Avertissement : Tous les droits de Bleach/Harry Potter, sont à leurs propriétaires respectifs.
Note de la traductrice :
Je ne suis que la traductrice, en aucun cas cette fanfiction est mon œuvre. Elle appartient à Silvermoon42.
Je sais, je sais, un escargot ferait mieux que moi... Mais je vous assure que je n'ai pas abandonné cette traduction, j'irai au bout, promis !
Allez, bonne lecture à tous !
Sa brève mission d'il y a deux ans n'avait pas compris le fait qu'il doive éventuellement réconforter des filles affolées. Ni sa formation à l'Académie. Et, alors qu'il se tenait en bas de l'escalier menant au dortoir des filles, il se demandait toujours comment deux enfants humains avaient pu le convaincre. Il n'en était toujours pas certain.
Monter les escaliers s'était avéré plus difficile que prévu. Après seulement trois marches, l'escalier s'était soudainement transformé en une pente glissante, le renvoyant en bas avant de redevenir un simple escalier. Au deuxième essai, en courant, cette fois, il avait tout simplement été renvoyé en bas également. A son troisième essai, il usa du shunpo, ce qui le fit enfin monter. Il marcha lentement dans le couloir, à la recherche de la chambre de la troisième année, et une fois fait, il y frappa doucement.
Toshiro poussa la porte quand le ''entrez'' d'Hermione raisonna. La chambre ressemblait à la sienne, avec des lits tapissant les murs, entourés de lourds rideaux rouges et dorés. Hermione était assise dans un coin au fond de la pièce. Il s'y dirigea, avec l'impression d'aller grandissante d'aller à la potence. Elle leva les yeux quand il approcha, surprise.
''Comment as-tu monté les escaliers ?''
Toshiro haussa les épaules, puis jeta un regard autour d'eux pour s'assurer qu'ils étaient seuls. ''Shinigami, tu te souviens ?''
''Oh'', fit-elle en hochant la tête avant de baisser les yeux et remuer maladroitement. Toshiro lutta contre l'envie soudaine de tripoter un fil lâche qui pendait sur les rideaux et préféra croiser les mains derrière son dos. Il n'avait jamais été doué avec les gens – c'était habituellement le travail de Matsumoto. Les gens allaient naturellement vers elle quand ils avaient des problèmes personnels ; ils venaient généralement à lui seulement pour des problèmes relatifs au travail. ''Pourquoi tu es là ?''
Plusieurs réponses lui traversèrent l'esprit. La plupart liées à l'envie de maudire les deux autres garçons. Finalement, il se dirigea vers la réponse la plus sûre. ''Tu as semblé… contrariée.''
Hé bien, au moins, ça ne ressemblait pas tellement à une question. Hermione leva les yeux vers lui, les sourcils froncées en une expression perplexe. ''Tu es venu ici pour me réconforter ?'' A son ton, elle donnait l'impression que ça devait être un concept étranger pour lui, ce qui était probablement le cas, en un sens. Toshiro était la personne qui bouleversait les gens, même involontairement.
Toshiro prit une profonde inspiration. Il avait affronté des Adjuchas et des Espada sans broncher ; il pouvait bien réconforter une adolescente de treize ans. ''Oui.''
Le problème c'était qu'il n'avait aucune idée de la façon dont il était censé s'y prendre. Les trois seules femmes qu'il avait connues dans sa vie – sa grand-mère, Hinamori et Matsumoto – n'avaient jamais eu besoin de lui pour les réconforter. He bien, pour être tout à fait exact, Momo était déjà venue le voir plusieurs fois quand elle était bouleversée, mais dès qu'elle a réalisé son incompétence totale en la matière, elle s'était rapidement tournée vers d'autres personnes à qui parler.
Immédiatement après la guerre d'hiver, Matsumoto, émue, était venue lui rendre visite à l'hôpital, alors que le capitaine Unohana lui faisait toujours suivre un programme rigoureux afin de renforcer son bras. A ce moment là, son vice-capitaine et lui s'asseyaient simplement dans la même pièce. Il ne savait pas pourquoi, mais ces séances soulageaient Matsumoto, puis, elle quittait la pièce avec un sourire triste.
Quant à sa grand-mère, elle n'avait jamais eu besoin de son aide. Elle était plus forte que quiconque, même les capitaines.
Pour aggraver les choses, Toshiro n'était même pas sûr de savoir ce qui avait tant contrarié Hermione. La conversation avait été quelque peu houleuse, certes, mais il n'y avait pas de quoi pleurer. C'était un simple cas de divergence d'opinions. Il n'y avait rien qui en vaille le coup.
A son grand soulagement, la sorcière lui sourit malgré ses larmes restantes. ''Merci, mais je vais bien. Tu n'as pas à me réconforter.''
Toshiro chercha ses mots. De toute évidence, elle n'allait pas bien, comme en témoignaient ses yeux larmoyants, ses mains tremblantes et sa posture affaissée. ''Avec tout mon respect, Granger, je ne pense pas que ça soit le cas.''
Et puis, les larmes revinrent, jaillissant des yeux d'Hermione et roulant sur ses joues. Elle se détourna de lui et les chassa furieusement. Toshiro tendit la main avec hésitation, mais la ramena rapidement derrière son dos avant de toucher son épaule. ''Tu veux en parler ?'' demanda-t-il quand ses larmes avaient semblé se calmer. Ne le regardant toujours pas, elle secoua la tête.
Déconcerté, il fit quelques pas en arrière. ''Alors je vais… te laisser.''
Avant qu'il ne puisse s'échapper complètement, elle cria : ''Attends !'' Toshiro s'arrêta à quelques pas de la porte et la regarda avec envie. C'était si proche ! ''Je voulais juste garder Harry en sécurité. Je ne voulais pas voir… Il est tombé de son balai la dernière fois, je ne voulais pas que ça se reproduise.''
En se retournant, il vit Hermione perchée sur le bord de son lit, penchée en avant en tordant ses doigts avec anxiété. Quand ses yeux rencontrèrent les siens, elle répéta d'une petite voix :''Je ne voulais juste pas qu'il soit blessé.''
''C'est admirable'', lui assura Toshiro avant de s'interrompre un instant. ''Mais parfois, les gens ne comprennent pas même les intentions les plus nobles. Weasley et Potter sont en colère, mais ils s'en remettront avec un peu de temps.''
''Combien de temps ?''
Je ne sais pas, je ne lis pas dans leurs esprits, râlerait normalement Toshiro, mais pas cette fois. Ça serait surement pire que mieux pour elle. ''Quand ils récupéreront le balai, je suppose.''
Les épaules d'Hermione s'affaissèrent. ''Ça pourrait prendre des semaines !''
''Oui,'' acquiesça Toshiro, faute de mieux. Hermione leva à nouveau les yeux vers lui.
''Merci. D'être venu, je veux dire. Mais je voudrai être seule maintenant.''
''Bien sûr.'' Fit Toshiro en inclinant la tête avant de partir, fermant doucement la porte derrière lui. Il descendit lourdement les escaliers, se refaisant la conversation dans son esprit. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il l'avait laissée tomber.
Dans la salle commune de Gryffondor, pratiquement déserte, la tension était devenue de plus en plus forte. A chaque fois que le trio était ensemble dans la pièce, Ron envoyait des regards noirs à Hermione, tout en murmurant à propos de balais et de porte malheur. Finalement, Hermione en eut tellement assez qu'elle se retira dans la bibliothèque presque toute la journée qui suivi.
Trois jours après la malheureuse trahison, Toshiro reçu un appel de Matsumoto sur son denreishinki. Il s'attendait à une mauvaise nouvelle : une patrouille s'était fait prendre par un Hollow et tous étaient décédés. Quelqu'un avait fait sauter son bureau, ou quelque chose du genre. Mais ce qu'il reçu fut bien plus surprenant, et pourtant, il aurait dû le voir venir.
''Les nouvelles recrues sont de plus en plus agitées.''
''Qu'est-ce que tu veux dire ?'' S'enquit Hitsugaya, allongé sur le toit de tuiles froides de la tour de Gryffondor. La voix de Matsumoto était inhabituellement sombre, bien que Toshiro ne perçoive pas l'urgence qu'il avait appris à deviner chez elle.
''Ils ne l'on pas réellement dit, mais je les ai entendu en parler quand ils pensaient être seuls.'' Toshiro dû sourire à cela. Parfois, Matsumoto disait que la collecte de rumeurs était la partie de son travail qu'elle aimait le plus ; ça lui donnait une idée de ce qu'il se passait réellement dans la division, au lieu de devoir le découvrir lors d'une confrontation quelconque. Il sortit de ses pensées quand elle reprit. ''La plupart d'entre eux sont mécontents de votre absence. Quelques-uns se sont même demandé si vous n'étiez pas mort et que les dirigeant voulaient garder ça secret.''
''C'est ridicule'', fit Toshiro. ''Qu'est-ce que tu as répondu ?''
''He bien, je ne peux rien dire jusqu'à ce qu'ils viennent m'en parler, mais je leur ai dit que vous étiez en mission prolongée. Il n'y a aucune raison de leur mentir, mais comme je vous l'ai dit, ils sont nerveux. J'ai peur qu'ils commencent à penser que vous nous avez abandonnés.''
Toshiro y réfléchi un moment. Des Shinigami sans repos étaient des Shinigami destructeurs. Des Shinigami qui ne faisaient pas confiance à leurs supérieurs étaient des shinigami qui désobéissaient aux ordres et se faisaient tuer. Peut-être devrait-il leur montrer qu'il ne les avait pas abandonnés. ''Si je reviens brièvement, est-ce que ça va résoudre le problème ?''
Matsumoto prit un moment pour répondre, l'air pensive. ''Ça devrait. Vous voulez revenir immédiatement ?''
Toshiro était sur le point de confirmer quand quelque chose lui revint à l'esprit. ''Je dois d'abord régler quelque chose de mon côté. Je te rappel plus tard.''
''Ok, capitaine. Au revoir !''
Fermant son téléphone, il jeta un coup d'œil sur le parc de l'école. Le soleil du soir projetait une lumière dorée sur le lac, faisant briller les petites vagues qui en ridaient la surface. Puis, un élégant tentacule brisa la surface de l'eau se levant avant de sombrer à nouveau. Il soupira. C'était exactement ce pourquoi il n'aimait pas les missions prolongées. Elles créent tellement plus de problèmes qu'il ne pouvait en résoudre si il était présent. Et s'il était là, il n'y aurait d'ailleurs aucun problème. C'était tellement ennuyeux.
Néanmoins, il ne pouvait pas reprocher aux nouvelles recrues de vouloir voir leur capitaine. Il ne se souvenait que trop de ce que ça avait été quand le capitaine Shiba avait disparu. Tout le monde avait été découragé pendant si longtemps, à l'époque il ne pouvait pas maintenir son bankai assez longtemps pour l'utiliser en combat. Ça lui avait prit plusieurs années pour qu'il soit suffisamment entrainé pour réussir l'examen des capitaines. Personne ne savait même qu'il avait atteint le Bankai, et Yamamoto était désespéré à l'idée de trouver de nouveaux capitaines, surtout avec toute la malchance qu'ils avaient eue à cette époque. La dixième division se décourageait de plus en plus au fur et à mesure que les autres divisions avaient de nouveaux capitaines et d'elle non. Il se souvenait à quel point ils étaient excités quand la rumeur avait couru que quelqu'un avait réussi l'examen de capitaine et à quel point ils semblaient impatients de le voir la veille de l'annonce. Ils ne savaient pas, bien sûr, qu'il était leur nouveau capitaine jusqu'à ce qu'il franchisse les portes d'entrées avec son haori.
Avec un autre soupir, il se retourna et se leva gracieusement, ajustant légèrement les jambes pour garder l'équilibre. Il descendit et bascula par la fenêtre dans les dortoirs, surprenant Potter, qui tentait de construire un château de cartes. Ses mains tressautèrent et les cartes se replièrent sur elles-mêmes avec un léger bruissement.
McGonagall n'était pas difficile à trouver. Elle était dans son bureau avec le professeur Flitwick et Mme Bibine, et tous trois se tenaient à côté du bureau, sur lequel reposait l'Éclair de feu, quand il reçu l'autorisation d'entrer. Son visage, quand elle le vit, était résigné.
''Comme je l'ai dit à Potter et Weasley, vous le récupèrerez quand vous le récupérerez,' dit-elle ave irritation. Toshiro leva les mains en un geste apaisant.
''Je ne suis pas ici pour le balai. Vous pouvez même le brûler pour tout ce que ça m'importe.''
Madame Bibine lui lança un regard noir, faisant rétrécir ses yeux jaunes. Peut-être que ça n'avait pas été la meilleure chose à dire. ''Il n'y aura pas de balai qui brûle tant que je serai là'', déclara-t-elle. Avec un manque lamentable de quoi que ce soit de mieux à dire, Toshiro inclina simplement la tête vers elle.
''De quoi avez-vous besoin, dans ce cas ?'' Demanda McGonagall, d'une voix légèrement plus douce. Comme toujours, ses cheveux étaient tirés en un chignon serré au-dessus de sa tête et Toshiro ne put s'empêcher de penser à Momo. Cela dit, il ne l'avait jamais vue aussi sévère que McGonagall.
''J'ai reçu un message de chez moi'', dit-il doucement. ''Quelque chose est arrivé et je dois rentrer pour le reste des vacances.''
McGonagall fronça les sourcils et se redressa, glissant sa baguette dans sa manche. ''Si vous en avez absolument besoin, vous êtes bien sur autorisé à y aller, mais puis-je savoir quel est le problème ? C'est inhabituel.''
''C'est une urgence familiale et privée.''
McGonagall inclina la tête, lui cédant la remarque. ''Très bien. Je vais parler au professeur Dumbledore. Devrez vous partir immédiatement ?''
''Dès que possible, oui.''
''Alors rejoignez-moi ici demain matin. Je suppose que vous pourrez rentrer chez vous en vous rendant au Chaudron Baveur par le réseau de cheminette ?''
''Je peux,'' acquiesça-t-il. Il serait plus simple d'ouvrir un Senkaimon une fois qu'il aurait trouvé un lieu peu fréquenté. Ce qui, à Londres, était rare mais pas impossible.
''Je vais faire les préparatifs alors.''
Et, avec un salut reconnaissant - ils étaient vraiment doués pour faire avancer les choses ici, même si c'était à si petite échelle - il quitta le bureau.
McGonagall tint parole et le retrouva dans son bureau le lendemain matin. Elle le dirigea vers la cheminée et bientôt, il sortit du foyer au Chaudron Baveur, ses cheveux blancs recouverts d'une fine couche de suie noire. Avec un grognement, il les ébouriffa pour l'enlever. Tom l'accueillit ave un signe de tête cordial, lui demandant gaiment si il avait besoin de quoi que ce soit. Tôt le matin, même pendant les vacances d'hiver, le pub était vide. Toshiro déclina l'offre et quitta le bâtiment chaleureux pour rejoindre le Londres bruyant et rempli de fumée. Puis, il se dirigea vers le parc qu'il avait découvert l'été précédent. Une fois sur place, il retira son gigai et le réduisit pour le mettre dans sa valise, puis ouvrit un Senkaimon et attendit qu'un papillon de l'enfer apparaisse.
Ron, Harry et Hermione avaient été surpris quand il leur avait dit qu'il partait. Hermione sembla plutôt consternée. Le seul de ses amis qui ne la détestait pas s'en allait brusquement. Toshiro n'était pas trop inquiet pour eux, ils ne prévoyaient pas encore de prendre d'assaut un tunnel secret infesté de pièges ou de préparer une potion dangereuse, alors ça devrait aller. Encore une fois, il s'agissait d'eux, alors tout pouvait arriver.
Un léger tintement précéda l'arrivée d'un papillon de l'enfer, et une fois que l'insecte noir apparu, il le suivi dans le monde du précipice jusqu'à la Soul Society. Il fit un signe de tête aux gardes de la porte, soulagé d'être enfin libéré de son ridicule uniforme de Poudlard et de retrouver son confortable shihakusho et son haori de capitaine, comme un vrai Shinigami. Matsumoto l'attendait à quelques mètres de la porte, bien qu'elle ait déjà commencé à rebondir quand il était apparu.
''Capitaine !'' cria-t-elle en enroulant rapidement ses bras autour de lui, pressant son visage contre sa poitrine. Il se tortilla, sachant que plus elle était restée seule sans pouvoir faire ça, plus ça durerait, ce qui signifiait aussi une étreinte plus féroce que d'habitude, et donc qu'il était inutile de résister. Mais après quelques minutes, ses poumons commencèrent à douloureusement se contracter. Il tendit donc la main et piqua ses côtes avec un doigt couvert de reiatsu. Elle le relâcha avec un cri surpris, il n'avait cependant, évidement, pas utilisé suffisament de reiatsu pour la blesser.
''Il est bon de te voir aussi'', fit Hitsugaya avec lassitude. Et il disait la vérité. Après avoir été si loin et dans un lieu aussi étrange, c'était un vrai soulagement de retrouver un endroit familier. (Même si il ne pouvait pas réellement dire qu'ici c'était tout à fait normal non plus, car rien ni personne ici ne l'était suffisament pour constituer une réelle normalité.) Finalement, ils se mirent rapidement en route vers la dixième division, Matsumoto marchant joyeusement à côté de lui, faisant dangereusement rebondir ses seins.
''Je ne leur ai pas dit que vous veniez'', pépia-t-elle en lançant un sourire espiègle à deux hommes qui la regardaient d'un air émerveillé. ''Je pensais que vous aimeriez les surprendre.''
Toshiro rit doucement, elle le connaissait trop bien. Les inspections surprises, de son avis, étaient beaucoup trop amusantes pour être laissées de côté. Immédiatement, il baissa considérablement son reiatsu, le cachant efficacement des sens des autres Shinigami. Ils ne pourraient pas le sentir venir, surtout les débutants qui ne l'avaient pas encore rencontré. Il ajusta également leur parcours, de manière à ce qu'ils traversent les rues les moins fréquentées et évitent de franchir les portes principales, ce qui reviendrai essentiellement à utiliser son bankai en plein milieu de la cour principale.
''Comment as-tu trouvé le fait de commander ?'' Demanda-t-il en baissant la tête pour cacher son visage alors que deux shinigami traversaient une intersection. Sa veste de capitaine le trahirait en un instant, mais il espérait qu'à cette distance, il serait confondu avec un membre de la première division.
''C'est très calme'', répondit Matsumoto en étirant les bras et en les croisant derrière sa tête. Toshiro secoua la tête en regardant autour d'eux. ''Je ne sais pas comment vous faites pour supporter ça.''
Toshiro lui lança un regard incrédule. ''Je ne le fais pas ! Avec toi, ce n'est jamais calme.''
''Je rends les choses intéressantes, non ?''
Ça, il pouvait l'accepter.
Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent à l'arrière de la division, l'ayant contournée quelques rues plus loin. Ils sautèrent par-dessus le mur, Hitsugaya vérifiant bien son reiatsu avant de courir rapidement vers l'arrière du toit tandis que Matsumoto se laissait tomber au sol pour se diriger vers le terrain d'entrainement, où elle lui avait dit que les nouvelles recrues de cette année se rassemblaient pour s'entrainer. Il arriva sur place quelques minutes avant elle, partit en ligne droite pour trouver un endroit pratique où se percher, avec de l'ombre et de la hauteur, pour qu'il puisse avoir une vue dégagée sans se faire voir.
Quand Matsumoto arriva, les recrues se regroupèrent dans les groupes qui leur avaient été assignés. Chaque officier, à partir du sixième siège, était invité à former un groupe de dix recrues jusqu'à ce qu'il pense que son groupe était suffisamment près à rejoindre les rangs immuables. Les cinquième, quatrième et troisième sièges choisissaient chacun un officier non nommé de leur choix pour poursuivre la formation. Ces personnes étaient souvent les plus susceptibles et qualifiées pour devenir des sièges plus tard.
Cette année il n'y avait pas autant de recrues que ce à quoi il était habitué, de sorte que seuls les quinzième, douzième et neuvième sièges étaient présents avec leurs nouvelles unités. Deux plus haut sièges étaient venus rejoindre le groupe avec leurs groupes de l'année précédente, car deux ans d'expérience valaient toujours mieux qu'une, et il aurait aussi aimé voir les recrues d'il y a trois ans, mais bon. Il ne pouvait rien y faire pour l'instant.
Matsumoto leur a fait débuter leur routine d'échauffement habituelle, puis leur a fait faire plusieurs tours du terrain d'entrainement. Toshiro résista à l'envie de se reculer d'avantage dans l'ombre, sachant que tout mouvement risquait de le trahir avant même de pouvoir commencer. Il se détendit quand les shinigami se regroupèrent au centre du terrain, respirant profondément mais ne luttant pas pour reprendre leur souffle. Puis, leur vice-capitaine les a écartés et leur a montré des manœuvres d'épée offensive/ défensive de base. Ensuite, elle marcha parmi eux, corrigeant les positions avec une poussée ferme du pied ou en faisant pivoter leurs épaules.
Toshiro les observa un moment, notant qu'une femme se trompait systématiquement de pied – comment les instructeurs de l'Académie avaient-ils pu ne pas le remarquer ? Heureusement, Matsumoto oui et a travaillé avec elle pendant plusieurs minutes.
Un autre débutant, un homme d'âge moyen, ne paraissait pas se souvenir du type de coup à donner avec son épée. Son partenaire avait bien tenté de le corriger, mais ça n'avait fait qu'exacerber la situation. Cette fois, leur chef de groupe a vu le problème et a montré à l'homme la bonne séquence à réaliser. Toshiro hocha la tête avec satisfaction, au moins ses sièges étaient capables.
Après une bonne demi-heure d'exercice au sabre, les recrues furent divisées en deux et invitées à se battre jusqu'à ce que l'adversaire soit à terre. Seul le zanjutsu était autorisé ; pas de mutilation, ni de libération de shikai. Cet exercice n'était normalement pas organisé pour les recrues de première et deuxième année – ça aboutissait trop souvent à des fractures ou des battles royales (ce qui était plutôt amusant à regarder) – aussi, les sièges s'échangeaient des regards perplexes. Puis, le neuvième siège fut envoyé pour aller tranquillement interroger Matsumoto. Leur conversation fut courte et semble-t-il sans succès.
Hitsugaya savait que Matsumoto faisait ça pour lui donner l'occasion de les évaluer, et elle savait aussi qu'il interviendrait avant que quiconque soit sérieusement blessé. Ce qu'il fit, à peine cinq minutes après le début du combat, lorsque les deux camps se séparèrent avant de s'élancer les uns contre les autres. La tactique était plutôt amusante, mais elle entrainait généralement de graves blessures lorsque les shinigami à l'avant tombaient et étaient piétinés par leurs camarades qui se précipitaient derrière eux.
Les sièges étaient sur le point de se joindre au groupe pour les arrêter quand Toshiro s'approcha d'eux et relâcha juste assez de son reiatsu hivernal pour qu'ils puissent le sentir. Les cinq shinigami supérieurs se retournèrent, les yeux écarquillés. ''Cap…'' commença l'un d'eux avant d'être coupé quand Toshiro lui envoya son haori, qu'il rattrapa automatiquement.
''Je vais m'occuper d'eux'', dit-il, les faisant taire et sourire avec amusement.
Maintenant, sans son manteau distinctif le qualifiant de capitaine, Hitsugaya pouvait facilement se glisser dans la mêlée et commencer à les maitriser un à un. Un simple coup dans les nerfs par-ci, un coup sec par là, et plusieurs étaient à terre, temporairement incapable de bouger. Tous le regardèrent avec des expressions choquées, incapables de croire qu'un enfant les avait battus.
Après qu'une dizaine de personnes environ aient été immobilisées, le reste des recrues formèrent un cercle autour de lui, le regardant avec confusion. Ils ne savaient manifestement pas qui il était – c'était incroyable, vraiment, à quel point le manteau de capitaine définissait une personne au lieu de ses traits – ni ne savaient comment procéder. Hitsugaya n'avait pas encore dégainé son épée et se tenait prêt, bras croisés.
''Euh…madame ?'' Demanda l'une des recrues en regardant Matsumoto par-dessus son épaule.
''Et bien, qu'est-ce que tu attends ? Vas-y.'' Sourit-elle en faisant un geste vers Hitsugaya, qui lui lança un regard amusé. Son objectif initial était de les amener à cesser de se battre, mais ça c'était bien aussi, supposa-t-il.
Les recrues hésitèrent encore. ''Mais ce n'est qu'un gamin'', protesta une autre, et son air amusé s'assombrit en une expression mortellement calme. Il pivota sur un pied pour faire face à la femme, qui fit un pas en arrière. Il lui fit signe d'avancer et elle obéit avec hésitation, après avoir jeté un coup d'œil derrière elle pour voir son chef d'équipe sourire à la façon du chat du Cheshire. Ils savaient tous ce que le capitaine faisait et c'était une leçon que les recrues n'allaient pas oublier de si tôt : ne sous estimez jamais votre adversaire.
Surtout quand ledit adversaire était un capitaine déguisé.
La femme baissa son épée et le regarda. ''Tu ne vas pas tirer ton sabre ?'' Il secoua la tête et, avec un coup d'œil derrière elle, elle fit un bond en avant, faisant un arc hésitant avec son arme. Il esquiva facilement et dépassa sa garde pour lui accrocher les pieds avec l'un des siens et les balayer ; elle bascula alors avec une expression surprise, puis il posa son pied sur le plat de sa lame pour la retenir.
''Hey !'' Cria une voix irritée, et Hitsugaya se retourna pour voir un homme plutôt grand se frayer un chemin à travers la foule de shinigami abasourdie. ''Tes parents ne t'on jamais apprit que les enfants devaient respecter leurs aînés ?''
Derrière lui, les sièges grimacèrent. Les yeux d'Hitsugaya se rétrécirent. En quelques secondes, l'homme était allongé sur le dos, regardant avec stupeur le « gamin » qui l'avait maitrisé. Il y eut une minute de silence pendant laquelle les shinigami fixèrent avec incrédulité l'enfant qui avait vaincu deux costauds guerriers en une dizaine de secondes sans utiliser ni son épée ni avoir l'air particulièrement fatigué. Puis, un jeune homme murmura un ''Merde…'' et Matsumoto éclata de rire.
Les recrues s'éloignèrent d'Hitsugaya. Matsumoto se retint de rire d'avantage et reprit, ''Bien, Capitaine ! Je pense que vous les avez suffisament effrayés pour aujourd'hui.''
Toshiro laissa sa bouche former un sourire satisfait. Les effrayer, il l'avait certainement fait.
Les recrues commencèrent alors à murmurer entre eux. ''Capitaine ?''
''Pas possible…''
''Sérieusement ?''
Hitsugaya se dirigea vers ses sièges, les autres shinigami se séparant pour le laisser passer, puis revêtit son haori. ''Bienvenue, Capitaine'', fit chaleureusement le douzième siège, le faisant acquiescer. La foule se sépara à nouveau pour Matsumoto, qui prit place à côté de son capitaine. Qui se tourna alors pour faire face à la foule. Son regard se concentra sur les deux shinigami qu'il avait mit au sol en dernier. L'homme avait l'air maussade et la femme semblait dépassée.
''Ne présumez jamais qu'un adversaire est plus faible que vous,'' dit-il, faisant taire les murmures. '' Trop souvent, ils vont cacher leur vraie force.'' Pour prouver ses dires, il relâcha son emprise sur son reiatsu jusqu'à son intensité habituelle ; ça faisait, en fait, un certain temps qu'il ne l'avait pas fait, considérant combien il se retenait à l'école.''
Derrière lui, Matsumoto se remit à rire. ''Voici le capitaine Hitsugaya'', dit-elle en élevant la voix. ''Il est en mission prolongée dans le monde des vivants, mais il est autorisé à rester ici pendant deux semaines. Il voulait tous vous rencontrer.''
Les recrues murmurèrent diverses salutations, semblant toujours légèrement mécontentes de la façon dont il s'était présenté. Hé bien, ça ne pouvait pas vraiment faire de mal. Le pire qu'il pourrait arriver c'était de les rendre méfiants vis-à-vis de leur entourage et des autres, ce qui n'était pas vraiment une mauvaise chose.
''Bien, finissons en'', annonça Matsumoto avec un sourire dangereux. ''Qui veut être le premier à s'entrainer avec le capitaine ?''
Des regards horrifiés et un pas en arrière furent sa seule réponse. Hitsugaya cacha à peine un sourire narquois. C'était bon d'être à la maison.
''Capitaine !''
''Le capitaine est de retour !''
''Capitaine Hitsugaya !''
Les appels le suivirent jusqu'à son bureau. La nouvelle de son retour s'était rapidement répandue et il pouvait encore l'entendre se répandre à toute la division. Nul doute que tout le monde au Seireitei ne tardera pas à être au courant dans l'heure. Malgré son aversion générale pour le fait qu'on puisse particulièrement s'intéresser à lui, voir sourire et entendre les cris joyeux de ses subordonnés lui laissait une sensation étrange et chaleureuse.
Son bureau était étonnement propre. Il n'y avait pas de paperasse sur son bureau, ce qu'il trouvait étonnant. Au lieu de ça, il y avait deux piles sur le bureau de Matsumoto, une pour ce qui était fait et l'autre pour ce qui avait encore besoin d'être signé. Surpris, il se tourna vers son vice-capitaine.
''Est-ce que tu as à nouveau donné tes papiers à notre troisième siège ?''
Elle rit nerveusement, et c'était toute la réponse dont il avait besoin. Il roula juste des yeux, feuilleta les documents complétés sur son bureau et vit que c'était parfaitement rempli (et correct, heureusement). Finalement, il fit glisser la pile vers lui et la plaça sous son bras avant de se retourner pour trouver Matsumoto l'observant avec curiosité.
''Je vais faire un rapport au capitaine en chef,'' dit-il par-dessus son épaule en partant. Elle le suivit néanmoins.
''Je vais dire à Hinamori que vous êtes de retour'', déclara-t-elle quelques instants avant qu'il ne disparaisse. Son estomac se contracta nerveusement à cette pensée. Il n'avait vu son amie d'enfance que quelques fois depuis la guerre, et après trois ans de mission… il ne savait pas comment leurs retrouvailles se dérouleraient.
La première division était, comme d'habitude, ordonnée, calme et brillante. Il y avait une odeur constante de peinture fraiche dans l'air, comme si les murs étaient refaits à chaque fois qu'ils n'étaient que légèrement abimés. Les shinigami l'ignoraient généralement quand il passait, ce comportement était normal pour eux, alors il leur rendait la pareille et ne se formalisait pas pour les questions de respect.
Le vice-capitaine Sasakibe semblait l'attendre, ouvrant la porte du bureau du capitaine Yamamoto dès qu'il s'approcha. Hitsugaya hocha la tête en remerciement et traversa la grande salle jusqu'au bureau du capitaine. Le vieil homme écrivait quelque chose, aussi, il attendit patiemment, sachant qu'il savait que le jeune capitaine était là. Enfin, il posa son pinceau et leva les yeux.
''Capitaine Hitsugaya,'' grommela-t-il, ''vous savez certainement comment faire une entrée fracassante. Étrange, vous avez toujours été l'un des plus calmes.''
Hitsugaya sentit un léger rougissement glisser sur ses joues. ''Oui, monsieur,'' dit-il, une réponse agréable et sûre. Yamamoto le regarda une minute, puis les rides autour de ses yeux et de sa bouche semblèrent se ramollir.
''Je suis sûr que ce sera une bonne chose pour votre division de vous avoir avec eux, même si vous ne pouvez rester que quelques semaines.''
''Je l'espère, monsieur.''
''Hum. Vous avez des papiers pour moi ?''
''Oui monsieur.'' Fit Toshiro en s'avançant pour les tendre au plus âgé des capitaines. Il les prit mais les regarda à peine avant de les mettre de côté.
''J'ai lu tous vos rapports du monde des vivants. Vos progrès sur la question de l'élimination de ce « Voldemort » ont été extrêmement lents.''
Hitsugaya se mordit la lèvre. ''Oui, monsieur. Il y a eu peu de choses à faire.''
Yamamoto resta silencieux plusieurs minutes et, à cause de ses yeux, Hitsugaya n'était pas sûr de savoir si le vieil homme s'était endormi ou non. Il envisageait de partir quand l'homme reprit la parole. ''Peut-être avez-vous besoin d'aide dans le château, quelqu'un qui apporterai un œil neuf.''
Toshiro se hérissa à la suggestion, bien qu'il fût forcé de rester physiquement impassible. ''Avec tout mon respect, monsieur, quelqu'un de nouveau ne ferait que créer d'avantages de problèmes qu'il n'en ressouderait. Voldemort se montrera, et quand il le fera, je serai prêt pour lui.''
C'était vrai, mais ne c'était pas la raison principale de sa réticence à faire venir quelqu'un de nouveau. Peu de personnes pouvaient se faire passer pour un élève à Poudlard. Et par peu, il parlait du vice-capitaine Kusajishi Yachiru. La seule pensée de voir de la petite diablesse courir dans un château magique avec une réserve illimitée de friandises suffisait à lui donner envie de se cacher dans un coin et de ne jamais en sortir.
''Soyez sûr de l'être'', grommela Yamamoto.
Hitsugaya était capitaine depuis suffisament longtemps pour reconnaitre un congédiement lorsqu'il en entendait un. Aussi, il s'inclina et quitta le bureau. Sur le chemin du retour vers sa division, il croisa le capitaine Ukitake, qui sourit immédiatement et tendit la main. Hitsugaya se prépara mentalement à ce qui allait inévitablement suivre.
''Ça faisait longtemps !'' Geint-il en fourrant un grand sac de bonbons dans les mains du jeune capitaine. ''Comment va ta mission ? Tu t'es fait des amis ?''
Ils étaient au milieu d'une rue et les shinigami à proximité se tournèrent vers eux. Un regard noir d'Hitsugaya fut suffisant pour les faire fuir. Serrant les dents, il répondit :''Je n'ai pas encore terminé ma mission, capitaine Ukitake, et je n'ai pas besoin de me faire des amis chez les vivants.''
''Vraiment ?'' En disant cela, le capitaine aux cheveux blancs avait une lueur dans les yeux qui rendit immédiatement Hitsugaya nerveux. Ça semblait trop malicieux pour être de bonne augure. ''Ton vice-capitaine m'a dit que tu avais passé du très bon temps là bas.''
'' Ha oui ?'' Gémit Toshiro. Il allait la tuer.
''Hum, hum !'' Fredonna Ukitake en tapotant son épaule. ''Et bien, je suis sûr que tu as du travail à faire, alors je vais te laisser. Passe une bonne journée !'' Sur ce, il laissa derrière lui un capitaine Hitsugaya en pétard.
Son désir de violement assassiner son vice-capitaine et de disperser ses restes dans tout le Seireitei n'a pas été exaucé. Il ne le ferait jamais, de toute façon, mais on pouvait toujours rêver. Au lieu de ça, il était occupé à la paperasse et à passer du temps parmi ses subordonnés. Le rapport de Matsumoto selon lequel ils commençaient à penser qu'il les avait abandonnés était préoccupant. Avaient-ils vraiment si peu confiance en lui ? Ou étaient-ils simplement effrayés d'être sans capitaine comme ça avait été le cas pendant des années après la disparition du capitaine Shiba ? Quoi qu'il en soit, il semblait que sa présence, ne serait-ce que pour deux semaines, était suffisante pour apaiser les nerfs fatigués de la division.
Sa rencontre avec Hinamori s'était bien passée. C'était extrêmement gênant au début, vu que la dernière fois qu'il l'avait vue, elle le blâmait encore de l'avoir poignardée (ce pourquoi il ressentait toujours une forte culpabilité au point de le tenir éveillé toute une nuit) et elle avait certainement plus que senti son malaise. Ils discutèrent pendant une demi-heure dans son bureau après avoir chassé Matsumoto et, lorsqu'il avait vu Hinamori partir, il avait eu l'envie déconcertante de lui courir après et de lui parler de l'épouvantard. Mais il ne l'a pas fait. Elle n'avait pas besoin de ce genre de culpabilité. (Parce qu'elle était le genre de personne à se culpabiliser, même si elle n'y était pour rien).
Sa trêve hivernale à la Soul Society était passée trop vite. Il savait qu'il devait repartir une fois les vacances terminées, mais maintenant qu'il avait à nouveau goûté à son quotidien, il ne voulait plus partir. Il avait été difficile de se lever le dernier dimanche et de se trainer jusqu'au Senkaimon. Matsumoto l'avait néanmoins accompagné pour le saluer.
''Revenez vite, Capitaine'', dit-elle en le prenant dans ses bras avant une étonnante douceur. ''Vous nous avez manqué ces dernières années.''
Il savait qu'elle disait la vérité – il lui manquait, mais il n'était pas aussi sûr pour les autres. ''Je vais essayer de finir ça le plus vite possible'' répondit-il. Puis, il ramassa sa valise (qui était à nouveau rétrécie), la glissa dans sa poche et hocha une dernière fois la tête vers son vice-capitaine avant de pénétrer dans le Senkaimon.
Il surprit un chat en arrivant dans le monde des vivants. C'était un chat noir, qui lui rappelait Yoruichi. Il croisa son regard et, bien qu'il ne croit pas aux superstitions des humains, il pensa finalement à les adopter quand il fit un pas et mis son pied dans une flaque de boue.
Quel bon début d'année.
Le retour en train à Poudlard fut étonnement calme. Il était parvenu à se rendre à la gare suffisamment tôt pour pouvoir trouver un compartiment vide et verrouiller magiquement la porte pour éviter que quelqu'un ne l'ouvre. Il passa alors le voyage allongé sur l'un des sièges rembourrés à lire un livre. Il avait réussi à faire des recherches quand il était chez lui et avait pu trouver quelque chose qui, selon lui, aiderait Harry à méditer.
Il avait également libéré Athéna avant de monter dans le train pour qu'elle puisse se rendre à Poudlard par elle-même. Ou qu'elle aille où elle veut, vraiment. Il se sentait néanmoins un peu déçu de l'avoir autant négligée ces deux dernières années.
Au cours du voyage en calèche, qu'il dû malheureusement partager avec d'autres élèves, trois sixième année et deux septième année, l'un d'entre eux ne cessa de distraitement regarder Toshiro, ce qui le mit plutôt mal à l'aise. Cependant, il reconnu là les signes de quelqu'un rêvassait, sachant d'expérience que la plupart des esprits s'égaraient pendant les réunions. Il était d'ailleurs lui-même coupable de ça : parfois, la chaleur du reiatsu du commandant l'endormait, tout comme sa voix calme, il ne pouvait tout simplement pas résister et se forcer à faire attention à ce qui était dit.
Quand la calèche s'arrêta, il tapota le sombral, le faisant recevoir des regards étranges des autres élèves, qu'il ignora.
Toshiro put instantanément dire que l'incident de l'Eclair de feu n'avait pas encore été réglé à la seconde où il entra dans la Grande Salle et vit Harry et Ron assis ensembles et Hermione seule. Il soupira. Il espérait que McGonagall aurait terminé tous les tests auxquels elle souhaitait soumettre le balai et que le Trio se serait reformé à son retour. Têtus d'humains.
Il s'asseya au milieu du trio, ne voulant pas prendre position d'un côté ou d'un autre. Quoi qu'il arrive, il était déterminé à rester neutre.
Le repas était, comme d'habitude, extravagant. Malheureusement pour Toshiro, il avait perdu la tolérance qu'il avait acquise au cours du premier semestre pour la nourriture anglaise, passant les vacances d'hiver à Soul Society. De fait, il se contenta d'un plat de riz et de thé. C'était du thé noir, il n'aimait pas le thé noir. Il préférait le vert…
En guise de cadeau de départ, plusieurs de ses sièges étaient venus à son bureau la veille de son départ pour lui remettre un thermos bleu où était écrit « Meilleur capitaine du monde ». Il était alors physiquement incapable de se fâcher contre eux pour avoir dépensé l'argent de la division en babioles, et les avaient remercié avec une contraction rare qui était souvent interprétée soit comme un spasme musculaire soit comme un sourire.
Le problème de thé s'est poursuivi le lendemain matin au petit-déjeuner. Après avoir bu une gorgée du liquide incriminé et constaté que le thé vert manquait toujours, Toshiro se leva pour rendre une visite personnelle aux cuisines quand il fut presque renversé par Olivier Dubois. Le septième année semblait en mission de la plus haute importance, marchant avec détermination vers la table d'honneur pour se tenir devant le professeur McGonagall, bras croisés. La discussion qui s'en suivie fut suffisamment amusante pour que Toshiro reste près de la table des Gryffondor. Malheureusement, tout ce que McGonagall avait fait était de dire clairement à Dubois que s'il continuait à venir réclamer le balai, elle le garderai jusqu'à la fin de la saison de Quidditch, et que s'il voulait qu'Harry vole entre temps, il était le bienvenu pour aller en acheter un nouveau lui-même. Dubois s'éloigna en marmonnant et Toshiro parti finalement vers les cuisines.
Il se senti un peu mal de demander aux elfes de maison de lui préparer un thé vert alors qu'ils avaient déjà tant à faire pendant le petit-déjeuner, mais ils lui assurèrent être parfaitement heureux de le servir et partirent rapidement ramasser les feuilles de thé pour les faire tremper dans l'eau chaude. Aussi, il s'asseya dans un coin à l'écart en attendant que tout soit près. Tout dans les cuisines était réduit à la taille des elfes de maison, aussi il se sentait un peu en décalage et quelque peu ridicule dans la minuscule chaise qu'il utilisait.
Son attention fut détournée d'un elfe de maison équilibrant trois assiettes sur chaque bras lorsqu'il entendit ce qui ne pouvait être défini que comme un couinement. En regardant dans la cuisine étonnement propre, Hitsugaya ne vit rien qui aurait pu produire un tel son. Il haussa alors épaules et regarda les elfes de maison travailler.
''Voici, Maitre Toe-she-row'', fit l'un des elfes, attirant son attention sur l'une des petites créatures qui se tenait devant lui et qui tenait une grande bouilloire, le faisant grimacer. Il avait oublié de changer de sens de son nom selon la coutume occidentale quand il s'était présenté aux elfes de maison. Et il n'arrivait pas à les convaincre que Toshiro était son prénom et Hitsugaya son nom de famille. Ils étaient, d'ailleurs, également incapables de prononcer son prénom correctement, entrainant un malheureux massacre.
''Merci,'' répondit-il en tendant la main pour prendre la poignée de la bouilloire, mais l'elfe l'écarta.
''Si vous avez un conteneur, monsieur, je serais plus qu'heureux de le verser pour vous.''
''C'est bon, je peux le faire moi-même'', assura Toshiro, mais l'elfe n'abandonnait pas.
''J'insiste, Maitre Toe-she-row. Ce serait un honneur pour moi de vous servir.''
C'est… légèrement dérangeant, pensa Toshiro, mais il préféra céder. Il sortit son nouveau thermos de son sac et le posa sur le comptoir pendant que l'elfe de maison faisait léviter la bouilloire avant de l'incliner, le liquide chaud et fumant coula alors dans le thermos. Pendant ce temps, Toshiro maintenait le thermos immobile tout en s'assurant que le thé ne tombe pas à côté et ne lui brûle la main. Il ne vit donc pas l'autre elfe de maison, portant un drap tâché et une grande casserole de sauce, bousculer l'elfe faisant léviter la bouilloire. Distrait, la magie de celui-ci vacilla, faisant bouger puis tomber la bouilloire sur le comptoir. Toshiro siffla quand le thé coula sur sa main, la faisant immédiatement rougir.
Avec les chaos engendré par les deux elfes de maison qui balbutiaient des excuses, essayant de nettoyer la flaque d'eau et placer la main meurtrie sous l'eau froide ( il appliquerait du kido de soin plus tard), personne ne remarqua que l'eau avait éclaboussé un bol en métal retourné, avec des trous minuscules, sous lequel un certain rat venait de se faire gravement brûler. La pauvre créature grinça et tenta de grimper sur les côtés du bol pour s'échapper du liquide douloureux. Tous ses efforts permirent au bol de glisser sur le comptoir et de tomber au sol. Il rampa, abasourdi, loin du lieu d'impact et réussit à se glisser sous la fente de la porte sans être vu.
Dans le même temps, Toshiro avait réussi à convaincre les elfes de maison qu'il allait bien, versant manuellement le reste du thé dans son thermos, avant de s'échapper en s'excusant auprès des elfes de maison inquiets qui le suivait. La sonnerie retentit, cinq minutes avant le début du premier cours de la journée, il jura et accéléra. La guérison de sa main devrait simplement attendre la fin du cours de potion.
La chance n'était pas vraiment de son côté ce jour-là, ci bien qu'il arriva en classe avec trois minutes de retard, perdit cinq points et du préparer une potion compliquée avec une main palpitante et douloureuse. Pour aggraver les choses, c'était sa main droite, la main qu'il utilisait principalement pour la plupart de ses tâches quotidiennes. Les brulures l'empêchaient de bouger les doigts sans lui faire mal, il fût donc forcé d'utiliser sa main gauche. Autant dire que la potion était l'une des pires qu'il n'ait jamais préparée, et Rogue l'informa avec un sourire moqueur qu'il s'améliorait. Il soupira et saisit la première occasion en dehors des cours pour se soigner.
Au moins, il avait eu son thé vert.
La beauté d'un thermos c'était qu'il gardait parfaitement à température les liquides chauds et froids. Et ça, combiné à un sort de stagnation, il était pratiquement imbattable. Ça ne dérangeait pas Toshiro de passer une heure à l'extérieur, dans l'air de janvier, et de marcher péniblement dans la neige, lui arrivant aux genoux, mais le peu de chaleur que son thé chaud lui procurait était bien trop agréable pour résister. Ils étaient supposé ramasser du bois sec et des feuilles pour garder allumé un grand feu qu'Hagrid avait fait pour les salamandres de feu, mais personne ne savait où ils étaient censé trouver du bois sec sous la neige. La plupart d'entre eux étaient donc blottis autour du feu.
(Toshiro, qui avait été assez brulé pour le reste de sa vie – ou sa mort ?- se retint et préféra siroter son thé.)
La divination n'était jamais, et ne serait jamais, une classe agréable. Le professeur Trelawney leur apprenait maintenant à lire dans la paume de la main, et a donc passé la première leçon à passer d'élève en élève pour leur montrer comment faire. Elle tapota simplement la main d'Hermione, secoua tristement la tête à celle de Neville en lui donnant une tape réconfortante sur la tête (il passa d'ailleurs le reste de la leçon à essayer désespérément de savoir ce qu'elle avait lu), dit à Harry qu'il avait la plus courte ligne de vie qu'elle n'ait jamais vue et passa à Toshiro. Il hésita à la laisser le toucher, mais tendit finalement la main avec réticence.
Quand il était retourné chez lui, il avait acheté un modificateur de mémoire et était maintenant toujours présent dans son sac. Si elle disait quelque chose de trop dangereux pour son confort, il était préparé. (C'était en supposant que quelqu'un la croirait réellement, l'idée qu'elle soit une vraie voyante était assez risible).
Elle fronça les sourcils tout en regardant sa main pendant un long moment, en tout cas, suffisamment longtemps pour que les autres élèves le regardent en chuchotant tout en lui lançant des regards curieux. ''Quand vais-je rencontrer mon horrible mort ?'' Grinça Toshiro, voulant en finir.
Trelawney s'éloigna de lui, l'étudia une minute, puis se pencha en avant et attrapa son menton pour incliner sa tête sur le côté. ''Arrêtez ça !'' Gronda Toshiro en écartant sa main avant de se lever, plus qu'un peu craintif et voulant prendre une douche.
''Je n'ai jamais rien vu de tel auparavant,'' murmura Trelawney, ses yeux le regardant intensément et distraitement en même temps. ''Tu es différent.'' Tout en disant cela, elle s'avança à nouveau et tendit la main pour la placer sur sa poitrine. Il s'éloigna et attrapa son sac.
''Très bien, je m'en vais !'' Il n'allait pas rester plus longtemps avec cette femme qui envahissait son espace personnel et mettait en danger son secret. Tout en la regardant, il descendit l'échelle et quitta rapidement la tour.
Il n'aimait pas que des gens le touchent, c'était un fait bien connu. Une partie de cela provenait de sa bataille constante avec Matsumoto qui l'étouffait dans sa poitrine – quelque chose qu'il ne tolérait que parce que c'était un rituel réconfortant de régularité- Mais ça provenait probablement surtout de son passage à Rukongai. Là bas les villageois étaient…des gens peu recommandables, c'était le moins qu'on puisse dire.
Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas la fille qui descendait derrière lui jusqu'à ce qu'elle parle. ''Est-ce que ça va ?''
Toshiro se retourna pour voir Hermione à quelques pas, à une distance prudente, le regardant attentivement. Il acquiesça et continua à descendre les escaliers. ''Je vais bien. Qu'est-ce que tu fais ici ? Le cours ne termine pas avant au moins une demi-heure.''
Hermione haussa les épaules et se rapprocha de lui, toujours à bonne distance. ''Je n'ai jamais aimé la divination. Je vais laisser tomber.''
Toshiro acquiesça. Ils avaient métamorphose demain, il prévoyait de partir plus tôt pour informer McGonagall de son changement de cours.
Ils retournèrent tous les deux à la tour de Gryffondor, avec tous leurs camarades en classe, il n'y avait personne. Toshiro sorti tout ce qu'il avait de lié à la divination et les brûla méthodiquement, un par un. Il ressentit une étrange satisfaction à voir les papiers noircir, se recourber et se réduire en cendre. Hermione l'observa quelques minutes, les yeux écarquillés, ne sachant clairement pas quoi faire. Puis, elle le rejoignit au coin du feu et y jeta ses propres notes.
Quand les preuves de leur incendie criminel eurent toutes disparues dans l'âtre de Gryffondor, ils utilisèrent leur retourneur de temps pour revenir une heure plus tôt, juste à temps pour leur cours d'étude des moldus. Toshiro s'asseya à l'arrière et resta silencieux pendant toute la leçon.
L'heure du déjeuner fut terrible. C'était une bouillie désagréable de chuchotements, de regards et d'aliments anglais gras au possible. Il ne resta pas longtemps, mais juste assez pour être coincé par pas moins de trois élèves qui lui demandèrent si le professeur Trelawney avait vraiment le béguin pour lui. Cette seule pensée suffit à le faire avoir des haut-le-cœur.
Il avait une période de libre juste avant la Défense contre les Forces du Mal, et il la passa à lire le livre qu'il avait rapportée de la bibliothèque de la dixième division. Bien que loin d'être aussi complet que les archives ou même les journaux de bord de la douzième division, la sienne était suffisamment utile pour qu'il n'ait pas à parcourir toute la ville à pied pour trouver un livre sur la façon de réparer un robinet qui fuit.
Le professeur Lupin les avait prévenus qu'il les testerait sur les créatures qu'ils avaient étudiées jusqu'à présent et, à en juger par les gémissements de la plupart des élèves à cette annonce, ils avaient oublié. Même Toshiro avait oublié et regarda la première question avec un regard vide. Tant pis. Il était temps de tirer des réponses de ses…
''Professeur Lupin ?''
Tous les élèves se retournèrent pour regarder le professeur Flitwick. Le petit professeur de sortilège leur sourit en s'excusant. ''Je serai bref. Puis-je te dire un mot ?''
''Bien sûr,'' répondit Lupin, puis les deux professeurs disparurent dans le couloir, la porte était ouverte mais un sortilège de silence étouffait leur conversation. Toshiro retourna à son papier.
Que mangent les Pitiponks et comment chassent-ils leurs proies ?
Avaient-ils même étudié ça ? Toshiro ne s'en souvenait pas. Tout ce qu'il savait, c'était qu'ils attiraient les humains dans des marais et… enfin, les mangeaient, supposa-t-il. Souriant, il plongea sa plume dans l'encrier. Oh, il pourrait donner à Lupin une sorte de description détaillée. Même si c'était n'importe quoi, si bien qu'il chercha quoi que ce soit d'utile au plus profond de son esprit. Il pouvait sentir Hyorinmaru le regarder écrire et occasionnellement contribuer avec une suggestion si créative que Toshiro savait pourquoi il faisait parti de son âme.
Les professeurs revinrent en classe et Lupin s'assit derrière son bureau avec un froncement de sourcils, écrivit quelque chose sur un morceau de parchemin et le tendit à Flitwick. ''Ça devrait aller, je pense.''
Flitwick inspecta ce qui était écrit puis acquiesça. ''Merci, Remus,'' dit-il par-dessus son épaule en partant. Toshiro, ayant choisi ce moment malheureux pour prendre un verre d'eau, le sentit passer au mauvais endroit. Il toussa dans sa manche, ignorant les ricanements des autres élèves.
A chaque fois qu'on fuyait un enseignant, quand on avait besoin d'un endroit pour planifier des farces en paix, si on ne pouvait pas faire venir Remus ici à l'heure, quand on travaillait sur la carte…
''Est-ce que ça va ?''
La voix inquiète venait de juste à côté de lui et il ne put s'empêcher de se contracter légèrement lorsque Lupin toucha son épaule pour attirer son attention. Le professeur retira immédiatement sa main, clairement surpris par la réaction de son élève.
''Je vais bien'', réussit à dire Toshiro en regardant Lupin. A l'intérieur, il était furieux. Quel genre d'imbécile engage un loup-garou pour enseigner et vivre dans une école pleine d'enfants ?!
Dumbledore, qui est – oh, quel grand sorcier est-il, ce vieil homme. Peu importe les conséquences si un élève est attaqué ; est-ce au moins légal ? Le ministère… Non, ils sont aussi idiots qu'inutiles si ils permettent à des détraqueurs de garder l'école… Toute cette société n'est qu'un groupe de cinglés. Des idiots… qui ne savent même pas comment vivre dans le monde des moldus… Des imbéciles… qui pensent être si puissants…. Attendez qu'un tueur tue un sorcier avec une arme à feu. Ça le fit rire sombrement, bien qu'il lance un regard prudent autour de lui. A ce moment là, Lupin était déjà retourné à son bureau. Si ils avaient tiré sur Voldemort dès qu'ils en avaient eu l'occasion, ils auraient mis fin à la guerre en une seconde.
Le reste du cours fut alors consacré à murmurer des pensées incohérentes sur ce que ce monde allait devenir.
Laisser un loup-garou enseigner à des enfants… Oui, très bonne idée, Monsieur le Directeur, je suis sûr que les parents des enfants qu'il va mordre seront très compréhensifs. Qu'est-ce qui pourrait aller mal ?
