Avertissement : Tous les droits de Bleach/Harry Potter, sont à leurs propriétaires respectifs.

Note de la traductrice :

Je ne suis que la traductrice, en aucun cas cette fanfiction est mon œuvre. Elle appartient à Silvermoon42.

Je ne trouve pas les mots pour m'excuser tellement j'ai mis de temps à traduire ce chapitre... Pour être honnête ce fut assez chaotique ces deux derniers mois et je n'avais strictement aucune envie d'ouvrir mon ordinateur avec les journées que je passais... Mais quand ça s'est calmé, je me suis donnée pour objectif de terminer ce chapitre avant de partir à l'étranger, et ouf ! J'ai réussi, la veille du départ ! C'en est fallu de peu. Bref, je cesse de vous embêter, profitez de ce chapitre tant attendu ! Il est plutôt long en plus ! Bonne lecture !


Les pierres et la terre craquaient sous les pieds de Toshiro alors qu'il montait une nouvelle colline. Il faisait chaud, le soleil tapait sans relâche, et le fait qu'il soit un shinigami au pouvoir de glace n'aidait pas du tout à mieux le supporter. Il avait l'impression qu'il allait littéralement fondre, juste avant d'atteindre le haut de la colline il s'arrêta et prit un instant pour regarder l'astre à l'origine de son malheur.

Oh, comme je voudrais qu'il pleuve, pensa-t-il avant de reprendre sa route vers Pré-au-Lard.

En poursuivant la silhouette ténébreuse, Toshiro s'était bien plus éloigné du village de sorciers qu'il ne l'avait d'abord pensé et à présent il était donc obligé de marcher sous un soleil de plomb. Il fut presque soulagé que la ville soit enfin en vue.

Presque.

Le capitaine s'arrêta à l'ombre d'une fontaine qui jaillissait gaiment au milieu d'une petite place du village, d'ailleurs, juste le bruit de l'eau semblait faire un peu diminuer la chaleur. Il trempa ses mains dans l'eau et la frotta contre ses bras dans l'espoir de se rafraichir. Quand il se remettrait en marche l'air refroidirait l'eau, le rafraichissant par la même occasion, et ce jusqu'à ce qu'elle s'évapore complètement.

Alors qu'il se dirigeait vers le centre du village, son denreishinki commença à biper. Il le regarda et sourit. Au moins je pourrais brûler un peu d'énergie.

Le hollow, bien qu'il ne soit pas le plus puissant qu'il ait jamais vu, et certainement rien comparé à un espada, semblait être assez puissant pour qu'il en vienne à se demander si il aurait à libérer son shikai. Cette pensée le réjouit énormément.

Hitsugaya quitta rapidement la ville et s'arrêta sur la colline la plus proche afin d'avaler une âme artificielle. Il sortit de son gigai et le regarda d'un air sévère. ''Ne fait rien de stupide,'' prévint-il. Le gigai lui fit un salut désordonné et se retourna pour partir vers la ville. Toshiro soupira mais décida qu'il verrait bien plus part. Pour l'instant, il avait du travail.


''Allez'' murmura Toshiro en cognant son denreishinki contre sa main. ''Marche, bon sang, donne moi un hollow.''

Le dispositif avait décidé de se détraquer à peine quelques minutes après son départ de Pré-au-Lard. Il avait à l'origine montré le hollow au nord-ouest de l'école, ce qui signifiait qu'il devait retourner jusqu'au château et le contourner pour y arriver, ce qui avait pris pas mal de temps car il avait dû grimper assez haut pour ne pas être vu du sol. Mais quand il était arrivé, il n'y avait plus rien et le signal avait disparu. Voyant que son denreishinki ne bipait plus, il décida de retourner à Pré-au-Lard, mais à mi-chemin le signal apparu à nouveau, au sud-est cette fois-ci. Alors, il fit demi-tour et s'y dirigea rapidement.

Cette fois le signal était resté là où il était, mais quand il arriva sur les lieux il n'y avait rien d'autre qu'un rocher pointu en dessous de lui. Ainsi, pendant le dernier quart d'heure il avait shunpoté tout autour du campus, près des montagnes et autour du lac, essayant de trouver un point rouge sur son denreishinki, mais il n'avait pas trouvé un seul hollow !

Toshiro grogna et lança son téléphone aussi fort qu'il le put, et ce juste après qu'un un nouveau signal apparu, cette fois-ci à quelques kilomètres seulement de son emplacement actuel. Il n'y a rien ici, espèce de truc stupide ! C'est quoi ton problème ?!

L'instant suivant, il réalisa ce qu'il venait de faire et plongea rapidement après son téléphone.


C'est parce que c'est Halloween, décida Toshiro, assis les jambes croisées dans l'air au-dessus de Pré-au-Lard, le menton dans une main. Ça ne peut être qu'à cause de ça. Ces fichus sorciers m'ont maudits. Fumiers.

La raison de cette soudaine animosité se trouvait juste en dessous de lui, assis sur un lit de terre entrain de fredonner. Mais ce n'était pas ce qui l'agaçait. Non, le fredonnement était tolérable. Il était mécontent, oui, mais pas assez pour lui donner envie de déchirer son gigai de ses propres mains.

Le fredonnement je peux le tolérer, pensa Toshiro en serrant fermement son zanpakuto. Et je vais juste ignorer les bonbons. Mais pourquoi, pourquoi porte-t-il ça ?!

Assis par terre, fredonnant, mangeant des bonbons, se trouvait son gigai. Et sur sa tête se trouvait la chose la plus laide, la plus embarrassante et la plus stupide qu'il ait jamais vue.

Je vais trouver celui qui programme les mod soul et je vais lui enfoncer la tête dans un mur. Fit Toshiro en se penchant en avant. Mais où peut-il bien se trouver d'ailleurs ?

La seule chose qui l'empêchait de descendre et d'arracher la chose de la tête de son gigai était le fait que c'était un coin relativement excentré de la ville et qu'il était caché dans l'ombre d'une rangée d'arbres et de buissons. Pourquoi se trouvait-il là, il ne saurait le dire, mais il était déjà reconnaissant qu'il ne danse pas sur la place principale du village.

Il frissonna rien qu'à cette pensée.

''Détendez-vous, maitre,'' fit Hyorinmaru, son rire profond faisant écho dans la pleine glacée de leur monde intérieur. ''Demandez juste à la jeune fille aux cheveux broussailleux ou au jeune homme roux de ramener votre gigai hors de la ville.''

Hitsugaya haussa un sourcil, regardant toujours en-bas. ''Granger et Weasley, et comment proposes-tu que j'arrive jusqu'à eux sans être vu ?''

Le dragon se tut un instant. ''Oui, c'est vrai.''

Toshiro se frotta les tempes et reprit.'' Je ne veux même plus le regarder.''

Dit-il alors que son denreishinki se mit à biper.

''MAIS ARRÊTE CA !''


Plus loin, Ron et Hermione, qui sortaient tout juste de Honeydukes, leurs bras chargés de sucreries de toutes tailles, formes et couleurs, se figèrent. ''Tu as entendu ça ?'' Demanda Hermione à son ami, qui se concentrait actuellement à faire une bulle de chewing-gum bleue.

''Hum ?'' Répondit Ron, perdant toute sa concentration, faisant éclater la bulle, qui couvrit son nez, sa bouche et son menton d'une substance bleue et collante. Il grimaça et l'arracha de son visage avant de suffoquer. ''Qu..quewa ?''

''C'est dégoûtant, Ronald.''

Ron adopta un regard blessé mais elle l'ignora superbement et commença à marcher dans les rues, regardant autour d'elle.

''J'aurai pu jurer avoir entendu… Peu importe, ce n'est rien.''

Le jeune Weasley décolla le chewing-gum qui restait sur sa joue et sourit à Hermione. ''C'est juste des voix dans ta tête.''

Hermione lui fit une grimace et s'éloigna. Ron haussa les épaules et la suivit, tentant à nouveau de faire gonfler sa bulle de chewing-gum.

Tous deux marchèrent en silence pendant un moment, quittant doucement Prè-au-Lard. ''Tu penses qu'on devrais attendre Hitsugaya ?'' Demanda soudainement Hermione en regardant autour d'eux. Ils venaient de dépasser le dernier bâtiment du village, mais maintenant elle hésitait. Après tout, ils n'avaient pas vu le jeune japonais de la journée et il ne lui semblait pas juste de partir sans le lui dire.

Ron haussa les épaules. ''Il se débrouillera bien, tu le connais, rentrons voir Harry.''

''Ouais.'' Admit Hermione en jetant un dernier regard au village avant de partir à nouveau. Ron la suivi, mais il se rendit bientôt compte d'un petit problème. Son chewing-gum avait perdu de sa saveur, mais il n'y avait pas de poubelle pour s'en débarrasser aux alentours.

Hé bien, pas le choix, décida-t-il en le crachant.

Le chewing-gum, qui avait prit une horrible couleur grise, vola dans les airs en une courbe impressionnante.

Droit dans les cheveux d'Hermione.

Ron cligna des yeux. Deux fois. ''Euh…Hermione ?''

Elle se retourna vers lui en haussant un sourcil. ''Oui ?''

''…Rien.''


''Enfin !'' Fit Toshiro en se levant et en commençant à shunpoter en dehors de la ville. Il venait d'apercevoir Ron et Hermione marchant sur le chemin de terre qui quittait Pré-au-Lard. Jamais il n'avait été aussi heureux de les voir. ''Granger, Weasley !''

Les deux enfants s'arrêtèrent et regardèrent autour d'eux avec confusion. Il relâcha un peu de reiatsu, lui permettant de comprimer l'air sous ses pieds et tomber légèrement vers le sol. Son haori s'installant tranquillement autour de ses chevilles alors qu'il se redressait.

Il ne put s'empêcher de se sentir assez satisfait quand il vit leurs visages ébahis, cependant ce sentiment disparu rapidement quand il se souvint de la raison de sa présence auprès d'eux.

''Tu peux voler ?'' S'enquit Ron, la bouche grande ouverte de stupéfaction. Hitsugaya fronça les sourcils et se pencha légèrement en avant, la fermant pour lui.

''Tu vas avaler des mouches.'' Dit-il alors que le jeune homme le dévisageait avec étonnement. Le capitaine ne s'en soucia pas et reporta son attention sur ce pourquoi il était là. ''Mon gigai est animé en ce moment et j'aurai besoin de vous pour le faire sortir de la ville, pour que je puisse le réintégrer.''

''Ton… gi… oh, oui, oui.''

Fit Hermione en le regardant étrangement. Elle semblait avoir compris de quoi il s'agissait mais ne pas avoir enregistré ce qu'il voulait exactement. Pour toute réponse il fit un geste empressé vers la ville. ''Tu peux aller le chercher ?'' Demanda-t-il légèrement impatient.

Elle sembla alors réaliser et hocha la vivement la tête. ''Oh, oui, bien sûr, où est-il ?''

Ah ! ''Du côté Ouest de la ville, près de la fontaine en forme de canard, il se cache derrière des buissons et des arbres.'' La jeune Granger lui répondit pas un regard perplexe. ''Ouest…''

Avec un soupir il pointa ladite direction. ''Je reviens tout de suite !'' Fit joyeusement Hermione en lui mettant son sac d'achats dans les bras avant de courir dans la direction qu'il lui avait indiquée.

Hitsugaya déplaça le sac sur son bras gauche et utilisa sa main libre pour regarder à l'intérieur. ''Vous avez acheté tout le magasin ?''

'' Non.''

Toshiro secoua la tête. ''Tu sais quoi, mangez ce que vous voulez, ça sera assez distrayant de vous voir coincé dans la trappe du cours de Divination.''

Au lieu de s'en offenser, Ron se fit pensif. ''Si je suis coincé, tu crois que je n'aurais plus à continuer la Divination ?''

''Non, je pense qu'elle le prendra comme le signe d'une apocalypse imminente et s'enfermera dans sa tour pour toujours.''

''Donne moi ça !'' Fit Ron en s'emparant du sac de bonbon et de commencer à l'entamer. Toshiro haussa les épaules et s'asseya sur un muret à proximité en attendant qu'Hermione revienne.

Il ne fallu pas longtemps à la jeune fille pour réapparaitre en trainant le gigai d'Hitsugaya derrière elle. Elle avait d'ailleurs l'air de lutter pour ne pas rire. Ron, en revanche, ne partagea pas sa retenue. Dès qu'il regarda le gigai il éclata de rire, projetant des miettes de… quelque chose… partout.

''Mais qu'est-ce c'est que…ça ?'' Rit-il aux éclats, se tenant l'estomac tellement il riait. ''Merde, c'est horrible !''

''C'est ça moque toi,'' marmonna Toshiro en se dirigeant vers son gigai, qui se rapprochait un peu trop d'Hermione à son coût, et lui arracha l'abomination de la tête. Il la lança loin, très loin, alors que des paillettes s'en échappent formant un arc étincelant. Il tenta d'enlever ce qui était resté sur sa main mais sans succès, même en frottant sa main contre le muret. ''Rahh.''

Malheureusement, elles étaient toujours là quand il entra dans son gigai. Il roula des épaules, s'ajustant à ses centimètres de plus et leva les yeux vers Hermione. Celle-ci était devenue rouge à force de se retenir de rire. ''Va-y, fait toi plaisir,'' grogna-t-il en tendant la main pour remettre ses cheveux en place. A son plus grande horreur, des paillettes en tombèrent dans le processus.

Hermione, ne pouvant en supporter d'avantage, dû se tenir au muret pour ne pas tomber sous la force de son rire. Ron, lui, en avala de travers. Toshiro croisa les bras avec une mine renfrognée, décidant qu'il ferait mieux de faire semblant de ne pas les connaitre.

Il fallu plusieurs minutes aux deux Gryffondor pour se calmer. Et même alors, dès qu'ils levaient les yeux sur ses cheveux, ils finissaient inévitablement par glousser à nouveau. Impatient il n'attendit pas qu'ils soient entièrement remis. Dès qu'il lui sembla qu'ils pouvaient se contenir un minimum, il grogna :''Vous avez fini ?''

Malheureusement, ce ne fit qu'aggraver les choses, les faisant partir dans un nouveau fou rire.

Toshiro décida que finalement, il ne parlerait pas à Hermione du chewing-gum dans ses cheveux.


Harry n'était décidément pas réellement impressionné par tous les bonbons que Ron et Hermione lui avaient ramenés, et ce même si ils créaient une petite montagne sur la table en face de lui. Il en rit sans réel enthousiasme et leva les yeux au ciel quand ils lui parlèrent de tout ce qu'ils avaient vu. La seule chose qui eut un effet sur lui fut quand ils lui parlèrent de Toshiro et de l'incident des paillettes.

Heureusement, ils étaient les premiers à rentrer, aussi le capitaine les arrêta en montant les escaliers. ''Si vous en parlez à qui que ce soit,'' grogna-t-il et se tournant lentement vers le trio,'' je veillerai personnellement à ce que vos âmes errent dans le Vide pour l'éternité.''

Considérant qu'ils ne se représentaient pas exactement le Vide, ça ne les effrayaient pas plus que ça, mais au moins ça leur sembla suffisamment impressionnant pour les empêcher de répandre cette histoire partout dans l'école.


Au final, il fallut à Toshiro de nombreuses poignées de shampoing pour réussir à enlever les paillettes de ses cheveux, ainsi que plusieurs minutes, quand il les sécha, à se passer les mains dans les cheveux afin d'en extraire les dernières rebelles. Satisfait, il retourna dans la salle commune, où la plupart des Gryffondor étaient revenus de Pré-au-Lard et parlaient avec enthousiasme de leur journée en se montrant gaiment leurs achats. Le brouhaha le fit grimacer, si bien qu'il décida de l'esquiver et sortir par la porte du portait pour descendre dans la Grande Salle.

La Grande Salle était décorée de citrouilles sculptées, dont l'intérieur avait été évidé pour y placer des bougies, de banderoles si brillantes qu'elles semblaient être faites de feu et enfin d'un nuage de chauves-souris qui voletaient dans toute la salle. Hitsugaya les regarda fixement, les sourcils levés.

''Hagrid les a élevées spécialement à cette occasion.''

Le shinigami regarda Dumbledore, tranquillement assis dans sa chaise au milieu de la table des professeurs. Le vieil homme était assis les doigts en forme de tente et ses lunettes étincelantes sous la lumière des bougies. Toshiro leva à nouveau les yeux puis revint sur le Directeur.

''Et si elles font leurs besoins dans notre diner ?''

Dumbledore eut l'air surpris, mais il n'eut pas à répondre, le professeur Lupin entrant dans la salle par l'une des portes latérales. ''Directeur, Hitsugaya.''

Toshiro inclina la tête et s'installa à sa table, comme indiqué par Dumbledore, qui semblait plutôt soulagé, ''Remus, tu as l'air d'aller mieux.''

Toshiro fronça les sourcils et regarda de plus près son professeur. Il avait l'air fatigué mais joyeux, comme d'habitude en fait. Le directeur est étrange, c'est pas nouveau, pensa Toshiro.

Le festin fut succulent, même si lui-même mangea peu. Il y avait beaucoup de plats diverses, mais trop riches ou sucrés à son goût, et les cuisiniers semblaient également avoir oubliés de faire ne serait-ce qu'un plat japonais. Il fini par se rabattre sur une assiette de petits pains beurrés en regardant se qu'il se passait autour de lui.

Il regarda plus particulièrement la table d'honneur, toujours curieux au sujet de la remarque précédente de Dumbledore. Il était également assez distrayant d'essayer de deviner ce dont parlaient Lupin et Flitwick, vu que celui-ci parlait tout en agitant vivement les mains, donnant même presque un coup dans le nez de McGonagall à un moment. Puis il remarqua quelque chose d'étrange.

Rogue, assis non loin de là, regardait Lupin. Sa lèvre supérieure se soulevait presque imperceptiblement à chaque fois qu'il le regardait. Toshiro, curieux de savoir ce qui le contrariait autant, prit une profonde inspiration et ferma les yeux, essayant de bloquer les signatures des reiatsu les plus faibles, celles des élèves, pour se concentrer sur celles de la table d'honneur. La signature magique de Dumbledore brillait aveuglément, faisant grimacer Toshiro. Il le passa rapidement pour chercher ailleurs.

Il fut cependant distrait, par deux choses. La première ne venant pas réellement d'un des adultes.

Il savait que sa baguette était différente des autres, mais en faisant ça, il n'était plus certain qu'il s'agissait vraiment d'une baguette. Elle n'avait absolument pas la même signature que celle des autres baguettes présentes dans la Grande Salle. Celles-ci étaient plus comme de minuscules lampes brillant dans les poches des élèves, tandis que la sienne semblait d'avantage palpiter d'une façon qu'il ne pouvait décrire que comme froide. Cette sensation le fascinait, et ce jusqu'à ce que la seconde chose attire à nouveau son attention.

Non loin de là, à l'intérieur du château, se trouvait cette étrange signature qui semblait se refermer sur elle-même.

Celle qu'il avait identifiée comme appartenant au chien qui l'avait attaqué.

''Hitsugaya, regarde !''

Ce fut un coup de coude dans les côtes qui se sortit de ses pensées, lui faisant ouvrir les yeux, les faisant cligner tel un hibou. Quand il put reprendre ses esprits, il vit que les fantômes de Poudlard volaient dans la Grande Salle de façon synchronisée. Ils virevoltèrent encore pendant un moment avant de terminer leur ballet aérien par une formation en pyramide, sous les applaudissements de la Grande Salle. Toshiro grimaça et se leva discrètement alors que Nick Quasi-Sans-Tête commençait à reproduire sa propre mort. Pourquoi voudrait-il revivre ça ? Toshiro n'en avait aucune idée. Mais il savait que si il se rappelait de sa mort, il ne serait pas pressé de la revivre.

Il réussit à passer les portes sans que personne ne le remarque, vu qu'ils fixaient tous le fantôme, qui faisait semblant de se faire couper la tête, et partit dans les couloirs. Fichu gigai ! Jura-t-il. Il était, certes, plus fort qu'un humain normal, mais il était bien plus restreint qu'avec son moi normal. Et en plus avec la modification de sa taille…

Soudain, la signature changea, prenant d'avantage la forme de celle d'un sorcier normal. Toshiro se figea, un souvenir de sa première année lui traversant soudainement l'esprit.


La classe bavardait bruyamment en entrant dans la salle de classe. Toshiro s'installait à l'arrière, le menton sur sa main. Je suis un Shinigami, je ne devrais pas avoir à faire ça !

Quand la sonnerie retentie, signalant le début des cours, leur professeur n'était pas présent, si bien que les élèves commencèrent rapidement à s'agiter. Toshiro, lui, croisa les bras sur sa poitrine et décida de dormir un peu.

Puis la porte s'ouvrit et la classe se tut brusquement, aussi il ouvrit paresseusement les yeux et regarda derrière lui pour voir… un chat. Un chat tigré, plus précisément. Celui-ci se dirigea vers l'avant de la pièce, la bout de sa queue ondulant derrière lui. Toshiro le regarda curieusement alors qu'il se retournait pour faire face à la classe, qui était à présent complètement silencieuse, s'attendant à ce que le chat fasse… et bien quelque chose qui sorte de l'ordinaire. Il se demanda alors si il s'agissait en fait d'une sorte d'étrange tradition sorcière. Il était vrai aussi qu'il était complètement dans le noir en ce qui concernait les sorciers, c'était donc tout à fait possible.

Mais c'est alors que le chat commença à se métamorphoser. Toshiro cligna des yeux avec étonnement. Il avait vu beaucoup de choses en étant shinigami, mais jamais il n'avait vu de chat devenir subitement humain. Un humain drôlement familier d'ailleurs.

''Bienvenue en cours de Métamorphose,'' fit le professeur McGonagall en regardant les étudiants ébahis. ''C'est l'une des magies les plus complexes et les plus dangereuses que vous apprendrez à Poudlard. Quiconque troublera ma classe devra s'en aller et ne reviendra pas, vous êtes prévenus.'' Elle fit une pause et reprit. ''Des questions ?''

Une question brûlait les lèvres de Toshiro depuis qu'elle était entrée. Il leva la main, toujours adossé à sa chaise. Elle lui fit un signe de tête et il demanda, ''Comment avez-vous ouvert la porte tout en étant un chat ?''


McGonagall, malheureusement, ne répondit jamais à sa question. Laissant ainsi Hitsugaya souffrir de son silence depuis.

Hé bien, c'était peut-être un peu exagéré, mais il était vraiment curieux à ce sujet. La poignée de la porte de la salle de Métamorphose était ronde et la porte était fermée, alors comment était-elle entrée ?

Maintenant que j'y pense, songea Toshiro, en courant dans un escalier, elle aurait peut-être pu utiliser la magie.

Il dérapa et poussa un soupir. Pourquoi ai-je passé autant de temps là-dessus ?!

Quand il se remit à bouger, il entendit un cri aigu et perçant. D'instinct il s'accroupit et étendit ses sens avant même que l'écho ne disparaisse. Après un instant, s'assurant que tout était sécurisé autour de lui, il reprit rapidement sa route. En courant dans les couloirs il remarqua que les personnages des tableaux, qui couvraient la plupart des murs de pierre de Poudlard, étaient recroquevillés dans leurs peintures.

Bizarre. Pensa-t-il en continuant néanmoins à avancer, ne s'arrêtant que brièvement pour sortir sa baguette de sa botte, ce qu'il aurait probablement dû faire bien avant, mais là, le reiatsu étrange s'était soudainement mis en mouvement.

Ho non, tu n'iras nulle part ! Pensa Hitsugaya en dérapant dans un couloir opposé pour changer de direction. Il voulait rattraper le sorcier avant qu'il ne puisse quitter le château.

Tout en courant, il étendit ses sens, essayant de se détendre afin de pouvoir sentir la position de tout ce qui dégageait du reiatsu autour de lui. Alors qu'il venait tout juste d'y arriver, il atterrit dans les escaliers principaux du château.

En tout état de cause, ce n'était probablement pas sa meilleure idée.

Distrait et essayant de se rappeler comment contourner ce labyrinthe, tout en s'assurant de ne pas croiser d'autres sorcières ou sorciers, Toshiro ne remarqua pas que l'escalier sous lui se mit soudainement à frémir, seul avertissement de son déplacement prochain. Quand il fut à mi-chemin, il s'ébranla, faisant trébucher Toshiro, qui retrouva son équilibre juste à temps pour voir qu'un écart conséquent s'était formé entre le bas des escaliers et la sortie. Il eut juste le temps de jurer violement intérieurement avant d'arriver en bas et de sauter.

Pendant une fraction de seconde, alors qu'il bondissait, il jugea de la distance et craignit être un peu court. L'idée que tomber ferait de lui un bien piètre shinigami lui traversa l'esprit juste au moment où ses pieds touchèrent le sol et qu'il doive faire une roulade afin d'en absorber l'impact. Il prit un bref moment pour sourire triomphalement avant de reprendre sa course.


Quand la fête se termina, Hermine n'avait qu'une envie ; se blottir dans son lit avec un bon livre à lire jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Elle fut donc passablement irritée quand elle trouva le couloir menant au portrait qui gardait la salle commune de Gryffondor complètement encombré par des élèves mécontents. Elle grogna et essaya de se frayer un chemin vers l'avant, mais les élèves étaient tellement agglutinés qu'elle n'arrivait à rien. Finalement, elle se tourna vers Ron, le plus grand du trio d'or, qui était entrain d'essayer de voir ce qu'il se passait par-dessus les autres élèves.

''Tu vois quelque chose ?'' Demanda-t-elle alors que Ron secouait la tête.

''Pas avec tout ces fichus…''

Il s'interrompit brusquement en étant durement poussé par son frère, celui qui était préfet, qui, une fois qu'il eut accès au portrait, appela immédiatement Dumbledore. Quand celui-ci arriva, Hermione le vit d'abord regarder le tableau écorché avant d'être distrait par Peeves, qui racontait moqueusement que le portait avait été écorché par Sirius Black. Avec le regard le plus grave qu'elle ne lui avait jamais vu, Dumbledore envoya tous les Gryffondor dans la Grande Salle. Bientôt ils y furent rejoints par Serdaigle, Serpentard et Poufsouffle et Dumbledore leur indiqua qu'ils dormiraient là pour cette nuit.

Les élèves se divisèrent immédiatement en quatre grands groupes et se dispersèrent dans la salle. Hermione attrapa un sac de couchage bleu vif et le posa à côté de ses compagnes de dortoir. Ron et Harry étaient non loin d'elle mais elle ne voyait de chevelure blanche nulle part, aussi elle s'asseya pour mieux voir autour d'elle.

''Tout le monde va dormir !'' S'exclama Percy, faisant momentanément taire les murmures avant qu'ils ne reviennent plus discrètement. Hermione sentit quelqu'un tirer sur sa manche.

''Allonge-toi,'' murmura Lavande. Hermione libéra son bras.

''Attend.'' Dit-elle en balayant à nouveau la salle du regard, puis, ignorant Lavande, avança son sac de couchage vers Ron et Harry. Ils levèrent les yeux vers elle avec curiosité. ''Vous avez vu Hitsugaya ?''

Les deux garçons se redressèrent immédiatement et regardèrent autour d'eux. ''Non,'' répondit finalement Harry. Ron, lui, secoua la tête.

Hermione se mordit la lèvre, inquiète. ''Nous devrions le dire à un professeur.''

''Non !'' S'exclama Harry avant de baisser rapidement la tête face à son éclat de voix, avant de jeter un œil au préfet le plus proche, qui ne s'était même pas tourné vers eux. ''Je ne pense pas que nous devrions,'' dit-il plus doucement. Hermione commença à lui demander pourquoi mais il la devança. ''Il s'en sortira, je ne sais pas pourquoi mais… je le sens juste… crois moi, s'il te plait ?''

Hermione hocha la tête à contrecœur. Ron grogna et se laissa tomber sur le dos. ''On ne peut vraiment pas passer une année normale avec lui,'' grommela-t-il. Hermione le frappa à l'épaule à sa remarque. ''Aie !''


Toshiro regarda le chien allongé sur le sol devant lui et soupira en se frottant les tempes. ''Je sais que tu es un Animagus'', dit-il d'une voix irritée et fatiguée, ''alors tu n'as vraiment aucun intérêt à rester sous cette forme.'' Le chien, comme prévu, ne fit que le regarder avec mépris. Du moins, avec autant de mépris qu'un chien en était capable.

Toshiro se pencha en avant et tapota sa baguette contre son genou. Les yeux du chien furent alors attirés par ce mouvement. ''Écoute, je ne vais pas te faire de mal.'' Dit-il avant de faire une courte pause. ''Probablement, mais ce que je vais ou ne vais pas faire dépend entièrement de toi. Je ne peux pas passer toute la nuit ici, si j'en ai vraiment besoin je le ferai, mais je ne veux vraiment pas en arriver là. Aussi, tu pourrais simplement reprendre forme humaine et me dire ce que je veux savoir.''

Le chien grogna et lutta contre le sort de blocage apposé par le shinigami. Hitsugaya résista à l'envie de rouler des yeux. ''Je suis peut-être un novice en magie, mais tu ne va pas t'en libérer si facilement'', prévint-il, puis, avec un sourire ironique, il ajouta :''D'ailleurs, je connais d'autres moyens de te retenir ici.''

Laissons-le réfléchir, pensa-t-il en regardant les longues oreilles du chien d'aplatir contre sa tête. Il est tenace, je peux au moins lui accorder ça.

Une idée lui vint alors. Il sourit mais ses yeux ne reflétèrent aucune trace d'humour. Il bougea légèrement, s'assurant d'avoir toute l'attention de l'animagus avant de continuer. Quand il reprit, sa voix se fit pensive. ''Je me souviens avoir lu quelque chose au sujet d'un sort qui faisait passer un sorcier de sa animale à sa forme humaine, je pense que je peux m'en rappeler, même si je ne garanti pas que ce soit ma plus grande réussite…''

Toshiro balança distraitement sa baguette et une feuille morte tout proche s'enflamma. Il grimaça et la piétina. ''Oh mon dieu,'' dit-il, déformant sa voix d'une fausse tristesse. ''Voilà que ça recommence…'' Fit-il en adressant un air penaud au chien. ''Je ne suis pas très bon en magie, tu vois,'' dit-il en baissant la voix, comme si lui avouait un secret embarrassant. ''Je ne l'ai jamais été, bien, maintenant, quel était le nom de ce sortilège ?''

Le chien gémit d'incertitude, ses yeux parcourant les bois autour d'eux. ''Il n'y a personne ici,'' fit joyeusement Toshiro. ''Nous sommes seuls. Oh, tant pis si je me souviens plus de la prononciation exacte du sort, je suis sur que ça va revenir, je suis vraiment curieux de savoir ce que ça va donner…'' Dit-il en tendant la main pour tapoter le chien, mais il se ravisa au dernier moment, retirant sa main. Qui sait dans quoi il était allé trainer ? En tout cas ça devait faire un moment qu'il n'avait pas été propre.

''Je me fiche de savoir pourquoi tu es entré dans le château ce soir, en fait non, ça m'intrique, mais ça peut attendre… Ce que je veux savoir, c'est pourquoi tu m'as attaqué il y a quelques semaines. Une explication et je te laisserai partir.''

Pendant un long moment, lui et le chien se regardèrent l'un l'autre. Le shinigami était calmement assis, détendu. Le chien, lui, était toujours retenu par le sort, haletant lourdement. Puis, fermant les yeux presque à contrecœur, il hocha la tête. Légèrement surpris, Toshiro relâcha le sortilège et le chien se leva brusquement, s'ébrouant pour chasser de sa fourrure les feuilles mortes et autres végétaux qui s'y étaient emmêlés. Il était vraiment énorme, ses épaules arrivant au niveau de la tête de Toshiro, qui était assis.

Le chien fit quelques pas en arrière. Toshiro se renfrogna. ''Ai-je besoin de te retenir à nouveau ?'' Menaça-t-il. Le chien poussa un soupir et, en un clin d'œil, reprit forme humaine.

Un humain très sale et malodorant.

Toshiro le regarda, reconnaissant instantanément son visage. ''Sirius Black,'' souffla-t-il, puis son corps rattrapa son esprit et il se leva, levant défensivement sa baguette.

Pourtant, étrangement, le prisonnier évadé leva les mains en signe de réédition. ''Juste une explication,'' rappela-t-il. Toshiro retint difficilement une grimace. Ses dents étaient… pouah.

''J'écoute.'' Fit Toshiro sans pour autant abaisser sa baguette. Black la regarda, puis jeta un regard noir au shinigami.

''Tu as menacé Harry avec ta baguette.''

De toutes les choses qu'Hitsugaya avaient imaginées, cela n'en faisait absolument pas partie. Dans sa confusion il ne put répondre qu'un bref ''Hein ?''

Black se renfrogna. ''Tu as menacé Harry, je ne voulais pas que tu le blesses.''

Toshiro abaissa légèrement sa baguette. ''Tu as essayé de me tuer parce que je… Tu n'as même pas entendu notre conversation, pas vrai ?''

''Non.'' Dit Black sur la défensive.'' Je n'en avais pas besoin.''

''Je pense que ça aurait été utile,'' gémit Toshiro. ''Écoute, j'essayais simplement de remettre des choses au clair, si je voulais faire du mal à Potter je ne le ferais pas dans une cours d'école, où tout le monde peut nous voir, et encore moins en plein jour.''

Black ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Toshiro agita une main. ''Non, ne réponds pas à ça.'' Soupira-t-il avant de froncer les sourcils. ''Pourquoi te soucies-tu de Potter d'ailleurs ?''

Le soupir de Black lui fit lever les yeux vers lui juste à temps pour voir son expression fatiguée devenir quelque chose de plus inhabituel. Il avait l'air… chaleureux ? Presque… son cœur se contracta à cette pensée, paternel. Black avait l'air d'un père indulgent.

Je me demande ce que c'est, pensa Toshiro, alors que Black prenait un instant pour se reprendre, d'avoir un père qui… qui s'inquiète pour soi.

Une minute plus tard cette pensée fut oubliée pour laisser place à une nouvelle sensation, bien moins agréable.

L'obscurité, le vide profond et total, sans issus. Englobant tout autour de soi.

Toshiro frissonna, pas dû au froid soudain dans l'air, mais à cause de l'obscurité qui rampait jusque son âme. Son monde intérieur s'obscurcissait et le noir s'étendait sur le ciel pâle comme l'encre dans l'eau. Hyorinmaru gronda avec inquiétude, grognant vers les nuages qui s'étendaient de plus en plus.

Il connaissait ce sentiment. Il l'avait déjà ressenti auparavant.

En se retournant Hitsugaya vit une silhouette semblable à celle d'un fantôme qui filait dans la forêt droit vers lui, sa cape en lambeaux ondulant sous un vent inexistant.

Un détraqueur.

Se débarrassant d'un horrible frisson, Toshiro tendit la main vers son distributeur d'âme artificielle dans sa poche, il s'occuperait de cette créature sans son gigai et parlerait plus tard avec le prisonnier évadé. Puis, une nouvelle peur, qui n'avait rien à voir avec le détraqueur, lui glaça le sang jusqu'au plus profond de lui-même.

Le distributeur n'était pas dans sa poche.

Très lentement, Toshiro leva sa baguette et marmonna un sort de protection, espérant que ça suffirait à éloigner le détraqueur. Il retint son souffle alors que la créature atteignait la barrière, fit une pause puis passa à travers. Derrière lui Black se déplaça anxieusement, désespérant de fuir mais figé sur place. Toshiro ne fit pas attention à lui. Son attention était entièrement tournée sur la mise en place d'une nouvelle protection, plus puissante et mélangée à un choc électrique. Le détraqueur ne s'arrêta même pas.

''D'accord,'' murmura Toshiro, reculant d'un pas. Incapable de sortir de son gigai, il n'avait plus d'autre alternative. ''Il faut y aller.''

Il était prêt à fuir, mais s'arrêta en se tournant vers Black.

L'Animagus regardait le détraqueur comme un cerf pris dans des phares, tout son corps frémissant de l'envie de fuir mais incapable de le faire. Son esprit lui disait de courir mais ses muscles restaient bloqués. Il ne bougerait pas. Il n'y arrivait pas.

Hitsugaya jeta un coup d'œil au détraqueur, incertain. Il ne semblait pas pressé, appréciant sa chasse. Il comprit cela. Il comprit également que, d'une manière ou d'une autre, la créature n'en avait pas après lui. Si il partait, il ne le poursuivrait pas. Il en avait après l'Animagus. Un prisonnier évadé. Un être humain aussi.

Hitsugaya était peut-être froid, mais pas sans cœur. Et malgré son irritation évidente envers l'homme, il n'avait aucune envie de le voir entre les griffes d'un détraqueur. Il ne savait pas ce qu'il se passerait, mais il était certain que c'était quelque chose qu'il ne souhaiterait jamais à personne d'autre que son pire ennemi. Et cet homme n'était pas Aizen.

Toshiro détestait l'idée de devoir le toucher, mais il sentait que rien d'autre ne le sortirait de son sort de terreur auto-infligé. ''Cours,'' dit-il en bousculant l'homme. Black se balança simplement là où il se tenait, les yeux rivés sur le détraqueur. ''Allez !'' Insista Toshiro, plus énergiquement cette fois. Mais l'homme ne bougea toujours pas. Toshiro regarda en arrière. Il n'était plus qu'à quelques mètres.

Le capitaine s'approcha de Black, détestant d'avance ce qu'il allait faire. ''Black'', dit-il, adoptant le ton dur d'un commandant. ''Bouge immédiatement ou c'est moi qui te ferait bouger !''

Il avait probablement raison de supposer que l'homme n'avait aucun entrainement militaire, mais ce ton fonctionnait aussi bien sur des soldats que sur des civils. Ravalant à nouveau son dégout, Toshiro repoussa l'homme une fois de plus, cette fois-ci assez fort pour qu'il trébuche de quelques pas et trouve facilement son équilibre. ''Bouge, maintenant !''

Il était libre. Black cligna des yeux avec reconnaissance, se retourna et se figea à nouveau.

Derrière lui se tenait un autre détraqueur, celui-ci étant beaucoup, beaucoup plus proche.

Sans réfléchir Toshiro se mit entre l'homme et le spectre. C'était son devoir, il devait le faire. Protégez les faibles. Battez-vous pour ceux qui ne le peuvent pas.

Le détraqueur recula brièvement, très probablement surpris qu'un enfant aux cheveux blancs se place volontairement entre lui et sa proie. Puis il se reprit et tendit la main, tout comme celui du train.

Quand son doigt squelettique et recroquevillé toucha son front, Toshiro se raidit. Les arbres, les détraqueurs, Black et la nuit autour de lui furent emportés dans un raz-de-marée blanc comme la neige. Une voix féminine, fraiche et cristalline comme le premier gel de l'hiver et pourtant douloureusement douce, résonna dans son esprit.

Écoute-moi, mon Prince, et vis…

Puis il sentit des mains sur ses épaules et fut projeté à terre, atterrissant sur un sol humide et couvert de feuilles. Une lumière blanche et aveuglante illumina alors une grande silhouette dans un long manteau dont les bras étaient étendus de façon protectrice.


Notre de la traductrice:

Voilà pour ce chapitre ! J'espère réussir à vous donner le prochain avec beaucoup moins d'attente ! Je vais faire de mon mieux, promis !