il connaissait, il se dressa face aux vasques vétustes et inspira profondément. Un "ouvre toi" devrait faire l'affaire n'est-ce pas?
"Aaaarrrasssaaa kaseikaaasssaaaa chaaasssaaa… Siffla-t-il."
Hermione se redressa, elle fixa le dos de Malefoy comme s'il venait d'y pousser une paire d'ailes de dragon. Elle s'approcha de lui, tout ressentiment envolé.
"Comment tu…?
-Voldemort parle beaucoup à son serpent… J'avais peur qu'il lui ordonne de me tuer alors j'ai potassé un peu le fourchelang… Justifia-t-il en reculant d'un pas tandis qu'un étrange grincement retentissait dans la pièce."
L'un des lavabos se détacha soudainement des autres, dévoilant, comme l'avait dit Mimi, un trou béant dans le sol. Salazar était allergique aux escaliers ou quoi ? Le blond avança précautionneusement pour jeter un coup d'œil en contrebas et déglutit. Hermione le dévisageait silencieusement, il avait beau être imbuvable parfois, il parvenait toujours à la surprendre : comme cette fois où ils avaient écouté Chopin ensemble ou quand il avait glissé son mp3 dans sa chambre lorsqu'elle s'était énervée contre lui, Harry et Ron. Elle ne comprenait pas ses réactions et pour quelqu'un comme elle qui fonctionnait à l'analyse et à la catégorisation, c'était terriblement perturbant. Le Serpentard lui lança un regard interrogatif et elle se sentit stupide ; stupide de ressentir de l'affection pour ses bons côtés et d'être incapable de l'expliquer, stupide de le laisser avoir autant d'influence sur son humeur, stupide de le trouver attachant malgré sa langue de vipère. Hermione se râcla la gorge pour se donner une contenance et s'approcha à son tour du vide dans lequel ils devaient se jeter.
"Bon… On a pas vraiment le choix… Constata-t-elle.
-J'y vais en premier… Déclara le blond à contre-coeur."
Et une nouvelle réaction surprenante, la lionne commençait à se demander si quelqu'un n'avait pas pris la place de Drago Malefoy.
"Quoi ? J'ai reçu une éducation bienséante… Argua-t-il en invitant la Gryffondor à reculer. On ne peut pas dire que je l'ai beaucoup respectée jusqu'à maintenant mais j'ai une réputation à reconstruire…"
Et sur ces mots, il ferma les yeux et sauta en retenant sa respiration. Hermione le suivit de près et ensemble, ils glissèrent jusqu'à un embranchement dont le sol recouvert de squelettes d'animaux, en tous cas ils espéraient que ce soit des animaux, annonçait la dangerosité de ce qu'Harry Potter avait dû affronter en deuxième année. Drago se leva précipitamment, c'était immonde et l'odeur lui donnait envie de vomir. Hermione fit de même en époussetant frénétiquement ses vêtements. Le Serpentard remarqua un os accroché à ses cheveux en bataille, elle ne l'avait pas vu et il supposait, à raison, qu'elle paniquerait s'il le lui disait ; alors il s'approcha sous les yeux interrogatif de la Gryffondor et le lui retira d'un geste doux. Hermione se figea sur place, le coeur battant, elle fixait Malefoy incapable de bouger ou de former une phrase grammaticalement correcte. Elle sentit les doigts du jeune homme s'infiltrer dans sa crinière désordonnée et son coeur s'affola dans sa poitrine, à tel point qu'elle craignait qu'il ne l'entende. Maintenant qu'elle le regardait de plus près, elle comprenait mieux pourquoi la moitié de la population féminine de Poudlard lui courait après, il était incroyablement beau. Ce bref contact engendra une cascade de réactions corporelles inédites, des réactions que Hermione n'avait jamais expérimenté par le passé, pas même avec Ron ; une vague de chaleur l'envahit brusquement, son estomac se serra et elle réalisa qu'elle avait cessé de respirer au moment où elle avait vu Drago approcher. Merci Merlin, il faisait trop sombre pour qu'il remarque son trouble, il retira quelque chose d'une mèche de ses cheveux et le jeta sur le sol avant de s'intéresser au tunnel derrière lui. La Gryffondor ne pouvait plus nier ce qu'elle ressentait, elle ne saisissait pas vraiment de quoi il s'agissait mais le Serpentard ne la laissait pas indifférente et cette constatation la terrifiait. Il avait été très clair au sujet de son implication dans la guerre et de ses considérations à propos de l'ordre, s'enticher de ce crétin serait une grossière erreur. Elle refusait d'alimenter ce qu'elle qualifiait désormais de curiosité passagère, si elle l'ignorait ce sentiment finirait bien par disparaître, n'est-ce pas ?
"Granger ? Tu viens ?"
Hermione sursauta, elle hocha la tête et entra dans le tunnel à la suite du jeune homme. Ils tombèrent rapidement sur un espace plus large, en partie effondré, et la Gryffondor en déduisit que c'était à cet endroit que Ron et Lockhart s'étaient retrouvés piégés plusieurs années auparavant. Elle avisa les restes de la mue de serpent gigantesque devant elle et se sentit reconnaissante que Harry se soit occupé de ce problème. Drago l'examina un moment avec fascination, le basilic devait être immense, Salazar était un psychopathe mais il admirait tout de même la prouesse. Hermione trouva facilement la porte en métal ornée de serpents qui les séparait de la chambre des secrets. Elle hésita une seconde et finit par faire signe à Malefoy de la rejoindre.
"Je crois qu'il faut encore parler en Fourchelang… Déclara-t-elle. Et tu es probablement meilleur que moi dans cet exercice.
-Tu reconnais enfin ma supériorité, plaisanta le Serpentard.
-Je reconnais tes capacités, corrigea la jeune femme devant lui dont le petit sourire trahissait l'amusement."
Drago se sentait soulagé de voir que Hermione ne lui en voulait plus, ou plutôt qu'elle lui en voulait moins. Il se fichait bien que Potty, la Belette ou l'Ordre le considèrent irrécupérable, en revanche la perspective que la Gryffondor puisse le détester lui était insupportable. La raison le dépassait, il devrait probablement réfléchir à l'importance qu'elle avait dans sa vie à un moment ou à un autre mais il repoussait l'échéance de peur d'admettre quelque chose qui détruirait définitivement sa relation avec ses parents et avec une partie de ses anciens amis. Qui plus est, on lui avait enseigné qu'il ne devait pas fréquenter les nés moldus, il lui faudrait du temps pour changer le processus de pensée instauré par son père, du temps pour accepter qu'il pouvait côtoyer les sorciers qu'il voulait sans craindre des représailles.
Malefoy utilisa une nouvelle injonction en fourchelang, il l'avait entendue de la bouche de Voldemort un nombre incalculable de fois sans savoir ce qu'elle signifiait. Le mécanisme de la porte s'activa et les serpents se recroquevillèrent les uns après les autres sous son regard contemplatif, il n'avait jamais vu un système pareil. Hermione se glissa à l'intérieur de la pièce adjacente la première, ignorant la désapprobation de Drago. Elle avait besoin de sortir de cet endroit au plus vite, déjà parce qu'elle s'y sentait terriblement mal à l'aise mais également pour s'éloigner du blond au regard envoûtant dont la présence seule malmenait son corps et ses émotions. La chambre des secrets était effrayante en plus d'être froide et humide. Hermione s'arrêta un moment pour l'examiner, des têtes de serpents géantes qui bordaient l'allée centrale à la statue de Salazar Serpentard devant laquelle le squelette du basilic gisait. Malefoy la rejoignit, baguette en main, visiblement inquiet.
"Tu es certaine qu'il n'y avait qu'un seul Serpent ici ? Demanda-t-il en observant les restes de la créature sur le sol.
-Certaine, sinon d'autres élèves auraient été pétrifiés… Ou seraient mort… Répondit-elle en frissonnant."
Le souvenir de sa propre pétrification la hantait toujours après toutes ces années. Il lui arrivait de faire des cauchemars dans lesquels elle croisait les yeux jaunes incandescents du Basilic, non plus à travers un miroir mais directement, elle se réveillait en hurlant et passait le reste de la nuit à tenter d'effacer ce souvenir atroce. Le Serpentard comprit au regard troublé de sa coéquipière que la vision du monstre réveillait en elle le traumatisme de son agression. Il la saisit par les épaules avec délicatesse et l'incita à se retourner vers lui, dos à la carcasse.
"Hé Granger, l'appela-t-il gentiment. Ça va aller, il est mort depuis des années, il ne peut plus te faire de mal…"
Hermione leva les yeux vers ceux, d'une profondeur insondable, de Drago Malefoy et elle réalisa avec effroi qu'elle tremblait. Elle ne parlait jamais de cette expérience, par fierté principalement, parce qu'admettre qu'elle n'avait pas le contrôle sur elle-même la terrorisait, mais également par crainte d'être un poids pour ses amis. Il fallait qu'elle soit forte pour Harry, pour Ron, pour l'Ordre, pour ses parents qu'elle avait laissé derrière elle, pour l'Angleterre dont la paix menaçait de s'effondrer, pour les gens qui comptaient sur elle, quelle importance avaient ses émotions dans ces circonstances ? Ç'aurait été égoïste de sa part de se plaindre.
"Granger… Réitéra Malefoy en posant ses mains sur ses joues pâles. Tu n'es pas toute seule, je suis là, même si cette horreur revenait à la vie je ne la laisserais pas te faire de mal."
Hermione hoqueta de stupeur lorsque les mains froides de Drago entrèrent en contact avec sa peau. Ce geste lui rappelait le jour où elle s'était fait torturer au manoir Malefoy et où il avait repoussé ses cheveux de son visage pour s'assurer qu'elle allait bien. Sa déclaration la perturba davantage si tant est que ce soit possible, elle ne le comprenait pas, tantôt il la repoussait avec agressivité et lui donnait le sentiment d'être un insecte insignifiant, tantôt il la rassurait et s'inquiétait pour elle, que voulait-il exactement ?
"Pourquoi… Pourquoi tu es gentil tout d'un coup ? Souffla-t-elle le coeur battant à tout rompre. Tout à l'heure tu disais…
-Je sais ce que j'ai dis, la coupa le jeune homme en grimaçant.
-Alors pourquoi ? Répéta-t-elle tandis qu'il retirait ses mains de ses joues.
-J'en sais rien, admit-il visiblement mal à l'aise. Je ne veux pas que tu souffres, j'ai passé la quasi totalité de ma vie à repousser les gens qui ne correspondaient pas à l'idée de ce que ma famille considère respectable, aujourd'hui j'ai du mal à faire la part des choses. J'ai de mauvais réflexes, je n'aurais pas dû te parler comme je l'ai fait."
Hermione l'écoutait attentivement, elle comprenait mieux son attitude bien qu'elle la désapprouve. Ce n'était pas vraiment des excuses mais il admettait son erreur et pour le moment, c'était déjà énorme venant de lui. Entendre qu'il se souciait d'elle agita quelque chose dans son estomac, elle se sentit rougir et se fustigea mentalement d'être aussi prude. Drago glissa ses doigts dans ses cheveux blonds et soupira.
"Je pensais ce que je t'ai dis, même si j'ai quitté le camp des mangemorts je ne rejoindrais pas l'ordre pour autant, je ne cautionne pas toutes leurs décisions et de toute façon, personne ne croira qu'un Malefoy puisse être une bonne personne… Expliqua-t-il.
-Moi je le crois… Déclara la Gryffondor."
-Je ne suis pas gentil Granger… J'ai beau avoir de meilleurs principes qu'avant je ne vais pas me métamorphoser ! Je serais toujours un Serpentard…
-Mais tu as de meilleurs principes, souligna la lionne."
Le jeune homme se sentit sourire malgré lui.
"Quand la guerre sera terminée, on pourrait peut-être devenir amis ? Proposa-t-elle."
Lui ? Ami avec la future héroïne nationale ? La née moldue qu'il avait persécuté pendant toute leur scolarité ? La brillante et très exaspérante Gryffondor ? Est-ce qu'une amitié comme ça serait même possible ? La lueur d'espoir que l'héritier des Malefoys décelait dans le regard d'Hermione lui donnait l'impression qu'une relation motivée par autre chose que la haine pouvait exister entre eux ; d'un autre côté il craignait qu'elle réalise qu'il ne valait pas la peine d'être aimé. Force est de constater qu'il ne pouvait pas vivre éternellement dans la peur, sans quoi il resterait seul pour le restant de son existence.
"Rien que pour voir la réaction de Weasmoche, j'accepte avec plaisir ! Plaisanta-t-il."
La jeune femme leva les yeux au ciel, plus par principe que par réelle exaspération. Elle ne le changerait pas, en tous cas pas complètement. Ç'aurait été mentir de dire qu'elle détestait catégoriquement ses réflexions, il avait une sacré répartie et il arrivait qu'elle en rigole, discrètement bien entendu. Elle admirait son intelligence, il lui donnait l'impression de ne pas être la seule personne consciente dans cette école.
Drago contourna Hermione et avança jusqu'à la gueule ouverte du squelette de Basilic. Il en détacha une dent d'un coup de baguette, sous le regard attentif de sa coéquipière, et la récupéra en pinçant les lèvres de dégoût.
"C'est bien ça qu'il nous fallait ? Demanda-t-il en tenant le croc du bout des doigts.
-Oui c'est ça ! Répondit la brunette en sortant de son sac une coupe qu'elle posa sur le sol devant eux précautionneusement."
Elle tendit sa main au Serpentard afin qu'il lui donne le morceau d'ivoire mais il la repoussa.
"Qu'est-ce que je dois faire ? Demanda-t-il très sérieusement.
-Tu n'as pas à faire ça Malefoy…
-Je tiens toujours parole, j'ai dis que je te protégerais et je le ferais, déclara-t-il en saisissant la dent plus fermement."
Hermione sentit son estomac se contracter et ses joues s'empourprer, avait-il conscience de l'influence de ses mots sur son pauvre corps ? Visiblement non. Personne ne la protégeait jamais, parce qu'elle était Hermione Granger et qu'Hermione Granger pouvait se défendre seule. Quelle ironie, la personne qui l'avait le plus maltraitée dans sa vie se souciait davantage d'elle que ses propres meilleurs amis. Elle ne savait pas comment l'horcrux allait réagir, si elle le mettait en danger en le laissant le détruire à sa place, mais il avait pris sa décision et quoiqu'elle fasse il n'en démordrait pas, elle le voyait dans ses yeux.
"Il faut que tu frappes la coupe avec le croc mais fais attention, Harry a failli mourir à cause du venin, si tu te blesses…
-J'ai compris, la coupa le blond préférant ne pas entendre la fin de sa phrase."
Il ne saisissait pas vraiment ce que ce bout de métal pouvait avoir à faire avec Voldemort, il supposait néanmoins que c'était important. Il prit une profonde inspiration en posant un genou à terre devant l'objet à détruire et jeta un dernier regard à Hermione, son expression soucieuse n'annonçait rien de bon.
"Si je meurs, dis à ma mère que je l'aime et que je suis désolé… Plaisanta-t-il à moitié."
Et avant que la Gryffondor n'ait eu le temps de réagir, il leva le croc bien haut et l'abattit sur la coupe avec force. Elle roula à l'autre bout de la pièce tandis que des gerbes d'eau s'élevaient dans les airs tout autour d'eux.
"Malefoy ! Appela la jeune femme derrière lui."
Une immense colonne liquide se forma, tournant et se mouvant au rythme des gémissements étouffés de Voldemort dont le visage se dessinait par intermittence. Drago se leva et recula le souffle court, c'était un spectacle horrifiant. Paralysé il ne parvenait ni à bouger, ni à prendre ses jambes à son cou. Hermione le rejoignit en deux enjambées et glissa sa main dans la sienne, ramenant le Serpentard à la réalité brusquement.
"Ne reste pas là Granger ! S'exclama-t-il en la repoussant. Cours !
-Je ne partirais pas sans toi ! Cria-t-elle.
Soudain, le cauchemar aquatique possédé par le fragment d'âme du Seigneur des ténèbres avança vers les deux adolescents, menaçant de les emporter. L'héritier des Malefoy ouvrit de grands yeux effarés, il tira la Gryffondor derrière lui, comme si son pauvre corps allait changer quelque chose à leur fin inéluctable, et ferma les yeux prêt à accueillir la mort. Mais elle ne vint pas. Il sentit le torrent s'abattre violemment sur eux puis faire place au silence, silence comblé par le clapotis de l'eau contre la pierre, témoignant de l'expérience qu'ils venaient de vivre. Drago mit quelques secondes à réaliser que c'était terminé et il ouvrit les yeux sur la chambre, redevenue aussi calme que quand ils l'avaient trouvée. Il lui fallut plusieurs secondes supplémentaires pour être capable de bouger un muscle et de se retourner. Hermione leva la tête vers lui, essoufflée.
"Tu vas bien ? Parvint-il à articuler malgré l'émotion."
La jeune femme était autant ébranlée que lui, si ce n'est plus. Le Serpentard avait tenté de lui sauver la vie, il s'était dressé devant elle pour la protéger. Il était là, debout, trempé, quelques mèches de ses cheveux blonds dégoulinants retombant sur ses yeux gris orageux, sa chemise devenue transparente collant à sa peau d'une blancheur presque irréelle et Hermione perdit le peu de lucidité qui lui restait. Son regard indépendant navigua le long de son visage, jusqu'à ses lèvres bleuies par le froid et, dans un geste inconscient, elle se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser. C'était un baiser léger, celui qu'on échange pour la première fois, un contact bref rempli de sous-entendus. L'information mit tellement de temps à monter au cerveau de Malefoy qu'il ne réalisa ce qu'il venait de se passer qu'une fois que la Gryffondor eut reculé. En temps normal il aurait probablement réfléchi un peu trop, il l'aurait repoussée par crainte des conséquences, se serait énervé peut-être et l'aurait insulté pour tenter de reprendre un minimum de contrôle sur la situation ; pourtant à ce moment précis, ébranlé par ce qu'il venait de vivre, l'unique pensée qui s'imposa à son esprit perturbé fut "ce n'est pas suffisant…". Alors, plus assuré qu'Hermione l'avait été, il glissa une main dans ses cheveux emmêlés, la saisit par la nuque fermement et captura ses lèvres avec une fougue que la Gryffondor n'oublierait pas de sitôt. Elle avait entendu beaucoup de rumeurs sur les capacités de Malefoy à embrasser, Padma et Lavande ne cessait de faire son éloge et jusqu'ici, elle avait toujours pensé qu'elles exagéraient. Force est de constater qu'elle s'était trompée. Le Serpentard savait exactement ce qu'il faisait, chaque mouvement, chaque pression, chaque caresse du bout des lèvres embrasait son corps furieusement. Hermione se sentait perdre la tête alors que sa langue se frayait un chemin contre la sienne délicatement. C'était fort et doux à la fois, autoritaire mais mesuré, il n'hésitait pas une seule seconde, trahissant son expérience en la matière. Lorsqu'il se détacha d'elle essoufflé, la lionne n'avait plus du tout froid, bien au contraire, son cœur tambourinait dans sa poitrine et la plupart de ses sensations se localisaient à des endroits indicibles.
Malefoy chancela, fit un pas en arrière et scruta la jeune femme devant lui, assailli par une quantité incalculable de réflexions contradictoires. Il venait d'embrasser Hermione Granger, il venait d'embrasser Hermione Granger… Au nom de Merlin, il venait d'embrasser Hermione Granger ! Son père allait définitivement le déshériter. En fait, il allait probablement le déshériter de toute façon mais ça, ça n'arrangerait pas l'image qu'il avait de son fils. Est-ce que le Serpentard regrettait ? Absolument pas, c'était bien le problème, pourquoi ne regrettait-il pas ? Et pourquoi avait-il à ce point envie de recommencer ? Cette fille n'avait aucune expérience, ses gestes étaient maladroits, mal assurés, elle réagissait démesurément et d'habitude c'était le genre de chose qui agaçait Drago prodigieusement ; pourtant ce baiser avait été le meilleur de sa vie, sans la moindre hésitation. Sa peau picotait partout où elle l'avait touché, ses lèvres fourmillaient encore et il remerciait Morgane de porter un pantalon noir qui cachait relativement bien son entrejambe. Ils se fixèrent une bonne minute, accompagnés par le bruit de leurs respirations saccadées, incapables de formuler une phrase cohérente. Ni l'un, ni l'autre n'avait envie de discuter de ce qu'il venait de se passer, ni de ce que ça signifiait, ce n'était pas le bon moment, pas les meilleures circonstances et Hermione craignait trop la réaction de Malefoy pour entamer une réflexion sur le sujet. Alors, au bout d'un moment, elle se détourna de son regard et se dirigea vers la sortie plus tremblante qu'elle ne l'aurait voulu.
"Allons-y, Harry et Ron doivent nous attendre…"
