A l'abri des regards (4/4) AU

Le silence régnait dans la chambre où seule la lumière tamisée donnait une ambiance chaleureuse. Buck se tenait contre Eddie, sentant la chaleur apaisante de son corps près du sien. Buck avait imaginé sa première fois avec Eddie, un moment de douceur et de volupté mais il devait bien admettre qu'une fois à l'abri des regards leurs vêtements avaient volés à la vitesse de l'éclair.

Après la tempête émotionnelle et physique qu'ils avaient traversée, le calme de ce moment était presque surréaliste.

Les doigts d'Eddie glissaient doucement sur la peau de Buck, traçant des chemins invisibles, comme s'il essayait de se rappeler chaque contour, chaque détail. Leurs respirations étaient synchrones, chaque battement de leurs cœurs semblait être en parfaite harmonie.

Buck repensa à ce qui s'était passé quelques heures plus tôt, à l'aéroport.

Il était prêt à tout quitter, à fuir la douleur qui le rongeait, la confusion qui l'emplissait. Mais Eddie était venu pour le chercher, faisant fi de toute prudence face à la menace réelle qui planait au-dessus de sa tête et Buck aurait pu l'étriper rien que pour ça mais il était un indécrottable romantique et cette magnifique preuve d'amour l'avait tout retourné.

Essoufflé, presque désespéré, Eddie l'avait rattrapé avant qu'il ne soit trop tard. Buck n'avait pas voulu l'écouter au début. La colère en lui était vive, alimentée par des semaines de distance, d'indifférence, de disputes et de non-dits.

Pourtant, il n'avait pas pu l'ignorer.

La voix d'Eddie avait percé son armure de rancœur. Suppliant, implorant. Et quand il avait prononcé ces mots que Buck n'aurait jamais cru entendre, toute sa colère s'était évaporée.

Eddie l'aimait.

Il l'avait toujours aimé. Il lui avait avoué ses peurs, ses hésitations, la crainte que cette relation ne soit trop fragile pour survivre à la pression de leur environnement professionnel. Mais il avait ajouté qu'il ne pouvait plus imaginer sa vie sans lui.

Dans ce moment de confession, Buck avait senti ses propres barrières se briser.

Toute la douleur accumulée, toute la résistance qu'il avait construite s'était effondrée, laissant place à une vague de tendresse et d'amour. Les larmes lui étaient montées aux yeux, non pas à cause de la tristesse, mais à cause de l'énorme soulagement qui l'avait envahi.

Il en avait assez de se battre, assez de repousser ses propres sentiments.

Cette nuit-là, dans la douceur de cette chambre, il se laissa aller à ce qu'il ressentait vraiment. Eddie était tout ce qu'il avait toujours voulu. Ses mains, sa voix murmurant des promesses contre sa peau, tout cela lui rappelait qu'ils étaient passés à deux doigts de perdre quelque chose de précieux. Les mots étaient finalement simples : il l'aimait.

Et en cet instant, tout était enfin clair.

De son côté, Eddie regardait Buck avec des émotions mêlées.

Il ne s'était jamais senti aussi proche de quelqu'un, à la fois physiquement et émotionnellement. Voir Buck s'abandonner à lui de cette manière l'avait bouleversé. Pendant des mois, il avait essayé de mettre de la distance, pensant que c'était la meilleure façon de protéger ce qu'ils avaient construit professionnellement.

Mais il s'était trompé. Ce n'était pas leur relation qui les mettait en danger, c'était sa peur d'affronter ses propres sentiments.

Eddie se souvint de sa course désespérée à l'aéroport.

Voir Buck prêt à partir, à mettre fin à tout ce qu'ils n'avaient pas eu le temps de partager, l'avait terrifié. Pour la première fois de sa vie, il avait ressenti la panique d'un homme sur le point de tout perdre. Il n'avait plus le choix. Il avait ouvert son cœur, exposant ses faiblesses et ses peurs.

Lui avouer qu'il l'aimait avait été aussi effrayant que libérateur.

Maintenant, alors qu'il le tenait dans ses bras, Eddie réalisait à quel point il avait été idiot de croire qu'il pouvait se protéger de Buck. Buck était tout ce qu'il avait toujours voulu, et il savait maintenant qu'il était prêt à tout risquer pour lui.

Avec une voix douce mais ferme, il murmura contre sa peau.

– Te amo, Buck.

– J'aime entendre ça, sourit-il.

– Ecoute-moi, s'il te plait, c'est important. Tu as toujours été bien plus qu'un collègue ou qu'un employé pour moi. Depuis le premier jour, il y a cette connexion entre nous. Tu es tout ce que je veux, tout ce dont j'ai besoin pour vivre. J'ai fait l'erreur de te tenir à distance, mais je ne peux plus vivre sans toi. Je sais que ce ne sera pas facile, mais je suis prêt à affronter tout ça. Parce que tu en vaux la peine.

Buck le regarda, ses yeux brillants de vulnérabilité et d'émotion, et il comprit qu'il était prêt à tout par amour pour cet homme.

Le lendemain matin, dans les bureaux de l'entreprise, l'atmosphère était légère, bien plus sereine que les jours précédents. Tout le personnel était réuni pour le briefing quotidien, et l'équipe semblait fonctionner dans une bonne dynamique.

Buck, de retour à sa place, écoutait attentivement les consignes, mais il était difficile pour lui de ne pas sentir le regard d'Eddie posé sur lui. Chaque fois que leurs yeux se croisaient, une chaleur discrète passait entre eux. Un langage silencieux s'était installé, une complicité qui ne pouvait être détectée que par ceux qui savaient ce qui se passait réellement entre eux.

Leurs regards étaient pleins de promesses, mais pour l'instant, ils avaient décidé de garder leur relation secrète. Leur proximité ne passait cependant pas inaperçue aux yeux de leurs collègues les plus proches.

Chimney, fidèle à lui-même, ne put s'empêcher de faire des commentaires discrets mais amusants. Hen, elle, se contenta d'un regard complice, hochant la tête en silence, ses yeux pétillant de malice.

Bobby, en tête de la réunion, observa le groupe avec une bienveillance qui lui était propre. Bien qu'il ne dise rien, il avait compris que quelque chose avait changé. Il connaissait assez bien ses hommes pour voir au-delà des apparences et il connaissait Eddie aussi.

En fin de briefing, il fit une annonce qui surprit tout le monde.

– À partir d'aujourd'hui, Buck occupera un nouveau poste temporaire au sein de notre équipe. En raison de certaines menaces persistantes contre l'entreprise et contre M. Diaz en particulier, Buck va assumer le rôle de garde du corps personnel de notre chef jusqu'à ce que la situation soit complètement résolue.

Les yeux de l'équipe se tournèrent instantanément vers Buck et Eddie, certains surpris, d'autres curieux. Chimney ne put s'empêcher de lâcher un petit rire.

– Garde du corps personnel, hein ? Vous allez être inséparables maintenant.

Buck roula des yeux en croisant les bras sur sa poitrine, mais ne put s'empêcher de sourire.

Maddie lança un regard complice à son frère, comprenant immédiatement les enjeux bien plus personnels derrière cette décision. Elle savait que c'était bien plus qu'une simple mesure de sécurité. C'était une chance pour eux de se rapprocher, de construire quelque chose de solide en dehors de leur travail.

À peine la réunion terminée, Eddie fit signe à Buck de le suivre dans son bureau.

Une fois la porte refermée derrière eux, et sans perdre une seconde, Eddie se jeta sur ses lèvres avec une urgence qu'il ne pouvait plus contenir. Ses mains s'accrochèrent fermement à sa nuque, attirant son visage vers le sien avec une telle intensité que Buck en fut presque étourdi.

– Eh bien, tu ne perds pas de temps, Patron, plaisanta Buck entre deux baisers, un sourire moqueur aux lèvres.

Mais il savait que la taquinerie ne ralentirait pas Eddie.

En réponse, Eddie grogna légèrement, refusant de relâcher son étreinte, ses lèvres se pressant à nouveau contre celles de Buck avec plus de passion.

– Moque-toi tant que tu veux, murmura Eddie d'une voix rauque en s'écartant à peine. Mais tu sais très bien comment ça va finir.

Buck arqua un sourcil, amusé.

– Oh, vraiment?

Mais avant qu'il n'ait le temps de terminer sa phrase, Eddie le poussa doucement en arrière jusqu'à ce que ses fesses rencontrent le bureau. En un mouvement fluide et maîtrisé, Eddie força Buck à se pencher contre le bois, ses mains explorant déjà le chemin de son torse.

– Sérieusement ? Ici, dans ton bureau ? souffla Buck, un éclat de défi dans ses yeux.

Mais au fond, il était déjà prêt à se plier à cet instant, à laisser Eddie prendre le contrôle. La détermination dans le regard d'Eddie était indéniable, et Buck se laissa volontiers emporter, oubliant tout sauf la chaleur du corps d'Eddie contre le sien et l'intensité du moment partagé, bien à l'abri des regards indiscrets.