Auteur Note :
Comment dire...ce chapitre a eu mille version ? Mon syndrome de la page blanche n'a pas aidé mais bon, au moins j'ai enfin pu le poster :')
Désolée pour ce long temps de pause, entre ce qui se passe dans le monde et mes changements IRL, c'était compliqué pour moi d'écrire.
Chapitre 8
"Par Etro, je n'en reviens pas."
"Fang…"
"Je devrais t'étriper sur place ! Pourquoi je ne l'ai pas encore fait, dites-le moi ?!" grogna la brune en levant les bras au ciel comme si elle attendait une réponse venant d'en haut.
Vanille croisa les bras avec lassitude. "Ça y est, tu as fini ?" Cela faisait déjà plus de quinze minutes que la rousse observait son amie s'insurger et tourner en rond dans le bosquet.
La chasseuse cessa ses lamentations avant de se tourner brusquement vers sa cadette. Elle s'approcha à grand pas et pointa un doigt accusateur à son visage.
"Oerba Dia Vanille, tu vas nous mener à notre perte, et tu devras en prendre la responsabilité."
La guérisseuse roula des yeux et écarta fermement la main de Fang d'un geste bref, exaspérée par son attitude dramatique. "Oh, ça suffit Fang, tu exagères."
"Non, je n'exagère pas. Ce que je ne comprends pas, c'est comment ça ne rentre pas dans ta petite cervelle !" Fang pointa cette fois-ci la tente de leur campement à quelques pas d'elles. "Une fois, je peux passer outre, mais deux ?! Qu'est-ce qui te passe par la tête ! Tu t'imagines si tu t'étais fait voir ?"
"Mais, ça n'a pas été le cas ! J'ai été prudente !"
La brune ouvrit la bouche prête à incendier son amie, mais son énergie la quitta rapidement lorsqu'elle vit l'expression de Vanille. Une expression qui lui disait qu'elle était sûre d'avoir fait le bon choix et qu'elle ne changerait pas d'avis qu'importe ce que lui dirait son aînée.
Oh, combien Fang voulait la secouer ! Lui crier qu'elle se trompait complètement et qu'elle était totalement inconsciente !
Comment Vanille pouvait être aussi têtue ?
Comment pouvait-elle s'être dite que sauver un soldat cocoonien d'un vaisseau qui venait de s'écraser, serait une bonne idée ?
Car oui, c'était bien ce qu'elle avait encore fait ! Derrière son dos qui plus est !
Les deux amies se trouvaient depuis plusieurs jours aux frontières de Cocoon, explorant les environs à la recherche de la moindre information sur les disparitions de pulsiens. Elles avaient enfin eu le feu vert d'Ivinh après leur échange avec le messager de Paddra. Le messager qui n'était autre que Noel Kreiss, le plus jeune des deux Gardiens de l'Oracle. Et comme ils l'avaient pensé, ce dernier était venu partager la vision qu'avait eu l'Oracle.
Ou plutôt, ce qui s'approchait le plus d'une prophétie.
Aussi bien qu'elle s'en souvenait, cela devait être la première fois qu'une prophétie était reçue par un Oracle. Il n'y en avait jamais eu au cours de l'ère des Drakons. Les Oracles avaient toujours ce lien avec la grande Déesse, mais ils ne pouvaient qu'interpréter des signes. Jamais Etro n'avait envoyé de réelles visions concrètes. Mais de ce qu'avait dit le Gardien, les images avaient été on ne peut plus claires.
Repenser à cette prophétie la fit bouillir de colère.
Tant qu'elle serait en vie, elle ne laisserait jamais ce qu'il leur avait dit se produire.
Jamais.
Et cela allait commencer par se débarrasser du soldat cocoonien qui était actuellement dans leur tente.
"Fang ! Où est-ce que tu vas ?!"
"Faire ce qui aurait dû être fait." répondit-elle avec détermination avant de s'éloigner de la petite rousse et de se diriger à grands pas vers sa cible.
"Fang ! Sois raisonnable, tu ne vas pas t'attaquer à quelqu'un de blessé !" rétorqua Vanille. "En tant que guérisseuse, je ne peux pas te laisser faire !"
La petite rousse tenta d'attraper le poignet de son amie afin de l'intercepter mais la brune la repoussa aisément. Elle entra dans leur lieu de repos temporaire à grands pas, prête à en découdre avec les soldats du petit continent.
Il allait regretter d'avoir commis l'erreur de s'écraser sur leur territoire. Elle allait s'en assurer !
Alors qu'elle pénétra dans la tente et que son regard se posa sur la silhouette encore inconsciente. Elle s'arrêta net, se figeant telle une statue de marbre.
"Encore toi…" grogna Fang.
Ces cheveux et ce teint pâle… elle les avait déjà vus. Ils étaient exactement les mêmes que ceux de l'éclaireur de Cocoon qu'elle avait sauvé par accident.
Un rire nerveux s'échappa de ses lèvres.
Décidément, le destin semblait vouloir se moquer d'elle. Ou la punir, elle ne savait pas vraiment. Mais la mettre face à face avec la dernière personne qu'elle aurait voulu sauver mais qu'elle avait fait malgré elle, était plutôt cruel.
L'amertume vint remplacer la colère.
C'est également à ce moment que Vanille entra dans la tente, prête à se jeter sur sa camarade pour l'empêcher de faire le pire. Dans sa précipitation, elle ne remarqua pas que la brune s'était arrêtée à l'entrée de la tente, et couina lorsque son visage rencontra le dos rigide de la brune.
Elle se frotta le front suite au choc et fixa le dos devant elle, légèrement interloquée. "Fang ?"
"Tu savais…" Maintenant qu'elle y pensait, le comportement évasif de Vanille faisait un peu plus sens. "C'est pour ça que tu ne voulais pas me le dire…" La déception était claire dans sa voix alors qu'elle murmurait ses pensées à voix haute.
Vanille fixa le sol, cherchant probablement la meilleure façon de s'expliquer.
"Je savais comment tu allais réagir." Elle prit sa voix la plus grave pour tenter de se rapprocher du timbre sonore de la grande guerrière. "Vanille, ce n'est pas un concours de circonstance ! Vanille, nous devrions nous débarrasser d'elle." La petite rousse redressa finalement la tête et plongea son regard dans celui de Fang avec assurance. "Mais, tu n'étais pas là. Tu n'as pas vu ce que j'ai vu, Fang."
Une fois de plus, son assurance exaspéra profondément Fang qui ne put s'empêcher de secouer la tête avec scepticisme.
Les cocooniens étaient tous les mêmes, des vipères qui n'étaient rien d'autre que des êtres sans une once d'humanité. Tout au long de sa courte existence, elle avait pu assister à leurs atrocités. Encore plus de la part de leurs soldats.
"Et qu'est-ce que je n'aurais pas vu ?" demanda-t-elle ironiquement.
"Son vaisseau." répondit la petite rousse en désignant la cocoonienne blessée. "Tentant de fuir d'autres vaisseaux cocooniens qui la pourchassait."
"Et alors ? Ça ne prouve rien. Peut-être qu'elle le méritait." Même au sein de leur propre nid, Fang était sûre que les vipères pouvaient se mordre ou se cracher du venin entre eux. Elle ne serait pas plus surprise que cela soit le cas avec la soldate.
"Ou peut-être qu'elle n'était pas d'accord avec eux ! Les cocooniens sont aussi des êtres humains, Fang. Tout comme les pulsiens, il y en a qui veulent sûrement la paix ! Toi-même tu t'es demandé comment le chasseur de Ethla'Hag s'était enfui. Peut-être qu'elle l'a aidé mais qu'il a tout de même perdu le contrôle ? Peut-être que c'est pour ça que les cocooniens l'ont pourchassé ?"
Il n'aurait même pas dû se retrouver dans cette situation en premier lieu ! se retint de dire la guerrière. La faute revenait encore aux cocooniens. Quand Vanille ouvrirait-elle les yeux ?! A mesure que la guérisseuse essayait de défendre la soldate blessée, la colère de Fang ne fit que se raviver.
"Tu te fais le scénario qui conviendrait le mieux à ta conscience pour ne pas à avoir à l'éliminer ! Que fais-tu de la prophétie de l'Oracle, hein ? Tu as déjà oublié ?!"
"Tu ne peux pas te faire juge et bourreau !" s'exclama brusquement Vanille.
Fang resta sans voix.
C'était l'une des premières fois que Vanille s'emportait de cette façon contre elle. Il lui fallut quelques instants pour réellement assimiler ce que son amie venait de lui dire. Ce n'est que lorsqu'elle aperçut brièvement ce qui ressemblait à un reproche dans l'expression de la guérisseuse, qu'elle sortit de sa stupeur. Et instantanément, sa gorge se serra.
Un million d'arguments lui vinrent à l'esprit pour justifier que, oui, elle pouvait avoir ce droit, comme celui que ces maudits cocooniens s'étaient donné face aux milliers de leurs pairs qu'ils avaient perdus. Face à leurs amis, à leur famille qu'ils n'avaient plus et dont l'absence pesait constamment sur leur cœur.
C'était déjà trop à supporter pour elle. Et l'expression sur le visage de son ami d'enfance ne le rendait que plus insupportable encore.
"Écoute…" reprit doucement Vanille.
Mais Fang n'en avait pas envie. Se battre inutilement ne l'intéressait pas, et Vanille avait déjà fait son choix.
Tout ce qu'elle voulait maintenant, c'était de s'éloigner le plus possible de cette maudite tente.
"Très bien, j'ai compris." répondit-elle sèchement pour couper court à leur discussion.
"Fang…"
Par réflexe, la guerrière recula d'un pas, manquant la main qui tenta de se poser sur son avant-bras pour la réconforter.
"Tu ne veux pas que je sois la juge et le bourreau ? Très bien. Amenons-là à notre village, que notre peuple puisse décider de son sort."
Le résultat sera le même dans tous les cas, pensa immédiatement la brune, retenant l'arrière-goût amer dans sa bouche. Vanille se faisait des illusions si elle pensait que ce serait différent, et que la cocoonienne aurait un procès équitable. Le ressentiment entre les deux populations s'était forgé au fil des siècles.
Les pulsiens ne feraient qu'une bouchée de la vipère.
Fang s'éloigna un peu plus de Vanille, se tenant à l'ouverture de leur tente. "Je te préviens Vanille. Si jamais elle fait le moindre faux pas, je n'hésiterai pas à l'éliminer. Et cette fois, tu ne pourras pas m'en dissuader."
Sur ces mots, Fang jeta un dernier regard à la cocoonienne allongée avant de quitter la tente et de marcher à vive allure un peu plus profondément dans les bois.
Ses émotions étaient totalement entremêlées: rancœur, amertume, déception et…tristesse. Un cocktail qui lui écrasait la poitrine. D'habitude, elle ramenait tout à la colère. C'était plus simple. Plus facile à gérer.
Mais, le regard de Vanille avait réveillé d'anciens souvenirs qu'elle avait essayé d'étouffer. La période de sa vie où son existence avait été synonyme d'infortune et de problèmes. Des yeux pleins de blâmes et de méfiances. Des étales qui fermaient lorsqu'elle s'approchait.
Au fond d'elle, Fang savait que Vanille ne l'avait pas fait volontairement, mais ça n'en restait pas moins douloureux. D'autant plus que c'était elle qui avait permis à Fang de surmonter tout ça.
Tel un animal blessé, la brune fit ce qu'elle faisait habituellement dans ce genre de situation: elle partit s'isoler dans la forêt. Mais cette fois-ci, elle n'avait pas pour but de se calmer, mais plutôt de se changer les idées.
Et quoi de mieux pour cela que de diriger son attention sur sa quête d'information ?
Si Vanille ne voulait toujours pas entendre raison au sujet de la Viprez, Fang allait lui trouver des preuves. Preuve qu'elle pourrait également utiliser contre leur prisonnière lors des discussions qui auront lieu dans leur village après leur retour.
Après plusieurs dizaines de minutes à marcher à travers les bois, elle réussit à rejoindre le lieu que Vanille lui avait indiqué comme étant l'endroit où elle avait porté secours à la soldate. Les arbres s'étaient brisés sous le poids de la carlingue métallique et toute la végétation autour gardait les marques des flammes qui les avaient incendiées par le crash.
Silencieusement, telle une panthère observant une proie, Fang fit le tour des lieux. Les Viprez qui avaient pris en chasse le vaisseau qui s'était écrasé, étaient partis selon les dires de Vanille, mais la prudence restait de mise.
Le vaisseau de la soldate ne ressemblait pas aux vaisseaux de guerre habituels des cocooniens que Fang rencontrait généralement. Il n'était pas très grand et ne semblait pas avoir d'artillerie.
Un vaisseau de reconnaissance peut-être ?
Sa première hypothèse concernant la cocoonienne était qu'il s'agissait d'un éclaireur. Cette hypothèse semblait se confirmer de plus en plus.
Après s'être assurée que le périmètre était sûr, Fang s'approcha de la bâtisse endommagée. Suivant ses premières observations du vaisseau, le crash avait été partiellement maîtrisé compte tenu des dégâts relativement limités. Sa taille avait dû également aider à ne pas se briser, passant à travers l'épaisse végétation pulsienne. Il ne pourrait sûrement plus voler dans son état, mais il n'avait pas percuté d'arbre de face et ne s'était pas écrasé au sol. Le pilote avait réussi à éviter le pire.
Fang continua sa progression et arriva près du cockpit. La grande vitre avant s'était brisée à plusieurs endroits avec l'impact, mais elle n'était pas partie en morceaux. La porte latérale menant à l'intérieur avait été arrachée lors du crash, ayant sûrement créé un courant d'air assez soudain pour ses occupants.
En longeant l'extérieur, de nombreuses traces de bottes dans la terre mêlées aux cendres étaient visibles, et indiquaient une intervention humaine.
Les autres Viprez, conclu assez aisément la brunette. Et ils étaient assez nombreux. Sûrement l'escouade qui les avait pris en chasse.
Des traces de corps traînés étaient également visibles au sol. Fang s'accroupit pour mieux les identifier, les effleurant légèrement de la main. La soldate n'avait donc pas été la seule dans le petit vaisseau. La brune compta au total deux traces ayant été tirées par l'escouade.
Fang pouvait désormais mieux comprendre le déroulement des événements en recoupant les informations avec ce que Vanille lui avait expliqué.
La petite rousse lui avait raconté qu'elle avait retrouvé la soldate blessée à plusieurs mètres du lieu du crash, cette dernière ayant potentiellement été aspirée vers l'extérieur à cause de la porte arrachée et avait été sauvée de sa chute par la végétation. Par la suite, son amie d'enfance ne s'était pas rapprochée davantage du vaisseau écrasé car elle avait entendu des voix cocooniennes et avait préféré s'occuper des blessures de la cocoonienne.
La guerrière grogna de consternation en pensant au raisonnement de sa camarade avant de se reprendre. Elle était là pour trouver des preuves. S'attarder sur leur précédente discussion ne lui servait à rien dans cette tâche.
Elle entra finalement dans le vaisseau endommagé, se baissant légèrement pour ne pas se prendre un morceau de carlingue qui s'était détachée du plafond et continua ses investigations, déterminée.
Fang avait mis un certain temps à rentrer à la suite de leur dispute.
Vanille s'était dans un premier temps, fortement inquiétée. Aussi brève que cela avait été, la petite rousse avait vu qu'elle avait blessé son amie. Elle s'en était immédiatement voulu, la fatigue ayant eu raison de son contrôle émotionnel. Et lorsqu'elle avait tenté de rejoindre la brune devant leur tente pour s'excuser, elle n'avait trouvé aucun signe d'elle.
Comme d'habitude, la brune s'était éclipsée dans les bois.
Faisant confiance à son amie, Vanille avait attendu, s'occupant du mieux qu'elle pouvait : en cueillant des plantes médicinales et en soignant sa patiente cocoonienne, par exemple. La soldate se remettait étrangement bien en si peu de temps. Cependant, elle luttait contre une intense fièvre qui ne semblait pas vouloir diminuer.
Elle dut attendre la tombée de la nuit, avant d'avoir enfin un nouveau signe de vie de Fang. Elle était revenue avec leur dîner du soir et s'était mise à allumer leur feu de camp.
Lorsqu'elle l'entendit, Vanille quitta la tente pour la rejoindre. "Tu es revenue." l'appela la petite rousse, soulagée.
Seul un grommèlement lui fit office de réponse, lui annonçant que son amie était toujours contrariée. Cela ne découragea cependant pas la petite rousse qui se rapprocha d'elle.
"Fang, je suis désolée pour tout à l'heure." Elle attendit quelques instants, laissant le silence s'étendre entre elles. Fang ne réagit pas plus et continua sa tâche en ajoutant quelques morceaux de bois au feu., ce qui fit soupirer Vanille. "Tu sais bien que je déteste qu'on se dispute."
Cette fois-ci, le regard insistant de la guérisseuse sembla susciter une réponse de la guerrière, qui soupira à son tour.
"Je sais."
Voyant qu'elle était parvenue à apaiser la tension, Vanille lui tendit la main de manière amicale, en signe de paix.
"Est-ce qu'on peut mettre ça derrière nous ?"
Fang fixa successivement sa main et son expression avant de pouffer légèrement.
"C'est difficile de dire non quand tu me fais ces yeux-là."
"Quels yeux ?"
"Les yeux d'un chiot battu qui a fait une bêtise et qui vient couiner auprès de sa mère."
Vanille ria avec légèreté.
Bien qu'elles pouvaient régulièrement entrer en conflit, les deux amies ne s'en voulaient jamais très longtemps.
La guérisseuse connaissait les sujets sensibles de la brune: les cocooniens en faisant clairement partie. Pour de nombreuses raisons, aussi déchirantes qu'horribles, et auxquelles elle préférait ne pas penser. Mais, même en connaissant les faits, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer que le point de vue de son amie évolue.
Que Fang parvienne à laisser ses démons du passé derrière elle pour pouvoir enfin avancer.
Plus le temps passait, plus elle avait l'impression que c'était peine perdue. Ce qui était à l'origine de sa propre frustration, qu'elle n'avait malheureusement pas réussi à contrôler…
Fang lui fit un léger signe de tête, l'invitant à venir la rejoindre près du feu. Ce qu'elle fit sans attendre. Elle s'assit, posant sa tête contre l'épaule de la guerrière puis ferma les yeux pour profiter de la douce chaleur. Pas celle du feu, non, mais celle qui émanait constamment de son amie d'enfance. Une sensation agréable semblable à un feu de cheminée.
Vivre sans famille à Oerba n'avait pas été de tout repos, et il y avait eu plus d'un soir où elles avaient dormi dehors, le ventre vide, alors que le vent froid de l'hiver arrivait sur Gran Pulse. Le village avait beaucoup souffert du conflit avec Cocoon, ne laissant que des ruines pendant plusieurs mois. La chaleur de Fang avait été comme une ancre pour elle à cette époque, lui permettant de survivre.
Après plusieurs minutes dans un silence confortable où le crépitement du feu faisait office de musique de fond, Fang rompit le silence.
"Je me suis rendue sur le lieu du crash."
Sa curiosité fut piquée. "Ah bon ?"
"Ta patiente n'était pas seule à bord." Vanille choisit de faire abstraction du ton acerbe que Fang avait utilisé pour désigner la soldate et préféra se concentrer sur la suite. "Il y avait deux autres personnes avec elle, mais elles ont été emmenées par les autres Viprez."
"Tu as découvert d'autres choses intéressantes ?"
La brune fixa le feu.
"Non."
Vanille ne savait pas trop pourquoi, mais quelque chose semblait faire réfléchir la brune. Était-ce quelque chose qu'elle avait vu là-bas ? Ou autre chose qui avait échappé à la guérisseuse ? Quoi qu'il en soit, Fang n'en dit pas plus, et Vanille ne chercha pas à lui soutirer l'information. Elles s'étaient déjà assez disputées pour aujourd'hui, elle n'allait pas créer de nouvelles tensions.
Par la suite, elles mangèrent leur dîner en silence, puis chacune vaqua à ses occupations. Fang s'occupa de prendre soin de sa lance tandis que Vanille préparait de nouvelles herbes médicinales.
Lorsqu'elle termina ses préparations, elle entra à nouveau dans la tente et alluma une bougie pour y voir un peu plus clair. Même si elle avait l'habitude de se diriger dans le noir, Vanille préférait éviter de trébucher sur des objets et de se retrouver par terre. Lumière en main, elle s'approcha du chevet de la cocoonienne.
Après l'avoir sauvé, Vanille l'avait partiellement remonté la bas de son t-shirt pour soigner ses blessures, laissant une certaine intimité à la jeune femme. Vanille n'avait pas vraiment eu le temps de bien observer la cocoonienne la première fois qu'elle lui était venue en aide, mais maintenant qu'elle le pouvait, elle avait admiré avec attention la soldate.
Elle était d'une grande beauté, même si ses traits délicats se plissaient de temps à autre sous l'effet de sa fièvre. Cela n'enlevait rien au profil raffiné de la jeune femme, qui devait sûrement faire tourner plusieurs têtes à son passage, Vanille en était sûre.
La petite rousse ne pouvait s'empêcher de s'interroger. Les cocooniens avaient-ils tous ce teint si clair et immaculé ? Son peuple avait généralement des traits plus brutes, qui portait de nombreuses cicatrices et irrégularités, les marques de leur rude quotidien.
La vie à Cocoon devait être bien moins exigeante, avec toute leur technologie.
En tant que guérisseuse, elle avait toujours été intriguée par les inventions de leurs voisins. Par leur science. De nombreuses rumeurs circulaient sur Gran Pulse, mais personne n'avait vraiment de preuve de ce dont était capable la science qu'ils avaient développée au fil des années. Et elle adorait apprendre de nouvelles choses. Dès qu'elle découvrait de nouvelles plantes, elle s'empressait de les noter dans le carnet qu'elle avait constamment sur elle.
Si Fang avait toujours sa lance greffée à elle, pour Vanille, c'était son carnet.
C'était son passe-temps favori, et peut-être, un peu plus que ça. Car au fond, elle espérait qu'un jour, avec toutes les connaissances qu'elle aurait accumulées, elle serait capable de trouver un remède au Drakon trela. Cela pouvait paraître totalement fou et irréalisable, mais dans son éternel optimisme, Vanille voulait croire que ce serait possible. Et, peut-être, la science dont disposaient les cocooniens pourrait aider à cet égard.
Pour l'heure, la seule chose dont ils avaient été témoins, étaient les différents vaisseaux dont disposaient les cocooniens.
Leur technologie de guerre…
Vanille soupira.
Elle espérait vraiment que la soldate n'avait rien à voir avec la disparition des pulsiens. Quand elle avait retrouvé la jeune femme blessée au sol, inerte. Vanille n'avait pas pu s'empêcher de lui porter secours. C'était dans ses veines, elle était guérisseuse. Et…elle ne savait pas pourquoi, ni comment l'expliquer, mais…il y avait quelque chose chez la soldate qui l'intriguait. Son instinct lui disait qu'elle devait l'aider. Aussi absurde que cela pouvait être.
Sortant de ses songes, Vanille s'attela à la tâche et appliqua le baume médicinal qu'elle venait de préparer sur les blessures de la jeune femme.
Elle sursauta lorsqu'une main lui agrippa subitement l'avant-bras.
"Serah…"
La petite rousse posa les yeux sur la soldate, pensant que cette dernière s'était finalement réveillée. Elle fut surprise de ne pas rencontrer ses pupilles qu'elle savait azures. La cocoonienne dormait encore et devait être en train de rêver. De quoi ? De qui ? Vanille ne le savait pas. Le mot que venait de prononcer la cocoonienne lui était complètement étranger.
"Ne t'inquiète pas, ça va aller." murmura la petite rousse en cherchant à l'apaiser.
Elle déposa l'une de ses mains contre le front de sa patiente pour vérifier sa température mais fut surprise de sa chaleur. Le front de la cocoonienne était une véritable fournaise… Normalement, elle aurait dû être dans un meilleur état avec la tisane qu'elle lui avait préparée juste après le départ de Fang. Vanille versa de l'eau de sa gourde sur un tissu, puis le déposa sur le front de sa patiente, espérant que cela puisse aider à contrôler la température.
Cette fièvre était étrange…
Malheureusement, Vanille n'avait pas tout ce qui lui fallait pour l'examiner plus en détail et ajuster les soins. Elle faisait ce qu'elle pouvait avec les moyens qu'elle avait à sa disposition, c'est-à-dire pas grand chose. Peut-être que si elle lui faisait une autre type d'infusion, cela fonctionnerait mieux ? Avec cette idée en tête, elle prit son sac de récolte et quitta la tente, ce qui attira l'attention de Fang.
"Où est-ce que tu vas ?" lui demanda-t-elle en la voyant se diriger vers la forêt.
"Trouver des plantes pour faire baisser sa fièvre."
La guerrière leva les yeux au ciel. "Ca peut attendre demain. Tu sais que partir au milieu de la nuit n'est pas une bonne idée."
"Mais…"
"Vanille." gronda la guerrière. "Je suis capable de te retenir de force si nécessaire. Ne m'y force pas."
"Et si elle ne tient pas la nuit à cause de sa fièvre ?"
"Alors, c'était son destin."
Vanille regarda son amie, hésitante, ce qui fit tiquer la guerrière. "Je déteste le dire, mais si cette Viprez a déjà survécu deux fois, ce n'est pas une petite fièvre qui risque de l'emporter. Je ne te laisserais pas te mettre en danger pour elle."
"D'accord…" céda la petite rousse. "J'irais demain à l'aube dans ce cas."
Fang sembla satisfaite. "Va te reposer Vanille. Nous allons rentrer au village plus tôt que prévu à cause de cet…élément impromptu…Tu auras besoin de tes forces, et nous allons avoir un long voyage." Elle jeta un regard méprisant vers la tente que Vanille venait de quitter. "Crois-moi, elle priera pour que ce soit cette fièvre qui l'ait emportée si elle ne se tient pas à carreau."
Connaissant Fang, Vanille n'en doutait pas…Elle ne pouvait qu'espérer que cela n'arriverait pas.
Elle cligna à plusieurs reprises les yeux, quittant progressivement le brouillard épais qu'était devenu son subconscient. Avec un peu plus de clarté, Lightning comprit qu'elle était allongée et tenta de bouger. Son corps ne sembla pas totalement d'accord car une saisissante douleur se répandit le long de ses côtes, lui extrayant une légère grimace. La soldate s'immobilisa un instant, le temps de maîtriser son inconfort en prenant une lente respiration.
Elle profita de ce bref instant pour fixer le plafond et mettre en ordre les différents événements dont elle se souvenait.
L'emprisonnement, l'évasion et enfin, le crash.
Concernant le crash, la dernière chose dont elle se souvenait était la rafale de vent qui s'était violemment engouffrée dans le vaisseau suite à un choc. Ensuite, ça avait été le trou noir. Elle ne savait pas combien de temps elle avait dormi, mais cela lui avait semblé une éternité. Le temps était une notion bien floue lorsque l'on rêvait.
Elle se souvenait encore de cette plage de sable gris, parsemée de cristaux. D'une mer calme et inerte. D'une ville côtière fantomatique dans laquelle se dressait au centre, une sorte de château abandonné.
Tout ce paysage lui était familier. En effet, il lui était déjà arrivé de faire ce rêve lorsqu'elle était plus jeune, mais cette fois-ci, il y avait eu cette voix…Ce murmure qui semblait s'être adresser à elle dans un langage étranger. Puis, elle avait été enveloppée dans une douce chaleur qui l'avait bercé en son sein. La maintenant dans cet étrange piège éthérique.
Lightning ne savait pas ce que cela signifiait, mais pour l'heure, elle avait des choses plus importantes à régler. Notamment, savoir où elle était.
Malgré sa précédente gêne, elle tenta de nouveau de se redresser mais quelque chose l'empêcha d'y parvenir. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'elle se rendit compte qu'elle avait ses mains et pieds liés…
Fronçant les sourcils face à cette situation, la soldate observa avec un peu plus d'attention, son environnement. Des peaux de bêtes et de nombreux sacs étaient parsemés un peu partout autour d'elle. Elle était dans ce qui ressemblait à une…hutte de chasseur pulsien... Tout en continuant à observer son nouvel environnement, la soldate remarqua qu'il n'y avait aucun signe de Snow, ni de Sazh, ce qui l'inquiéta progressivement.
Pourquoi n'étaient-ils pas dans la pièce avec elle ? Avaient-ils réussi à s'en sortir ?
Elle se figea instantanément lorsque son regard tomba droit sur des orbes émeraudes. Derrière elle se tenait une jeune femme à la chevelure corbeau qui semblait l'observer depuis un moment. Le cœur de Lightning s'arrêta brusquement sans qu'elle puisse le contrôler.
Était-ce le fait que la brune était restée discrète au point que les sens de la soldate ne l'avaient même pas remarquée ou était-ce la beauté déconcertante de cette dernière ?
Bien que la soldate n'avait jamais vraiment prêté attention à la gente féminine, elle savait reconnaître quand une femme avait du charme.
Ce qui était clairement le cas avec celle-ci.
La brune était la définition même des beautés exotiques dont elle pouvait lire les descriptions dans les livres. Son teint hâlé par le soleil brûlant du grand continent reflétait sa peau caramel. Ses étranges vêtements qui servaient de tenue à la jeune femme laissaient apparaître des abdominaux bien dessinés parsemés de quelques cicatrices qui marquaient sa peau.
Les yeux de la soldate continuaient leurs investigations en analysant le visage de la mystérieuse femme, effleurant le délicat grain de beauté sur la pommette droite de la belle exotique, qui accompagnait son regard.
Et quel regard...
Ses yeux félins d'un vert profond et sauvage, étaient si intenses qu'elle avait l'impression de se perdre dans les bois verdoyants de Pulse. Un vert si peu commun chez les cocooniens, mais qui lui semblait pourtant étrangement familier.
Elle ne parvenait pas à identifier exactement pourquoi elle avait ce sentiment…
L'étrangère semblait observer la cocoonienne avec tout autant d'attention, toujours sans émettre un bruit. Elle fut cependant la première à détourner son attention, se redressant de là où elle s'était installée pour surveiller la cocoonienne, puis se dirigea vers la sortie de la tente.
En se retournant ainsi, la pulsienne avait brisé le sort qui avait comme hypnotisé la soldate, laissant enfin Lightning se rendre compte qu'elle avait retenu son souffle pendant ces quelques minutes d'observation mutuelle.
C'était la première fois qu'elle réagissait ainsi en rencontrant une nouvelle personne. Elle n'avait jamais senti son cœur s'emballer ainsi lorsqu'elle croisait le regard de quelqu'un d'autre.
Et ce n'était définitivement pas le moment de se laisser déstabiliser par cette inconnue.
Lightning resta immobile, fixant l'endroit par lequel la pulsienne avait disparu. Elle prit une profonde inspiration pour se ressaisir. Il fallait qu'elle trouve un moyen de se libérer de ses liens. Malheureusement, un bruit extérieur lui indiqua que quelqu'un s'apprêtait à entrer à nouveau. Sa déstabilisation initiale passée, Lightning se mit sur ses gardes.
La pulsienne avait beau avoir été désarmée lorsqu'elle l'avait surveillé, rien ne l'empêchait de revenir pour l'achever.
Avec difficulté, la soldate se mit en position accroupie, retenant la douleur qu'elle ressentait dans ses côtes en se mettant dans cette position. Même restreinte, Lightning pouvait se défendre, et c'était bien ce qu'elle comptait faire.
Un coup de tête bien placé restait dévastateur.
A sa grande surprise, la personne qui entra n'était pas la grande brune, mais une petite figure dont la chevelure rousse était attachée en deux couettes enfantines. Une seconde pulsienne. Si la brune avait une certaine aura envoûtante et intimidante, la nouvelle arrivante semblait plus douce. Son visage plus infantile lui fit même brièvement penser à Serah. Cela amena également une nouvelle question: combien étaient-ils dans ce camp ?
"Oh, tu es réveillée ? C'est une bonne nouvelle !"
Attendez…
"Mais tu ne devrais pas te redresser."
Attendez, attendez, attendez…
La petite rousse fronça les sourcils avant d'incliner la tête sur le côté, inquiète. "Quelque chose ne va pas ? Tu as l'air pâle."
Non, ce n'était pas possible…
La petite rousse s'approcha doucement de Lightning, prenant le temps de lui faire comprendre qu'elle ne lui voulait aucun mal en lui montrant un bol contenant un étrange mélange.
"C'est une pommade qui devrait soulager la douleur." dit-elle en voyant la rigidité de la cocoonienne. Elle désigna les côtes de la soldate, comme pour essayer de se faire comprendre. "Mal. Ici." Puis, elle montra son baume. "Faire du bien."
Lightning ne savait pas si elle devait être offensée de se faire adresser la parole comme on pourrait s'adresser à une enfant de trois ans.
Mais une chose était sûre.
Elle arrivait à comprendre ce que lui disait la pulsienne.
Ce qui n'était pas le cas la dernière fois qu'elle s'était retrouvée sur le territoire pulsien.
Était-ce dû à un choc à la tête ? Non, cela ne lui aurait pas permis de comprendre un ancien dialecte. Une hallucination peut-être ? Elle était peut être encore en train de rêver.
Perdue dans ses pensées, Lightning ne remarqua pas que la petite rousse s'était assise à côté d'elle. Avec tous ces changements, elle n'avait pas réalisé qu'elle n'était plus habillée de sa veste de la Garde Civile, mais seulement de son col roulé habituel.
"Je suis désolée mais je vais devoir te déshabiller pour appliquer le baume." dit-elle en rapprochant sa main de Lightning.
Les mots de la pulsienne firent immédiatement sortir Lightning de ses songes. Il y avait une raison précise pour laquelle elle portait toujours des cols hauts et était rarement en petite tenue. Elle ne pouvait pas se permettre de faire d'exceptions. Aussi rapidement que le phénomène naturel après lequel elle avait été nommée - et malgré ses liens - elle saisit fermement le poignet de la petite rousse qui couina légèrement de surprise.
Puis, tout se passa rapidement.
Elle se sentit projetée violemment comme si elle avait été heurtée de plein fouet par un véhicule, avant de se retrouver dos au sol, le souffle partiellement coupé. Le choc raviva instantanément la douleur qu'elle avait réussi à atténuer jusque-là. Quelque chose de froid et de tranchant vint se poser contre son cou. Quelque chose qu'elle reconnut assez rapidement comme la texture métallique d'une lame contre sa peau.
Enfin, une voix suave, au timbre menaçant, accompagna l'objet qui signifiait potentiellement sa fin imminente.
"Tu as une dernière volonté ?"
La masse qui l'avait percutée avec force, et qui lui écrasait actuellement la poitrine avec son genou, n'était autre que la brune qui l'avait précédemment observée en silence. Lightning tenta de bouger pour retirer le poids qui la maintenait fermement au sol, mais en guise d'avertissement, la brune écrasa un peu plus le thorax de la cocoonienne, lui arrachant un grognement de douleur.
"Fang !"
"Un seul faux pas, j'avais dit." La lame s'enfonça lentement dans sa peau.
Lightning serra la mâchoire pour étouffer la sensation de brûlure qui se répandait à mesure que sa peau s'ouvrait. Elle sentit son sang commencer à perler le long de son cou. Tous les sens de la soldate étaient en alerte. Elle voulait lutter, mais ses mains et ses pieds qui étaient liés la limitaient grandement dans sa défense.
Sans parler de la force herculéenne dont la pulsienne faisait preuve pour la maintenir au sol. Lightning avait l'impression d'être comprimée. Elle avait de plus en plus de mal à respirer et le manque d'oxygène commençait à rendre sa vision floue.
Elle crut cependant apercevoir la seconde pulsienne tenter de pousser sa camarade.
"Fang, arrête ! C'est de ma faute, pas la sienne. Je l'ai surprise ! Tu aurais réagi de la même manière si tu avais été dans sa situation ! S'il-te-plait…arrête."
La pression qui l'étouffait cessa brièvement et la brune se pencha en avant.
"Écoute-moi bien", lui murmura-t-elle à l'oreille dans un grognement venimeux. "J'espère que mon avertissement est suffisamment clair dans le seul langage que toi et tes pairs comprenez. Si je te vois lever ne serait-ce qu'un doigt, je finirai ce que j'ai commencé."
Puis, tout le poids qui l'écrasait auparavant se souleva soudainement, la laissant tousser pour essayer de reprendre son souffle. Suite à ça, la pulsienne disparut aussi vite qu'elle était arrivée. Si Lightning n'avait pas cette sensation de poitrine brisée avec la difficulté qu'elle avait à reprendre son souffle, elle aurait pu croire qu'elle n'avait fait qu'un mauvais rêve.
A sa périphérie, la petite rousse se leva, fouillant dans les sacs placés dans la tente afin de récupérer de quoi nettoyer la nouvelle plaie. Elle revint à ses côtés avec des bandages. Cette fois, elle posa ses yeux sur ceux fatigués du soldat, attendant son accord pour la toucher. Lightning cligna simplement des yeux en réponse.
"Désolé pour son comportement." soupira la pulsienne avant de poser délicatement le tissu pour arrêter le saignement.
Après plusieurs minutes de silence, Lightning réussit enfin à reprendre le contrôle de sa respiration, mais la douleur dans ses côtes ne s'estompa pas.
"Il faut vraiment que tu me laisses voir ta blessure au torse. Ca s'est peut-être empiré…" dit-elle en voyant l'expression d'inconfort de la cocoonienne. "J'ai juste besoin d'en voir une partie, je te le promets."
Elle désigna du doigt, la zone qu'elle souhaitait traiter, tentant de rassurer le soldat.
Contrairement à ce qu'elle craignait, l'endroit que la pulsienne indiqua était assez éloigné de la zone qu'elle ne souhaitait pas exposer. Si elle voulait pouvoir s'échapper et retourner à Cocoon, elle allait devoir coopérer avec les deux inconnues… Errer sur le grand continent en étant blessée était absurde et synonyme de mort.
Elle ne savait pas pourquoi les pulsiennes l'avaient sauvée, ni pourquoi ils voulaient la soigner, mais elle n'allait pas cracher sur cette opportunité.
Du moins, aussi longtemps qu'elle le devrait.
La plus âgée des deux pulsiennes n'allait clairement pas être la plus coopérative, et il allait falloir qu'elle soit très prudente avec elle. Avec cette première altercation, Lightning savait désormais qu'elle devait éviter la confrontation directe. Surtout au corps à corps. Comme elle n'était pas armée, un conflit avec la brune lui serait sûrement fatal.
Quant à la petite rousse… Lightning savait qu'il ne fallait pas se fier aux apparences, mais des deux, elle semblait la moins dangereuse et elle était capable de raisonner la brune.
Il valait donc mieux pour elle rester dans ses bonnes grâces.
Suivant cette décision et afin de lui montrer sa bonne volonté, Lightning releva son t-shirt à la hauteur qu'elle jugeait nécessaire.
Elle vit le visage de la petite rousse s'illuminer, lui souriant avec gratitude, puis elle se mit aussitôt au travail et examina ses blessures.
Pour l'instant, Lightning allait garder secret le fait qu'elle pouvait les comprendre. Cela lui offrait un net avantage qu'elle comptait bien exploiter. Elle devait rassembler le plus d'informations possible sur les pulsiens de ce camp afin d'élaborer son plan de retour.
Peut-être en apprendrait-elle davantage sur ce qu'étaient devenus Snow et Sazh.
