Je ne possède aucun des personnages des films ou des livres.
Série de textes basés sur des idées nées lors de séance de drabbles ou des fan art croisés sur la toile qui va s'attacher à des moments de vie de Thranduil et Legolas quand celui-ci était enfant.
Je garde comme base les livres et les films donc cette série sera en dehors des mes autres textes qui forment un corpus à part entière.
Je considère donc dans cette série que la mère de Legolas est morte quand il était bébé. Voilà donc quelques instants de la vie d'un père élevant seul son fils unique.
Les textes ne vont pas suivre un déroulement chronologique mais seront proposés au fil de mes idées. Je ne sais donc absolument pas combien il y aura de chapitres ni à quelle fréquence je vais continuer la publication mais tous les textes contenus ici seront des OS.
Dans ce 4 eme chapitre : Se terrer était une chose, mais comprendre qu'on faisait souffrir son fils en était une autre.
Ce texte est la suite directe du précédent.
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
.
INSTANTS DE VIE
Chapitre 4 : Redevenir père
La discussion avec Galion avait eu l'avantage de faire sortir le Roi de sa torpeur. Oh bien sûr, son état d'esprit était toujours le même. Peut importait les mots de son ami, il était et resterai un monstre, un elfe défiguré par les combats qu'on plaindrait quand il tournerait les talons… Mais ça, il pouvait encore décider de l'assumer. Il avait les épaules assez solides et un regard froid pour les faire taire au besoin.
Non, ce qui faisait encore plus de mal c'était d'avoir abandonné le rôle plus important de sa vie, son rôle de père.
Comment ça son petit elfing passait ses journées à pleurer ? Il s'en voulait, car pendant qu'il se morfondait sur lui-même, il avait oublié la douleur que pouvait ressentir un tout jeune elfe d'à peine 21 ans (à peu prés 7 ans d'apparence en âge humain). De manière idiote, il se disait que Galion et les autres elfes prendraient soin de lui, mais il avait oublié qu'il était son père et que son petit garçon avait vu le retour de la troupe. Caché derrière les grandes robes des autres elfes, il avait vu les blessés. Il avait vu son père, mourant et défiguré par le souffle de la bête maudite. Replié sur lui-même, sur sa douleur, Thranduil ne l'avait vu que deux fois depuis qu'il était sorti des Chambres de Guérison. Pour lui, il était évident qu'il l'avait rassuré !
Comme il avait été idiot !
Ce n'était pas de le savoir vivant qui importait, c'était de l'avoir auprès de lui… Qu'il vienne, comme avant, tous les soirs, lui raconter une histoire et le bercer pour s'endormir. C'était de cela qu'il l'avait privé en se punissant lui-même. Il se disait que son fils ne voudrait plus d'un père défiguré, ressemblant à un monstre, mais au final ce n'était pas par son physique, mais par ses actes qu'il avait agi comme un monstre.
Thranduil le comprit en poussant la porte de la chambre de son fils. Une chambre plongée dans le noir et dans laquelle il perçut de petits sanglots étouffés. Galion avait raison. Il pleurait…
Rapidement, il descendit les quelques marches et se rapprocha du lit. La petite forme de son fils était recroquevillée sur un côté en position fœtale et le tout jeune elfe pleurait, la tête profondément enfouie dans un oreiller.
Thranduil trembla doucement et se laissa tomber assis à ses côtés. Avec prudence, il passa une main dans ses cheveux et sentit son cœur se briser en le voyant sursauter. Il avait eu peur ?
- Mon petit !
Le tout jeune elfe tourna la tête et se mit à trembler en murmurant doucement.
- Laissez-moi !
- Ion nìn[1], qu'est-ce que tu as ? C'est moi, répondit le Roi terrorisé à l'idée d'avoir laissé apparaître son vrai visage mutilé, mais ce n'était pourtant pas le cas !
- Non ! Répondit fermement le tout jeune elfe. Je n'ai plus de papa, il est mort. Les serpents de feu me l'ont enlevé.
- Legolas… Murmura doucement le Roi en continuant à caresser ses cheveux. Non, j'ai survécu. C'est moi.
- Vous êtes un fantôme, comme nana[2]. Vous venez me faire pleurer.
- Lass pin nìn[3], allons ne dis pas ça.
- Si mon papa était encore en vie, il ne m'aurait pas abandonné si longtemps.
Ces mots-là furent les mots de trop… Les mots d'un petit garçon profondément blessé par la mort et la guerre à un âge où il ne devrait pas s'en soucier. Thranduil sentit des larmes couler sur ses joues et tendit les mains, soulevant le corps de son petit elfing pour le serrer contre lui.
- Je te demande pardon mon tout petit. J'étais blessé, perdu, épuisé, je suis désolé.
Le petit elfe qui s'était laissé faire leva une main pour la poser sur la joue de son père. Sa peau était chaude. Il ne ressemblait pas à un fantôme.
- Ada[4] ?
- Oui ion nìn.
- Ada !
Cette fois c'était plus un cri qu'une question et le jeune elfe se cramponna à son père, passant ses bras derrière son cou en se mettant à pleurer.
- Tu n'es pas mort ?
- Non, mon enfant. Arrête de trembler, je suis là.
- Mais Galion ne voulait pas que j'aille te voir avec les guérisseurs.
- Il avait raison. Il ne fallait pas que tu me vois comme ça. Mais je suis passé te voir pour te dire que j'allais bien.
- Oui, mais dans le noir et tu n'as pas voulu me prendre dans tes bras alors…
Le petit elfe se tut pour pleurer pendant qu'il enfoui sa tête plus profondément dans le cou de son père. Un père qui glissa une main derrière sa nuque, le serrant de toutes ses forces contre lui. Comment il avait pu agir de la sorte ? Il avait voulu le protéger, ne pas lui montrer ses affreuses cicatrices tant qu'il n'était pas capable de les dissimuler et tout ce qu'il avait réussi à faire, c'était le terroriser et lui faire croire qu'il l'avait perdu.
- Goheno nìn lass pin nìn[5].
- Melin le ada[6], pleura le petit elfe solidement accroché à son père.
- Melin le mon tout petit, ne pleure plus, je suis là. Je vais rester auprès de toi.
- C'est vrai ?
- Oui, apparemment nous avons tous les deux besoin de nous reposer.
Sans lâcher son fils, Thranduil se laissa tout doucement basculer dans le lit de son enfant. Il s'allongea, le laissant se blottir au creux de ses bras et se tourna sur le côté. Il remonta les couvertures sur eux et noua ses mains autour du petit corps comme pour le protéger. 21 ans, ce petit elfe en larmes n'avait que 21 ans, comment il avait pu agir de la sorte ? Comment il avait pu le laisser avoir aussi mal ? Il fallait qu'il comprenne qu'il était seul avec cet enfant, qu'il était son seul repère, son père… Son père qui devait le protéger de l'Ombre et lui offrir son amour. Même s'il souffrait, il n'avait pas le droit de le faire souffrir lui. Il était si pâle et épuisé qu'il s'endormit d'ailleurs lourdement en seulement quelques secondes, enfin serein, à l'abri dans ses bras. Thranduil soupira et posa sa tête dans la chevelure blonde de son petit elfe, respirant son odeur et fermant les yeux pour entendre son petit cœur battre sous ses doigts.
Il souffrait, il était défiguré, à peine digne d'être un Roi, mais là, dans ses bras, il tenait une raison d'avancer, la seule raison qui lui restait, la plus importante et il se jura, juste avant de sombrer lui-aussi, que plus jamais il ne ferait passer sa vie avant la sienne.
[1] Mon fils
[2] Maman.
[3] Ma petite feuille
[4] Papa.
[5] Pardonne-moi ma petite feuille.
[6] Je t'aime papa.
