Chapitre 3 : La Grande Évasion

Le crépuscule enveloppait l'orphelinat d'une lumière rougeâtre, peignant les murs délabrés et les fenêtres brisées d'un éclat presque sinistre. Tanya était assise sur une caisse en bois dans la cour, observant Viktoriya et d'autres enfants jouer. Elle n'avait pas l'intention d'intervenir ce soir-là. Tout semblait calme.

Pourtant, au fond de son esprit, un mauvais pressentiment lui serrait le cœur.

Erich, qui passait souvent ses journées à réparer des objets dans un coin de l'orphelinat, arriva silencieusement derrière elle. Bien qu'il n'interagisse pas souvent directement avec Tanya, il semblait toujours traîner dans les parages, comme s'il essayait de comprendre qui elle était vraiment.

« Je suppose que tu sens aussi que quelque chose ne va pas », dit-il finalement, brisant le silence.

Tanya tourna la tête vers lui.

« Pourquoi dis-tu ça? »

Erich croisa les bras et jeta un regard autour de la cour.

« Les surveillants sont étrangement calmes aujourd'hui. Ils ne nous ont même pas crié dessus pour avoir traîné dehors trop longtemps. Ce n'est pas leur genre. »

Tanya fronça légèrement les sourcils. Erich avait raison. Les surveillants, habituellement bruyants et impatients, étaient étrangement absents depuis l'après-midi.

« Peut-être qu'ils sont juste fatigués, » répondit-elle, mais sa voix trahissait un soupçon de doute.

Erich ne répondit pas, mais Tanya pouvait voir qu'il partageait ses inquiétudes.

Plus tard dans la soirée, alors que les enfants retournaient dans le dortoir pour se préparer à dormir, Tanya entendit des voix venant de l'autre côté de la cour.

Elle se faufila discrètement jusqu'à la fenêtre brisée qui donnait sur le bureau principal de l'orphelinat. À travers les éclats de verre, elle aperçut deux surveillants parlant avec un groupe d'hommes à l'apparence douteuse.

Ils portaient des vêtements sombres et semblaient armés. L'un d'eux, un Twi'lek à la peau rouge, était accroupi sur une caisse, une arme blaster à sa ceinture.

Tanya plissa les yeux, écoutant attentivement.

« ...Vous êtes sûr qu'ils ne poseront pas de problème? » demanda le Twi'lek, sa voix rauque.

« Ne vous inquiétez pas », répondit l'un des surveillants. « Ces enfants sont faibles. Ils ne poseront aucune résistance. Vous pouvez prendre ceux que vous voulez. »

Tanya sentit son estomac se nouer.

« Combien? » demanda un autre homme.

Le surveillant désigna une liste posée sur la table. « Dix. Peut-être quinze, si vous payez bien. Ils ne manqueront à personne. »

Les esclavagistes hochèrent la tête.

Tanya recula lentement, son cœur battant à tout rompre. Elle n'avait jamais été confrontée à une telle situation dans sa vie précédente. Mais une chose était claire : si elle ne faisait rien, des enfants allaient être vendus comme esclaves.

Tanya retourna rapidement dans le dortoir et réveilla Viktoriya, qui dormait paisiblement.

« Viktoriya », chuchota-t-elle.

La jeune fille ouvrit les yeux, confuse.

« Qu'est-ce qui se passe? » murmura-t-elle.

Tanya posa une main rassurante sur son épaule.

« On n'a pas beaucoup de temps. Il y a des hommes ici. Ils veulent emmener certains d'entre nous. »

Viktoriya blêmit.

« Que… quoi? Comment tu sais ça? »

« Je les ai entendus », répondit Tanya d'une voix ferme. « Fais-moi confiance. Je vais trouver un moyen de sortir tout le monde d'ici. »

Tanya se leva et jeta un regard vers les autres lits. Beaucoup d'enfants dormaient encore, inconscients du danger imminent.

Alors qu'elle réveillait doucement certains enfants, Tanya remarqua quelque chose dans un coin de la pièce. Marko, l'ancien tyran de l'orphelinat, dormait à moitié recroquevillé sur son lit. Ses ronflements discrets étaient les seuls bruits audibles dans le dortoir. Tanya fronça les sourcils.

Elle hésita un instant, mais décida de réveiller Marko également.

« Marko », murmura-t-elle en le secouant légèrement.

Il ouvrit un œil, visiblement irrité.

« Qu'est-ce que tu veux? » grommela-t-il.

« Il y a des hommes ici. Ils viennent pour nous emmener », expliqua Tanya.

Marko la fixa, incrédule.

« Quoi? Tu inventes encore des histoires? »

Avant que Tanya ne puisse répondre, un bruit sourd retentit dans le couloir. La porte s'ouvrit brusquement, et deux esclavagistes entrèrent dans le dortoir, leur silhouette sombre se découpant dans la lumière vacillante du couloir.

« Vous deux, là-bas », dit l'un des hommes en pointant Marko et un autre garçon. « Vous venez avec nous. »

Les yeux de Marko s'élargirent de terreur.

Tanya réagit sans réfléchir. Elle ouvrit son espace de stockage et attrapa rapidement une lampe holographique multifonction qu'elle avait achetée plus tôt dans la boutique du système. Elle activa l'appareil, projetant une lumière vive et aveuglante qui remplit toute la pièce.

Les esclavagistes poussèrent des jurons, couvrant leurs yeux.

« Courez! » cria Tanya en tirant Marko par le bras.

Le garçon, d'abord paralysé, se laissa entraîner hors du dortoir avec les autres enfants, tandis que Tanya guidait le groupe vers une fenêtre à l'arrière du bâtiment.

Une fois à l'extérieur, Marko s'effondra dans la cour, haletant.

« Tu… tu m'as sauvé», dit-il, la voix tremblante.

Tanya, toujours concentrée, jeta un coup d'œil vers l'entrée principale où les esclavagistes commençaient à se regrouper.

« Oui, et si tu veux rester en vie, tu ferais bien de bouger », répondit-elle calmement.

Marko secoua la tête, reprenant son souffle.

« Non. Je te dois ma vie. À partir de maintenant, je suis ton garde du corps. Je ferai tout ce que tu veux », déclara-t-il avec une conviction surprenante.

Tanya le fixa, perplexe.

« Ce n'est pas nécessaire. »

Mais Marko secoua la tête avec obstination.

« Si! Tu m'as sauvé, et c'est tout ce qui compte. Je te protégerai. »

Guidés par Tanya et Erich, les enfants s'enfoncèrent dans la forêt voisine, laissant derrière eux l'orphelinat et les esclavagistes furieux. Tanya, maintenant flanquée de Viktoriya et d'un Marko étonnamment docile, regarda les visages fatigués mais reconnaissants des enfants autour d'elle.

Elle respira profondément, sachant qu'ils étaient temporairement en sécurité.

Mais elle savait aussi que ce n'était que le début.