Petit mot de l'autrice : j'ai lu Mort et vie d'Edith Stein, bah j'ai pas trop aimé
Jour 10 : Autoriser
pré canon
Lorsqu'elle sentit des larmes couler sur sa joue, Cora se traita intérieurement d'idiote. Elle savait bien dans quoi elle s'embarquait lorsqu'elle avait accepté ce mariage : une union purement arrangée, calculée, sans amour ni tendresse. Qu'elle pleure maintenant sur son sort était assez stupide de sa part ! Elle avait l'impression d'être une enfant capricieuse, déçue de ce qu'elle avait elle-même désiré. Néanmoins, il y avait beaucoup de paramètres qu'elle n'avait pas vraiment prit en compte.
L'éloignement, qui lui pesait plus qu'elle ne l'aurait cru, elle qui n'avait pourtant jamais été très proche de sa famille.
Le mauvais temps anglais, qui lui minait le moral.
Les règles de bonnes manières.
C'était peut-être bien cela, le pire. Cora venait pourtant d'une famille très aisée et assez guindée, mais comparé à la noblesse britannique, ce n'était rien du tout. Il y avait énormément de règles, de subtilités, de faux-pas possibles. Mais il y avait aussi beaucoup de choses ici qui ne lui étaient pas autorisées, tant et si bien qu'elle avait parfois l'impression d'être emprisonnée.
Elle essayait de faire de son mieux pour se contrôler, mais ce matin là, elle ne pouvait plus retenir ces larmes qu'elle retenait depuis des semaines. Elle pleura, pleura encore, laissant la fatigue et la tristesse l'envahir.
Lorsque sa crise de larme fut passée, elle se releva, tâchant d'effacer de son visage les traces de sa faiblesse. Elle se dirigea alors vers la salle à manger, où Robert devait l'attendre pour petit-déjeuner.
Lorsqu'elle arriva, tout était comme d'habitude. Robert était au bout de la table, son plateau était dressé, le thé préparé. Mais il y avait un petit élément qui changeait des autres jours.
Des pancakes, préparés d'une façon typiquement américaine.
- Bonjour, Cora. Voici une petite surprise pour vous !
- Comment... depuis quand avez-vous des pancakes ici ?
- Depuis ce matin, sourit Robert. J'ai envoyé quelques lettres outre atlantique pour obtenir quelques recettes. Notre cuisinière s'est employée à les suivre. Nous voulions que vous ayez un peu de votre chez-vous...
L'attention était si délicate que Cora sentit l'émotion l'envahir de nouveau. Mais cette fois-ci, elle n'était plus si triste. À la nostalgie s'ajoutait le soulagement de constater que son époux n'était peut-être pas si indifférent que cela à son sort, mais qu'il avait au contraire conscience qu'être si loin de chez elle n'était pas facile. Peut-être qu'elle pourrait bien finir par s'habituer à tous ces changements, finalement.
