Avertissement : Tous les droits de Bleach/Harry Potter, sont à leurs propriétaires respectifs.
Note de la traductrice :
Je ne suis que la traductrice, en aucun cas cette fanfiction est mon œuvre. Elle appartient à Silvermoon42.
Je suis désolée pour ce retard énorme, c'est scandaleux, je sais... Mais pour ma défense, entre un réseau passé au néant durant les vacances à la campagne et des examens... Bref, j'arrête de me confondre en excuses, encore, et je vous laisse profiter de ce nouveau chapitre tant attendu ! Bonne lecture !
La classe commença à chuchoter, emplissant la pièce de ses murmures silencieux. Toshiro Hitsugaya les regarda,
Et s'en alla.
Il eu la paix à peine deux minutes avant que le trio ne se précipite derrière lui en l'appelant. Toshiro continua à marcher, faisant de son mieux pour les ignorer jusqu'à ce qu'Hermione lui saisisse le bras et l'entraine dans la salle vide la plus proche.'' Qu'est-ce que c'était que ce putain de truc ?'' S'exclama Ron, plus pâle que jamais, rendant ses tâches de rousseurs plus voyantes encore. Toshiro le regarda calmement avant de répondre.
''C'était ma plus grande peur.''
''Ou…ouais, mais … qu'est-ce que c'était ?''
Toshiro secoua la tête et dépassa les trois adolescents. Cependant, il s'arrêta devant la porte, la main sur la poignée, et répondit à nouveau calmement : '' Tu sais ce que je suis, qu'est-ce que tu penses qu'un dieu de la mort fait vraiment ?''
Hermione prit alors la parole d'une voix tremblante. ''Je pensais… tu as dit que tu envoyais les âmes dans l'au-delà. On n'imaginait pas…ça.''
''Nous sommes des guerriers, nous devons l'être pour protéger les humains et les autres shinigami des Hollows.'' Dit-il alors que sa main se resserrait sur la poignée. Puis, quand il reprit, sa voix n'était plus qu'un souffle. ''Et de nous-mêmes.''
''De nous…'' Haleta Hermione. ''Une guerre civile ?''
''Pas tout à fait… c'est juste…'' Toshiro secoua la tête et ouvrit la porte.'' Je ne veux pas en parler.''
Cette fois ils le laissèrent partir, ne le suivirent pas et n'en demandèrent pas plus. Pas qu'Hitsugaya leur en dirait plus de toute façon. Ils n'avaient pas besoin de connaitre les horreurs qu'il avait vues, ce que les gens étaient près à faire aux autres et jusqu'où ils étaient près à aller pour atteindre leurs objectifs. Non, ils n'avaient pas besoin de savoir. Ils n'étaient encore que des enfants.
Laisse-les garder leur naïveté, pensa-t-il. Il tourna à l'angle d'un couloir et sortit du château pour entrer dans la lueur tamisée de l'après-midi. Ils ne la garderaient plus très longtemps, surtout si Potter développait encore ses pouvoirs. Je dois lui apprendre à les contrôler.
Pour le bien de tous.
En un rien de temps, les histoires de l'épouvantard et de la plus grande peur de Toshiro s'étaient propagées à tout Poudlard, enseignants, élèves et fantômes. Les professeurs, après avoir eu une longue conversation avec le professeur McGonagall, essayèrent d'agir normalement mais, même avec cela, de temps à autre ils lui lançaient des regards inquiets du coin de l'œil. Les élèves, eux, agirent comme il l'avait imaginé, certains l'évitait, d'autres essayaient de l'ennuyer et certains essayaient de lui faire raconter toute l'histoire. Cependant, la plupart des élèves se contentaient de murmurer sur son passage ou de le regarder fixement. Mais, étant le plus jeune capitaine de l'histoire de la Soul Society, il se contenta de tout simplement les ignorer.
Toshiro voulait essayer de travailler avec Harry au moins trois fois par semaine, mais, le jeune homme semblait toujours avoir quelque chose d'autre à faire ; un jour c'était ses devoirs, un autre il avait accepter de jouer aux échecs version sorcier avec Ron et d'autres jours, irritant particulièrement Toshiro, il faisait en sorte de l'éviter. Il savait que le problème du jeune Potter était sans doute lié à l'épouvantard et à sa plus grande peur, mais le simple fait de connaitre la raison de son comportement n'améliorait rien. Finalement, en ayant assez, Toshiro a confronté le garçon après le cours de Soin aux créatures magiques, après avoir demandé à Ron et Hermione de les laisser seuls.
''Ne comprends-tu pas l'importance qu'i contrôler tes pouvoirs ?''
Potter le dévisagea, les yeux écarquillés, serrant son sac contre sa poitrine. Toshiro fusilla alors le jeune homme du regard.
''Si tu n'apprends pas à les contrôler, tu vas finir par blesser quelqu'un un jour. Ils vont exploser sans crier gare, ou ils vont s'échapper et changer tout ce qui se trouve autour de toi. Ou pire, ils te détruiront de l'intérieur.''
Harry déglutit et toucha le bracelet autour de son poignet.
''Ça ne t'aidera pas.'' Dit-il en se dirigeant vers lui avant de lui attraper le bras, le levant de force pour que le bracelet soit bien face à Harry. ''Ceci n'est que temporaire, c'est seulement destiné à être maintenu aussi longtemps que nécessaire pour que tu puisses apprendre à contrôler toi-même tes pouvoirs.'' Soudain il sortit sa baguette et la leva. Les yeux d'Harry se fixèrent alors nerveusement sur elle et il recula d'un pas. ''Tu n'es pas honnête…'' dit-il avant de s'interrompre, regardant à sa droite dans la Forêt Interdite. Aujourd'hui Hagrid leur avait montré comment trouver des chenilles, qui, apparemment, aimaient le sol humide de la forêt.
Un reiatsu venait de là-bas, étrange et en conflit avec lui-même, comme si deux êtres se battaient en permanence pour dominer l'autre. Toshiro fronça les sourcils, ne comprenant pas ce que ça pouvait signifier. Puis, le jeune Potter se déplaça nerveusement, repoussant Toshiro loin de la forêt et derrière lui.
''Nous ne sommes pas seuls,'' expliqua doucement Toshiro, mais avant qu'il ne puisse en dire plus une forme sombre sauta hors des buissons et fonça sur lui, le faisant brusquement tomber sur le dos. Il entendit Harry crier, mais il fut trop occupé par la grande créature noire qui se tenait au-dessus de lui pour s'en préoccuper.
C'était un chien, un grand, avec une fourrure noire emmêlée collant à ses côtes saillantes. Les longues oreilles du chien étaient collées contre sa tête, et il était dangereusement penché vers Toshiro, une de ses imposantes pattes contre sa poitrine, ses griffes déchirant sa chemise et griffant douloureusement sa peau.
Puis il grogna, montrant ses crocs jaunes et acérés. Toshiro lâcha un grondement, Hyorinmaru était en colère et son pouvoir était clairement visible à travers ses yeux. Toshiro sentit qu'Harry s'était mis à courir, ses pas disparaissant au loin, mais il était plus centré sur sa propre situation. Le chien ouvrit les mâchoires et les claqua devant lui, dangereusement près de son cou.
Soudainement le chien se redressa et se dégagea de lui, se précipitant de nouveau dans la Forêt Interdite. Toshiro se redressa et tourna la tête juste à temps pour voir l'ombre d'un homme disparaitre également dans la forêt. Il se rallongea au sol, respirant profondément et posa une main sur sa poitrine. En la retirant il remarqua quelques tâches ensanglantées.
''Hitsugaya !''
''Toshiro !''
Hagrid et Harry couraient vers lui à travers le parc, le sol tremblant légèrement sous les pas du demi-géant. Toshiro gémit et se leva, époussetant ses genoux. Hagrid, qui se tenait devant Harry, s'arrêta alors devant le capitaine. ''Que s'est-il passé ? Tu vas bien ?''
Toshiro hocha la tête et se pencha pour récupérer sa baguette, qui avait roulé au sol quand il s'était fait attaquer par le chien. ''Je vais bien, il est partit, ça va. Il est partit.''
''Harry a dit qu'il y avait un chien ?''
''Oui, il y en avait un, mais…'' fit-il en regardant à nouveau les arbres menaçants de la Forêt Interdite. ''Il est partit maintenant.''
Harry fit un pas vers lui, anxieux. ''Tu saignes !''
''Est-ce qu'il t'a mordu ?'' S'enquit Hagrid, l'air sombre. Toshiro secoua la tête et le soulagement traversa le visage du demi-géant.
''Non, il n'avait que sa patte sur moi, ses griffes ne m'ont qu'égratignées.''
A nouveau il sembla inquiet. '' Tu dois aller voir Madame Pomfresh pour désinfecter ça, allons-y, je vais t'accompagner.''
''Ce n'est pas nécessaire, ça a déjà arrêté de saigner.''
C'était vrai. Les quatre griffures étaient peu profondes et avaient cessé de saigner grâce à la pression qu'il avait exercée. Maintenant elles ne faisaient que le piquer un peu.
''Non, allons voir Madame Pomfresh.'' Dit fermement Hagrid, posant sa main sur le dos de Toshiro pour le diriger vers le château. ''Allez, avant que ça ne s'infecte.''
Toshiro soupira mais se laissa faire. Il savait se désinfecter lui-même, et il l'aurait fait, mais à présent il n'avait plus d'autre choix que de devoir tout expliquer à Madame Pomfresh, qui appellerait McGonagall et qui, elle, le rapporterait à Dumbledore.
Il lança un regard noir à Harry, mais s'interrompit immédiatement. L'expression du jeune homme lui rappelait celle de Momo quand, pour la première fois, elle l'avait vu couvert de bandages, quand il avait été blessé assez gravement pour devoir aller à la 4ème division. Il déglutit et regarda devant lui.
''Un chien… mais pourquoi un chien vous attaquerait-il ?''
Toshiro soupira puis grimaça quand Madame Pomfresh lui enfonça une nouvelle aiguille dans le bras. ''Je ne sais pas, professeur, je n'avais rien fait de particulier.''
Le professeur McGonagall sembla vouloir le réprimander mais sans pour autant savoir pour quoi. Elle s'asseya et retroussa les lèvres en une fine ligne. ''Et pourquoi est-il partit ?''
Hitsugaya voulu se frapper la tête contre un mur. Plusieurs fois si possible. ''Comme je vous l'ai dit, je lui ai planté ma baguette dans le flanc,'' répondit-il froidement.'' Il a dû sentir sa magie et s'est enfui.''
''N'utilisez pas ce ton avec moi, jeune homme !'' Gronda McGonagall en regardant Madame Pomfresh ranger ses affaires. ''Peut-être devrais-tu lui donner quelque chose pour l'aider à dormir, par précaution…''
''Un sédatif !'' S'exclama Toshiro en se levant d'un bond avant de rapidement commencer à reculer. ''Oh non, non, non, non, vous ne me donnerez pas de sédatif, ce ne sont que des égratignures, je vais bien !''
Même Madame Pomfresh sembla surprise de la demande de McGonagall. ''Minerva, malgré son ton, il a raison, il n'a même pas besoin de ne manquer ne serait-ce qu'un seul cours.''
''Je ne parle pas des griffures.'' Dit-elle en jetant un regard significatif à la médicomage. Toshiro fronça les sourcils puis écarquilla les yeux.
''C'est à cause de l'épouvantard, n'est-ce pas ?'' Les deux sorcières se tournèrent d'un homme vers lui, la surprise peinte sur leurs visages. Il ricana amèrement et secoua la tête avec dégoût. ''Écoutez, je vais parfaitement bien, c'était juste…'' commença-t-il avant de s'interrompre. Quoi qu'il puisse dire à ce sujet, le fait était qu'un enfant de son « âge » ne devrait pas avoir ce genre de peur. Il devrait plutôt craindre des choses normales ; les araignées ou le noir. Mais pas le sang, la mort et la destruction.
En vérité, rien qu'il ne puisse dire pouvait excuser l'apparence qu'avait pris son épouvantard. Finalement il ferma la bouche et détourna les yeux.
''Mr. Hitsugaya.''
La voix de McGonagall était douce, une douceur qu'il ne lui avait encore jamais entendue et, surpris, il leva les yeux pour trouver une expression tout aussi douce sur son visage. C'était plutôt désarmant, à dire vrai.
La vieille sorcière sembla chercher les mots juste et reprit :''C'est simplement que… Nous voulons vous aider, nous voulons seulement nous assurer que vous aller bien.''
Toshiro plissa les yeux. ''Je vais parfaitement bien.'' Son ton était plein d'avertissement, mais cela ne sembla que rendre McGonagall plus concernée encore.
''Physiquement oui, mais…'' Dit-elle avant de s'interrompre, faisant à nouveau soupirer Toshiro, comprenant ce qu'elle avait voulu dire.
''Mon esprit va bien aussi.''
Ses traits se fermèrent d'avantage.''Peut-être que vous le pensez mais…''
Toshiro ricana, l'interrompant. ''Peut-être ? Avec tout mon respect, professeur, je sais juger mieux que quiconque si mon esprit va bien ou non, et si je dis qu'il va bien, alors c'est qu'il va parfaitement bien.''
Après une profonde inspiration, McGonagall reprit avec la même voix calme. ''Vous êtes sur la défensive et je le comprends, mais en tant que professer, j'ai vu de nombreux cas d'élèves ayant été… traumatisés d'une manière ou d'une autre avant d'arriver ici.''
Traumatisé ? Oh Hitsugaya savait de quel traumatisme elle parlait, mais si jamais quelqu'un essayait, il le mettrai en pièce. En fait, il l'avait déjà fait à plusieurs personnes. Littéralement et métaphoriquement d'ailleurs.
La température de la pièce se mit alors à baisser tandis que McGonagall reprenait. ''Vous pouvez nous en parler… nous sommes là pour aider les élèves, de quelque manière que ce soit. Je suis certaine que, quoi qu'il se passe chez vous, nous pouvons contacter quelqu'un du gouvernement japonais et qu'il fera le nécessaire pour vous aider.''
Quoi qu'il se passe ? Oh comme il aimerait lui dire, lui montrer, ce qu'il se passait exactement chez lui. Voir si elle serait toujours aussi désireuse de l'aider après ça. Mais si elle était sérieuse et envoyait une lettre chez lui - sa première chouette avait réussi, par magie, à y arriver alors il ne doutait pas qu'une autre pourrait le faire – elle ruinerait tout le dur travail qu'il avait fait jusqu'ici. Je ne suis devenu un shinigami que parce qu'il le fallait. Mais je ne sais pas ce que je deviendrai si on me retirait ça. Pas après Aizen, la guerre et la douleur. Pas après ce que nous avons gagnés. Pas après avoir survécu.
Une main sur son épaule le fit sortir de ses pensées furieuses. ''Ramemez donc la température à la normale, jeune homme, sinon vous allez tous nous transformer en glaçons.''
Toshiro réalisa alors que la température avait tellement baissé que Mme Pomfresh et le professeur McGonagall tremblaient de froid. Avec un murmure désolé, il coupa le flot de reiatsu furieux qui s'échappait de lui et l'air se réchauffa à nouveau.
''Je vous remercie.'' Sourit doucement le directeur Dumbledore avant de retirer sa main de l'épaule d'Hitsugaya. ''A présent dites moi, qu'est-ce qui vous a ébranlé au point que vous ayez libéré de la magie accidentelle ?''
Il a raison. Je suis un capitaine, je devrais être capable de contenir mon reiatsu. En se réprimant silencieusement, Toshiro prit la parole. ''Le professeur McGonagall pense que quelque chose ne va pas là où je vis, je suis fermement contre.''
''Vraiment ? Alors nous devrions vous croire.''
''Albus !''
McGonagall intervint brusquement mais Dumbledore lui lança un regard perçant. La faisant taire. Dumbledore se tourna à nouveau vers Toshiro.''J'ai entendu dire que vous aviez été attaqué par un chien, êtes-vous blessé ?''
''Non, directeur, je n'ai que des égratignures.''
''Alors vous devriez aller dîner et reprendre des forces, une magie accidentelle aussi forte vous aura surement coûté cher en énergie.'' Dit-il en poussant fermement Toshiro vers la porte. ''Allez-y, je souhaite échanger quelques mots avec Madame Pomfresh et le professeur McGonagall.''
Grognant un peu d'être renvoyé aussi brutalement mais également soulagé, Toshiro referma la porte derrière lui. Il prit du temps pour se ressaisir alors qu'il rejoignait la Grande Salle. Quand il y entra et s'y installa, plus aucune trace de sa colère précédente n'était visible, ni dans ses traits ni dans son langage corporel.
Et si il mangea plus que d'habitude ce soir là, c'était uniquement parce qu'il n'avait pas mangé depuis la veille.
Quand la porte se referma derrière le jeune homme, l'expression de douceur de Dumbledore devint une expression pensive. Ce garçon était donc le seul responsable de la destruction des monstres ces deux dernières années. Il était celui qui possédait cette présence vive et froide qui disparaissait dès qu'il revenait dans l'école.
Hé bien, voilà une question de résolue. Mais à présent, une nouvelle avait pris sa place…
''Albus ?'' Interrogea Poppy, interrompant le fils de ses pensées. ''Tu voulais nous dire un mot ?''
''Oui, effectivement.'' Dit-il en tournant les yeux vers les deux sorcières. ''Ce garçon est différent des autres.''
''Vous avez tout à fait raison.'' Acquiesça Minerva en fixant la porte par laquelle Hitsugaya était parti. ''Je m'inquiète pour lui, maintenant plus que jamais, d'abord l'année dernière, et maintenant l'épouvantard… J'ai cet étrange sentiment qu'il faut garder un œil sur lui, le garder en sécurité.''
''Je pense qu'il peut très bien le faire seul.'' Fit Dumbledore, ne clignant même pas des yeux sous leurs regards interrogateurs. ''Comment a-t-il dit avoir repoussé le chien ?''
Minerva renifla avec un grondement. ''Il a dit lui avoir planté sa baguette dans le flanc, un mensonge, comme si je n'en avais entendu de tel !''
''Mais que pouvons nous faire à ce sujet ?'' Demanda Poppy en faisant tourner une bouteille d'antiseptique entre ses doigts. ''Il ne nous dira évidement pas la vérité, Hagrid était là, peut-être a-t-il tout vu…''
Dumbledore secoua la tête avant même qu'elle ait fini de parler. ''Non, j'ai parlé à Hagrid quand il m'a prévenu de l'incident, quand Harry et lui sont arrivés, le chien était déjà parti, il n'en sait pas plus que nous.''
Les deux sorcières semblèrent hésiter. ''Alors…'' commença Minerva.
''Nous allons le laisser faire,'' dit fermement Dumbledore, sa décision visiblement prise. Les sorcières commencèrent à protester mais il leva une main, les faisant taire. ''Faites moi confiance, ce garçon est différent, il y a quelque chose chez lui… Je vais y réfléchir, ne l'interrogez pas, laissez le faire ce qu'il veut, si il ne veut pas que nous nous mêlions de sa vie chez lui, alors nous honorerons son souhait.''
''Mais Albus, quelque chose ne va vraiment pas chez lui, sa plus grande peur… Aucun enfant ne devrait craindre cela. Nous sommes ses professeurs, nous devons faire en sorte qu'il aille bien !''
''Nous sommes ses professeurs,'' assura Dumbledore, d'accord avec Poppy. ''Mais, dans ce cas, nous devons le laisser faire, faites-lui confiance pour qu'il vienne à nous quand il se sentira prêt. Vous le connaissez, renoncerait-il volontiers à ses secrets si nous le questionnons sans cesse ?''
A contrecœur, les deux sorcières secouèrent la tête. Il poussa ses lunettes sur son nez. ''Très bien alors.'' Dit-il en tournant les talons, se dirigeant vers la porte, s'arrêtant cependant sur son seuil. ''Vous avez raison de dire que quelque chose ne va pas chez lui, mais quelque chose me dit que ce que nous croyons et ce qu'il se passe réellement sont deux choses bien différentes. Laissez faire les choses pour l'instant et nous saurons, avec le temps.''
Sur ces mots, il passa la porte et se dirigea vers la Grande Salle. Toshiro Hitsugaya… Ou plutôt Hitsugaya Toshiro, comme le jeune homme l'aurait surement préféré, était un mystère. Un mystère qu'il n'avait encore jamais rencontré auparavant malgré toutes ses années à Poudlard. Il n'était pas qu'un simple étudiant, c'était évident. Sa présence indiquait sans doute que les choses allaient changer. Pour le meilleur ou pour le pire… Hé bien, ils verraient, plus tard.
Pour le moment, Dumbledore était d'humeur à du pudding.
Le cours de défense contre les forces du mal devint bientôt le cours préféré de tous les élèves. Le professeur Lupin rendait toujours chaque leçon intéressante, même si rien d'aussi extraordinaire que l'épouvantard n'était arrivé. A l'inverse, Rogue était carrément devenu hostile. Sa réputation de chauve-souris des donjons n'avait jamais été aussi fondée.
La retenue de Toshiro avec lui avait été horrible, mais pas autant que prévu. Rogue ne lui avait rien dit de toute l'heure, sauf pour lui dire de nettoyer les chaudrons ou polir les béchers. Il s'était assit derrière son bureau avec une grande pile de parchemin, levant parfois les yeux pour s'assurer que Toshiro n'utilisait pas la magie pour accélérer son travail.
Son humeur tolérante avait, cependant, sans aucun doute, un lien avec les histoires de l'épouvantard et du chien. Tous les professeurs semblaient lui faciliter la tâche, mais au bout de quelques jours, leur nouveau comportement commençait sérieusement à agacer Toshiro. Il voulu arrêter Flitwick quand celui-ci lui donna une tape encourageante sur l'épaule pendant une leçon de sortilège particulièrement difficile. Il envisagea sérieusement d'effectuer un konso sur Binns et il souhaita pouvoir geler toute l'école pendant les leçons de McGonagall.
Étonnement, le seul professeur qui ne semblait pas l'ennuyer était Lupin, qui n'agissait pas différemment envers lui. Il trouvait ça étrange, le professeur avait était un témoin direct de la forme qu'avait prise l'épouvantard mais ne le traitait pas différemment d'un étudiant dont la plus grande peur était une main coupée… Pourtant, il trouvait ça rafraîchissant.
Après l'histoire du chien, cependant, Harry sembla plus ouvert à l'entraînement. Il semblait avoir l'impression que Toshiro avait utilisé une sorte de puissante magie japonaise pour éloigner l'animal, et ce même si le capitaine maintenait son histoire de « plantage de baguette ». Toshiro le fit méditer dans les dortoirs avant le dîner, quand personne n'y était. Et même si le jeune homme avait bien du mal, au moins ça donnait un moment de calme au shinigami.
Quand il retourna dans la Forêt Interdite, pour essayer de retrouver le chien ou cet étrange homme qu'il avait vu, il fut incapable de trouver la moindre trace d'eux. Ça l'irrita, mais après aussi longtemps, il abandonna vite l'idée de les retrouver, ils étaient surement à des kilomètres maintenant.
Pendant une énième tentative de méditation, Harry leva les mains en l'air et s'écria :''Je ne peux pas le faire !''
Toshiro, qui avait sursauté au cri soudain du jeune homme, lui lança un regard noir.'' Tu peux le faire, il faut juste de la pratique.''
''Je n'y arrive pas !'' Fit le jeune Potter en se laissant tomber sur son lit. ''Est-ce que j'aurai mal fait quelque chose?''
''Pas que je sache.''
''Alors pourquoi je n'y arrive pas ?''
Toshiro détestait l'admettre, mais ''je ne sais pas, je n'ai jamais eu aucun problème pour méditer.''
Et comme il n'avait jamais eu de problème à ce niveau, il n'avait jamais eu à assister à des cours où les instructeurs travaillaient plus étroitement avec les élèves. Ainsi, il ne savait pas comment aider le jeune Potter. Il demanderait bien de l'aide à la Soul Society, mais il hésitait à demander de l'aide dans ce domaine. Le Capitaine en chef lui avait donné la permission de lui apprendre pour l'aider à contrôler ses pouvoirs, mais il ne voulait pas que s'ébruite l'information qu'un capitaine enseignait à un garçon, dans le monde des vivants, comment utiliser des pouvoirs de Shinigami. Ils venaient tout juste de s'habituer au cas de Kurosaki, mais l'idée d'un nouveau shinigami suppléant pouvait ne pas bien passer.
''Que se passe-t-il quand tu vide ton esprit ?'' Demanda Toshiro. Harry haussa les épaules.
''Je n'y arrive pas.''
Hé bien, au moins ça lui donnait un objectif à atteindre.'' Je vais chercher un moyen pour t'aider à éclaircir ton esprit.''
Après cinq semaines, les gens recommencèrent enfin à ignorer Toshiro. Ils ne le regardaient plus et ne chuchotaient plus quand il marchait dans les couloirs. C'était un bon changement, enfin les choses reprenaient leur court normal. Il n'avait jamais aimé être au centre de l'attention, et il était tellement plus facile de gagner un combat quand un adversaire vous sous-estimait.
Un jour, après les cours, alors que Toshiro était blotti dans son coin, lisant tranquillement un livre, Athéna perchée sur son genou, le Trio arriva et regarda le tableau d'affichage de la salle commune. Une annonce y avait été affichée pour prévenir que la première sortie à Pré-au-Lard était pour bientôt et que si ils n'avaient pas encore obtenu leur permission de sortie, ils devaient rapidement envoyer un hibou à leurs parents.
Le capitaine en chef avait signé le papier pour Toshiro pendant l'été, quand il était brièvement retourné à la Soul Society. Le lui demander avait été l'un des moments les plus embarrassants de toute sa vie.
''Tu n'y vas pas ?!''
Le cri, fort et déconcerté, le sortit alors brutalement de ses pensées. Athéna hulula, battit des ailes et s'éloignant de la fenêtre. Toshiro lança alors un regard noir au trio, d'où provenait le cri.
''Les Dursley ne signeraient pas.''
Hé bien, ça n'avait rien d'étonnant. Il avait gonflé sa tante comme un ballon après tout.
''Mais, comment vas-tu y aller alors ?''
Toshiro gémit d'exaspération. ''Il ne peut pas,'' dit-il depuis l'autre côté de la pièce. Le trio se tourna vers lui, étonné. ''Si sa permission n'est pas signée, il ne va pas à Pré-au-Lard, c'est aussi simple que ça.''
''Mais et McGonagall ?'' Fit Ron en se tournant vers Harry, qui avait l'air complètement découragé. ''Je suis sur qu'elle te le signera.''
''Elle ne le fera pas,'' marmonna Toshiro, bien qu'ils ne puissent pas l'entendre.
''Je vais essayer,'' fit Harry, bien que semblant peu confiant.
Hitsugaya avait eu raison quand il avait dit que McGonagall ne signerait pas l'autorisation d'Harry. Il était resté après le cours de métamorphose le jour où Harry le lui avait demandé, et bien que McGonagall soit sympathique, elle avait refusé de la signer. Elle n'était pas, comme elle le lui avait expliqué en rangeant les grenouilles utilisées pour le cours dans leur boite, son responsable légal. Par conséquent, elle n'avait aucun pouvoir légal sur Harry, autre que celui donné en tant que son professeur et directrice de maison. Et ces deux pouvoirs ne lui permettaient pas de signer les autorisations des élèves.
Et quand Harry protesta, lui expliquant ce qu'il s'était passé au cours de l'été, faisant que les Dursley ne la lui signeraient pas, la sorcière secoua la tête et répondit qu'il n'y avait rien qu'elle puisse faire pour l'aider, et qu'il devrait simplement trouver autre chose à faire ce jour là.
Alors qu'ils montaient l'escalier menant à la Tour de Gryffondor, Toshiro lui proposa de rester au château pour qu'ils puissent travailler sa méditation, mais Harry refusa. Comme il le disait si bien, il n'allait pas aller se torturer l'esprit alors qu'il était censé s'amuser avec ses camardes.
La réponse de Toshiro fut :'' Tu dramatises trop,'' et il laissa tomber. Si Potter voulait s'assoir et bouder au lieu de travailler un peu, c'était son choix.
Quand le jour J arriva et que les élèves se rassemblèrent pour aller à Pré-au-Lard, Harry tenta une dernière fois sa chance avec McGonagall, et quand ça ne donna rien, il alla s'installer dans un coin de la cour. Quand ses papiers furent vérifiés par Rusard, qui marmonnait quelque chose à propos d'étudiants stupides et hypnotisés par le sucre, Hitsugaya se dirigea vers le jeune homme, rejoignant Hermione et Ron, qui étaient déjà à ses côtés.
''Et si tu te mêlais aux autres ?'' Fit Ron.'' On est si nombreux que personne ne te remarquera.''
''Avec McGonagall avec nous, peu de chance.'' Dit Hermione avant de pencher la tête pensivement. ''Et si tu portes ta cape d'invisibilité ?''
Hitsugaya renifla doucement, faisant sursauter le trio. ''Granger qui dit à Potter comment enfreindre les règles ? Qu'est-ce qui se passe ?''
Hermione rougit.'' Je ne dis pas… je…''
''Ne t'en fais pas.'' Soupira Toshiro lui en faisant un signe de tête.'' Ce n'est pas comme si nous allions le rapporter aux professeurs.''
Hermione ne sembla que peu rassurée, mais juste au moment où elle s'apprêtait à répondre, Rusard hurla :'' Allez-vous en et assurez vous de revenir avant la tombée de la nuit, sinon je vous enfermerais dans les cachots !''
''Merci, Mr Rusard,'' soupira McGonagall.''Soyez prudent les enfants et amusez vous… Et suivez les élèves plus âgés jusqu'à ce que vous arriviez à Pré-au-Lard.''
Là-dessus les élèves plus âgés commencèrent à partir, les troisièmes années suis leurs pas, bavardant avec entrain sur ce qu'ils allaient faire. Toshiro entendit souvent quelque chose comme ''Honeydukes''.
Hermione embrassa Harry avant de partir.'' Nous te ramènerons tout ce que nous pourrons, ne t'inquiète pas !''
''Merci,'' marmonna Harry en regardant les élèves s'en aller.
''Ne t'en fait pas, mon pote.'' Sourit Ron en lui donnant une tape dans le dos.''McGonagall changera bien d'avis.''
Non, elle ne le fera pas, pensa Hitsugaya en faisant un signe de tête à Harry avant de retourner auprès du groupe.
Le voyage jusqu'à Pré-au-Lard ne prit qu'une demi-heure, mais pour Toshiro ça sembla durer bien plus longtemps, lui qui devait écouter Ron et Hermione planifier ce qu'ils allaient faire une fois arrivés. Toshiro s'excusa de ne pas les suivre quand il apprit que ''Honeydukes'' était un magasin de bonbon et quand ils lui dirent qu'ils iraient prendre une bièraubeurre aux Trois Balais. Cependant il doutait fortement qu'un barman donnerait une bière à des adolescents de treize ans, mais là encore, c'était des sorciers. Qui sait où se trouvait leur âge légal de consommation d'alcool…
Donc, une fois arrivés en ville, ils se séparèrent et il décida de se promener jusqu'à ce qu'il trouve quelque chose d'intéressant pour passer le temps.
Les villes sorcières étaient très bizarres, décida-t-il en regardant un vendeur essayer de vendre ce qui semblait être des ciseaux qui coupaient tous seuls. Comptait-il sur la magie pour tout ?
Il pensa que c'était sans doute le cas, car presque tout ce qu'il voyait bouger était ensorcelé. Une porte s'ouvrit seule lorsqu'un sorcier s'en approcha, des chaises se replacèrent toutes seules pour laisser des sorcières s'y asseoir, il vit même un ventilateur planer au dessus de la porte d'un magasin, soufflant de l'air frais sur les clients.
Alors que Toshiro commençait à comprendre pourquoi la communauté sorcière aimait tant cela et voulaient utiliser la magie tout le temps, il se demanda si il pouvait arriver un moment où ils utiliseraient trop de magie et que ça en deviendrai mauvais pour eux. A un moment donné, ils devaient surement perdre la capacité de faire quoi que ce soit par eux même, finissant par dépendre de la magie pour les choses les plus basiques et les plus quotidiennes. Et pour les affaires privées aussi, bien qu'il supposait que quelqu'un y avait déjà pensé et l'utilisait pour son propre plaisir… (Les sorciers étaient humains après tout.)
Alors qu'il se promenait dans la ville, regardant les habitants aller et venir, une sensation de mal aise l'envahi, une sensation qu'il ne connaissait que trop bien.
Il était surveillé.
Essayant d'agir calmement, Hitsugaya bifurqua dans une rue latérale pour couper et sortir des rues principales plus rapidement. Si c'était l'homme qui l'avait poursuivit, il aimerait lui parler. Et si c'était le chien, et bien… il discuterait moins, c'est sur.
Alors qu'il passait dans une petite zone résidentielle, le sentiment diminua et il s'arrêta, il se demanda alors quoi faire à présent. Puis, du coin de l'œil, il vit un mouvement et, quand il se tourna pour mieux voir, il vit le bord d'un manteau sombre disparaitre dans un coin. Il le suivait.
Il avança vers lui et fut conduit hors de la ville, loin des sorcières, sorciers et autres objets magiques. Il s'arrêta brièvement, récupérant sa baguette dans sa botte. Maintenant armé, il continua à suivre l'homme.
Ça doit être le même homme, pensa-t-il, ralentissant pour tourner dans une autre rue.'' Ce reiatsu, c'est le même… c'est la même signature.
Bientôt la ville avait disparu derrière lui et si dû courir pour ne pas perdre l'homme, qui avait allongé son avance dans les collines pour qu'Hitsugaya ne puisse que continuer à l'entrevoir. Si il le pouvait, il aurait depuis longtemps utilisé le shunpo pour le rattraper, mais de nombreux facteurs, dont le pas moindre fait qu'il était un shinigami entouré de sorciers, l'en empêchaient.
Toshiro grogna, se lassant de sa poursuite. Si ce n'était pas vite terminé…
Et puis ce fut le cas.
Tout d'un coup, il gravit une colline et baissa les yeux, il vit alors une petite maison branlante en bois juste devant lui. Il regarda autour de lui, mais l'homme et son reiatsu avaient tous deux disparus. Toshiro soupira et étudia la maison. Sa peinture était tellement écaillée qu'il n'était même pas certain de trouver sa couleur d'origine. Le toit s'affaissait en son milieu et les fenêtres étaient condamnées. Il semblait que personne n'avait habité ici depuis de nombreuses années, et pourtant…
Hitsugaya regarda la maison quelques minutes de plus avant de tourner les talons. Il n'était pas assez bête pour entrer aveuglément dans une maison inconnue au milieu de nulle part alors que personne ne savait où il était, et surtout après avoir été conduit ici par un inconnu avec un reiatsu étrange. Il rassemblerait de plus amples infirmations avant de revenir ici.
Caché dans les buissons, non loin de là, un homme regarda le garçon se détourner de la cabane. Il acquiesça, ravi de voir que le jeune homme faisait preuve de bon sens. Il avait même sorti sa baguette pendant la poursuite.
J'ai besoin de savoir qui il est et ce qu'il est, pensa l'homme. Mais d'abord… Fit-il en se tournant vers la Cabane Hurlante. Elle semblait moins inquiétante à la lumière du jour que durant la nuit précédente. Je vais retrouver ma proie.
