Je ne possède aucun des personnages des films ou des livres.
Série de textes qui va s'attacher à des moments de vie de Thranduil et Legolas quand celui-ci était enfant.
Je garde comme base les livres et les films donc cette série sera en dehors de mes autres textes qui forment un corpus à part entière. Je considère donc dans cette série que la mère de Legolas est morte quand il était bébé. Voilà donc quelques instants de la vie d'un père élevant seul son fils unique.
Ce texte a été écrit pour la nuit du FOF sur le thème : Précieux
En espérant qu'il te plaise !
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
L'espoir dans les ténèbres
La lueur argentée de la lune se déversait par les hautes fenêtres de la chambre princière, baignant la pièce d'une douce clarté éthérée. Thranduil se tenait debout près du petit lit, sa silhouette élancée enveloppée dans une robe de chambre de satin vert émeraude qui bruissait doucement à chacun de ses mouvements. Le vêtement, légèrement entrouvert sur son torse, laissait entrevoir les bandages blancs qui enserraient sa poitrine, témoins silencieux de la dernière bataille contre les forces de l'ombre. Des hématomes violacés s'étendaient sur sa peau pâle, formant une constellation douloureuse qui remontait jusqu'à son épaule. Chaque respiration lui arrachait une légère grimace, mais il l'oubliait presque entièrement devant le spectacle qui s'offrait à lui.
Là, pelotonné sous des chaudes couvertures de soie aux couleurs de la forêt, dormait son petit elfling. Legolas. Son fils. Ses cheveux d'or pâle s'étalaient sur l'oreiller comme un halo de lumière, son petit visage serein dans son sommeil affichait cette innocence pure qui faisait se serrer le cœur du roi. Ses longs cils projetaient de fines ombres sur ses joues, et sa respiration légère emplissait la chambre d'une mélodie paisible.
Avec une infinie douceur, Thranduil tendit la main pour caresser les mèches soyeuses de son enfant. Ses doigts glissèrent délicatement dans les cheveux de Legolas, s'attardant sur les petites tresses à peine défaites qui maintenaient ses mèches en arrière, comme le voulait la tradition. Un sourire tendre éclaira son visage quand son fils remua légèrement dans son sommeil, se blottissant inconsciemment contre sa main.
- Ion nîn, murmura-t-il dans un souffle à peine audible, sa voix chargée d'une émotion contenue, ma petite feuille…
Sa main descendit pour effleurer la joue de l'enfant, douce comme la plus fine des soies. Legolas avait l'équivalent de sept ans pour les hommes, un âge si tendre, si vulnérable. Un âge où les elflings devraient pouvoir courir librement dans les bois, rire sous les étoiles, et s'émerveiller des mystères de la nature sans crainte, mais l'ombre grandissante ne leur laissait plus ce luxe. Chaque jour apportait son lot de nouvelles inquiétantes, de menaces rampantes. Les araignées se multipliaient dans les zones sombres de la forêt, les orques se faisaient plus audacieux et une noirceur insidieuse tentait de s'infiltrer dans leur royaume.
- C'est pour toi que je continue à me battre, chuchota Thranduil, ses doigts traçant délicatement le contour du petit visage endormi. Parce que tu es ce que j'ai de plus précieux dans ce monde, ion nîn, plus que toutes les gemmes de la terre, plus que toutes les étoiles du ciel…
Une larme solitaire roula sur sa joue alors qu'il contemplait son fils. Il revoyait sa propre enfance, si différente, dans une contrée encore verdoyante et libre, même si elle avait fini par tomber elle-aussi. Son cœur se serra à l'idée que Legolas grandirait dans un monde de plus en plus assombri par le mal… dans un monde où chaque jour sa vie serait en danger.
- Je repousserai les ténèbres encore et encore tant que mon bras pourra le faire pour toi, promit-il dans un murmure féroce, malgré la douleur qui irradiait de ses blessures. Je maintiendrai notre royaume debout, pour que tu puisses voir un jour notre forêt retrouver sa splendeur d'antan.
Un léger gémissement s'échappa des lèvres de Legolas et Thranduil s'empressa de fredonner doucement une ancienne berceuse elfique, celle que sa propre mère lui chantait jadis dans un monde qui lui semblait si lointain. La mélodie cristalline emplit l'air, apaisant instantanément l'enfant qui se détendit à nouveau dans son sommeil. Le roi resta ainsi de longues minutes, veillant sur le sommeil de son fils, ignorant la douleur qui pulsait sous ses bandages. Dans ces moments précieux volés à la nuit, il puisait la force de continuer, de se relever après chaque bataille, de maintenir leur royaume debout face à l'adversité grandissante, car dans le visage innocent de son elfling endormi, il voyait l'espoir naître dans les ténèbres.
L'espoir d'un avenir où la lumière triompherait des ténèbres, où la forêt chanterait à nouveau de toute sa splendeur et où son fils pourrait grandir sans crainte de l'ombre.
