Moi : Bonjouur ! Alors avant que qui que ce soit ne parle : oui ça fait longtemps, JE SAIS ! Seulement cette fic est plus un projet secondaire pour m'amuser qu'un truc sur lequel je me focus vraiment, donc ce sera sûrement pas la dernière fois que y'aura du délai ^^

Kyoya : Sinon, on peut en caser une ?

Moi : Ca dépend, c'est pour être désagréable ?

Gingka : Roh, commencez pas...

Moi : OK, pardon ! Enfin, maintenant que le blabla de début est passé, des choses à dire ? n_n

Ryuga : Chris et moi on a lu le chapitre. Je sais pas quoi penser de la deuxième partie.

Moi : Essaie de la remettre dans son contexte ^^

Ryuga : Mouais.

Chris : La première promet, la deuxième est intéressante, la troisième ça va aussi ! T'as galéré un peu quand même non ?

Moi : Les combats de toupies c'est giga galère à écrire, vous vous rendez pas compte vous...

Chris : On va les laisser le découvrir alors ^^

Moi : Ouais ! Je ne possède pas Métal Fight Beyblade, et bonne lecture à tous !

Gingka : Ah t'as fait le disclaimer cette fois ?

Moi : Oui j'avais envie ~


Zyro arpentait leur prison en long, en large et en travers depuis ce qu'il lui semblait une éternité. La faible lumière filtrée par la petite fenêtre ne les aidait pas à se repérer dans le temps : ils se trouvaient toujours dans la même semi pénombre. Kite avait fini par élaborer la théorie qu'elle ne donnait pas sur l'extérieur, ce que tous jugeaient cohérent. Le plus âgé de leur bande avait aussi remarqué le verre qui la recouvrait, à peine visible à l'œil nu.

Cette information l'avait plongé dans une intense réflexion qu'il conservait depuis un moment. Zyro ne voyait pas ce qu'elle pourrait leur apporter, mais Kite était plus intelligent que lui. Il lui faisait confiance pour analyser ces détails de leur cellule. Pendant ce temps, lui passait sa main sur les murs, à la recherche de la moindre irrégularité. Il ignorait en quoi cette initiative leur servirait, mais aucune autre idée ne lui traversait l'esprit. Ren l'imitait, les mains tremblantes. De leur côté, Sakyo et Shinobu inspectaient la porte couverte de chaînes, dans l'espoir de déceler une faille qu'ils pourraient utiliser. Kira, lui, veillait sur l'inconnu endormi, qui n'avait pas esquissé le moindre mouvement malgré les heures passées.

— Qu'est-ce que ça donne ? finit-il par s'enquérir auprès de ceux qui observaient la sortie condamnée.

Sakyo se contenta de secouer la tête, tandis que Shinobu apporta plus de précisions.

— Rien qu'on ne puisse exploiter, soupira t-il. Les chaînes sont trop lourdes pour qu'on les déplace, et elles bloquent complètement la porte. On ne voit même pas s'il y a une serrure.

— Je ne pense pas, intervint Sakyo. Il y a une sorte de malaise qui en émane. Je pense que celle qui nous a enlevés a utilisé ses pouvoirs pour la sceller.

— Pourquoi des chaînes, alors ?

— Pour nous impressionner, sûrement.

Shinobu leva les yeux au ciel, pestant contre l'arrogance de leur ravisseuse. Kite, de ses côtés, se reconnecta à la réalité, les sourcils froncés.

— Il y a quelque chose que je comprends pas.

Tous les regards convergèrent vers lui. Loin d'être dérangé de devenir le centre de l'attention générale, l'aîné Unabara rejoignit Sakyo et Shinobu, le regard tourné vers le plafond. Situé à trois bons mètres de haut, sa vue disparaissait dans l'obscurité. Zyro ne discernait qu'à peine les pierres qui le composaient, juste assez pour deviner qu'il se trouvait bien à la hauteur qu'il supposait.

— La fenêtre est condamnée, il n'y a aucune faille dans les murs, la porte est complètement fixée au sol et il n'y a pas de serrure. Alors d'où vient l'oxygène ?

Zyro écarquilla les yeux, avant d'aussitôt se diriger vers eux pour observer. Il ne l'aurait jamais remarqué sans les remarques de Kite, mais en effet, on aurait dit que la porte ne faisait qu'une avec les murs. Sur le sol comme sur les côtés, elle se fondait en eux et ne laissait aucune espace pour permettre à l'air de s'y faufiler. Il y passa rapidement la main, confirmant ainsi qu'il ne sentait aucun courant.

— C'est vrai ça, fit Ren. On aurait déjà dû étouffer depuis un moment…

Or personne ne présentait la moindre difficulté respiratoire. Ce qui ne voulait dire qu'une seule chose : il existait une ouverture vers l'extérieur qui leur permettait de respirer. Zyro sentit l'espoir le gagner. Ce n'était qu'une infime piste ; peut-être que la faille était trop petite pour qu'ils puissent s'en servir, mais savoir qu'il leur restait à découvrir sur leur prison l'encourageait à y croire. Comme s'y lisait dans ses pensées, Kite poursuivit :

— Elle doit être assez grande pour donner assez d'air pour sept personnes. Je crois que j'ai une idée, mais je ne suis pas sûr. Est-ce que quelqu'un voit ce qu'il y a là ?

Il pointa le plafond juste au dessus de la porte du doigt. Malgré ses yeux plissés et sa concentration, sa faible vue l'empêchait de discerner ce qu'il cherchait. Doté d'une vision optimale, Shinobu se chargea de l'observation. Au bout d'un moment, il lâcha :

— J'ai l'impression qu'il y a une espèce de plaque noire au dessus de la porte, mais c'est compliqué d'en être sûr avec cette pénombre.

— Je m'en doutais, reprit Kite. Je pense qu'il doit y avoir un conduit d'aération.

Zyro esquissa un grand sourire. Dans les films, les conduits d'aération aidaient toujours les héros à s'échapper de leur geôle ! Avec un peu de chance, leur ravisseuse aurait négligé ce détail ! Une partie plus raisonnable de son esprit lui murmurait que ce serait une sacrée erreur de débutante que de leur donner cette issue, mais l'espoir dominait.

— Attends, ça ne marche que dans les films, ce genre de truc ! rétorqua Ren. Et même, rien ne nous dit qu'il est assez grand pour que l'un de nous s'y faufile !

— Et comment on pourrait l'atteindre ? avança Kira.

Contre toute attente, ce fut Sakyo qui répondit à cette question.

— On peut essayer de grimper.

Avant que qui ce soit ne puisse exiger des explications, le bladeur de Dragoon posa le pied sur une chaîne située près du sol. L'une de ses mains en agrippa une autre, et il se hissa jusqu'à tenir debout sur celles nouées au centre de la porte, à déjà un demi-mètre de hauteur. Les muscles crispés de ses bras montraient qu'il peinait à demeurer stable, ce qui ne suffit toutefois pas à le décourager. Au bout de quelques secondes supplémentaires de labeur, Sakyo se trouvait au sommet de la porte, plus élevé que la tête de Kite.

— Il est complètement dingue, marmonna Ren, mi-exaspérée, mi-admirative.

Ainsi, ils ne discernaient plus la tête de leur ami, seulement le bas de son buste et ses jambes. Il resta immobile un moment, avant d'entamer une descente en reproduisant les mêmes mouvements, dans le sens inverse. Dès qu'il mit pied à terre, Sakyo devança leur interrogation :

— Il y a bien un conduit d'aération, ouvert en plus. Je suis trop grand pour passer, mais je pense que c'est possible pour quelqu'un de plus petit.

— Je rêve, s'exclama Kira. Ca a l'air beaucoup trop facile pour ne pas être un piège.

— Même si la rousse a fait exprès de nous laisser une sortie, c'est toujours mieux que de rester enfermés ici ! argumenta Zyro.

Kira n'y trouva rien à redire. Bien que conscient du danger, l'idée de jouer le rôle du gentil prisonnier docile le hérissait. Aussi il hocha la tête pour marquer son accord, ce à quoi Zyro lui répondit par un large sourire qui colora ses joues de faibles rougeurs. Heureusement pour lui, l'obscurité les masquait.

— OK, on tente alors ! fit Ren, pleine d'espoir. Qui monte ?

Un silence lui répondit, tandis que tous la fixaient avec des regards entendus. D'abord surprise, la jeune femme fit bientôt le lien avec les dernières paroles de Sakyo. Il leur fallait quelqu'un de plus petit que lui… Et parmi eux, la plus petite, c'était elle.

— Oh génial ! maugréa t-elle.


Ryuga détestait l'inaction, en particulier lorsqu'elle lui imposait de se fier à d'autres personnes. Lui agissait en solitaire, sa puissance lui permettant d'accomplir ce qu'il voulait avec ses propres moyens. Pourquoi s'abaisser à réclamer l'aide d'autres personnes quand ses capacités personnelles lui suffisaient ?

Voilà comment il avait pensé pendant des années. A présent, son chemin de réflexion était différent.

Cette manière de voir les combats l'avait poussé sur une voie toxique où il se fermait aux autres. Résultat, il était resté sourd aux efforts de Kenta pour le ramener de leur côté. Lui ne le considérait que comme un gamin trouillard et pleurnichard qui le ralentissait, mais qui refusait d'abandonner pour une raison obscure. Jusqu'à son erreur fatale contre Rago, qui avait failli lui coûter la vie, tout en lui permettant d'enfin ouvrir les yeux. De reconnaître la valeur de ce petit garçon bien plus courageux qu'il ne l'avait jamais été. De réaliser que sa force démentielle ne dominait pas les autres, que même lui possédait des failles qui pouvaient l'entraîner droit vers la défaite.

Une vérité froide, difficile à accepter pour une personne comme lui. En sept années passées entre deux mondes, Ryuga avait eu beaucoup de temps pour y réfléchir. Il avait remis en questions nombre de choses qu'il croyait acquises depuis son réveil à la Nébuleuse Noire. Aussi douloureux que ce soit, il avait fini par intégrer qu'il ne contrôlait pas tout. Que certaines personnes pouvaient le surpasser. Lui qui ne vivait plus vraiment, qui ne restait accroché au fil de la vie uniquement parce que les pouvoirs de Pluto lui accordaient ce droit. L'empereur dragon invincible, indomptable, asocial, dépendait d'un ennemi pour ne pas mourir.

Etait-ce ce que l'on appelait une déchéance ?

A vrai dire, lui-même ne saisissait pas toutes les ficelles du sortilège de Pluto. Il prétendait le maintenir dans l'état où Rago l'avait laissé, pourtant son corps avait vieilli. Sa présence effacée dissimulait ce fait, mais Ryuga savait que ses traits s'étaient affermis, qu'il avait pris quelques centimètres et que ses épaules étaient devenues plus carrées. Ses blessures s'étaient soignées, aussi. Peut-être que le serviteur du mal avait bloqué son énergie vitale ? Son âme ? Honnêtement, Ryuga s'en moquait. Il préférait songer aux conséquences, ou réfléchir à un moyen de sortir de cet état insupportable qui le rendait faible. Il ignorait même si c'était de la faute de Pluto si L-Drago ne lui répondait plus. Son éclat se ternissait de jour en jour. L'empereur dragon comprenait que s'il ne trouvait pas de solution, sa toupie finirait par disparaître. Que ce soit dans une semaine, dans six mois ou dans dix ans, sa lumière s'éteindrait pour de bon.

Quand lui-même se déconnectait du monde, tout devenait froid autour de lui. Une obscurité qui lui glaçait la chair et lui donnait l'impression d'être suspendu au dessus d'un gouffre traversé par le blizzard. Secondes, minutes ou heures, impossible à déterminer. Il n'existait alors ni temps, ni espace. Il ne percevait au loin qu'une source de lumière inaccessible pour lui. C'était comme dormir sans que sa conscience ne soit éteinte. Parfois, des images d'une nouvelle vie possible s'étiraient devant ses yeux, avant de disparaître sans laisser aucune trace. Dans ces moments, Ryuga n'arrivait qu'à se demander à quoi ressemblait la mort. A un noir éternel ? A un lieu baigné de froid ? A une réincarnation, symbolisée par la clarté lointaine ? Lui qui n'y avait jamais réfléchi auparavant se surprenait à espérer que la troisième option soit la bonne. L'idée que perdre la vie rimait avec une disparition complète, à un vide infini, lui faisait peur.

Une émotion qu'il avait oubliée depuis longtemps.

Rester à l'écart de la société lui convenait. Le moindre contact humain lui rappelait ses erreurs, sa prétention, tout ce qui l'avait conduit ici, à demeurer sur la touche pendant que ses anciens adversaires se battaient à sa place. Si cette femme rousse ne menaçait pas Sakyo, il ne serait pas ici. Ce garçon rencontré durant une période où il sombrait était l'une des rares sources de lumière qui éclairaient son existence. Ryuga se reconnaissait en lui, en cet enfant devenu adolescent, un peu arrogant et distant avec les autres. Lorsqu'il l'avait vu pour la première fois, il s'était promis qu'il l'aiderait à ne pas se tromper comme lui l'avait fait. Il n'avait toutefois pas eu à beaucoup intervenir : d'instinct, Sakyo n'avait pas rompu ses liens naissants avec le groupe de bladeurs. L'empereur dragon avait donc pu se retirer, bien déterminé à ne plus intervenir dans la vie de qui que ce soit.

Jusqu'à ce qu'Eris ne débarque pour mettre Sakyo en danger.

Il avait conscience que sa présence ne changerait pas les choses. C'était Kenta qui détenait le fragment d'étoile de l'été, à présent. Aurait-il dû abandonner l'adolescent à son sort pour autant ? Malgré sa certitude que Sakyo pouvait s'en sortir tout seul et qu'il ne servirait à rien, Ryuga n'avait pas pu s'en empêcher. Il avait pris une décision irrationnelle, encore une fois, mais basée sur des émotions bien différentes de celles qui l'animaient sept ans plus tôt.

Il ne voulait pas parler aux autres, parce qu'il ne savait pas quoi leur dire. Qu'exigeraient-ils de lui ? Des explications, des excuses ? Peut-être que cet abruti de Gingka essaierait de le faire venir avec eux, ce que l'empereur dragon ne comptait guère accepter. A quoi bon ? Ce n'était pas comme s'ils pourraient créer des liens, maintenant. Il était trop tard pour ça.

Alors Ryuga se contentait d'assister à leur combat, car il ne pouvait rien faire d'autre pour le moment. Et quelque chose lui soufflait que quelle qu'en soit l'issue, les complications commençaient tout juste pour lui.


Ce combat venait tout juste de débuter que Chris le considérait déjà comme l'un des pires de sa vie.

Pour cause, à ses yeux il ne s'agissait pas d'un véritable duel Beyblade. Les toupies tournoyaient au sein du stadium depuis déjà quelques minutes, sans que ni Lucina ni Pluto ne daignent mener le moindre assaut. Darkhelm restait derrière Inari, qui le protégeait du moindre adversaire qui essayait de l'attaquer. La toupie de Lucina n'effectuait aucun dégât sur les leurs, en revanche son système de réserves faisait qu'elle conversait une énergie anormale alors qu'elle avait reçu un certain nombre de coups. L'ancien mercenaire n'avait aucune ébauche d'explication quant à ce phénomène. La mécanique du Beyblade ne faisait pas partie de ses qualités premières. Il élaborait une théorie dont l'origine ne prenait pas racine sur la technique : Inari appartenait à une entité divine. A ce titre, elle possédait un statut différent des toupies humaines, un peu comme Némésis – à moindre échelle. Les pouvoirs du Dieu de la Destruction ne se justifiaient pas par la science mortelle : pourquoi serait-ce différent pour ses congénères ?

Quoi qu'il en soit, ce pouvoir allait leur poser problème. Inari allait éterniser le combat jusqu'à ce que Destra catalyse assez de leur pouvoir pour réveiller son frère. La déesse assise sur son trône tendait les mains vers eux, illuminée d'une aura violette qui lui donnait un air invincible. Ses yeux rayonnaient de leur teinte écarlate et son sourire s'étirait avec vice. Chris aurait juré que certaines mèches de ses cheveux lévitaient sous l'afflux de ses pouvoirs, mais il n'aurait su le déterminer avec précision à cause de la distance. Près d'eux, l'énergie malveillante qui émanait de la porte aux barreaux noirs l'oppressait. Elle devenait de plus en plus étouffante, lui donnant l'impression qu'un poids sur sa cage thoracique perturbait sa respiration. Chris essuya une goutte de sueur qui perlait à son front, inquiet. Si quelques minutes suffisaient à la déesse pour fragiliser la prison de Thanatos, il n'osait imaginer ce qui se produirait s'ils poursuivaient ainsi.

Les autres se faisaient la même réflexion, à en juger leurs expressions. King fut le premier à perdre patience : il poussa une exclamation enragée et ses cheveux blanchirent sous sa soudaine montée en rage.

— C'est bon, j'en ai marre ! Si tu aimes encaisser les attaques des autres, eh bah tu vas être servie !

Il leva les poings et asséna :

— Vari Arès ! Epée Tonnerre du King !

Toutes les toupies alliées situées à proximité de Vari Arès rebroussèrent aussitôt chemin pour ne pas être embarquées dans la violence de son coup. A la seconde où sa roue de fusion percuta Inari, une violente explosion projeta de la fumée au milieu du stadium, aveuglant les bladeurs.

— T'es cinglé ou quoi ?! cria Masamune. T'aurais pu nous avoir aussi !

— Ouais bah à un moment faut se bouger un peu ! répliqua King. J'en avais marre de voir tout le monde attendre que le temps passe, c'est pas comme ça qu'on va gagner ! Mais bon, maintenant je suis sûr que c'est…

La fumée se dissipa en simultané de la phrase du jeune homme. Tous purent alors constater le résultat de son initiative : inexistant. Inari tournait toujours tranquillement, à croire qu'elle venait tout juste d'être lancée. La version féminine de son spectre flottait au dessus d'elle.

— … gagné…, termina le bladeur légendaire de Mars d'une voix à peine audible qui provoqua l'hilarité de Lucina.

— Franchement, tu penses vraiment que je serais la servante de Dame Destra si mon pouvoir était aussi facile à contrer ? Votre stupide force brute ne suffira pas !

La manifestation d'Inari se fondit en elle, et elle continua de tourner autour de Darkhelm comme une protectrice. Pluto ne réagissait pas, se contentant d'observer l'affrontement d'un regard terne. Il n'avait ni esquissé le moindre mouvement ni prononcé un seul mot depuis le lancement.

— Qu'est-ce qu'on fait ? hasarda Bao. Si la puissance de King n'a pas suffi pour la déstabiliser…

— On n'a qu'à essayer à plusieurs ! s'écria Yu. Toutes les toupies ont un seuil de tolérance aux attaques, on va forcément atteindre celui d'Inari à force !

L'ancien membre du Poing de Beylin ne répondit pas, dubitatif. Lucina lui paraissait bien trop confiante pour que ce soit aussi facile. Yu avait raison sur un point : aucune toupie n'était invincible. La capacité de résistance d'Inari avait forcément une faiblesse, restait à trouver laquelle. Il songea que pendant que les puissances brutes attaquaient, les esprits plus analystes comme le sien pourraient en profiter pour chercher la faille dans la protection de leur ennemie.

— On peut tenter, mais pas tous en même temps, objecta Yuki. Sinon, nos toupies seront aussi soufflées par l'impact.

— Bah juste quelques-uns alors ! fit Yu. Peu importe, moi j'y vais ! Libra, Jugement Infernal Final !

Les secondes suivantes s'écoulèrent comme si elles étaient suspendues hors du temps. Tous prirent la décision d'avancer ou de reculer en un battement de cils ; au final, trois toupies suivirent Libra.

Crocs Broyants du Roi Lion !

Galaxie Nova !

Eclair de Lumière !

Tout l'environnement disparut sous le choc lorsqu'elles frappèrent toutes dans une synchronisation mathématique. Les alliés qui n'attaquaient pas s'étaient réfugiés près des bords du stadium, dans l'espoir d'éviter la déflagration. Heureusement pour eux, personne ne fut éjecté, même si Aries l'échappa belle, sauvée à la dernière minute par Kronos qui l'avait rattrapée. Hyoma adressa un signe de la main à Aguma pour le remercier, avant de se reconcentrer sur le résultat de l'initiative de ses quatre amis.

Un manque de surprise presque cynique en envahit certains en découvrant Inari, intacte. Les bladeurs qui venaient d'attaquer pestèrent de frustration, furieux de leur échec.

— Mais sans déconner, il faut faire quoi pour l'atteindre ? râla Masamune. Elle peut pas ne pas avoir de point faible !

S'il l'aurait exprimé en des termes moins vulgaires, Yuki approuvait cette déclaration. Il fronça les sourcils, plongé dans ses pensées. Le sourire de Lucina, la rotation d'Inari… Il en vint à repenser à son combat contre Gingka, quelques jours plus tôt. Un souvenir le fit sursauter.

— Attendez, lors du combat contre Gingka, il y a bien une attaque qui l'a affectée, non ? Je crois me souvenir que c'était le mode barrage de Pégasus…

Le bladeur concerné fronça les sourcils. Le temps et les émotions vécues récemment rendaient ses souvenirs de la bataille en question un peu flous… Mais maintenant que son ami en parlait, cela lui rappelait quelque chose. Il lui semblait bien que son mode barrage lui avait permis de dégager Inari du centre du stadium, et qu'elle avait été obligée d'utiliser une technique pour régénérer son énergie !

— Oui, c'est vrai ! s'écria t-il. Comment tu penses qu'on peut utiliser ça ?

Le bladeur de Mercure jeta un coup d'œil en direction de Lucina. La servante de Destra écoutait leur échange avec un air méprisant plaqué sur son visage, le même qu'elle arborait depuis le début du combat. Pourtant, le jeune homme jura apercevoir une tension dans ses muscles qui n'existait pas auparavant. Convaincu de tenir le bon bout, il élabora un plan en quelques secondes dans sa tête.

— Je voudrais essayer quelque chose. Est-ce que quelqu'un veut attaquer avec moi ?

— Vas-y, lança Chris à côté de lui, je te suis !

— OK ! Les autres, est-ce que vous pourriez essayer de bloquer Inari ? Qu'elle ne puisse pas esquiver ?

Les bladeurs échangèrent des regards perplexes. Jusqu'ici, Lucina ne prenait pas la peine d'esquiver leurs attaques, certaine de pouvoir toutes les encaisser. Ils ne voyaient pas pourquoi elle changerait de stratégie en plein milieu de l'affrontement, alors qu'elle menait toujours. Toutefois, cette assurance si rare chez Yuki leur donna envie de lui faire confiance. Même Kyoya songea que ce type qui l'énervait quand ils étaient adolescents avait bien évolué. La grimace sur le visage de cette insupportable rouquine l'encourageait à tenter le coup !

— Chris, souffla le bladeur d'Anubius, quand j'aurai lancé mon coup spécial, attends quelques secondes pour lancer le tien. Il ne faut pas qu'on la frappe tous les deux en même temps.

S'il ne voyait pas où son ami voulait en venir, le bladeur de l'hiver hocha la tête. Qu'il s'agisse d'une bonne ou d'une mauvaise idée, il préférait suivre l'initiative de Yuki plutôt que d'attendre que le duel se termine sans rien essayer.

Pendant que le jeune homme aux lunettes adressait ces mots à son partenaire d'attaque, les autres toupies se mettaient en place. En voyant Hadès Crown et Sagittario se diriger vers elle, la nymphe à la blouse blanche fronça les sourcils. A la surprise générale, comme l'avait prédit Yuki, elle chercha à se dérober sur le côté. Elle pesta en rencontrant Leone et Quetzalcoatl sur son chemin. Aries et Pégasus s'empressèrent de se joindre au barrage pour parfaire de bloquer Inari ; la seule issue qui lui restait menait tout droit vers Anubius et Orion. Quant à Darkhelm, elle aussi se retrouvait bloquée par toutes les toupies restantes, pour l'empêcher de venir protéger son alliée. Si Pluto demeurait impassible, les yeux de Lucina s'écarquillaient de manière très encourageante.

— Qu'est-ce que vous faites ? lança t-elle d'une voix furieuse.

— Tu vas très vite le savoir ! rétorqua Yuki. Anubius !

L'aura bleutée qui l'enveloppa marqua l'arrivée du spectre de sa toupie, plus assuré que jamais. Derrière sa congénère de Mercure, Orion attendait, illuminée d'un bordeaux qui attendait son tour pour s'épanouir.

Impact du Courage !

Anubius fonça sur Inari qui, bloquée, ne put rien faire d'autre que le regarder foncer vers elle. Chris attendit quelques secondes pour préparer à son tour son coup spécial.

— Orion, Boucle de Barnard !

Contrairement au simultané parfait du précédent assaut, leurs deux frappes heurtèrent leur ennemie en décalé : Anubius en premier, Orion une seconde plus tard. Cette fois-ci, aucune arrogance ne peignait plus le visage de Lucina lorsque le choc des coups se dissipa. Ils comprirent ce qui causait ce changement d'attitude lorsqu'ils constatèrent qu'Inari peinait à présent à tourner. Elle avait été affectée par leurs attaques !

— C'est génial, Yuki ! fit Yu en direction du concerné. Comment tu as su que ça allait marcher ?

— Eh bien, le principe du mode barrage de Pégasus est de délivrer plusieurs attaques à la suite. Alors je me suis dit qu'Inari ne pouvait peut-être encaisser qu'un choc à la fois, et que si elle en recevait un autre alors qu'elle se remettait du premier, ça l'affecterait.

— Ouah, j'y aurais pas pensé ! T'es trop intelligent !

Le bladeur de Mercure rougit du compliment, empli de fierté que son plan ait fonctionné. Lui qui aimait se sentir utile reçut un gain de confiance en constatant que ses stratégies pouvaient aider ses alliés. De l'autre côté du stadium, la servante de Destra ne prévoyait pas de se laisser vaincre aussi facilement. Elle se ressaisit et tendit les paumes devant elle : aussitôt, le spectre féminin de son partenaire de combat se matérialisa. Aguma comprit aussitôt ce qu'elle tramait et lança Kronos pour l'arrêter, mais trouva Darkhelm sur sa route. Dans l'euphorie de leur réussite, ceux qui l'empêchaient de passer avaient relâché leur vigilance, lui permettant de se faufiler dans une faille de leur défense.

Pluto lança un regard signifiant « Tu pensais que j'allais te laisser faire ? » en direction d'Aguma, qui songeait sérieusement à forcer le passage tant qu'il en était encore temps. Toutefois, un éclat pourpre les devança tout deux, les dépassant à une vitesse trop élevée pour que le serviteur du mal ne puisse l'en empêcher.

Attaque Flash ! cria Bao.

La lumière rouge d'Hadès Crown percuta Inari alors que Lucina ouvrait la bouche pour utiliser sa technique afin de récupérer des forces. Personne ne savait encore comment celle-ci fonctionnait, mais ils se souvenaient de son emploi lors du combat contre Gingka. Hors de question de la laisser faire alors qu'ils venaient tout juste de trouver sa faiblesse !

Inari ne s'était pas arrêtée sous le coup spécial de Bao, mais ses forces faiblissaient à vue d'œil. Son esprit féminin perdait en présence, annonçant sa dématérialisation future. Le visage crispé sous l'énervement, Lucina serra les poings. Gingka se demanda si elle allait leur crier dessus : elle le surprit en se tournant vers Pluto.

— Tu comptes te bouger à un moment ? C'est moi qui fais tout depuis le début du combat !

— Ca te convenait bien tant qu'ils n'avaient pas compris ta faiblesse, répliqua Pluto d'un ton détaché, comme si ses reproches ne le concernaient pas.

— Evidemment, c'était ce qu'on avait convenu ! Mais maintenant, il faut…

— Il suffit.

La nymphe aux cheveux roux sursauta : pour cause, ce n'était pas son collègue qui venait de prononcer cette phrase. Ce ton grave et victorieux provenait du trône à quelques mètres de là. Destra s'était levée, aussi souriante que si ses serviteurs venaient de l'emporter. L'aura qui l'entourait devenait plus dense, si bien que Chris ressentit le même malaise qu'au début de l'affrontement. D'instinct, son regard dériva vers la prison située près du stadium. Son cœur rata un battement lorsqu'il constata que l'éclair bleuté qui illuminait les barreaux venait de disparaître.

Il ignorait ce que cela signifiait, mais cela ne présageait rien de bon.

Pile à cet instant, une silhouette apparut à leurs côtés. Les bladeurs écarquillèrent en reconnaissant Nyx, essoufflée et inquiète.

— Ils ne sont pas là ! annonça t-elle. Les adolescents ne sont pas ici ! On s'est faits avoir !

Ils le savaient. Dès le moment où ils avaient décidé de suivre les directives de Destra alors qu'ils devinaient le piège qui se refermaient sur eux, les bladeurs avaient su qu'elle leur jouerait un tour quelconque. Cependant, personne n'avait songé à cette éventualité : que leurs protégés n'étaient pas retenus prisonniers dans ce temple en ruines.

Et à en juger par le sourire de Destra, elle l'avait fait exprès.

— Eh bien quoi ? fit-elle. J'ai promis de libérer vos protégés, mais je n'ai jamais précisé s'ils se trouvaient ici ou non. Vous pensez vraiment que je suis bête au point de laisser ma mère aller les libérer pendant que vous combattez ? Au passage, ajouta t-elle en se tournant vers la Déesse de la Nuit, bonjour, mère. Ca fait bien longtemps que nous ne nous sommes pas vues.

Nyx l'observa avant de répondre. Dans ses pupilles rouges apparaissait un mélange de joie et de peine. De joie car, malgré le contexte qui les amenait ici, revoir sa fille faisait plaisir à la mère qu'elle était. De peine, car les circonstances primaient sur ses émotions et qu'elles n'inauguraient rien de bon. La divinité n'avait qu'à contempler la puissance que dégageait la Déesse de la Discorde pour comprendre qu'elle arrivait trop tard.

— Q-Qu'est-ce qu'il se passe ? trembla Madoka. Je me sens super mal à l'aise d'un coup…

Nyx la regarda se frotter ses bras parcourus de chair de poule. Si elle ne ressentait que maintenant le poids de l'énergie divine, la déesse décrypta les expressions des autres, comprenant que d'autres combattaient avec cette sensation depuis un moment. La sensibilité des mortels à leurs pouvoirs dépendait de l'individu ; quoi qu'il en soit, Nyx n'aurait jamais voulu que quiconque ait à capter le pouvoir de Thanatos.

Alors que l'atmosphère continuait de s'alourdir pour les humains, les yeux de Destra devenaient entièrement rouges, un bel écarlate qui luisait dans ses orbites. Elle tendit la paume vers le stadium, juste à temps pour saisir à pleine main une émanation noirâtre qui s'en dégageait. Puis, comme une cheffe d'orchestre dominerait la musique, elle la redirigea vers la prison. Un grondement en jaillit, inaudible, mais qui se ressentit dans les os de chacun. On aurait dit qu'une bête guettait sa nourriture, dissimulée par l'obscurité.

L'aura sombre dépassa les bladeurs médusés. Pris d'une impulsion, Masamune voulut l'attraper pour stopper sa progression, mais fut arrêté par une intervention de Nyx.

— Non, ne la touche surtout pas ! Tu ne pourrais pas la supporter !

Le jeune homme retira sa main aussi vite que s'il avait subi une brûlure. Il n'avait rien capté en approchant sa peau, mais l'urgence dans le ton de Nyx lui passait toute envie de n'en faire qu'à sa tête. La déesse s'approcha, et à chaque mot qu'elle prononçait, le fil noir se rapprochait des barreaux.

— Elle a réussi à intégrer l'énergie que vous avez dégagée pendant le combat. Je ne pensais pas que cela irait aussi vite…

— Tu as toujours eu tendance à me sous-estimer, lui reprocha Destra. Au passage, merci à vous d'avoir utilisé autant de vos coups spéciaux contre Lucina, ça a drôlement accéléré le processus !

Tous blêmirent en réalisant qu'en essayant d'en finir le plus vite pour empêcher le pire, ils l'avaient en fait précipité. La fierté toute nouvelle de Yuki se mua en une culpabilité qui lui serra la gorge. En face d'eux, Lucina avait retrouvé son sourire. Elle rappela Inari, imitée par Pluto avec sa propre toupie. Lui en revanche ne paraissait pas plus emballé que cela par leur réussite.

L'aura noire termina de se faufiler dans la prison. Pendant une seconde, rien ne se produisit. Puis toute la pièce fut plongée dans une lumière violette qui éblouit les mortels. Les divinités, elles, purent voir des fissures craqueler les barreaux, les fragilisant jusqu'à les briser en un fracas assourdissant.

Alors tout disparut. La pression qui alourdissait les humains s'en fut, et ils eurent l'impression de pouvoir respirer à nouveau. Leur soulagement fut toutefois de courte durée, lorsqu'ils constatèrent que si la porte enchaînée n'était plus, deux silhouettes masculines l'avaient remplacé. L'une se tenait en retrait, le dos incliné. La seconde en revanche s'avança fièrement, un sourire en coin étirant ses lèvres. Son teint cadavérique, ses cheveux ébènes et ses yeux écarlates ne laissaient aucun doute quant à son identité.

Thanatos était libre.


Chris : Ca pue très fort là non ?

Moi : Si mouhéhéhéhé

Gingka : Et du coup ils sont où Zyro et les autres ?

Moi : Mais je vais pas le dire, ce serait spoiler ! On l'apprendra au moment voulu ~

Gingka : J'ai trop de questions...

Chris : C'est du spoil de demander qui est le type avec Thanatos slash Lance ?

Moi : Oh pour le coup pas vraiment : c'est son serviteur ! Comme Rago avait Pluto et Destra a Lucina ^^

Chris : Aaaah, legit.

Moi : Et sur ces belles questions je vais vous lancer ! Je donne pas de date du coup, juste à la prochaine, byeeee

Chris : Hésitez pas à commenter !