En trois ans à peine, Lexa, pilote d'hélicoptère d'élite, et Clarke, chirurgienne de combat, avaient formé l'unité de secours la plus redoutée que l'armée n'avait pas vue depuis plus de 52 ans. Spécialisées dans les missions impossibles, celles où d'autres échouaient, elles étaient toujours arrivées à temps pour sauver des vies. Mais aujourd'hui, après avoir repoussé une attaque de mercenaires, Clarke était touchée. Dans une maison abandonnée, Lexa savait qu'il n'y avait plus de secondes à perdre. En tant que pilote, elle pouvait esquiver l'enfer, mais aujourd'hui, c'était à elle d'être le sauveur, et Clarke sa seule priorité.

Le silence de la maison n'était brisé que par les gémissements de Clarke et les battements précipités de Lexa qui résonnaient dans ses oreilles comme un tambour. Elle avait fermé toutes les fenêtres et bloqué la porte pour éviter qu'un retour des mercenaires ne les prenne par surprise, mais maintenant, l'urgence était ailleurs : Clarke perdait beaucoup de sang, et la seule chose qui pouvait encore la sauver, c'était elle.

Clarke était allongée sur une table bancale recouverte d'un drap tâché de sang, son teint plus pâle que jamais. Elle respirait avec difficulté, sa poitrine se soulevant de manière irrégulière.

Lex… souffla-t-elle. Tu dois le faire.

Lexa, les mains tremblantes, fixa son amie. L'expression de Clarke mélangeait douleur et une foi inébranlable en elle, mais cela ne suffisait pas à calmer ses mains.

Je vais le faire, dit-elle plus pour elle-même que pour Clarke. Je vais te sauver.

Lexa arracha les vêtements de Clarke pour avoir un meilleur accès à la plaie. La balle avait pénétré juste en dessous de ses côtes, sur le côté gauche. Le sang continuait à couler, une rivière sombre et persistante. Lexa plaça rapidement des compresses autour, mais elles étaient déjà trempées avant même qu'elle ne commence.

Clarke, ça va faire mal, murmura-t-elle en prenant le scalpel.

J'ai pas besoin d'un avertissement… Vas-y, répondit Clarke, serrant les dents si fort qu'un filet de sang apparut au coin de sa bouche.

Lexa fit la première incision pour agrandir la plaie et accéder à l'intérieur. Le hurlement qui s'échappa de Clarke n'avait rien d'humain. Ses mains griffèrent la table tandis que son corps tentait désespérément de s'éloigner de la douleur.

Ne bouge pas ! cria Lexa en plaçant une main ferme sur son épaule pour la maintenir en place. Si tu bouges, je vais aggraver les choses !

Je… Je vais essayer, souffla Clarke, les larmes ruisselant sur ses joues. Mais ça… ça brûle… tellement…

Lexa essuya rapidement le sang avec une compresse, cherchant désespérément la balle. Elle tâta les bords de la plaie avec une pince, mais chaque geste déclenchait des convulsions chez Clarke. Les muscles de son abdomen se contractaient involontairement, rendant le travail presque impossible.

Lexa… gémit Clarke d'une voix faible. Je vais vomir…

Pas maintenant, Clarke. Garde les yeux sur moi, reste éveillée, je t'en supplie.

Clarke hocha faiblement la tête, mais ses paupières s'alourdissaient déjà. Lexa sentit son propre cœur se briser. Elle savait que Clarke était en train de sombrer.

Soudain, elle trouva la balle, logée contre une artère. Lexa gela une seconde. Si elle faisait un faux mouvement, elle risquait de perforer l'artère et de provoquer une hémorragie massive.

Clarke, écoute-moi, chuchota-t-elle en tentant de calmer son souffle. Je vais devoir la retirer… mais si je touche l'artère, tu vas perdre encore plus de sang. Tu dois rester immobile. Absolument immobile.

Clarke ne répondit pas. Ses yeux papillonnaient, sa tête tombant légèrement sur le côté.

Non, non, non, Clarke ! hurla Lexa, secouant légèrement son épaule. Reste avec moi, ouvre les yeux !

Clarke inspira brusquement, un râle profond qui ressemblait plus à un dernier effort qu'à un retour à la conscience.

Je suis là… murmura-t-elle. Fais-le.

Lexa ferma les yeux, prit une grande inspiration, et plongea la pince dans la plaie. Elle sentit le métal heurter la balle. Elle la saisit avec précaution, mais Clarke hurla, son corps se tordant violemment.

Arrête de bouger ! Clarke, je t'en supplie !

Mais le choc avait pris le dessus. Clarke convulsait faiblement, ses bras retombant sur les côtés. Lexa tira doucement la balle hors de la plaie. Le sang jaillit presque immédiatement.

Merde… Non, non !

Elle tenta de comprimer l'artère avec ses doigts, mais le sang continuait de couler, chaud et poisseux. Clarke était devenue totalement immobile.

Clarke ! cria Lexa, la panique déformant sa voix. Ouvre les yeux ! S'il te plaît, Clarke, ne fais pas ça !

Lexa ne savait pas si elle tremblait de froid ou de peur. Elle attrapa le cautérisateur improvisé qu'elle avait fabriqué avec un morceau de métal et un briquet. Sans réfléchir, elle pressa le métal chauffé contre l'artère. L'odeur de chair brûlée emplit la pièce, mais Clarke ne réagit pas.

Non… murmura Lexa en continuant de travailler. Tu vas tenir. Tu dois tenir, Clarke.

Elle réussit à stopper le saignement, mais le pouls de Clarke était presque inexistant. Lexa posa deux doigts sur son cou, cherchant désespérément un signe de vie.

Respire, Clarke, respire ! hurla-t-elle.

Elle commença un massage cardiaque frénétique, ses larmes tombant sur le visage livide de son amie.

Tu n'as pas le droit de me laisser ! Pas comme ça ! Respire !

Les minutes passèrent, et Clarke ne bougea pas. Lexa sentit une vague de désespoir l'envahir. Ses mains se figèrent, puis tombèrent mollement sur la table. Elle éclata en sanglots, la tête enfouie contre le ventre immobile de Clarke.

Je suis désolée… Clarke, je suis tellement désolée… Lexa essuya la sueur de son front, ses mains couvertes de sang tremblant encore. Elle avait réussi à stopper l'hémorragie, mais Clarke était immobile depuis plusieurs minutes.

Elle approcha un doigt tremblant de son cou, cherchant un pouls. Rien. Puis, après un moment qui sembla durer une éternité, elle sentit un battement faible, irrégulier.

Clarke… murmura-t-elle, les larmes coulant librement sur ses joues. S'il te plaît… reste avec moi.

Clarke ne bougea pas, mais sa poitrine se souleva à peine, une respiration si faible que Lexa dut pencher l'oreille pour la percevoir. Elle n'était pas réveillée, mais elle était vivante.

Lexa s'agenouilla à côté d'elle, agrippant sa main froide.

Je vais te sortir d'ici. Tiens bon… juste encore un peu.

Elle savait que Clarke ne l'entendait probablement pas, mais parler à voix haute la maintenait ancrée. Elle continua de surveiller son état, priant pour que les renforts arrivent avant qu'il ne soit trop tard.